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lundi 13 avril 2026
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tribune libre soutien à la révolution du sourire. Avec le peuple algérien, pour l’émancipation

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Parmi les premiers signataires : Mourad Tagzout, Stéphanie Roza, Soad Baba Aïssa, Éliane Assassi, Clémentine Autain, Monique Dental, Emmanuel Maurel, Pierre Laurent, Éric Coquerel, Mohand Bakir, Lydia Samarbakhsh, Daniel Obono, Hélène Bidard, Caroline Fiat, Sophia Hocini, Annie Sugier. Retrouvez la liste complète sur l’Humanité.fr, signez l’appel à : ci.solidarite.algerie@gmail.com

Texte collectif

Depuis deux semaines, l’Algérie connaît de massives et pacifiques manifestations populaires. Au-delà du rejet des prétentions de Bouteflika à une présidence à vie, cette mobilisation porte les espérances d’une jeunesse avide de changements démocratiques et sociaux. C’est tout un peuple qui se lève pour reprendre en main sa destinée et la soustraire aux volontés d’une gérontocratie autoritaire, autiste et dépassée.

Par le passé, la caste dirigeante, pour se maintenir au pouvoir, condition de la préservation de ses privilèges tirés de la mainmise qu’elle exerce sur l’économie et les richesses du pays, a recouru à de sanglantes répressions à l’encontre de mobilisations populaires. Cette fois encore, malgré la dimension de la mobilisation populaire, l’éventualité d’une telle option n’est malheureusement pas à exclure.

C’est donc en toute conscience qu’en France, femmes et hommes épris de justice et de liberté, conscients des liens humains que nous avons avec le peuple algérien et ses forces d’émancipation, nous nous sentons interpellés et mis en devoir de solidarité active avec le peuple algérien qui se révolte contre une autocratie d’un autre temps. Nous nous déclarons mobilisés pour suivre l’évolution de la situation en Algérie et mettons en garde les gouvernants en place contre la tentation du recours à la force. S’il advenait que, face à la mobilisation populaire, les dirigeants algériens optent pour la répression, nous veillerons de façon déterminée à ce que les auteurs d’actes répressifs violents et sanglants répondent de leurs actes devant les juridictions compétentes. Cette fois-ci, l’impunité, qui est devenue une norme de la gouvernance de M. Bouteflika, ne sévira pas, c’est notre engagement, notre devoir et notre serment. C’est en cet objectif que nous nous constituons en un comité international dénommé Solidarité Algérie. Tout en saluant, une nouvelle fois, le caractère pacifique et démocratique des manifestations en cours en Algérie, nous appelons les autorités du pays au strict respect des droits de l’homme et du citoyen. Nous affirmons qu’au XXIe siècle, il est possible de traiter des situations de mutations sociales majeures par le dialogue et la négociation politique.

Nous appelons l’ensemble des personnalités et des organisations progressistes de France et d’ailleurs à se solidariser de la lutte légitime du peuple algérien, car le combat pour les libertés et les droits des peuples ne se divise pas.

Appel à l’initiative de Mourad Tagzout, Stéphanie Roza, Soad Baba Aïssa, Chafia Outerbah, Alberto Arricruz, Lionel Citot, Mohand Bakir, Solange Cidreira. Signez l’appel, par mail : ci.solidarite.algerie@gmail.com

Source Journal L’Humanité

Liste des premiers signataires

Eliane Assassi Sénatrice de Seine-Saint-Denis
Pierre Laurent Sénateur de Paris
Emmanuel Maurel Député européen
Catherine Coutard Conseiller Municipal de Montélimar
Jean-Luc Laurent Ancien Député, Conseiller Municipal Kremlin Bicêtre
Marinette Bache Conseiller de Paris
Michel Jallamion Conseiller Régional IDF
Hélène Bidard Adjointe au Maire de Paris
Jean-Noël Acqua Conseiller de Paris
Sophia Hocini Militante franco-algérienne pour les droits humains
Fabienne Lefebvre Comité exécutif national PCF, Conseillère municipale de Vitry
Lydia Samarbakhsh responsable du secteur international du PCF
Pascal Torre responsable PCF en charge du Maghreb et du Moyen-Orient
Younous Omarjee Député européen
Mathilde  Panot Députée du Val de Marne
Danièle Obono Députée de Paris
Eric Coquerel Député de Seine St Denis
Caroline Fiat Députée
Bastien Lachaud Député de Seine St Denis
Muriel Ressiguier Députée
Adrien Quatennens Député du Nord
Clémentine Autain Députée de Seine St Denis
Michel Larive Député
Ugo Bernaclicis Député du Nord
Sabine Rubin Députée de Seine St Denis
Pascal Troadec Maire-Adjoint ville de Grigny (91)
Mohammed Ben Yakhlef Conseiller municipal Villeneuve Saint-Georges (94)
Delphine Fenasse Conseillère municipale Fontenay Sous Bois (94)
Nicolas Georges Conseillère municipale Boissy St Léger
Maryvonne Rocheteau Conseillère municipale Arcueil
Ali Riza Algul Syndicaliste et Conseiller municipal Ivry (94)
Mourad Tagzout Conseiller municipal Ivry (94)
Tariq Aïtamara Conseiller municipal Ivry
Soad Baba Aissa Responsable Nationale Femmes Solidaires
Michèle Roubinet-Loup Présidente association du Côté des Femmes (DCDF)
Monique Dental Réseau féministes « Ruptures »
Annie Sugier Présidente Ligue du Droit International des Femmes
Nadia El Fani Cinéaste tunisienne
Antoine Spire Journaliste
Mohand Bakir Journaliste
Stéphanie Roza Universitaire
CHELBI-ALIX Mounira Directrice de recherche CNRS
DAGHER Georges Directeur de recherche INSERM
Raymond Debord Rédacteur en chef de Militant
CHEGROUCHE Lagha Chercheur
MANTERNACH Sylvain Doctorant en géopolitique
REZZOUG Youcef Journaliste
SABAT Alain Analyste reichien musicothérapeute
BENCHEIKH Kamel Ecrivain
Alberto Aricruz Podemos Paris
Rachid Oufkir Militante des droits humains Rif-Nord Maroc
Boualem Azahoum militant de l’immigration et soutien du Hirak Rif
Bernard Teper Réseau d’éducation Populaire-Respublica
Christian Gaudray militant laïque
Monique Loriette militant antiraciste
Yves Loriette militant antiraciste
Nadine Richon Co-fondatrice du Réseau laïque romand (Suisse)
Arnaud De Morgny Juriste en droit public

Manoeuvre dangereuse: Bouteflika gagne les élections sans passer par des élections

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Sans aucune surprise le gouvernement algérien refuse d’entendre raison et tente une énième manoeuvre afin de maintenir le système en place. 

Selon les informations qui circulent depuis hier Bouteflika serait revenu aux commandes du pays. Sa première « grande décision » a été d’annuler le rendez-vous électoral prévu initialement pour le 18 avril 2019. Une sage décision en apparence, sauf que les dispositions qui viennent accompagner cette annulation laissent les algériens perplexes (enfin ceux qui ont compris que c’est une manoeuvre de sauvegarde du système en place).

Bouteflika prolonge unilatéralement sans mandat d’au moins une année.

Il faut avouer que l’immense mouvement populaire spontané et sans aucun encadrement a porté des revendications tournant principalement autour du refus d’un cinquième mandat pour Bouteflika, ce qui porterait à croire que le peuple a eu gain de cause, alors que c’est loin d’être le cas.
Ce que voulait vraiment le peuple c’est le départ immédiat de tout le système en place, chose que les décidants actuels font mine de ne pas comprendre en procédant à un jeu de chaises et au maintien en poste du président actuel.

Ce soir quelques centaines de personnes sont descendues dans les rues d’Alger pour manifester leur joie, sans savoir qu’ils sont en train de fêter la victoire de Abdel Aziz Bouteflika à des élections qui n’auront pas lieu.

L’Algérie s’enfonce un peu plus dans la crise car demain matin les algériens vont se lever avec la gueule de bois et ils vont comprendre que personne n’a pris en considération leurs revendications. Les manifestations vont certainement s’intensifier en espérant que les participants vont continuer à montrer un sens des responsabilités comme on ne l’a jamais vu dans le monde.

 

Source Journal Elite Presse

Par Mohamed IDIR
Expert en gestion de crises

Bedoui Premier ministre et Lamamra vice-Premier ministre

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Noureddine Bedoui a été nommé Premier ministre en remplacement d’Ahmed Ouyahia. Ramtane Lamamra est vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, a annoncé l’agence officielle.

Le président Bouteflika a chargé M. Bedoui de former le nouveau gouvernement.

 

Source TSA

Bouteflika retire sa candidature et reporte les élections

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Le président de la République Abdelaziz Bouteflika a adressé lundi un message à la nation dans lequel il a annoncé le report de l’élection présidentielle du 18 avril 2019, et sa décision de ne pas briguer un 5ème mandat à la magistrature suprême.

Le président Bouteflika a également annoncé la tenue de l’élection présidentielle dans le prolongement de la conférence nationale inclusive et indépendante ainsi que la formation d’un gouvernement de compétences nationales. En voici le texte intégral du message:

 

Chères concitoyennes,

Chers concitoyens,

 

L’Algérie traverse une étape sensible de son Histoire. Ce 8 mars, pour le troisième vendredi consécutif, d’importantes marches populaires ont eu lieu à travers le pays. J’ai suivi ces développements et, comme je vous l’ai déjà annoncé le 3 de ce mois, je comprends les motivations des nombreux compatriotes qui ont choisi ce mode d’expression dont je tiens, une fois de plus, à saluer le caractère pacifique.

Je comprends tout particulièrement le message porté par les jeunes en termes, à la fois, d’angoisse et d’ambition pour leur avenir propre et pour celui du pays. Je comprends aussi le décalage qui a pu être source de préoccupation entre, d’un côté, la tenue de l’élection présidentielle à une date techniquement appropriée en tant que jalon de gouvernance dans la vie institutionnelle et politique et, de l’autre, l’ouverture, sans délai indu, du vaste chantier, politiquement hautement prioritaire, de conception et de conduite de réformes profondes dans les domaines politique, institutionnel, économique et social, avec la participation la plus large possible et la plus représentative de la société algérienne, y compris la juste part devant revenir aux femmes et aux jeunes. Je comprends enfin que le projet rénovateur de notre Etat-nation, dont je vous ai annoncé les principales articulations, gagnerait à bénéficier d’un surcroit de clarifications et être préparé, pour chasser tout doute des esprits, par la réunion des conditions de son appropriation par toutes les couches sociales et les composantes de la Nation algérienne.

En toute fidélité au serment que j’ai fait devant le peuple algérien de protéger et de promouvoir en toutes circonstances les intérêts bien compris de notre Patrie, et après les consultations institutionnelles requises par la Constitution, j’invoque la grâce et le soutien de Dieu Tout-Puissant pour me prévaloir des valeurs supérieures de notre peuple dont nos glorieux martyrs et nos valeureux moudjahidine ont consacré l’immortalité pour présenter à l’adresse de vos cœurs et à vos consciences les décisions suivantes:

Premièrement : Il n’y aura pas de cinquième mandat et il n’en a jamais été question pour moi, mon état de santé et mon âge ne m’assignant comme ultime devoir envers le peuple algérien que la contribution à l’assise des fondations d’une nouvelle République en tant que cadre du nouveau système algérien que nous appelons de tous nos vœux. Cette nouvelle République et ce nouveau système seront entre les mains des nouvelles générations d’Algériennes et d’Algériens qui seront tout naturellement les principaux acteurs et bénéficiaires de la vie publique et du développement durable dans l’Algérie de demain.

Deuxièmement : Il n’y aura pas d’élection présidentielle le 18 avril prochain. Il s’agit ainsi de satisfaire une demande pressante que vous avez été nombreux à m’adresser dans votre souci de lever tout malentendu quant à l’opportunité et à l’irréversibilité de la transmission générationnelle à laquelle je me suis engagé. Il s’agit aussi de faire prévaloir la noble finalité des dispositifs juridiques qui réside dans une saine régulation de la vie institutionnelle et dans l’harmonie des interactions socio-politiques, sur une observation rigide d’échéances pré-établies. Le report de l’élection présidentielle qui a été réclamé vient donc pour apaiser les appréhensions qui ont été manifestées afin d’ouvrir la voie à la généralisation de la sérénité, de la quiétude et de la sécurité publique, dans l’objectif d’entreprendre ensemble les actions d’importance historique qui permettront de préparer le plus rapidement possible l’avènement d’une nouvelle ère en Algérie.

Troisièmement : Dans la perspective d’une mobilisation accrue des pouvoirs publics et du rehaussement de l’efficacité de l’action de l’Etat dans tous les domaines, j’ai décidé de procéder tout prochainement à des changements importants au sein du Gouvernement. Ces changements constitueront une réponse adéquate aux attentes dont vous m’avez saisi, ainsi qu’une illustration de ma réceptivité à l’exigence de reddition de comptes et d’évaluation rigoureuse dans l’exercice des responsabilités à tous les niveaux et dans tous les secteurs.

Quatrièmement : La Conférence nationale inclusive et indépendante sera une enceinte dotée de tous les pouvoirs nécessaires à la discussion, l’élaboration et l’adoption de tous types de réformes devant constituer le socle du nouveau système que porte le lancement du processus de transformation de notre Etat-nation, que j’estime être ma mission ultime en parachèvement de l’œuvre dont Dieu Tout-Puissant m’a accordé la capacité et pour laquelle le peuple algérien m’a donné l’opportunité.

Cette conférence sera équitablement représentative de la société algérienne comme des sensibilités qui la parcourent. organisera librement ses travaux, sous la direction d’une instance présidentielle plurielle, avec à sa tête un président qui sera une personnalité nationale indépendante, consensuelle et expérimentée. La conférence doit s’efforcer de compléter son mandat avant la fin de l’année 2019.

Le projet de Constitution qui émanera da la Conférence sera soumis à un référendum populaire. La Conférence nationale indépendante fixera souverainement la date de l’élection présidentielle à laquelle je ne serai en aucun cas candidat.

Cinquièmement : L’élection présidentielle qui aura lieu dans le prolongement de la conférence nationale inclusive et indépendante sera organisée sous l’autorité exclusive d’une commission électorale nationale indépendante dont le mandat, la composition et le mode de fonctionnement seront codifiés dans un texte législatif spécifique qui s’inspirera des expériences et des pratiques les mieux établies à l’échelle internationale. La création d’une commission électorale nationale indépendante est décidée pour répondre à une revendication largement soutenue par les formations politiques algériennes ainsi qu’à une recommandation constante des missions d’observation électorale des Organisations internationales et régionales invitées et reçues par l’Algérie lors des consultations électorales nationales précédentes.

Sixièmement : Dans le but de contribuer de manière optimale à la tenue de l’élection présidentielle dans des conditions incontestables de liberté, de régularité et de transparence, il sera formé un Gouvernement de compétences nationales bénéficiant du soutien des composantes de la Conférence nationale. Ce Gouvernement assumera la supervision des missions de l’administration publique et des services de sécurité et apportera sa pleine collaboration à la commission électorale nationale indépendante. Pour sa part, le Conseil constitutionnel assumera, en toute indépendance, les pouvoirs que lui confèrent la Constitution et la loi en matière d’élections présidentielles.

Septièmement : Je m’engage solennellement devant Dieu le Tout-Puissant et devant le peuple algérien à ne ménager aucun effort pour que les Institutions, structures, démembrements de l’Etat et collectivités locales se mobilisent pour concourir à la pleine réussite de ce plan de travail. Je m’engage également à veiller à ce que toutes les Institutions constitutionnelles de la République poursuivent scrupuleusement l’accomplissement de leurs missions respectives et exercent leurs pouvoirs respectifs au service exclusif du peuple algérien et de la République. Je m’engage enfin, si Dieu m’accorde vie et assistance, à remettre les charges et les prérogatives de Président de la République au successeur que le peuple algérien aura librement élu.

 

Chères concitoyennes,

Chers concitoyens,

Voici la voie du salut que je vous invite à emprunter ensemble pour prémunir l’Algérie contre des épreuves, des déchirements et des déperditions d’énergies.

Voici la voie d’un sursaut collectif pacifique pour permettre à l’Algérie de réaliser tout son potentiel dans une démocratie épanouie, digne des gloires de l’Histoire de notre Nation.

Voici la voie dans laquelle je vous demande de me suivre et de m’aider.

Gloire éternelle à nos vaillants martyrs.

APS

Ce peuple qui a étonné le monde

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Et maintenant ?

 

« Quiconque veut éviter le vertige doit essayer de découvrir la loi qui régit le mouvement de la balançoire ». Dixit : Koestler

Le peuple algérien a une fois de plus étonné le monde par cette incroyable mobilisation, qui a drainé, et ce, pendant plusieurs jours des millions de personnes chaque fois, sans pour cela qu’on enregistre un seul incident.

Bien au contraire, les cerbères du pouvoir « prévoyants » avaient intentionnellement préparé des tas de pavés qu’ils avaient disposés sur les trottoirs à la portée des manifestants, mais aucun parmi ces derniers n’avait éprouvé le besoin ni jugé utile de s’en servir, sinon celui de les montrer aux nombreux médias et reporters présents.

Les journalistes et autres analystes et interprètes politiques du monde entier n’arrêtent pas d’en chanter les éloges d’une telle autodiscipline de tous ces participants.

Ce peuple pourtant renommé agressif, xénophobe et introverti, vient ces derniers jours de donner au monde une leçon de civilité et de tolérance.

Dans les rues de toutes les villes d’Algérie, il n’y avait plus : des militants des partis politiques, de religieux, d’athées, des associations, des syndicats, mais que des citoyens et qui tout comme la grande majorité des sans attaches, sinon celui de ce viscéral amour de la patrie s’étaient donc mobilisés comme un seul homme pour dire : BASTA à l’humiliation, stop à ce mépris, à cette bestiale arrogance, à cette dilapidation éhontée des biens publics.

Et ils l’ont fait communément, pacifiquement, énergiquement, certes, avec aversion et dégoût pour ce pouvoir honni, mais sans haine ni vulgaires vociférations.

Ils ont crié le ras-le-bol de ce régime dictatorial, insolent, outrancier, qui malgré toutes ces démonstrations de rejets s’accroche comme une sangsue au pouvoir.

Tous ont défilé dans une sorte de joie, d’une ambiance bon enfant, avec ces caricatures qui vous laissent pontois et dont eux seuls ont le secret, et qui d’ailleurs étaient reprises sur la toile.

Et ce, bien sûr en réponse à cet environnement mortifère, lugubre instauré pour mieux dominer le peuple par le pouvoir à travers les prêches des imams aux ordres, leurs acolytes intégristes alliés objectifs dans cette tentative d’abrutissement, ainsi que ces charognards d’affairistes sans foi ni loi.

Malgré son écœurement, sa révulsion, le peuple défilait dans la joie des retrouvailles d’antan, de ces moments héroïques que furent les siens, et il chantât à tue-tête l’hymne à la liberté, à l’amour de la patrie et son rejet de ces usurpateurs.

Il l’avait fait gaiement, avec des accents de toutes les régions du pays et l’ensemble de nos citoyens, tout en invitant ce pouvoir honni à partir, à restituer le tablier et les clefs de l’Algérie pour ses dignes héritiers.

 ceux qui dorénavant lui redonneront son image d’antan et qui lui restitueront cette place d’honneur dans le forum universel des nations civilisées, libres, progressistes et démocratiques.

Mais ce rêve ne peut se réaliser que s’il est porté par des hommes de bonne volonté, des démocrates et citoyens au service uniquement de leur peuple.

Il va nous falloir, me semble-t-il du moins, agir tout comme le faisaient nos anciens pour désigner l’Amin du village (président du comité du village) à savoir ; solliciter, voire prier les meilleurs d’entre nous, renommés pour leurs valeurs intrinsèques et attachés à ces autres valeurs universelles ; que sont les droits de l’homme, la démocratie, la justice et la citoyenneté.

Ils auront pour mission de gouverner provisoirement le pays et de préparer les prochaines échéances électorales.

N’en déplaise aux sceptiques et autres affiliés, ces hommes existent et notoirement connus à travers leurs activités, leurs luttes pour de nobles causes et leur désintéressement.

Mohammed Aouli

 

Le président Bouteflika peut-il être placé sous tutelle à l’étranger ?

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En Suisse, une avocate a demandé le placement sous tutelle de Monsieur Bouteflika.
Ignorant le droit suisse, je ne peux apprécier les chances de succès de cette demande.

Mais qu’en serait-il en France ?

Le juge des tutelles peut placer sous protection juridique une personne majeure (curatelle, tutelle…) dont les facultés personnelles sont altérées.

Puisque cette demande peut être demandée au juge des tutelles non seulement par un proche, mais également par le procureur de la République agissant de sa propre initiative ou à la demande d’un tiers (médecin, directeur d’un hôpital…) l’on peut parfaitement envisager, dans un État de droit faisant fi de la raison d’État, un procureur de la République solliciter une mesure de protection à l’encontre de M. Bouteflika hospitalisé en France, surtout s’il devait avoir la conviction que l’intéressé faisait l’objet d’un processus de manipulation nuisible non seulement à ses biens, mais aussi à sa santé ou même à sa dignité.

Reste à vérifier si les règles de droit international privé permettent au juge français d’intervenir en application de la loi française à l’encontre de M. Bouteflika, ressortissant algérien hospitalisé en France ?

La question ne se poserait pas si le dirigeant algérien devait avoir, à l’instar de nombreux politiciens algériens, la nationalité française, dans ce cas, le droit français lui est naturellement applicable.

La France a ratifié le 18 septembre 2008, la convention de La Haye du 13 janvier 2000, sur la protection internationale des majeurs, visant à résoudre un problème de Droit civil à l’international : l’application au majeur du Droit des tutelles du pays de sa résidence et non de sa nationalité.

En effet, avant la ratification de cette convention, comme l’avait rappelé la Cour de Cassation dans une décision du 18 janvier 2007, le juge français devait appliquer au majeur protégé sa loi nationale, en l’espèce la loi algérienne.

Aujourd’hui, l’article premier de cette convention précise qu’elle s’applique « dans les situations à caractère international, à la protection des adultes qui, en raison d’une altération ou d’une insuffisance de leurs facultés personnelles, ne sont pas en état de pourvoir à leurs intérêts. ».

L’article 5 de cette convention ajoute que chaque adulte, qui a sa résidence en France et ce peu importe sa nationalité, peut se voir appliquer les règles françaises en matière de protection des majeurs.

Mais la simple hospitalisation est-elle assimilée à la résidence en France ?

Il doit s’agir de la résidence habituelle, critère qui n’a pas été défini par la convention et qui reste à l’appréciation du juge.

La simple hospitalisation ne relève naturellement pas d’une résidence habituelle permettant l’intervention du juge français en application du droit français.

Sauf si l’intéressé dispose, comme beaucoup d’oligarques algériens, de biens et d’une résidence en France.

En conclusion, le juge français n’est pas compétent pour se saisir du dossier du président algérien hospitalisé en France.

Mais les nombreux hommes politiques et hommes d’affaires algériens, possédant des biens et une résidence en France, risquent de subir les foudres du juge français en application de la loi française dans de nombreux domaines, alors qu’en Algérie, ils avaient l’habitude de se placer au-dessus de la loi algérienne.

À bon entendeur, salut.

Avocat Ahcène TALEB

Le pouvoir veut casser la mobilisation

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Ce n’est sans doute pas la mise en congé prématurée des étudiants, décidée maladroitement par le ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar, qui va calmer les ardeurs d’une révolte massive.

Hier et sans aucun préavis, la communauté universitaire a été surprise par cette décision qui a été vite interprétée comme une tentative de briser l’élan de mobilisation dans les campus. Mais d’ores et déjà les étudiants comme les enseignants expriment leur «désobéissance» et leur ferme intention d’occuper les lieux.

Au terme de trois semaines de mobilisation populaire d’ampleur inédite contre la candidature de Abdelaziz Bouteflika pour un 5e mandat, accompagnée d’une forte revendication de changement du système politique, l’issue reste incertaine dans ce face-à-face entre les Algériens mobilisés et le pouvoir.

Par millions, les citoyens sortent brusquement et massivement de leur longue «léthargie», le pouvoir à l’image du président sortant sombre dans un profond coma politique. L’équation est magistralement inversée.

Désorienté par un séisme populaire imprévisible, le sérail  est sans boussole et sans voix. Il a perdu de le nord.  Toujours hospitalisé, le Président est absent du pays. L’Exécutif silencieux. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a disparu des écrans radars depuis sa malheureuse phrase : «En Syrie aussi ça a commencé avec des roses.» Inutile de rappeler que la parole officielle est sans impact, ni emprise sur les événements en cours. Disqualifiée, elle ne porte plus.

Légitimement, les Algériens se demandent, avec gravité, s’il existe encore quelqu’un dans le cockpit de l’avion Algérie ! Les événements qui secouent le pays depuis l’historique journée du 22 février démontrèrent que le pouvoir est mis en vacances de fait. Sinon comment expliquer que face une à une situation nationale aussi explosive, le pouvoir politique n’émet pas, ne prend aucune mesure d’apaisement alors que le pays est dans un état d’exception politique et sociale.

Intrigante posture. Mise-t-il sur l’usure de l’insurrection citoyenne ? Il serait illusoire que de croire à un affaiblissement de la mobilisation. C’est l’inverse qui se passe. Non seulement elle ne faiblit pas, mais elle prend de l’ampleur et de nouvelles formes.

La détermination de la rue est irréversible. En somme, l’extraordinaire  dynamique de la société décidée à mettre en échec le projet du 5e mandat a provoqué une paralysie dans le système. Mais jusqu’à quand ? Le pays est placé sur une ligne de crête étroite, sur laquelle il ne pourra pas tenir longtemps.

Il faut vite débloquer pour éviter l’éclatement. La joyeuse mobilisation populaire peut bien se transformer en un ouragan aveugle. L’exaspération qui saisit la société est sans commune mesure. Une fois ce vase national rempli de colère, il déborde, et il sera trop tard. Aucune force ne saura le contenir.

Comment et qui va agir ? A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Le pouvoir est mis en demeure d’apporter des réponses à la hauteur des exigences de la mobilisation. Il ne peut descendre sous la barre très haute fixée par les «insurgés». Le retrait de la candidature de Abdelaziz Bouteflika, l’annulation de l’agenda électoral et l’entame d’un processus de changement du système politique sont une exigence que la rue ne peut soumettre à négociation. Plus de possibilité de retour en arrière.

Tous les regards sont tournés vers l’institution militaire. C’est d’elle qu’il est attendu une démarche «salvatrice» en l’absence des institutions politiques habilités normalement à agir sur les événements.  Le chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, qui s’est mis au-devant de la scène depuis l’éclatement des événements, détient-il la clé de la solution ? Sera-t-il ouvrir la porte de la solution ou bien la fermer à double tour ? Mystère.

Cela étant dit, son discours a évolué. Le ton menaçant employé aux débuts des manifestations a remarquablement changé en louant les mérites d’un peuple confiant. Replacement tactique ou évolution stratégique ? Difficile d’y répondre.

D’évidence, en ces temps d’exceptions politiques, il ne sera pas seul à décider. C’est tout le haut commandement militaire qui va peser de son poids. Le peuple qui se soulève l’attend au virage de l’histoire. L’institution militaire ne peut passer par la force sans tenir compte des légitimes aspirations populaires.

Cela serait suicidaire. Les fortes mobilisations populaires ne sont pas une fin en soi. Elles doivent trouver un prolongement politique concret. La République mise en place depuis l’indépendance, assise sur un ordre autoritaire est définitivement «enterrée».

Et ses acteurs avec. La «génération de février» est déjà en train d’échafauder les plans de la IIe République, fondée sur les valeurs de démocratie, de liberté et de modernité véritables.

 Hacen Ouali

Source : El Watan

Vacances « forcées » dans les universités: les étudiants et les enseignants se mobilisent contre la décision « arbitraire » de Tahar Hadjar

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Algerian students demonstrate in the capital Algiers on March 5, 2019 against ailing President Abdelaziz Bouteflika's bid for a fifth term. - Algerians yesterday dismissed President Abdelaziz Bouteflika's promise to quit early if re-elected for a fifth time in April and eyed fresh protests to push him from office. The ailing leader, who suffered a stroke in 2013, vowed in a letter read out on state television late Sunday to organise a "national conference" that would set a date for further polls which he would not contest. (Photo by RYAD KRAMDI / AFP)

La décision du gouvernement de fermer les universités en les mettant en vacances pour une durée de presque un mois, surprend. Universitaires, citoyens et politiciens réagissent à cette mesure, censée, selon eux, contenir les manifestations des étudiants contre le 5e mandat.

Entre ironie et colère, les internautes algériens dénoncent une “provocation” et une “décision arbitraire”, tout en se moquant de cette “tentative désespérée” des autorités.

Les étudiants à l’instar des enseignants, ont décidé de “ne pas prendre ces vacances”. Des appels à une marche, dimanche 10 mars 2019, dans plusieurs universités du pays, se propagent comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux.

Ce samedi, 09 mars 2019, au lendemain de manifestations pacifiques ayants rassemblées des millions d’Algériens contre le 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, le ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar, a signé une décision mettant les universités d’office en vacances à partir de demain 10 mars et jusqu’au 04 avril.

Plus surprenant, des étudiants ont appris auprès des agents de sécurité la fermeture de leur résidences universitaires, où sont hébergés les étudiants venant des autres wilayas.

La nouvelle a surpris beaucoup de personnes. Certains avancent qu’il s’agit des “vacances de printemps les plus longues de l’Histoire de l’Algérie”. D’autres, ironisent et déclarent que le ministère des Affaires religieuses “annoncera dans quelques minutes le début du mois de ramadan pour demain”.

Des internautes ne manquent pas de se moquer du gouvernement algérien, estimant que cette décision souligne “la panique” des autorités face aux manifestations contre le 5e mandat. Ils estiment que cette mesure sera “contre-productive” puisque les étudiants “se consacreront aux manifestations”.

Les concernés, étudiants et universitaires, eux, sont également surpris. Néanmoins, beaucoup ont vite décidé de réagir pour exprimer leur refus contre ces vacances. Ils dénoncent une “décision arbitraire”, qui “n’est pas dans les intérêts des étudiants”.

Des enseignants s’engagent ainsi à dispenser leurs cours durant cette période, “voire gratuitement”.

Les étudiants, eux, s’ils sont tous contre cette décision, divergent quant à la manière de protester. Certains appellent à des marches tandis que d’autres appellent à se rendre dans les facultés et d’assister au cours, de manière normale.

A l’université de Bouira, des dizaines d’étudiants se sont déjà rassemblés à l’entrée du rectorat.

Source Journal HuffPostMaghreb

L’entourage de Bouteflika envisagerait un report de l’élection

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L’élection présidentielle en Algérie prévue pour le 18 avril pourrait être reportée de 10 à 12 mois, signale ce samedi le site d’information Tout sur l’Algérie se référant à ses sources.

Sur fond de manifestations contre un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, l’entourage du Président algérien devrait proposer un report de l’élection présidentielle de 10 à 12 mois, relate le site Tout sur l’Algérie (TSA).

D’après le média, une telle suggestion sera faite lors d’une réunion du cercle rapproché de Bouteflika qui aura lieu ce samedi ou dimanche afin d’évaluer la situation après la nouvelle mobilisation du 8 mars.

En outre, toujours selon TSA, l’entourage compte «répondre favorablement à la principale revendication des manifestants», à savoir le renoncement du Président à un cinquième mandat.

«Il accompagnerait cette proposition d’une série de garanties destinées à montrer sa bonne foi: mise en œuvre anticipée des derniers engagements du Président dont la Conférence nationale et la révision de la Constitution, constitution d’un gouvernement technocratique d’union nationale.»

Le média précise que le pouvoir n’a pas encore dévoilé ses intentions exactes, mais «il est peu probable qu’il accepte d’être exclu du processus, ce que réclame une partie de l’opposition».

Le 8 mars, des centaines de milliers de manifestants sont descendus pour le troisième vendredi consécutif dans les rues d’Alger et des grandes villes d’Algérie pour demander au Président Abdelaziz Bouteflika de ne pas présenter sa candidature à un cinquième mandat.

 

Source Journal Sputnik

France : Mélenchon évoque les manifestations en Algérie

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Mélenchon président du mouvement  « la France Insoumise » évoque dans une vidéo publiée sur le mur de sa page Facebook, les manifestations en Algérie.

Dans cette vidéo, il loue au passage le caractère #Pacifique et le civisme dont font preuve les algériens, il évoque aussi la retenue et le professionnalisme des forces de l’ordre et fait un parallèle avec ce qui se passe en France, notamment avec la crise entre Macron et les Gilets Jaunes

 

 

 

Par la rédaction