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mardi 17 février 2026
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La risée et la nudité (Deuxième partie)

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lisez la première partie

 

Notre pays est classé parmi les premiers importateurs et consommateurs de céréales, notamment de blé.

Quant à la facture de lait en poudre ; du million de Dollars, elle est passée au milliard de dollars (Dieu sait la qualité et l’origine réelle de ce produit).

Un chapitre… Et non des moindres ; concerne cette politique de subvention. Elle n’obéit à aucune règle économique, dans la mesure où rien n’a été fait pour réduire cette facture.

Plus grave encore si cette subvention paraît justifiée aux yeux du peuple, sur le plan économique et budgétaire l’Algérie est au contraire en train de subventionner les céréaliers canadiens, russes et américains, et les producteurs laitiers français, hollandais, Néo-Zélandais , Australiens et Argentins. Par voie de conséquence la survie de ces producteurs est assurée par l’Algérie.

Comment relancer l’économie du pays avec un essor dans ses PME et PMI et son agriculture dans l’immédiat ce qui n’a pas été fait depuis l’indépendance.

Des experts n’ont cessé de réfléchir et de tirer la sonnette d’alarme, alors que pour beaucoup la date de 2020 était inévitable, et nous voilà du coup pris dans ce tourbillon, six années plus tôt.

Cette gouvernance basée sur l’assistanat, la politique distributive pour les besoins d’acheter la paix sociale, elle est tout simplement un cache –sexe politique qui aujourd’hui devient un String politique qui ne tient qu’à un fil.

Ces lois élastiques qui s’ajoutent aux milliers non appliquées comme cette récurrente question qui est la préservation des terres agricoles ; une fois que les barons et la mafia du foncier s’en sont servis.

Combien de projets étatiques implantés sur les terres agricoles ? Un taux non négligeable.

Depuis combien d’années parle-t-on de ce pétrole qui est une malédiction ; faisant de nous d’éternels assistés et plaignants.

Oui ! Cette richesse fait tourner la tête comme le pouvoir, le sexe et l’alcool. Ou bien souvent jetés dans les rêves démesurés et la folie des grandeurs.

L’exemple qui nous transforme en risée du monde est cette mosquée d’Alger qui coûterait l’équivalent de 10 universités et de 25 hôpitaux de 240 lits.

Je fume mon joint « made in Oujda », en attendant que le dernier éteigne les feux avant de fermer la porte.

                  Bihmane Belattaf

 

« La Chute, combler l’absence », livre de Brahim Saci

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Brahim Saci est auteur de poésie mais aussi chanteur. Avec son deuxième recueil de poésie, Brahim Saci apporte un souffle créateur qui fait voyager.

Sur près de 230 pages, on ne se lasse pas de partir à la conquête d’une certaine plénitude qui s’échappe, qui se dérobe, qui s’avère, dans bien des cas, introuvable. Des rimes, des itinéraires, des lieux, des personnages, des amours perdues, de la sagesse à consolider. La poésie mène à tout ; elle est surtout salvatrice quand les temps deviennent assassins. Après cinq albums de chansons kabyles bien ciselées, Brahim Saci est allé au fond de lui-même pour offrir à ses lecteurs une somme poétique de haut vol, un recueil qui fera date. Dans cette chute que les événements imposent, Brahim Saci s’accroche à ses valeurs, à sa vision du monde, à cette harmonie parisienne que les jours tentent d’abîmer ; l’absence est là, elle est douloureuse, il faut donc la combler et seuls les mots peuvent oser structurer ce vide. La Normandie et ses charmes, le pays occitan et son soleil, la Kabylie et sa beauté magique, sont les territoires qui inspirent le poète : c’est ici qu’il vadrouillait, jadis, avec l’aimée qui a, désormais, choisi d’autres chemins.

Paru aux éditions du Net, « La Chute, combler l’absence » est un livre qui transmet la force de résister au malheur. Sans détours ennuyeux, sans tabous, le poète se dévoile, il apporte son désir de partager l’essentiel : il utilise la rime pour dépasser l’incertitude et le chaos que provoque la séparation. Sur les traces de Baudelaire, de Rimbaud, de Brel et de tant de créateurs inspirés, Brahim Saci emprunte les ruelles parisiennes, de nuit, ivre de mots et de mirages, pour faire taire son marasme. Mais ce n’est jamais une entreprise facile, la vie ne fait pas de cadeaux pour paraphraser le génial auteur de cette chanson, fresque du pays de l’enfance, le Plat pays. En parcourant, en lisant, en relisant les poèmes de Brahim Saci, beaucoup d’idées nous viennent à la tête, la poésie sert aussi à nous montrer les sentiers du bonheur, les sentiers de la lucidité, les sentiers qui réveillent notre spiritualité.

Au bout du périple, Renaître est le titre de ce poème qui exprime la possibilité des rivages de l’harmonie. Quand ils sont forts et bien choisis, les mots savent participer à notre renaissance, c’est cela le miracle de la poésie.

Youcef Zirem

La Chute, combler l’absence, de Brahim Saci, éditions du Net, septembre 2017.

 

C’est quoi la rhétorique du terrain ?

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La rhétorique du « terrain ». « Être sur le terrain ». L’expression est devenue une formule presque obligée, synonyme de crédibilité, de « courage » et d’efficacité.

Cette rhétorique est omniprésente dans le discours de nombreux élus (qui semblent souvent penser que le courrier qu’ils reçoivent et les propos accompagnant les mains qu’ils serrent sur les marchés ou dans des cafés, le week-end constituent une expression représentative des attentes de leurs concitoyens). Et celui de nombreux responsables politiques (qui multiplient les déplacements et les bains de foule sous l’œil des caméras de télévision) et dans celui de nombreux journalistes (qui semblent s’imaginer qu’il suffit de tendre un micro dans la rue pour recueillir « la parole des vraies gens »).

Or il est bien des façons d’« être sur le terrain », chacun y étant un peu à sa façon, la spécificité de cette façon d’y être conditionnant l’intérêt de ce que l’on peut en raconter. Dit autrement, tout le monde est « sur le terrain » à sa manière, avec ses lunettes et ses œillères, voyant ce qu’il peut et/ou ce qu’il veut voir.

En conséquence, aucun acteur ne détient de légitimité supérieure à celle des autres pour parler des questions de prévention et de sécurité (comme de toute autre question sociale du reste). Et si, contrairement à la Police nationale par exemple, l’on n’entend quasiment pas les travailleurs sociaux dans le débat public, c’est d’une part qu’ils ne savent guère s’y faire entendre collectivement, d’autre part que leurs métiers ne se prêtent pas à la réaction émotionnelle, et encore moins à la tentative de récupération politique face aux faits divers. Au contraire, ces métiers sont tout entiers tournés vers un travail de fond, accompli le plus souvent dans l’ombre, et qui mesure sa pertinence à la résolution des situations problématiques, donc à l’évitement des événements dramatiques .

 Slimane ALEM

 

Souvenir d’un collégien : assassinat d’Amzal Kamel, le 2 novembre 1982

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Ceci est un témoignage-souvenir du collégien que j’étais, fréquentant le collège Amar Ath Cheikh de Ain El Hammam ex-Michelet au moment de l’assassinat du jeune étudiant Amzal Kamel. Originaire du village de Tiferdoud. Kamel avait suivi sa scolarité dans le même collège et lycée que moi jusqu’à l’obtention de son bac, il s’est ensuite inscrit au département d’Espagnol à l’université d’Alger. Et c’était dans la cité universitaire de Ben Aknoun qu’il fut assassiné à l’arme blanche par des militants islamistes appartenant à la mouvance des frères musulmans, le 2 novembre 1982, à l’âge de 22 ans.

Le crime a été commis lorsqu’il est allé avec ses camarades de la mouvance progressiste pour afficher un appel à la tenue d’une assemblée générale des étudiants dans le restaurant universitaire.

L’information sur la mort de cet étudiant provenant du village voisin « Tifrdoud » s’est vite propagée dans la ville de Michelet et dans les villages avoisinants.  Nous, collégiens au CEM d’Amar Ath Cheikh, nous vivions au rythme des événements de contestations identitaires et démocratiques qui traversaient la région de Kabylie depuis le printemps berbère de 1980. Des grèves régulières étaient organisées dans les établissements scolaires (collèges et lycées) notamment à l’approche du mois d’avril. Ces événements avaient façonné notre quotidien et notre construction idéologique et politique.

L’annonce de la mort d’un étudiant originaire du village près de notre collège fut un choc et nous a replongés malgré nous dans une situation d’incompréhension et d’inquiétude. Certes, en tant que jeunes collégiens, nous ne maîtrisions ni les tenants ni les aboutissants de ce douloureux événement. Le hasard a pourtant fait qu’on le vive de près. Cet acte odieux s’est déroulé à 150 KM de notre ville et collège. Il s’est imposé à nous et a marqué une fois de plus notre génération.

À l’époque, pour la première fois, j’entends le terme « frères musulmans» sans savoir de quoi il s’agit. Mais la perte d’un jeune de chez nous nous interroge et nous révolte.

D’après quelques témoins, le laxisme de l’administration et des autorités a favorisé ce geste criminel, certes commis par ce groupuscule intégriste qui voulait imposer son dictat dans l’enceinte de l’université. Une atteinte réelle aux droits démocratiques et aux franchises universitaires chèrement acquis par le combat des étudiants de tous les pays du monde.

Quelques années plus tard, à mon tour, jeune étudiant, les circonstances ont fait que je participe à la création du Comité de sauvegarde des franchises universitaires que nous avions lancées en janvier 1994 à l’université Mouloud Mammeri de Bouzaréah suite à la répression subie par notre collectif après la marche du 25 janvier 1994 à Alger. La proclamation de ce comité d’éthique et de combat s’est faite sur la place qui porte désormais le nom de Kamel Amzal.

L’enterrement d’Amzal Kamel à son village natal est gravé à jamais dans ma mémoire. Ce jour-là, la ville de Michelet vit au rythme des files interminables de voitures transportant des centaines de personnes vers le village du défunt, mais surtout de nombreux bus d’étudiants venant d’Alger, de Tizi Ouzou et même d’Oran qui traversaient à longueur de journée le centre-ville pour se diriger  à Tiferdoud pour présenter leurs condoléances et assister aux funérailles.

En fin d’après-midi, nous étions une bande de copains du côté de la kasma, au centre-ville en train de jouer. Soudain, nous apercevons une foule nombreuse qui marche en silence à sa tête deux personnes qui portaient le portrait de Kamel. Ce rassemblement de personnes nous a surpris, nous nous interrogions sur le but de cette marche et sur sa destination finale. Et par curiosité, nous nous sommes mêlés aux marcheurs.

La foule a pris le chemin du monument des martyrs qui se trouve à la sortie de la ville pas loin de la tombe de Si Moh Oumehand (grand poète kabyle du XIXe s.). Une fois sur place, nous avons observé une minute de silence à la mémoire du défunt et des martyrs de la guerre de libération.

Je me souviens d’un étudiant qui n’arrivait pas à retenir son émotion. Il a explosé en sanglots demandant justice pour le défunt. Ses camarades sont venus le soutenir et le réconforter. Une fois le silence revenu, un autre étudiant a informé l’assistance de la tenue prochainement d’une réunion à l’université, et il a invité les étudiants à y participer.  La foule s’est dispersée dans le calme avec un sentiment d’incompréhension et de tristesse qui se dessinaient sur tous les visages.

Le soir en rentrant chez moi, j’ai croisé notre voisin Chérif « L » triste et visage fermé, lui qui était toujours souriant et plein d’humour. Il avait dans ses bras le portrait de son camarade Amzal Kamel… Impossible de l’aborder dans cette situation. Plus tard, j’ai appris que Chérif, ami de longue date de Kamel Amzal, était avec lui le jour de son assassinat. Il avait assisté, impuissant comme ses autres camarades à cet acte criminel commit par la horde intégriste.

Ces douloureux souvenirs d’un jeune collégien ont marqué ma vie et ils resteront en ma mémoire jusqu’à mon dernier souffle. Repose en paix, Kamel.

 

Sadek Hadjou

Pakistan : des milliers d’islamistes radicaux manifestent contre l’acquittement d’Asia Bibi

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Magistrats menacés, magasins saccagés, les manifestations contre l’acquittement d’Asia Bibi font rage au Pakistan. Cette mère de famille chrétienne a été acquittée par la Cour suprême après avoir été condamnée à mort pour blasphème.

Asia Bibi

Si l’annonce, le 31 octobre, de l’acquittement de la Pakistanaise, condamnée à mort en 2010 pour blasphème, a été accueillie avec joie par la minorité chrétienne du Pakistan, d’importantes manifestations de radicaux islamistes ont lieu jour et nuit dans plusieurs villes du pays pour protester contre le verdict.

L’organisation caritative SOS Chrétiens d’Orient a partagé sur son compte Twitter de nombreuses vidéos de ces manifestations dans lesquelles on peut constater la détermination et la véhémence des manifestants, dont beaucoup sont armés de bâtons. Selon l’organisation, les défenseurs d’Asia Bibi sont désormais en danger : «Sans protection, ils ne survivront pas un seul jour, car désormais n’importe quel fanatique peut les assassiner dans la rue».

Mère de cinq enfants, Asia Bibi avait été condamnée à la peine capitale pour blasphème à la suite d’une dispute avec une musulmane au sujet d’un verre d’eau.

L’annonce de son acquittement a provoqué la fureur des milieux islamistes radicaux, en particulier les partisans du mouvement Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), un parti politique islamiste radical, qui sont descendus par milliers dans les rues du pays, bloquant de nombreuses routes, saccageant et brûlant des magasins et des biens privés, criant des menaces de mort aux magistrats et à Asia Bibi et appelant l’armée à la mutinerie.

Les manifestants islamistes ont piétiné et battu, devant les caméras, à l’aide de leurs chaussures et de bâtons des affiches à l’effigie d’Imran Khan et de l’avocat d’Asia Bibi.

Qui sauvera l’avocat d’Asia Bibi et les juges qui l’ont acquittée ?

Face à la fureur des islamistes, Saif-ul-Mulook, l’avocat d’Asia Bibi, se demande à présent qui le sauvera lui. «Je suis très heureux. Ceci est le jour le plus important et le plus heureux de ma vie», a cependant déclaré cet homme de 62 ans.

Malgré les menaces, il dit ne rien regretter et vouloir poursuivre sa carrière sous le signe de la lutte contre l’intolérance. «Justice a été rendue, c’est une victoire pour Asia Bibi. Le verdict montre que les pauvres, les minorités et la fraction la plus modeste de la société peuvent obtenir justice dans ce pays en dépit de ses défauts», s’est-il félicité.

Cependant Saif-ul-Mulook se sent désormais dangereusement exposé. «Je n’ai absolument aucune protection. Pas de protection et je suis une cible très facile […] N’importe qui peut me tuer», a-t-il affirmé. «Si vous vous occupez d’affaires de ce genre, vous devez être prêt à assumer les résultats et les conséquences», souligne-t-il. Selon lui, le jeu en vaut la chandelle. «Je pense qu’il vaut mieux mourir en homme fort et courageux que comme une souris peureuse», lance-t-il.

Des déclarations qui apparaissent comme héroïques quand on se souvient, le 4 janvier 2011, que le gouverneur du Pendjab, Salman Taseer, qui avait publiquement défendu Asia Bibi, avait été assassiné. Deux mois plus tard, le 2 mars de la même année, le ministre fédéral des Minorités religieuses, Shahbaz Bhatti, catholique, qui l’avait lui aussi publiquement soutenue et avait appelé à un amendement de la loi sur le blasphème, a lui aussi été assassiné par des hommes se réclamant d’une mouvance islamiste.

Imran Khan met en garde les radicaux

Du côté des autorités pakistanaises, le Premier ministre Imran Khan, dans un discours transmis le 31 octobre à la télévision, a vivement critiqué les extrémistes. Il a appelé les Pakistanais à respecter le jugement et prévenu les manifestants que l’Etat ne «tolèrera pas le sabotage» et «prendra ses responsabilités» si nécessaire.

De nombreux Pakistanais saluaient ce 1er novembre la fermeté du Premier ministre face aux islamistes. Le chef du gouvernement a adopté «une ligne dure et sans équivoque contre le fanatisme religieux et la haine que nous n’avions pas vue depuis presque deux décennies», se félicite ce 1er novembre un chroniqueur du quotidien pakistanais Dawn, Khurram Husain. Les différents dirigeants pakistanais s’étaient jusqu’ici montrés beaucoup plus conciliants avec les islamistes, «ces forces minuscules mais très organisées, des forces de haine qui infectent notre appareil politique», souligne-t-il.

Pourtant, Imran Khan avait récemment encore été critiqué pour son soutien inconditionnel à la loi sur le blasphème, notamment lors de la campagne électorale qui a mené à son élection en juillet.

Malgré ce discours progressiste, rien ne suggérait ce 1er novembre, selon l’AFP, que les autorités aient l’intention de disperser les quelques milliers de manifestants qui continuaient de bloquer plusieurs carrefours à Lahore, Islamabad et Karachi.

On ne plaisante pas avec le blasphème

Le blasphème est un sujet extrêmement sensible au Pakistan où l’islam est religion d’Etat. La loi prévoit jusqu’à la peine de mort pour les personnes reconnues coupables d’offense à l’islam. De simples allégations se terminent régulièrement par des lynchages aux mains de la foule ou d’extrémistes. Les chrétiens, minorité persécutée, sont fréquemment visés.

Le cas d’Asia Bibi avait eu un retentissement international, attirant l’attention des papes Benoît XVI et François. L’une des filles de la Pakistaine chrétienne a d’ailleurs rencontré le pape François à deux reprises.

Les nombreux soutiens internationaux d’Asia Bibi se sont réjouis de son acquittement. En France, sensible à la cause des chrétiens d’Orient, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a affirmé sur son compte Twitter qu’il fallait accorder l’asile à Asia Bibi et à sa famille.

Une pétition a également été lancée sur Change.org pour demander que la France accorde la statut de réfugiée à Asia Bibi.

Une militante des droits de l’homme pakistanaise, Tahira Abdullah, a plaidé pour «une protection d’Etat pour Asia Bibi, ses partisans et son avocat». Pour le moment, son sort, après sa sortie de prison, reste indéterminé. Son mari Ashiq Masih avait estimé avant le verdict qu’elle devrait quitter le Pakistan si elle était libérée.

Source : RT France

 

Maroc : 2017, l’année des records des détentions

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“L’Etat n’a jamais rompu avec les méthodes répressives, la détention politique, la préfabrication des accusations, le verrouillage du champ politique par les interdictions, et la confiscation des libertés”.

RAPPORT – “Beaucoup de militantisme et autant de déceptions”. Le président de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), Ahmed El Haij, parle d’un combat pour une cause perdue. En présentant le rapport annuel de l’association pour l’an 2017 et début 2018, dans une conférence de presse organisée ce jeudi 1er novembre, le militant exprime à la fois regret et préoccupation. “Nous avons, au Maroc, un réel problème avec le concept du pouvoir! Tant que ce dernier se traduira par l’abus en tout genre et au dessus de toutes les lois et tous les principes, la réforme est impossible”, déclare-t-il. Et d’estimer que le Maroc vit “une simulation d’ouverture” que trahit la réalité de l’état des lieux où des acquis sont remis en question et les droits des citoyens bafoués à travers les régions. “2017 est la pire de toutes et à tous les niveaux”, estime pour sa part le secrétaire général de l’AMDH Taïb Madmad.

L’année des records des détentions

Pour l’AMDH, le procès des militants du Hirak du Rif sert “de baromètre de la situation des droits humains au Maroc”. La Chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca a prononcé le 26 juin 2018 des peines de prison ferme de 308 ans à l’encontre de 52 détenus, dont 32 ont aussi été condamnés à payer des amendes estimées au total à 81.000 dirhams.

Dans ce même cadre, le tribunal de première instance d’Al Hoceima a condamné des dizaines de détenus, dont 158 mineurs, 117 poursuivis en état de liberté provisoire contre 41 en détention. Le rapport enregistre “au moins 800 activistes et plus de 1400 cas de convocations et d’auditions par la police” après la mort de Mouhcine Fikri. Et d’estimer le nombre total des détenus et des poursuivis au niveau de toutes les régions, y compris le Rif, à plus de 1.020.

Autre chiffre qualifié de “sans précédent” par l’AMDH: 500 autres arrestations politiques et poursuites ont été enregistrées à l’encontre de militants des droits de l’homme, d’avocats, de journalistes et de blogueurs en raison de leurs opinions ou de leurs posts sur les réseaux sociaux exprimant leur solidarité avec le Hirak du Rif  et les mouvements sociaux à Jerada, Aïn Taoujtat, Zagora, Tinghir, Beni Mellal, Essaouira, Bouarfa, Outat Elhaj….

L’AMDH relève dans son rapport “l’accroissement des cas de détention politiques et arbitraires” ayant touché, entre autres, des militants de l’Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM), ceux et celles ayant des croyances religieuses différentes de la religion officielle de l’Etat, le mouvement des diplômés chômeurs et les syndicalistes.

Pour l’association, “l’Etat n’a jamais rompu avec les méthodes répressives, la détention politique, la préfabrication des accusations, le verrouillage du champ politique par les interdictions, et la confiscation des libertés”.

Et au volet justement de la liberté de la presse et d’expression, l’association parle d’un”grand recul en 2017″. Elle en veut pour preuve le classement de Reporters sans frontières (RSF) dans lequel le Maroc s’est retrouvé en 133ème position sur 180 pays en matière de liberté de la presse. “C’est un recul de deux points par rapport à 2016”, fait remarquer l’association, rappelant qu’au cours de la même année, l’ONG Freedom House avait, de son côté, qualifié la liberté de la presse au Maroc de “non libre”, tandis que celle exercée via Internet l’est mais “partiellement”. “Il a obtenu 39 points sur 100, perdant ainsi deux points par rapport à l’année précédente”, fait observer le rapport.

Droits fondamentaux

Auprès des citoyens, droits et libertés ne sont pas mieux lotis. Au niveau du plus fondamental de tous les droits, celui de la vie, l’AMDH estime qu’il a été “affecté par de nombreuses violations en 2017”. L’association énumère “60 cas de décès dans des conditions qu’elle considère nécessitant l’ouverture d’enquêtes par les autorités compétentes”. Et de rappeler que l’intervention musclée des forces de l’ordre dans la ville d’Al Hoceima, le 20 juillet, a coûté la vie à deux citoyens. “Au moins 9 cas de mort ont été enregistrés dans les prisons, pour lesquels les familles réclament toujours l’ouverture d’enquêtes pour en déterminer  les causes et traduire ceux qui ont la responsabilité de la sécurité et la préservation des droits des prisonniers devant la justice”, rappelle l’AMDH. Quant au nombre de décès dans les commissariats de police et de gendarmerie, il est estimé à 4 par l’association.

Sur le lieu de travail et au cour de déplacements (vers ce lieu) ou sur la voie publique, le manque de mesures de sécurité a coûté la vie à 17 personnes, indique le rapport. Autre manquement: la négligence médicale et l’absence d’infrastructures et de personnel de santé dans les hôpitaux publics a causé, selon l’AMDH, 5 décès. Un même nombre de décès est imputé par l’association à “l’usage de l’excès de pouvoir et le sentiment d’injustice et de maltraitance”.

À la liste des violations de ce droit à la vie, l’AMDH souligne que 17 femmes en ont fais les frais, dont 15 dans le drame de Sidi Boulaalam près d’Essaouira où la distribution de nourriture s’est transformée en bousculade mortelle. A Sebta, et toujours pour des raisons socio-économiques, “2 femmes qui s’adonnaient à la petite contrebande vivrière” l’ont payé de leur vie à Sebta.

L’AMDH estime, par ailleurs, que le décès de 7 casques bleus marocains en Afrique centrale représente un manquement de l’État vis-à-vis de sa responsabilité de garantir la sécurité à ces soldats.

Liberté individuelle et de religion

Autre volet, même constat. Le droit de changer de religion reste un crime aux yeux de l’État, l’assimilant à une “atteinte à la religion musulmane”, rappelle l’AMDH. “En 2017, les services du ministère de l’Intérieur ont empêché des citoyens marocains de croyance autre que l’Islam Sunnite Malikite dans plusieurs villes d’organiser leurs cérémonies religieuses”, indique-t-elle dans son rapport. Et de soutenir que “la protection de la liberté de conviction et sa pratique exigent des garanties, dont en premier lieu, l’adoption d’une constitution démocratique séparant religion et État et religion et politique”. L’association estime nécessaire “de reconnaître la suprématie inconditionnelle des conventions internationales sur la législation nationale”.

Elle appelle l’État marocain à garantir le respect de ses engagements internationaux en matière de liberté de pensée, de culte et de conscience, à l’harmonisation de toutes les législations nationales. Et cette harmonisation doit concerner également, pour l’AMDH, la législation pénale et le code de la famille avec les instruments internationaux des droits humains.

En protection de la liberté de penser, l’association estime également nécessaire “l’incrimination de l’incitation à la haine et à l’ostracisme pour des raisons de conviction ou de doctrine” ainsi que le remplacement des cours d’éducation islamique dans l’enseignement scolaire par des cours d’études et d’histoire des religions. “Il faut aller vers la mise en place d’une école civique et neutre qui respecte les libertés et protège nos enfants des discrimination”, explique l’AMDH.

Faire des principes des droits humains une base pour la législation en vigueur impose aussi, pour l’association, un changement de “la culture prédominante transmise par les programmes d’enseignement, les supports d’information et les fatwas de certains cheikhs par le biais des médias sociaux, véhiculant des facteurs hostiles à la liberté de conviction”.

La violation des libertés individuelles a fait l’objet de plusieurs plainteS, précise l’AMDH, qui ont été suiviEs par ses sections locales. Le rapport évoque l’un des exemples qualifiés de “plus signifiants” en 2017 et quI concerne l’attaque d’un groupe de marchands à l’entrée du marché central de Martil, au mois de juin de l’an dernier, contre une jeune fille de 17 ans de nationalité allemande, accompagnée de sa mère et d’un membre de sa famille. L’association s’indigne de cette agression “sous prétexte que cette jeune fille ne jeûnait pas et qu’elle portait une tenue impudique et indécente”.

Migrants, l’autre manche du combat

Dans son rapport, l’AMDH se penche, par ailleurs, sur la question des migrants au Maroc. Pour elle, l’adoption d’une stratégie nationale en 2014 pour une meilleure intégration des migrants n’a pas fait du Maroc “un modèle mondial et régional en Afrique et dans le monde arabe en matière de migration”. L’AMDH constate que la réalité du vécu de ces migrants “dément toutes les allégations et met l’Etat face aux atrocités commises par les autorités à leur encontre”.  “Les migrants de provenance des pays de l’Afrique subsaharienne sont les plus visés, ils représentent la catégorie la plus vulnérable”, précise la vice-présidente de l’AMDH, Khadija Aïnani.

Le rapport dénonce l’approche sécuritaire qui “a souvent été favorisée dans la gestion des flux migratoires, accompagnée de graves violations des droits des migrants aussi bien ceux en situation régulière que ceux en situation irrégulière, en particulier les enfants et les femmes”. Et de souligner que “les violations enregistrées à Nador reste l’exemple flagrant de cette politique”.

Le Maroc est tenu, conformément à ses obligations internationales, de mettre en conformité la loi 03-02 avec les pactes internationaux, souligne le rapport, recommandant aussi à l’État d’adopter une loi sur l’asile permettant le respect des droits des migrants et des demandeurs d’asile.

L’autre engagement que le Maroc est appelé à prendre, selon l’AMDH, réside dans  la nécessité de ratifier les conventions n°97 et 143 de l’OIT sur les travailleurs migrants et d’arrêter “des expulsions abusives, et des campagnes de destructions des abris et des biens des migrants”. Des enquêtes doivent être menées sur ces violations, estime l’association, proposant à l’Etat d’inclure la question de la migration dans les programmes scolaires, et de sensibiliser les médias à la diffusion de la culture des droits humains pour combattre les discours de haine et les actes racistes.

“La situation des Marocains à l’étranger ou ceux qui en sont revenus, notamment de Libye, impose elle aussi un engagement de l’Etat. Nous avons reçu pas mal de plaintes que nous avons adressées à notre tour aux parties concernées, mais jamais aucune suite n’a été donnée”, regrette Khadija Aïnani.

Leïla Hallaoui

Source : huffpostmaghreb.com

La risée et la nudité (Première partie)

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Ce jour que personne ne veut voir arriver est malheureusement là.

À présent, le peuple doit payer son silence, son indifférence et son « Beni-Oui-Ouisme ».

Aujourd’hui, les rhétoriques cultivées au nom de « la main étrangère ou Hizb França » sont mises à nue.

Un Etat composé de laborantins amateurs, bien souvent manipulateurs de produits incompatibles doit comprendre que ces combinaisons finiront un jour par leur exploser à la face. Ou encore cette Allégorie-label et adoucisseur des inconscients devenu un hymne « Heyini-el-Youm-ou-Guetelni-Ghedwa » (laisse-moi vivre aujourd’hui, peu importe, ce que sera demain).

Cette aisance financière devenue le sérum comme de cette paix sociale dont les dirigeants se sont fait de ce programme une règle, et une théorie payante pour maintenir le peuple sous perfusion. Cette politique, pratiquée depuis l’indépendance, sert le système avec ses multiples mensonges et inventions à travers ces piqûres de rappels. Stratégie récurrente qui mute en sursis.

Malgré les multiples convulsions, et soubresauts socio-régionaux, le pouvoir arrive toujours à calmer et étouffer ces vents de révolte soit pas ces tétées soit par la trique et la matraque.
Ce jour, tant redouté par cette minorité éveillée, est arrivé, pour passer à la caisse.
Face à la chute du prix du baril de pétrole, l’Algérie est comme ce lièvre hypnotisé au milieu de la route par les phares de voiture.

Non seulement les investissements durables et locaux sont quasi-nuls, ceux déjà existants ont été démantelés par ces tours de passe-passe et la chasse aux sorcières de nos meilleurs cadres bannis par l’exile après les multiples purges et hémorragies.

Ce tissu industriel comme ces terres agricoles qui subissent une spoliation quotidienne.
L’autosuffisance alimentaire cette terminologie tant galvaudée, n’est-elle pas cette forme de procréation par insémination et qui à tous les coups finissent par un avortement (fausse couche) ?
Cette manne pétrolière est une malédiction, en plus d’être une double punition avec ces personnages à la tête de l’État ?

Ce béton qui ne cesse de grignoter les terres agricoles, n’est pas à proprement dire une totale priorité, à côté de ce qui se devait d’être le souci et la règle absolus qui est l’indépendance alimentaire. Les spéculateurs et les affairistes nés des profits générés dans le détournement de ce foncier s’est vu réduire la SAU (surface Agricole Utile) du pays de manière dramatique. Toutes proportions gardées, c’est la disparition de l’équivalent de 8 terrains de Foot/minute dans la forêt Amazonienne.

Il n’est point étonnant quand l’Algérie est réduite à un simple tube digestif.
Est-il possible de croire à la survie sans douleur d’un pays qui s’accroche et qui dépend de sa seule exportation pétrolière et gazière ; alors que nous importons 95 % de nos besoins. Soient 2 calories sur 3.
Est-il possible de croire un seul instant que l’importation de certains légumes et fruits exotiques sont une urgence, avec des lignes de crédit qui frisent l’inimaginable.

Est-il possible de croire que 52 ans après l’indépendance, le pays peine à s’ouvrir au tourisme avec à peine 250 000 visiteurs/an ? Alors que des millions de nos concitoyens prennent la route vers les pays frères notamment la Tunisie.

Est-il possible de continuer à croire un ex-ministre qui promettait de repeupler les anciennes étables des ex DAS. (Je lui conseillerai plutôt de repeupler les cellules de Joinville ou d’Oued-Aissi avec son attelage gouvernemental).
Est-il possible qu’avec 1200 km de côtes avec les ses différentes ressources halieutiques et aquacoles ; la sardine coûte 600 Da en moyenne sur l’année ?
Est-il possible de croire en la fiabilité d’un ministre de « la pomme de terre » qui n’arrête pas de claironner à propos de cette « miraculeuse saison d’orge » ou plutôt l’année de l’orge (allusion à l’année de l’Algérie en France comme Tlemcen ou Constantine…). Malheureusement, un taux non-négligeable de cette production a connu une altération en raison des moyens de stockage qui ont fait défaut.

Je ne manquerai pas de paraphraser Mass Lounis Aït Menguellat par ceci : «Ettess, Ettess Mazal el Hal» (Dors, Dors, il n’est pas encore tôt).

 

Deuxième partie

 

Bihmane Belattaf

Hongrie : la journaliste qui avait frappé des migrants est relaxée

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L’incident s’était produit début septembre 2015, au pic de la crise migratoire en Europe.

La vidéo avait fait le tour de monde. En septembre 2015, une journaliste hongroise, caméra à l’épaule, avait fait des croche-pieds pour empêcher des migrants d’échapper à la police. Elle en avait aussi frappé certains. Petra Laszo a été acquittée mardi par la Cour suprême qui a annulé les condamnations des instances précédentes.

« La vidéaste a été relaxée en l’absence d’infraction », a déclaré la Cour suprême dans un communiqué. La haute juridiction a estimé que le tribunal et la cour d’appel qui avaient condamné cette journaliste n’avaient pas retenu le bon chef d’inculpation à son encontre.

Les images de cette opératrice de télévision donnant, caméra à l’épaule, des coups de pied à un homme et son fils et tentant de faire trébucher une fillette, à la frontière entre Hongrie et Serbie, avaient suscité l’indignation, alors que Budapest était déjà sous le feu des critiques pour son attitude hostile envers les migrants.

L’incident s’était produit début septembre 2015, au pic de la crise migratoire en Europe. Ce jour-là, plusieurs groupes avaient forcé un cordon de policiers hongrois.

Un « assaut » de migrants

La Cour suprême a reconnu dans ses motifs que Petra Laszlo avait donné deux coups de pied, et tenté d’en infliger un troisième, mais a estimé que le contexte était celui d’un « assaut de plusieurs centaines de migrants fuyant l’intervention de la police ».

L’acte commis, « bien que moralement incorrect et illicite, était une perturbation, et non du vandalisme ». C’est cette dernière infraction qui avait été retenue contre la journaliste par les juridictions précédentes. La Hongroise avait écopé à ce titre d’une mise à l’épreuve de trois ans prononcée en janvier 2017.

« Le processus pénal doit être annulé »

« La perturbation étant un délit mineur et prescrit, le processus pénal doit être annulé », conclut le communiqué. La journaliste, qui travaillait alors pour une chaîne en ligne proche de l’extrême droite, s’était défendue en disant avoir « paniqué ».

Le père de famille syrien visé par son croche-pied avait ému l’opinion publique et obtenu l’asile en Espagne avec son fils. Il s’agissait d’un ex-entraîneur de première division en Syrie. Il avait été invité par une école d’entraîneurs de football de la banlieue madrilène pour y travailler.

 

Source : Le Parisien

Tilyuna la talentueuse

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De la cohésion à la fusion, et de l’éclosion à l’évasion

Il y a un style et il y a du son, comme il y a des connotations poétiques suivies d’envolées lyriques, et cela s’appelle un don. Tilyuna SU (pseudonyme de Souad Chibout), auteure et chanteuse-compositrice-interprète, est cette jeune artiste qui sait fleurir, par son talent, des bourgeons sur des épines. Là où elle passe, sous ses pas feutrés et sur ses pages vierges, pousse une herbe verte ; là où elle chante, les oiseaux l’imitent en demeurant inertes. La poésie d’une part et la violence qu’elle combat de l’autre. Les rimes d’une harmonie dans son monde et la cacophonie qu’elle refoule dans l’autre. L’équilibre vient de cet esprit ouvert de sa jeune tête faisant allusion à beaucoup de choses dans cette vieille vie tordant les plus vulnérables et dans laquelle grandit et apprend l’innocente âme, la sienne. Sensible, elle a su peindre à la couleur de ses émotions la volonté qui la nourrit et les exigences qu’elle provoque et auxquelles répond graduellement et consciemment sa ténacité. Le sens d’une existence est dans ce qui la motive à progresser en allant droit vers ses objectifs clairs et définis.

L’art, pour elle, est sa façon de chercher le beau. Elle a vu et compris sans avoir l’âge comme elle agît en fonction d’un âge qui a vu et vécu. Elle parle de la vie, de son côté positif qui apaise l’esprit, du bonheur qu’il procure et de l’optimisme qui l’accompagne, comme elle s’interroge sur l’autre vie qui la concurrence, les émotions négatives, la conscience froissée, l’échec qui ramollit et ce dont il nous prive, avec toujours ce relent amer de regret en filigrane, quant à l’automne de sa vie, on se dit que nous sommes partis sans être satisfaits. Elle parle de la liberté en l’écrivant et en la chantant, et elle est Liberté. Elle évoque les voyages sans fin dans son texte comme elle associe sa voix aux sonorités de ses mélodies, et elle est le parfum conciliant s’emportant au gré du vent. Elle parle de Tamazgha qu’elle parcourt avec le bout de sa plume couleur de la langue de ses ancêtres comme elle la chante pour mieux la peaufiner du timbre de sa voix résistant à tout, et elle est une Tamazight par l’esprit, par le sang et par la langue. Elle parle du désarroi et de l’injustice sociale qui rongent la société comme elle chante l’espoir qui habite les jeunes têtes, et elle est l’exemple de toutes ces âmes damnées s’estimant lésées dans leurs honneurs. Elle parle des douleurs de ses personnages en déphasage avec eux-mêmes comme elle les extirpe avec douceur tout en continuant à se battre pour un lendemain meilleur dans un pays, le sien, en pleurs. Elle sème sur ses pages vierges et passages des graines d’éducation que d’autres récoltent avec attention et satisfaction.

La voix pétillante et le verbe frais. Tout se dessine avec minutie sous ses yeux à l’image d’une ouvrière appliquée devant sa toile. La séduction de son verbe rime avec introspection, et celle de sa mélodie avec édification. C’est ce qui forge son esprit et nourrit ses façons. Et pour ressentir et vivre plus intensément l’ampleur des vagues sur lesquelles on se laisse bercer, « Asikel », sa nouvelle (tullist) publiée aux éditions Achab est conseillée, et « Lfusi lfusi » et « Igugem nnaqus », ses albums sortis aux éditions Ifri Music sont recommandés. Dire que la patience lui a permis de se forger un esprit en la propulsant, que le temps a permis de la qualifier par l’ « auteure-compositrice et arrangeuse », et la persévérance à bonifier encore et davantage sa passion pour son art pour ainsi répandre les couleurs de ses aspirations.

S’inscrivant dans la tradition des chansons à textes et musiques appropriées en restant fidèle à son rythme et dans un style inclassable, Tilyuna Su associe ses beaux textes poétiquement ciselés à ses mélodies sensiblement harmonisées, la douceur dans la voix et les notes de musique aux bouts de ses doigts. Un genre et du talent invitant l’esprit à s’y impliquer et l’oreille à s’y intéresser.

Tilyuna Su a un style d’écriture pur, fidèle à elle et un timbre de voix honnête, propre à elle. S’inspirant des maisons kabyles de son village Aït-Soula, des montagnes de la Kabylie, d’Akfadou à Djurdjura, des brises matinales, des bruines évocatrices et des arbres solitaires l’ayant toujours aidée à aller de l’avant, elle vient par son travail transmettre aux générations futures ce qui serait récolté demain à la bonne saison et pour des raisons s’inscrivant dans la pérennité de l’histoire des Amazighs, de leur identité et de leurs cultures si riches et si variées.

De la cohésion à la fusion, et de l’éclosion à l’évasion en passant par les belles choses qui lui ressemblent, ainsi elle se livre sans préparation dans ce monde qu’elle peint et l’accueille. C’est dans ce contexte que Souad Chibout élabore sa vision des choses en parlant des siens et de ce qui les caractérise. Dans le choix de ses mots face aux maux, une certaine osmose s’invite comme s’applique sa propre conception des choses.

                                                                                                      Mohand-Lyazid Chibout (Iris)

 

1er novembre : cri de colère d’un militant

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 64e anniversaire du déclenchement de la révolution

LE FLN AU MUSÉE

 

Aujourd’hui en ces temps difficiles, il devient vital pour les nouvelles générations de prendre connaissance du contenu de l’appel du 1er  novembre 1954 au peuple algérien pour pouvoir affronter le présent et l’avenir dans un pays à la dérive…

En résumé, l’appel disait :

« Peuple algérien, militants de la cause nationale. À vous qui êtes appelés à nous juger, notre souci en diffusant la présente proclamation est de vous éclairer sur les raisons profondes qui nous ont poussé à agir en vous exposant notre programme, le sens de notre action, le bienfondé de nos vues dont le but demeure l’indépendance nationale dans le cadre nord-africain. Notre désir aussi, est de vous éviter la confusion que pourraient entretenir l’impérialisme et ses agents administratifs et autres « politicailleurs » véreux.  Nous considérons avant tout qu’après des décades de lutte, le mouvement national a atteint sa phase de réalisation. En effet, le but d’un mouvement national révolutionnaire étant de créer toutes les conditions d’une action libératrice, nous estimons que sous les aspects internes le peuple est uni derrière le mot d’ordre d’indépendance et d’action, et sous les aspects extérieurs le climat de détente est favorable pour le règlement des problèmes mineurs dont le nôtre, avec surtout l’appui diplomatique de nos frères arabo-musulmans. Les événements du Maroc et de la Tunisie sont à ce sujet significatifs et marquent profondément le processus de la lutte de libération de l’Afrique du Nord. À noter dans ce domaine que nous avons depuis fort longtemps été les précurseurs de l’unité dans l’action, malheureusement jamais réalisée entre les trois pays !

Aujourd’hui, les uns et les autres sont engagés résolument dans cette voie, et nous relégués à l’arrière ! Nous subissons le sort de ceux qui sont dépassés. C’est ainsi que notre mouvement national terrassé par des années d’immobilisme et de routine, mal orienté, privé de soutien indispensable de l’opinion populaire ! Dépassé par les événements, se désagrège progressivement à la grande satisfaction du colonialisme qui croit avoir remporté la plus grande victoire de sa lutte contre l’avant-garde Algérienne.

L’heure est grave ! Devant la situation qui risque de devenir irréparable, une équipe de jeunes responsable et militants conscients ralliant autour d’elle la majorité des éléments encore « sains » et décidée à juger le moment venu de sortir le mouvement national de l’impasse où l’ont acculé les luttes de personnes et d’influence pour le lancer aux cotés des frères marocains et tunisiens dans la lutte révolutionnaire».

Et c’est ainsi que les 22 historiques réunis chez la famille DERRICHE (à Clos Salembier- El Madania) décidèrent du déclenchement de la lutte armée. Les « Six » prirent, à Rais Hamidou (chez BOUCHEKOURA) la décision de la date du 1er Novembre 1954.

Plusieurs actions furent entreprises, mettant en émoi la population européenne. Le peuple Algérien avait pris son destin en main. La lutte a été longue, douloureuse, mais l’issue certaine au prix du sang, du sacrifice suprême. Le peuple Algérien a arraché son indépendance, mais cette dernière lui a été confisquée !

Le premier président du GPRA Ferhat Abbas savait et voyait venir la course au « kourssi ». L’indépendance acquise au prix fort du sang n’a pas suffi à ces assoiffés de pouvoir.  Tels des vautours autours de leur proie, nos valeureux « moudjahidines » ! Ou supposés l’être (ceux des frontières Est-Ouest), suréquipés par l’opportuniste Houari Boumediene, se sont accaparé le pouvoir, et l’armée a pris de force les destinées de tout un peuple qui se relevait de 7 années de guerre. En effet, la guerre des clans se dessinait. L’extérieur avait pris le dessus sur l’intérieur.

Après le coup de force contre Benyoucef Benkhedda, président du GPRA, l’Algérie basculera dans une guerre fratricide postindépendance. La zone autonome d’Alger dirigée par Yacef Saadi s’opposera aux maquisards de la wilaya IV. Il y a eu des dizaines de morts. L’histoire retiendra que la sagesse et la probité morale des deux présidents du GPRA ont sauvé l’Algérie d’un nouveau Congo.

Le peuple Algérien était loin d’imaginer la folie des hommes. Il était très loin d’imaginer que ses « leaders » politiques de la révolution allaient prendre le pouvoir avec une férocité presque bestiale.

Le culte de la personnalité a pris le dessus sur la raison et a ruiné l’Algérie. Les coups d’état ont fait leur apparition au grand désarroi des citoyennes et citoyens. Ahmed Benbella qui a assassiné la démocratie en imposant le parti unique, a lui aussi été « déboulonné »par le coup d’état fomenté par Houari Boumediene le 19 juin 1965. On peut dire que ce que nous vivons actuellement est le résultat des coups d’état antérieurs.

Le peuple Algérien en paie le prix fort aujourd’hui. Les Algériens, pouvaient-ils imaginer un seul instant nos décideurs de la révolution de 54, le FLN de Novembre entre les mains d’opportunistes sans foi ni loi ?

Par prémonition, le défunt Mohamed BOUDIAF savait le FLN en péril. Ce parti glorieux est à la solde du pouvoir. Le départ précipité du SG Amar Saadani pour cause de « maladie » n’a été que subterfuge, mensonge et tromperie. Le peuple Algérien n’est pas dupe, il est même mature. Les échéances prochaines (législatives) pointent à l’horizon et la « machine infernale » de la fraude est mise en branle. Certains nostalgiques d’un passé révolu à jamais parlent déjà d’un 5ème mandat pour « Fakhamatouhou ». Et la voix du peuple, on en fait quoi ?

Est-il possible que les actuels parlementaires (députés illégitimes et sénateurs désignés par la Chkara) puissent en toute quiétude, accepter que les choses restent en l’état ? Contempler l’image désolante d’un président, complètement absent, figé sur un fauteuil roulant, moralement et physiquement, totalement différent du président américain (Rosevelt). Le nouveau désigné du FLN d’aujourd’hui (par un autre coup d’état scientifique), pourtant médecin sait mieux que quiconque ce qu’est un AVC quand ça touche le cerveau. Le président du conseil constitutionnel Medelci (même s’il reconnait qu’il n’est pas très intelligent) savait lui aussi l’état de santé du président sortant ! Le peuple Algérien dans sa majorité a été trahi. Le pays est dévasté par tant de crises politiques, sécuritaires et socio-économiques…Une tragédie malheureusement prévisible depuis longtemps déjà en raison de l’illégitimité, l’inaction, et particulièrement l’incompétence criarde du pouvoir en place.

Pendant ce temps, le peuple Algérien est réduit à un simple cobaye. Celui qui subit sans brancher, traumatisé qu’il est par 10 années de souffrances, de pleurs et de leurres. Oui, le peuple Algérien a été trahi. Il paye le prix aujourd’hui le prix fort, celui de l’humiliation.

Nous sommes devenus la risée du monde. À quoi aura servi notre indépendance alors que près de 14 millions d’Algériens vivent sous le seuil de la pauvreté ?

Sont-ils frappés de cécité ceux qui nous gouvernent aujourd’hui ? L’Algérie va tout droit vers la catastrophe. La chute du prix du pétrole est une malédiction pour eux (le pouvoir), car elle montre le visage réel d’un régime agonisant qui ne sait plus quoi faire devant autant de contestations. Tous les secteurs sont à l’arrêt, l’éducation, la santé, et même le sport ! Peut-il s’enorgueillir, notre président, d’organiser deux coupes du monde, alors que n’avons pas pu réussir l’organisation d’une seule coupe d’Afrique ?

Arrêtons de mentir au peuple, à notre jeunesse qui préfère se jeter à la mer que de rester au pays. Est-ce cela le rêve souhaité par nos valeureux combattants, alors que célébrons le 64ème anniversaire du déclenchement de la révolution ? Sont-ils conscients au moins nos gouvernants issus de la fraude électorale ?

Le peuple n’est pas dupe, il est même plus mature que le pouvoir. Si aujourd’hui, il observe calmement, demain si les choses restent en l’état, il montrera sa colère. Les nouvelles « attaques contre le peuple » contenues dans toutes les dispositions de la loi de finances 2019, prises sans concertation ni réflexions sérieuses, qui aggraveraient les disparités déjà existantes par toutes les taxations injustes du pauvre peuple sans défense, le coup d’état scientifique de l’APN illégitime, les arrestations « coup de poing » des journalistes, blogueurs, artistes et militants des droits de l’homme, l’annonce du 5éme mandat mortifère pourraient être le commencement d’une dérive dont Dieu seul sait son issue .

Sont-ils conscients au moins nos gouvernants ?

C’est là, mon point de chute : «Point de raison, point de sagesse, mais point de conscience, et c’est l’Algérie qui s’effondre».

ALLAH YESSETER….

Vive l’Algérie. Gloire à nos martyrs.

Abdelkader KRIBI

Ancien militant de la cause nationale

Zone autonome d’Alger