Les quatre personnes, suspectées sont âgées de 26 à 35 ans. Ils auraient été approchés par l’organisation terroriste État islamique au Sahel via des plateformes internet.
La police marocaine a déclaré jeudi avoir déjoué un complot visant à «attaquer des sites sécuritaires», avec l’arrestation de quatre personnes soupçonnées d’avoir des liens avec le groupe djihadiste État islamique (EI) au Sahel. Habboub Cherkaoui, chef du Bureau central d’investigations judiciaires, a déclaré lors d’une conférence de presse à Salé, près de Rabat, que l’opération avait permis de prévenir un «complot terroriste dangereux».
Les quatre suspects, tous Marocains, dont trois frères, ont été arrêtés dimanche à Had Soualem, près de Casablanca, selon un précédent communiqué de la police. Habboub Cherkaoui a déclaré que le groupe avait pré-enregistré un communiqué revendiquant les attentats qu’ils planifiaient. L’enquête a révélé que les cibles étaient «des installations sécuritaires clés, un supermarché et des espaces publics» fréquentés par des Marocains et des étrangers, a-t-il ajouté.
Le nouveau secrétaire d’État américain Marco Rubio est en visite au Panama. Il y rencontre le président José Raul Mulino, mais aussi les responsables du canal interocéanique de 80 kilomètres, puisque c’est bien cette question qui bouleverse les relations entre les deux pays ces dernières semaines.
Pour sa première visite dans un pays étranger, le nouveau secrétaire d’État américain Marco Rubio va-t-il se montrer aussi agressif que Donald Trump ? M. Rubio arrive au Panama en pleine crise diplomatique après les déclarations inattendues du président américain, qui menace de récupérer le canal, quitte à employer la force.
La députée indépendante Walkiria Chandler d’Orcy, vice-présidente de la commission des Affaires étrangères du Panama se dit effarée par les revendications et les accusations de Donald Trump : « Nous savons que c’est un négociateur, il a même pu se comporter de façon intimidantes envers certaines autres nations. Ce qu’il cherche probablement avec ces menaces, c’est à prendre le dessus avant d’entamer des discussions. »
«Souveraineté »
« Pour nous, continue-t-elle, le principal, c’est notre souveraineté sur le canal, qui est non négociable. Il appartient et continuera d’appartenir à Panama et aux Panaméens. Notre position est d’appeler à des discussions politiquement matures, en se basant sur les traités, pour respecter le droit international. »
Les Panaméens insistent sur l’uniformisation des tarifs, ajustés en fonction de la taille du bateau et de la valeur de sa marchandise. Même s’ils sont largement les principaux utilisateurs du canal, les États-Unis sont donc traités comme les autres pays sur le plan commercial. En revanche, ils bénéficient déjà de certains avantages pour leur marine militaire. Cette voie navigable entre l’Atlantique et le Pacifique a été construite par les États-Unis et inaugurée en 1914 ; elle a été transférée au Panama en 1999.
Immigration
Priorité absolue de la Maison Blanche, l’immigration sera au coeur de la tournée entamée par le secrétaire d’État américain, qui après le Panama se rendra ensuite au Salvador, au Guatemala, au Costa Rica et en République dominicaine. Et les États-Unis ont grand besoin de la collaboration du Panama sur la question migratoire.
L’O. Akbou et l’USM Alger ont fait match nul (0-0), en match comptant pour la mise à jour de la 12e journée du championnat national de Ligue 1 Mobilis, disputé ce samedi au stade de l’Unité Maghrébine (Béjaïa).
Dans un match assez fermé, marqué par une absence quasi-totale d’occasion de marquer, le portier de l’USMA s’est mis en évidence aux moments opportuns pour éviter la défaite à son équipe et lui permettre de revenir avec le point du match nul.
Ainsi, ce résultat confirme le passage à vide que traverse les gars de Soustara. En effet, les camarades de Belkacemi n’ont pu récolter que 2 points, sur 9 possibles, après avoir été battus par le MC Alger (0-3) et tenus en échec par le Paradou AC (1-1).
Au classement, les Olympiens gagnent une place et reviennent à hauteur du MC Oran (10e – 18 pts), alors que les Rouge et Noir progressent également d’un rang et remontent à la 6e place (22 pts).
Pour leur dernier match de mise à jour, les Usmistes accueilleront l’USM Khenchela le mercredi 5 février prochain au stade du 5 juillet 1962 (19h00).
En attendant cette date, l’épuration du calendrier de la Ligue 1 Mobilis se poursuivra dimanche et lundi avec les rencontres ES Mostaganem – MC Alger (16h00) et MC Oran – CR Belouizdad (18h00).
À noter que les deux parties, entrant dans le cadre de la mise à jour de la 13e et 14e manche, se joueront à huis clos.
Pour rappel, l’entame de la phase retour de la Ligue 1 Mobilis aura lieu les 9 et 10 février avec le déroulement de la 16e journée.
Alors qu’Ottawa va imposer, en représailles, des droits de douanes sur certains produits américains dès mardi 4 février, Mexico dit vouloir suivre le même chemin.
La présidente mexicaine fustige également une « calomnie » après que Donald Trump a accusé son gouvernement d’entretenir des liens avec les cartels du narcotrafic. Quant à la Chine, elle promet de prendre des mesures « correspondantes » et affirme vouloir déposer plainte contre Washington auprès de l’OMC.
Alors que Donald Trump a mis sa menace de guerre commerciale à exécution, samedi 1er février, en imposant 25% de droits de douane sur les produits provenant du Canada et du Mexique, et 10% supplémentaires à ceux déjà existants sur les produits chinois, Ottawa et Mexico ont aussitôt annoncé répliquer.
En s’en prenant aux trois principaux partenaires commerciaux des États-Unis, le président américain affirme vouloir les forcer à agir pour diminuer le trafic de fentanyl et les arrivées de migrants illégaux sur le territoire américain.
Les cartels ont « fait alliance avec le gouvernement mexicain », selon Donald Trump
La taxation américaine entrera en vigueur au plus tôt mardi 4 février, selon un premier décret présidentiel que l’AFP a pu consulter. En cause selon lui : « la menace majeure que représentent les migrants illégaux et les drogues mortelles qui tuent nos concitoyens, notamment le fentanyl. Nous devons protéger les Américains et c’est mon devoir en tant que président de m’assurer de la sécurité de tous », a-t-il écrit.
Selon Donald Trump, la Chine exporte vers le Mexique des principes actifs permettant la fabrication par les cartels mexicains du fentanyl ensuite vendu de l’autre côté de la frontière. Il reproche également au Mexique et au Canada de ne pas suffisamment contrôler les flux migratoires vers les États-Unis.
« Les droits de douane annoncés sont nécessaires pour forcer la Chine, le Mexique et le Canada à rendre des comptes à la suite de leurs promesses de faire cesser le flux de drogues toxiques aux États-Unis », a expliqué la Maison Blanche sur son compte X.
Concernant le Mexique, ils resteront en place « jusqu’à ce que le [pays] coopère avec les Etats-Unis pour lutter contre le trafic de drogue. Les cartels mexicains sont les premiers trafiquants mondiaux de fentanyl, méthamphétamine et d’autres drogues ».
La présidence américaine a également affirmé que les cartels avaient « fait alliance avec le gouvernement mexicain », sans pour autant fournir de preuves. Une affirmation qualifiée de « calomnie » par Claudia Sheinbaum.
Quant au Canada, la présidence américaine a estimé que « la production de fentanyl y progresse ». La Chine, pour sa part, « joue un rôle central dans [cette] crise de fentanyl qui détruit des vies américaines » et les droits de douane s’appliqueront « jusqu’à ce nous nous assurions de la pleine coopération » de Pékin en la matière, selon la même source.
Le Canada, « œil pour œil, dent pour dent », version commerciale
Face à ces mesures décrétées par Trump, le Premier ministre canadien a annoncé qu’une partie des marchandises américaines seraient également taxées, comme le rapporte la correspondante de Rfi à Montréal. Jus de fruits, chaussures, meubles, vin, équipements sportifs… Le Canada a annoncé imposer « des droits de douane de 25% sur des produits américains pour un total de 155 milliards de dollars canadiens [102 milliards d’euros] ».
Ces droits de douane seront appliqués sur 30 milliards de dollars de marchandises dès mardi, a ajouté le chef du gouvernement sur un ton très grave et qui a expliqué avoir parlé à la présidente mexicaine.
La liste des biens américains que le Canada va taxer touche une multitude de produits. Une réplique que l’on pourrait qualifier « d’œil pour œil, dent pour dent », version commerciale. Et pourtant, tout en annonçant ces mesures de rétorsion, le Premier ministre Justin Trudeau a souligné la profondeur de la relation avec le peuple américain. Un brin lyrique, il a rappelé les nombreuses fois où Canadiens et Américains se sont épaulés au cours de l’histoire.
Cependant, le dirigeant estime qu’il n’a pas le choix de riposter. Appelant à l’unité, il demande à ses concitoyens de privilégier les produits canadiens dans leurs achats. Par exemple le whisky local plutôt que le bourbon américain.
Le gouvernement mexicain qui n’avait cessé d’appeler au calme et a l’apaisement a, lui aussi, répondu cette fois-ci avec un ton beaucoup plus dur. Dans un long post sur le réseau X, la présidente Claudia Sheinbaum rejette les accusations du président américain sur les liens entre les autorités mexicaines et les groupes criminels. Elle parle de calomnies et rejette même le blâme sur l’accusateur, détaille notre correspondante à Mexico, Gwendolina Duval.
Selon elle, s’il existait une alliance entre un État et les cartels, elle viendrait plutôt de la part des États-Unis qui acceptent de leur vendre des armes. Elle invite également son homologue à prendre des mesures pour combattre les vendeurs de drogues sur son propre territoire… et lutter contre un problème de santé qui concerne surtout les États-Unis.
La cheffe d’État répète que le Mexique ne cherche pas la confrontation, mais pour autant il n’a pas l’intention non plus de se laisser faire. Sans donner plus de détails, Claudia Sheinbaum indique qu’elle a également donné l’ordre de mettre en application un plan pour protéger les intérêts économiques du pays avec entre mesures pour installer à son tour des tarifs douanier.
Quant à la Chine, elle s’est pour l’instant bornée à déclarer « s’opposer fermement » aux nouveaux droits de douanes américains sur les produits qu’elle exporte aux États-Unis, ajoutant que les guerres commerciales n’avaient « pas de vainqueurs » et promettant de répliquer à Washington avec des mesures « correspondantes » pour « résolument protéger » les « droits et intérêts » chinois. Pékin va par ailleurs déposer plainte contre Washington auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), selon le ministère du Commerce.
Voix-Med fait son entrée dans la sphère des médias en ligne. Son lancement a lieu ce 1er février. Initiée par un collectif associatif épris de culture et de liberté de ton, cette chaîne de radio et télévision web se veut un espace ouvert sur la Méditerranée et la culture amazighe dans toute sa richesse.
Véritable plateforme d’échanges et de débats, Voix Med propose des programmes variés : émissions musicales, documentaires, interviews d’artistes, mais aussi des débats stimulants sur les enjeux sociaux, culturels et politiques actuels.
Voix Med se veut une tribune privilégiée à la culture amazighe, dans toute sa diversité et ses expressions.
À travers ses contenus, Voix Med espère contribuer à la promotion et la préservation de la dimension amazighe, tout en encourageant un dialogue ouvert avec toutes les autres cultures. En offrant une alternative moderne et dynamique, Voix Med entend servir de passerelle et connecter les générations entre elles mais aussi unir les expressions autour de valeurs de diversité, de respect et de développement.
Rejoignez Voix Med et participez à ce voyage culturel unique ! Vous serez les bienvenus.
Depuis la réouverture lundi par Israël de cette partie de la bande de Gaza, les déplacés espèrent retrouver des proches restés dans le nord, sans savoir dans quel état se trouve leurs habitations.
Après 15 mois d’attente, ils rentrent enfin chez eux, bien que leurs maisons puissent être en ruine. Une marée humaine a regagné, depuis lundi 27 janvier, le nord de la bande de Gaza, après un compromis de dernière minute entre Israël et le Hamas pour la libération de six otages, permettant le retour des déplacés.
Plus de 376 000 Palestiniens ont déjà fait ce trajet entre lundi matin et mardi midi, a affirmé le bureau des Affaires humanitaires de l’ONU. Dès l’ouverture du passage menant vers le nord, un flot ininterrompu d’hommes, de femmes et d’enfants chargés de bagages ou poussant des chariots s’est mis en route. Voici, en images, la marche de ces centaines de milliers de Gazaouis, alors que la trêve en vigueur depuis le 19 janvier reste fragile.
Qu’ont en commun la France et l’Algérie, à part des décennies de rapports politiques tumultueux, des héritages coloniaux et un goût prononcé pour les discours sur l’égalité ? Une chose, sans doute la plus cruciale : le pouvoir ne va ni aux méritants, ni aux bâtisseurs, mais aux rentiers du pouvoir.
Ces figures insidieuses qui prospèrent dans les coulisses, en manipulant les leviers de la cooptation, de la corruption et des rentes, tout en laissant les citoyens se battre pour des miettes.
La France, patrie des droits de l’Homme et du citoyen, ne fait plus illusion. On y parle de république, de méritocratie, mais dans la pratique, tout cela n’est qu’une façade bien entretenue. Derrière les discours de justice sociale et d’égalité des chances, ce sont les mêmes élites qui se transmettent le pouvoir à coup de réseaux d’influence, de promesses électorales et de mandats successifs. Il suffit de jeter un œil aux grandes institutions politiques ou économiques pour voir comment les mêmes noms tournent en boucle : ceux qui ont su préserver leur place dans un système figé, où l’effort individuel et l’innovation sont relégués aux oubliettes.
Prenons les exemples de ces grandes entreprises françaises, souvent entre les mains de quelques familles ou de « noms d’État » qui, d’année en année, maximisent leurs profits tout en bénéficiant d’une stabilité politique enviable. Le mérite ? Le travail acharné ? Rêvez. Le pouvoir, dans ce pays, se joue à la table des négociations où seuls les rentiers sont invités.
L’Algérie : le même scénario, mais avec un twist
De l’autre côté de la Méditerranée, l’Algérie semble avoir suivi le même modèle, et ce n’est pas la « révolution » de 2019 qui a changé quoi que ce soit, bien au contraire. Le système reste verrouillé entre les mains de quelques oligarques, héritiers des anciennes structures du pouvoir, et ceux qui savent jouer les bons rôles au sein d’une bureaucratie corrompue. Les jeux de pouvoir dans les coulisses sont devenus une routine presque religieuse : des anciens généraux aux hommes d’affaires proches du régime, en passant par les familles qui ont su prospérer dans l’ombre du pouvoir, l’élite algérienne se transmet le pouvoir comme une vieille tradition. Les « nouveaux riches » du pays ne viennent pas des usines ou des champs, mais des sièges du pouvoir.
Le mythe de la méritocratie algérienne, celui du « nouveau modèle » et du « futur radieux », a été mis à mal dès ses premières années d’indépendance. L’Algérie est conservée prisonnière de ses rentiers politiques, ceux qui connaissent les bonnes personnes, ceux qui ont les bons contacts à la tête de l’État ou dans les secteurs-clés. Pendant ce temps, les jeunes diplômés qui aspirent à un avenir meilleur se retrouvent piégés dans un système qui les garde à distance, là où le mérite ne mène à rien d’autre qu’à la frustration et à l’exil.
Les rentiers, maîtres du jeu
Les rentiers du pouvoir sont les vrais architectes du statu quo, tant en France qu’en Algérie. Que ce soit à l’Élysée ou à Alger, l’essentiel n’est pas de réformer, de repenser le modèle ou de donner une chance à ceux qui osent s’élever grâce à leurs talents. Non, le mais est de maintenir les dynamiques existantes. Dans ces deux pays, le pouvoir se reproduit par l’héritage, la cooptation et, parfois, la manipulation subtile des masses. Dans une Algérie où la bureaucratie est omniprésente, et dans une France où les grandes entreprises dictent leur loi à l’État, il est évident que les rentiers du pouvoir ont plus de poids que les simples citoyens.
Les élections, les réformes, les projets de société ne sont que des écrans de fumée. Derrière, tout est orchestré pour préserver un système qui fait la part belle à ceux qui n’ont pas besoin de démontrer leur valeur pour obtenir ce qu’ils veulent. Le « mérite » n’est qu’un mirage, une illusion confortée par des discours politiques qui respectent plus du théâtre que de la vérité.
La démission et la révolte
La question qui se pose alors est simple : jusqu’à quand ces deux nations accepteront-elles que leur destin soit entre les mains des rentiers du pouvoir ? En France, l’on parle de « clivages sociaux », d’une « fracture » entre élites et peuple. En Algérie, le terme « hogra » (mépris) est utilisé pour décrire ce sentiment de rejet et d’injustice face à un pouvoir qui exclut et ignore.
Mais voilà : tant que les rentiers resteront invisibles, tant qu’ils sauront manipuler les règles du jeu à leur avantage, les deux peuples continueront de se battre pour des causes secondaires, des changements cosmétiques, pendant que les vrais responsables du statu quo s’ enrichissent et confortent leur position. Ceux qui détiennent le pouvoir savent que la clé de la stabilité réside dans la dissociation entre les méritants et ceux qui savent garder la main sur les cordons de la bourse.
Un système qui se nourrit de l’illusion
En France comme en Algérie, la véritable question n’est pas qui mérite le pouvoir , mais qui sait comment l’obtenir et le conserver . Et, à ce jeu-là, ce ne sont pas les plus talentueux, mais ceux qui savent entretenir les bonnes relations, manipuler l’opinion et profiter des failles du système. Le pouvoir, finalement, se joue dans les coulisses, là où se rencontrent les rentiers du pouvoir, et là où ceux qui ne sont ni élus ni légitimes successeurs de tout gouverner.
Si l’on veut vraiment briser ce cercle vicieux, il va falloir plus qu’une simple réforme, plus que quelques promesses électorales. Il faudra déraciner ce système de rente, déloger ces rentiers du pouvoir et rétablir un véritable principe de justice sociale où le mérite serait enfin récompensé. Mais est-ce seulement possible quand l’ensemble du système repose sur la consolidation de leurs privilèges ? Les rentiers du pouvoir, eux, en sont convaincus : le statu quo n’a jamais été aussi rentable.
Cette chronique souligne les similitudes entre la France et l’Algérie dans leur gestion du pouvoir, en exposant l’hypocrisie d’un système qui favorise la rente plutôt que le mérite. Elle mêle cynisme et analyse sociale pour révéler les dynamiques cachées du pouvoir dans ces deux pays.
« Le pouvoir n’est pas un prix à gagner, mais un privilège à conserver, et ceux qui en bénéficient savent qu’il se nourrit de l’illusion du changement pour mieux étouffer l’espoir de ceux qui cherchent à le renverser. »
Cette citation met en lumière l’essence même des jeux de pouvoir, aussi bien en Algérie qu’en France : une élite qui manipule l’illusion du mérite et du progrès pour maintenir ses privilèges, tout en étouffant toute véritable alternative. Elle souligne les enjeux cachés derrière les réformes superficielles et les discours politiques, et la difficulté, voire l’impossibilité, de changer un système conçu pour favoriser ceux qui en détiennent les clés.
Ancienne opposante emblématique au régime de Zine-el-Abidine Ben Ali, présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD) durant la période postrévolutionnaire chargée de mettre en place un processus de justice transitionnelle, personnalité reconnue en Tunisie et à l’international, Sihem Ben Sedrine est arbitrairement incarcérée depuis le 1er août 2024, sans aucun motif sérieux d’inculpation.
Devant la rapide détérioration de son état de santé, les autorités l’ont transférée le 25 janvier à l’hôpital de la Rabta, en service de réanimation. Toute visite, y compris de son époux et de ses enfants, lui est toutefois interdite, et le pouvoir continue de s’acharner contre elle. En effet, le 28 janvier, un juge d’instruction du pôle économique et financier a décidé de prolonger sa détention sans même l’en informer.
Aujourd’hui, Sihem Ben Sedrine est en danger. Nous, les amis de la Tunisie épris de justice et de liberté, tenons à lui manifester publiquement notre solidarité et notre soutien en réclamant aux autorités tunisiennes sa libération sans délai.
PREMIERS SIGNATAIRES
Daniel Aarão Reis, professeur à l’Université fédérale Fluminense, Niteroi, Rio de Janeiro, Brésil
Ahmed Abbès, mathématicien, directeur de recherche au CNRS, Paris
Fouad Abdelmoumni, porte-parole de l’Instance marocaine de soutien aux détenus politiques (HIMAM), Maroc
Ziad Abdetaweb, militant des droits humains, Egypte
Gilbert Achcar, professeur émérite, SOAS, Université de Londres
Hakim Mohammed Addad, chargé de projet
Lahouari Addi, sociologue, Algérie
Alyssa Ahrabare, présidente de la Coordination française pour le lobby européen des femmes (CLEF)
Omar Ahrachene, universitaire, Maroc
Khadija Aïnani, militante des droits humains, membre du bureau d’Euromed Rights
Nadia Leïla Aïssaoui, sociologie, militante féministe, France
Najib Akesbi, universitaire, Maroc
Sanhadja Akhrouf, militante associative et féministe, Paris
Walid Alasmar, président d’honneur d’Euromed Rights
Ali Alaspli, Director Libya Crimes Watch
Camilla Albanese, Fondazione Pangea ETS
Zahra Ali,universitaire, Rutgers University, USA
Tewfik Allal, militant associatif, Paris
Ignacio Álvarez-Ossorio Alvariño, Catedrático de Estudios Árabes e Islámicos de la UCM Codirector del UCM-Grupo de investigacion complutense sobre el Maghreb et Oriente Medi
Abdelhamid Amine, ancien président de la Coordination maghrébine des organisations des droits humains (CMODH)
Ghanima Ammour, poétesse, Algérie
Samia Ammour, militante féministe, Algérie
Salah Aoufi, retraité
Maryse Artiguelong, vice-présidente de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH)
Zouheir Asdor, président de l’institution « Oyoune » pour les droits humains, Maroc
Boualam Azahoum, militant de l’immigration marocaine en France
Mohand Aziri, journaliste, Algérie
Bertrand Badie, professeur émérite des universités à Sciences Po Paris
Yamina Baïr, journaliste, Algérie
Viviane Baladi, directrice de recherche au CNRS, retraitée
Brigitte Bardet-Allal, retraitée de l’enseignement, France
Malika Baraka, membre du PADA (Pour une Alternative démocratique en Algérie)
Ahmed Barnoussi, président de Transparency Maroc
Alain Baron, syndicaliste télécoms à la retraite
Rachida Baroudi, groupe « Marocaines contre la détention politique »
Patrick Baudouin, avocat, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et président d’honneur de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH)
Jean-François Bayart, professeur à l’IHEID, Genève
Akram Belkaïd, journaliste
Abdelilah Benabdeslam, coordinateur du collectif marocain des instances des droits humains, Maroc
Amar Benamar, ancien président de l’Association médicale de réhabilitation des victimes de la violence et de la maltraitance, Maroc
Malika Benarab Attou, ancienne eurodéputée, France
Madjid Benchikh, professeur émérite, ancien doyen de la Faculté de droit d’Alger
Sophie Ben Hamida, magistrate, membre du Syndicat de la magistrature, France
Nour-Eddine Benissad, ancien président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH)
Monia Ben Jemia, féministe, présidente d’Euromed Rights
Zaineb Ben Lagha, universitaire, maître de conférences, France
Saïd Benmerad, expert indépendant, Algérie
Naïma Benouakrim, féministe marocaine et défenseure des droits humains, Maroc
Ali Bensaad, géographe, Aix-en-Provence
Mahdi Berrached, journaliste, Algérie
Roland Biache, militant associatif et des droits de l’Homme, France
Lionel Blackman, avocat, Director Uniting Lawyers for Human Rights around the World, Royaume-Uni
Omar Bouraba, président de l’association Liberté Algérie
William Bourdon, avocat au barreau de Paris
Rabia Bouzidi, défenseure des droits humains, Maroc
Ali Brahimi, juriste, ancien parlementaire, Algérie
Rony Brauman, médecin, essayiste, ancien président de Médecins sans frontières
Vincent Brengarth, avocat au barreau de Paris Sonja Brentjes, historienne des sciences, retraitée Robert Bret, ancien sénateur (Bouches-du-Rhône)Anne Briam, citoyenne, France Françoise Brié, présidente de WWVIF, France
Rachida Broudi, groupe des « Marocaines contre la détention politique », Maroc
Michel Broué, mathématicien, professeur émérite, Université Paris-Cité et Institut universitaire de France
Jean-Marc Bruneel, adhérent EELV-Les Ecologistes, France
Jacqueline Charretier, adhérent de la Ligue des droits de l’Homme, France
Kacem Chebab, Forum marocain vérité et justice (FMVJ)
Alice Cherki, psychanalyste, France
Philippe Chesneau, militant écologiste humaniste, France
Kaddour Chouicha, militant pour les droits de l’Homme et syndicaliste SESS (Syndicat des enseignants du supérieur solidaires), Algérie
Sofiane Chouiter, président du centre Justitia pour la protection des droits humains en Algérie, Montréal, Canada
Thérèse Clerc, Maison des femmes, France
Guy Cochennec, militant de la société civile alternative, France
Laurence Cohen, sénatrice (2011-2023), France
Philippe Corcuff, professeur de science politique à Sciences Po Lyon
Monica Corrado, militante des droits humains (LDH), France
Patrice Coulon, militant des droits humains, France
Ahmed Dahmani, universitaire retraité, Algérie
Leyla Dakhli, chercheuse en histoire, Berlin
Jocelyne Dakhlia, historienne, anthropologue, EHESS, France
Kuhu Das, India Disability & Gender Rights Activists, Feminists, Inde
Sonia Dayan-Herzbrun, sociologue, professeure émérite à l’Université Paris-Cité
Lubna Dawany, avocate, présidente de l’Institut Sisterhood is Global, Amman, Jordanie
Brigitte de Jurquet, sympathisante de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), France
Stéphane Delorme, Union juive française pour la paix (UJFP), coordination Île-de-France
Xavier Demerliac, adhérent des Ecologistes, compositeur et musicien
Monique Dental, présidente fondatrice du réseau féministe « Ruptures »
Alexis Deswaef, avocat et vice-président de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Belgique
Karima Dirèche, universitaire
Saïd Djaafer, journaliste, Algérie
Nacer Djabi, sociologue, Algérie
Yahia Djafri, enseignant à la retraite, Paris
Chafia Djemame, militante associative, Algérie
Nadir Djermoune, universitaire, architecte/urbaniste, Algérie
Stéphane Douailler, professeur émérite de philosophie de l’Université Paris-VIII Vincennes
Bernard Dreano, président du Centre d’études et d’intiatives de solidarité internationale (CEDETIM), France
Jean-Pierre Dubois, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme (LDH)
Nassera Dutour, présidente de la Fédération euro-méditerranéenne contre les disparitions forcées (FEMED), Algérie
Guillaume Duval, journaliste, France
Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix 2003, Iran
Dominique Eddé, écrivaine, Liban
Ivar Ekeland, ancien président de l’Université Paris-Dauphine
Hakima Elalaoui, défenseure des droits humains, Maroc
Khaled Elbakari, militant des droits humains, Maroc
Ali El Baz, militant associatif, France /Maroc
Latifa El Bouhsini, universitaire et féministe, Maroc
Belaïd Elbousky, président du Centre des droits humains en Amérique du Nord
Moataz El Fegiery, President of the Egyptian Human Rights Forum, Egypte
Ahmed Elhaij, ancien président de l’Association marocaine des droits Humains
Abderrazzak El Hannouchi, défenseur des droits humains, Maroc
Boukind Elhassan, médecin, président de l’Association médicale de réhabilitation des victimes de la violence et de la maltraitance, Maroc
Nacer El Idrissi, président de l’Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF)
Boubaker El Jamaï, universitaire, Maroc
Elmiloudi Elkabir,membre du bureau de l’Association marocaine des droits humains (AMDH)
Ihsane El Kadi, journaliste, Algérie
Tin Hinan El Kadi, universitaire, Algérie
Suzanne El Kenz, retraitée
Abdelkrim Elmanouzi, ancien président de l’Association médicale de réhabilitation des Rachid Elmanouzi, président de l’Association des parents et amis des disparus au Maroc
victimes de la violence et de la maltraitance, Maroc
Ali Elmoussaoui, de l’Association médicale de réhabilitation des victimes de la violence et de la maltraitance, Maroc
Didier Epsztajn, animateur du blog « Entre les lignes, entre les mots », France
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement (DAL), France
Giulia Fabbiano, anthropologue, Aix-en-Provence
Mireille Fanon Mendes France, porte-parole de la Fondation Frantz-Fanon, France
Ahmed Farag, AITAS, Egypte
Patrick Farbiaz, membre de la Fondation Copernic, France
Raouf Farrah, chercheur et militant, Algérie
Didier Fassin, professeur, Institute for Advanced Study, Princeton
Jacques Fath, spécialiste des relations internationales, France
Guillemette Fessy, militante écologiste, France
Francesca Filippi, Pangea ETS, Italie
Christine Flori, citoyenne, Toulon (Var)
Sophie Fontenelle, membre de Varois pour la paix et la justice en Méditerranée
Dominique Fougeyrollas, sociologue, France
Souad Frikech, militante des droits humains, Paris
Vincent Geisser, chercheur au CNRS, président du Centre d’information et d’études sur les migrations internationales (CIEMI), France
Pierre George, altermondialiste, retraité, France
Jérôme Gleizes, vice-président du groupe Les écologistes au Conseil de Paris, conseiller de Paris du 20e arrondissement, président de l’Ecole des ingénieurs de la Ville de Paris
Catherine Goldstein, directrice de recherche au CNRS, France
Luz Gómez García, Catedrática de Estudios Árabes, Universidad Autónoma de Madrid
Alain Gresh, journaliste
Ali Guenoun, historien, Paris
Michelle Guerci, militante féministe antiraciste, France
Abdellah Hammoudi, professeur émérite, Princeton University
Ayachi Hmida, journaliste et auteur, Algérie
Abdenour Haouati, retraité, Algérie
Michael Harris, professeur de mathématiques, Columbia University
Hend Hassassi,coordinatrice du projet Tae’thir, Réseau Euromed France (REF)
Mohamed Hennad, universitaire, Algérie
Béatrice Hibou, directrice de recherche au CNRS, CERI-Sciences Po
Ghazi Hidouci, ancien ministre de l’Économie, Algérie
Helena Hirata, directrice de recherche émérite au CNRS, France
Ali Ihaddadene, enseignant, Canada
Mohammed Iouanoughene, journaliste, Algérie
Mohamed Jaïte, avocat au barreau de Paris
Abdelhak Kass, président du Forum vérité et justice, Maroc
Raphaël Kempf, avocat au barreau de Paris
Myriam Kendsi, artiste peintre, Algérie
Omar Kezouit, militant de la cause sociale et populaire, éco-socialiste, Paris
Assaf Kfoury, Mathematician and Professor of Computer Science, Boston University
Tahar Khalfoune, juriste, Lyon
Rashid Khalidi, historien, professeur à l’Université Columbia, New York Abdelmoumene Khelil, défenseur des droits humains, Algérie
Azadeh Kian, professeure de sociologie, université Paris-Cité
Hosni Kitouni, auteur, Algérie
Sihem Kouras, enseignante-chercheure, Algérie
Driss Ksikes, écrivain, Maroc
Abdellatif Laâbi, poète écrivain
Souad Labbize, autrice
Najia Labrim, de l’Association marocaines des femmes progressistes
Lazhari Labter, écrivain, Algérie
Kamel Lahbib, militant associatif, Maroc
Annie Lahmer, conseillère générale IDF, France
Jaafar Lakhdari, entrepreneur, Algérie
Simona Lanzoni, vice-présidente de Head of Fondazione Pangea ETS, Italie
Nicole Lapierre, socio-anthropologue, directrice de recherche émérite au CNRS
Samir Larabi, journaliste, Algérie
Michèle Leclerc-Olive, présidente du CORENS, IRIS-CNRS-EHESS
Philippe Le Clerre, co-secrétaire de la commission Paix et désarmement EELV, France
Gilles Lemaire, écologiste, France
Renée Le Mignot, présidente honoraire du MRAP
Beatrice Lestic, secrétaire national de la Confédération française démocratique du travail (CFDT)
Michael Löwy, directeur de recherche émérite au CNRS, France
Iris Luarasi, Counselling Line for Women and Girls
Gérard Maarek, urbaniste, retraité, France
Donald J. McLachlan (Joel Beinin), Professor of History and Professor of Middle East
Latifa Madani, journaliste, France
Ahmed Mahiou, ancien doyen de la faculté de droit d’Alger
Pour le chef de l’État rwandais Paul Kagame, le président sud-africain Cyril Ramaphosa et des officiels sud-africains « tordent la réalité », « lancent des attaques délibérées » et « mentent ». Le président rwandais a haussé le ton face aux remarques de l’Afrique du Sud au sujet de la crise dans l’est de la République démocratique du Congo, où le groupe armé M23 et leurs alliés des forces rwandaises ont pris position dans de nombreux quartiers de la ville de Goma.
Des remarques fortes de Paul Kagame, prononcées mercredi 29 janvier, après un sommet virtuel de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), organisé par le président kényan William Ruto depuis le Caire. Le président congolais Félix Tshisekedi n’y a pas participé.
Le chef de l’État rwandais a eu des mots particulièrement durs vis-à-vis du président sud-africain Cyril Ramaphosa et des officiels sud-africains, accusés de « tordre la réalité », « de lancer des attaques délibérées »et même de« mentir ».
Les présidents rwandais Paul Kagame et sud-africain Cyril Ramaphosa ont beau se parler deux fois au téléphone depuis le début de la semaine, les relations diplomatiques entre le Rwanda et l’Afrique du Sud semblent toujours aussi tendues.
Dans un tweet publié mercredi soir, Cyril Ramaphosa est notamment revenu sur la mort de 13 soldats sud-africains membres de la force régional d’Afrique australe (SAMIRDC) en RDC. Il attribue leur mort « à une escalade de la violence entre le groupe rebelle M23 et la milice des forces de défense rwandaises, engagées contre l’armée congolaise (FARDC) ».
La terminologie a exaspéré Paul Kagame : « Les forces de défenses rwandaises ne sont pas une milice, c’est une armée », a-t-il répondu sur X. Et de poursuivre : « Ce n’est pas le M23 qui a tué ces soldats sud-africains, mais les FARDC », nommant les forces.
Les forces sous mandat de la Sadec « n’ont pas leur place » en RDC
Le chef de l’État rwandais estime pour sa part que la force régionale d’Afrique Australe qui a été déployée fin 2023 pour appuyer l’armée congolaise dans l’est de la RDC ne peut pas être considérée comme « une force de maintien de la paix ». Selon lui, sa présence constitue « une menace » pour le Rwanda.
La SAMIDRC « n’est pas une force de maintien de la paix, et n’a pas sa place dans cette situation », a martelé M. Kagame dans un message publié sur X. « Elle a été autorisée par la Sadec en tant que force belligérante engagée dans des opérations de combat offensives pour aider le gouvernement de la RDC à lutter contre son propre peuple, en travaillant aux côtés de groupes armés génocidaires comme les FDLR qui ciblent le Rwanda », a-t-il ajouté.
Paul Kagame a démenti que Pretoria l’ait à cette occasion averti que de nouveaux affrontements dans la région seraient considérés comme une « déclaration de guerre », comme l’ont rapporté plusieurs médias. Mais il a prévenu : « si l’Afrique du Sud préfère la confrontation », le Rwanda peut réagir « à tout moment » en prenant en compte ce « contexte ».
Le président Cyril Ramaphosa avait déjà assuré que « la présence militaire de l’Afrique du Sud dans l’est de la RDC n’est pas une déclaration de guerre contre quelque pays que ce soit ».
La Sadec annonce un sommet extraordinaire vendredi
La Communauté de développement de l’Afrique australe (Sadec) se réunira vendredi dans la capitale zimbabwéenne Harare pour un sommet extraordinaire sur la situation dans l’est de la République démocratique du Congo, a annoncé jeudi son secrétaire général.
Cette « réunion extraordinaire » vise à « discuter des questions relatives à l’est de la RDC », dont la situation est « préoccupante » après la prise ces derniers jours de Goma, principale ville de la région, par le groupe armé antigouvernemental M23 et les forces rwandaises, a indiqué Elias Magosi.
Peu de détails ont filtré jusque-là sur l’agenda de ce sommet. Le secrétaire exécutif de l’organisation, le Botswanais Elias Magosi est resté évasif, même s’il a admis que l’avenir de la mission de la force d’Afrique Australe (SAMIDRC) ferait l’objet de « délibérations ».
Plusieurs des soldats étrangers, d’Afrique du Sud et du Malawi, tués dans le Nord-Kivu la semaine passée, faisaient partie de la SAMIDRC stationnée près de Goma. Selon la presse sud-africaine, les événements des derniers jours pourraient précipiter un retrait de ces soldats, dont la situation actuelle reste floue.
Dans l’est de la RDC, les activités commencent à reprendre à Goma, alors que le M23 a pris position dans la plupart des quartiers du chef-lieu du Nord-Kivu.
Sur la route principale Katindo-Ndosho, dans l’ouest de Goma, on pouvait voir ce jeudi des centaines d’habitants marcher. Des motos étaient également de sortie, plus nombreuses que la veille. Des bus de transport en commun aussi dans lesquels montent des passagers. Sur cet axe, quelques rares commerçants ont ouvert leurs boutiques. L’activité a aussi repris à la Grande Barrière. On pouvait voir aujourd’hui davantage de mouvements de voyageurs dans ce poste frontalier entre la RDC et le Rwanda.
Dans le centre-ville de Goma, en revanche, les magasins et les banques sont restés fermés. En début d’après-midi, l’électricité est revenue dans quelques quartiers de la ville. L’eau et l’internet, eux, restent toujours rares.
Dans les rues de la capitale provinciale, les traces du conflit sont encore visibles. Des cartouches jonchent le sol à côté d’effets militaires, des vêtements et des véhicules abandonnés sur place. Des éléments du M23 sont visibles par petits groupes sur des ronds-points. Le groupe armé ont pris position dans la plupart des quartiers de la ville. Et ce jeudi, le M23 a par ailleurs tenu sa première conférence de presse dans un grand hôtel de Goma. Le groupe armé soutenu par le Rwanda a réaffirmé ses objectifs.
Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2024, devant le Tribunal administratif de Paris (6ème Section – 1ère Chambre), M. NJ demande au tribunal d’annuler la décision du préfet de police de Paris portant refus implicite de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour; et à titre principal, d’enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer un titre de séjour mention « salarié » dans un délai d’un mois à partir du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
M. NJ soutient que la décision est insuffisamment motivée, méconnait les dispositions de l’article L.435-1 du code de de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, En dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée le 7 novembre 2024, le préfet de police n’a produit aucune observation en défense avant la clôture de l’instruction.
M. NJ, ressortissant haïtien né le 13 décembre 1990, est entré en France le 14 juillet 2014, selon ses déclarations. Le 16 février 2023, il a sollicité un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l’article L 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Par la présente requête, M. NJ demande l’annulation de la décision implicite de rejet de titre de séjour prise par le préfet de police.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
D’une part, aux termes de l’article. R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». L’article R. 432-2 de ce code énonce que : « La décision implicite mentionnée à l’article R*432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois ». D’autre part, aux termes de l’article L. 232-4 du code des relations entre le public et l’administration : « Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n’est pas illégale du seul fait qu’elle n’est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l’intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu’à l’expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ».
Il est constant que le requérant a sollicité son admission exceptionnelle au séjour auprès du préfet de police par une demande enregistrée le 16 février 2023. Du silence gardé par le préfet de police pendant quatre mois est née une décision implicite de rejet le 16 juin 2023, pour laquelle le requérant a sollicité la communication des motifs par une lettre du 23 juillet 2024, reçue le 25 juillet 2024, qui est demeurée sans réponse. Dans ces circonstances, le moyen tiré du défaut de motivation doit être accueilli.
Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à demander l’annulation de la décision par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
La décision par laquelle le préfet de police de Paris a implicitement rejeté la demande de titre de séjour de M. NJ est annulée.
Il a été enjoint au préfet de police de Paris, ou tout préfet territorialement compétent, de procéder au réexamen de la demande de M. NJ dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer dans l’attente de ce réexamen une autorisation provisoire de séjour.
Me Fayçal Megherbi, avocat
Référence : Jugement du 20 décembre 2024 de la 6ème Section – 1ère Chambre du tribunal administratif de Paris n°2420823/6-1