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lundi 16 février 2026
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Pourquoi la Francophonie a besoin de l’Afrique

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L’Afrique est l’avenir de la Francophonie. Le continent rassemble plus de la moitié des États membres de l’OIF et la majorité de la population concernée. C’est donc une évidence : le poste de secrétaire général doit revenir à un Africain.

C’est la dernière ligne droite. Dans quelques jours (le 12 octobre), la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) sera élue par les cinquante-quatre chefs d’État ou de gouvernement des pays membres de l’institution réunis, curieusement, à Erevan, en Arménie. Ils ont le choix entre reconduire la Canadienne Michaëlle Jean dans les fonctions qu’elle occupe depuis 2014 et élire la Rwandaise Louise Mushikiwabo. Un duel de femmes, donc, ce qui est suffisamment rare pour être souligné.

IL FAUT SAVOIR CE QUE L’ON VEUT. SOIT UNE ORGANISATION INFLUENTE, SOIT UN « MACHIN » SERVANT À RECASER LES CADRES FRANCO­PHONES EN DISGRÂCE DANS LEUR PAYS

Tout le monde accorde beaucoup d’importance à la personnalité de celle qui s’apprête à prendre les rênes de l’OIF.

Sûrement trop. Au-delà du charisme, des compétences réelles ou supposées, du curriculum vitae, de la visibilité et de la faculté à impulser une réelle dynamique à l’organisation de l’avenue Bosquet – ce qui n’est tout de même pas négligeable –, le nœud du problème réside dans l’utilité d’une institution surannée, dépourvue de véritables moyens financiers, de cap et de stratégie. Le bât ne blesse pas au secrétariat général – ceux qui moquent le bilan de Michaëlle Jean sont de mauvaise foi – mais à la tête des États membres.

Il faut savoir ce que l’on veut. Soit une organisation influente, qui promeut la croissance, l’esprit de communauté et les règles qui vont avec. Soit un « machin » servant d’abord à recaser les cadres franco­phones en disgrâce dans leur pays. Reste que l’élection de la (ou du) « SG » demeure un grand moment médiatique et politique.

EN 2014, LA POSITION DE JA ÉTAIT LA MÊME QU’AUJOUR­D’HUI : LE POSTE DE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’OIF DOIT ÉCHOIR À UN AFRICAIN

Il y a quatre ans, tout était simple : Michaëlle Jean l’emporta sans considération des qualités propres à chaque candidat, mais parce que François Hollande, qui dirigeait alors la France, en avait décidé ainsi et était parvenu à convaincre ses homologues africains, Macky Sall (hôte du sommet) en tête, du bien-fondé de son choix. À l’époque, l’Afrique s’avançait en ordre dispersé et présentait pas moins de quatre candidats face à Michaëlle Jean.

 

 

L’Allemagne a expulsé 400 Algériens de janvier à août 2018

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L’Allemagne a expulsé 400 ressortissants algériens en situation irrégulière durant la période de janvier à août 2018 contre 504 en 2017 et 57 en 2015, selon un rapport publié lundi.

Le nombre d’expulsion d’Algériens par les autorités allemandes, qui s’est multiplié par dix entre 2015 et 2018, est le même presque pour les deux autres pays de l’Afrique du Nord, à savoir, le  Maroc (de 61 expulsions en 2015 à 634 en 2017 et 476 en 2018) et la Tunisie (17 en 2015, 251 l’an dernier, 231 en 2018).

Le ministère allemand de l’Intérieur a « confirmé » cette tendance à la hausse du nombre de Maghrebins, qui s’explique selon un porte-parole par une « amélioration de la coopération avec ces pays ».

Les trois pays d’Afrique du Nord ont désormais la possibilité d’identifier leurs ressortissants« sur la base d’un échange de données biométriques sous forme électronique ».

Le recours à la biométrie a « entraîné une forte augmentation du nombre d’identifications », selon le même rapport.

Pour  rappel, le gouvernement allemand avait pris en juillet dernier des dispositions pour accélérer davantage les renvois de demandeurs d’asile originaires des trois pays, en les inscrivant comme »pays sûrs ».

Un projet de loi en ce sens avait été adopté en Conseil des ministres le 18 juillet dernier.

 

 Source : algerie1.com

Le mouvement « Mouwatana » organisera sa première conférence nationale samedi

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Le mouvement “Mouwatana” (citoyenneté) organisera samedi 13 octobre à Alger sa première conférence nationale, avec des interventions programmées de personnalités politiques, médiatiques et académiques.

L’événement se déroulera à la mutuelle des travailleurs de la construction à Zeralda, à partir de 13h30. Elle sera ouverte aux membres de “Mouwatana” ainsi qu’à la presse.

Les travaux de cette conférence incluent l’élargissement de l’instance de coordination du mouvement et l’adoption de textes dont une charte et résolution de feuille de route pour la sortie de la crise politique.

Mouwatana est un mouvement politique qui appelle au changement politique “calme et pacifique” à travers la mobilisation citoyenne et à une période de transition politique. L’instance de coordination de cette formation inclue des personnalités politiques dont les chefs de partis Zoubida Assoul et Sofiane Djilali, ou encore l’ancien candidat à la présidentielle 2014 Ali Benouari.

Le mouvement a tenté d’organiser des rassemblements à Alger, Bejaïa ou Constantine avant que la police ne réprime leurs actions.

A rappeler que le mouvement a lancé le site mouwatana.org pour permettre aux citoyens d’adhérer à “Mouwatana”.

 

Source : huffpostmaghreb.com

Grande mosquée d’Alger : Temmar insiste sur le lancement des travaux de décoration

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ALGER -Le ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et de la ville, Abdelwahid Temmar a mis l’accent, dimanche, sur la nécessité de lancer les travaux relatifs à la décoration, l’ameublement, l’équipement et la réalisation des structures de service à l’intérieur de la Grande Mosquée d’Alger qui accusent du retard, et ce en vue de réceptionner le projet dans les délais impartis.

Lors de la visite de travail effectuée, dimanche matin, à la Grande mosquée d’Alger, en compagnie du ministre des Travaux publics et des transports, M. Abdelghani  Zaalane et du wali d’Alger, M. Abdelkader Zoukh, en vue de s’enquérir de l’état d’avancement des travaux, M. Temmar a mis en avant la nécessité de rattraper ce retard et de lancer les travaux relatifs aux structures de service, la décoration, l’ameublement et l’équipement.

Le ministre a également insisté sur l’impératif de déterminer la nature d’activité de l’ensemble des 54 locaux se trouvant à l’intérieur de la Mosquée et de parachever les procédures y afférant afin de permettre à leur bénéficiaires d’entamer leur activité avec l’inauguration de la mosquée.

APS

Journaliste saoudien disparu: Erdogan met la pression sur Ryad

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis lundi les autorités saoudiennes au défi de « prouver » qu’un journaliste saoudien porté disparu avait quitté le consulat saoudien à Istanbul, après des informations sur son assassinat par des agents de Ryad.

« Les responsables du consulat ne peuvent pas s’en tirer en disant qu’il a quitté le consulat, les autorités compétentes doivent le prouver », a déclaré M. Erdogan lors d’une visite à Budapest, en réponse à une question sur le mystère entourant la disparition à Istanbul du journaliste saoudien critique Jamal Khashoggi.

« S’il est en parti, vous devez le prouver avec des images », a-t-il ajouté.

M. Erdogan, après s’être borné dimanche à indiquer qu’il attendait les résultats de l’enquête en cours sur la disparition, mardi, de M. Khashoggi, semble accentuer la pression sur Ryad. Les Saoudiens assurent que le journaliste a quitté le consulat à Istanbul après y avoir effectué des démarches administratives.

« Les allers et venues à l’aéroport sont en train d’être examinés. Il y a des gens qui sont venus d’Arabie saoudite. Le parquet est en train d’examiner cette question », a poursuivi le chef de l’État.

Peu avant les déclarations de M. Erdogan, les médias turcs ont révélé qu’Ankara avait demandé à fouiller le consulat saoudien d’Istanbul pour tenter d’élucider le mystère entourant la disparition de M. Khashoggi, 59 ans.

Selon la chaîne privée NTV, la demande a été formulée auprès de l’ambassadeur saoudien à Ankara par le ministère turc des Affaires étrangères où il a été convié dimanche, pour la deuxième fois en moins d’une semaine.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane avait déjà invité vendredi les autorités turques à fouiller le consulat où Jamal Khashoggi s’était rendu mardi, mais d’où il n’est jamais sorti selon la police turque.

Le journaliste, un critique du pouvoir de Ryad qui écrivait notamment pour le Washington Post, s’était rendu au consulat en vue de son prochain mariage.

Des responsables turcs ont affirmé samedi soir que, selon les premiers éléments de l’enquête, M. Khashoggi a été assassiné à l’intérieur du consulat.

Des sources turques ont affirmé que l’opération avait été menée par un groupe composé de 15 personnes qui se sont rendues au consulat après être arrivées à Istanbul à bord de deux avions le même jour.

– « Mauvaises histoires » –

Photos du journaliste Jamal Kashoggi sur une barrière de la police lors d’une manifestation devant le Consulat saoudien le 8 octobre 2018 / © AFP / OZAN KOSE

Une manifestation a été organisée devant le consulat lundi, rassemblant des soutiens du journaliste qui brandissaient son portrait barré du message « Nous ne partirons pas sans Jamal Khashoggi ».

« Nous exigeons sa libération immédiate s’il est vivant », a déclaré à la presse Mohamed Okda, un consultant en politique et ami du journaliste. « Sinon, nous aimerions savoir ce qui lui est arrivé exactement et les détails de ce qui s’est passé ».

« Nous souhaitons que sa situation soit éclaircie le plus rapidement possible », a déclaré à Paris la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll.

Dans un éditorial dimanche, le Washington Post a également appelé les États-Unis à « exiger des réponses fortes et claires » de l’Arabie saoudite. « Si le prince héritier ne répond pas en coopérant pleinement, le Congrès doit, dans un premier temps, suspendre toute coopération militaire avec le royaume », estime le quotidien.

Citant un responsable américain briefé sur la question par ses homologues turcs, le journal affirme que « le corps de Khashoggi a été probablement découpé et mis dans des caisses avant d’être transféré par avion hors du pays ».

Donald Trump s’est dit « préoccupé » lundi par la disparition du journaliste. « J’espère que ça s’arrangera. À l’heure actuelle, personne ne sait rien là-dessus. De mauvaises histoires circulent. Je n’aime pas ça », a déclaré le président américain à des journalistes à la Maison Blanche.

« Nous appelons le gouvernement d’Arabie saoudite à soutenir une enquête approfondie sur la disparition de M. Khashoggi et à être transparent quant aux résultats de cette enquête », a indiqué dans un communiqué son secrétaire d’État, Mike Pompeo.

M. Khashoggi s’est exilé aux États-Unis l’année dernière, redoutant une arrestation après avoir critiqué certaines décisions de Mohammed ben Salmane et l’intervention militaire de Ryad au Yémen.

Ryad promeut une campagne de modernisation depuis que Mohammed ben Salmane a été désigné héritier du trône en 2017. Mais la répression contre les dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et aussi de militantes féministes s’est accentuée depuis.

AFP 

Tunisie : remue-ménage dans l’hémicycle

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La redistribution des cartes durant les vacances parlementaires a bouleversé les équilibres au sein de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Au point qu’on se demande s’il y a encore une majorité pour adopter les textes prioritaires.

Les députés tunisiens s’apprêtent à changer de place dans l’hémicycle après la création d’un nouveau groupe parlementaire : la Coalition nationale. Les 47 élus qui la composent sont des transfuges de Nidaa Tounes, Machrou Tounes, l’Union patriotique libre (UPL) et Afek Tounes. Un jeu de chaises musicales qui risque de paralyser la première puissance institutionnelle du pays, qui exerce le pouvoir législatif et un contrôle sur le gouvernement.

L’émergence de la Coalition n’est certes pas la seule responsable de ce grand remue-ménage. La fin de l’alliance entre Nidaa Tounes et Ennahdha, en raison de leur désaccord sur le maintien ou non de Youssef Chahed, a également pesé dans la balance. La naissance de la Coalition nationale, cimentée autour du chef du gouvernement, a, il est vrai, indéniablement participé à semer le trouble entre les deux alliés. Mais une ­question de fond demeure : un éventuel remplaçant de Chahed sera-t-il en mesure d’obtenir une majorité au Parlement ?

https://www.jeuneafrique.com/mag/640369/politique/tunisie-remue-menage-dans-lhemicycle/

Des causes à effet

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Un peuple fainéant, un  peuple qui reste inactif dans les moments cruciaux, un peuple qui n’accepte aucun sacrifice, un peuple qui ne s’intéresse guère au développement de son pays, un peuple habitué à ne pas vivre du fruit de sa sueur, un peuple qui passe ses journées dans les mosquées,  un peuple qui passe les 5 prières de la journée en priorité et au détriment de son labeur, un peuple qui considère la prière comme une obligation et le travail comme une corvée,  un peuple qui pense beaucoup plus à la mort qu’à la vie; enfin un peuple mort qui a peur de la mort.

Qu’attendre de ce peuple ?

Tout effort pour le réveiller ou plutôt l’éveiller est voué à l’échec. La religion a abruti la société, l’école a abruti ses diplômés, car son socle c’est la religion.

Résultat des courses, les carottes sont cuites, il n’y a plus de peuple, mais plutôt un « GACHI ».

 

Ahmed Djenadi

 

L’obessession (Deuxième partie)

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Avril 80 ! Géniteur des mouvements dont les actions revendicatives sont légitimes pour certains, mais une véritable menace pour le panarabisme et l’islamo-Baathisme. Référence qui s’étalera au-delà de cette région éternelle dans sa rébellion notamment dans les contrées Aurassiennes.

L’urgence pour le pouvoir était de fabriquer un alliage fait d’arabisme et d’islamisme (l’arabo-islamisme), qui servirait de rempart à la revendication Amazigh. Pour le système, c’est faire usage avec une autre phraséologie « le berbérisme » était d’amener l’opinion publique avec des œillères préalablement confectionnées et nous taxer d’anti-musulmans et de proFrançais. Cela, nous renvoi à la fin des années 40 dont nous gardons en mémoire la crise berbériste (47/49) face à un Messalisme rampant où l’Algérie est toute définie avec son sort qui est scellé par ses propos… « Elle doit se tourner vers les pays du Proche-Orient, devenir une composante de la nation arabe. L’Algérie est un pays musulman, il faut promouvoir la religion musulmane. »

L’histoire décalquée par le pouvoir dans la haine, le mépris et l’arrogance nous conduira au printemps noir de 2001 (54 ans après nos aînés artisans de la revendication berbère) où la Kabylie payera au prix de la sueur, du sang et de la douleur, 127 de ses enfants seront sacrifiés mains et torse nus face aux balles des semeurs de la mort. Sans oublier le traumatisme et la mutilation de milliers de nos enfants.
L’oppression et la répression qui se sont abattues d’une façon démesurée et disproportionnée avait une seule signification sous forme d’un message, qui était de dire aux autres régions du pays : l’intérêt de rentrer la tête dans les épaules tels des hérissons et de retenir la leçon.

Un proverbe kabyle qui disait «Wwet-it ghef alim ad yettu timzin » Punis le pour la paille qu’il a consommée, il oubliera l’orge, le restant de sa vie. Matez la Kabylie et la paix régnera sur le reste du pays.

Épilogue :

Un pouvoir têtu et amnésique ne sait pas encore que :
-Interdire une manifestation, c’est radicaliser sa revendication.
-La réprimer et l’oppresser, c’est approuver sa légitimité et sa légalité.
-Désapprouver ce qui est juste c’est aller à contresens de l’histoire et de la
morale politico-historique.

Bihmane Belattaf

Une histoire féministe des Nanas-Beurs

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8ème Congrès international des recherches féministes

Université Paris Nanterre

 

Intervention de Souad Benani Schweizer du 29 août 2018

 Les années 1980 – Une histoire féministe des Nanas-Beurs

 

Sommaire :

I- Principes fondateurs de l’Association « Les Nanas-Beurs »

les principes politiques et féministes : Citoyenneté, intégration et égalité des droits.

II- Le féminisme porté par les femmes issues de l’immigration féministe universaliste, partie                     intégrante du mouvement français.

III- De l’intégration et de l’égalité des droits aux particularismes identitaires.

IV- Identité plurielle des Nanas-Beurs

V- Où en sont les luttes des femmes aujourd’hui en France et au Maghreb ?

VI- Conclusion

 

I- Principes fondateurs de l’Association « Les Nanas-Beurs »- les principes politiques et féministes :

Citoyenneté, intégration et égalité des droits. 

Dans les années 1980, la France a vu sortir de son ventre, longtemps en gestation, une multitude d’enfants métissés, hybrides, garçons et filles, porteurs d’une francité nouvelle, tirant ses origines des deux rives de la méditerranée.

Fatima, Zohra, Ali, Mohamed, Djamel, Nadia sont nés sur le sol de l’hexagone, ayant biberonné aux mamelles de la langue de Racine et de Voltaire. En 1981, avec l’élection de François Miterrand, le Président, va délivrer un acte de naissance symbolique aux immigrés et à leurs enfants, le pouvoir s’organiser et se constituer en Association loi 1901.

Dans la mouvance de toutes les luttes contre les discriminations et le racisme s’est initié la marche des Beurs, et avec elle, la constitution de nombreuses associations des jeunes de quartier, dont les Nanas-Beurs. Ces fondatrices des Nana-Beurs étaient des jeunes femmes féministes, issues de l’immigration maghrébine.

L’affaire pour ces jeunes femmes était de constituer, construire, bâtir un mouvement féministe : lutte de classes. Ce ne fut pas chose facile pour nous, elles et moi comprise, que d’affronter centimètre par centimètre, les différents fronts d’opposition qui s’ouvraient sur le terrain à la fois inconnu, et paradoxalement déjà emprunts de vieux schémas éculés de la gauche.

Comment résonnait donc le vocable « féminisme » aux oreilles de jeunes militants, certes enthousiastes, mais qui n’appréhendaient le monde que dans un rapport globalisant sans aucune différenciation du genre ?

Émancipation des femmes, libération des femmes, un épiphénomène à régler lors de l’émancipation de tout le prolétariat. Cela ne pouvait s’articuler que sur le 2ème axe, après celui de la victoire supposée du « grand soir » (sous-entendu la victoire du prolétariat).

Cette utopie, nous nous sommes attelées à la vaincre. Tout en restant convaincues qu’il fallait se mobiliser contre toutes les inégalités à l’encontre des travailleurs (dont les femmes sont encore les sous-prolétaires), il était urgent, voire prioritaire de porter les valeurs du féminisme intrinsèquement, et au coeur même de ces luttes. 

II- Le féminisme porté par les femmes issues de l’immigration féministe universaliste, partie intégrante du mouvement français.

 Cependant, dans l’immigration, les luttes à mener selon le contexte de l’époque devaient se faire ensemble avec des objectifs à court et moyen terme, se fondre principalement dans la lutte des classes, celle des immigrés et du prolétariat en général. (Intégration et égalité des droits). Les jeunes femmes elles-mêmes menaient cette lutte en tant que porte-parole d’un large mouvement et étrangement la dimension de la revendication des droits spécifiques des femmes semblaient plutôt réducteurs, et les ramenaient encore à un risque et spécificité plutôt discriminatoire, et genrée, alors qu’elles n’avaient que le souci de se battre au même titre et à armes égales avec les hommes, faisant abstraction de l’analyse des dégâts du patriarcat.

Les années passant, avec le développement des idées contre le racisme, l’antisémitisme et pour l’égalité des droits entre français et immigrés, à la faveur aussi des luttes du mouvement féministe qui était à son apogée.

On vit paradoxalement à ce moment-là un renversement des idées qui allaient à l’encontre de l’émancipation des femmes dans l’esprit de certaines associations mixtes de jeunes immigrés.

Les luttes féministes en France deviennent subitement une spécificité locale, hexagonale, celle des pays riches et de femmes prospères qui « avaient déjà tout » et se complaisaient dans le processus d’obtenir encore davantage d’acquis, alors que les femmes pauvres se désintéressaient totalement de ce problème : être par exemple mal-logé, mal nourri, mal payé, et ne se permettait en aucun cas de s’intéresser au processus des besoins des femmes en termes de libération. La libération des femmes se traduisait par une assimilation aux vœux supplémentaires de la bourgeoisie.

Le féminisme était donc à rejeter en bloc, sans analyse, un processus restreint des luttes de classes, réduisant hommes et femmes au même stade d’oppression, sans la valeur ajoutée du patriarcat, qui rendait les femmes comme transparentes, oubliant la double journée de travail, la charge mentale dans la famille, le travail sous-payé, etc. 

III- De l’intégration et de l’égalité des droits aux particularismes identitaires.

Comment dès lors faire porter la voix des femmes issues de l’immigration maghrébine en défendant leurs droits spécifiques et fondamentaux ? Comment faire reconnaître l’oppression spécifique des femmes en tant que genre, avec en supplément la spécificité particulière des discriminations faites aux femmes immigrées.

C’était là la belle gageuse des Nana-Beurs, qui s’attachaient à élargir le champ des luttes historiques des femmes françaises contre les différentes lois (notamment les lois Pasqua, instaurant la restriction du regroupement familial…) et aussi des discriminations telles que les violences faites aux femmes, les mariages forcés, les grossesses non désirées, les problèmes de l’avortement, la contraception, les problèmes de papiers, etc.

Des permanences furent créées à Boulogne au local des Nanas-Beurs. Un journal mensuel vit le jour sur l’état de nos luttes… Conférences, meetings, manifestations faisaient partie intrinsèque du programme des Nanas-Beurs.

Les revendications des Nana-Beurs faisaient partie tout naturellement de l’ensemble des luttes du mouvement féministe français et on tirait son identité et son historicité. 

IV- Identité plurielle des Nanas-Beurs 

Oui, les Nanas-Beurs ont pu à la fois se différencier et se fondre dans le mouvement féministe d’ensemble et c’est ce qui a constitué leur richesse et leur épanouissement. Elles ont levé les tabous, relevé les défis, osé haut et fort se réclamer de la laïcité, s’aventurer sur les terres interdites en proclamant leur indépendance, et le droit à l’union libre.

Les Nanas-Beurs, c’était aussi

– la jonction avec le mouvement des femmes en Algérie, au Maroc, en Tunisie.,

– Réclamer la révision des codes de la famille, la séparation des pouvoirs entre l’État et la

Mosquée

– et enfin, se déterminer par rapport au droit et à la liberté de pensée.

– Nous étions encore loin des manifestations qui verseront à cause du terrorisme à l’islamophobie.

Et pourtant nous étions extrêmement vigilantes sur ce point, eu égard aux pratiques du FIS, Front

Islamique du Salut en Algérie, qui imposait déjà une politique totalitaire et répressive à l’égard des femmes. Le FIS prônait déjà le retour à la Charria envoilant dans tout le sens du terme toutes les velléités d’émancipation d’égalité des femmes. La violence était soit déclarée soit latente, mais elle était au secours des règles édictées par le fondamentalisme musulman : autoritarisme des pères et des frères, pression contre le travail des femmes…

Nous dûmes combatte ces tendances radicales de l’Islam en traduisant nos idéaux par les actes qui aidaient les femmes algériennes militantes à obtenir le droit à l’asile politique, à la régularisation des femmes sans papiers, cachées en France et dont la tête était mise à prix par le FIS.

Je vous rappelle les assassinats nombreux de jeunes femmes algériennes telles que notre amie Nabila, architecte à Alger et dirigeante d’une association de femmes.

Nous avons rappelé à travers la presse et tous les médias à ce moment-là tout notre attachement à la laïcité, aux droits civiques, à l’abrogation des codes de la famille et à toutes les politiques qui statuaient par le pouvoir patriarcal et la loi islamique sur l’infériorité juridique des femmes et sur la constance du sujet femme comme étant de façon immuable soumis pour toujours à l’autorité masculine.

Le monde arabe nous semblait se précipiter vers le monde de la sainte ignorance, détruisant toutes les politiques conquises de haute lutte par l’ensemble des militants et des militants contre les dictatures en place.

C’est ainsi qu’on vit la fortification de la place tenue par les islamistes, les Wahabites, et d’autres Mollahs. Les identités diverses et variées du Maghreb à l’ensemble du Monde arabe devinrent monolithique effaçant origine et traditions de chaque peuple (Berbères, Kabyles, Nomades…) pour que l’Islam puisse être appelé à régner de façon définitive dans une Oumma, un idéal totalement utopique et en contradiction avec l’évolution de toutes les sociétés modernes.

La mondialisation, le règne de l’économie libérale, la présence indispensable des femmes, même si elles sont exploitées, conduisent les femmes bon gré mal gré à participer par leur travail à la vie économique et sociale.

V- Où en sont les luttes des femmes aujourd’hui en France et au Maghreb ?

 Il n’est point besoin aujourd’hui de souligner dans notre analyse et à l’observation même à l’oeil nu que les revendications des Beurs et des femmes issues de l’immigration ne portent plus seulement sur l’intégration et la citoyenneté. Des droits nombreux ont été acquis notamment par la scolarisation, la formation professionnelle ou universitaire d’une grande part des jeunes leurs et la réussite parfois spectaculaire d’un grand nombre de jeunes filles.

Ce qu’on peut retenir, c’est une autre forme de citoyenneté qui se dessine, particulière, c’est-à-dire identitaire. L’équilibre mondial, les guerres successives, de l’Irak à l’Afghanistan, ont créé un repli et une pulsion à la fois de rejet contre l’impérialisme américain et qui les amène à se lover dans les bras grands ouverts de l’identité et de l’unité musulmane utopique. Un courant nourrissant l’autre et qui n’aura d’issues que pas la constitution de démocraties et de la représentation des droits des peuples. C’est à cette lumière que nous pouvons comprendre la légitimation du port du voile, car les femmes qui le portent, tout en étant conscientes de leurs droits, surtout en France, veulent se démarquer des folies guerrières et de l’exploitation de leur propre peuple. Nous ne sommes évidemment pas d’accord, ni sur le repli identitaire ni sur les marques supplémentaires de l’oppression par le port du voile. Il faut continuer en France à se battre aux côtés des femmes françaises d’origine maghrébine, en favorisant toujours le débat sur la laïcité, la démocratie et l’égalité entre hommes et femmes. Il faut se tenir loin des débats creux et stériles sur les libertés individuelles et le libre choix de voiler ou non son corps. Ces différenciations nous éloignent des droits des femmes, de l’universalisme du féminisme. Ainsi, la porte sera fermée à l’implantation de l’Islamisme radical qui, poussé à son paroxysme, conduit certaines jeunes femmes au Jihad.

VI- Conclusion

 Fort heureusement, que ce soit en Tunisie (abrogation par exemple de la loi islamique sur l’héritage), au Maroc et en Algérie (contre toutes les violences, notamment les viols en réunion, l’attaque des jeunes femmes dans les transports en commun) les féministes dans le monde arabe comme en France se mobilisent pour l’instauration de nouvelles lois, par exemple contre le harcèlement moral et sexuel au travail, dans la rue et dans la maison. « Balance ton Porc », « Balance ton Hadj » devant l’inadmissible, les femmes maghrébines dénoncent et poursuivent en justice les violeurs en rendant visible à la conscience de chacun les discriminations qui leur sont faites.

Ainsi est venu le mouvement du 20 février au Maroc, le MALI, pour la reconnaissance des droits LGBT, chose nouvelle portée à voix haute, au sein même de la société. Pour conclure, il n’y a pas de féminisme spécifique, il n’y a qu’un seul féminisme universel ! Les luttes des femmes ont toujours un tronc commun et comme chaque branche d’un arbre, elles portent leurs fruits. La diversité des luttes des femmes, partout dans le monde, constitue le capital de leur unité.

La question des femmes se pose désormais comme un fleuve de plus en plus en crue dans le Maghreb où la terre semblait asséchée depuis quelques siècles déjà, bâillonnement des voix appelant aux droits des femmes, celles des muezzins étant plus amples et fortes de son écho à essence identitaire.

Alors en faisant résonner le timbre de l’égalité, le makhzen se dédouane en réformant à peu de frais ici où là le code de la famille * (introduction du droit au divorce, limitation de la polygamie et quelques autres points encore).

L’essentiel étant fondamentalement conservé sur la suprématie de l’être masculin qui s’arroge par la volonté divine, disons-le, les pleins pouvoirs.

Et cela ne concerne pas que l’héritage ou le témoignage juridictionnel.

Dans le cerveau de chaque femme, la société imprime de façon indélébile la légitimité « naturelle  » du pouvoir de l’homme.

Hélas, il suffit juste de naître avec un zizi, pour que le monde s’accorde sans effort à vous livrer le total des privilèges.

Tout le monde est pris dans les rets du filet. Les femmes comme les hommes eux-mêmes.

La posture existentielle attribuée aux hommes indique constamment une surdétermination de soi. « Être à la hauteur de tout « .Faire face, montrer comme on est sûr de soi .Une opinion dont l’apparence doit sembler la seule raisonnable et par conséquence juste et bien fondée. Ce statut doit être en permanence défendu et en action, le pouvoir de toute la société masculine est en jeu. Gare à celui qui se laisse attendrir par son affect et ses sentiments .On ne naît pas homme on le devient.

C’est toute la société qui maintient, tricote, entretient le refoulé.  Libido bridée, inconscient saturé, par tant d’efforts de refoulement. Comment alors ne pas comprendre cette injonction à imposer le port du voile aux femmes. « Cachez-moi ces yeux que je ne saurais voir ! »

Cette analyse doit nous révéler un autre volet des choses. Il ne s’agit pas simplement du simple et furieux processus de l’oppression des femmes, mais d’une constante volonté de  » il faut que je demeure toujours debout, par ce qu’on attend de moi « d’être un homme ».

Une des principales règles de l’honneur, si chère aux hommes orientaux, est avant tout de se protéger, de baliser le chemin .Pour ce faire depuis des siècles on s’ingénie à enfermer les femmes, à les clôturer. Et le voile imposé aujourd’hui aux femmes est une protection supplémentaire pour sauvegarder honneur et vertu des hommes.

Ne nous étonnons donc pas que l’on viole tranquillement une toute jeune fille dans un bus à Casablanca ou que l’on encercle en foule compacte une autre à Tanger, son jean étant joliment porté à leurs yeux.

Il n’y a plus de harem, le harem moderne sera le voile. L’économie de marché, au Maghreb comme ailleurs, nécessite le travail même sous-payé des femmes. Alors soit, les portes n’enferment plus les femmes dans leur demeure, on n’en a plus les moyens et on ne peut plus les entretenir, une mixité surveillée, contrôlée, comme dans un pénitencier, règne dans les rues du Maghreb et d’Orient.

L’enjeu est majeur .La surdétermination du moi masculin ne peut se maintenir et se transmettre que si cet ordre règne pour et avant tout garantir la protection du sujet masculin. Et c’est précisément cette protection en faveur de l’homme que l’on peut signifier le Pouvoir du masculin.

Le pouvoir patriarcal s’est nourri depuis des siècles de la façon dont les hommes ont appris à se protéger, et l’aliénation et l’oppression des femmes sont dues à cette surprotection que les femmes non autorisées.

QUE FAIRE ALORS ?

Les années de luttes féministes ont mis en avant, et à juste titre, l’égalité des droits. Mais est-ce suffisant aujourd’hui ? Cette mesure de la valeur de l égalité est elle toujours aussi pertinente et adéquate dans l’appropriation de la conquête des droits ?

Il me semble judicieux de se tourner plus attentivement sur le sujet que constitue chacune d’entre nous.

Je n’ai certainement pas envie d’être dans la situation similaire de celle des hommes. L’égalité nécessite une remise à plat de tous les fondements sociaux et politiques.

SE BATTRE ET TOUJOURS S’AFFIRMER

Je réclame en mon nom et pour moi, l’épanouissement du sujet. Je voudrais pour moi, comme pour toutes les autres, l’irruption de la richesse de nos potentiels et de notre intelligence. Ce n’est pas une égalité formelle que les États même les plus rétrogrades peuvent concéder sans grande révolution et surtout sans risques de basculement de pouvoir. (Le droit de vote des femmes au Maghreb n’a pas réellement amélioré la situation juridique des femmes alors même que l’accès aux droits civiques est chose indubitablement nécessaire, en d’autres termes, un droit toujours nécessaire, mais non suffisant.

En conclusion j’ose avancer que l’origine ainsi que la perpétuité de l’oppression des femmes ne vient pas du fait de leur mise à couvert au logis, de la conception admise communément de leur fragilité, de leur prétendu déficit de forces physiques et morales, de leur peu de raison. Mais bien plus et avant tout, elles sont les gardiennes du temple masculin.

Souad Benani

 

Souad Benani, Auteure de :

« Les femmes dans l’Islam », Éditions La Brèche, sous le pseudonyme Yasmin Nawal

Articles dans les revues du CNRS

Thèse doctorat sur « Le féminisme dans le monde arabe – Femelles, Houris

Sofiane Djilali :  » Les rares apparitions de Bouteflika sont un calvaire pour lui et pour ses concitoyens »

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Le parti de Sofiane Djilali, Jil Jadid, décrit un pays mis en danger par «un pouvoir fébrile et aux abois».

Le conseil national de Jil Jadid, présidé par Sofiane Djilali, exprime son inquiétude face aux symptômes de «la dégradation avancée des institutions de la République». Réuni hier en session ordinaire, le conseil national de cette formation politique, qui œuvre pour un changement politique radical, estime que la multiplication des cafouillages au sommet de l’Etat et les couacs que connaissent certaines institutions sont un signe d’une fin de règne douloureuse.

«Alors que les pouvoirs présidentiels ont été confisqués par l’entourage du président de la République, voilà que l’Assemblée populaire nationale est atteinte par les répliques de cette grave rupture constitutionnelle, prémisses probables de prochaines secousses à d’autres niveaux», souligne le conseil national de Jil Jadid qui insiste sur «la confusion qui règne au sommet de l’Etat». Les manœuvres politiciennes des partis et le désordre général qui s’installe dans la durée sont, pour ce parti, «la manifestation d’une fin de règne chaotique».

«Les partenaires étrangers sont eux-mêmes surpris et choqués par l’absence de compassion et de sens de la dignité face à l’instrumentalisation d’un homme, dont les quelques rares apparitions publiques sont à l’évidence un calvaire pour lui et pour ses concitoyens», soutient ce parti qui se dit convaincu que l’entêtement à maintenir cet homme à la tête de l’Etat relève tout simplement de troubles de la raison.

«Même les Etats qui ont soutenu directement le régime de Bouteflika prennent leurs distances, comprenant que l’obsession du 5e mandat mènera non seulement l’Algérie mais aussi toute la région vers un dangereux chaos, y compris pour la rive nord de la Méditerranée», affirme le CN de Jil Jadid, qui dénonce l’emploi par le pouvoir de «la force brutale pour réprimer toute contestation qui par ailleurs prend de l’ampleur».

«A plusieurs reprises, les militants de Mouwatana ont été réprimés sans aucune mansuétude dans un quasi-silence complice de la classe politique», relève ce parti, qui fait partie du mouvement contestataire Mouwatana opposé au 5e mandat. Le parti de Sofiane Djilali évoque l’incertitude qui gagne les Algériens. «En dehors des prédateurs en action, aucun investissement, ni national ni international, ne vient nourrir l’économie.

La planche à billets n’a pas encore produit tous ses méfaits, mais la fuite des capitaux et l’affaissement de la confiance nous promettent une inflation et un chômage à deux chiffres dans un proche avenir», souligne-t-il, considérant que «la fébrilité qui s’est emparée du pouvoir démontre, s’il en est encore besoin, qu’il est aux abois et que la panique qui s’empare de lui le pousse à la déraison».

Ainsi, le parti de Sofiane Djilali lance un appel «à tous les Algériens pour dépasser leurs clivages et se réunir autour d’objectifs partagés par tous : aider le pouvoir à s’en aller, pour enfin construire l’Etat de droit dont les fondements font l’unanimité». Jil Jadid, qui s’inscrit dans la rupture totale avec le régime actuel, espère pouvoir créer un «front populaire» pour «une refondation du système politique».

 

Mokrane Aït Ouarabi

Source : El Watan