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lundi 13 avril 2026
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Iran : dix ans de prison supplémentaires pour Nasrin Sotoudeh, avocate et militante

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L’avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, militante des droits de l’Homme dans son pays, a été condamnée à dix ans de prison et 148 coups de fouet, a annoncé son mari. En France, l’Assemblée nationale lui a rendu hommage mercredi.

Célèbre militante des droits humains, l’avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, qui purge une peine de prison de cinq ans de prison en Iran, a été condamnée à dix années d’emprisonnement supplémentaires et 148 coups de fouet. D’après l’époux de l’avocate, joint par France 24, ces peines sévères « visent à intimider les défenseurs des droits humains en Iran ».

Son cas a été mentionné mercredi par les députés français qui lui ont consacré une ovation à l’Assemblée nationale. Le député LREM François Cormier-Bouligeon a lancé lors des questions au gouvernement « un cri de colère » au sujet du sort de cette avocate de 55 ans, lauréate du Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit en 2012, dénonçant sa condamnation au terme d’un procès « inique ». Des députés de tout bord se sont alors levés pour applaudir la militante.
Son mari, Reza Khandan, avait averti la presse de cette nouvelle sentence mardi. Il a précisé qu’elle avait écopé de ces dix années de prison pour « incitation à la débauche ». Son épouse, a-t-il ajouté, est poursuivie pour sept chefs d’accusation pour un total de 33 années de prison, mais « seule la peine [d’emprisonnement] la plus longue s’applique », en l’occurrence celle pour « incitation à la débauche ».

À cela s’ajoute, selon lui, une condamnation à 148 coups de fouet liée notamment au fait que Nasrin Sotoudeh s’était présentée au tribunal par le passé sans le voile islamique, obligatoire pour les femmes dans l’espace public en Iran.

Confusion autour des accusations portées contre Nasrin Sotoudeh

Mardi, Reza Khandan a indiqué que son épouse s’était vu notifier ces nouvelles condamnations en prison. Selon Mohammad Moghimi, l’un de ses avocats, Nasrin Sotoudeh a décidé de ne pas se faire représenter au tribunal, estimant que les conditions d' »un procès équitable » n’étaient pas réunies. Il lui a été demandé de choisir son représentant parmi une liste d’avocats validés par les autorités, ce qu’elle a refusé de faire, a expliqué Reza Khandan à France 24.
L’affaire en cours inclut selon l’époux de l’avocate des poursuites pour « conspiration » et « propagande contre le système » politique de la République islamique, appartenance à une organisation de défense des droits humains interdite, participation à une campagne pour l’abolition progressive de la peine de mort en Iran ou encore « atteinte à l’ordre public ».

Le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits humains en Iran, Javaid Rehman, a fait état mardi d’une « inquiétude grandissante » sur le fait que « l’espace civil pour les avocats et défenseurs des droits humains est en train d’être réduit ». »J’appelle le gouvernement à relâcher immédiatement tous les avocats emprisonnés pour avoir exercé leur métier de façon pacifique », a-t-il dit à des journalistes à Genève.

L’ONG Amnesty International a qualifié quant à elle « d’injustice scandaleuse » la nouvelle condamnation de Nasrin Sotoudeh, que les autorités iraniennes « punissent pour son action en faveur des droits humains ».

En France, le porte-parole du Quai d’Orsay a rappelé dans un communiqué que Nasrin Sotoudeh avait été associée récemment par le président Emmanuel Macron « au Conseil consultatif pour l’égalité femmes-hommes du G7 ». Paris « réitère son attachement à la liberté d’opinion et d’expression et au droit de chacun à un procès équitable », ajoute le texte, qui « appelle l’Iran à respecter ses engagements internationaux en la matière ».

Source Journal France24

Avec AFP

Algérie : « On voulait une élection sans Bouteflika, on se retrouve avec Bouteflika sans élection »

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Les pancartes sont brandies à bout de bras : un « 4 + » barré dans un cercle rouge. Plusieurs milliers d’étudiants et lycéens ont manifesté dans le centre d’Alger, mardi 12 mars, au lendemain de l’annonce par Abdelaziz Bouteflika de son renoncement à briguer un cinquième mandat présidentiel.

La manifestation était initialement destinée à protester contre la décision du ministère de l’enseignement supérieur d’avancer et d’allonger les vacances universitaires. Elle s’est transformée en critique des mesures contenues dans la lettre du chef de l’Etat à la nation, qui, outre le retrait de sa candidature, annonce le report sine die du scrutin prévu le 18 avril.

« On n’a pas demandé le départ de Bouteflika, on a demandé le départ du système ! », clame Sofiane, 20 ans, qui porte une feuille blanche où est imprimé : « On voulait une élection sans Bouteflika, on se retrouve avec Bouteflika sans élection ». Les drapeaux sont accrochés autour des épaules, à la manière d’une cape, enroulés autour de la taille, portés en bandana autour du crâne ou façon hayek, petit voile traditionnel qui masque le nez et la bouche.

La foule, jeune et joyeuse, défile entre la place Audin et la Grande Poste en chantant : « Pas une minute de plus, Bouteflika ! » et « Vous avez mangé le pays, voleurs ! ». « L’annonce du président Bouteflika, c’est juste pour nous calmer et pour qu’ils gagnent du temps. Ils n’ont pas le droit de supprimer l’élection », s’emporte Aziz, lycéen, qui affirme qu’il continuera de manifester. Au-dessus d’eux, un hélicoptère de la police survole le centre-ville. Les forces anti-émeutes circonscrivent le cortège, sans le réprimer.

Post-it de couleur

Face aux marches de la Grande Poste, alors que les étudiants scandent « Dégage ! », Malika, employée administrative, se joint aux protestations : « Il faut qu’ils partent tous, ils sont tous corrompus », dit-elle.

En début d’après-midi, les manifestants écrivent des messages sur des post-it de couleur qu’ils collent sur la place Audin et sur les murs tout autour. En arabe, en deridja (dialecte algérien), en français ou en anglais, il est inscrit : « Partez, ça veut dire partez ! », « Le peuple est l’avenir du pays », « L’Etat tombe mais le drapeau s’élève », « Pacifique mais pas romantique » ou encore « Pour une meilleure Algérie ».

« Nous avons une jeunesse brillante, sourit un homme attablé à la terrasse d’un café. Je suis très fier. Peut-être que nous n’aurons pas de grand changement dans les semaines à venir, mais nous aurons un bel avenir. » Djamel, la trentaine, observe la foule dans les jardins de la place de la Grande Poste : « Nous les avions sous-estimés ! » Un jeune homme porte au-dessus de sa tête une pancarte où il est écrit : « Vous allez vous confronter à une génération qui vous connaît bien et que vous ne connaissez pas du tout ».

Sur les réseaux sociaux, le mot-clé « Non au cinquième mandat » est devenu « Non au prolongement du quatrième mandat ». Dans un communiqué, les étudiants de l’université d’Alger 2 annoncent la création d’un « Comité autonome provisoire des étudiants » et appellent à « rejoindre les campus », à « participer aux assemblées générales » et à se joindre aux manifestations, vendredi 15 et mardi 19 mars.

 

Source Journal LeMonde
Par Zahra Chenaoui

France : les Algériens assaillent le standard de l’Élysée pour exprimer leur mécontentement suite aux déclarations de Macron

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Après l’établissement hospitalier de Genève (HUG) qui avait été pris d’assaut par les Algériens durant le séjour médical du Président Abdelaziz Bouteflika en Suisse, c’est au tour de la Présidence de la République française, l’Élysée, d’être la cible de nombreux appels téléphoniques et de messages électroniques d’Algériens. En effet, le peuple algérien souhaite manifester son mécontentement de la position officielle de la France, vue comme une ingérence dans les affaires internes de leur pays et un soutien au système politique algérien.

Plusieurs pages sur les réseaux sociaux partagent en continu, les cordonnées téléphoniques et les adresses électroniques de l’Élysée et de président français Emmanuel Macron, invitant les internautes algériens à les contacter pour dire « STOP à l’ingérence et au Soutien de Bouteflika et la Mafia au pouvoir ».

Depuis la matinée de ce mardi 12 mars, le standard du palais présidentiel et la page officielle du Président Emmanuel Macron ont été destinataires de centaines d’appels et de messages dénonçant ce qui est vu par les Algériens comme une ingérence de la France et un soutien affiché au système algérien.

Par ailleurs, des appels ont également été lancés sur les réseaux sociaux, appelant la communauté algérienne de France à organiser des manifestations et des rassemblements devant le palais de l’Élysée pour dénoncer l’ingérence française en Algérie et le soutien affiché de la France au système politique algérien.

 

Source Journal Observalgérie
Par Ahmed Oul

Dr Saïd Khelil ancien secrétaire général du FFS : «Le système est complètement obsolète et dépassé»

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Le Dr Saïd Khelil, ancien détenu d’Avril 1980, ancien secrétaire général du FFS, fondateur et président du Mouvement pour la démocratie et la citoyenneté (MDC lancé en 1995, mais non agréé), livre ses appréciations et son analyse de la situation qui prévaut actuellement dans le pays. Saluant la réaction civilisée de la société, notamment des jeunes, Saïd Khelil qualifie le système d’«obsolète». Selon lui, «cette protesta n’est pas le fait de pyromanes ou d’une quelconque main de l’étranger». «Elle émane des profondeurs d’une société mûre, fécondée par des soubresauts toujours violents qui n’ont pas cessés depuis le coup de force de l’été 1962», affirme-t-il. Sans se limiter au constat, l’homme esquisse des propositions de sortie de cette crise sans précédant et recommande d’«aller à la rupture progressivement en restaurant un climat de liberté et de démocratie pour définir un vivre-ensemble algérien dans sa pluralité».

La mobilisation populaire contre le 5e mandat du président Bouteflika et pour le départ du régime s’intensifie dans tout le pays. Assistons-nous à une réelle révolution ?

Effectivement ! L’Algérie post-indépendance n’a jamais connu une mobilisation populaire d’une telle ampleur, impliquant toutes les composantes de la société. Oui, c’est une révolution réelle. Encore faut-il le préciser, elle est pacifique et civique. Elle s’inscrit complètement dans la modernité politique. Elle me rappelle les soulèvements des peuples européens sous la domination soviétique et la chute du mur de Berlin. J’appelle de tous mes veux un dénouement aussi heureux.

Vous attendiez-vous à une telle réaction du peuple algérien, que certains ont qualifié, dans un passé récent, de «démissionnaire» ?

Les amis en sont témoins, j’y ai toujours cru. Une société est un ensemble vivant, travaillé par des opinions, des événements, des informations, d’autant plus que sa jeunesse (70% de moins de 30 ans) a assimilé les nouvelles technologies d’informations. Elle est à jour et très bien informée des faits et gestes des dirigeants grâce aux réseaux sociaux et aux télévisions indépendantes qui ont constitué des tribunes à une opposition complètement muselée à l’intérieur du pays. Cette accumulation de faits dans la conscience collective n’attendait qu’un déclic et le 5e mandat fut un choc qui va bouleverser le pays.

Peut-on dire aujourd’hui que c’est le début de la fin du système qui a pris en otage le pays depuis l’indépendance ?

Ce que je peux dire à ce moment de l’évolution de la situation : plus rien ne sera comme avant. Si le système a des racines profondes dans les institutions administratives, sécuritaires et économiques qu’il a modelées et instrumentalisées au bénéfice des castes dirigeantes, face aux bouleversements dans la société et dans le monde, il est complètement dépassé et obsolète. Avec son logiciel anachronique il ne peut appréhender le réel. Il donne ainsi l’image d’une gérontocratie coupée des réalités, profitant sans vergogne et sans limite d’une rente qu’ils s’acharnent à épuiser avant de livrer le pays aux futurs créanciers.

En maintenant la candidature du chef de l’Etat, les tenants du pouvoir ont fait des propositions de «sortie de crise», dont l’organisation d’une présidentielle anticipée. Quelle lecture faites-vous de cette démarche ?

Trop tard. Comment croire à de telles sornettes répétitives (le discours de 2012 «tab djenana») provenant d’un pouvoir qui a totalement perdu la confiance de sa population et complètement aveuglé par la sauvegarde de ses privilèges. En réalité, il n’a pas de solution, sinon, comment oser défier la loi biologique et divine qui impose une fin de vie à chaque être humain. Ces gens construisent un monument pharaonique à la gloire de Dieu et, en même temps, il le défie en imposant à tout un peuple un Président éteint depuis des années.

La rue maintient la pression, synonyme de rejet de cette offre du pouvoir. Quelles sont, selon vous, les mesures à prendre, à court et moyen termes, pour satisfaire la revendication populaire ?

On arrive à l’essentiel, que faire ? Cette protesta n’est pas le fait de pyromanes ou d’une quelconque main de l’étranger. Elle émane des profondeurs d’une société mûre, fécondée par des soubresauts toujours violents qui n’ont pas cessé depuis le coup de force de l’été 1962. Elle aspire à une émancipation citoyenne, à la liberté qui ne doivent pas être l’apanage du seul Occident. Il n’y a pas de fatalité historique ou génétique qui voudraient que nos peuples du Sud soient gouvernés éternellement par des potentats et autres oligarchies.

Partant de ce constat, en tirant les enseignements de notre histoire récente où le sang d’innocentes victimes a coulé à flots du fait du jusqu’auboutisme des uns des autres, il faut accompagner ce changement intelligemment en évitant tout extrémisme ou désir aveugle de règlement de comptes qui risque de nous coûter très cher.

Nous demeurons inflexibles sur nos positions de revendication d’un changement radical du système politique. Nous exigeons des mesures fortes et des garanties sérieuses des dirigeants en place, notamment de l’armée, mais nous devons empêcher l’effondrement des institutions administratives et économiques du pays, tout un chacun à son niveau de responsabilité doit veiller à ce que le pays continue à fonctionner et même améliorer son efficacité en attendant les vrais batailles à venir de redressement socioéconomique et de développement. Ce climat de sérénité doit persister pour protéger le pays. Pour le reste, les propositions des partis politiques et autres personnalités et intellectuels sont nombreuses.

De mon point de vue, toute précipitation vers une élection présidentielle risque de faire régénérer le système. Ses racines sont profondes, il a marqué durablement les mentalités et les habitudes. Il faut aller à la rupture progressivement en restaurant un climat de liberté et de démocratie pour définir un vivre-ensemble algérien dans sa pluralité.

Ce vivre-ensemble doit être garanti par l’instauration d’un modèle d’Etat qui intégrera toutes les réalités culturelles et linguistiques du pays. Il s’agit d’inventer une gouvernance à la hauteur de l’idéal démocratique et de modernité d’une jeunesse aspirant à exister dans le concert des nations avec tout son potentiel et son talent. Je me surprends à rêver du retour de toute notre élite exilée, de nos harraga pour prendre part tous ensemble à la reconstruction de notre pays.

Ce mouvement populaire n’est pas encadré par des leaders crédibles. N’y a-t-il pas des risques de dérapage ?

Non, il y a de la maturité, de la hauteur de vue dans ce mouvement qui a forcé l’admiration du monde. J’ai l’impression que le niveau politique est plus dans la rue que dans les appareils politiques complètement stérilisés durant ce long règne de Bouteflika. L’histoire, si elle connaît des longs moments de léthargie, elle a aussi produit des moments de brusque accélération qui enfantent des ruptures fondatrices, à l’image du 1er Novembre 1954 ainsi que sa continuité d’aspiration libératrice en l’occurrence Avril 1980, Octobre 1988 et Avril 2001. Il ne faut pas voler la révolution à ces jeunes. Je suis convaincu que nos futurs élus et dirigeants sont en train de manifester avec leur pancarte mêlant génie et humour. Il faut leur faire confiance.

Quels rôles pour les partis de l’opposition dans cette conjoncture ?

Je n’ai pas la prétention de leur donner des leçons. Entendons-nous bien, ils ont leur place entière dans ce processus de changement radical. C’est un outil indispensable dans tout système démocratique. Ils font actuellement des propositions de sortie de crise, ils sont dans leur rôle. Ceci dit, nous avons besoin de la cohérence politique des uns et des autres pour avancer. Je répète ce que j’ai dit lors de la réunion de l’opposition du 7 mars 2019 : «Vous ne pouvez pas être dans une assemblée factice du régime et prétendre être partie prenante de cette révolution politique pacifique.»

Je ne terminerai pas sans dire toute ma gratitude aux millions d’Algériennes et d’Algériens sortis dans les rues braver le système. Par leur courage et leur détermination, ils ont lavé notre honneur et nous ont rendu notre dignité.

 

Source Journal EL WATAN
Par MADJID MAKEDHI 

Les étudiants manifestent contre le prolongement du 4e mandat

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Au lendemain des annonces du report de la présidentielle et du renoncement de Abdelaziz Bouteflika à briguer un 5e mandat avec application de sa feuille de route en date du 03 mars, étudiants et lycéens observent un sit in à la Grande-Poste à Alger avant d’amorcer une marche vers la Place Audin.

Ce rassemblement des étudiants expriment leur indignation et leur refus des décisions “illégales” prise par le chef de l’Etat. “C’est une ruse du pouvoir” disent certains, d’autres précisent mieux leurs idées: “son mandat prend fin le 28 avril. Ce n’est pas à lui de mener la transition”.


Les étudiants commencent à marcher en scandant les premiers slogans hostiles au prolongement: ”طلبة صامدون للتمديد رافضون” ( Etudiants déterminés refusent le prolongement), “système dégage”, ”لانريدالتمديد، الشعبالجزائري عنيد” ( on ne veut pas du prolongement, le peuple algérien est têtu) “matzidch al Tika ya Boutflika” ( pas de confiance Bouteflika).

 

A gorges déployées, les étudiants entonnent l’hymne national.

 

Source Journal huffpostmaghreb

Révélations sur le passé genevois de Bouteflika

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Genève, Le président a passé plusieurs années d’exil dans le canton. Une période clé, très peu documentée

Quand on pénètre dans le consulat général d’Algérie, à Bellevue, on tombe sur un portrait d’Abdelaziz Bouteflika. Une image qui doit dater d’une quinzaine d’années. Le président est réputé pour gouverner à travers un cadre, lui qui n’a pas fait de vraie apparition en public depuis le 8 mai 2012, à l’occasion de la commémoration d’un massacre en Algérie en 1945. Cette photo est la seule image qu’on voit de lui.

L’homme d’État pose à côté du drapeau algérien, rouge, blanc et vert. Il a l’air en forme, ses yeux sont bleus. Dimanche, Alger indiquait qu’il était de retour après avoir effectué des «contrôles médicaux périodiques» à Genève. Un communiqué laconique qui a suscité plus de questions qu’autre chose, comme d’habitude quand on évoque sa santé depuis qu’il a subi un AVC en 2013.

Est-il vivant? Était-il dans le cortège de limousines noires sorties de l’hôpital dimanche, puis dans le Gulfstream qui a décollé de Cointrin en direction de l’aéroport de Boufarik?

Des questions sur toutes les lèvres en Algérie, où l’on n’a pas oublié que le décès du président Houari Boumédiène serait resté secret pendant un bon mois, en 1978. À l’époque, Abdelaziz Bouteflika, 41 ans, est ministre. «Le président éprouve le besoin de prendre du repos car il est exténué», dit-il à la presse.

«Traversée du désert»

Celui qui a été le plus jeune ministre des Affaires étrangères au monde (26 ans, dès 1963), qui a présidé la 29e session de l’Assemblée générale des Nations Unies en 1974, qui s’est fait le porte-parole des pays du tiers-monde, est sur le point d’entamer ce qu’il appellera plus tard sa «traversée du désert».

Deux décennies d’exil, très peu documentées, un trou noir à la hauteur du mystère qu’entretient la présidence sur son état de santé aujourd’hui. Il en passera une bonne partie dans le canton de Genève.

Les successeurs de Boumédiène accusent Bouteflika d’avoir volé une soixantaine de millions de francs auprès des ambassades algériennes et de les avoir dissimulés sur un compte auprès de la Société de Banque Suisse (l’ancêtre d’UBS). Il est exclu du comité central du FLN, le parti au pouvoir, et passible de la peine de mort. Il se réfugie en Suisse.

Abdelaziz Bouteflika passe quelque temps chez une connaissance à Lausanne, avant de s’installer à Champel, pris en charge par un ami, Mustapha Berri. Il y séjourne plusieurs mois avant de se faire renvoyer pour une raison non élucidée et d’être aidé par d’autres proches, notamment son demi-frère, qui le loge au centre-ville.

S’il choisit de s’exiler en Suisse, c’est parce qu’un important réseau d’Algériens y a été mis en place pendant la guerre d’Algérie. L’impôt révolutionnaire qui finançait les indépendantistes, prélevé auprès de la diaspora, transitait par le canton.

Le premier président algérien, Ahmed Ben Bella, vit dans le canton de Vaud à cette époque. L’Hôtel Strasbourg, aux Pâquis, appartient à un Algérien né à Oujda, au Maroc, comme lui. Sa mère et son frère Saïd ont vécu à La Chaux-de-Fonds. D’autres Algériens d’Oujda habitent à Genève.

Du Lyrique à L’Olivier

Abdelaziz Bouteflika troque son costume trois pièces contre des pantalons troués (mais il a toujours gardé sa moustache). Il veut se faire passer pour un démuni, faire oublier les millions qu’il a volés, croit savoir le Franco-Algérien Mohamed Sifaoui dans un livre qui lui est consacré.

Au début des années 1980, vêtu d’un manteau bleu élimé, l’ex-ministre se présente à la rue Saint-Ours, dans les bureaux de Jean Ziegler. Celui qui souhaite faire une thèse sur le groupe des 77 aux Nations Unies travaillera deux ans avec le professeur de sociologie à l’Université. «L’Abdelaziz Bouteflika que j’ai connu était exemplaire, indique Jean Ziegler. Un authentique homme d’État, chaleureux et érudit. Il était pauvre, et je tiens pour absurdes les reproches de corruption à son encontre.»

Les deux hommes partageront de nombreux cafés au Lyrique, au Dorian, à la Comédie, les bistrots des alentours. Ils iront même se promener sur le Salève. Les adresses pour sortir le soir, Abdelaziz Bouteflika les connaît aussi. «Il est un homme de paix, le plus honnête qui soit», abonde une autre source.

L’étudiant ne finira jamais sa thèse, en partie parce qu’il n’a pas obtenu de bourse d’études, selon Jean Ziegler. Il part deux ans plus tard gagner sa vie à Dubaï, puis à Abu Dhabi, tous frais payés par le cheikh Zayed, pour lequel il aurait travaillé comme conseiller. Une activité qui, selon le journaliste Frédéric Pons, lui aurait permis de s’enrichir.

Les allers et retours des Émirats à Genève, où se trouve son médecin de toujours, sont incessants. «Il avait deux obsessions: son ego et savoir qui dirige le pays. Il a toujours voulu revenir au pouvoir», estime Ali Benouari, un autre ancien politicien algérien de Genève. Bouteflika soigne son réseau, réintègre le comité central du FLN en 1989.

En 1992, il est aperçu dans une boutique de chaussures luxueuses au Noga Hilton. Bouteflika passe aussi beaucoup de temps à L’Olivier, une librairie arabe aux Pâquis. Il s’y serait rendu jusqu’à un an avant son élection, en 1999, selon son directeur. La littérature berbère l’intéressait.

En juillet 1998, Bouteflika se trouve à l’Hôtel des Bergues avec le général algérien Larbi Belkheir et le Saoudien Ali bin Mussalam (qui sera plus tard soupçonné de financement du terrorisme). Ce dernier, réputé pour ses qualités de diplomate, doit permettre à Bouteflika de compter sur le soutien de l’Arabie saoudite, et par ricochet des États-Unis, dans sa candidature à la présidentielle de 1999. «Je te présente le prochain président de l’Algérie», indique Ali bin Mussalam à son traducteur genevois, Abdelnour Abdelli, que nous avons rencontré.

«La Suisse, ce pays que j’aime»

Le réseau de Bouteflika? Il passe aussi par la famille Kouninef, l’une des plus riches d’Algérie, qui habite à Lausanne et lui assurerait un soutien financier et logistique. En misant sur le candidat, Ahmed Kouninef, fondateur du groupe KouGC, chercherait un relais au pouvoir.

Seuls des problèmes de santé peuvent freiner son retour au sommet, selon des observateurs; or il n’en a jamais été épargné. Quand il était ministre, il s’était déjà fait soigner à l’Hôpital cantonal, en raison de problèmes rénaux. En février 1999, deux mois avant son élection, Abdelaziz Bouteflika y retourne à la suite de troubles gastriques. Il est largement élu en avril.

Au début de juin, Jean Ziegler est invité à El Mouradia, la résidence officielle du président algérien. Devant les journalistes, Abdelaziz Bouteflika présente «mon ami Jean Ziegler, de la Suisse, ce pays que j’aime», se souvient le sociologue. Les deux hommes se rencontreront plusieurs fois encore.

Son premier voyage à l’étranger en tant que président, Bouteflika le fera trois semaines plus tard, à Crans-Montana. «J’ai choisi votre pays pour une raison fondamentale: les Accords d’Évian, dit-il alors. Pendant les négociations, mes amis rentraient chaque soir à Genève. Et maintenant la plupart des Algériens croient qu’Évian se trouve en Suisse.» L’homme reviendra à de nombreuses reprises, surtout pour des raisons médicales, jusqu’à la semaine dernière. (24 heures)

 

Source Journal 24Heure

Par Richard Etienne

« LA DÉMARCHE DE BOUTEFLIKA EST ANTICONSTITUTIONNELLE » (HAKIM SAHEB, ANCIEN DÉPUTÉ RCD, JURISTE)

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Selon M. Saheb, le pouvoir est dans la violation permanente des principes et lois qui régissent le pays et, ce faisant, il place l’Algérie dans une totale anomie.

Maghreb Emergent : Bouteflika vient d’annoncer l’annulation des élections présidentielles prévues pour le 18 avril. Y a-t-il une loi qui lui permet d’annuler ces élections ?

Hakim Saheb : Il est clair que ni la loi organique portant régime électoral ni la Constitution ne prévoient d’annuler ou de proroger l’élection présidentielle en dehors des situations d’exception, de guerre ou d’état de siège. De même que la Constitution n’évoque nullement la prolongation du mandat présidentiel. Il en résulte de cet énième coup de force constitutionnel une manœuvre qui précipite le pays dans une dérive a-constitutionnelle aux multiples effets qui vise, à n’en pas douter, à briser l’élan populaire du 22 février et, corrélativement, assurer la pérennité de la secte régnante.

Le Président sortant a aussi annoncé le prolongement de son mandat actuel au moment où les Algériens, sortis par millions dans les rue, revendiquent le départ du système tout entier et un retour effectif à la légitimité populaire, voire démocratique. Quelle lecture faites-vous, d’un point de vue juridique, de cette annonce ?

Plus qu’une violation de la loi fondamentale du pays, cette annonce, comme je le disais précédemment, s’inscrit en dehors du cadre et des principes fixés par la Constitution et place paradoxalement l’Algérie dans une situation de totale anomie. Le pouvoir actuel ne s’accommode plus des lois qu’il a lui même promulguées de façon unilatérale et autoritaire.

Quels sont les moyens légaux dont disposent les Algériens pour mettre fin à ce coup de force du pouvoir ?

La réponse est de nature politique. Il n’y a pas, à proprement parler, d’instruments légaux à opposer un régime qui s’est imposé aux algériens par la force, la fraude et la corruption plus d’un demi siècle durant et qui ne s’embarrasse guère du respect de la légalité et des lois qu’il a légiféré. Il faut légitimement continuer, sans relâche, la pression sur ce pouvoir autiste et insensible aux aspirations citoyennes et accentuer la mobilisation populaire avec tous les segments de la société pour capitaliser et transformer ce cri de coeur, ce profond ras-le-bol qui sourd à travers tout le territoire national, en une révolution citoyenne pour exiger le changement radical du système politique actuel et l’avènement d’une république fondée sur la démocratie, l’état de droit, la justice et la solidarité.

Source Maghrebemergent

PAR AMAR INGRACHEN

La conférence nationale: une chance de survie pour le régime

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Reculer pour mieux sauter. C’est , en somme, l’attitude que le régime algérien a adoptée à travers les réponses apportées à la révolte populaire, en cours depuis près d’un mois, en Algérie et au sein de la diaspora algérienne.

Pour y parvenir, le régime tente de ramener le pays 25 ans en arrière, en faisant croire que la crise serait réglée par la tenue d’une conférence nationale qu’il va lui-même organiser, orienter et… clore.

Cela ressemble, à s’y méprendre, à l’épisode des multilatérales que le même pouvoir a organisées, au début des années 90, et qui a conduit, entre autres, à la création, du Conseil national de transition (CNT), avec les pratiques et les performances que nous lui connaissons tous.

Aucune transition n’a été opérée alors que le bilan des pertes humaines est des plus lourds.

Certes, le contexte n’est pas le même mais la méthode n’est, non plus, pas étrange aux pratiques du régime. Ce dernier a démontré, à plusieurs reprises, son extrême habilité à jouer sur le facteur temps et sur l’usure, voire le moral de ses partenaires et adversaires.

La méthode adoptée, en plein guerre contre le terrorisme, a été concluante pour le système, pourquoi ne pas la retenter aujourd’hui, semble se dire Bouteflika et son clan.

Inutile de s’interroger sur les miracles espérés de cette conférence nationale car le pouvoir va se donner le temps de la préparer et les moyens de l’organiser à sa guise. Il aura les coudées franches pour fixer le timing, sélectionner les participants, choisir les thèmes, orienter les débats et imposer les conclusions.

Bref, une opération marketing, voire un lifting qui lui permettrait de se présenter avec un nouveau visage et d’être encore là pour les trente années à venir.

Ceci, sans oublier la capacité du pouvoir à soudoyer certains acteurs de la scène politique, en élargissant le cercle des corrompus et des affairistes.

Cette méthode a été déjà positivement testée lors de la création du CNT et de bien d’autres structures et institutions de l’État. Autrement dit, une opération de répartition des postes au profit des plus crédules.

En conclusion, avec cette «promesse» d’une conférence nationale, le régime s’offre une ultime chance de survie et il fera tout pour bien l’exploiter. Il revient donc au peuple de la déjouer.

Auteur Hakim Taibi

Algérie : La plus ignoble ruse de l’histoire

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Au moment où le pays entier se lève pour rejeter l’élection présidentielle et exiger le départ du système, les décideurs, eux, s’emploient à trouver subterfuges et artifices pour contourner la volonté populaire.

Cette attitude irresponsable est sidérante. Elle est par ailleurs dangereuse car susceptible de conduire droit à une situation conflictuelle inextricable.

Le dernier communiqué de la présidence est une insulte à la Nation. Les décideurs persistent dans le déni de la réalité et de la nécessité et s’enfoncent dans la déraison.
La feuille de route proposée par Bouteflika reprend avec de légères modifications le contenu de sa lettre du 3 mars. Elle ne correspond en aucune façon aux exigences de la rue algérienne.

Dans son communiqué du 11 mars, Bouteflika mobilise les pires procédés de manipulation des masses. Il recourt jusqu’au mensonge en affirmant n’avoir jamais envisagé de se présenter pour un 5ème mandat. Nous sommes en plein dans le tragi-comique.

Seulement, son obsession à demeurer à la fois l’architecte en chef, le maître des horloges, le directeur du personnel et le conducteur des travaux dévoile la supercherie et la grossièreté de la manœuvre. C’est la plus grande ruse de l’histoire. La plus ignoble aussi.

La démarche de Bouteflika répond à un seul impératif : celui de sauver le système. Il renonce à la candidature sans renoncer à la présidence, il nomme le chargé de la fraude et de la répression comme premier ministre et rameute le vieux Lakhdar Brahimi pour présider une curieuse conférence outrageusement qualifiée d’instance indépendante.

Instrument des dictatures africaines par excellence, la conférence nationale s’est partout révélée inapte à produire le changement. Arène du défoulement et du délire, ce type de conclave n’a jamais été au-delà du palabre. Au final la décision reste l’otage des méandres obscurs et des coulisses puantes des systèmes autoritaires. Le pays a déjà eu à expérimenter ce genre de spectacle en 1994. Nul besoin d’en faire le bilan, le résultat est là.

Comme par le passé, le pouvoir ne résistera pas à la tentation de recourir à ses anciens réflexes afin de s’assurer le contrôle strict de ladite conférence: le dosage, le noyautage, le chantage et le pourcentage. Son principal objectif est de légitimer la prolongation de mandat pour Bouteflika.

Il est d’ores et déjà possible de deviner l’envahissement programmé de cette rencontre par une collection de mercenaires et de clientèles du système comme le FLN, le RND, l’UGTA, l’UNPA, l’UNFA, l’UNJA, la FAF, le FCE et pourquoi pas Madani Mezrag puisque le pouvoir lui a décerné le titre de personnalité nationale.

La conférence projetée est une tentative de redéploiement du système par le bruit, le nombre et l’illusion de la diversité. Le brouhaha est la manière la plus astucieuse de se poser en garant exclusif de l’ordre et de la stabilité.

Cette démarche est scandaleuse. Elle doit dénoncée et rejetée avec force. Le mouvement populaire doit se poursuivre et s’intensifier à travers les marches pacifiques sur l’ensemble du territoire national.

Bouteflika doit partir une fois arrivé au terme de son mandat, c’est-à-dire le 26 avril. C’est le début de la période de transition. Il n y a rien à négocier excepté les modalités pratiques du passage de l’ordre ancien à l’ordre nouveau.
Bouteflika, ses alliés et ses protecteurs ne peuvent prétendre à un quelconque rôle politique.
L’institution militaire jouit encore du respect des citoyennes et des citoyens. Elle constitue le seul interlocuteur valable de l’Etat.

Dans le dernier éditorial de la revue El Djeich, il est écrit que l’ANP et le peuple algérien partagent la même vision de l’avenir du pays. Ce propos est très rassurant. Il reste juste à le traduire par des actes concrets.

 

Par Djamel Zenati

Les portes de sortie pour l’Algérie

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Il est temps, pour vous tenant du pouvoir, de rédiger votre oraison funèbre, comme il est temps pour nous de rédiger les contours d’une Algérie nouvelle, qui sera longue et douloureuse à mettre en place. De la préservation de la structure étatique telle qu’elle est, à la décentralisation, à l’autonomie voir à un état fédéral, le débat risque d’être longs et nous n’avons pas beaucoup de temps.

L’état algérien, tel qu’il est conçu par le colonisateur est dessinés pour servir les intérêts des colons et non ceux de notre population et en 1962, nous n’avons pas sue ou pas voulu remettre cette organisation en question.

La décentralisation veut dire sauvegarder le système avec des modifications profondes, illusoires ou réelles dans la finalité reste à prouver.

L’autonomie, concept plus avancé que la décentralisation dans la forme, laisse de très larges pans et de prérogatives au pouvoir central qui peut en jouer pour en limiter les effets.

L’éducation des politiques, tel que nous l’avons observé, ne permet pas d’envisager cette solution. Le parti unique a structuré notre pensée et notre sens d’analyse, on se voie tous comme unique et détenant la vérité la vraie. La grande majorité de nos politiques sont là pour se servir et non servir. Plus le gâteau est grand, plus les appétits sont grands.

Rompre avec le système, ne veut pas dire rompre uniquement avec les hommes qui gouvernent, mais proposer au peuple algérien une révolution culturelle. Briser définitivement la structure éducative, civilisationnelle mise en place pour dénaturer les fondements même de notre personnalité. Les partis politiques de tout bord n’ont jamais réussi à dessiner une alternative crédible. Encore plus grave, ils s’occupent à se battre pour le leadership, au lieu de réfléchir à concrétiser l’aspiration du peuple avec un programme lisible et clair, dire une nouvelle république sans en tracer les contours est une aventure sans lendemain. Aucun parti n’a un vrai programme ni politique ni économique, et ils veulent tous une nouvelle république.

N’en déplaise à certain, la solution la meilleure est le passage vers un état fédéral. Par des calculs politiciens, liés à la concentration du pouvoir, cette solution ne semble pas faire l’unanimité. On veut tous être des chefs et des supers chefs.

Plusieurs arguments militent en faveur de cette solution.

  • Briser le cordon ombilical qui nous relie à la France. Créer une nouvelle organisation étatique qui tient compte de notre structure ethnique et historique.
  • Le contrôle populaire est plus simple quand on est proche des centres de décisions. C’est l’une des raisons principales qui milite en faveur d’un état fédéral, à concevoir à l’algérienne. Des pistes de réflexion existent est sont à approfondir.
  • L’orientation géopolitique mondiale actuelle nous incite à lancer un processus d’intégration régionale. Qui mieux que l’Algérie pour être la locomotive de cette intégration. L’organisation structurelle actuelle de l’état algérien ne peut prétendre à cette fonction. Mais un état fédéral peut être rejoint par nos voisins, pour peu que la structure et l’organisation prévoient d’une représentation égale et équitable entre toute la population de la région. Nous avons la même histoire la même culture, nous sommes le même peuple que les divers envahisseurs ont divisé. Il est temps de reconstruire un état ou toute la population de l’Afrique du Nord se retrouve pour un avenir commun. On doit regarder l’Algérie de demain et les perspectives mondiales ne sont pas réjouissantes, isolés, nous serons une proie facile pour les grands prédateurs : le monde occidental et la chine pour ne citer qu’eux. Si nous arrivons à une intégration régionale réelle, nous deviendrons un acteur majeur dans la construction de l’Afrique de demain qui est au centre de toutes les convoitises du moment. L’avenir du monde se joue aujourd’hui, qui contrôle l’Algérie contrôlera l’Afrique.
  • La création de 6 Wilayas historiques, base de départ, permettra à chaque région de développer son artisanat, son art culinaire et variante artistique pour démarrer le développement touristique intérieur d’abord et international ensuite après nous être hissés aux standards mondiaux. Le premier secteur à encourager, pour sortir de la dépendance des hydrocarbures, et le tourisme. Nous avons un pays ou le tourisme peut se développer en toutes saisons : le tourisme de montagne, du désert et plage.

La question du moment est comment procéder pour démarrer cette nouvelle étape et surtout redonner espoir et confiance à notre jeunesse en particulier et à notre peuple en général.

La mise en place d’une phase de transition est obligatoire. Elle doit être menée par des personnalités sans antécédents politiques, que la population doit publicité.

Des noms émergent :

Maître Bouchachi pour représenter la société civile

Maître Assoul pour représenter les femmes

Mr Hamrouche pour représenter l’ancien régime

Et Karim Tabbou pour représenter la jeunesse.

Un grand patron pour représenter les industriels

Un officier supérieur pour représenter l’armée, tout en sachant que l’armée doit se dégrader du terrain politique et ne s’occuper que de la sécurité nationale et être gardienne de la nouvelle constitution

Ces personnalités vont se faire seconder par des experts de leurs choix.

Leur feuille de route.

  1. Libérer tous les détenus politiques
  2. Créer un gouvernement d’union nationale sous leurs autorités.
  3. Mettre en place une justice indépendante, tout au moins en poser les premiers jalons
  4. Dissoudre les deux chambres, parlement et sénat
  5. Déterminer les nouvelles règles de représentativités en insistant sur la parité homme/femme
  6. Dissoudre tous les partis politiques sans distinction, 6 mois après lancer la création de nouveaux partis politiques dans chaque wilaya, que nous espérant envahis par la nouvelle génération instruite et demandeuse de formation politique. Ces partis vont s’agglomérer autour de trois thèmes majeurs. Les progressistes de gauche, les conservateurs de droite et les islamistes, ce qui donnera trois grands partis politiques nationaux.
  7. Gérer de manière efficiente les affaires courantes en essayant de mettre en place de nouvelles pratiques de gestion transparente.
  8. Dessiner les contours des 6 wilayas en se basant sur celui du congrès de la Soummam.
  9. Organiser les élections d’assemblées constituantes régionales.
  10. Préparer la mise en place du contre-pouvoir régional et national.
  11. Organiser l’élection des walis ou gouverneurs des régions.
  12. Organiser l’élection d’une assemblée constituante nationale qui doit être la somme des constituantes régionales.
  13. Organiser l’élection présidentielle

Pour ce faire, cette transition ne peut être menée à bien que par le soutien de la population.

La démocratie est un long processus d’apprentissage, des erreurs seront commises, il est du devoir des partis d’oppositions de tirer la sonnette d’alarme.

Il faut que tout le monde comprenne que cette étape va être difficile, il n’y a pas de baguette magique pour redresser l’économie de l’Algérie. Des sacrifices seront demandés à tous durant les premières années du redressement des comptes publics. La seule recommandation à faire au gouvernement de transition est de préserver le SMIG et de mettre en place un système social adéquat pour accompagner les plus fragiles de la société.

Que vive l’Algérie de demain dans la dignité et l’opulence.

Vive l’Algérie.

Hamid Challal