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dimanche 8 mars 2026
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Hommage à Hocine Zehouane à la Bourse du Travail de Paris

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Hocine Zehouane

Des militants algériens et organisations appellent à rendre hommage à Hocine Zehouane, samedi 29 mars 2025, de 13h à 17h à la salle Jean Jaurès – Bourse du Travail de Paris, rue du Château d’Eau.

Nous rendons hommage à Hocine Zahouane, militant des droits humains, figure de la lutte pour la justice et la liberté, décédé récemment.

À l’initiative d’organisations et de collectifs de la diaspora, cet hommage saluera l’engagement d’un homme de principes. De la lutte pour l’indépendance de l’Algérie aux luttes contemporaines, il a porté les valeurs de justice sociale et de défense des droits fondamentaux.

Ancien président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, il incarna une résistance éthique face à la répression. Fidèle à ses convictions, démocratiques et ancrées dans la gauche révolutionnaire, il choisit toujours la parole libre et le refus de la compromission.

Dans les années noires, il dénonça la violence de l’islamisme comme celle de l’État. Il fut l’une des rares voix à défendre les disparus et les opprimés, croyant en une Algérie libre, solidaire et débarrassée du joug militaro-politique.

Hocine Zahouane nous laisse un héritage moral, un engagement humaniste et le souvenir d’un militant exemplaire. Il nous rappelle que les combats justes méritent d’être menés, même dans le silence.

Nous saluons l’homme et les valeurs qu’il a défendues : droits humains, société civile libre, vérité et solidarité.

Rejoignez-nous pour cet hommage le samedi 29 mars 2025, de 13h à 17h, à la salle Jean Jaurès de la Bourse du Travail de Paris.

Ensemble, nous évoquerons ses combats et son legs : rester debout face à l’oppression, croire en la capacité des peuples à se relever.

Comité d’hommage à Hocine Zahouane

Un journaliste d’Al Jazeera tué dans une frappe israélienne à Gaza

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Presse

Hossam Shabat, journaliste de 23 ans travaillant pour Al Jazeera Mubasher, a été tué le 24 mars 2025, dans le nord de la bande de Gaza lors d’une frappe israélienne. Selon des témoins, son véhicule, clairement identifié par le logo de la chaîne, a été ciblé par un tir de drone dans la zone orientale de Beit Lahia.

L’armée israélienne a revendiqué l’attaque, affirmant que Hossam Shabat était un « tireur d’élite » du bataillon de Beit Hanoun du mouvement islamiste palestinien Hamas. Ces accusations avaient déjà été formulées par Israël en octobre 2024, ce que le journaliste avait fermement démenti, dénonçant une tentative de justifier son éventuel assassinat. Le même jour, Mohamed Mansour, employé de la chaîne Palestine Today affiliée au Jihad islamique, a également été tué dans une frappe distincte à Khan Younès, au sud de la bande de Gaza.

Depuis le début du conflit en octobre 2023, la bande de Gaza est devenue l’un des endroits les plus dangereux pour les journalistes. Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé la frappe ciblée contre Hossam Shabat, rappelant que l’armée israélienne est responsable de la mort de près de 200 journalistes en 15 mois, dont au moins 43 dans l’exercice de leur métier.

Ces pertes soulèvent des questions pressantes concernant la protection des journalistes en zones de conflit et le respect de la liberté de la presse. Les violations répétées des conventions protégeant les journalistes en temps de guerre par l’armée israélienne soulèvent des interrogations quant à ses agissements, qui bafouent le droit international et le droit fondamental à l’information. Ces principes sont les piliers essentiels de toute société qui se considère démocratique.

ADN News

Franco-Algériens : entre deux rives, mais pas à la dérive

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Hirak France
Les Algériens manifestaient en France tous les dimanches pour un changement en Alérie

Ah, la relation franco-algérienne… Un feuilleton à rebondissements où se mêlent nostalgie coloniale, amours contrariées et disputes interminables sur la garde des souvenirs. Un couple séparé depuis plus de soixante ans, mais qui n’arrive pas à couper le cordon. Et au milieu de cette guerre froide sentimentale, il y a eux : les Franco-Algériens.

Trop Algériens pour la France, trop Français pour l’Algérie. Un pied sur chaque rive, mais jamais totalement à la dérive.

Depuis des décennies, on leur sert les mêmes rengaines. En France, certains les somment de « choisir leur camp », comme si avoir une double culture relevait d’un crime de haute trahison. En Algérie, ils sont souvent perçus comme des cousins encombrants, bons à rapatrier leurs économies pour investir dans du ciment et des olives, mais dont l’avis sur la politique du pays serait dispensable.

La mémoire, sujet hautement inflammable, n’arrange rien. Entre Paris et Alger, on se renvoie les archives comme une patate chaude. Faut-il reconnaître, condamner, demander pardon, ou simplement faire semblant d’oublier ? Chaque président y va de son petit geste symbolique, avant que le dossier ne retourne au placard en attendant la prochaine crise diplomatique.

En 2017, Emmanuel Macron qualifiait la colonisation de « crime contre l’humanité », provoquant un tollé en France mais un écho favorable en Algérie. En 2022, il engageait un travail de mémoire sans « repentance » avec l’historien Benjamin Stora. Pendant ce temps, Alger continue d’exiger des excuses officielles et des réparations, tandis qu’en France, certains politiques jugent qu’il faut « tourner la page ».

Mais tourner la page sans la lire, est-ce vraiment possible ? La guerre d’Algérie reste un traumatisme collectif. La loi française de 2005 sur « le rôle positif de la colonisation » avait déjà montré combien ce passé était encore douloureux. De son côté, l’Algérie maintient un récit national où la France occupe le rôle du grand méchant, quitte à occulter ses propres blessures post-indépendance,

Et pourtant, les Franco-Algériens ne se contentent pas de regarder passer l’histoire. Ils entreprennent, créent, innovent. Ils sont écrivains, artistes, entrepreneurs, footballeurs, naviguant entre deux cultures sans sombrer dans les eaux troubles du ressentiment. Ils sont la preuve vivante qu’on peut avoir une identité plurielle sans être schizophrène.

Dans l’économie, des figures comme Issad Rebrab, fondateur de Cevital et grand investisseur en France, montrent que les liens économiques restent forts. Le numérique, la tech et l’entrepreneuriat social voient émerger de nombreuses initiatives franco-algériennes, prouvant que l’avenir ne se résume pas aux querelles du passé.

Dans le sport, des joueurs comme Zinedine Zidane, Karim Benzema ou Riyad Mahrez incarnent cette double appartenance, adulés des deux côtés de la Méditerranée, bien que régulièrement instrumentalisés par les débats identitaires en France.

Dans la culture, des écrivains comme Kaouther Adimi et Kamel Daoud racontent des histoires qui réconcilient les imaginaires. La musique, du raï modernisé par DJ Snake aux collaborations entre rappeurs des deux pays, est un autre pont invisible mais puissant.

Si la diplomatie est à la dérive, la réalité finit toujours par rattrapper ces expatriés. Pendant ce temps, les gouvernements, eux, continuent leur tango diplomatique, un pas en avant, deux pas en arrière. La France menace de revoir l’accord de 1968 sur les visas ? L’Algérie réplique en suspendant un contrat commercial. L’Hexagone demande plus de coopération en matière de lutte contre l’immigration clandestine ? Alger répond par une leçon de souveraineté. Et ainsi va le bal.

En 2021, une crise éclate lorsque Macron remet en cause l’existence même de la nation algérienne avant la colonisation. Alger rappelle son ambassadeur. En 2024, nouvelle crise sur les visas et la coopération sécuritaire. Rien de nouveau sous le soleil méditerranéen.

Mais si l’histoire officielle patine, l’histoire vécue, elle, avance. Parce qu’au-delà des discours enflammés et des surenchères nationalistes, il y a une réalité incontournable : la France et l’Algérie ne peuvent pas faire semblant de s’ignorer. Les liens humains, économiques, culturels sont trop profonds pour qu’un coup de menton politique suffise à les briser.

Alors oui, les Franco-Algériens restent entre deux rives, souvent tiraillés, parfois instrumentalisés. Mais ils avancent, eux. Ils ne sont pas à la dérive. Ils sont peut-être même l’avenir d’une relation franco-algérienne enfin adulte, loin des postures figées et des querelles d’ego.

En attendant, le vieux couple franco-algérien continue de se chamailler… mais, au fond, qui pourrait croire qu’ils cesseront un jour de s’aimer ? Comme le disait Frantz Fanon :

« Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. »

Dr A. Boumezrag

Cherif Mellal au 21e jour de grève de la faim

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Mellal

En détention depuis le 19 janvier 2023, Chérif Mellal observe une grève de la faim depuis le 3 mars 2025, rapporte Me Fetta Sadat.

L’ancien président de la JSK a choisi la solution la plus risquée et périlleuse pour sa santé avant de réclamer justice et sa libération. Cela fait 20 jours qu’il est en grève de la faim.

« Une condamnation à une peine de 04 ans de prison ferme a été infligée à Cherif Mellal par jugement rendu par le pôle pénal économique et financier sis au tribunal de Sidi M’hamed (Alger) en date du 23 octobre 2024, jugement confirmé dans toutes ses dispositions par arrêt rendu par la chambre pénale près la cour d’Alger en date du 25 février 2025 » écrit Me Fetta Sadat dans son communiqué quotidien sur les réseaux sociaux.

Afrique du Nord News

Crise algéro-française : le premier signe d’apaisement de Tebboune

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Macron Tebboune

C’est un signe d’apaisement dans les tensions entre Alger et Paris, et c’est le président algérien Abdelmadjid Tebboune qui a fait le premier pas en déclarant : « mon unique point de repère, c’est le président Macron », une déclaration faite durant une longue interview accordée à la télévision nationale algérienne, le samedi 22 mars.

Les autorités françaises ont salué cette volonté du président algérien de renouer des liens.

Respecter les canaux officiels : à savoir des échanges directs entre présidents et sinon déléguer uniquement aux ministres des Affaires étrangères. Si Abdelmadjid Tebboune a tendu la main, propose à Paris de sortir de la crise diplomatique en cours, c’est en respectant les codes que le chef de l’État algérien souhaite le faire.

« Je dirais trois mots pour ne pas tomber dans ce brouhaha, ce capharnaüm politique là-bas. Nous, on garde comme point de repère, et l’unique point de repère, pour moi, c’est le président Macron. Nous travaillons ensemble. Il y a eu, c’est vrai, un moment d’incompréhension, mais il reste le Président de la République française. Tous les problèmes doivent se régler avec lui ou avec la personne qu’il délègue, à juste titre, dans ses prérogatives, à savoir le ministre des Affaires étrangères. Ces deux États indépendants – une puissance européenne, une puissance africaine – les deux présidents travaillent ensemble, c’est tout. Tout le reste ne nous concerne pas », a déclaré le président algérien.

Sans le citer, Abdelmadjid Tebboune vise directement le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Ce dimanche 23 mars, en expliquant qu’il n’y a aucune tension entre les ministres sur l’Algérie, et qu’il y a une vision commune partagée avec Emmanuel Macron, la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, a salué la déclaration du président algérien.

« Vous ne pouvez pas trouver de solution avec l’Algérie si vous ne parlez pas à l’Algérie. Il faut donc sortir de cette affaire par le dialogue. Moi, j’ai entendu que le président Tebboune avait fait un petit signe vis-à-vis d’Emmanuel Macron. C’est très bien. Voilà une façon de renouer le dialogue et d’échanger sur les sujets qui sont les sujets sensibles entre les deux présidents. C’est un bon signal », a déclaré, pour sa part, la porte-parole du gouvernement français.

Recherche commune de l’apaisement, reste que les conflits entre Alger et Paris sont multiples, complexes et que cette crise diplomatique est jugée comme la plus grave, depuis l’indépendance de l’Algérie, par de nombreux observateurs.

« Des enjeux communs imposent aux deux pays de dépasser les tensions »

Joint par RFI, Brahim Oumansour, chercheur à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques, le respect mutuel entre les deux pays et le retour à des canaux diplomatiques de haut niveau sont essentiels.  

« Il y a un signe, en tout cas, d’ouverture vers le dialogue et un appel, surtout, à discuter, à traiter cette crise que je considère la plus grave entre les deux pays via les canaux diplomatiques. Je crois que c’est cela, peut-être, la condition qui a été fixée par le président algérien pour éviter le pire, éviter une rupture qui n’est pas souhaitable des deux côtés de la Méditerranée, dans un environnement très instable et marqué par des tensions entre Alger et Rabat, l’instabilité au Sahel et il y a aussi des enjeux sécuritaires au niveau de la Méditerranée, trafic de drogue, terrorisme… Tous ces enjeux communs imposent, aux deux pays, de maintenir une coopération, de dépasser les tensions. Tous ces différents sujets imposent bien évidemment à ces deux États de poursuivre le dialogue avec le respect mutuel. »

RFI

Entre la dictature du verbe et le verbe de la démocratie

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Tebboune

Dans la grande loterie du pouvoir, les peuples oscillent entre deux extrêmes : d’un côté, la dictature du verbe, où la démagogie et la tromperie tiennent lieu de gouvernance ; de l’autre, le verbe de la démocratie, qui promet mais peine à tenir. Entre ces deux régimes, l’un bavard mais manipulateur, l’autre libre mais souvent impuissant, difficile de dire lequel est le plus désespérant.

La dictature du verbe : tromper pour mieux régner

L’histoire regorge d’exemples où le langage politique a servi à masquer la réalité. En France, comme ailleurs, les gouvernants maîtrisent l’art du discours, faisant croire à des réformes là où il n’y a que de la poudre aux yeux. 

En 1981, François Mitterrand promettait une rupture avec le capitalisme, avant d’opérer un virage libéral en 1983. Plus récemment, Emmanuel Macron, chantre du « en même temps », jongle entre promesses de concertation et décisions unilatérales, comme l’a illustré la réforme des retraites de 2023, imposée malgré un rejet populaire massif.

Cette dictature du verbe ne se limite pas aux promesses non tenues. Elle se niche aussi dans la gestion des crises : après chaque émeute, attentat ou scandale, les gouvernants enchaînent les éléments de langage, les consultations et les commissions… avant que tout ne retombe dans l’oubli. La parole publique devient un écran de fumée où l’essentiel est d’occuper l’espace médiatique plutôt que d’agir.

Le verbe de la démocratie : liberté d’expression ou impuissance politique ?

Si en France la parole est omniprésente, elle est loin d’être toujours efficace. Le verbe de la démocratie, censé incarner la liberté et le débat, se heurte souvent à des logiques de blocage institutionnel. Le Parlement débat, la société civile s’exprime, les intellectuels argumentent… mais au final, ce sont souvent les lobbys, la technocratie et les contraintes économiques qui tranchent.

Prenons l’exemple du mouvement des Gilets jaunes en 2018-2019. Jamais un mouvement social n’a autant fait parler, jamais les médias n’ont autant relayé de débats sur la démocratie directe, la fiscalité ou la fracture territoriale… et pourtant, les revendications de fond (pouvoir d’achat, justice sociale) ont été noyées dans un flot de réponses dilatoires.

Dans d’autres démocraties, le verbe peine aussi à traduire la volonté populaire en action. Aux États-Unis, où l’on vante le débat public, le Congrès est régulièrement paralysé par les oppositions partisanes, rendant toute réforme structurelle quasi impossible. En Europe, l’Union européenne est souvent critiquée pour sa bureaucratie excessive et son incapacité à trancher rapidement sur des crises majeures, comme celle des migrants ou du climat.

Deux faces d’une même illusion ?Finalement, entre la dictature du verbe et le verbe de la démocratie, que choisir ? D’un côté, un régime où la parole est libre mais pervertie par la manipulation et l’inaction ; de l’autre, un régime où la parole est interdite et où toute tentative de contestation est matée sans scrupules. L’un anesthésie par l’excès de discours, l’autre par la répression brutale.

L’histoire a montré que les deux systèmes, dans leurs excès, peuvent conduire à des impasses. Trop de discours sans action nourrit la défiance et l’abstentionnisme, trop d’autoritarisme suscite les révoltes. Que ce soit par le langage ou par la censure, le pouvoir a toujours cherché à modeler la réalité à son avantage.

Comme le disait George Orwell : « Le langage politique est conçu pour donner aux mensonges des airs de vérité, au meurtre un aspect respectable, et au vent une apparence de solidité. » Que ce vent soit celui du verbe trompeur ou du silence imposé, il finit toujours par emporter ceux qui y croyaient encore.

Dr A. Boumezrag

Abdelmadjid Tebboune : satisfecits et promesses de beaux lendemains

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Tebboune

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que l’Algérie avait réalisé de grands progrès en matière de sécurité alimentaire et hydrique, grâce à l’augmentation de la production agricole, notamment dans les cultures stratégiques, parallèlement à la mise en œuvre d’un programme ambitieux pour la réalisation d’usines de dessalement de l’eau de mer, l’interconnexion des barrages et l’exploitation de la nappe phréatique.

Lors de son entrevue périodique avec les médias, diffusée samedi soir sur les chaînes de télévision et de radio nationales, le président de la République a précisé que l’Algérie atteindra l’autosuffisance dans plusieurs produits, notamment le blé dur où, a-t-il dit, «l’autosuffisance sera totale en 2025».

Après avoir salué les «grands progrès» réalisés par l’Algérie dans le domaine agricole et la réduction de sa dépendance vis-à-vis de l’étranger, il a mis en avant le rôle des agriculteurs et des investisseurs algériens qui, «accomplissent aujourd’hui des miracles» dans différentes filières à travers plusieurs régions du pays, comme en témoigne la qualité de la production nationale.

«La production agricole nationale est désormais demandée», en termes de quantité et de qualité, a fait savoir le président de la République, ajoutant que les pouvoirs publics comptaient également atteindre l’autosuffisance dans la filière laitière «d’ici deux ans», grâce à un grand projet d’investissement à Adrar en partenariat avec des investisseurs qataris pour l’élevage bovin et la production de produits laitiers.

Au sujet de l’élevage, le président de la République a souligné la nécessité d’adopter «une stratégie globale». On s’est entendu avec l’Union nationale des paysans algériens (UNPA) pour «trouver une solution définitive aux problèmes enregistrés» dans cette filière.

Parmi les solutions appliquées, l’autorisation d’importation de bétail de pays africains comme le Mali et le Niger dans le cadre du troc, a précisé le président de la République, soulignant que les pouvoirs publics mettront en place des «lois strictes» pour réprimer toutes les pratiques visant à porter atteinte à la richesse animale et à la sécurité alimentaire, notamment le phénomène de l’abattage d’agnelles.

L’éleveur doit faire prévaloir l’intérêt du pays, a-t-il insisté, soutenant qu’»on ne peut pas vendre un mouton à 17 millions de centimes» alors que l’Algérie recèle une grande richesse animale, notamment les moutons.

Le président de la République a, par ailleurs, salué le progrès réalisés en matière d’exportation grâce à la qualité du produit local, notamment l’exportation des produits agricoles, et ce, suite à «la débureaucratisation du secteur agricole et au recours à des techniques agricoles avancées grâce aux efforts des agriculteurs».

Le président de la République a en outre rappelé les efforts de l’Etat pour lutter contre la spéculation et réprimer les spéculateurs en appliquant des sanctions sévères, allant jusqu’à 30 ans de prison. La spéculation est une «pratique héritée d’une époque révolue», mais «aujourd’hui, la plupart des jeunes sont loin de ces comportements», s’est-il réjoui.

Dans le secteur de l’eau, le président de la République a affirmé qu’outre les projets visant à renforcer la sécurité hydrique, notamment à travers les stations de dessalement de l’eau de mer, il a été procédé récemment au lancement de projets de transfert d’eau entre les barrages ayant un excédent et ceux enregistrant un déficit, parallèlement à l’exploitation des eaux souterraines.

Les relations entre l’Algérie et l’Italie fondées sur l’efficacité

Par ailleurs, le président de la République a indiqué que l’économie nationale devrait connaître un essor significatif avec l’entrée en production de plus de 11.000 projets d’investissement, faisant état de la récente autorisation de l’importation des pièces de rechange automobiles dans «des limites raisonnables».

Il a salué l’orientation de nombreux opérateurs vers la production locale, contribuant ainsi à la création d’emplois et de valeur ajoutée. A une question sur l’exploitation de l’uranium, le président de la République a souligné que l’Algérie procède actuellement à «l’enrichissement de l’uranium à hauteur de 3 à 5 % à des fins civiles, particulièrement dans le secteur médical, avec la possibilité de l’exporter ultérieurement», ajoutant que les réserves de l’Algérie «ne sont pas comme celles du Niger et nous demeurons ouverts à des partenaires étrangers sérieux».

Il a réitéré, dans ce cadre, la détermination de l’Algérie à développer la valeur ajoutée en matière d’hydrocarbures, à travers le développement des activités de raffinage au niveau local, parallèlement à l’arrêt de l’importation de l’essence depuis 2022, une mesure qui sera également appliquée au gasoil en 2026.

A une question sur le projet du gazoduc transsaharien et la place de l’Algérie sur l’échiquier énergétique international, le président de la République a affirmé l’ambition de l’Algérie de «doubler sa production de gaz naturel dans les cinq prochaines années», soulignant que l’Algérie est devenue «un fournisseur très fiable», notamment pour le marché européen.

Et d’ajouter que les efforts sont en cours en vue de réaliser un «troisième gazoduc entre l’Algérie et l’Italie vers l’Allemagne, pour exporter l’hydrogène et l’électricité conventionnelle et non conventionnelle», insistant sur l’importance de diversifier la production nationale d’hydrocarbures, tout en rappelant la profondeur et la qualité des relations historiques entre l’Algérie et l’Italie, lesquelles se démarquent par leur «l’efficacité».

Il a, à cet égard, salué les investissements italiens en Algérie, notamment dans le domaine du montage automobile, qui va permettre de passer à une véritable industrie basée sur l’augmentation du taux d’intégration nationale, outre l’investissement dans le domaine agricole, annonçant l’ouverture prochaine, par le Plan Enrico Mattei, ami de la révolution algérienne, de son siège en Algérie.

Le président de la République s’est également dit satisfait quant au retour à la normale des relations entre l’Algérie et l’Espagne, notamment sur le plan commercial, «après avoir connu un coup de froid», ajoutant dans ce contexte que l’Algérie importera de ce pays une partie de ses besoins en ovins en prévision de l’Aïd El-Adha».

APS

Chassés par le vieux lion, rejetés par les  bergers : le destin des agneaux égarés

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Lion
Image par Winkelmann de Pixabay

Il fut un temps où le vieux lion régnait sans partage. Son rugissement s’entendait des rives de la Méditerranée aux dunes du désert. Il traçait des frontières, qui lui faisaient croire était chez lui. Mais les temps ont changé. L’empire s’est effondré, le lion a vieilli, et dans un dernier sursaut d’autorité, il expulse ceux dont il ne veut plus – comme s’il pouvait réécrire l’histoire en griffonnant trois lettres : OQTF.

Mais voilà, ces agneaux qu’il chasse à coup de décrets et de chartes ne sont pas tous prêts à redevenir bergers. Car de l’autre côté de la mer, les jeunes gardiens du troupeau, censés être les frères d’hier, les attendant non pas avec des bras ouverts, mais avec des portes fermées. Ils les refoulent, les abandonnent sur le rivage, leur refusent même le droit de rentrer chez eux. Comme si l’exil devait être une boucle infinie, une errance sans fin entre deux patries qui se renvoient la responsabilité comme un colis envisagé.

L’absurdité est totale. La France expulse au nom du droit, du contrôle migratoire, de la sécurité – à défaut d’admettre qu’elle expulse aussi l’héritage de son propre passé colonial. 

Alors, que reste-t-il à ces agneaux égarés ? Ni chez eux ici, ni chez eux là-bas, ils errent entre les aéroports, les zones d’attente, les humiliations bureaucratiques. Ils sont de trop dans une histoire qui ne veut plus les assumer. Ni lions, ni bergers, ils ne sont que l’écho d’un passé que chacun veut oublier sans jamais vraiment y parvenir.

Mais l’Histoire à la mémoire. Et si les lions vieillissent et si les bergers détournent le regard, les agneaux, eux, n’ont pas dit leur dernier mot.

Car ces exilés que l’on refuse d’un côté et que l’on rejette de l’autre ne sont pas des fantômes, mais des êtres de chair et de sang, des âmes en quête d’un foyer, d’une dignité que ni l’ancienne métropole ni les patries d’origine ne veulent leur accorder. Ils n’ont pas choisi d’être nés sous les vestiges d’un empire, pas plus qu’ils n’ont choisi d’être réduits à des chiffres dans les statistiques d’un ministère.

Pourtant, sur leur intime de disparition, de se fondre dans l’oubli, de cesser d’exister administrativement. La France leur assène son « Quittez le territoire », les pays d’origine leur rétorquent un « Nous ne vous reconnaissons pas ». Et les voilà coincés dans une absurdité kafkaïenne où ils ne sont ni assez français pour rester, ni assez algériens pour revenir.

Les OQTF ne sont que la dernière déclinaison d’une vieille rengaine : une relation franco-maghrébine où l’amour vicié du passé se transforme en rejet mutuel. Une danse toxique où l’on feint d’ignorer les liens indélébiles tout en prétendant qu’un tampon sur un passeport peut effacer un siècle d’histoire commune.

Mais l’exil n’a jamais fait disparaître ceux qu’il frappe. Il les transforme, il les forge, il les pousse à réinventer leur place dans un monde qui les refuse. Loin d’être de simples victimes, ces « agneaux égarés » tracent leur propre itinéraire, entre résilience et révolte, entre mémoire et avenir.

Car si les lions rugissent encore et si les bergers détournent la tête, la savane, elle, appartient à ceux qui avancent.

Ainsi, entre expulsions administratives et refoulements hypocrites, les exilés se retrouvent piégés dans une partie d’échecs où ils ne sont ni pions ni rois, mais des pièces que l’on préfère écarter du plateau. Pourtant, à force de vouloir les effacer, c’est un autre récit qui s’écrit, en dehors des frontières et des décrets, dans l’errance mais aussi dans la résistance. Car si les États les rejettent, eux, persistants. Ils présagent en eux des histoires que l’on tente d’entrer, des héritages que l’on refuse d’assumer, et un avenir qui finira, quoi qu’on en dise, par s’imposer.

On peut retarder l’inévitable, mais on ne l’empêche jamais vraiment. À force d’expulsions et de refoulements, les États croient pouvoir contrôler les trajectoires, dicter qui a le droit d’exister ici ou ailleurs. Mais l’histoire l’a prouvée : les frontières administratives ne résistent jamais aux mouvements profonds des peuples.

Ces exilés que l’on rejette aujourd’hui sont les bâtisseurs invisibles de demain. Ils s’installent, s’adaptent, tissent des liens malgré tout. Ni tout à fait d’ici, ni plus vraiment de là-bas, ils présagent en eux un héritage que l’on tente d’effacer, mais qui, bon gré mal gré, finit toujours par s’imposer. Car l’appartenance ne se décrète pas, elle se construit.

Comme l’écrivait Kateb Yacine : « L’exil est une patrie. »

Et peut-être que ce printemps 2025 marque le début d’un monde où les « indésirables » ne demandent plus la permission d’exister.

Dr A. Boumezrag

Cherif Mellal : 19e jour de grève de la faim

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Mellal

Cherif Mellal est en détention depuis le 19 janvier 2023. Il observe une grève de la faim depuis le 3 mars 2025. C’est sa 3e grève de la faim depuis qu’il est emprisonné sur la base d’accusations sans fondements.

« Une condamnation à une peine de 04 ans de prison ferme a été infligée à Cherif Mellal par jugement rendu par le pôle pénal économique et financier sis au tribunal de Sidi M’hamed en date du 23/10/2024, jugement confirmé dans toutes ses dispositions par arrêt rendu par la chambre pénale près la cour d’Alger en date du 25 février 2025 », rapporte son avocate Me Sadat dans son post.

Un système répressif sous surveillance

L’Algérie de Tebboune restera le parangon des violations de l’Etat de droit. L’homme dit une chose pour faire son contraire. Malgré les promesses de réformes politiques et de démocratisation, le règne de Tebboune et son alter ego militaire Saïd Chanegriha continue d’être marquée par des violations graves des droits de l’homme. Le pays est régulièrement critiqué par des organisations internationales comme Amnesty International et Human Rights Watch pour son manque de respect des libertés fondamentales, sa répression des opposants politiques, et la persistance d’un système autoritaire contrôlé par une élite politique en place depuis plusieurs décennies.

Le pouvoir algérien est souvent qualifié de dictature, un terme qui renvoie à un régime où les libertés individuelles sont sévèrement restreintes, les partis d’opposition muselés et la société civile réduite au silence. La Constitution, qui prévoit théoriquement un système démocratique, est largement ignorée, et l’État exerce un contrôle étroit sur les médias, les syndicats et l’Internet.

Les arrestations arbitraires, la torture et les détentions prolongées sans jugement sont des pratiques courantes. Les journalistes et les militants des droits de l’homme sont souvent les cibles de cette répression. Des personnalités comme le journaliste Khaled Drareni, emprisonné en 2020 pour avoir couvert les manifestations du Hirak, en sont des exemples flagrants. Le Hirak, ce mouvement de contestation populaire lancé en février 2019, a pourtant fait naître un espoir de changement. Cependant, l’État a répondu par une répression brutale, arrêtant des milliers de manifestants et interdisant les rassemblements publics.

Le régime algérien est également accusé de porter atteinte à la liberté d’expression. L’Algérie figure parmi les pays les plus répressifs pour les journalistes et blogueurs. Les autorités utilisent des lois vagues sur la “sécurité nationale” et la “défense de l’intégrité du territoire” pour censurer les médias et emprisonner toute personne critiquant publiquement le gouvernement.

L’Algérie a signé plusieurs conventions internationales relatives aux droits de l’homme, mais ces engagements sont régulièrement bafoués, avec une impunité presque totale pour les violations commises par les forces de sécurité. L’absence de réformes réelles et d’une indépendance de la justice maintient l’Algérie dans un cercle vicieux de répression, où les droits civiques et politiques sont sacrifiés sur l’autel de la stabilité et de l’hégémonie d’un système politique figé.

Au fil des années, malgré les apparences d’ouverture, l’Algérie demeure un régime autoritaire où la dictature s’est imposée comme une norme. Tant que ce système persistera, les droits fondamentaux des Algériens, notamment le droit à la liberté d’expression, à la manifestation pacifique et à un jugement équitable, resteront en péril.

Salim Akkache

France-Algérie : passé simple, composé, recomposé ou décomposé ?

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Macron Tebboune
Tebboune et Macron.

Ah, la France et l’Algérie ! Soixante-trois ans après leur séparation officielle, ils continuent de se tourner autour, s’adorant en secret, se haïssant en public. Une relation à la fois fusionnelle et toxique, entre déclarations enflammées et disputes interminables. Ce n’est plus une histoire d’amour, c’est un mauvais feuilleton qu’on regarde en boucle, avec toujours les mêmes dialogues : « Tu me dois des excuses ! », « Et toi, un peu de gratitude ! »

L’Algérie a arraché son indépendance en 1962, mais le cordon ombilical n’a jamais été complètement coupé. Paris et Alger jouent à « je t’aime, moi non plus » avec une constance remarquable. La guerre d’Algérie est officiellement terminée, mais elle continue de nourrir les discours, les polémiques, et surtout, les intérêts.

Côté algérien, la mémoire coloniale est un outil politique en or. Le régime utilise le souvenir de la guerre comme un bouclier pour masquer les dysfonctionnements internes : corruption, chômage, restrictions des libertés… Plutôt que d’expliquer pourquoi des milliers de jeunes veulent fuir le pays chaque année, mieux vaut désigner un coupable extérieur : la France et son « néo-colonialisme ». Et puis, demander sans cesse la repentance évite d’avoir à se repentir soi-même sur d’autres sujets sensibles.

Mais voilà le paradoxe : on fustige la France en journée, on rêve d’un visa pour elle la nuit. Car pendant que les officiels dénoncent « l’héritage colonial », des milliers de jeunes Algériens cherchent par tous les moyens à obtenir un passeport pour venir étudier, travailler, ou simplement tenter leur chance de l’autre côté de la Méditerranée. Un rejet théâtralisé d’un côté, une fascination assumée de l’autre.

Côté français, la repentance est une équation politique compliquée. Trop d’excuses, et on risque d’ouvrir la porte aux revendications (juridiques, financières, migratoires). Pas assez d’excuses, et on alimente l’hostilité d’Alger et d’une partie de la communauté franco-algérienne. Alors, on fait semblant de faire des gestes : un rapport, une commémoration, une visite officielle… De la diplomatie du symbole, jamais suivie d’actes concrets.

Mais là aussi, l’hypocrisie est à son comble : on critique Alger à grands coups de micro, mais on signe des contrats de gaz de l’autre main. On réduit les visas pour « envoyer un message », mais on déroule le tapis rouge quand il s’agit de garantir l’approvisionnement énergétique ou de préserver les marchés pour les entreprises françaises. Autrement dit, les grandes déclarations patriotiques devant les caméras, les poignées de main discrètes en coulisses.

Pourtant, derrière ces postures théâtrales, la France et l’Algérie savent qu’elles ont besoin l’une de l’autre. Ce qui les lie aujourd’hui, ce n’est plus l’Histoire, mais le business. Et sur ce terrain, tout le monde met ses beaux principes de côté.

Le gaz algérien, surtout depuis la crise énergétique européenne, est une manne précieuse pour la France, qui cherche à diversifier ses approvisionnements après la guerre en Ukraine. En 2022, Alger est devenu un partenaire stratégique pour l’Europe, forçant Paris à faire profil bas malgré les tensions.

Les visas, enjeu hautement inflammable. D’un côté, la France veut limiter l’immigration et utilise la politique des visas comme moyen de pression. De l’autre, l’Algérie, qui joue sur la double identité de sa diaspora, réclame plus de facilités pour ses ressortissants. Résultat ? Des bras de fer diplomatiques à répétition, suivis d’arrangements discrets.

Les contrats en tout, qui rappellent que même quand on se dispute en public, on sait très bien faire des affaires en coulisses. La France vend des armes, des avions, du matériel médical… et l’Algérie achète, tout en dénonçant « l’impérialisme français » dans ses discours officiels.

Le problème de la relation franco-algérienne, c’est qu’elle est piégée entre un passé qu’on refuse d’assumer totalement et un avenir qu’on peine à construire. Pendant que les gouvernements entretiennent un dialogue de sourds, la nouvelle génération, elle, regarde ailleurs.

Les jeunes Algériens rêvent de France pour leurs études, leur avenir professionnel, parfois même pour fuir un régime autoritaire. Mais ils ne se sentent pas prisonniers du passé colonial. Leur réalité, c’est le manque de perspectives, pas la bataille de Sétif.

Les jeunes Français, eux, ne connaissent l’Algérie que par le foot, la musique et les récits familiaux. La guerre, ils l’ont étudiée en cours d’histoire, mais elle ne définit pas leur identité. Ils n’ont pas de « nostalgie de l’Algérie française », ni de comptes à régler avec les anciens colons ou révolutionnaires.

Alors, pourquoi continuer cette pièce de théâtre absurde ? Parce que ni Paris ni Alger ne veulent dire la vérité : la France et l’Algérie ne sont pas des ennemies, mais elles ne seront jamais totalement réconciliées non plus. Trop d’histoire, trop de blessures, trop de cynisme.

Au fond, la relation franco-algérienne est un vieux couple qui ne sait ni se quitter ni se retrouver. On se fait la guerre sur la mémoire, mais on s’arrange sur les affaires. On se méprise dans les discours, mais on se serre la main dans les négociations.

Mais l’illusion ne tiendra pas éternellement. Car comme le dit si bien l’adage :

« L’Histoire est un boomerang : elle finit toujours par revenir frapper ceux qui tentent de l’oublier. »

Rendez-vous au prochain épisode de ce feuilleton sans fin.

Dr A. Boumezrag