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dimanche 12 avril 2026
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Tensions à Sfax: La colère des habitants contre la crise migratoire

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La situation migratoire dans la région de Sfax, au centre de la Tunisie, est devenue explosive. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à El Amra, une localité située à une quarantaine de kilomètres au nord de la métropole, pour exiger le départ rapide des milliers de migrants subsahariens installés dans des campements de fortune.

Cette mobilisation reflète l’exaspération grandissante des riverains face à l’afflux massif de migrants fuyant la misère et les conflits, dans l’espoir de gagner clandestinement les côtes italiennes. « La situation à El Amra n’est pas acceptable. Les autorités doivent trouver une solution », a martelé le député Tarek Mahdi, dénonçant une « forte présence » de migrants dans cette zone.

Depuis la mi-septembre, des milliers d’entre eux ont érigé des abris de fortune dans des oliveraies après avoir été évacués du centre-ville de Sfax. Un phénomène qui n’a fait que s’amplifier, les candidats à l’émigration clandestine affluant pour tenter la traversée depuis les plages avoisinantes.

Face à ce rassemblement jugé menaçant, les autorités ont multiplié les opérations de démantèlement des campements, détruisant les abris sous la pression des riverains excédés. Une réponse musclée mais inefficace selon Mohamed Bekri, un habitant venu apporter de l’aide aux migrants. « Enlever les tentes n’est pas la solution. L’État doit trouver une vraie solution durable. »

La Tunisie, aux côtés de la Libye voisine, est devenue l’un des principaux points de départ vers l’Europe pour les migrants subsahariens fuyant la guerre et la pauvreté. Une crise humanitaire complexe qui attise les tensions sociopolitiques dans cette région ouvrière et populaire.

Pendant ce temps, des ONG dénoncent également des rafles et des expulsions sommaires de migrants vers la frontière algérienne, une dérive confirmée officieusement par les autorités évoquant des « opérations de sécurité ».

Haythem M.

Le Hirak, cette lame de fond…(Contribution)

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Ce chapitre de l’œuvre “Dissidences populaires : regards croisés”, offre un regard rétrospectif et analytique sur le mouvement de protestation populaire massif connu sous le nom de « Hirak ». L’auteur, Boukhalfa Ben Mamar, militant des droits humains, explore les origines, la dynamique et les implications profondes de ce soulèvement pacifique sans précédent.

Lorsque la lame de fond qui surgit de manière sourde à l’annonce de la représentation de Bouteflika à un cinquième mandat se transforma en gigantesque révolution pacifique, elle prit de court tous les appareils politiques noyés dans un parlementarisme de façade.

La dimension inédite de la mobilisation était telle que la réaction du régime au début pouvait s’apparenter, à s’y méprendre, à une bienveillance tactique et stratégique, qui préjugeait pour les avertis de la répression qui s’en est suivie par la suite.

La dynamique au pluriel induite par le Hirak en ce quatrième anniversaire, a permis de démontrer la capacité de résilience et de catharsis de notre société meurtrie par les douloureuses épreuves comme la guerre civile des années 1990 et le sort de la région de la Kabylie durant le Printemps noir de 2001.

Il est très important de souligner que le Hirak s’inscrit dans une démarche pacifique adoptant par là même, des slogans qui s’en inspirent, essayant de les positionner comme de nouveaux paradigmes.

Dans ce contexte, une rupture entre la société et le régime est actée de manière claire, ce qui a favorisé une mobilisation jamais connue, avec une occupation de l’espace public, vécue comme une reconquête d’un espace d’où les Algériens ont de tout temps été exclus.

Nous avons assisté à la généralisation du slogan Yetnahaw gaâ qui, en soit, est une formulation assez radicale dont il ne faut pas relativiser la portée et le sens. En effet, la résurgence d’une mémoire (phagocytée par le mensonge du récit national élaboré par le régime) à travers les portraits des pères fondateurs à l’instar d’Abane Ramdane et Larbi Ben M’hidi confirment le choix d’inscrire et d’arrimer cette révolution dans la continuité de celle de novembre 1954.

Le Hirak a posé par cette dynamique la volonté de la société de se réapproprier son histoire confisquée et le capital symbolique qui s’y rattache. Ce qui n’a pas été du goût du régime qui ne l’oublie pas. Lui qui a fondé son pouvoir sur la légitimité historique à défaut d’une réelle légitimité des urnes.

Résultat : le choix de la répression signe la rupture avec la société, en réduisant les espaces d’expression, interdisant les manifestations publiques comme les conférences et cafés littéraires. La mise au pas de la presse dite libre et indépendante par le chantage lié à la publicité, marché contrôlé par le régime, est instrumentalisée à des fins coercitives, doublées de procédures judiciaires.

La criminalisation de l’action politique, syndicale et associative par la double instrumentalisation des services de sécurité et des institutions de la justice censée être indépendante, le tout s’appuyant sur un arsenal juridique finit par verrouiller tous les canaux d’expression pacifiques. Cette attitude irresponsable du régime n’a pourtant pas réussi à faire basculer le mouvement dans la violence.

La dynamique du Hirak a permis d’expérimenter divers modes d’organisation mis à mal par le régime et ses alliés objectifs ou de circonstance, d’en connaître les limites qui incitent à considérer l’impérieuse nécessité de permettre l’expression d’une intelligence collective.

Les traumatismes liés à la non-gestion de la pandémie de la Covid-19 et des incendies ayant ravagé des pans entiers du massif kabyle, avec ses victimes ont fini par sceller un divorce profond avec le régime. Les choix de ce dernier est, de laisser la société livrée à elle- même allant jusqu’à casser les chaînes de solidarité qui se sont largement exprimées en Algérie ou dans la diaspora.

Là où le régime a privilégié sa survie et celle de sa clientèle, la société a renoué avec ses valeurs de solidarité. Il y a là, un moment fondateur d’une conscience collective dont les contours ne pourront que s’affiner et se renforcer sous les coups de boutoir des officines et des organiques du régime. La maturation de cette conscience finira inévitablement par mettre l’ensemble des acteurs en face de leur responsabilité.

Les contingences de l’engagement démocratique ne peuvent et ne doivent souffrir d’ambigüité comme la dénonciation sélective ou l’intérêt corporatiste. Ne pas admettre les diverses fractures sociales et sociétales, est au minimum une supercherie, si ce n’est une malhonnêteté intellectuelle.

Le corolaire de la rupture avec le régime est aussi cette rupture épistémologique et générationnelle qui s’opère. La persistance des chapelles de l’égo et du mépris, n’y changera rien à ces dernières, si ce n’est celui d’être balayées par une dynamique dont elles n’ont saisi ni le sens et encore moins la portée. Les quelques passes d’armes auxquelles nous avions assisté n’ont été ni à la hauteur des enjeux ni à celles des attentes.

La tentation du régime, n’est qu’autoritaire. D’ailleurs il l’assume pleinement, pour ne citer que l’usage de l’article 87 bis du code pénal. L’objectif, est de maintenir ce climat de terreur comme unique réponse à des demandes de changements pacifiques, dévoyant par là même, le sens des mots qui, en contexte démocratique, feraient l’objet d’un consensus quant à leurs significations et leur traduction sur le plan juridique et institutionnel.

Le choix du tout-répressif trahit non seulement une absence de vision future, mais nous confirme aussi la nature profonde et réelle du régime et les paradigmes qui sont les siens : patrimonial et prédateur à la fois. Les priorités qui sont les siennes expliquent cette constance dans une fuite en avant. Refuser de s’inscrire dans le sens des intérêts de l’Algérie et des Algériens est un signe de cohérence de sa part.

Les pertes en vies humaines imputables directement au régime du fait de ses choix, que l’on fasse référence à celles du Covid-19, ou à celles des incendies de l’été 2021, sans oublier Kamel-Eddine Fekhar et Hakim Debbazi pour cette période et Mohamed Tamalt en 2017 et le nombre impressionnant des arrestations, les mises sous mandat de dépôt et les détentions administratives sous couvert de détention préventive, la torture, les brimades et les traitements dégradants tolérés et couverts par les responsables, constituent le seul triste bilan d’une faillite depuis longtemps annoncée.

Quelles que soient les insuffisances de la prise en charge des questions sociales et sociétales par le Hirak, elles ont le mérite de poser les prémices de débats qui ne manqueront pas de traverser cette dynamique.

Le propos n’est pas de se complaire dans un optimisme béat, il s’agit de pointer les limites et les avancées dues à cette dynamique et d’en modérer les attentes. Il est aussi question de s’inscrire dans le sens de l’Histoire car l’intérêt va au-delà des considérations politiques.

L’enjeu est l’avenir d’une grande nation qui a besoin de se réconcilier à la fois avec son histoire complexe certes, mais riche de par sa diversité et ses mémoires en quête de reconnaissance, d’avancées démocratiques et d’apaisement.

Boukhalfa Ben Mamar

Militant des droits humains

Relaxe en appel pour le Pr Kamel Aissat dans l’affaire d’Amizour

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La cour d’appel de Béjaïa a confirmé ce dimanche la relaxe en faveur du professeur Kamel Aissat dans l’affaire liée à l’exploitation de la mine de plomb et zinc d’Amizour-Tala Hamza.

Lors de l’audience du 21 avril, le parquet avait requis 15 mois de prison ferme et 100 000 dinars d’amende à l’encontre de M. Aissat, acquitté en première instance le 7 janvier dernier.

Le litige portait sur l’avis d’expertise rendu par le professeur, mettant en garde contre l’impact environnemental et sanitaire de l’exploitation minière à Amizour. Des conclusions qui avaient valu à l’universitaire d’être poursuivi en justice.

La décision de la cour d’appel lève définitivement le voile sur cette affaire très suivie par les milieux militants et associatifs. Lors du procès en première instance fin décembre, un important dispositif sécuritaire avait d’ailleurs été déployé aux abords du tribunal face à l’affluence des soutiens de M. Aissat.

De nombreuses voix s’étaient élevées pour dénoncer ce qu’elles considéraient comme un « harcèlement judiciaire » à l’encontre du professeur, dont le travail académique avait suscité la reconnaissance bien au-delà des frontières nationales.

La Rédaction

Attaque de Tiguentourine: Procès des accusés fixé au 27 mai

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La Cour criminelle de Dar El Beida a programmé pour le 27 mai prochain le procès des accusés dans l’attaque terroriste de la base pétrolière de Tiguentourine à In Amenas, dans le sud algérien. Cet événement tragique, survenu en 2013, avait coûté la vie à 37 personnes, dont des étrangers.

Quatre accusés détenus seront jugés par la première chambre criminelle de la Cour de justice d’Alger. Il s’agit de “A. Drouich” alias “Abu Al Baraa”, vice-émir de katibet “Signataires avec le sang”, de “Kroumi Bouziane” alias “Redouane” et nommé “Al Aroussi Al Darbali”, de nationalité tunisienne, ainsi que de “Abou Hafs Jaafar ».

Les chefs d’accusation retenus contre eux sont lourds, notamment “l’appartenance à un groupe terroriste opérant à l’étranger, la création et la direction d’une organisation armée visant à commettre des actes terroristes, la propagation du meurtre et de la destruction liés au terrorisme, le meurtre intentionnel avec préméditation, le meurtre intentionnel avec usage de torture et actes atroces, ainsi que le meurtre intentionnel lié à un autre crime facilitant la fuite.”

Figurent également parmi les accusations “l’enlèvement et la détention de personnes avec port de tenue réglementaire, l’enlèvement avec torture physique, l’enlèvement avec violence et menaces, le transport et la possession illégale d’armes et de munitions, ainsi que la détention d’armes et de munitions interdites.”

Les accusés devront également répondre des chefs d’inculpation de “destruction intentionnelle de biens et d’installations à l’aide d’explosifs, de démolition d’installations d’utilité publique, de participation à la propagation du meurtre et de la destruction, de participation à des actes liés au terrorisme et à la destruction”, ainsi que de participation aux différents crimes énumérés ci-dessus.

La Rédaction

Tizi Ouzou : Fateh Kaced de nouveau arrêté à Tigzirt 

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L’ex-détenu d’opinion Fateh Kaced a été appréhendé vendredi 4 mai à Tigzirt, dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Il est actuellement maintenu en garde à vue dans l’attente de sa présentation devant le procureur de la République.

Cette nouvelle arrestation intervient quelques mois seulement après que la chambre d’accusation près la cour de Tizi-Ouzou a confirmé en février dernier sa remise en liberté sous contrôle judiciaire.

Kaced avait alors été arrêté le 23 octobre 2022 devant le tribunal de Tigzirt, où il était venu soutenir un autre détenu d’opinion, Amar Acherfouche. Il avait été poursuivi pour plusieurs chefs d’inculpation dont la « publication d’informations mensongères » et l' »incitation à l’attroupement non-armé ».

Après de multiples reports, son procès s’était finalement tenu le 20 novembre 2022. S’il avait été acquitté des deux chefs principaux, Kaced avait écopé d’une amende de 300 000 dinars pour « outrage à corps constitué » avant d’être libéré.

Cette condamnation faisait suite à une précédente peine de 6 mois de prison ferme purgée par le militant jusqu’en juillet 2022 dans une autre affaire. Les raisons exactes de cette nouvelle interpellation ne sont pas encore connues.

SAMIR L.

La France interdit l’entrée sur son territoire au médecin palestinien Ghassen Abu Sitta

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Samedi, les autorités françaises ont refusé l’accès à leur territoire au Dr Ghassan Abu Sitta, médecin britannique d’origine palestinienne. Retenu à l’aéroport parisien, ce dernier affirme avoir fait l’objet d’une interdiction d’un an d’entrée dans l’espace Schengen, sur injonction allemande.

Cette décision unilatérale prive le praticien de la possibilité de témoigner devant le Sénat français sur la situation humanitaire à Gaza, où il a récemment porté secours aux victimes des offensives israéliennes. Son expertise de terrain, gênante pour les partisans d’un deux poids deux mesures, se voit ainsi étouffée par des considérations politiques.

Plusieurs élus progressistes comme Raymond Bonci-Mong, David Guiraud et Thomas Portes ont dénoncé ce camouflet, jugeant « honteux » le musellement d’une voix dissidente. Le silence complice des autorités face à cette atteinte à la liberté d’expression interroge.

Au-delà du cas individuel, c’est la posture de la France qui est remise en cause. En bridant la parole du Dr Abu Sitta, État membre influent, elle entache sa crédibilité à se poser en garante des valeurs démocratiques et des droits humains.

Cette affaire révèle les contradictions d’un régime qui, sous des atours vertueux, n’hésite pas à faire taire les lanceurs d’alerte dérangeants. Une nouvelle illustration accablante du deux poids deux mesures prévalant sur les questions Palestinienne.

SAMIR L.

Le FFS tranchera sur la présidentielle lors de son prochain Conseil national 

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Le Front des forces socialistes (FFS), principale formation politique d’opposition en Algérie, dévoilera sa position définitive concernant l’élection présidentielle du 7 septembre 2024 à l’issue de la prochaine session de son instance délibérative suprême, le Conseil national. C’est ce qu’a annoncé samedi son premier secrétaire Youcef Aouchiche.

S’exprimant à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, le dirigeant a toutefois posé des conditions préalables pour une participation, appelant à « un climat d’ouverture et de libre débat ». Un scrutin réussi, selon lui, doit permettre de « sortir solide », en conférant « une plus grande légitimité aux institutions » et en éliminant l’improvisation ayant freiné le développement socio-économique. 

Aouchiche a insisté sur la nécessité d’un dialogue inclusif face aux défis actuels. « La gestion unilatérale et la fermeture ne constitueront pas une immunité pour la patrie », a-t-il mis en garde, déplorant les « restrictions » à l’encontre de la société civile qui « accroissent la fragilité » du pays.

Pour le FFS, relevancer la confiance citoyenne passe par « l’apaisement » et la fin des « politiques répressives » envers les voix dissidentes, militants et syndicalistes. Une « ouverture » et un « discours de franchise » sont indispensables pour répondre aux « dangers » menaçant l’Algérie.

Dans cette perspective, Aouchiche a annoncé que son parti dévoilerait « prochainement » les conclusions de ses discussions avec d’autres formations politiques, menées dans le cadre d’une « initiative » pour un rassemblement large de l’opposition.

Si le FFS reste pour l’heure évasif sur sa participation à la présidentielle, son appel insistant au dialogue tranche avec les critiques virulentes d’autres partis d’opposition dénonçant un scrutin « de façade ». Un positionnement qui reflète les atermoiements d’une classe politique divisée sur l’attitude à adopter face au pouvoir en place.

Kamel AIDOUNE

La CPI dénonce les menaces d’Israël visant à entraver son travail

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Dans un communiqué publié vendredi, le procureur Karim Khan a dénoncé les “tentatives visant à entraver, intimider ou influencer” son bureau, venant directement du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

En cause ? La perspective d’éventuels mandats d’arrêt ciblant de hauts responsables de l’État hébreu pour les crimes présumés commis dans les territoires palestiniens occupés. Une hypothèse que le chef du gouvernement israélien semble vouloir écarter par tous les moyens.

Depuis plusieurs jours, Nétanyahou exhorte ainsi ses alliés occidentaux à faire pression sur la juridiction internationale, n’hésitant pas à remettre en cause son intégrité. Des manœuvres manifestement perçues comme des menaces par le bureau du procureur.

“Même sans suite, de tels actes peuvent constituer une infraction contre l’administration de la justice”, prévient d’ailleurs le communiqué, rappelant que le code pénal de la CPI “interdit l’intimidation et le trafic d’influence” sous peine de lourdes sanctions pouvant aller jusqu’à 5 ans de prison.

Un avertissement cinglant alors que, selon des sources proches du dossier, le procureur s’apprêterait à déposer très prochainement ses demandes de mandats d’arrêt concernant le conflit israélo-palestinien. Une étape capitale qui devra être validée par les juges sur la base des preuves rassemblées.

En tentant d’infléchir le cours de la justice par des pressions en coulisses, Nétanyahou prend donc le risque de s’attirer les foudres de la CPI. Une stratégie pour le moins périlleuse pour le dirigeant israélien, qui accuse déjà l’institution d’“antisémitisme” pour rejeter par avance toute accusation la visant.

Cette passe d’armes met en lumière les tensions extrêmes entourant les suites judiciaires du conflit israélo-palestinien. Elle pose également la question de l’indépendance réelle de la Cour face aux pressions politiques des États, quel que soit leur camp.

Deux médecins palestiniens meurent sous la torture dans les prisons israéliennes

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Le sombre constat plane : les prisons de l’armée d’occupation sont devenues de véritables mouroirs pour les prisonniers palestiniens. Deux nouveaux décès tragiques viennent en attester, révélant l’ampleur des actes de torture et des “crimes médicaux” perpétrés contre les détenus.

Le Dr Adnan Al Boursh, chef du département d’orthopédie à l’hôpital Al Shifa de Gaza, est décédé le 19 avril à la sinistre prison d’Ofer après avoir été arrêté en décembre dernier. Témoin clé des exactions de l’armée israélienne contre son hôpital, il a succombé aux sévices, comme l’a également subi Abdel Bari Rajab Khadir dans la même geôle.

Ces deux nouveaux martyrs portent à « 492 » le nombre de prisonniers palestiniens morts dans les geôles israéliennes. Une hécatombe que dénonce la « Campagne nationale palestinienne pour récupérer les corps des martyrs », révélant que l’État hébreu détient encore les dépouilles de « 500 martyrs » dans des « cimetières des chiffres » et des réfrigérateurs, dont 58 depuis début 2024.

Cette pratique barbare, autorisée par la Cour suprême israélienne en 2019 dans un mépris total du droit international, vise à utiliser ces corps comme d’ignobles « monnaies d’échange » dans des négociations futures.

L’horreur ne s’arrête pas là. Un ancien détenu palestinien, Mohamed Najed, récemment libéré, exhibe les stigmates accablants des pires sévices : poignets lacérés, visage tailladé, oedèmes autour des yeux… Les témoignages de torture se multiplient.

Dans ce sombre tableau, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 9088 Palestiniens croupissent actuellement dans les geôles israéliennes, dont 3424 sans procès ni inculpation formelle, détenus administratifs dans l’illégalité la plus totale selon les défenseurs des droits humains.

Face à cette situation « crime contre l’humanité » qui perdure, les appels se multiplient pour que la communauté internationale intervienne et fasse pression sur Israël afin qu’il respecte enfin le droit international et la dignité humaine des prisonniers palestiniens.

La Rédaction

Appel international pour la libération des journalistes détenus en Algérie

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À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, un appel conjoint a été lancé par l’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits Humains (FIDH-OMCT) ainsi que plusieurs organisations de la société civile régionales et algériennes.

Cet appel exhorte les autorités algériennes à “libérer tous·tes les journalistes et défenseur·e·s des droits humains emprisonné·e·s arbitrairement et à mettre en place des mesures concrètes pour garantir ce droit fondamental.”

Malgré les mobilisations populaires pacifiques de 2019 réclamant un changement démocratique, le régime algérien a intensifié sa répression. Comme souligné dans l’appel, “ce souffle révolutionnaire a été affaibli par les tentatives rigoureuses du gouvernement qui a mobilisé l’ensemble de son arsenal répressif afin de rétrécir l’espace civique et maintenir le statu quo.”

La liberté d’expression est particulièrement visée, les citoyens étant “souvent tenu·e·s responsables voire accusé·e·s de crime pour avoir exprimé leurs opinions en public et sur les réseaux sociaux”. Les accusations d’“atteinte à la sûreté nationale” et de “terrorisme” sont régulièrement invoquées contre toute voix dissidente.

Les journalistes subissent un “harcèlement” systématique de la part des autorités qui cherchent à “renforcer leur mainmise sur les sources d’information”. Un “arsenal juridique” est constamment renforcé, comme avec la “récente loi sur l’information du 29 août 2023” visant à restreindre la liberté d’expression.

Sur cette base législative, des journalistes comme “Khaled Drareni, Rabah Karèche, Ihsane El-Kadi et Mustapha Bendjama” ont été condamnés à des peines de prison pour avoir simplement exercé leur métier d’informer. Ihsane El Kadi a écopé de “sept ans de prison, dont cinq ans ferme” pour de fallacieuses accusations liées au “financement étranger”.

Face à cette situation alarmante, les organisations appellent Alger à libérer les détenus, mettre fin aux poursuites arbitraires contre les journalistes et instaurer “une législation qui garantit la pratique libre de la presse.”

Kamel AIDOUNE

Signataires :

  • EuroMed Droits
  • Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie (CFDA)
  • Comité de sauvegarde de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH).
  • L’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits Humains (FIDH-OMCT)
  • MENA Rights Group
  • Riposte Internationale
  • Tharwa N’Fadhma N’Soumeu