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lundi 13 avril 2026
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Madjid Benchikh : «Nous ne sommes qu’au tout début de la lutte pour la démocratie»

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Les propos de Madjid Benchikh sur le système politique algérien “militarisé” font écho à l’analyse de Massensen Cherbi concernant les fondements juridiques ayant permis la répression du Hirak. Benchikh dénonce la mainmise du commandement militaire sur les institutions, renforcée selon Cherbi par la révision constitutionnelle de 2020 donnant plus de pouvoirs à l’armée. Les entraves aux libertés individuelles et collectives pointées par Benchikh résonnent également avec la “législation liberticide” évoquée par Cherbi pour démobiliser le soulèvement populaire.

« (…) La mobilisation populaire a obtenu des victoires d’étapes importantes qui doivent être soulignées. Elle est devenue rapidement un véritable soulèvement populaire qui montre un peuple debout, qui affirme sa dignité et revendique les droits humains et les libertés démocratiques. C’est un véritable soulèvement parce que le peuple, en se mettant debout, désigne clairement son objectif, abattre le système autoritaire qui l’étouffait. Debout, il regarde non seulement devant lui mais aussi vers l’horizon. Il a dès lors des perspectives que ne définissent pas toujours les ‘’Hirak’’: il revendique un État démocratique. C’est un soulèvement populaire qui peut demain devenir une véritable révolution.

Le soulèvement a forcé Bouteflika à renoncer au 5ème mandat, puis à la prolongation du 4ème. Il l’a forcé à la démission. Il a même forcé le Commandement militaire, qui a jusque-là soutenu très clairement le 5ème mandat, à intervenir pour exiger la démission de Bouteflika. La mobilisation populaire a donc bouleversé les données de la scène politique. Elle a perturbé le système politique autoritaire sans cependant le terrasser. (…)

Mais la réussite la plus importante pour l’avenir de notre peuple est celle qui a trait à la mobilisation massive, déterminée et pacifique que le soulèvement populaire a permis d’organiser contre le système autoritaire et corrompu. Ce soulèvement est ainsi porteur d’espoir pour l’avenir. (…)

Doyen que je suis, pour reprendre le mot d’un journaliste, considère que ce soulèvement populaire obligera quiconque voudra gouverner à effectuer un vrai « coup de jeune » aux institutions politiques, économiques et sociales. A tous points de vue, ce soulèvement marque un tournant dans la vie politique dans notre pays. Le Commandement militaire et les gouvernants devront en tenir compte…

Il reste cependant beaucoup à faire. Nous sommes au milieu du gué. Il est plus facile d’avancer que de reculer. (…)

Je sais que le Commandement militaire et quelques autres demandent au soulèvement populaire de s’organiser et de désigner des représentants. Il convient de clarifier ces questions qui sont aussi, parfois, posées par certaines parties de la population.

Le soulèvement n’a pas une organisation structurée avec un ou des chefs reconnus. C’est un fait. Tout le monde le constate. Cette situation ne vient pas du ciel. Elle est le résultat de l’histoire politique de notre pays notamment depuis notre indépendance en 1962. Je retiens surtout un élément déterminant parmi d’autres que nous ne pouvons pas reprendre ici.

Il s’agit de la répression conduite par les tenants du système depuis l’indépendance pour empêcher l’émergence de partis politiques, de syndicats et d’associations autonomes, représentatifs et libres. Les politiques des gouvernants relatives au contrôle de la société avec la Sécurité militaire puis le DRS ont asséché les scènes politiques et sociales, y compris à l’Université et en matière de recherche. On détruit les tissus socio-politiques et ensuite on vient exiger des structures et des représentants.

Il n’y aura pas de représentants ni de structure de ce que l’on appelle le ‘’hirak’’ et que j’appelle ‘’soulèvement populaire’’ parce qu’il est maintenant impossible de plaquer une organisation et des noms sur un mouvement qui a été créé de manière géniale pour répondre avec les moyens dont on dispose aux abus de pouvoirs d’un système oppressif. Ceux qui demandent des structures et des chefs sont pour la plupart des personnes qui n’ont pas cherché à analyser et comprendre les conditions d’émergence du soulèvement populaire. A cela il faut juste expliquer les raisons de cette situation et leur demander de faire preuve de patience.

Mais du côté des tenants du système, il s’agit d’une manœuvre ou d’une argumentation spécieuse pour couvrir l’absence de volonté d’aller au dialogue pour rechercher une solution politique à la crise et au blocage d’un système dont ils sont la colonne vertébrale (…)

Il faut s’armer de patience. Nous ne sommes qu’au tout début de la lutte pour la démocratie.

(…) Continuer à vouloir organiser ces élections contre la volonté mille fois exprimée de dizaines de millions d’Algériens et maintenir Bensalah, Bédoui, le Parlement et le Conseil constitutionnel indiquent un attachement au système actuel sur lequel il est légitime de s‘interroger. (…) Il est même dangereux, pour aujourd’hui et pour l’avenir, de ne pas avoir des décideurs capables de montrer une vision, sur la base d’une analyse politique sérieuse, basée sur l’histoire du système politique et soucieuse de comprendre les raisons de la mobilisation populaire contre le système politique autoritaire. Il est urgent pour les décideurs de se rapprocher de ceux qui luttent pour une transition démocratique…et pas seulement de chanter la beauté du ‘’Hirak’’ pour ensuite le poignarder dans le dos… Ce n’est pas intelligent, ni même honnête. Cela ne mène à rien de constructif. (…)

Contrairement à des visions simplistes ou peut-être à l’absence de vision politique de la part de l’état-major ou des thuriféraires du système autoritaire, le peuple veut que les services publics fonctionnent bien, que les chemins de fer fonctionnent bien, que les transports fonctionnent bien, que la poste fonctionne bien, que la police accomplisse convenablement son travail que la justice soit indépendante et ‘’juste’’… C’est cela l’État. Ce sont là les services publics principaux qui forment la colonne vertébrale de l’État. Et le peuple veut les protéger comme il le montre chaque vendredi. Par conséquent, si on avance dans la réalisation des aspirations de la population, portées par le soulèvement populaire, nous irons vers un État plus fort, plus solide que jamais. J’appelle le Commandement militaire à réfléchir aux effets bénéfiques qui résultent de la confiance du peuple dans son État pour l’accomplissement des missions traditionnelles de toute armée moderne. Je l’appelle à engager le dialogue pour en finir avec son emprise sur le système politique qui nous a conduit aux dérives que l’on sait.

(…) J’ai le regret de le dire, ni le Commandement militaire, ni ‘’les petits décideurs’’ qui l’accompagnent ne se montrent à la hauteur des qualités que montre le grand peuple algérien dans le cadre de son soulèvement. (…)

Le nécessaire retrait du commandement militaire

(…) Le passage à une démocratie implique que le Commandement militaire ne sera plus au centre du pouvoir. Cela signifie la fin d’un système qui organise son emprise sur les principales institutions et sur la vie politique. Le Commandement militaire organise cette emprise tout en se mettant à l’arrière-plan du système politique, sans gouverner au-devant de la scène, c’est- à-dire apparemment sans gérer lui-même les ministères et les entreprises. Et ce fonctionnement date depuis l’indépendance du pays.

A partir de 1989 on a un texte constitutionnel de type démocratique mais le maintien de l’emprise du commandement militaire sur la vie politique ne permet d’aboutir qu’à une démocratie de façade.

L’emprise s’exerce d’abord par le fait que c’est toujours le Commandement militaire qui choisit la pièce maîtresse du système c’est à dire le chef de l’État, puis le fait élire avec des élections truquées.

Tous les chefs de l’État en Algérie ont été désignés de cette manière. C’est le Commandement militaire qui a ramené Ben Bella, qui a désigné Chadli, Boudiaf, Liamine Zeroual, et aussi celui qui a fait partir Bouteflika. Dans ces conditions, comme c’est le Commandement militaire qui fabrique les rois ou les ‘’chefs’’, ceux-ci ont un lien de dépendance à l’égard du Commandement militaire. On est d’emblée au cœur de la militarisation du système.

Mais il y a plus et peut-être encore plus important. Le Commandement militaire a mis à sa disposition, pour tout ce qui concerne l’élaboration des grandes décisions politiques, la Sécurité militaire devenue par la suite DRS. Le DRS constitue à ce titre l’organisme qui s’occupe ‘’du politique’’, au service du Commandement. C’est dès lors l’organisme politique le plus important du pays. Il est partout représenté, non seulement dans des quartiers, mais également dans des entreprises, dans les ministères, dans les wilayas… etc.

Il est d’une part l’œil, c’est-à-dire celui qui surveille la société et, s’il y a lieu, les personnalités et renseigne les gouvernants sur ce qui se passe dans le pays, et d’autre part l’aiguillon, puisque c’est lui qui fait les analyses relatives à la situation politique du pays pour les tenants du système.

Ce faisant, il indique les directions à suivre, il aiguillonne, il dirige d’une certaine manière ou imprime sa marque. Cela ne veut pas dire qu’il envoie des ordres à tel ou tel ministère, non. Il dit voilà ce qui se passe, ma vision m’indique ceci, et voilà ce qui semble se dégager. Et ceux qui ont le droit de participer à la formation de la décision politique savent donc, sur la base des analyses du DRS, quel est l’état du pays et quelle direction il faudra suivre. On signalera, sans pouvoir ici les développer, les limites et les insuffisances de telles analyses, leur pauvreté et leurs dangers.

Parfois, le DRS s’est trompé lourdement. Ce qui est grave de la part d’un organisme chargé de l’analyse politique pour le compte des décideurs. On se souvient du chef du FLN (Ammar Sâdani, ndlr) qui accusait le chef du DRS à l’époque (le général Toufik) en lui disant qu’il s’est trompé complètement dans certaines situations. Le DRS s’est notamment trompé lourdement lorsqu’il pensait que le FIS ne gagnerait pas les élections de décembre 1991, ce qu’a avoué Chadli lui-même quelques années plus tard.

Il convient dans ces conditions de bien voir que si ce système de contrôle politique de la société n’est pas démantelé, aucun processus démocratique ne peut être engagé.

Les différents animateurs du soulèvement populaire et plus généralement les acteurs politiques et même les journalistes et les analystes ne doivent pas l’oublier. C’est là un aspect fondamental de la préparation de la transition démocratique. C’est une des raisons qui milite pour une transition démocratique d’au moins une année.

Cette connaissance de la nature du système politique actuelle est indispensable pour quiconque veut parler du rôle de l’armée aujourd’hui. Il résulte de tout cela qu’il est absolument impossible actuellement d’avancer sérieusement vers la transition démocratique réelle sans établir un rapport de force qui fasse comprendre au Commandement militaire qu’il doit dialoguer avec les forces attachées au soulèvement populaire. C’est ainsi dire que les forces attachées au soulèvement populaire doivent envisager la mobilisation populaire sur une longue période, compte tenu de l’absence de sens politique des décideurs et du blocage de l’état-major sur l’article 102 de la constitution, c’est-à-dire sur le maintien de leur emprise sur le système politique. Le Commandement militaire n’est pas un nouveau venu dans le système politique algérien. Il en est un permanent.

En 1992, il a plaidé qu’il intervenait pour ‘’sauver la démocratie’’. En réalité il était obligé de passer au- devant de la scène pour sauver son système d’emprise sur le pouvoir politique.

Dès lors, pour mobiliser le peuple de façon durable, le mouvement populaire doit préserver les populations. Il conviendra d’avoir à l’esprit les leçons de nos combats passés, y compris ceux de la lutte de libération. Je pense au dosage des efforts que l’on peut être amené à demander aux populations.

Il faudra un minimum de vision stratégique. Ce travail devrait être engagé le plus rapidement possible dans le mouvement associatif, étudiant, syndical et autres, pour disposer du maximum d’atouts favorables pour amener l’état-major à accepter une transition démocratique.(…)

Dire au mouvement « structurez-vous », c’est faire preuve d’une méconnaissance complète de la nature du soulèvement populaire et c’est oublier les conditions de son apparition. Le mouvement est né de cette manière, sans structure qui le conduit, et sans désignation d’une direction qui en prendrait la responsabilité. On ne peut pas reproduire le FLN/ALN de la guerre de libération.

C’est qu’en effet le système politique a empêché toute émergence de partis politiques, d’associations et de syndicats autonomes… Il a fait en sorte que meure dans l’œuf toute initiative conduisant à la naissance d’organisations autonomes susceptibles de porter le mouvement populaire. Il a même empêché toute forme d’intermédiation sociale. C’est ce qui explique la multiplication des émeutes depuis plusieurs années.

(…) Le peuple algérien a fait preuve d’une grande ingéniosité et d’une grande intelligence pour s’organiser de cette manière en vue de lutter pour sa liberté. Certains chez nous et à l’étranger ont qualifié cela de « génial ».

Le peuple algérien a fait vraiment preuve de son génie en trouvant la forme appropriée pour lancer et organiser son soulèvement. La voie choisie pour la mobilisation répond exactement aux conditions oppressives imposées au peuple en utilisant des moyens modernes qu’il sait dominer. Ces formes de la mobilisation ont permis une mobilisation massive. Elles ont donc obtenu l’adhésion massive du peuple algérien. (…)

Cependant, nous disons toujours à ceux qui sont dans le mouvement – lorsque nous sommes avec eux, et non pas de loin- : il faut que le mouvement associatif mûrisse ses propositions grâce aux débats démocratiques.

De ces débats émergeront des propositions et des porte-paroles pour approfondir les luttes, mieux connaître les droits individuels et collectifs, créer ou renforcer les solidarités nécessaires pour constituer les forces indispensables en vue d’obtenir le démantèlement d’un système politique qui a meurtri le peuple. De ces débats commencent à émerger des jeunes pétris de qualités, qui ont le sens des responsabilités, soucieux de l’intérêt général et capables de dialoguer avec leurs adversaires politiques. (…)

Des gestes politiques forts…

Il faut des gestes, c’est-à-dire des mesures politiques qui commencent à mettre fin aux lois anti- démocratiques. Le Commandement militaire doit, si l’on peut dire, changer de fusil d’épaule, Pour reprendre un mot de Mandela, je dirai que le peuple algérien veut être ‘’capitaine de son âme, maître de son destin.’’ Tous ceux qui gouvernent doivent désormais en tenir compte pour le bien de tous. (…)

Il faudrait cesser la répression, ouvrir les médias aux débats libres, en finir avec les organisations de masse aux ordres, cesser d’instrumentaliser la justice…

(…) L’État de droit ne peut se réaliser qu’avec une justice civile, un système judiciaire indépendant. On ne va pas régler les problèmes de la transition démocratique avec la justice militaire, y compris en ce qui concerne la corruption. La corruption ne se règle pas seulement par les arrestations. Celles-ci peuvent parfois intervenir mais, il faut disposer d’une justice indépendante pour connaître la vérité. Nous n’y sommes pas. Nous n’avons pas aujourd’hui de justice indépendante. Il y a un pas important qui a été franchi à travers le Syndicat des magistrats qui a réussi à élire le juge que les magistrats ont eux-mêmes choisi. Mais un syndicat, c’est une structure de revendication, il ne s’occupe pas des jugements. Or, c’est au cours du procès et dans le jugement que se manifeste un des éléments essentiels de l’indépendance de la justice. Et nous n’y sommes pas encore. La justice indépendante signifie que le ministre de la Justice n’a plus à dicter sa loi ou se mêler de la prise de décision en ce qui concerne les jugements, il ne doit pas interférer dans les procès. Le président de la République n’a pas à chapeauter la justice. Il faut donc mettre fin à tout ça. Il est indispensable aussi de former les juges, tous les juges, à une connaissance approfondie des droits de l’homme, aux conventions internationales relatives aux droits humains ratifiées par l’Algérie. Parce que c’est cela qui va permettre aux citoyens d’obtenir leurs droits. Cette connaissance approfondie des droits des citoyens doit être envisagée immédiatement, au cours même de la période de transition, Il faut évidemment supprimer les interventions, cela va de soi. Si on ne supprime pas les interventions des hommes politiques, des officiers supérieurs, des gouvernants d’une manière générale, à l’égard des juges, nous ne pouvons pas avoir une justice indépendante.

Les juges doivent se saisir des droits de l’Homme. C’est une arme pour l’indépendance de la magistrature. C’est cela qui engagera la justice dans le processus de l’autonomie.

Madjid Benchikh est un ancien Doyen de la Faculté de droit d’Alger, professeur émérite et ancien directeur de l’Ecole doctorale de droit et sciences humaines l’Université de Cergy- Pontoise (Paris Val-d’Oise.). Il a publié plusieurs ouvrages notamment, Algérie : un système politique militarisé (L’Harmattan 2003, 251pages. Paris). Droit international Public, (Casbah Éditions Alger et Apopsix Éditions 2016, 747 pages, Paris.)

Mira Moknache condamnée à 6 mois de prison ferme pour avoir commémoré le Printemps berbère

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Mira Moknache, militante et universitaire, a été condamnée ce samedi à six mois de prison ferme et à une amende de 50 000 dinars par le tribunal de Béjaïa. Cette décision fait suite aux réquisitions du parquet près le même tribunal le 17 mars dernier.

Le ministère public avait requis ces peines à l’encontre de Mme Moknache pour avoir tenté de commémorer, le 20 avril 2023, le double anniversaire du Printemps berbère de 1980 et du Printemps noir de 2001.

Les faits remontent au 20 avril 2023 lorsque la militante avait annoncé en direct sur les réseaux sociaux, devant l’université de Béjaïa, son intention de marcher pour célébrer ces deux événements historiques auparavant commémorés dans la région. Quelque temps après cette diffusion, elle avait été interpellée par les forces de l’ordre avant d’être auditionnée et relâchée.

La Rédaction

Le CMDA contraint de reporter son premier congrès à Alger

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Le Conseil Mondial de la Diaspora Algérienne (CMDA) a annoncé ce vendredi le report de son premier grand congrès initialement prévu les 27 et 28 avril à Alger.

Dans un communiqué, l’instance explique avoir reçu “plus de 3 600 demandes de participation de la diaspora et plus de 800 sollicitations en provenance d’Algérie pour assister à ce congrès”.

Face à cette affluence supérieure aux capacités d’accueil, le CMDA justifie sa décision: “Souhaitant garantir l’accès de tous à ce grand événement dans les meilleures conditions d’accueil et d’organisation, nous avons pris la décision de reporter notre rassemblement au dernier trimestre de l’année 2024.”

L’instance rassure par ailleurs l’ensemble des congressistes déjà inscrits qu’ils seront “intégralement remboursés de leurs frais d’inscription sous 15 jours”. 

En attendant le congrès d’Alger repoussé à l’automne 2024, le CMDA prévoit d’organiser dès le mois de mai à Paris une réunion avec “les porteurs de projets qui souhaitent investir ou créer leur entreprise en Algérie” en présence d’experts.

SAMIR L.

Djamila Bentouis, une chansonnière accusée d’appartenance à une entité terroriste et d’atteinte à la sécurité de l’État

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Campagne nationale pour la libération des 228 détenus d’opinion #Libérez_Les

Djamila émigre en France et confie son fils âgé de six ans à sa famille en Algérie. Elle travaille dur comme aide-soignante afin de faire le nécessaire pour amener son fils auprès d’elle. Djamila se marie de nouveau en 2000 et donne naissance à deux enfants, aujourd’hui âgés de 19 et 21 ans. Ayant grandi dans une famille de musiciens — un père flûtiste et un frère guitariste —, elle prend des cours de harpe et finit par inscrire ses enfants au conservatoire.

Issue d’une famille engagée durant la Guerre de libération, Djamila porte un amour sincère pour l’Algérie. Elle s’implique dans le Hirak comme des millions d’Algériens en écrivant de la poésie et des chansons patriotiques durant ce mouvement qu’elle considère historique. À Paris, Djamila prend le micro à la Place de la République pour déclamer sa poésie, reprise en cœur par les manifestants. Elle réussit à enregistrer quelques chansons sur le Hirak qui sont largement partagées sur les réseaux sociaux.  

Le 25 février 2024, Djamila se rend en Algérie parce ce que sa mère venait de décéder. Elle est arrêtée par la police à l’aéroport d’Alger, puis soumise à un interrogatoire. La police lui confisque ses documents de voyage avant de la relâcher avec obligation de se présenter au bureau de la police judiciaire de Dar El Beïda (Alger) le 28 février. Djamila est une nouvelle fois entendue sur sa participation au Hirak, ses opinions et une chanson qu’elle a écrite et interprétée lors des manifestations. Elle est placée en détention préventive et poursuivie pour « adhésion à une entité terroriste » en vertu de l’article 87 bis. Elle est également poursuivie pour « atteinte à la sécurité de l’État » et « incitation à des rassemblements non armés ». Ses avocats ont fait appel contre l’ordonnance de placement en détention préventive, mais la chambre d’accusation refuse le 13 mars 2024. Djamila est incarcérée depuis presque un mois à la prison de Koléa (Tipaza).

Le camouflet retentissant : L’Iftar avorté de la Maison Blanche, symbole d’une rupture profonde

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L’administration Biden a dû annuler le traditionnel Iftar présidentiel marquant la fin du mois de jeûne du Ramadan, faute de participation de figures de premier plan de la communauté musulmane américaine.

Cette absence résulte d’un mécontentement envers la politique de soutien indéfectible des États-Unis envers Israël, notamment lors des récents affrontements meurtriers dans la bande de Gaza.

Malgré l’invitation lancée par la Maison Blanche, d’importants leaders et organisations musulmans ont décliné, exprimant ainsi leur réprobation face à ce qu’ils considèrent comme une inaction coupable du président Biden face à la situation humanitaire palestinienne. Leur refus catégorique de prendre part à cet événement historiquement rassembleur traduit la profondeur des tensions actuelles.

Si aucune justification officielle n’a été communiquée de la part de la Maison Blanche, l’annulation de l’Iftar présidentiel cette année est perçue comme une conséquence directe de ce boycott de poids. Cet épisode met en lumière les défis auxquels l’administration Biden est confrontée pour apaiser les critiques d’une partie de l’électorat musulman, à l’approche de la prochaine élection présidentielle en novembre 2024 où Joe Biden, âgé de 81 ans, pourrait être candidat à sa réélection.

Pour de nombreux observateurs, cet Iftar avorté symbolise l’ampleur des tensions diplomatiques autour du conflit israélo-palestinien et la délicate équation que devra résoudre la Maison Blanche afin d’obtenir un soutien politique renouvelé au sein de cette partie de l’électorat.

Kamel AIDOUNE

Commémoration du 37 anniversaire de l’assassinat de Ali mecili: Riposte internationale réagit (Déclaration)

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Riposte Internationale se joint à l’invitation de la famille de Maitre Ali André Mecili  à la cérémonie de recueillement qui aura lieu dimanche 07 avril à 14h30, qui coïncide avec le  37e anniversaire de son lâche assassinat.

Riposte Internationale apporte son soutien à la famille pour que toute la lumière soit faite sur un assassinat qui a été commis au nom d’une double raison d’Etat.

Riposte Internationale rappelle le parcours de celui qui demeure un exemple de rectitude et d’engagement en faveur des droits humains pour des générations passées et à venir.

Riposte Internationale, à travers son action, mesure aujourd’hui combien la trajectoire singulière d’un homme aux convictions fortes soutenues par une vision éclairée, conséquente et à long terme. C’est sans complexe que nous nous réclamons de cet héritage.

Riposte Internationale continuera à soutenir le combat de la famille d’Ali André Mecili pour la manifestation de toute la vérité sur son lâche assassinat, non comme un devoir mais comme une exigence morale et historique qui conditionnera non seulement les relations entre l’Algérie et la France mais aussi pour envisager un autre récit mémoriel.

Levée de boucliers d’ONG contre la « répression » des libertés en Algérie

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Un collectif d’associations et d’organisations nationales et internationales de défense des droits humains a lancé un appel aux autorités algériennes. Elles demandent la libération des personnes emprisonnées pour avoir exprimé leurs opinions ou exercé pacifiquement leurs libertés. Elles réclament également l’ouverture de l’espace civique aux acteurs de la société civile.

Cet appel revêt une importance cruciale à l’aube de l’élection présidentielle anticipée prévue en septembre 2024 en Algérie. Cinq ans après l’émergence du Hirak, mouvement pacifique revendiquant l’État de droit et la démocratie, le pays a connu un “rétrécissement sévère des droits et libertés fondamentales”, selon les signataires.

Parmi ces derniers figurent des organisations algériennes de renom telles que le Comité de sauvegarde de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme dissoute (CS-LADDH), Libertés Algérie, SHOAA for Human Rights et le Collectif des familles de disparu.e.s en Algérie – SOS Disparu.e.s (CFDA). Ils sont rejoints par des acteurs internationaux de premier plan comme MENA Rights Group, ARTICLE 19, la FIDH et Front Line Defenders.

Dans leur plaidoyer, les signataires dénoncent “une véritable chape de plomb” qui pèse sur la société civile algérienne. Ils rappellent que depuis 2019, les autorités “n’ont eu de cesse de poursuivre et de condamner, souvent à des peines sévères, des citoyen.nes, dont des militant.es, journalistes et défenseur.es des droits humains, pour avoir exercé leurs droits fondamentaux”.

L’appel souligne également la multiplication des “actions judiciaires arbitraires contre des organisations de la société civile, des partis politiques d’opposition, des syndicats et des médias indépendants”. Il cite notamment la dissolution du Rassemblement actions jeunesse (RAJ) et de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), ainsi que la fermeture des médias Radio M et Maghreb Émergent.

Selon les signataires, “plus de 200 personnes sont emprisonnées pour avoir exprimé leur opinion et exercé leurs droits fondamentaux”. Parmi elles, des figures emblématiques du Hirak telles que “Brahim Laâlami et Mohamed Tadjadit, qui cumulent presque 60 mois d’incarcération depuis 2019, Mohad Gasmi détenu depuis juin 2020 et le journaliste Ihsane El Kadi, condamné à sept ans d’emprisonnement dont cinq ferme”.

Face à cette situation alarmante, l’appel exige “l’abrogation des lois et articles du Code pénal liberticides” et l’adoption de législations conformes aux conventions internationales ratifiées par l’Algérie. Il réclame également “l’ouverture des espaces de liberté pour les acteur.ices de la société civile et la garantie de l’exercice sans entrave de leurs missions constructives dans le cheminement vers l’État de droit”.

Cet appel intervient alors que l’Algérie siège au Conseil des droits de l’Homme et au Conseil de sécurité des Nations Unies. Il fait écho aux observations alarmantes des Rapporteurs spéciaux de l’ONU sur les libertés d’association et de réunion pacifique, qui ont constaté des “manquements majeurs” lors de leurs missions en Algérie en 2023.

SAMIR L.

Commémoration du 37ème anniversaire de l’assassinat d’André Ali MECILI

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Un rassemblement est organisé le dimanche 7 avril 2024 à partir de 14h30 devant l’entrée principale du cimetière Père Lachaise à Paris, côté boulevard de Ménilmontant.

Ce rassemblement vise à commémorer le 37ème anniversaire de l’assassinat d’André Ali MECILI, avocat et militant politique algérien tué le 7 avril 1987 à Saint-Michel, dans la capitale française.

Comme chaque année, un recueillement aura lieu sur sa tombe au Père Lachaise pour évoquer sa mémoire et son engagement politique en faveur de la démocratie et de l’État de droit en Algérie.

L’objectif affiché est aussi d’exiger des réponses sur les circonstances de son assassinat, qualifié de « lâche » par les organisateurs.

Les proches, amis, militants ainsi que tous les défenseurs de l’idéal démocratique sont invités à participer à cette commémoration annuelle.

André Ali MECILI était un avocat et militant politique algérien engagé dans le combat pour l’instauration d’un régime démocratique en Algérie. Son assassinat à Paris en 1987 dans des circonstances non élucidées est régulièrement commémoré par ses soutiens.

La Rédaction

Hassan Aouadi, l’un des porte-voix du Hirak à Annaba lourdement condamné

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Campagne nationale pour la libération des 228 détenus d’opinion #Libérez_Les

Hassan Aouadi est né le 10 décembre 1974 dans le quartier populaire de Bouhamra, commune d’El Bouni, à Annaba. Il est marié et père d’un jeune étudiant de 19 ans. Ses proches le décrivent comme un homme n’ayant jamais supporté la « hogra », la misère sociale et les injustices. Hassan est un fervent patriote qui a passé son service militaire prolongé en pleine décennie noire (les années 90).

Depuis, il vit de petits boulots (porteur, chargé d’entretien, couvreur et aide à la vente de bétails) pour survenir aux besoins de sa famille. Hassan gagne également un modeste revenu grâce à la pêche artisanale, en vendant des poissons au quartier. Hassan aime la mer et la pêche est un moment de contact avec la nature. Son rêve est d’acheter une petite barque pour en vivre pleinement, mais il n’a pas pu le réaliser jusqu’à présent par manque de moyens.

Comme des millions d’Algériens, le Hirak est un événement de libération pour Hassan qui participe aux manifestations dès le 22 février 2019 à Annaba, dans l’espoir d’un avenir meilleur pour son fils et sa famille. Tenant toujours son mégaphone d’une main et une banderole de l’autre, Hassan s’investit corps et âme dans le Hirak d’Annaba en participant à toutes les manifestations. Il prend part également aux marches dans d’autres wilayas du pays, notamment à Kherrata, Bouira, et Alger. Arrêté une première fois en mai 2021, Hassan est condamné à six mois de prison ferme et une amende de 20 000 Da. Après deux mois de détention arbitraire, il bénéficie, comme d’autres détenus, d’une grâce présidentielle. Ce passage en prison ne freine pas le fils d’Annaba. Il reprend son militantisme en continuant à porter les revendications du Hirak même après l’arrêt des manifestations.

À travers ses publications et ses « lives» sur les réseaux sociaux, Hassan tente de maintenir la flamme du mouvement populaire de manière pacifique. Il est alors arrêté le 9 février 2022 devant chez lui, puis placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du tribunal d’El Hadjar (Annaba) le lendemain. Après un procès en première instance, la chambre criminelle près de la cour d’Annaba confirme en appel sa condamnation à quatre années de prison ferme en janvier 2023, notamment pour “offense au président de la République”, “démoralisation de l’armée dans le but de nuire à la défense nationale” et “propagation de fausses informations pouvant compromettre la sécurité et l’ordre public”. En cas de refus du pourvoi en cassation, Hassan purgera sa peine jusqu’au 13 février 2026. Il est actuellement détenu à la prison d’El-Alaligue (العلاليڤ) à Annaba.

L’Espagne s’apprête à reconnaître officiellement l’État palestinien

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L’Espagne, l’un des pays membres de l’Union européenne les plus critiques envers Israël, devrait accorder un statut officiel à l’État palestinien au cours du semestre en cours, a annoncé le Premier ministre Pedro Sánchez mardi 2 avril lors d’une visite en Jordanie.

Selon ses déclarations informelles à des journalistes espagnols, le dirigeant socialiste estime que « nous devons penser sérieusement » à franchir ce cap diplomatique d’ici l’été. Madrid soutiendra également la demande palestinienne d’adhésion en tant qu’État membre à part entière des Nations Unies, statut actuellement « observateur » depuis 2012.

Cette annonce accélère le calendrier initialement prévu par Sánchez, qui avait évoqué un vote au Parlement espagnol d’ici 2027. Elle fait suite à une déclaration conjointe du 22 mars avec ses homologues irlandais, maltais et slovène, se disant « prêts à reconnaître la Palestine ».

Si elle se concrétise, l’Espagne rejoindrait les 139 pays dont 13 en Europe ayant déjà reconnu officiellement l’État palestinien, parmi lesquels 9 membres de l’UE comme la Suède. La France, elle, accueille une « mission » palestinienne sans statut d’ambassade.

Pour Sánchez, la solution au conflit israélo-palestinien passe par la reconnaissance de deux États. Son gouvernement de coalition de gauche compte parmi les voix les plus critiques envers Israël au sein de l’UE depuis le début du conflit avec le Hamas en octobre dernier. 

Ces prises de position ont provoqué en novembre 2023 une grave crise diplomatique avec Israël, qui avait rappelé son ambassadrice à Madrid après des déclarations du Premier ministre espagnol dénonçant les « meurtres aveugles de civils innocents » à Gaza. Les relations restent tendues malgré le retour de la diplomate.

La Rédaction