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jeudi 18 avril 2024
A la uneLevée de boucliers d'ONG contre la "répression" des libertés en Algérie

Levée de boucliers d’ONG contre la « répression » des libertés en Algérie

Un collectif d’associations et d’organisations nationales et internationales de défense des droits humains a lancé un appel aux autorités algériennes. Elles demandent la libération des personnes emprisonnées pour avoir exprimé leurs opinions ou exercé pacifiquement leurs libertés. Elles réclament également l’ouverture de l’espace civique aux acteurs de la société civile.

Cet appel revêt une importance cruciale à l’aube de l’élection présidentielle anticipée prévue en septembre 2024 en Algérie. Cinq ans après l’émergence du Hirak, mouvement pacifique revendiquant l’État de droit et la démocratie, le pays a connu un “rétrécissement sévère des droits et libertés fondamentales”, selon les signataires.

Parmi ces derniers figurent des organisations algériennes de renom telles que le Comité de sauvegarde de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme dissoute (CS-LADDH), Libertés Algérie, SHOAA for Human Rights et le Collectif des familles de disparu.e.s en Algérie – SOS Disparu.e.s (CFDA). Ils sont rejoints par des acteurs internationaux de premier plan comme MENA Rights Group, ARTICLE 19, la FIDH et Front Line Defenders.

Dans leur plaidoyer, les signataires dénoncent “une véritable chape de plomb” qui pèse sur la société civile algérienne. Ils rappellent que depuis 2019, les autorités “n’ont eu de cesse de poursuivre et de condamner, souvent à des peines sévères, des citoyen.nes, dont des militant.es, journalistes et défenseur.es des droits humains, pour avoir exercé leurs droits fondamentaux”.

L’appel souligne également la multiplication des “actions judiciaires arbitraires contre des organisations de la société civile, des partis politiques d’opposition, des syndicats et des médias indépendants”. Il cite notamment la dissolution du Rassemblement actions jeunesse (RAJ) et de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), ainsi que la fermeture des médias Radio M et Maghreb Émergent.

Selon les signataires, “plus de 200 personnes sont emprisonnées pour avoir exprimé leur opinion et exercé leurs droits fondamentaux”. Parmi elles, des figures emblématiques du Hirak telles que “Brahim Laâlami et Mohamed Tadjadit, qui cumulent presque 60 mois d’incarcération depuis 2019, Mohad Gasmi détenu depuis juin 2020 et le journaliste Ihsane El Kadi, condamné à sept ans d’emprisonnement dont cinq ferme”.

Face à cette situation alarmante, l’appel exige “l’abrogation des lois et articles du Code pénal liberticides” et l’adoption de législations conformes aux conventions internationales ratifiées par l’Algérie. Il réclame également “l’ouverture des espaces de liberté pour les acteur.ices de la société civile et la garantie de l’exercice sans entrave de leurs missions constructives dans le cheminement vers l’État de droit”.

Cet appel intervient alors que l’Algérie siège au Conseil des droits de l’Homme et au Conseil de sécurité des Nations Unies. Il fait écho aux observations alarmantes des Rapporteurs spéciaux de l’ONU sur les libertés d’association et de réunion pacifique, qui ont constaté des “manquements majeurs” lors de leurs missions en Algérie en 2023.

SAMIR L.

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