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mardi 17 février 2026
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20 ans de « bouteflikisme » : à bas la répression

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Nous assistons ces dernières semaines à une pièce de théâtre grandeur nature, sciemment orchestrée, où les paradoxes s’entremêlent avec un zeste élevé d’outrecuidance des acteurs, et une tentative d’apathie programmée de la véritable opposition au régime de Bouteflika face au statuquo que veulent imposer les décideurs en lutte:  choisir entre des Dictatures multi-façades : Bouteflikienne, militaire ,civile , mafieuse politico-financière ,mais à l’intérieur du sérail. Une sorte d’agitation en vase clos !

Depuis plusieurs mois, le système Bouteflika pris de panique, veut nous vendre la même paire de chaussures dans un nouvel emballage, avec un mépris affiché à la volonté de changement souhaité par les Algériennes et Algériens.

Ainsi, la société Algérienne, privée des moyens pacifiques d’expression, se retrouve malgré elle soumise à un discours populiste ravageur, victime de manipulations, et instrumentalisée pour régler les conflits dans les arcanes sombres du pouvoir.

Opérations de fourberie et de théâtralisation du leurre, vont occuper désormais la scène publique ,comme  ce projet OVNI d’un front élargi de soutien à la continuité du « cadre » président, et  la dernière trouvaille de « débarquage » de Bouhadja ce président d’APN  « chambre d’enregistrement » en violation flagrante de leur « chiffon constitutionnel » lavé à toutes les sauces  qui parachèveraient ainsi le processus de mise à mort de l’Algérie.

Depuis le coup d’état du 4 ème mandat imposé , l’Algérie vit au quotidien une sorte de « désordre » organisé !On le ressent de plus en plus, et avec plus d’acuité et de gravité, avec le début d’apparition  des dommages collatéraux de la faillite économique dans laquelle le système a embourbé le pays.

Et ce n’est pas fini !Le travail de sape contre ce qui reste des fondements de l’Etat Algérien continue sans état d’âme avec  le feuilleton «grotesque » des jugements militaro-civils opérés à la « hussarde » et avec l’intrigue chère au régime, au sein du cœur du pouvoir ,à savoir ses institutions sécuritaires avec l’objectif déclaré de « civiliser » le système !!!Comme si remplacer un militaire par un autre militaire au sein de l’état major ,ou remplacer la police politique(PP) par la  police militaire(PM )voulait signifier mise en place d’un « état civil » !

Le citoyen subit les conséquences hasardeuses de la « démocratie blafarde « déformée au gré des humeurs par le système Bouteflika, qui s’ingénie à transformer le pays en un laboratoire de « paradoxes » où le BON DROIT est bafoué, et le NON DROIT encensé!

Derniers exemples en date, les arrestations « coup de poing » arbitraire des militant(e)s des droits de l’Homme des journalistes et artistes(#Mister_AB#Redha_City_16#Kamel_Bouakez#Abdou_Semmar#Merouane Boudiab#Said_Chitour#Adlene_Melah
#Merzoug_Touati …….), l’interdiction de la tenue de conférences, ou rencontres publiques, au motif farfelu que le lieu de l’événement est de nature « culturel » et ne se prête pas à l’activité politique, les menaces et intimidations lancées contre l’opposition réelle ,et la liste est longue…

Le système de Bouteflika tente, donc, par tous les moyens, d’empêcher que se développe dans le pays une réelle vie politique, et qu’émerge une vraie  société civile autonome, c’est à dire de vrais citoyennes et citoyens. Il excelle et  manœuvre à satiété à discréditer le politique et la politique, et ce dans le but de maintenir l’ordre établi de la minorité du pouvoir. Cette minorité qui s’accapare de toutes les questions de société en agissant comme lobbies à l’intérieur des appareils de l’état .

Depuis presque 20 ans, le pouvoir Bouteflika a mis en place, dans l’illégalité la plus absolue, des officines dont les missions sont l’élaboration et la maîtrise de techniques de conditionnement et de manipulation des populations. Et  le dernier décret présidentiel qui instaure une commission de surveillance des réseaux sociaux sur le Net, aux prérogatives aussi régaliennes que mystérieuses, est une autre preuve des tentations dictatoriales du régime…

Ce pouvoir, au lieu d’investir dans l’avenir, la démocratie et la liberté, organise de manière machiavélique le désert politique pour investir tous les secteurs et occuper par le biais de ses relais traditionnels l’espace sémantique de l’opposition pour mieux le  pervertir, risquant ainsi de déstabiliser le tissu social et la cohésion nationale.

En outre, ce qui se déroule actuellement dans le pays, n’est autre que la mise à  mort du capital politique accumulé par des décennies de luttes démocratiques. Les traditions de luttes qui relient des générations risquent de disparaître . Une telle perspective se nourrit de la démission, de la résignation et de la lassitude de ceux qui ont un rôle primordial à jouer dans la consolidation de la conscience politique chez les citoyens.

Notre pays se  trouve, ainsi, à un tournant historique. Ou bien, il s’engage dans un processus de changement inéluctable, ou il pataugera dans les incertitudes de l’inertie!

Et c’est dans cette confusion et désordre actuels qui rendent extrêmement compliquée toute lecture lucide et objective de la situation, que l’opposition véritable renouvelée ( qui se construit en dehors de la feuille de route du système )se doit  de proposer  des  initiatives de dépassement de la crise politique et économique actuelles.

Cette « nouvelle »opposition  doit se faire un devoir d’interpeller solennellement  les détenteurs du pouvoir de fait actuel, en prenant à témoin les citoyennes et citoyens , sur la gravité de la situation en lui suggérant de participer à un dialogue national pour une sortie de crise démocratique et pacifique.

En assumant ses responsabilités, cette opposition populaire, par son initiative, doit ambitionner de ré-ouvrir les canaux de communication et de dialogue avec les Algériennes et les Algériens, et isoler la surenchère populiste et tous les nihilismes. Ainsi, elle fera  acte de pédagogie politique, par un effort de clarification des enjeux politiques stratégiques, dans le but de mobiliser le plus grand nombre dans une démarche politique alternative, sereine et pacifique.

L’opposition  renouvelée , en faisant la politique autrement prouvera , ainsi, que la politique ne se réduit pas simplement à des règles de compétition entre partis pour accéder au pouvoir. Le politique, c’est d’abord la possibilité qui est donnée à chacun de participer à la vie politique, et la citoyenneté suppose l’existence d’un espace public de communication.

Aussi, la société civile, les citoyens, le pouvoir et la nouvelle opposition reconstruite doivent se hisser aux nobles valeurs séculaires de ce peuple admirable, dont nous tirons notre essence et notre raison d’être, et lui redonner la possibilité d’exercer son libre choix.

Nous ne devons pas  rater le courant de l’histoire. Les Algériennes et les Algériens ont le DROIT d’espérer et le DROIT  de vivre pleinement leur citoyenneté.

D Lakhdar Amokrane 

Colis suspects aux Etats-Unis: des démocrates visés

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Aux Etats-Unis, des colis piégés ont été adressés à des personnalités démocrates, dont de grandes figures du parti comme Hillary Clinton et Barack Obama. Ces tentatives d’attentats interviennent en pleine campagne pour les élections de mi-mandat, alors que le climat politique est particulièrement électrique.

Selon les enquêteurs, certains de ces colis, au moins ceux envoyés chez les Clinton et chez les Obama, pourraient avoir la même origine. Il a aussi été indiqué que de la poudre blanche, en train d’être analysée, avait été découverte dans certains paquets. Il n’y a pour le moment pas encore eu d’arrestation ni de revendication. Plusieurs responsables ont évoqué le spectre d’un terrorisme politique intra-américain.

Cibles démocrates

Car cette vague de colis piégés a une cible claire : des figures démocrates essentiellement, souvent critiques à l’égard du président américain et auxquelles le chef de l’Etat s’attaque régulièrement.

Parmi les personnalités visées – outre Hillary Clinton, que Donald Trump voulait « faire enfermer » et Barack Obama, « l’épouvantail suprême des républicains » – Jean-Eric Branaa, maître de conférences à l’université Paris II, souligne qu’il y a aussi John Brennan, ancien directeur de la CIA, « un grand opposant » à Donald Trump, tout comme Eric Holder, qui fait par ailleurs figure de probable prétendant pour 2020.

A cela vient s’ajouter CNN, « la chaîne phare anti-Trump ». « Dans cette liste, il ne manque que le New York Times pour faire l’ensemble des cibles de Donald Trump, résume le spécialiste des Etats-Unis. C’est pour cela qu’on pense à quelqu’un d’un peu dérangé qui a été influencé par la rhétorique du président. »

Trump appelle les médias à « cesser les hostilités »

Une rhétorique qui contribue à alimenter l’atmosphère tendue qui prévaut actuellement dans le pays, que ce soit entre les adversaires politiques ou encore contre les médias, que le président Donald Trump qualifie d’« ennemis de l’Amérique ». Et tout cela à quelques jours des élections de mi-mandat.

Le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, s’est exprimé devant la presse en compagnie du chef de la police new-yorkaise et du gouverneur démocrate de l’Etat de New York. Il a demandé à tous de ne pas encourager la violence et la haine. Un message qui s’adresse aussi au plus haut sommet de l’Etat.

« A un moment de très forte division et de haine, il ne fait aucun sens de les exacerber. Je le dis à tous les fonctionnaires de l’Etat quelle que soit leur sensibilité ou leur orientation politique : n’encouragez pas la violence. N’encouragez pas non plus la haine ou les attaques contre les médias, a-t-il insisté. Vous pouvez être en désaccord, mais vous êtes en devoir de respecter les gens et d’exprimer votre désaccord de manière pacifique. Malheureusement, cette atmosphère de haine pousse certaines personnes à choisir la violence. Il n’y a aucun doute là-dessus. Et la manière de mettre un terme à cette situation, c’est de faire baisser la tension, de cesser de propager la violence comme seul remède aux idées qu’on désapprouve. Et cela doit commercer par le haut. » RFI

Rassemblement pour la libération des prisonniers politiques marocains

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Rassemblement à l’occasion de l’anniversaire des deux ans de la mort de Mohcine Fikri et en solidarité au mouvement du Hirak dans le Rif et pour la libération de tous les prisonniers politiques au Maroc.

Le 28 octobre est la date du deuxième anniversaire de la mort effroyable du jeune Mouhcine Fikri, marchand de poissons qui a été broyé dans une benne à ordures après l’intervention de la police marocaine alors qu’il tentait de récupérer sa cargaison d’espadons saisie et détruite par cette même police à Al Hoceima. Ce meurtre horrible a depuis suscité l’indignation partout au Maroc mais aussi en Europe. Il a été le point de départ d’un vaste mouvement social qui a gagné tout le Rif.

Les manifestations n’ont pas cessé depuis d’éclater au Maroc et en Europe pour réclamer la fin des abus de pouvoir du régime. Un mouvement populaire s’est constitué en demandant des mesures de développement socio-économique et culturel. Malgré les promesses du roi du Maroc, Mohamed VI, la seule réponse concrète à ce jour est la répression perpétrée par les forces de sécurité marocaine. Des centaines de prisonniers politiques sont actuellement incarcérées au Maroc. Des procès expéditifs dans ce qui est un simulacre de justice, ont débouché parfois sur des lourdes peines allant jusqu’à 20 ans de prison ferme sous le fallacieux prétexte invoqué par tous les régimes dictatoriaux pour incarcérer les opposants, le tristement célèbre « complot contre l’État ».

Il est donc urgent qu’une mobilisation collective en France et en Europe se construise rapidement en solidarité au Rif et aux mouvements au Maroc pour dénoncer cette politique répressive et demander des comptes à l’État marocain qui n’a pas hésité à faire emprisonner des hommes, des femmes, des enfants innocents pour imposer son autorité au moyen de méthodes révoltantes tel que des tortures physiques et psychologiques dans les geôles marocaines. De même il est important de dénoncer la complicité du pouvoir français à la répression des mouvements sociaux au Maroc. Cette commémoration est également l’occasion de nouveau de manifester notre solidarité totale et absolue avec les prisonniers politiques et de ce fait nous exigeons, leur libération immédiate et sans condition.

C’est pour manifester notre solidarité totale et absolue avec les prisonniers politiques et exiger leur libération immédiate et sans condition, que les organisations et personnalités signataires du présent texte appellent à un rassemblement le samedi 27 octobre à 17h30, sur la place de la fontaine des innocents : Place Joachim du Bellay, 75001 Paris, France– Métro-RER Châtelet-Les Halles. Sortie Place Lescot,

Nous comptons sur votre engagement et solidarité pour vous joindre à cette action en votre nom et/ou celui de votre organisation.

 

Premiers Signataires :

Organisations (Assoc. Syndicats…
• Le Comité de soutien au Mouvement Rifain Paris CSMR PARIS
• AMDH Paris IDF Association Marocaine des Droits Humains/Section Paris/IDF
• ATMF Association des Travailleurs Maghrébins de France
• ASDHOM Association De Défense Des Droits De L’Homme Au Maroc
• Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis-AFAPREDESA
• Riposte internationale (RI)
• La Confédération nationale du travail CNT
• ATTAC France
• Le Secours Rouge Arabe
• CORELSO (Comité pour le respect des droits de l’homme au Sahara occidental)
• Forum des droits de l’homme au nord du maroc- Coordination européenne
• Alternative Libertaire
• CEDETIM
• La Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)
PERSONNALITÉS
• Marie-Christine Vergiat , Eurodéputée- Gauche européenne
• Catherine Lévy, sociologue du travail au CNRS, retraitée.
• Khadija Mohsen Finan, universitaire, Paris.
• Alima Boumediene Thiery, Avocate .Ancienne parlementaire
• Jean-Paul Le Marec, membre du Bureau national du MRAP
• Pr Mohamed Larbi BOUGUERRA, Membre de l’Académie des Sciences, des Arts et des Lettres Bait al Hikma (Carthage)
• Said SALHI vice président LADDH Algérie.
• Abdelhamid Khairi, Président de l‘association Tunisie Terre des Hommes
• Jean Paul VANHOOVE
• Bruno Della Sudda
• FRANVILLE Jean
• Habib Jemli
• Nicole ROGER
• NAJJAHI Mohamed Salah

 

Le poète Ben Mohamed au café littéraire de Bouzguène

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L’association culturelle Tiɛwinin de Bouzguène wilaya de Tizi Ouzou

Invitera à son café littéraire

le grand poète kabyle Ben Mohamed pour un récital poétique qui sera suivi d’un débat

La rencontre aura lieu au Centre Culturel FERRAT Ramdane de Bouzeguene

Le 27 octobre 2018 à 14h

 

La rédaction

Espagne : Manuel Valls peine à séduire les électeurs de Barcelone

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French Interior Minister Manuel Valls and his Spanish counterpart give a press conference after the fourth meeting of the Hispano-French Committee on Strategic Planning of Internal Security at the Interior Ministry in Madrid on May 24, 2013. AFP PHOTO / JAVIER SORIANO

Un sondage publié par « El Periodico » le place loin derrière le favori, l’indépendantiste Ernest Maragall. Mais l’ancien Premier ministre français a le temps de refaire son retard, car l’élection n’a lieu qu’en mai 2019.

La campagne commence doucement pour Manuel Valls. L’ancien Premier ministre français est le moins apprécié des principaux candidats à la mairie de Barcelone pour les élections municipales de mai, selon un sondage publié jeudi 18 octobre par le journal El Periodico (en espagnol).

Trois semaines après l’officialisation de sa candidature, Manuel Valls n’obtient qu’une note de 3 sur 10. Il est cinquième, derrière la maire de gauche sortante Ada Colau (4,8/10) et surtout le favori Ernest Maragall (5,5/10), candidat du parti indépendantiste de gauche ERC. L’ex-député de l’Essonne est toutefois bien identifié par les sondés, qui sont 82,3% à savoir qui il est.

Selon cette enquête réalisée auprès de 802 personnes du 2 au 4 octobre, ERC remporterait les élections municipales avec 10 à 11 conseillers. Le parti anti-indépendantiste Ciudadanos, qui soutient la candidature de Manuel Valls, n’arriverait qu’en troisième position avec 7 conseillers.

L’UGTT maintient la grève dans la fonction publique pour le 22 novembre

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Alors que l’UGTT et le gouvernement tunisien ont trouvé un accord sur les augmentations salariales dans le secteur public pour les années 2017-2018-2019, mettant fin ainsi à la menace d’une grève dans le secteur public, la centrale syndicale a confirmé, mardi, le maintien de la grève dans la fonction publique prévue pour le 22 novembre prochain.

Publié sur sa page Facebook, l’avis de grève de l’UGTT se justifie par les difficultés des négociations sociales dans la fonction publique et ce, “malgré l’accord convenu avec le gouvernement d’y trouver une solution dans un délai ne dépassant pas le 15 septembre 2018”.

Ainsi, tous les agents des ministères, des administrations centrales, régionales et locales ainsi que tous ceux faisant parties des institutions régies par la loi relative aux agents de la fonction publique sont appelé à faire grève le 22 novembre prochain.

Dimanche, la centrale syndicale et le gouvernement tunisien étaient parvenus à un accord sur les augmentations salariales dans le secteur public, faisant annuler une grève générale prévue pour le 24 octobre.

 Yassine Bellamine

Source : huffpostmaghreb.com

La laïcité et la liberté

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La posture du comité d’experts de l’ONU qui interroge la loi de 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public en dit long sur le malaise qui règne autour de l’objet mal identifié « islam ».

En effet, certains acteurs ont bien du mal à faire la différence entre ce qui relève de la liberté de conscience (et la liberté de manifester ses convictions), normalement garantie par le droit européen, par le droit français et notamment la laïcité. Et ce qui révèle au mieux un dysfonctionnement individuel et au pire un début de processus de radicalisation (autrement dit un surinvestissement de la loi divine qui peut mener à estimer légitime le recours à la violence pour remettre en cause l’ordre établi).

Sans critères, on assiste à deux types de dysfonctionnements qui sont les deux faces de la même pièce : une gestion laxiste, acceptant de musulmans des comportements qu’on n’accepterait de personne d’autre, ou une gestion discriminante, refusant aux musulmans des droits pourtant garantis à tous les citoyens. Ces deux types de dysfonctionnements se retrouvent dans des espaces très divers : entreprises, collèges, lycées, foyers éducatifs, gestions d’équipes de salariés, etc.

Ceux qui adoptent une gestion laxiste légitiment leur vision en expliquant que l’on doit «respecter la différence de la religion musulmane».

Ceux qui adoptent une gestion discriminante légitiment leur vision en expliquant que «l’islam doit évoluer et s’adapter».

Les deux camps nourrissent au fond des représentations négatives communes sur cette religion. Les uns pensent qu’il faut la tolérer, les autres pensent qu’il faut s’en protéger.

Les experts de l’ONU pensent probablement « respecter l’islam » en expliquant que la loi de 2010 entrave la liberté de conscience des musulmans. Pourtant, est-ce que considérer que l’islam interdit aux femmes de montrer leur visage relève-t-il vraiment du respect de cette religion ?

Valider l’interprétation des Wahhabites, qui prétendent que les musulmanes doivent être masquées, uniformes, sans visages et sans contours identitaires, relève-t-il vraiment de l’application des Droits de l’Homme ?

Pourtant, l’objectif des radicaux est justement de détruire les individualités pour renforcer la fusion des membres au sein du groupe radical. Ne pas réagir quand un salarié refuse de serrer la main des femmes, quand un collégien crache par terre en prétendant que l’islam lui interdit d’avaler sa salive pendant le ramadan, quand un père coupe les têtes des poupées en prétendant que l’islam interdit les images… Ne relève pas du respect de l’islam, mais dévoile des perceptions inconscientes qui perçoivent l’islam comme une religion par essence archaïque.

Si un père chrétien coupait la tête des poupées de son bébé, le juge des affaires matrimoniales lui demanderait gentiment de se soumettre à une expertise psychologique, car il diagnostiquerait son comportement comme un dysfonctionnement et ne le validerait pas comme le produit de sa religion, quoi qu’il en dise… Il n’y aurait pas de « mutuel du croire partager », comme dirait Danièle Hervieu-Léger. Chacun saurait, qu’il soit croyant ou non, que la religion chrétienne n’oblige pas à effacer le visage des poupées d’enfants…

Les radicaux connaissent la difficulté des interlocuteurs politiques et institutionnels à se positionner : ils présentent leurs comportements de rupture avec le contrat social comme si ces derniers étaient de simples applications automatiques de l’islam, au pied de la lettre. Progressivement ils redéfinissent les interprétations de l’islam et wahhabisent l’Europe, provoquant la montée des mouvements d’extrême droite.

L’amalgame entre musulmans et radicaux profite toujours aux radicaux de tous bords. Chacun a besoin de la haine de l’autre pour exister. Les extrémismes se nourrissent mutuellement. Une seule sortie pour échapper à cette vision binaire : former les professionnels pour qu’ils puissent appliquer les mêmes critères de gestion aux musulmans qu’aux autres citoyens, tout simplement, sans tomber dans le laxisme ou la discrimination. C’est la meilleure manière de considérer tous les citoyens de manière égale. Et de les respecter.

 Dounia Bouzar

Anthropologue du fait religieux en France

 

Toi, l’exilée dans le déchirement

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À une amie intellectuelle exilée, qui porte en elle les stigmates de l’innommable, de la sauvagerie humaine et de la déchéance culturelle. La bizarrerie religieuse avec les recettes les plus indigestes.

Ces images venues tout droit des fins fonds de la barbarie d’il y a des siècles, de l’ère médiévale comme, de la période dite de « l’inquisition », je lui reparlerais sans cesse de cette Kabylie qui lui manque et qu’elle porte dans les veines et les tripes. C’est en empruntant ces sentiers abrupts qui menaient vers nos villages perchés, quand sur ma route, je rencontrais plus de femmes « corbeautisées » que celles qui étaient toutes aussi charmantes les unes que les autres avec leurs têtes nues et cette robe kabyle, toute rayonnante.

Là, j’ai compris que la contagiosité était notre propre œuvre. Il m’était arrivé de questionner quelques-unes pour les plus âgées, dans un « parcoeurisme » religieux, c’est la « Souna ». Pour les plus jeunes, il est charme, pureté et surtout un accessoire pour vivre sa « Citadinité » et se diluer dans ce qui est déjà mensonge et tromperie.

Je me rappellerai cette trop belle phrase, quand tu me parlais de tes amis de tes proches qui s’en allaient l’un après l’autre, et me dire après un long soupire, « Oui Bihmane, c’est à partir de là que j’ai compris que j’ai perdu mon pays ».

Pour ma part, je lui réponds « Oui, l’exile déchire », plus dur est de quitter son pays à la hâte, et être accueillie par cette autre terre qui n’est jamais de la même odeur que la sienne.

Bihmane Belattaf

 

Une poignée de main glaciale entre le fils de Khashoggi et MBS

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« Ils assassinent le matin et ils présentent leurs condoléances le soir », ce proverbe kabyle convient à la mascarade d’El Saoud.

Le roi d’Arabie Saoudite et « serviteur des lieux saints » Salmane et le prince héritier Mohammed Ben Salmane connu sous le nom (MBS) ont reçu mardi après-midi au palais royal à Ryad deux membres de la famille du journaliste assassiné au consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre 2018.

Il s’agit du frère du journaliste, Sahel Khashoggi, et l’un de ses fils, Salah, précise l’agence de presse officielle saoudienne (SPA).

La rédaction

Mourad Atmimou: «Il n’y a pas de journalistes en Algérie, il y a des salariés de presse»

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Le journaliste vedette de la chaine Dzair TV,  Mourad Atmimou, animateur de la très populaire émission Tizi n Wass-a, dont la diffusion demeure depuis des mois, suspendue pour des raisons floues, nous parle dans cet entretien sur la situation de la presse en Algérie à l’occasion de sa journée nationale.

 

 Entretien 

A l’occasion de la journée nationale de la presse, quelle analyse faites-vous du paysage médiatique en Algérie ?

Après un très long et dur combat mené par des journalistes et des militants sincères durant plusieurs décennies pour arracher mordicus, des acquis précieux entre autres : l’ouverture du champ médiatique, la liberté d’expression,  la dépénalisation du délit de presse. Nombreux sont nos confrères qui ont payé de leurs vies, leur engagement durant les années du terrorisme. Ce sont des acquis précieux que nous devons sauvegarder.

Aujourd’hui, nous sommes devant un nouveau défi, le chemin est tracé, on doit poursuivre le parcours pour arracher plus de liberté d’expression. Cependant, ces dernières années, on remarque un net recul dans l’exercice de cette liberté dans les médias. Il n’y a plus de véritable volonté pour préserver ce qui a été acquis. C’est  la raison pour laquelle on assiste à des arrestations arbitraires de journalistes, des intimidations, de l’harcèlement  sans que personne ne réagisse pour condamner fermement, ou pour que la corporation s’organise pour  faire cesser ces pratiques.

Informer semble être l’unique mission des journalistes de nos jours. Commenter, critiquer, innover, participer à la solution sont de moins en mois du domaine, pourquoi selon vous ?

En Algérie, il n’y a pas de journalistes proprement dit, on a des salariés de la presse, il existe de multiples entraves qui empêchent le journaliste d’accomplir convenablement sa mission, et des fois même celle d’informer. Le pouvoir de l’argent, les pressions des annonceurs, les enjeux politiques sont tous des ennemis de la liberté de la presse, et du journaliste.

Peut-on espérer à une presse libre et indépendante en Algérie ?

Oui certainement !  Mais il faut attendre le jour, où des gens du domaine se réapproprient les entreprises de presse, les radios les télévisions, et même les journaux. Ce jour là, on se réjouira d’avoir une liberté d’expression en Algérie et une presse de qualité.

 

Entretien réalisé par Djaffar Ouigra

 Source , jeune Observateur.com