13.2 C
Alger
jeudi 19 février 2026
Accueil Blog Page 178

Réaction d’Ouyahia sur les manifestations contre le régime

0
Prime Minister Ahmed Ouyahia at the APN Government's Action plan, in Algiers, Algeria on September 17, 2017. (Photo by Billal Bensalem/NurPhoto via Getty Images)

Premier commentaire officiel du régime après les immenses manifestations qu’a connu le pays contre le 5e  mandat du Président Bouteflika.

Le Premier Ministre Ahmed Ouyahia qui présentait la déclaration de politique général devant les députés à l’APN, a évoqué les dernières manifestations qui ont secoué le pays contre un nouveau mandat du président Bouteflika.

blob:https://www.dailymotion.com/63cc3d5c-9021-4985-bbc6-b124167021c8

https://www.facebook.com/dzairnewstvofficiel/videos/768594310188063/?t=24

D’une voix blanche, le PM a rappelé que la “constitution garantit aux algériens le droit de manifester pacifiquement”, et  a brandit la menace venus de “l’extérieur”, vieux réflexe du pouvoir quand il se retrouve acculé. “Je demande aux algériens de rester vigilants face aux appels de provocation lancés par des inconnus”, a déclaré le premier ministre. Il rappelle, dans ce contexte, aux Algériens la facture payée dans les années 90.

Pour M Ouyahia, les revendications exprimés par la population pourra s’exprimer lors de la présidentielle. “Chacun a le droit de défendre son candidat et seul l’urne les départagera de manière pacifique”, a déclaré le premier ministre.

Cette déclaration intervient alors que le président Bouteflika n’avait aucunement évoqué les manifestations pacifiques que connait le pays depuis vendredi, dans son message du 24 février, date anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures et de l’UGTA, la centrale syndicale dont le secrétaire général, Abdelmadjid Sidi Saïd et l’un des soutiens indéfectibles au 5e mandat de Bouteflika.

Salim Mesbah

Source : Huffpost Algérie

La radio chaîne 3 met fin à l’émission « L’Histoire en marche » de Meriem Abdou

1

La journaliste Meriem Abdou a annoncé, dimanche, la décision de la direction de la chaîne III de la Radio nationale de mettre fin à son émission hebdomadaire « L’Histoire en marche », après sa démission de son poste de rédactrice en chef de la radio publique francophone.

« J’aurais, en effet, voulu vous donner rendez-vous jeudi prochain à partir de 17 h 00 mais hélas l’arrêt de l’émission ”L’Histoire En Marche” m’a été signifié aujourd’hui, à vous toutes et à vous tous je dis encore une fois Merci », a écrit la journaliste dans une publication sur sa page Facebook.

Meriem Abdou a démissionné de son poste de rédactrice en chef et membre de l’encadrement de la radio pour dénoncer le traitement de la radio nationale qui a, selon elle, « fait l’impasse » sur les marches du 22 février.

« C’est pour ce fait que j’ai décidé ; moi Meriem Abdou, de déposer dès demain ma démission de mon poste de Rédactrice en chef membre de l’encadrement de la chaîne 3 et de me consacrer uniquement à mon émission « L’histoire En Marche », je refuse catégoriquement de cautionner un comportement qui foule aux pieds les règles les plus élémentaires de notre noble métier », avait-elle annoncé le lendemain des manifestations qui ont touché une trentaine de wilayas.

L’émission culturelle et politique était diffusée, jusqu’à la semaine passée, tous les jeudis à 17 heures. Elle traitait des événements historiques, de l’actualité internationale et des événements marquants qui se déroulent à travers le monde avec des interventions de témoins des événements, de personnalités politiques, d’experts et de spécialistes.

Par: 

Source : TSA

Pendant que l’Algérie grogne contre Bouteflika : 678 Algériens expulsés d’Allemagne

0

Ils sont quelque 678 Algériens résidant illégalement sur le territoire allemand qui ont été expulsés, alors qu’en Algérie, la grogne s’intensifie contre un cinquième mandat du Président Abdelaziz Bouteflika à la tête du pays.

Dans un communiqué, le ministère fédéral de l’Intérieur a indiqué que quelque 678 Algériens résidant illégalement sur le territoire allemand ont été expulsés au cours de la seule année 2018. Soulignant que le nombre de personnes entrées de manière irrégulière en Allemagne a augmenté de façon remarquable, le ministère fédéral a précisé que 504 Algériens avaient été expulsés de son territoire en 2017, contre 678 en 2018.

L’annonce de ces expulsions, qui ont augmenté de 174 personnes, par rapport à 2017, intervient au moment où c’est la grogne en Algérie, avec des manifestations contre un cinquième mandat du chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier, en place depuis 1999, a été sérieusement frappé par un AVC, en 2013. Ce qui lui a valu de se déplacer depuis lors en fauteuil roulant. Ses sorties publiques se font très rares.

Source Journal Ou va l’Algérie

Par Malick Hamid /Afrik

Djamel Zenati : «Restons mobilisés, la fin est proche»

0

Un vent d’indignation se lève partout dans le pays. Il vient des profondeurs de la société et exprime le mal-être algérien dans toutes ses dimensions. Longtemps contenue, la colère a finalement explosé en réaction à ce qu’il convient désormais de qualifier de provocation de trop.

En effet, la candidature de Bouteflika pour un 5e mandat est ressentie par les citoyens comme une atteinte à leur dignité, une défiance difficile à supporter.
L’ampleur de la mobilisation du vendredi 22, la gravité et la détermination unanimement affichées par les marcheurs traduisent bien l’état d’exaspération d’une population usée et désabusée. En brisant les murs de la peur et du silence, cette mobilisation pacifique et magnifique a libéré les consciences. Elle a également apporté un démenti cinglant aux allégations et autres prévisions chaotiques des briseurs d’espoir.

C’est un tournant historique dans la vie du pays. Un consensus national s’est concrètement et publiquement réalisé autour du rejet du 5e mandat et du départ du système. Les citoyennes et citoyens ont pris leurs responsabilités. La forte démonstration populaire a porté un message citoyen insistant sans aucune ambiguïté. Il doit trouver un sens politique par un prolongement immédiat, transparent et loin de toute tractation occulte. C’est la mission des patriotes, de tous les patriotes, au sein du sérail comme dans la société. Ils doivent retrouver le sens des perspectives historiques.

Le pouvoir doit se garder de faire le choix de l’obsession destructrice contre la nation. Il doit se garder de faire le choix de l’aventure et de l’entêtement en mobilisant les membres de sa contre-société contre la société. Une telle option conduirait immanquablement le pays droit à la guerre civile. Il doit le savoir. Prions Dieu que cette malheureuse évolution ne survienne pas. Si tel est le cas, le pouvoir et ses alliés répondront de crime contre l’humanité devant la collectivité nationale, la justice internationale et l’histoire.

La société se trouvera de ce fait en situation de légitime défense. Elle est alors en droit d’user de tous les moyens nécessaires à sa protection.
L’opposition, très peu bavarde en ce moment, doit à son tour se déterminer.

Est-elle la voix du peuple ou accepte-t-elle de servir de bouée de sauvetage à un système en plein naufrage ? Est-elle un facteur dans le règlement de la crise ou un élément de la crise ? L’heure n’est pas aux tergiversations, aux calculs personnels ou aux éruptions intempestives de taghenant. Le souci du pays doit primer sur toute autre considération.

Il faut éloigner l’Algérie de la zone de danger et lui offrir la seule perspective qu’elle mérite : celle de la liberté, du progrès et de la paix. Les patriotes doivent en urgence appeler à une négociation avec le pouvoir autour d’un seul et unique point : le départ du système. L’élection présidentielle est à mon sens dépassée.

Source Journal El Watan

Djamel Zenati

La diaspora algérienne en France rejette Bouteflika et sa mafia

0

La colère des Algériens contre le pouvoir en place dépasse les frontières du pays.

Aujourd’hui dimanche 24/02/2019, c’est la capitale de l’hexagone qui a vibré sous les pieds de la diaspora algérienne vivante à Paris qui a répondu à l’appel du mouvement Mouwatana.

Le rassemblement a eu lieu cet après-midi à la Place de la République. Les manifestants ont crié leur ras-le-bol du régime totalitaire algérien et le rejet du 5e mandat du président Bouteflika qui leur est imposé en dépit de son incapacité totale à exercer la fonction de président de la République pour la cinquième fois.
Cette candidature forcée et illégitime à l’élection présidentielle du 18 avril prochain a blessé les Algériens dans leur dignité et ils l’ont ressentie comme une insulte à leur intelligence.

Durant ce grandiose rassemblement de Paris, on a pu voir des drapeaux algériens et berbères sur tout l’ensemble du monument de la République et notamment des banderoles sur lesquelles on peut lire : « Agir pour le changement et la démocratie en Algérie », « Non au 5e mandat » ou encore « Ni État islamique ni État militaire ».

Les manifestants ont exprimé leur colère et leur indignation contre ce régime qui dilapide les richesses du pays avec un président qui ne se manifeste que par intermédiaire.

Les protestataires ont scandé des slogans inspirés du printemps noir de Kabylie tels que « Pouvoir assassin », « Oulach smah oulach » (Pas de pardon) et d’autres slogans hostiles au président Bouteflika, notamment « Bouteflika y’almaroki makanch A3ouhda 5″, (Bouteflika le Marocain, pas de 5e mandat), « Le peuple veut faire tomber le régime », « non au 5e mandat« , « Le peuple ne veut ni Bouteflika ni Saïd », etc.

Cette foule parisienne a aussi chanté l’hymne national algérien et d’autres chants révolutionnaires qui remontent à la guerre de libération nationale. Ce qui attire l’attention cette fois c’est la présence de la presse française qui a couvert l’événement qui est dû sûrement au soulèvement historique du peuple algérien ce 22 février pour dire non au 5e mandat de Bouteflika et qui réclame le départ de tout le système qui a ruiné le pays.

Comme la diaspora est consciente que ce n’est que le début d’un long combat contre la mafia qui dirige le pays avec une main de fer, les manifestants se sont donné rendez-vous pour un autre rassemblement dimanche prochain 3 mars 2019 à la même place.

Mamart Arezki

L’Algérie, le cauchemar de Macron

0

Une déstabilisation de l’Algérie à la suite de la mort du président Bouteflika ou à une révolte est depuis longtemps l’angoisse première de l’Elysée et des services français de sécurité.

C’était début février. Nous demandions à un haut responsable français ce qui inquiétait le plus Emmanuel Macron. Une nouvelle crise financière ? Une cyberattaque massive des Russes ? Des frappes américaines sur l’Iran ? « Vous n’y êtes pas », a répondu ce personnage central de la Macronie. « Le cauchemar du résident de la République c’est l’Algérie. C’était aussi celui de ses prédécesseurs. Les plus hautes autorités de l’Etat sont terrifiées par la perspective d’une grave déstabilisation de notre ancienne colonie après la mort de Bouteflika [président depuis 1999]. »

Cette confidence date de plusieurs jours avant les manifestations de la jeunesse algérienne contre un cinquième mandat du président grabataire. On imagine donc aisément qu’aujourd’hui l’Algérie est plus que jamais le sujet numéro un de préoccupation de l’Elysée. Une grave crise politique dans ce pays si proche -suite à une révolte de la jeunesse et/ou une disparation de son président – risque, en effet, de poser des problèmes considérables à la France.

En 2014 déjà, un document confidentiel du Centre d’Analyse, de Prévision et de Stratégie du Quai d’Orsay s’intéressait à la « nécrologie prospective » (sic) représentant une menace pour la France : « La mort d’un dirigeant, était-il écrit dans cette note du 2 décembre 2014 adressée au ministre Laurent Fabius et à laquelle nous avons eu accès, n’est pas forcément source de crise, mais plusieurs pays présentent une fragilité particulière lorsqu’ils réunissent les trois facteurs suivants : l’âge avancé du dirigeant ; la concentration excessive du pouvoir ; l’absence de mécanisme de succession ».

Suivait une liste de cinq dirigeants dont la mort pourraient créer une grave crise : Paul Biya au Cameroun ; Idriss Déby au Tchad ; Nursultan Nazerbaev au Kazakhstan ; Issayas Aferwerki en Erythrée et Hun Sen au Cambodge ; et donc d’abord et avant tout Abdelaziz Bouteflika.

Quatre raisons à cela :

  • L’Algérie est l’un des principaux fournisseurs d’énergie de la France (10% du gaz importé) ;
  • En cas de déstabilisation profonde du pays, des centaines de milliers de jeunes (les moins de 20 ans représentent la moitié des 42 millions d’Algériens) pourraient tenter de rejoindre la France par tous les moyens, y compris avec des bateaux de fortune, ce qui, à l’évidence, poserait un défi politique majeur au gouvernement français  ;
  • D’autant que l’immigration algérienne en France et sa descendance est nombreuse et attentive à ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée;
  • Enfin, la précédente crise politique algérienne à la fin des années 80 a ouvert la voie aux djihadistes qui ont semé la terreur dans le pays pendant une décennie et menacé la France à plusieurs reprises.  Autant de perspectives qui évidemment inquiètent Emmanuel Macron au plus haut point.

Source Journal L’OBS

Vincent Jauvert

Lettre à mes amis journalistes

0

L’insurrection citoyenne du 22 a mis beaucoup d’entre vous dans une très délicate posture de ne pouvoir partager professionnellement ce cri de cœur d’un peuple, votre peuple meurtri par un système qui n’en finit pas de l’infantiliser.

Je devine le ressentiment de nombreux consœurs et confrères contraints d’avaler leur colère, d’étouffer le feu qui couve dans leur for intérieur. Dieu que c’est dur de devoir faire l’impasse sur des manifs aussi massives auxquelles on a assisté en live contre toute logique éthique et déontologique ! Je me mets à la place de ces journalistes qui ont le cœur serré de ne pas voir rapporté fidèlement, voire du tout ce qu’ils ont vu. Je mesure ce sentiment de « trahison » et « d’indignité » qu’ont dû ressentir beaucoup d’entre vous. Eh oui ! Être journaliste est un métier pas comme les autres. Vous avez la responsabilité morale de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité. Et la vérité, est que vendredi, le peuple algérien s’était levé comme un seul homme pour dire barakat à Bouteflika et ses sponsors intéressés, mais aussi au système qui a cru avoir eu raison de ce peuple vaillant à force d’avoir cassé tous ses ressorts. Je devine, l’atmosphère glaciale dans vos salles de rédaction où vous vous étiez sentis ce vendredi de gloire, brusquement étrangers. Chez vous, le mot d’ordre est invariablement : « Vive Bouteflika quoi qu’il arrive !». Pas facile de vivre de tels moments dans de tels lieux quand on prétend appartenir à l’algérie qui crie qui avance, à ce peuple sorti dans la rue braver un régime liberticide. Terrifiant aussi de ne pouvoir raconter les péripéties de cette épopée historique si prometteuse pour notre beau métier. Le combat de ce peuple, c’est le vôtre par excellence. Lui tourner le dos, vous le savez et l’avez sans doute ressenti est une trahison à votre mission sacerdotale qui consiste à témoigner et ne pas travestir la réalité.

Je n’aimerais pas me retrouver à votre place. Moi j’aurai évidemment choisi mon camp. Je comprends que le choix vous soit diablement difficile entre le souci de garder votre emploi en ces temps précarité avancée et celui de montrer votre soutien et votre rapport fusionnel avec vos compatriotes qui réécrivent l’histoire. Parce qu’un journaliste est un témoin de son temps.

Mon modeste propos ici, n’est pas de vous conseiller de démissionner. مايحس بالجمرة غير الي كواتو. Mais, je pense qu’il y a des moments cruciaux dans la vie d’un journaliste où il ne doit pas faillir à son devoir. Il ne doit pas céder à la peur de son responsable et son patron qui voudraient l’asservir au point de vendre son âme pour une poignée de dinars qui plus, est fortement dévalués. Faute de pouvoir vous s’appuyer sur un syndicat puissant et un Conseil d’éthique qui auraient pu défendre votre clause de conscience, il me semble que vous devriez vous indigner d’une manière ou d’une autre ne serait-ce que par un communiqué ou une pétition de prise de distance par rapport à des lignes éditoriales attentatoires au BA ba de votre métier. C’est vraiment la moindre des choses que vous devriez faire. أضعف الإيمان.  La patronisassions des rédactions doit cesser. Vous devez avoir voix au chapitre. C’est vous qui faites les télévisions, les radios et les journaux, pas vos patrons mus par leurs porte-monnaie dont vous ne profitez guère d’ailleurs. Exigez que l’on vous respecte en tant que journalistes dignes de ce nom qui faites un magnifique métier qui a vocation à capter les pulsions de votre société. N’acceptez aucun oukaze qui vous oblige à tourner le dos à votre peuple et fermer les yeux sur une telle poussée populaire visant à donner du sens à notre cher pays devenu la risée du monde.

Indignez-vous comme le font tous ces syndicats et toutes ces catégories socioprofessionnelles dont vous racontez quotidiennement, les combats nobles pour des avenirs meilleurs. N’oubliez pas votre devoir moral de vous libérer du joug de vos responsables qui ne partagent pas vos préoccupations encore moins vos idéaux.

Je ne finirai pas ce poste sans saluer la bravoure de notre consœur Meryem Abdou de la chaîne III qui a soulagé courageusement sa conscience en démissionnant de son poste de rédactrice en chef. Par son geste héroïque, elle a montré la voie dans un média public.

Je salue aussi d’autres amis qui ont dit sur les réseaux sociaux, leurs insoutenables postures d’avoir assisté impuissants au piétinement du devoir sacré du journaliste, à savoir celui d’informer fidèlement ses lecteurs, ses auditeurs et ses téléspectateurs de ce qui se passe au pays.

L’histoire, mes chers confrères et consœurs, ne pardonne pas. Tout s’efface mais les écrits et les positions des uns et des autres restent. Alors, de grâce, soyons tous à la hauteur du courage de nos compatriotes dont certains ont même risqué leurs peaux. Au lieu de subir l’histoire, mieux vaut la faire quitte à ne pas plaire à un patron qui lui va rejoindre sa poubelle.

Maintenant, je me sens plus léger d’avoir écrit ce que j’ai sur le cœur. Un petit coup de gueule très amical et sans rancune pour ma famille en ce 24 février 2019 qui doit nous inciter à « renationaliser » notre liberté.

 

Hassan Mouali 

 

Attention ! Catastrophe imminente

0

Le constat d’une catastrophe imminente hante l’ensemble des analystes et patriotes algériens. L’échec consommé de toute tentative de redéfinition politique nous propulse vers une situation explosive. Explosive à plus d’un titre. L’expérience nous montre que dans ce genre de situation la mouvance extrémiste, tire les marrons du feu et renforce leur dynamique et leur influence dans la société.

La lecture que nous faisons sur la prochaine élection est brève. Les deux clans au pouvoir nous présentent deux candidats, faute d’entente, fakhamatouhou et le général Ghediri. Si l’élection va au bout, Bouteflika aura son cinquième mandat au mépris de la population en général et des politiques d’oppositions en particulier.

La jeunesse dans la rue, pour exprimer leur ras le Bole, crée une situation inédite. En ce moment l’ensemble de la jeunesse bouge, avec un civisme et une organisation digne des grands peuples de la planète.

Faute de structure organisationnelle, ce mouvement risque d’être récupéré et instrumentalisé.

A ce tohu-bohu général, s’ajoute la menace d’hégémonie étrangère latente, mais réelle. Nous n’avons jamais cessé d’être la tentation des puissants du moment. Notre position géostratégique, porte grande ouverte vers l’Afrique, la proie des appétits grandissants des grands de ce monde en fait la cible privilégiée. La redéfinition géostratégique mondiale se joue sur le devenir de l’Afrique. Ou nous prenons en charge notre devenir ou on nous l’impose.

Trois grands acteurs, l’Amérique jumelée à l’Europe, la Russie et la Chine se regardent en chiens de faïences, à qui obtiendra la clef de sésame : l’Algérie, qui contrôle l’Algérie, contrôle l’Afrique.

Un quatrième acteur s’invite à la fête, avec la complicité du couple Amérique/Europe : Israël, grand expert mondial du renseignement et de la déstabilisation d’États.

Tout cet imbroglio de situation, tant interne qu’externe, nous exhorte à aller vers des assises nationales, sans exclusive aucune, pouvoir y compris, pour définir les modalités d’un consensus national. Seule cette alternative pour consolider notre indépendance peut faire face aux défis de demain et répondre à la jeunesse en mal de vie.

Le peuple algérien, héros d’hier, mascarade mondiale d’aujourd’hui a besoin de retrouver sa fierté et son indépendance confisquée depuis 1962.

Heureux les martyrs qui n’ont rien vu.

Hamid Challal 

 

Algérie : révolte inédite contre le pouvoir

1

Cet article a fait la une du journal le Monde.

Pour la première fois en vingt ans, des dizaines de milliers d’Algériens ont marché dans les grandes villes du pays pour dire non à la « mascarade ».

Cinquième mandat de Bouteflika : « L’Algérie dit non ! » Accompagnant une photo de foule, l’exclamation barre la « une » du quotidien francophone El Watan, ce 23 février, et résonne un peu comme une libération. La veille, des milliers de personnes ont défilé à Alger et d’autres grandes villes du pays pour dire leur refus de voir le président sortant, 81 ans, briguer un cinquième mandat le 18 avril en dépit de son état de santé.

Un mouvement inédit et spectaculaire : c’est la première fois, en vingt ans de règne d’Abdelaziz Bouteflika, que les Algériens descendent simultanément dans les rues de plusieurs régions du pays pour le contester. À Alger, la mobilisation a surpris aussi bien les opposants que le pouvoir. La capitale, où les rassemblements sont interdits depuis l’année 2001, a connu ses plus importantes manifestations depuis près de dix-huit ans.

Les mots d’ordre des cortèges sont tranchants. Contre Ahmed Ouyahia, le très impopulaire premier ministre, traité de « voleur ». Contre le cinquième mandat, objet de toutes les colères. « Bouteflika, ya Saïd [le frère du président], pas de cinquième mandat »« le peuple veut le changement de régime », « non à la mascarade ». Mais aussi, fait nouveau, contre le président lui-même. Ainsi, un slogan irrévérencieux venu des stades de football, où les tribunes sont connues pour être des espaces de contestation politique, était particulièrement repris : « Bouteflika le Marocain, pas de cinquième mandat ».

Bouteflika étant né à Oujda, au Maroc. Jusqu’ici, beaucoup d’Algériens considéraient le président comme un vieil homme malade que son entourage ferait mieux de laisser en paix, mais la récente annonce de sa candidature à un cinquième mandat a fait tomber les digues de la bienséance.

Le 10 février, après des semaines de suspense, le pouvoir faisait en effet savoir par le biais d’un communiqué signé Abdelaziz Bouteflika que celui-ci était officiellement candidat à sa réélection. « La volonté inébranlable de servir la patrie ne m’a jamais quitté et elle me permet de transcender les contraintes liées aux ennuis de santé auxquels chacun peut être un jour confronté », y écrivait le président.

L’annonce avait provoqué un choc tant l’état de santé du chef de l’État semble incompatible avec les fonctions présidentielles. Victime d’un AVC en 2013, celui-ci n’apparaît quasiment plus en public, est incapable de s’adresser directement aux Algériens et même désormais de recevoir les hôtes étrangers. Malgré tout, les différents clans qui composent le pouvoir algérien n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur une éventuelle succession. La machinerie s’est alors mise en route pour faire avaliser un cinquième mandat.

Faute d’un candidat valide, les partis et les clientèles du régime ont organisé des cérémonies surréalistes autour du « cadre », le portrait de Bouteflika, censé suppléer à son absence physique. Ces scènes ont fait naître répulsion et colère, mais les autorités n’ont pas pris la mesure de l’indignation qui montait dans le pays.

Les signaux n’ont pourtant pas manqué. Mardi dernier, à Khenchela, dans l’est du pays, un maire a décidé qu’aucun parrainage autre que pour Abdelaziz Bouteflika ne serait accepté dans sa mairie. En réaction, des milliers de personnes se sont rassemblées devant la mairie et ont exigé le retrait d’un portrait géant du président qui voisinait avec un grand drapeau national. Le propos d’un manifestant – « enlève la photo et laisse le drapeau » – a ensuite fait fureur dans le pays. À Annaba, le jour suivant, des habitants ont investi le siège de la mairie, arraché un portrait du président qu’ils ont cassé et piétiné. Les images sont devenues virales. À Alger, le grand portrait de Bouteflika accroché près de la grande poste a été arraché, vendredi, par des manifestants.

Ces rassemblements sont un signal fort envoyé au pouvoir : une partie des Algériens ne se résignent pas à la reconduction du statut quo, à cette perspective jugée humiliante d’un cinquième mandat, et sont prêts pour cela à descendre dans les rues. Pour empêcher toute contestation, le régime a souvent utilisé la peur du chaos, dans un pays qui a vécu dix années de terrorisme. « L’État a prouvé par le passé qu’il peut maîtriser la rue. Nous avons fait comprendre au groupe qui sillonnait le pays en appelant auboycott de demander des salles. Mais ils ne feront pas sortir le peuple dans la rue. Nous les empêcherons de maîtriser la rue ou de nous créer de l’anarchie », avait prévenu le premier ministre, Ahmed Ouyahia, à l’intention des partis d’opposition appelant au boycott de l’élection présidentielle.

ÉVITER UNE PROPAGATION « VIRALE »

Le pouvoir a, semble-t-il, tenté de limiter les mobilisations. Révélées sur les réseaux sociaux, des consignes pour des prêches incitaient les imams à mettre en garde leurs fidèles contre la « défiance » à l’égard du « dirigeant », à rappeler les « bienfaits de la stabilité » et les drames que vivent des pays comme la Libye et la Syrie. Tous les imams n’ont pas suivi ces « directives ». Ceux qui l’ont fait n’ont pas eu de succès et ont même parfois suscité des mouvements d’humeur de leur public.

La crainte d’une forte mobilisation semble également avoir été anticipée dans certaines villes par les services de sécurité, qui ont tenté d’éviter une propagation « virale » de la contestation et une visibilité des manifestations en ciblant Internet. Des perturbations rendant les connexions sur les réseaux sociaux très problématiques ont été signalées dès jeudi soir à partir de 22 heures et se sont amplifiées dans la journée du vendredi. Elles ont notamment visé les régions d’Alger, TiziOuzou, Blida, Médéa et Chlef.

Malgré tout, la contestation s’est déroulée de manière pacifique à Alger et dans les grandes villes du pays – d’Annaba, à l’est, à Oran, à l’ouest, en passant par Sétif, Béjaïa ou encore Ouargla, dans le Sud – et a même gagné des villes moyennes comme Jijel, dans le NordEst, Sidi Bel Abbès, à l’ouest, ou encore Aïn Beïda, dans les Aurès.

Née d’appels diffusés sur les réseaux sociaux, elle n’a été revendiquée par aucun parti. « Le fantasme de la récupération islamiste sur lequel joue le pouvoir n’a pas marché. Les manifestants sont venus des mosquées, mais également de leurs quartiers, de leurs maisons. C’est une Algérie diverse, sereine pacifique et déterminée qui était dans la rue. C’est une jeunesse qui ne se résigne pas. Le pouvoir est averti, l’option du statu quo ne sera pas une promenade », souligne Moumène Khelil, secrétaire général de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme.

LE POUVOIR MARCHE SUR DES ŒUFS

Ces manifestations, aussi inattendues que massives, auront-elles une incidence sur leschoix du pouvoir ? Jeudi, la télévision a diffusé la prestation de serment du nouveau président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaiz, un fidèle du chef de l’État qui a, entre autres prérogatives, celle de valider les candidatures à la présidence de la République, dont le dossier prévoit la fourniture d’un « certificat médical délivré à l’intéressé par des médecins assermentés ». Une chose est sûre : la résistance au cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika a cessé d’être virtuelle et le pouvoir marche sur des œufs. Malgré un déploiement massif, les forces de sécurité sont dans l’ensemble restées passives. Le pouvoir est, lui, resté silencieux.

Le prochain test pourrait avoir lieu dès ce dimanche. Le mouvement Mouwatana (« citoyenneté ») a appelé à des rassemblements « de la dignité » afin d’exprimer le rejet des Algériens du « cinquième mandat et du régime politique en place et exiger l’État de droit promis depuis la déclaration du 1er novembre 1954 ». Le jour même, le président Abdelaziz Bouteflika devrait se rendre à Genève pour y effectuer des « contrôles médicaux périodiques », a annoncé un communiqué de la présidence de la République.

Amir Akef (avec Charlotte Bozonnet et Madjid Zerrouky à Paris)

Le Peuple a brisé le mur de la peur, l’espoir renaît

2


Hier, le peuple algérien dans toutes ses composantes s’est mis en marche, en tout honneur et en toute dignité, pour faire respecter son droit d’avoir des droits, son droit d’exercer sa souveraineté.

Hautement responsables et profondément pacifiques, ses enfants se sont dressés comme un seul homme pour dire non aux mascarades électorales, non à la continuité du régime, qui, depuis des décennies, étouffe, méprise et stigmatise toutes les franges de la société.

Depuis 62, le régime a engagé le pays dans une voie contraire aux principes de Novembre et de la Soummam. Il a fait, ainsi, des aspirations de pans entiers de populations. Par le recourt aux pratiques mafieuses et aux choix désastreux, le pouvoir a conduit le pays à la dérive et mis en danger l’avenir de générations entières d’algériennes et d’algériens.

En effet, la gestion calamiteuse prônée par les décideurs, menace sérieusement la pérennité et la sécurité du pays. Malgré les menaces, la présence massive des forces de l’ordre ; les citoyens ont brisé le mur de la peur, ils ont marché avec détermination et sérénité pour exprimer leur colère, revendiquer le départ du système et l’instauration d’un État souverain respectueux des droits, des lois, de la liberté, de la justice et de la démocratie. 

Visiblement, l’annonce du 5e mandat pour le chef de l’État sortant a signé la fin d’un régime qui n’a guère servi les intérêts de la République. La révolution du peuple algérien s’est engagée et la marche pour le recouvrement de sa souveraineté se dessine à l’horizon. A travers cette mobilisation pacifique, du nord au sud, du l’est à l‘ouest, le peuple a scandé un seul mot d’ordre ‘’ le changement du système ‘’. Aussi, il a donné une belle leçon de démocratie, de dignité et de conscience au pouvoir, à ses appareils politiques, à sa clientèle et à tous ceux qui doutaient de sa force, de sa détermination et de son engagement à défendre sa partie, ses richesses et son avenir.

En définitif, cette mobilisation a eu le mérite de réaffirmer le pouvoir du peuple et sa capacité à se prendre en charge, étant l’unique détenteur de légitimité et source exclusive du pourvoir.

 

Par : Mohammed YACOUB