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mercredi 7 janvier 2026
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Les avocats de Mellah se retirent de la salle d’audience

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La juge en charge de l’affaire prononcera le verdict le 25 décembre courant.

La défense de Adlène Mellah, Abdelaziz Laadjal et Abdelhafid Nekrouch s’est retirée, cette après-midi de la salle d’audience du tribunal de Bab El Oued en signe de protestation suite à un échange houleux avec le procureur. La juge en charge de l’affaire prononcera le verdict le 25 décembre courant.
La cinquantaine d’avocats (un total de 200 avocats avait été annoncé ce matin) a quitté la salle pour concertation et a décidé de, au final, de se retirer de l’audience. Ceci est arrivé après que le procureur de la République a interrompu Me Mustapha Bouchachi, alors que ce dernier était en train de plaider.
Selon la défense le procureur n’a pas le droit d’interrompre les plaidoiries. Les avocats ont assuré que « le parquet a tout fait pour orienter le procès », assurant qu’il s’agissait d’un « procès politique ». À cet effet, la défense a rendu public un communiqué pour faire part de sa position.

voici la déclaration du maître Mustapha Bouchachi

 

Source : maghrebemergent.info

Abdelkrim Zeghileche mis en liberté provisoire

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Le coordinateur du mouvement Mouwatana à Constantine, Abdelkrim Zeghilèche, responsable de la webradio Sarbacane, a été mis en liberté provisoire par le tribunal de Constantine, a annoncé le mouvement Mouwatana sur sa page Facebook.

Abdelkrim Zeghileche, L’activiste et coordinateur de Mouwatana à Constantine avec sa famille à sa sortie de prisonAbdelkrim Zeghileche a été arrêté le 31 octobre à Constantine et placé en mandat de dépôt.

Il a été condamné mardi 27 novembre 2018 à deux mois de prison avec sursis et une amende de 50.000 Da par le tribunal de Constantine pour diffamation mais a été maintenu sous mandat de dépôt dans une seconde affaire sur décision du juge d’instruction.

Il est accusé, dans cette seconde affaire, “d”atteinte au président de la république” et “l’exercice d’une activité sans autorisation”, avions-nous appris auprès de Me. Zoubida Assoul.

Le juge d’instruction a décidé de le mettre en liberté provisoire ce mardi 18 décembre.

 

Source : HuffPost Algérien

Les techniciens marocains en gilets jaunes

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COLÈRE – Depuis ce lundi 17 décembre, les techniciens du secteur public, du semi-public et des collectivités territoriales s’inspirent de la France pour faire entendre leurs revendications. Durant une semaine, l’Union Marocaine des Techniciens (UMTEC) appelle les techniciens à porter des gilets jaunes durant les heures de travail pour la “semaine de la colère”.

Ils veulent notamment se faire entendre par le gouvernement sur plusieurs points, comme l’amélioration de leur situation (salaires et conditions de travail), l’adéquation de leur grade avec leurs diplômes, l’accès aux universités et écoles supérieures pour pouvoir suivre des formations continues, la reconnaissance de leurs droits dans le secteur semi-public et privé, ou encore la révision du régime de la formation et des stages.

“Nous voulions innover, alors nous nous sommes inspirés du mouvement des ‘gilets jaunes’ en France et tous les membres ont adopté l’idée”, explique au HuffPost Maroc le président de l’UMTEC, Khalid El Akhtal. La décision de ce mouvement a été prise par le conseil national de l’Union il y a déjà un mois. “Durant ce rendez-vous, nous avons établi un programme des démarches protestataires que nous allions entreprendre”, ajoute le président.

La première étape est la “semaine de la colère”, qui durera jusqu’à vendredi. “Le port du gilet jaune ne dérange pas dans l’exercice de la fonction. Les responsables avec lesquels travaillent les techniciens respectent leur choix”, indique Khalid El Akhtal. “Nous n’avons pas une idée exacte du nombre de techniciens qui le portent en ce moment. Nous recueillons encore des données à travers le Maroc mais je peux vous assurer qu’ils seraient une centaine à travers les régions”, ajoute-t-il.

La deuxième étape de ce mouvement sera marquée par deux jours de grève. Les 19 et 20 décembre, un arrêt de travail de 48 heures sera observé, “avec des sit-in à travers les régions”, précise le président.

De leur côté, les députés du PAM ont déjà été interpellés au sujet des techniciens. Lors de la séance des questions orales de la Chambre des représentants, ce 17 décembre, le ministre de la Réforme de l’administration et de la Fonction publique, Mohamed Benabdelkader, a estimé nécessaire que les techniciens soient représentés par un syndicat pour que le dialogue soit entamé.

En effet, l’UMTEC est une association qui représente tous les techniciens à travers les régions qu’ils soient dans le secteur public, dans le semi-public ou dans les collectivités territoriales mais elle n’est pas un syndicat. “Nous sommes un organisme indépendant de toute appartenance syndicale et/ou politique. Mais plusieurs de nos membres au sein de l’association ont les leurs, et c’est leur droit. Nos décisions restent toutefois indépendantes”, ajoute El Akhtal. L’UMTEC se dit cependant ouvert à tous ceux qui veulent rallier leur mouvement.

HuffPost Maroc

 

Le censeur du film Larbi Ben Mhidi est nommé Directeur de la cinémathèque

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Des réalisateurs qualifient la nomination de Salim Aggar « d’insulte à l’intelligence »

Une centaine de professionnels du cinéma, ainsi que des écrivains et des journalistes, ont appelé à l’annulation de la nomination de Salim Aggar comme directeur de la Cinémathèque algérienne.

Des réalisateurs, des acteurs, des cinéastes et des journalistes  ont signé une pétition rendue publique mardi 18 décembre dénonçant la nomination de Salim Aggar à la tête de la Cinémathèque algérienne, une “ultime insulte à l’intelligence du cinéma”.

Karim Moussaoui, Hassen Ferhani, Sofia Djama, Adila Bendimerad, Bachir Derrais ou encore Malek Bensmaïl figurent parmi la centaine de noms de professionnels qui ont déjà signé le texte appelant à l’annulation de la nomination de M. Aggar.

Partie prenante dans plusieurs polémiques, dont la censure du film “Larbi Ben Mhidi” de Bachir Derraïs par une commission de visionnage dont M. Aggar fait partie, le journaliste a été désigné mardi 12 décembre directeur de la Cinémathèque algérienne par le ministre de la Culture.

Salim Aggar a également attaqué, sous le pseudo Amira Soltane dans le journal l’Expression, le réalisateur Malek Bensmaïl, alors que ce dernier était son concurrent pour un prix du documentaire au festival du cinéma arabe d’Oran en juillet dernier.

M. Aggar a en outre accusé les organisateurs des rencontres cinématographiques de Béjaïa d’être financés “entièrement” par l’Institut français d’Algérie, une accusation démentie par les concernés.

“Il a piétiné l’éthique et la déontologie pour faire de la délation infamante son seul « savoir-faire »”, dénonce la pétition, également signée par les journalistes et écrivains Kamel Daoud, Sid-Ahmed Semiane, Mustapha Benfodil et Adlène Meddi.

“Nous, Femmes et hommes, professionnels, amateurs et amoureux du cinéma, refusons cette nomination. Elle est un acte de provocation. Une ultime insulte à l’intelligence du cinéma. Nous la dénonçons avec colère et inquiétude”, s’indignent les signataires du texte.

Pour eux, la cinémathèque est “un enjeu trop sensible: c’est l’arrière cour du cinéma, une citadelle imprenable, celle où toutes les créations trouvent refuge, loin de la censure, de la propagande et du propos convenu. Un musée de l’expression libre, une agora de la réflexion, un musée du patrimoine filmique dans sa totale diversité”.

Avec la nomination de Salim Aggar, “c’est cette diversité justement qui est aujourd’hui menacée de mort”, ajoute-t-on.

“Cette nomination est un écran noir. Elle doit être purement et simplement annulée”, conclue le texte.

Consulter la pétition et la liste des signataires ici.

 

Source : HuffPost Algérie

Tizi-Ouzou: le premier tronçon du téléphérique sera livré mi-2019

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TIZI-OUZOU – Un premier tronçon du téléphérique de la ville de Tizi-Ouzou sera livré au deuxième trimestre 2019, a indiqué lundi le Président directeur général (PDG) de l’entreprise de gestion du Métro d’Alger, Koraba Mustapha, en marge d’une visite d’inspection sur le chantier du projet effectuée par le wali, Abdelhakim Chater.

Ce premier tronçon d’une distance de 2.5 kilomètres, reliant la gare de Bouhinoun au siège de la wilaya (CEM Babouche) comportant 04 gares et 65 cabines « permettra le transport de quelques 2.400 passagers par heure et par ligne », a-t-il souligné.

Concernant le deuxième tronçon du projet reliant le siège de la wilaya au mausolée de Sidi Belloua, « les travaux se poursuivent avec la mobilisation de 04 entreprises sur le projet que nous espérons livrer vers fin 2019, au plus tard début 2020 ».

Long de 5,5 Km avec un total de 28 pylônes, ce téléphérique qui devra relier la gare multimodale de Bouhinoun au mausolée de Sidi Belloua, dans le village de Redjaouna, était prévu à la livraison dans sa totalité pour fin 2017, mais, « les travaux du projet ont connu des retards, notamment au niveau des emplacements des pilonnes 5 et 18, pour cause des procédures d’expropriations et d’indemnisations, récemment assainies, ayant retardé sa livraison à fin 2019 », a expliqué M. Koraba.

Ce projet, le premier au niveau de la wilaya et 13ème au niveau national, dont le coût de réalisation est de 8,7 milliards de DA, comporte deux stations de départ et d’arrivée (Bouhinoune et Redjaouna) ainsi que quatre stations intermédiaires, au niveau de la nouvelle ville, du stade 1er Novembre, du siège de la wilaya (CEM Babouche) et de l’hôpital Belloua.

Le transport à partir de la gare de Bouhinoune jusqu’à l’hôpital Belloua à Redjaouna sera assuré par le système télécabine, tandis que le reste du tronçon, soit à partir de cet établissement hospitalier jusqu’au mausolée de Sidi Belloua, situé à 750 m d’altitude à Redjaouna, se fera par téléphérique.

APS

Communiqué du comité de la route des oasis

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COMMUNIQUE

 

Une rencontre s’est tenue à Oran le 15 décembre 2018, regroupant des acteurs associatifs et des experts d’horizons techniques et géographiques divers.

Minutieusement préparée, cette rencontre a rappelé l’impérieuse nécessité pour la société civile de s’engager dans la recherche de solutions adaptées aux problèmes complexes qui se posent dans la région saharienne. En effet, l’engagement sociétal sur la base d’une démarche de développement durable s’avère hautement pertinent dans la perspective d’un continuum des actions des gouvernements et des entreprises.

Les acteurs associatifs et les experts réunis ont pris la juste mesure des défis climatiques et démographiques qui menacent non seulement le Sahara, mais aussi d’autres régions et d’autres pays.

Le réchauffement climatique, la pollution, le chômage et le terrorisme trouvent leurs effets conjugués dans les régions sahariennes et font peser la menace de l’aggravation des flux migratoires que personne ne pourra contrôler.

Les acteurs associatifs et les experts réunis ont initié une réflexion sur une démarche à même de dégager une série de solutions aux problèmes mentionnés. Cette réflexion s’articule autour des axes suivants :

  • l’idéal maghrébin : l’intégration régionale du Maghreb trouve son expression achevée dans la structuration et le lancement opérationnel de projets communs en matière de développement durable ;
  • la réhabilitation du patrimoine : le juste retour aux fondamentaux de l’agriculture saharienne permet de créer un double impact positif sur le milieu naturel (fertilisation des sols et écosystèmes) et humain (emplois, revenus et fixation des populations).

Pour toutes ces considérations, la rencontre d’Oran a constitué l’acte fondateur d’un projet innovant et fédérateur que les promoteurs ont appelé « La Routes des Oasis » : Agadir-Ouargla-Gabès. Il s’agit d’une artère nourricière et de communication qui procurera aux populations locales de puissants moyens à vaincre les conditions extrêmes du désert et les menaces du réchauffement climatique, du chômage et de l’insécurité.

Le fondement de base réside dans la solidarité des populations engagées dans ce projet, mais aussi la solidarité avec les populations du Sahel pour que « La Route des Oasis » leur inspire une dynamique de paix et de développement.

Deux autres réunions se tiendront respectivement au Maroc et en Tunisie et ainsi sera organisée la grande assemblée générale constitutive aux fins d’adoption de la plateforme du projet.

Telle est notre conception du Maghreb des peuples, auquel nous marquons notre vibrant attachement, une terre des hommes, une terre pour les hommes.

 

Le Comité provisoire de La Route des Oasis

Plus de 200 avocats pour libérer Adlène Mellah

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Pour beaucoup de robes noires, l’affaire d’Adlène Mellah n’est plus une affaire d’une personne, mais c’est une question des droits de l’homme et de la liberté d’expression en Algérie.

Selon le quotidien Echourouk, plus de 200 avocats se sont portés volontaires pour défendre et faire sortir ce jeune incarcéré à la prison d’El-Harrach.

Le 18 décembre 2018, jour du jugement d’Adlène, des avocats de renommés seront présents à son procès, tel que : Mustapha Bouchachi, Mokrane Naït Larbi, Zoubida Assoul, Omar Khebaba, président de ligue des droits de l’homme, Fatma Zohra Ben Braham, Nordine Ben Issaad, Amine Sidhoume, Hassan Brahimi, Abdelghani Badi …

La rédaction 

Mouwatana : « il faut empêcher la régénération de ce régime »

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La longévité de toutes les tyrannies dépend des valets, des soumis, des serviles, des courtisans et des lèche-bottes qui se liguent pour courber l’échine du peuple afin que l’arbitraire et l’oppression prennent de l’ampleur tout en suçant le sang des masses populaires pour qu’ils ramassent sous les pieds des gros ventres le reste des miettes qui tombent de leurs riches festins.

Ce sont ces groupuscules opportunistes que le mouvement Mouwatana fustige dans son communiqué ci-dessous. Ces gens qui mettent en priorité leurs intérêts personnels aux dépens de la patrie et de toute la nation. Ces partis que ne représentent qu’eux-mêmes qui tantôt appellent au cinquième mandant et tantôt à la prolongation du mandat présidentielle. Mouwatana qualifie ces appels d’attentats à la morale, à l’État de droit, la démocratie et aux intérêts stratégiques du pays. Le mouvement ajoute que cette position est une trahison à l’espoir d’un changement que les Algériens appellent de tous leurs vœux.

Après avoir rappelé ses propositions que se résume à sept points, le mouvement Mouwatana appelle les citoyens à ne pas baisser les bras et à s’impliquer davantage pour empêcher la régénération de ce régime pour cinquante autres années.

Ali Aït Djoudi 

 

Le texte du communiqué :

Communiqué

Conférence pour la transgression de la Constitution ?

À l’approche de la convocation du corps électoral pour les élections présidentielles, des manœuvres aussi bruyantes qu’insolites sont initiées par les spécialistes de la perfidie et du double langage.

Proposer une prolongation à vie au régime moribond au motif que celui-ci est dans l’embarras est tout simplement trahir l’espoir d’un changement que les Algériens appellent de tous leurs vœux. Alors que le pouvoir, dans son incurie, s’est piégé lui-même et devant une échéance que les Algériens espèrent toujours être le point final à un règne aussi désastreux que désespérant, la morale politique aurait voulu qu’un appel à la mobilisation générale soit lancé contre toute forfaiture supplémentaire.

Malheureusement, non seulement les habituels profiteurs du régime se sont mis, avec zèle, à soutenir l’insoutenable, voilà que les faux opposants enlèvent le masque et proposent toute honte bue de faire l’apologie de la transgression de la Constitution, de marcher sur le peu de légitimité légale qui reste et de pousser le pays vers un inconnu aventureux. Qu’ont-ils pu obtenir en échange ?

La prolongation du mandat présidentiel est tout simplement un attentat à la morale, à l’État de droit, la démocratie et aux intérêts stratégiques du pays.

Dans cette période de crise, engendrée par l’incompétence, l’irresponsabilité et la malhonnêteté du pouvoir, il aurait fallu laisser cette caste au pouvoir, seule, face à ses méfaits et non pas se proposer de lui offrir une couverture politique en négociant sur le dos du peuple.

En tout état de cause, Mouwatana appellera à une contre conférence, et ce, pour l’application stricto sensu de la Constitution (bien que celle-ci soit l’émanation d’amendements illégitimes).

Rappelons que Mouwatana avait fait les propositions suivantes pour une sortie de crise :

1) Renoncement au 5e mandat ou à un remplacement de simple forme.

2) Élection présidentielle ouverte, avec des garanties politiques négociées, permettant l’émergence d’une personnalité pour un mandat unique proposant la refonte des institutions républicaines.

3) Mise en place d’un gouvernement d’union nationale pour gérer le quotidien et préparer les conditions idoines pour une véritable relance socio-économique.

4) Sous l’égide du Président élu, mise en place d’un processus constituant avec l’ensemble des partenaires politiques et de la société civile pour aboutir à une Constitution répondant aux attentes du pays (une Constitution modèle sera proposée par Mouwatana). Cette Constitution devrait valider un régime semi-présidentiel plus équilibré, avec un gouvernement responsable face aux élus du peuple, un pouvoir judiciaire indépendant de l’exécutif et des contre-pouvoirs sérieux, avec une cour constitutionnelle indépendante. Elle devra être approuvée par le peuple lors d’un référendum.

5) Les lois touchant aux libertés publiques, aux médias, aux partis politiques, aux élections, etc. devront être amendées en fonction des nouvelles données.

6) Les nouvelles institutions devront être élues sous l’égide d’une commission électorale indépendante de l’exécutif et ayant la haute main sur l’ensemble du processus.

7) La fin du mandat présidentiel laissera place à une véritable compétition politique concernant cette fois-ci les projets de société.

(Résolution Politique adoptée par la Conférence Nationale du 13.10.2018)

Mouwatana appelle les citoyens à ne pas baisser les bras et à s’impliquer davantage pour empêcher la régénération de ce régime pour cinquante autres années avec la complicité active de nombreux partis politiques.

Enfin, Mouwatana rappelle que son représentant Abdelkrim Zéghilèche est toujours en prison pour un motif politique et fait un appel aux avocats, aux défenseurs des droits de l’homme et plus généralement à toute la société civile pour lui apporter un soutien actif.

Le Coordinateur National

Dr Soufiane Djilali

 

 

 

 

Edouard Philippe : « Nous avons fait des erreurs » (Interview)

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 INTERVIEW – le Premier ministre détaille les mesures en réponse à la crise des « gilets jaunes ».

Est-il encore possible de réformer après la crise sociale que nous venons de traverser ?

C’est indispensable. Notre objectif est de continuer à transformer, à moderniser le pays, à répondre à des questions qui sont posées depuis trop longtemps. Cette période montre même la nécessité de ne pas rester immobile.

 

Ceux qui disent que le quinquennat est terminé se trompent ?

Peut-être le souhaitent-ils et sans doute auraient-ils souhaité qu’il ne commence jamais. Mon objectif est qu’il continue, que nous allions vite et loin. Je crois que la mobilisation des gilets jaunes ne traduit pas une aspiration pour le statu-quo, au contraire. La mobilisation de samedi dernier a été plus faible et plus calme. J’y vois l’effet des propositions formulées par le président de la République, à la fois sur les mesures et la volonté de lancer un grand débat national.

On a aussi constaté que la motivation d’une partie de ceux qui avaient enfilé un gilet jaune allait encore au-delà de l’expression de revendications sociales. Beaucoup de Français et de gilets jaunes ont été choqués par certains modes d’actions, la violence, la radicalité. Je constate enfin que quand le président de la République et moi-même avons réuni les forces politiques, syndicales et les associations d’élus pour appeler au calme, le message a été relayé. Il faut saluer ce sens des responsabilités de tous. J’ai constaté que certains responsables politiques, après avoir soutenu les gilets jaunes, et parfois en avoir porté, l’avaient finalement oublié et appelé au calme en constatant les débordements. Chacun a pris ses responsabilités, tant mieux.

 

Dans quelle mesure avez-vous été pris de court par cette crise ?

Dès l’élection du président de la République, voire même avant, nous savions que la colère était là. La majorité actuelle est dépositaire de cette envie de changement pour que chacun puisse choisir sa vie et vivre de son travail. Je me souviens avoir prononcé en juillet dernier un discours exclusivement axé sur la colère. Certains en ont été surpris alors que nous étions en pleine euphorie de la Coupe du Monde. Cela dit, il était difficile de prévoir que la colère des Gilets Jaunes s’exprimerait de cette façon et à ce moment précis. Nous avons reçu le message des Français : ils veulent que nous allions plus vite sur le pouvoir d’achat tout en les associant davantage à la décision.

 

Vous récusez l’expression de tournant social ?

Il n’y a pas de tournant. Il y a un changement de méthode. L’objectif reste de créer plus de richesse, de réduire le coût du travail, d’être plus compétitifs, de tenir nos comptes publics. Nous allons accélérer les mesures qui permettent de distribuer du pouvoir d’achat tout en conservant celles qui améliorent la compétitivité des entreprises. C’est la raison pour laquelle nous ne revenons pas sur la bascule du CICE en baisse de charges en dépit de son coût exceptionnel en 2019. Baisser le coût du travail tout en augmentant le pouvoir d’achat est indispensable pour notre pays.

 

Pourtant, vous reportez des baisses d’impôts promises aux entreprises pour financer celles des ménages…

Nous voulons faire en sorte que le travail paie et nous baissons les impôts pour tout le monde, les ménages, comme pour les entreprises et les investisseurs. Pour les salariés, la prime exceptionnelle va bien plus loin que ce qui a été fait par le passé. Elle sera totalement défiscalisée (impôts, charges sociales, CSG-CRDS), jusqu’à un montant de 1.000 euros, pour les salariés qui gagnent moins de trois fois le SMIC. Cette prime pourra être versée librement par l’entreprise, dans des conditions simples et lisibles. J’ai déjà vu beaucoup d’entreprises dire se saisir de cette opportunité, et pas uniquement des grands groupes comme Total ou Orange.

 

Combien rapporteront pour les salariés les heures supplémentaires défiscalisées et désocialisées ?

Nous avons fait le choix d’une défiscalisation, en plus d’une suppression de cotisations, pour que l’impact sur le pouvoir d’achat des salariés soit maximal. Le gain s’élèvera à 400 euros par an en moyenne.

 

Qu’en est-il de la hausse du smic de 100 euros ?

L’engagement du président passera par une hausse massive de la prime d’activité. Cela permet d’aller vite : dès le 5 février, la prime sera versée pour compléter le salaire de janvier et atteindre ainsi la hausse de 100 euros. Elle permet de tenir compte des éléments de justice sociale, et notamment de l’ensemble des revenus du foyer. Nous avons préféré cette solution à une baisse des cotisations salariales, qui était plus injuste et qui, à ce titre, a déjà été censurée par le conseil constitutionnel. C’est la proposition du gouvernement mais nous en débattrons naturellement au Parlement. À terme, il faut aussi travailler pour rendre cette prime d’activité plus lisible et plus automatique.

 

Quelles seront les conséquences pour les salariés concernés ?

Nous allons élargir le nombre de foyers éligibles, qui passera de 3,8 millions à 5 millions. Car cette réforme va bien au-delà des personnes qui sont juste au SMIC : tous les salariés célibataires sans enfant auront 100 euros de plus jusqu’à 1.560 euros net de revenus. Avec un enfant, une mère célibataire, et elles sont nombreuses sur les ronds-points, pourra percevoir la prime jusqu’à 2.000 euros de salaire. Un couple de deux enfants, dont l’un gagne le smic et l’autre 1.750 euros, verra ses revenus augmenter de 200 euros. Par ailleurs, utiliser la prime d’activité permet aussi d’inclure les indépendants et les fonctionnaires dont les rémunérations sont proches du smic.

 

Tous les salariés au smic ne seront donc pas concernés ?

Cela peut paraître étonnant, mais 1,2 million de salariés autour du Smic se trouvent dans les 30 % des foyers Français les plus aisés. Notre objectif est d’accroître le pouvoir d’achat des foyers de la classe moyenne, c’est ce qu’ont demandé les « gilets jaunes » et dans ce contexte prendre en compte l’ensemble des revenus ne me paraît pas scandaleux. C’est même un sujet de justice sociale.

Combien de retraités vont bénéficier de la mesure sur le taux de CSG annoncée par Emmanuel Macron ?

Nous prenons là aussi en compte une demande légitime de justice sociale. Nous avions un dispositif dans lequel 60 % des retraités étaient touchés par l’augmentation de CSG. Nous revenons sur cette situation et nous allons faire en sorte que seuls 30 % des retraités soient concernés par cette augmentation qui, je le répète, finance la baisse de cotisations et donc le pouvoir d’achat des salariés…

Sur le pouvoir d’achat, n’avez-vous pas eu la tentation d’augmenter le SMIC ce qui aurait été bien plus simple ?

Augmenter le SMIC, et l’augmenter massivement, c’était faire porter sur les entreprises le coût de cette mesure ce qui aurait conduit à une hausse significative du coût du travail défavorable à l’emploi. Nous aurions été en contradiction avec nos engagements en faveur de la compétitivité.

Quelle sera la facture pour les finances publiques de cet ensemble de mesures ?

Les mesures annoncées par le président vont coûter de l’ordre de 10 milliards d’euros. Nous avions annoncé pour 2019 un déficit de 2,8 %, en réalité, plutôt de 1,9 % du PIB si l’on soustrait le coût exceptionnel de la transformation du CICE en baisse de charges. Notre objectif est de tenir au maximum nos engagements.

Nous assumons une légère augmentation du déficit du fait de l’accélération de la baisse des impôts. Mais nous faisons attention aux comptes publics, et nous prenons une série de mesures, sur les entreprises et sur les dépenses, de l’ordre de 4 milliards. Cela devrait permettre de contenir le déficit à environ 3,2 % pour 2019.

Comment parvenez-vous à réduire la facture laissée par la crise des « gilets jaunes » ?

Nous le faisons d’abord par des recettes supplémentaires. Nous avons pris l’engagement d’une diminution progressive du taux de l’impôt sur les sociétés pour atteindre le niveau de 25 % en 2022. En 2019, le taux devait passer de 33 % à 31 %. Cette baisse ne concernera finalement que les entreprises ayant moins de 250 millions d’euros de chiffre d’affaires. La mesure étant décalée d’un an pour les autres. Nous demandons donc un effort aux plus grandes entreprises pour nous permettre de dégager une recette supplémentaire de l’ordre de 1,8 milliard d’euros.

 

Y a-t-il d’autres mesures ciblant les entreprises ?

Nous allons mettre en place une taxe sur les Gafa dès 2019 à l’instar de certains de nos partenaires dans l’attente de la taxe européenne qui a fait l’objet d’un accord récent. Il est profondément injuste que la fiscalité de ces groupes ne soit pas en ligne avec celle des autres entreprises. Cela devrait permettre de générer 500 millions d’euros de recettes, et ce niveau peut être atteint dès l’an prochain. Enfin nous allons revoir ce qu’on appelle la « niche Copé » sur les opérations intra-groupe des entreprises, qui rapportera de l’ordre de 200 millions d’euros.

L’État va-t-il aussi devoir se serrer la ceinture ?

Nous allons engager avec les parlementaires au cours de l’année 2019 un exercice de maîtrise de la dépense. Dans le cadre de l’exécution du budget 2019, nous devrons trouver d’1 à 1,5 milliard d’euros d’économies. Là aussi, c’est un travail que nous devons mener avec le Parlement.

Que répondez-vous à la presse allemande, qui dit que Macron a transformé la France en une nouvelle Italie ?

Notre situation est bien différente de celle qui prévaut en Italie. La cohérence de notre projet est quand même assez éloignée des idées avancées par les différentes parties du gouvernement italien. Nous allons continuer à moderniser le pays avec des réformes aussi importantes que l’assurance chômage, la fonction publique et les retraites.

 

La majorité a donné l’impression de ne pas être totalement soudée pendant cette crise des « gilets jaunes » …

Ce n’est pas du tout mon impression. Sur un ensemble de plus de 350 députés, il est logique et même sain que des voix diverses s’expriment. On ne peut pas s’être plaint il y a un an de l’absence de débat et aujourd’hui regretter cette diversité. Le débat est sain. J’écoute les députés de la majorité et même au-delà. Mais à chaque fois qu’il y a eu un vote, nous avons eu un soutien très fort, et encore 358 voix la semaine dernière.

Un certain nombre de députés souhaitent aller plus loin sur la taxation des hauts revenus…

Je ne doute pas que ce sujet sera regardé dans le cadre du grand débat national. Nous ne sommes pas favorables à revenir sur la suppression de l’ISF, qui a contribué à l’amélioration de l’attractivité de la France. Les investissements étrangers en France ont augmenté, la France va tirer parti du Brexit. L’ISF était handicapant pour les entreprises françaises.

Quel regard global portez-vous sur la fiscalité française ? Le jugez-vous trop ou pas assez redistributif ?

Si vous rencontrez un jour un Français qui estime que notre système est simple, facile à comprendre et totalement juste, présentez-le-moi ! Notre fiscalité est le résultat d’une sédimentation incroyable de mécanismes, de niches, de barèmes etc. qui se sont accumulés au fil des ans. C’est cela dont il faut parler y compris sur la question de la redistribution. Nous avons déjà commencé à simplifier en engageant la suppression de la taxe d’habitation

 

Avez-vous un regret sur le 80 km/h ? Le président aurait lui-même dit « c’est une connerie » …

J’assume l’impopularité de cette décision. J’attends avec une vraie impatience son évaluation. Nous aurons de premiers chiffres début 2019, et nous tirerons le bilan de cette mesure en juillet 2020.

Des « gilets jaunes » évoquent aussi sur le « RIC », le référendum d’initiative citoyenne, qu’en pensez-vous ?

Ce débat aussi, nous allons l’avoir. Je ne vois pas comment on peut être contre son principe. Le référendum peut être un bon instrument dans une démocratie, mais pas sur n’importe quel sujet ni dans n’importe quelles conditions. C’est un bon sujet du débat que nous allons organiser partout en France. Comme l’est le vote blanc.

Après l’attentat de Strasbourg, des théories complotistes ont été émises par certains « gilets jaunes » emblématiques. Que cela vous inspire-t-il ?

Ces accusations m’ont écœuré et consterné. Elles ne m’ont pas surpris, parce que la fascination du complot prospère malheureusement souvent.

Qu’avez-vous appris de cette crise ?

Nous avons fait des erreurs. Nous n’avons pas assez écouté les Français. Je reste persuadé qu’ils veulent qu’on transforme ce pays. Je leur dis que leur impatience est la mienne.. Nous allons continuer à réparer le pays en les associant davantage.

Quel regard portez-vous sur l’incarcération au japon de Carlos Ghosn et l’avenir du groupe Renault-Nissan ?

Tant qu’un jugement de condamnation n’est pas intervenu, toute personne est présumée innocente. C’est le cas de Carlos Ghosn. Comme beaucoup de Français, j’ai découvert les rigueurs extrêmes du système procédural japonais. Pour le reste, je considère que la gouvernance de Renault a pris les bonnes décisions ces derniers jours.

Emmanuel Macron a évoqué la taxation des revenus des dirigeants du CAC40, qui doivent être domiciliés en France. A quoi pensez-vous ?

Quand on préside une entreprise importante qui a son siège social en France, on doit payer ses impôts en France. Cela ne fait aucun doute. Ce ne sera pas dans le projet de loi d’urgence qui sera examiné cette semaine mais le Parlement se saisira de ce sujet très rapidement…

 

Vous vous inquiétez souvent de l’évolution de la dette. Avec la hausse du déficit, faut-il s’attendre à voir celle-ci passer le seuil des 100 % du PIB en 2019 ?

Notre objectif est de faire baisser la dette d’ici la fin du quinquennat. C’est un horizon qui reste pour moi indispensable. Je trouve fascinant de voir tant de gens s’inquiéter du seuil symbolique des 100 %, mais qui pendant des années ne se sont pas préoccupés de la dette de la SNCF en faisant mine de croire qu’elle n’était pas une dette de l’Etat. Nous avons choisi de traiter la question de la dette de la SNCF en prenant les choses en main et en les assumant, j’accepte les risques que cela implique.

 

La majorité a donné l’impression de ne pas être totalement soudée pendant cette crise des « gilets jaunes » …

Ce n’est pas du tout mon impression. Sur un ensemble de plus de 350 députés, il est logique et même sain que des voix diverses s’expriment. On ne peut pas s’être plaint il y a un an de l’absence de débat et aujourd’hui regretter cette diversité. Le débat est sain. J’écoute les députés de la majorité et même au-delà. Mais à chaque fois qu’il y a eu un vote, nous avons eu un soutien très fort, et encore 358 voix la semaine dernière.

 

Un certain nombre de députés souhaitent aller plus loin sur la taxation des hauts revenus…

Je ne doute pas que ce sujet sera regardé dans le cadre du grand débat national. Nous ne sommes pas favorables à revenir sur la suppression de l’ISF, qui a contribué à l’amélioration de l’attractivité de la France. Les investissements étrangers en France ont augmenté, la France va tirer parti du Brexit. L’ISF était handicapant pour les entreprises françaises.

Source : Les Echos

Gilets jaunes : Edouard Philippe annonce un débat sur le référendum d’initiative citoyenne

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French Prime Minister Edouard Philippe, appointed interim Interior Minister, leaves following the weekly cabinet meeting at the Elysee Palace in Paris, France, October 3, 2018. REUTERS/Philippe Wojazer - RC144C323BE0

Dans un entretien aux Echos, le Premier ministre a concédé des «erreurs», dans le contexte de la mobilisation anti-gouvernementale des Gilets jaunes, et a annoncé un débat sur le référendum d’initiative citoyenne.

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé la tenue d’un débat sur le référendum d’initiative citoyenne (RIC), une des principales revendications des Gilets jaunes, qui peut être un «bon instrument dans une démocratie», dans le journal des Echos à paraître le 17 décembre.

«Je ne vois pas comment on peut être contre son principe. Le référendum peut être un bon instrument dans une démocratie, mais pas sur n’importe quel sujet ni dans n’importe quelles conditions. C’est un bon sujet du débat que nous allons organiser partout en France. Comme l’est le vote blanc», a déclaré le chef du gouvernement, dans cet entretien mis en ligne le soir du 16 décembre.

Le RIC prévoit de redonner voix au peuple dans le débat politique, «dans tous les domaines et à tous les niveaux territoriaux afin que les citoyens puissent avoir le dernier mot pour imposer leurs décisions», selon les termes d’une pétition relayée par des groupes de Gilets jaunes, qui regroupe plus de 60 000 signatures. Le RIC permettrait donc à toute proposition d’un citoyen français – qu’elle soit législative, abrogatoire, révocatoire ou constituante – de faire l’objet d’un référendum national, si tant est qu’elle regroupe un nombre suffisant qui reste à définir de signatures de ses compatriotes.

Nous n’avons pas assez écouté les Français

Le locataire de Matignon a par ailleurs concédé que l’exécutif avait commis «des erreurs» dans la gestion de la crise des Gilets jaunes. «Nous n’avons pas assez écouté les Français. Je reste persuadé qu’ils veulent qu’on transforme ce pays. Je leur dis que leur impatience est la mienne. Nous allons continuer à réparer le pays en les associant davantage», a-t-il assuré.

La hausse mensuelle de 100 euros net ne concernera pas tous les salariés au Smic

Détaillant les différentes mesures annoncées le 10 décembre par Emmanuel Macron, le Premier ministre a affirmé que le gain de 100 euros net pour les salariés proches du Smic se concrétiserait par «une hausse massive de la prime d’activité» versée «dès le 5 février pour compléter le salaire de janvier». Cette hausse ne concernera donc pas l’ensemble des salariés touchant un salaire équivalent au Smic car la prime d’activité tient compte de l’ensemble des revenus du ménage. «Nous allons élargir le nombre de foyers éligibles qui passera de 3,8 millions à 5 millions», s’est-il néanmoins défendu.

«Elle permet de tenir compte des éléments de justice sociale, et notamment de l’ensemble des revenus du foyer. Nous avons préféré cette solution à une baisse des cotisations salariales, qui était plus injuste et qui, à ce titre, a déjà été censurée par le conseil constitutionnel» a-t-il en outre expliqué.

Et de préciser : «Cette réforme va bien au-delà des personnes qui sont juste au Smic : tous les salariés célibataires sans enfant auront 100 euros de plus jusqu’à 1 560 euros net de revenus. Avec un enfant, une mère célibataire, et elles sont nombreuses sur les ronds-points, pourra percevoir la prime jusqu’à 2 000 euros de salaire. Un couple [avec] deux enfants, dont l’un gagne le Smic et l’autre 1 750 euros, verra ses revenus augmenter de 200 euros.»

La prime d’activité soumise à des conditions très strictes, est reversée actuellement à ceux qui touchent entre 0,5 et 1,2 Smic.

 

Par STEPHANE DE SAKUTIN
Source Journal RT France