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lundi 16 février 2026
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Tunisie : requiem pour un consensus

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Trois ans après le prix Nobel de la paix qui récompensait la médiation engagée avec succès par le Quartet, le compromis politique issu du dialogue national a volé en éclats. Et maintenant ?

En lieu et place d’une célébration officielle de l’anniversaire du prix Nobel de la Paix, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) lance cette année un mot d’ordre de grève générale. Le syndicat, membre du Quartet lauréat en 2015, appelle à une mobilisation dans le secteur public pour la fin du mois d’octobre.

L’ambiance était tout autre il y a trois ans, lors de la remise du prix. Le secrétaire général de l’époque, Houcine Abassi, se félicitait alors que les partis aient « réussi à faire primer l’intérêt du pays et du peuple sur les considérations personnelles étroites ». À l’unisson du président Beji Caïd Essebsi : « Ce n’est pas un hommage seulement au Quartet, [ce prix] consacre le chemin que nous avons choisi, celui de trouver des solutions consensuelles. »

Le comité du Nobel ne disait pas autre chose, saluant le compromis engagé par l’UGTT – avec l’Utica (patronat), la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et l’Ordre national des avocats – pour sortir le pays de la crise. Depuis, le consensus à la tunisienne est devenu un élément de langage censé démontrer que le pays faisait exception.

https://www.jeuneafrique.com/mag/638044/politique/tunisie-requiem-pour-un-consensus/

L’opposant algérien Elias Rahmani lance un appel à la communauté internationale

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Le président de groupe d’opposition algérien « Le front des forces vives » ,  a lancé le 1er octobre un appel sous forme de déclaration, dénonçant l’illégitimité des accords que la communauté internationale passe avec les instances algériennes.

« Le principe d’un accord est d’être gagnant-gagnant explique-t-il, mais la logique actuelle dans les accords est obscure et éloignée des intérêts du pays ».

Il assure que c’est une information et un témoignage aux générations futures. Le chef des FFV appelle à ce que le peuple puisse exprimer son droit légitime et dénonce la mise en scène politique qu’il qualifie de farce théâtrale.

Rahmani revient également sur les déclarations de l’ancien ambassadeur de France à Alger et ex-chef de la DGSE Bernard Bajolet concernant la santé de Bouteflika et son impact sur le pouvoir

Dans Le Figaro, Bajolet déclarait « le président Bouteflika, avec tout le respect que j’éprouve pour lui, est maintenu en vie artificiellement ». Plus tard il assurait « ne pas souhaiter qu’on le débranche », en parlant de « la momification du pouvoir algérien qui permet à certains groupes de se maintenir au pouvoir et de continuer à s’enrichir ».

La chaîne de Rahmani sur Youtube rassemble plus de 2 millions de vues (toutes vidéos). Son groupe se dit « composé exclusivement de patriotes nationalistes algériens partageant le même objectif et la même vision pour débarrasser l’Algérie du gang qui la contrôle. Les membres des forces vives sont des patriotes qui participent pleinement et efficacement à la lutte contre la dictature, la tyrannie, l’ignorance, l’injustice et la supercherie, ainsi que contre tout préjudice causé aux intérêts de la nation..» (Source présentation du groupe sur les différents réseaux sociaux)

Voici la déclaration des FFV

« Pour une Algérie espace de liberté et de Justice

Dans le cadre de notre engagement nationaliste et patriotique, nous déclarons à la face du monde et de toutes les instances nationales et internationales que le pouvoir en Algérie est vacant. Une bande de scélérats et usurpateurs sont aux commandes du pays en toute illégalité. Le pseudo-président dont ils se servent pour gouverner par lettre et par fausses déclarations est inapte à l’exercice de toute fonction et doit être mis sous tutelle même pour ce qui relève de ses intérêts privés.
Les pays du monde entier ainsi que les grands opérateurs économiques n’ignorent pas le fait que le pouvoir en Algérie est hors de toute légalité.
De ce qui précède nous déclarons que tout accord de quelque nature que ce soit conclu avec l’Algérie peut être frappé de nullité puisqu’aucune autorité n’est légitimement représentative de l’Algérie et de ses intérêts ni de celles de son peuple population actuelle et future. L’Algérie se réserve le droit de rendre caduque tout accord, contrat ou toute autre forme de convention nécessitant une légitimité du pouvoir. Toutes les nominations à des fonctions supérieures sont nulles et ce depuis la date de l’indisponibilité du président Bouteflika donc depuis Avril 2013, rendant par le même fait nul tout accord signé par les responsables à commencer par les chefs de gouvernements successifs. L’Algérie se réserve le droit de porter à l’arbitrage international en temps opportun tout accord en défaveur aux intérêts de notre pays et de son peuple. Nous appelons les gouvernements et les organisations internationales à faire preuve de sincérité et de réalisme politique et de ne plus cautionner les agissements des régents d’Alger. Les conséquences peuvent être graves pour la stabilité de la région Afrique du Nord et pour la région ouest méditerranée. Le peuple se révoltera un jour et demandera des comptes « .

 Communiqué de FFV .

Selon le maire d’Alger-centre, « les habitants sont en partie responsables des inondations »

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Vue sur la baie d'Alger depuis Bab Edjdid - La Casbah d'Alger - View on the bay of Algiers - photography of the Kasbah of Algiers

En début de semaine, la capitale algérienne s’est retrouvée noyée sous les eaux. Des élus locaux se disent « dépassés » par le risque d’inondation. Pour le maire d’Alger-centre, Abdelhakim Bettache, les torts doivent être partagés.

Il reste encore une traînée de sable et de terre au sol, rappelant la difficile nuit que les habitants du quartier de Hussein Dey (est d’Alger) ont vécu, lundi 1er octobre. Il était un peu plus de 20 heures lorsqu’un violent orage s’est abattu sur la capitale. En l’espace d’une demi-heure, il est tombé l’équivalent d’un mois de pluie, soit 30 mm d’eau.

« C’est comme si un robinet avait été ouvert au-dessus de nos têtes. La commune s’est transformée en une piscine géante », se désole Abdelkader Benaïda, maire de la commune de Hussein Dey.

Plusieurs autres quartiers d’Alger, notamment Ruisseau, Belouizdad et Kouba, ont rapidement été inondés. En quelques minutes, les eaux pluviales se sont infiltrées partout : dans les maisons, dans les commerces, sous les trémies et jusque dans certaines stations de métro. Elles ont également envahi les couloirs de l’hôpital Nafissa Hamoud à Hussein Dey, obligeant une partie du personnel médical à prêter main-forte aux agents d’entretien municipaux. Dans ce décor chaotique, le trafic du tramway a été interrompu et plusieurs routes ont été coupées à la circulation durant plusieurs heures.

Une situation récurrente

À chaque forte pluie, le scénario se répète. Dix-sept ans après les inondations meurtrières dans le quartier populaire de Bab El Oued, qui avaient coûté la vie à plus de 1 000 personnes et blessé des centaines d’autres en novembre 2001, Alger reste vulnérable face à une telle catastrophe naturelle.

QUELQUES JOURS PLUS TÔT, LE MINISTRE DES RESSOURCES EN EAU AVAIT DÉCLARÉ QUE LA CAPITALE ÉTAIT À L’ABRI DES RISQUES D’INONDATION

Le gouvernement avait pourtant assuré que la capitale était cette fois mieux préparée. Quelques jours plus tôt, le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, avait ainsi déclaré que la capitale était « à l’abri des risques d’inondation ». « Toutes les infrastructures réalisées à Alger ces dernières années ont permis de préserver totalement la ville du phénomène des inondations » .

Source , jeune Afrique .

https://www.jeuneafrique.com/639993/societe/selon-le-maire-dalger-centre-les-habitants-sont-en-partie-responsables-des-inondations/

Espace euro-Méditerranéen : Espoirs et désillusions

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Au milieu des années 90, l’Europe et ses voisins de la rive sud de la Méditerranée se sont lancées dans un ambitieux projet de mise en place d’une zone commune de coopération et de développement. Un espace que l’on voulait alors de paix, de liberté et de prospérité partagée.
L’adhésion était massive et les espoirs réels. Près de 25 ans après la tenue de la conférence de Barcelone, il est inutile de se hasarder à faire un bilan de ce processus. Ni paix, ni prospérité. Pis encore, cette Méditerranée que l’on voulait de liberté s’est, au grès des évènements, transformée en carrefour de l’horreur et de la barbarie. Plus de 1200 migrants sont depuis le début de l’année en tentant de joindre l’Europe depuis la Libye. Les régimes autoritaires qui devaient disparaitre pour laisser s’installer la démocratie et l’État de droit sans plus que jamais renforcés par une conjoncture difficile marquée par la menace terroriste.
Le 11 septembre 2001, l’Union Pour la Méditerranée (UPM) et le printemps dit «arabe» ont eu raison de la volonté affichée dans le cadre du processus de Barcelone et des espoirs que celui-ci a suscités.
Force est de constaté qu’aujourd’hui, tous les débats concernant l’espace euro-méditerranéen s’articulent autour de deux sujets majeurs : le terrorisme et l’immigration illégale. Et ce ne sont pas les derniers sommets européens ou les échanges entre les pays des deux rives de la Méditerranée qui vont apporter une quelconque contradiction.
Tout récemment, les 27 + 1 dirigeants de l’Europe et de la Grande Bretagne se sont réunis à Salzbourg (Autriche) pour parler des migrants, de la sécurité intérieure et du Brexit. La veille, le 17 septembre courant, la Chancelière allemande Angela Merkel s’est rendue à Alger pour évoquer le cas des ressortissants algériens en situation irrégulière en Allemagne. Ce qui illustre parfaitement la mise en veille, voire l’abondant du projet euro-méditerranéen au profit de dossiers qui, sur le plan interne à chaque pays, sont politiquement plus porteurs tels que la lutte contre le terrorisme et la gestion des flux migratoires.
Des sujets, brulants pour les uns et porteurs pour les autres, et sur lesquels des accords sont rapidement conclus entres les dirigeants européens et ceux de leurs partenaires méditerranéens, en particuliers des pays d’Afrique du Nord. Ces ententes sont souvent faites au détriment des libertés et des droits de l’Homme comme l’atteste l’accord conclu entre l’UE et la Maroc où l’argent est échangé contre une certaine façon de gérer ou de stopper l’arrivée des migrants subsahariens et de les empêcher, par des méthodes inhumaines, de se rendre en Europe. Ceci, sans oublier les cautions de l’UE pour les politiques autoritaires et liberticides qu’exercent certains régimes comme en Algérie ou en Turquie.

Hakim TAIBI

L’OBSESSION. (Première partie)

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Le système comme le pouvoir qu’il a enfanté avec ses dirigeants qui le composent, ne se cherchent plus, puisque plus rien ne les inquiète ni les menace.
Peu importe quand, et comment ce système est né. Il veille à sa survie avec des mutations parfois par héritage, parfois par tripatouillage il ne se console point de ce que le peuple auras à dire, ou à revendiquer tant la diversion portant ses fruits est omniprésente avec cet éternel émerveillement et ce récurent rachat de la paix sociale où cette rhétorique, pareille à une
cerise sur le gâteau . Ce gâteau pétri par les « Bonnets et Cols Blancs de l’Elysée ».
Quant à ceux et celles qui vont être sacrifiés dans l’indifférence et l’insouciance, ils sont déjà des oubliés dès lors où ils sont mourants. Il faut à présent s’occuper des survivants, faire d’eux des obéissants des dociles à l’échine courbée et la tête baissée.
Affamer les récalcitrants n’est pas de nature à les calmer. Ghettoïser une région avant de la plonger dans les effritements clairsemés de l’ethno-confessionnalisme est une nouvelle recette née des laboratoires des bottes cirées. Pourtant depuis des siècles la coexistence dans l’inter communautarisme a été un exemple et une référence dans le respect mutuel et le partage des valeurs. Ceci n’échappe à personne que si la vallée du M’Zab dont il s’agit est plongée dans cette spirale, d’autres volcans sociaux chauffent dans les entrailles de cette terre qui n’a que trop payé.
La Kabylie trop belle et toujours rebelle a payé le plus lourd tribu tant dans ses maquis révolutionnaires sous sa dénomination de W3. Région dont le sang versé se calcule au litre/mètre carré (quand ailleurs l’unité est le litre/Km carré). Cette Kabylie restera le fer de lance de toutes les revendications. Malheureusement, la population du reste du pays, comme dans
une forme de frustration et de mendicité est restée sourde et indifférente quand elle ne fait pas le travail du pouvoir, qui est de nourrir la haine et le reniement.
Cette région que le pouvoir ne cesse de troubler par ses répliques et bien souvent ses provocations se trouve des actions et positions légitimes pour mater la rébellion et étouffer la revendication.

***Bihmane Belattaf***

Alerte sur les libertés publiques en Algérie

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La situation des droits humains en Algérie se dégrade de jour en jour. Dans le domaine de la liberté d’expression et d’opinion, l’emprisonnement des journalistes, blogueurs et défenseurs des droits humains est inacceptable. Selon sa famille, l’état de santé du journaliste Saïd Chittour, en détention provisoire depuis 16 mois ne cesse d’empirer et sa vie est menacée. Les lourdes peines de prison prononcées à l’encontre Marzouk Touati et Abdallah Benaoum sont une preuve irréfutable de la volonté des autorités de museler toute voix discordante au mépris des droits et des libertés consacrés par la Constitution et des engagements internationaux de l’Algérie en matière de droits humains.

Plusieurs segments de la société dont le mouvement Al Mouwatana, les retraités et les invalides de l’armée, le mouvement des victimes de terrorisme et des familles de disparus, le mouvement des médecins Camra et les syndicats autonomes subissent eux aussi la répression, à travers des intimidations, des licenciements des syndicalistes, des arrestations, des violences policières et du harcèlement judiciaire. La fermeture des espaces publics aux manifestations pacifiques et les entraves répétées à l’exercice de la liberté d’association risquent d’exacerber la crise actuelle.

Face à une telle conjoncture, les organisations expriment leur inquiétude et demandent aux autorités de cesser les poursuites à l’encontre des journalistes, blogueurs, syndicalistes, et défenseurs des droits humains, de permettre l’exercice plein et entier de la liberté d’association, de rassemblement et d’expression.

Nos organisations demeurent vigilantes et se maintiennent en alerte face à l’aveuglement des autorités et appellent à la solidarité nationale et internationale pour faire face à cette dérive autoritaire.

Signataires :

RAJ

DJAZAIROUNA

LADDH

CFDA

SNAPAP

ACDA

Saïd Boudour pour syndicat des journalistes

 

 

5 Octobre 1988 : Attention à l’amnésie collective !

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La succession-continuité programmée en haut lieu commence à montrer et avec véhémence tous ses secrets. Le plan échafaudé pour pérenniser le système par le passage en force électoral et constitutionnel (comme l’actuelle crise de l’APN croupion), malgré les quelques résistances de différentes catégories de la population (A.V.O 88, Mouwatana , révoltés du Sud, Retraités de l’armée, enseignants, Médecins résidents…), n’a pas freiné pour autant les ardeurs des pharaons de la république, qui préfèrent répondre par la violence, l’invective et la menace de tous ceux qui perturbent le plan mis en marche. Le mouvement Mouwatana en a fait les frais depuis plusieurs semaines.

Pour le régime finissant, les partis politiques autonomes, les mouvements citoyens comme Mouwatana ou le mouvement du Sud, ou tout simplement les militants de la société civile, ne doivent pas être en continuité avec ceux qui émettent des revendications politiques.

Il en est ainsi des événements d’Octobre 88, qui depuis 30 ans subissent des attaques frontales de la part du pouvoir et de ses sbires, tout simplement parce qu’ils avaient pris des dimensions politiques et  nationales, et les clans agissants dans les arcanes ténébreux du pouvoir pensent toujours, et jusqu’à ce jour, tuer dans l’œuf l’idée même de la commémoration de la révolte de la population qui a amené le pouvoir d’alors à ouvrir une petite fenêtre, vite refermée malheureusement .

Malgré tout et contre vents et marées, les événements d’Octobre 88 restent toujours présents dans la mémoire collective, car ils constituent une rupture majeure dans l’histoire de l’Algérie indépendante.

Le système hideux et haineux ne sait faire que dans la provocation ! Pas de commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur ces tragiques et douloureux événements pour situer ainsi les responsabilités. Aucun statut digne pour les victimes, ni réparation morale ou matérielle.

Et la jeunesse Algérienne se retrouve ainsi coincée dans un système dont elle ne veut plus entendre et ses illusions qui l’ont bercée et dont elle est otage apparait insaisissable, inconsistante, et incomprise…

Cette jeunesse écrasée en Octobre 88 pour avoir donné le ton à l’émeute, est aujourd’hui exclue des débats comme d’habitude, alors qu’elle est la première concernée. Elle fait peur. Elle est toujours là, et elle rêve des grandes idées et ne veut plus entendre parler des idéologies, même si elle continue de subir, comme ses ainées le diktat d’un personnel politique en panne.

La jeunesse Algérienne poussée à déserter le paysage politique du pays, laisse ainsi un grand vide, exploité par les serviteurs zélés du système. Le jeune Algérien, aujourd’hui, est désorienté ! Il ne sait plus faire de différence quand il est sollicité pour participer à la vie politique du pays, car tout simplement il ne fait plus confiance même aux bonnes initiatives citoyennes.

 

Même les partis politiques dits démocratiques ont mis de côté la commémoration symbolique de ces tragiques événements d’Octobre 88, et ne marquent leur soutien que du bout des lèvres .Une forme de « lâchage » qui participe à la stratégie de conditionnement et d’amnésie collective, qui profite bien évidemment au pouvoir et ses satellites.

« Aujourd’hui, en ces moments difficiles que traverse encore une fois le pays, le 5 octobre doit être considéré comme une leçon à retenir. Non pas par le peuple pour le dissuader de demander ses droits, mais par le pouvoir pour qu’il comprenne une fois pour toutes que la spoliation de la souveraineté, l’oppression, l’injustice et la manipulation ne mènent nulle part sinon aux malheurs, au sous-développement, à la misère et au désastre final. » (dixit Soufiane Djilali)

Plus que jamais la jeunesse Algérienne est interpellée à réhabiliter l’action militante. Il est du devoir de la nouvelle génération post-octobre de se recueillir à la mémoire de celles et ceux qui ont perdu la vie dans cette tragédie et d’avoir une pensée reconnaissante pour toutes les victimes surtout celles toujours en vie mais qui ont gardé des séquelles indélébiles et profondes. Contre l’amnésie et l’oubli.

 Dr Amokrane Lakhdar

 

Octobre noir, octobre de désespoir

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Trente ans maintenant et l’on ne sait toujours pas grand-chose de ce 05 octobre 1988.

Trente ans d’agitation, de confusion, de convulsion et de soubresauts. Trente ans de promesse, d’essais à la démocratie. Trente ans d’échec et de trahison.

Je ne sais rien, moi, de l’enfer de ce jour. Le fracas du peuple, l’armée, les rafles, la répression, les morts et l’état de siège. Je n’ai pas souvenance du Parti unique. Ce que j’en sais, je le retiens des écrits, des témoignages et des débats. On m’a raconté le passé avec des mots inintelligibles, des concepts irrationnels et des preuves contradictoires. On en a déduit à une révolte spontanée et une appropriation de la rébellion par les islamistes, sans loyauté, sans honnêteté.

Je ne connais pas, non plus, le règne de Boumediene ni celui de Chadli Bendjedid. Et je n’ai pas connu la période du Parti unique.

Par contre, je connais Bouteflika et sa démocratie illusoire.  Et le pseudo-multipartisme. Et les votes simulacres. Et l’opposition de façade, les partis timorés, inexistants sur le terrain. Et la manipulation des élections. Et le contrôle de l’information. Et la justice à la solde du régime. Et l’adhésion sans faille à son idéologie.

J’ai grandi avec l’idée de la survie du pouvoir au détriment du développement du pays.

Suis-je l’enfant de la révolte « spontanée » du 5 octobre ?  D’une paupérisation de la société ? Je n’en sais rien, je n’ai pas vécu la misère de ce temps-là, de l’indigence, des pénuries, de l’illettrisme.

Révolte spontanée, dites-vous ? Parler d’une révolte spontanée, c’est réduire ce soulèvement à une équation simple.  C’est nier toute l’intelligence de ce peuple. C’est nier ses rêves et sa dignité piétinée, ses espoirs avortés et ses aspirations à la reconnaissance et à l’autonomie. C’est nier aussi la détermination farouche des jeunes de l’époque à prendre leurs destins en main.

Réduire, le soulèvement du 5 octobre 1988 à une émeute anarchique, spontanée, c’est nier l’aptitude du peuple au discernement, au raisonnement et à l’affranchissement.  C’est nier les abus de pouvoir, les persécutions, les usurpations, les cruautés et les exactions longtemps contenus, longtemps pardonnés.

Le pays avait 28 ans. Ses enfants croyaient que leurs sacrifices étaient derrière et leurs espoirs dans l’avenir. Cette conviction remplissait leurs âmes et puis… L’amère déception !

Et par un mercredi d’octobre 1988, le peuple excédé a bravé la tyrannie. Et c’est l’épouvante.

Des Algériens ont tiré sur d’autres Algériens, le sang a coulé et la fissure s’est élargie

Katia Bouaziz

 

Loterie visa USA 2020 : les inscriptions sont ouvertes

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Le département d’Etat d’américain vient de donner les dates d’inscription pour la loterie des visas 2020 (Diversity Visa Lottery).

Les inscriptions au programme de visa de diversité des Etats-Unis, DV-Lottery 2020, se sont ouvert ce mercredi 3 octobre, a annoncé  l’Ambassade des Etats-Unis en Algérie sur sa page Facebook.

Le site officiel pour l’inscription en ligne est https://dvlottery.state.gov/

La période d’inscription à cette « loterie » commence donc ce 3 octobre (à 12:00 GMT-4) et s’achèvera le 6 novembre 2018 (à 12:00 GMT-5).

Ces inscriptions gratuites sont ouvertes à tous à condition de répondre à certaines conditions, notamment être titulaire d’un baccalauréat minimum ou au moins deux ans d’expérience dans un domaine hautement qualifié répondant aux critères fixés par le Département d’Etat.

Il est possible de consulter le site web onetonline.org qui permet au candidat d’évaluer son expérience professionnelle à condition que celle-ci obtienne une note supérieure à 7.0.

La rédaction

Le rêve brisé de la fille d’un héros

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« Heureux les martyrs qui n’ont rien vu » écrivait Bessaoud Mohand Arab. Oui, heureux ces glorieux qui n’ont pas vu la patrie arrivée là où elle est. Chanceux de ne pas avoir assisté à l’humiliation de ce peuple qui avait souffert avec eux dans l’espoir des jours meilleurs et heureux de ne pas avoir vu leurs enfants blesser dans leur dignité, mortifier, offenser et outrager.

Cette histoire est celle d’une des filles de l’un de ces géants qui ont donné leur vie pour que leurs enfants vivent dans la dignité, le respect et la liberté, mais…

 

Docteur Naziha Hamouda, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est connue sous le nom de  » Iwal « . Elle est née en 1957 à Mechouneche dans les Aurès (Algérie) d’une famille célèbre et respectable. Elle n’est autre que la fille de notre héros national, le colonel Ahmed Hamouda, surnommé colonel Si El Houes, chef de la Wilaya VI historique.

En 1959, son père est tombé au champ d’honneur en compagnie du colonel Amirouche, à Boussaâda. La jeune fille de deux ans a vécu orpheline, privée à jamais de l’amour paternel.

Quelque temps après, elle s’est installée à Alger en compagnie de sa famille où elle a fait ses premières études, puis l’Angleterre où elle a obtenu ses plus hauts diplômes scientifiques.

La fille du brave Si El Houas n’a pas dévié la voie de son père ni celle de ses ancêtres, elle a milité pour la réhabilitation de l’histoire et du patrimoine Chaoui. Elle a parcouru les villages et les douars les plus reculés des Aurès pour dépoussiérer l’identité authentique Amazigh et l’histoire du pays de la glorieuse Kahina.

Comme son père qui a combattu l’injustice, elle était une farouche opposante au régime totalitaire de Boumediene et de Chadli. Une femme brave à l’époque où les hommes tremblaient devant deux lettres, SM (Sécurité Militaire). Une fille, instruite, intelligente digne de son père qui a donné du fil à retordre à l’armée française et qui donnait la trouille à Boumediene même mort. Ce dernier a séquestré ses os et ceux d’Amirouche, durant des années dans une geôle au sous-sol d’une gendarmerie (voir le livre de Saïd Saadi : Amirouche, une vie, deux morts, un testament).

Elle n’avait jamais cessé de réclamer le corps de son père en refusant de participer aux festivités organisées par les semblants Moudjahids, qui n’ont jamais osé dénoncer la dictature et la tyrannie de Boukharouba.

Tous ceux qu’ils l’ont connue de près lui vouaient un grand respect et une grande considération pour sa forte personnalité et pour sa bravoure.

Cette grande dame qui dérangeait le pouvoir et ses serviteurs a été trouvée un jour de 1989, morte à la fleur de l’âge dans un accident douteux de la circulation.

Parmi ses œuvres :

 » Rural Women in the Aurès  »

 » Poetry context  »

Repose en paix grande dame !

La rédaction