Chronique. L’argent sale
Algérie. Le général Gaïd Salah doit céder sa place
Par Youcef Zirem, écrivain ( dernier livre paru : La Cinquième mascarade, aux éditions Fauves à Paris )
Algérie. Le mouvement populaire en cours n’est pas là pour effacer nos divergences
Maghreb étrangeté et amazighité. Fiche de lecture

Les Émirats arabes unis, le coffre fort du pouvoir algérien !
Forte des liens financiers tissés avec les clans au pouvoir en Algérie, la monarchie pétrolière émiratie œuvre dans les coulisses pour favoriser l’instauration d’un régime fort en Algérie. A l’égyptienne.
Principaux alliés de la monarchie saoudienne et interlocuteur privilégié de l’administration Trump au Moyen Orient, les Émirats arabes unis (EAU) ont été à l’origine, ces dernières années, d’une diplomatie extrêmement agressive, mais jamais proclamée et toujours dissimulée. Cette discrétion légendaire des Émirats contraste avec la stratégie médiatique de leurs frères ennemis du Qatar. Lesquels, lors du printemps arabe, ont toujours proclamé haut et fort leurs choix diplomatiques pour le meilleur et pour le pire.
Une machine à cash
On a vu le prince héritier et ministre saoudien de la Défense, Mohamed ben Zayed Al Nahyane, surnommé MBZ, à l’oeuvre en Egypte lorsque les Emirats ont soutenu en 2013 le coup d’État du maréchal Sissi et en Libye, où le maréchal Haftar n’a rien à lui refuser. La diplomatie émiratie est également très active en Tunisie, où elle intrigue pour mettre fin au processus démocratique né du départ du général Ben Ali en 2011. Les EAU sont présents également au Soudan et tout récemment en Mauritanie, où le président Aziz ne refuse pas leurs avances et leurs gâteries. Dans la guerre sanglante du Yémen, les troupes des EAU interviennent avec une brutalité inégalée. Ce qui vaut à MBZ lune plainte à Paris pour « complicité de crime de guerre » déposée par six citoyens yéménites.
Devenue une formidable machine à blanchir l’argent sale, la monarchie pétrolière s’est toujours montré accueillante, ces dernières années, pour abriter, dans ses banques de Dubaî ou d’Abou-Dhabi, les comptes discrets de nombreux dirigeants du monde arabe, maghrébin et africain.
Grace aux liens étroits qu’ils ont tissés aussi bien avec le clan Bouteflika mais ausis avec le chef d’état major, Gaïd Salah, les Emiratis jouent un rôle particulièrement trouble mais décisif dans la crise que traverse aujourd’hui l’Algérie. Le seul objectif de cette monarchie rétrograde est de freiner le mouvement populaire algérien et d’oeuvrer en Algérie en faveur d’un régime musclé, comme celui du maréchal Sissi en Egypte.

Un tweet en forme d’aveu
« Les Emiratis tombent, les Boutef tombent aussi ». « Attention aux trois diables: la France, les Séoudiens et les Emiratis, les plus sournois ». « Nous disons aux Emirats, ne surfez pas sur la vague ». Les manifestants qui défilent en masse, chaque vendredi, dans les principales villes algériennes ne sont pas dupes du jeu trouble de leurs « frères » du Golfe. De nombreuses banderoles dénoncent l’ influence néfaste des émiratis, leur penchant pour la corruption et leur alliance avec le camps Bouteflika.
Voici quelques jours, un échange de tweets entre deux conseillers influents des monarchies pétrrolières dévoilait les intentions cachées du pouvoir émirati. Turki Al Hammad, l’éminence grise du Premier ministre séoudien, Mohamed Ben Salmane, dit MBS, est un universitaire connu dans l’ensemble de la péninsule d’Arabie pour son ouverture d’esprit. Au lendemain des manifestations du 8 mars en Algérie et des annonces qui vont suivre, cet intellectuel libéral est impressionné par la présence féminine et le rôle déterminant de la femme dans les mobilisations algériennes. Ce dont témoigne le tweet qu’il rédige alors. « Le retrait de Boueflika est constructif, mais l’institution militaire va-t-elle en faire autant ? C’est la question la plus importante ». Ce qui lui vaut une réplique immédiate d’Abdel Khaleq Abdellah, un des principaux sherpas du prince héritier émirati MBZ : « L’armée ne partira pas, seule compte la stabilité de l’Algérie. Ce n’est pas le moment pour un retrait des militaires ».
L’aveu est de taille. Le pouvoir émirati fait confiance à Gaïd Salah pour maitriser la colère populaire. Ce n’est pas un hasard si, lorsqu’il rentre précipitamment des Emirats lors des premières manifestations de rue en Algérie, le chef d’état major, sur un ton martial, met en garde les manifestants sur les risques de troubles et soutient ouvertement le camp présidentiel.
L’échange sur internet des deux sommités de la péninsule arabique provoque un déchainement de tweets. On voit s’opposer partisans et opposants de l’implication des Emiratis et de leurs alliés séoudiens dans les politiques internes des pays arabes. Des opposants égyptiens, turcs, mais aussi marocains et mauritaniens dénoncent explicitement l’ingérence des EAU dans la crise algérienne. Du moins jusqu’à ce que les deux tweets qui ont mis le feu aux poudres disparaissent d’internet, l’aveu que l’intusion des Emirats dans la politique algérienne est un sujet plus que d’actualité.
L’idylle entre Bouteflika et les Ben Zayed
L’étroitesse des relations entre Abdelaziz Bouteflika et la dynastie des Ben Zayed est un secret de polichinelle. Elle remonte aux années 1980 lorsque les Emiratis accueillaient le futur président algérien en pleine traversée du désert et arrondissaient ses fins de mois. Parvenu aux affaires en 1999, Bouteflika n’est pas amnésique.
Certes, sur le plan diplomatique, Abdelaziz Bouteflika conservera comme président une indépendance certaine vis à vis des monarchies pétrolières. Le président algérien a toujours refusé de choisir entre les frères ennemis du Golfe et a su, malgré sa proximité historique avec les Ben Zayed maintenir des relations cordiales avec le Qatar. En Libye et en Tunisie, Alger se montre favorable à des solutions de compromis avec les Frères Musulmans contrairement au positionnement guerrier des EAU/
En matière industrielle et finacière en revanche, cette prudence n’aura pas été de mise. La présence des Emiratis en Algérie doit tout à l’arrivée de Bouteflika au pouvoir en 1999.
Ainsi, les Emiratis qui ont une stratégie constante de conquête des installations portuaires à travers le monde se sont vu octroyer le marché de la gestion du Port d’Alger en un temps record, alors qu’il s’agit d’un secteur stratégique dans la gestion des flux commerciaux qui fut longtemps la chasse gardée des services de renseignement de l’ex DRS. Le pouvoir algérien a confié, dans un deuxième temps, à un groupe émirati, la Sraem, présidée par Mohamed Al-Cheebane, un proche de MBZ, l’essentiel du marché du Tabac. Cet homme d’affaires choyé à Alger occupe à l’année une suite royale à l’hotel Sheraton où il reçoit beaucoup.
D’après des sources de Mondafrique, le puissant groupe gazier algérien, la Sonatrach, a créé en 2008 une banque aux Emirats. Un capital de deux milliards de dollars, qui s’est depuis perdu dans les sables, a été attribué à ce qui apparait comme une coquille vide. Sans doute ces fonds étaient destinés à aider les EAU à affronter la grave crise immobilière qui eut lieu dans ces années là.
Le flirt avec Gaïd Salah
Le clan Bouteflika n’est pas le seul à disposer quelques entrées à Abou Dhabi. Le patron de l’armée algérienne, Gaïd Salah, fort des onze milliards de commandes d’armement chaque année, est fort bien reçu aux Emirats. C’est sur une injonction de Bouteflika en 2012 qu’une coopération militaire s’instaure entre les deux pays. La monarchie pétrolière tape l’incruste dans un projet de coopération entre l’ANP (Armée Nationale Populaire) et le groupe allemand Mercedes Benz pour produire des blindés « NIMR ». Le Groupe Emirati Tawazun conclut ainsi un accord avec le Groupement pour la promotion de l’industrie mécanique (Epic-Gpim) du ministère algérien de la Défense nationale.
Cet accord ne répondait pas aux options stratégiques de l’ANP avec l’industrie militaire allemande soucieuse d’élargir la coopération à d’autres domaines complémentaires, notamment la Marine. Aucun haut gradé n’avait eu le courage de contester des oukases présidentiels mettant en danger les intérêts stratégiques et de défense.
Dans la foulée de ces petits arrangements industriels, les banques émiraties abritent les modestes économies de nombreux oligarques algériens, qui se chiffrent en centaines de millions de dollars. On note la présence fréquente aux Emirats d’Ali Haddad, patron des patrons mais surtout tirelire du clan Bouteflika, ou des frères Kouninef, le plus fidèles alliés et complices du frère du Président, Saïd Bouteflika. On note que la famille et les proches du chef d’Etat Major, Gaïd Salah, dont son petit fils Adel, ont également pris racine dans ce paradis fiscal exemplaire.
Autant de liens financiers opaques tissés à Dubai et à Abou Dhabi qui pourraient contribuer à expliquer l’unité de façade qui existe depuis le début des mobilisations populaires en Algérie, entre le clan Bouteflika et le patron de l’armée algérienne, Gaïd Salah.
Source Relais-Média
Instrumentalisation de la lutte contre la corruption : un danger pour la démocratie et l’État de Droit
Algérie. Le recours à la répression susceptible d’entraîner le pays dans le chaos, avertit ICG
Alors que des millions d’Algériens manifestent pacifiquement en masse dans les rues du pays pour réclamer un changement de système, l’International Crisis Group a mis en garde, ce vendredi 26 avril, contre toute tentation répressive de la part du régime qui déboucherait sur le chaos.
Dans une note, le centre de réflexion, qui évoque un « tournant répressif », estime que les nouveaux tenants du pouvoir doivent donner des signaux de changement et engager un dialogue avec le mouvement de protestation qui ne faiblit pas malgré les mesures répressives et les dernières annonces faites par le régime, notamment les limogeages de certains responsables et les poursuites judiciaires contre des hommes d’affaires.
« Malgré des contre-mesures répressives, les protestataires n’ont montré aucun signe de faiblesse » et « les protestations ne cessent de s’amplifier », constate ICG qui souligne que le mouvement de protestation ne fait que s’amplifier.
Tout montre que les Algériens « n’arrêteront pas de protester, même si la répression s’intensifie, tant que les autorités n’auront pas adressé des signaux clairs indiquant qu’elles sont prêtes à rompre avec le passé », ajoute le centre de réflexion.
« En l’absence de signaux clairs indiquant que le régime est en train de démanteler son propre appareil, le dangereux cycle de protestations de masse entrainant des réponses répressives suscitant à leur tour des mobilisations plus importantes va probablement se poursuivre », écrit ICG.
Parmi les « signaux » suggérés par ICG, la dissolution du Parlement et le report de l’élection présidentielle, fixée au 4 juillet. Le régime devrait « surtout engager immédiatement un dialogue avec des dirigeants de la société civile acceptés par les manifestants » pour « parvenir à un accord sur les grandes lignes d’une transition politique qui permettrait de rétablir la confiance et de prévenir l’entrée dans un cycle de violence incontrôlée », estime le centre.
Selon ICG, le régime a tenté de tirer profit de l’absence de leadership pour essayer de le contrôler et de le diviser à travers notamment « une campagne anti-corruption ».
« Au lieu de rassurer les manifestants sur la disposition des autorités à combattre le fléau de la corruption, que ce soit dans le camp des partisans de Bouteflika ou dans celui de ses opposants, beaucoup pensent que cette campagne anti-corruption est un prétexte pour que le régime reprenne pied, se lance dans une purge interne ou quelque chose de similaire, sans pour autant faire quoi que ce soit de concret afin d’éradiquer la corruption en son sein même », souligne le centre de réflexion.
« Face au risque d’un affrontement sanglant et déstabilisant, la meilleure voie à suivre devrait comporter les trois éléments suivants : un engagement mutuel en faveur de la non-violence ; un dialogue régime-citoyen qui englobe les principaux secteurs de la société ; et, à travers cette discussion, l’avancement vers la satisfaction des principales demandes des protestataires, tels que décrites plus haut, tout en garantissant au régime qu’il ne sera pas la cible de représailles l’acculant à une impasse », poursuit-il.
« L’Algérie de l’après-Bouteflika se trouve à une étape charnière », estime le centre qui met en garde contre la répression.
« L’Algérie de l’après-Bouteflika se trouve à une étape charnière. Elle pourrait s’engager sur la voie de réformes substantielles et de mesures originelles capables de changer le système. Sans quoi, le régime pourrait renouer avec ses tendances autocratiques et répressives. Ce dernier scénario finirait par entraîner l’effondrement du régime, mais le coût humain n’en serait que trop élevé », avertit ICG.
« L’option la plus sûre et la plus raisonnable serait l’établissement d’un dialogue ouvert entre le régime et des représentants du mouvement sur les conditions d’une transition globalement acceptable. Celle-ci prendrait en considération les préoccupations les plus immédiates des manifestants tout en garantissant au régime que des représailles ne le viseraient pas. Élaborer et mettre en œuvre une telle transition tient de l’impossible, mais maintenant que l’Algérie s’est lancée dans l’après-Bouteflika, il ne semble pas y avoir de meilleure alternative », conclut-il.
Source TSA
Karim Tabbou. Entre populisme, radicalisme et succès
Beaucoup croient ou feignent de croire que c’est uniquement le populisme qui fait le succès de Karim Tabbou ignorant ou faisant semblant d’ignorer d’autres paramètres qui construisent la stature d’un homme politique: le passé, la réputation et les actions politiques courageuses.
Le passé de Tabbou n’accuse aucun fait négatif, sa virginité politique parle de lui même. Sa réputation d’homme simple, honnête et présent parmi les pauvres aussi. Il n’a jamais fait partie de cercles douteux ou de lobbys qui l’auraient entraînés dans des affaires financières louches ou des compromis politiques contraires à la conscience populaire que je lie directement à ce que Sigmud Freud appelle, la mémoire collective. Cette notion selon laquelle un évènement négatif ou oppressif ne disparaît jamais de la conscience populaire même au fil du temps mais qui reste comme enfuis à jamais dans la mémoire. Par ricochet on peut aussi bien inscrire cet événement sombre sur le curriculum vitæ de la personne. Ce CV symbolique n’est pas enregistré dans les administrations officielles mais uniquement dans cette mémoire du vox populi qui détermine la popularité et le succès dans l’urne le moment opportun.
Au contraire Karim a fait partie de l’un des plus prestigieux parti politique d’opposition de l’Algérie; le FFS, une école des droits de l’homme et des libertés d’expression dont il a été injustement exclu mais qui en définitif lui a rendu indirectement le plus grand service, car c’est à partir de cette période là que ce dernier s’était forgé sa propre carapace de vrai soldat politique.
Son premier succès politique au niveau NATIONAL remonte justement à cette journée mémorable, d’il y’a environ trois mois lorsque ce conglomérat dit d’opposition s’était réuni au siège de Abdellah Djabllah dans le but de trouver une issue aux premières manifestations populaires. On se souvient que Tabbou avait quitté la table des négociations en sortant furieux, dénonçant devant les médias des pratiques dépassées et accusant cette même opposition d’avoir un retard biologique par rapport à la demande du Hirak et du peuple.
Un acte qui paraît anodin, mais par lequel Tabbou a prouvé son attachement et son allégeance au mouvement populaire. Son action a été largement saluée comme un respect et une inclinaison au mouvement citoyen dans la rue, refusant ainsi de cautionner des décisions contraires à la légitimité populaire. Aussi par cette action, le plus jeune politicien algérien venait sans se rendre probablement compte de dévoiler à la face des manifestants, le jeu trouble de la dite opposition qui tout simplement cherchait à cautionner un plan concocté par le laboratoire du régime honni d’Alger. Bien sûr, une fois le plan déjoué grâce à ce jeune loup qui venait comme on dit chez nous, gratter » le peuple », là où cela le démangeait, il ne restait plus à ses adversaires et concurrents politiques que de jeter l’anathème sur lui en lui collant cette étiquette de populiste pour cacher leurs inepties et leurs manques d’initiatives.
Ceci dit, Il est totalement faux de croire que sa façon de parler, de critiquer ou de pousser le bouchon plus loin d’où parfois se mêle l’animosité et l’énervement avec des gestuelles soit du populisme. À mon sens c’est au contraire une force de caractère qui se traduit par sa ténacité et sa « radicalité » dans la perception des évènement, c’est ce qu’on appelle un caractère d’opposant. Ce caractère d’opposition a servi Hocine Aït Ahmed qu’on a traité d’ailleurs de populiste également.
Le plus édifiant de la réussite politique de Karim est justement son opposition radicale au pouvoir mafieux et ses relais. Sa radicalité est son crédo et son opposition tout son patrimoine. Car plus on est opposant à un régime plus on a l’estime du peuple, plus on est radical envers le régime plus on est aimé du peuple, cela renvoie à cette radicalité de YETNEHAW GA3.
C’est justement cette image de radicalité et non de son qui fait la réussite de Tabbou et cela s’est encore amplifié lorsqu’il s’est mit à critiquer directement le chef d’État major Ahmed Gaïd Saleh le mettant devant le fait accompli et en le responsabilisant en cas de dérives, au moment où d’autres politiciens s’adressaient au ministère de l’intérieur ou par défaut à l’institution militaire.
Tabbou a contribué d’une façon ou d’une autre à éveiller la conscience populaire qui s’investissait dans le khawa khawa croyant naïvement à l’intervention du militaire dans le rétablissement de la démocratie. D’ailleurs il avait adressé au chef d’État major une lettre ouverte – mi mars – l’enjoignant à remettre le flambeau du pouvoir à la jeunesse pour éviter le pire au pays. Tout ceci dénote d’une pression politique radicale dont les desseins concordent avec les attentes des populations qui aspirent à vivre librement et qui voient en ce jeune politicien un homme capable de traduire leurs aspirations au réel.
Pour finir, il ne suffit plus de lancer des théories et des écrits journalistiques avec deux petites conférences, ça et là pour se définir opposant et apte à mener une transition, les débats de salons et autres flagorneries sans lendemain et sans leur mise en œuvre avec la complicité des populations reviennent aussi à de la fantasmagorie et à du pur populisme. Le populisme a plusieurs facettes et ne le confondons pas avec des actions percutantes réussies d’un jeune opposant, peut-être un peu emporté par un simple excès de zèle.
Donc une pratique vaut mille théories et sans théorie la pratique risque de s’amenuiser. Par conséquent Karim Tabbou semble tout simplement profiter des théories et des analyses combien justes de feu Hocine Aït Ahmed dont il est à mon avis le fils spirituel.
Algérie. Acte 10 de la révolution populaire pacifique… Le Hirak continue
HONNEUR A LA SAGESSE CONSCIENTE DU PEUPLE
« On dit que le lait des chamelles du sud aurait des vertus que n’a pas celui des vaches « folles »du nord, sur le développement de la patience, de la clairvoyance, de la conscience nationale et de la sagesse. «
En ce 10 eme vendredi de « l’insurrection citoyenne »,et pour paraphraser cette « boutade » et l’adapter à la situation d’aujourd’hui, nous pouvons affirmer sans risquer de se tromper ,que le peuple d’en bas révolté a développé de la « patience, de la « clairvoyance »,de la »conscience nationale » et de la « sagesse » face à la folie et à l’inconscience du peuple d’en haut représenté par le pouvoir de fait actuel et ses affidés !
Ceci se vérifie chaque jour depuis le début du mouvement populaire contre le système dans tout le pays. Et tous les discours des Tartuffe du pouvoir , les manipulations des chaines de télévision et des relais informels n’y ont rien changé ! Bien au contraire !
Des interventions dans le pur style Brejnévien qui ne peuvent déclencher que les applaudissements d’un auditoire généralement « cachirisé ». Et pendant toute la durée de leurs speech ,ils ne cessent de plaider la défense de la parole et du choix du peuple qui ne peut être assuré que par le pouvoir qu’il représentent(Gaid,Bensalah,
Malheureusement la réalité du terrain est tout autre. Une réalité constituée d’une part par un sursaut populaire inédit, et d’autre part par des provocations et manipulations multiformes visant à mater cette résistance citoyenne, et à bâillonner son épanouissement. Car, ce qui a fait peur au pouvoir dans cette « Révolution du sourire », c’est l’effet boule de neige d’une demande de changement pacifique du système qui risquerait de mettre en danger l’existence du système clanique !
Pour l’histoire, et conviction partagée par une grande majorité d’Algériens, si à l’indépendance du pays en 1962, la sagesse du peuple avait été sollicitée pour gérer les affaires publiques, la folie du « clan d’Oujda »qui s’en était chargé alors, ne se serait pas obstiné à conduire le pays à la régression et tragédie actuelles !
Certainement que la sagesse du peuple n’aurait jamais permis l’émergence de la dictature militaro-politico-économique prédatrice des richesses nationales, ni accepté la confiscation de la souveraineté populaire, encore moins l’atteinte à la dignité humaine et aux droits de l’homme.
C’est une évidence aussi que la sagesse du peuple n’aurait jamais autorisé la répression des délits d’opinion, ni les élections frauduleuses à la Naegelen, encore moins la corruption généralisée. Comme elle n’aurait pas permis le coup d’état imposant un 4 ème mandat contre la volonté de la majorité des citoyennes et citoyens, aspirant au changement.
Plus prés de nous, cette même sagesse du peuple n’aurait pas permis le passage en force de toutes les lois liberticides, ni les attentats prémédités et répétés contre la volonté populaire au travers les coups de force constitutionnels de 2008 et 2016.
Enfin, cette légendaire sagesse du peuple n’aurait pas rejeté et diabolisé toutes les propositions de sortie de crise de l’opposition démocratique nationale . Des offres de dialogue pour une transition démocratique en Algérie qui éviterait au pays le statuquo mortel actuel et prélude à l’effondrement de l’état !
C’est pour tout cela, que nous osons dire aujourd’hui, que « sa majesté le peuple »continue à nous infliger une véritable leçon de conscience citoyenne à même d’accélérer le processus historique de changement inéluctable qui éviterait le pire à la nation.
Espérons seulement, que le cerveau du système soit contaminé par cette sagesse populaire .
DR AMOKRANE Lakhdar











