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mardi 10 mars 2026
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Scandale de la présidentielle : Retour aux anciennes méthodes de fraude électorale

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La Cour Constitutionnelle vient de proclamer la victoire d’Abdelmadjid Tebboune avec 84,30% des 9.461.428 voix exprimées en faveur des trois candidats, soit avec 7.976.291 voix. Suivi d’Abdelali Hassani Chérif avec ses 904.642 voix (9,56%) et enfin Youcef Aouchiche et ses 580.495 électeurs (6,14%). Le nombre de suffrages exprimés est passé de 5.630.196 (23,12%) sur les résultats provisoires annoncés par le président de l’ANIE, à 9.461.428 (38,85%). En rajoutant les 1.764.637 bulletins nuls, on obtient un taux de participation de 46,10%. Un taux très proche de la moyenne des taux de participation des wilayas.

Comment expliquer que le nombre d’électeurs ait double entre le moment de la proclamation des résultats provisoires et l’examen des PV par la cour constitutionnelle ? Serait-il possible que 5,6 millions d’Algériens aient voté entre le 8 et 13 septembre ? Evidement la réponse est non ! Comment peut-on expliquer ce que beaucoup d’Algérien appellent déjà, le « braquage à l’Algérienne », en référence au célèbre film « braquage à l’italienne » ?

Sans surprise, la cour constitutionnelle a décidé de gonfler d’une manière exponentielle les résultats des élections présidentielles du 7 septembre. Après l’échec de la tentative de fraude « intelligente » et moderne qui consister à induire en erreur l’opinion publique nationale, sans réellement donner de fausses informations, le pouvoir est revenu aux anciennes méthodes de fraude électorale.

En effet, après l’échec de Mohamed Chorfi, président de l’autorité nationale indépendante des élections (ANIE), a berner l’opinion publique nationale avec des chiffres biaisés en révélant non pas le taux de participation mais la moyens des taux par wilaya, le pouvoir a décidé d’instrumentaliser la cour constitutionnelle pour revenir aux anciennes méthodes de fraude électorale, notamment à travers la falsification des procès-verbaux des délégations de wilayas de l’ANIE.

Dès que l’ensemble des Algériens avait débusqué la supercherie de Chorfi, le régime représenté par Tebboune, avec l’aide des deux candidats-lièvres n’a pas manqué de préparer un plan B, en falsifiant les PV des délégations wilayales de l’ANIE. Pas besoin de bourrage des urnes, puisque les deux candidats n’allaient pas contester la victoire de Tebboune, mais plutôt le nombre de voix qui allaient leurs être accordées par le pouvoir. Un taux de participation plus élevé est synonyme d’un plus grand nombre de voix pour les trois participants à la présidentielle. Les deux lièvres pourront quant à eux assurer grâce à cette fausse représentativité populaire de leurs partis respectifs, des quotas supplémentaires aux niveaux des assemblées nationales et locales. Du gagnant-gagnant !

Présidentielle : « La mandature de Tebboune a accentué l’isolement du régime »

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Dans un communiqué rendu public ce vendredi 13 septembre, le RCD a estimé que « le rejet populaire massif et historique du scrutin présidentiel du 07 septembre dernier » a révélé que « la mandature de Abdelmadjid Teboune a accentué l’isolement du régime vis-à-vis de toutes les couches sociales du pays, la jeunesse, les classes défavorisées et les agents économiques non clientélisés ». Le parti de Atmane Mazouz s’est, par ailleurs, exprimé sur la chasse aux sorcières et les règlements de comptes qui régissent les relations aux plus hauts sommets de l’Etat, sous couvert de « lutte contre la corruption ». Selon le parti, le peuple a dit son mot : « passez la main pour préserver le pays de l’abime ».

Les cinq ans qui devaient servir à répondre aux aspirations légitimes du Hirak ont été utilisés par le régime pour réprimer, en mode « tout sécuritaire » avec une justice « privatisée ». « L’un se charge de semer la peur et la terreur au sein des populations à tous les niveaux de l’échelle sociale et l’autre à exécuter les désidératas des décideurs », précise ledit communiqué.

Le RCD n’a pas manqué de rappeler le climat de terreur imposé par le pouvoir, notamment à la veille des élections. « Des familles, voire, des régions entières, ont vécu dans l’angoisse devant les descentes  musclées, y compris la veille de l’élection, des services de sécurité pour arrêter à tour de bras des citoyens dont le seul tort est d’avoir exprimé la volonté et le désir de vivre dans leur pays, libres, dans la paix et la sécurité. Tout au long de cette période, l’espoir des victimes d’un retour à la raison est battu en brèche, chaque jour, par les règlements de comptes interminables dans la hiérarchie des gardiens du système politique, faisant même craindre le pire sur la pérennité de l’Etat national », lit-on sur le même communiqué.

S’exprimant sur le désespoir suscité par le système politico-militaire, le RCD estime que « l’affolement des statistiques de la Harga, de plus en plus visible dans les quartiers et les villages, est un indicateur qui ne trompe pas ».

Le RCD blâme le FFS et le MSP

Pour le RCD, il est inadmissible de cautionner et/ou d’être complice de ce scrutin liberticide. Il est également insuffisant de boycotter l’événement, car cela pour être interpréter comme une simple démission civique et politique. La solution serait donc, la dénonciation de ce rendez-vous, ces résultats et tout ce qui s’en suit.

Le parti fondé par Said Saadi n’a pas manqué de blamer les deux lièvres ayant servi à cautionner la victoire de Tebboune, à savoir le FFS et le RCD à travers leurs présidents respectives Youcef Aouchiche et Abdelali Hasani Cherif. Le communiqué est revenu sur la création de l’ANIE par l’ex-chef d’état-major, Ahmed Gaid Salah, dans le but d’effectuer un coup de force contre la volonté populaire à travers des élections massivement rejetées le 12 décembre 2019.

Le parti met en garde sur la possibilité que des « puissances intéressées peuvent trouver profit dans cette fragilité institutionnelle dans une conjoncture de bouleversements internationaux et d’implication de forces militaires étrangères à nos frontières » et appelle ceux qui sont en charge des décisions politiques à régler l’absence de légitimité flagrante de la haute instance de direction constitutionnelle, par un processus pensé et mis en œuvre par les forces patriotiques, à travers un débat national libre.

Se montrant fédérateur, le RCD appelle à l’union de toutes les forces vives de la nation. « Conscient de la gravité du moment, le RCD estime que l’issue positive relève de la mobilisation des forces patriotiques quelles que soient leurs bords politiques dans l’opposition, les syndicats, la société civile en général et à l’intérieur du pouvoir », appelle le RCD. 

« Les premières mesures à prendre dans cette voie sont la libération des prisonniers politiques et d’opinion, l’ouverture du champ politique et médiatique et l’abrogation des lois liberticides », conclut le communiqué du RCD, avant d’annoncer la tenue de l’université d’été du parti, ainsi que d’une conférence de presse à la mi-octobre.

7 morts dans une collision entre un bus et une voiture à Touggourt

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Sept (7) personnes ont trouvé la mort dans un accident de la circulation survenu jeudi matin au niveau de la route nationale (RN-3), sur le territoire de la commune d’El-Hadjira, wilaya de Touggourt, ont rapporté les services de la protection civile (PC). L’accident s’est produit suite à une collision suivie d’un incendie entre un bus de transport des voyageurs, assurant la ligne Guelma/Hassi-Messaoud, et un véhicule touristique, plus précisément au niveau du point kilométrique (PK-50), sur le territoire de la commune d’El-Hadjira, causant la mort de sept personnes (trois femmes, deux hommes et deux enfants), selon un bilan préliminaire, a déclaré à l’APS le chargé de la communication à la direction de la protection civile de Touggourt, Hamza Belarabi. Les opérations de secours et d’évacuation des victimes se poursuivent sur place par les agents de la protection civile, et la gendarmerie nationale (GN), selon la même source.

Hakim Arezki, de survivant du printemps noir à champion paralympique de France

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Depuis la victoire de l’équipe de France face à l’Argentine en finale des Jeux Paralympiques, Hakim Arezki ne cesse de faire parler de lui. Ce défenseur de Cécifoot et médaillé d’or est un rescapé du Printemps Noir de 2001 en Kabylie. « À aucun moment je ne me suis dit que j’allais m’en sortir et que j’allais faire du foot », a-t-il réagi à une question dans l’émission C à vous. Originaire d’Azazga, à Tizi Ouzou, Hakim Arezki était étudiant lorsqu’il a participé aux manifestations du printemps noir de 2001, sévèrement réprimées par les autorités. Les forces de l’ordre de l’époque avaient tiré sur les manifestants à balles réelles, faisant au moins 128 morts, principalement des jeunes. Hakim avait reçu « une balle qui s’était logée dans son crâne et une autre dans la cheville », a-t-il confié à France Culture. Il a été rapatrié en France par son père pour se faire soigner.

Âgé de 41 ans aujourd’hui, ce survivant est désormais médaillé d’or aux Jeux Paralympiques. Hakim est également musicien. Chanter et jouer de la guitare et du piano ont été pour lui une forme de thérapie pour surmonter cette épreuve. Accordeur de piano, Hakim Arezki prépare actuellement son troisième album.

Résultats de la présidentielle : « Le Hirak silencieux a dit son mot »

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Abdelaziz Rahabi a réagi, ce mardi 10 septembre, aux résultats de la mascarade électorale et à la polémique entourant les chiffres révélés par Mohamed Chorfi et ceux souhaités par les candidats, avec à leur tête l’actuel locataire d’El Mouradia, Abdelmadjid Tebboune.
Cette présidentielle anticipée était l’occasion pour Tebboune d’obtenir une légitimité, ou du moins d’en donner l’impression. Mais le taux de participation le plus bas de l’histoire des présidentielles en Algérie, révélé par le président de l’Autorité nationale indépendante des élections, n’a pas arrangé les affaires d’un chef d’État souffrant du syndrome du président mal élu.

Abdelaziz Rahabi réagit

L’ancien ministre et diplomate, Abdelaziz Rahabi, a une nouvelle fois rompu son silence, ce mardi 10 septembre, pour donner son avis et sa lecture des résultats de la présidentielle. S’exprimant sur la plateforme X, à travers un bref tweet, Rahabi a estimé que « Le Hirak silencieux a, enfin, dit son mot ». Il a ajouté : « Ce que j’ai toujours craint et déploré a fini par se produire : le pays est entré dans une phase de non-gouvernance à cause de la non-satisfaction des revendications principales du Hirak (justice, liberté, lutte contre la corruption) et de la fermeture des champs médiatique et politique. »
En quelques mots, l’ancien ministre, connu pour ses positions pro-Hirak, a résumé la situation et la crise dans laquelle le système se débat.

Résultats de la présidentielle : Djilali pointe l' »échec de la démocratie »

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Le président de Jil Jadid, Sofiane Djilali, est sorti de son silence, ce mardi 10 septembre, pour critiquer les résultats de l’élection présidentielle anticipée.

Après un très long silence, depuis la participation malheureuse de son parti aux élections législatives de 2021, Sofiane Djilali est revenu sur la scène politique pour balancer quelques vérités. Dans une déclaration qu’il a signée au nom de son parti, Djilali affirme que « Les élections présidentielles du 7 septembre révèlent avant tout l’échec de la démocratie dans le pays » et que « l’État doit ouvrir une véritable concertation pour réviser en profondeur les principes de fonctionnement du régime politique actuel ».

Le parti a par ailleurs estimé que « l’abstention de 19 millions d’Algériens montre une perte de confiance du peuple envers les institutions politiques, ce qui constitue une menace pour la sécurité de l’État » et que « la démission du peuple du processus politique est le résultat d’une accumulation d’erreurs du régime depuis 1989, tout en notant également l’échec de l’opposition à mobiliser les citoyens ».

« La crise politique est inévitable à terme si l’origine du mal-être de la nation n’est pas traitée. Le Président Tebboune, reconduit pour un deuxième mandat, doit voir dans ce scrutin une manifestation claire des défaillances politiques graves du système de gouvernance », met en garde Jil Jadid. Car selon lui, « la démocratie algérienne est arrivée à une impasse, et le président Tebboune doit aborder la racine de la crise politique à travers de vraies consultations et réformer le système politique ».

Le début de la solution serait selon, la même source, de « restaurer les libertés, libérer les prisonniers d’opinion, réformer la loi électorale, et reconstruire la confiance entre l’État et les citoyens ».

N’hésitant pas à utiliser les mots qu’il faut, M. Djilali prévient sur les choix qui s’offrent à l’Algérie : « soit bâtir un système politique sain, soit poursuivre dans la dictature et en assumer les conséquences ».

Présidentielle : Un échec programmé et annoncé

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Abdelmadjid Tebboune demeure au palais d’El Mouradia pour cinq années supplémentaires. Ni son manque de légitimité, ni le très faible taux de participation à l’élection ne l’empêcheront d’assumer ses fonctions de chef de l’État, de légiférer par décrets, de nommer les hauts responsables, ou de procéder au remaniement des magistrats, ministres et cadres des services de sécurité, ainsi que d’autres institutions de l’État. Sur la scène internationale, le message semble avoir été bien compris, y compris par les États-Unis et les Émirats arabes unis. Dimanche, le pays de l’Oncle Sam a salué les résultats de la présidentielle en Algérie, ainsi que la victoire écrasante de Tebboune, tout en réaffirmant son intérêt pour les relations bilatérales et son désir de continuer à collaborer avec le président Abdelmadjid Tebboune afin de renforcer ces liens au cours de son second mandat. Cela montre que, malgré le faible taux de participation et le scandale lié aux irrégularités des chiffres et à la manipulation de l’opinion publique, le « gendarme du monde » a cautionné cette réélection. De nombreux chefs d’État ont également adressé leurs félicitations, y compris le président français Emmanuel Macron, mais surtout Mohammed Ben Zayed Al Nahyan, président des Émirats arabes unis, qui, dans une démarche pragmatique de realpolitik, exprime son souhait de rencontrer Tebboune, probablement pour mettre fin à la crise diplomatique entre les deux pays et normaliser leurs relations.

Cependant, cette réélection ne signifie en rien que le scrutin a été une réussite. Loin de là ! Il s’agit d’un échec cuisant, et ce, depuis l’annonce de l’organisation d’une présidentielle anticipée. Pourquoi les décideurs ont-ils choisi d’avancer l’échéance de trois mois ? Personne ne semble avoir de réponse, et les autorités compétentes ont toujours refusé de s’exprimer sur la question. L’organisation de cette élection a donc été menée dans la précipitation, laissant beaucoup à désirer.

Dès le début, les difficultés ont émergé. De nombreux candidats potentiels ont dénoncé les obstacles et dysfonctionnements lors de la collecte des signatures de parrainage. Ni l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), ni l’administration en général, n’étaient préparées pour ce rendez-vous électoral. Beaucoup d’aspirants ont finalement abandonné, tandis que d’autres ont choisi de protester en déposant des dossiers incomplets, remplis de formulaires vierges.

La campagne électorale n’a guère été plus reluisante. Largement ignorée par la population, elle a peiné à attirer les foules lors des rassemblements. Sur les réseaux sociaux, véritables baromètres de la voix du peuple et de ses préoccupations, la campagne était quasiment inexistante. Seules les interventions absurdes et excentriques de Bengrina ont été partagées, commentées, et surtout tournées en dérision.

Les entorses aux règles de la part du président-candidat étaient multiples. Il a préféré utiliser les ressources de l’État — gouvernement, administration et hauts fonctionnaires — pour sa campagne, en leur octroyant des congés spéciaux plutôt que de les relever de leurs fonctions.

Le pire moment a sans doute été celui du scrutin lui-même, marqué par un rejet populaire massif. Ce fut une réponse cinglante à ceux qui affirmaient que Tebboune était le président le plus aimé de l’histoire de l’Algérie. La jeunesse avait donné son verdict bien avant le jour du vote. Lors d’un match au stade d’Oran, des dizaines de milliers de supporters ont scandé d’une seule voix : « Wallah ma nvoti, harraga fi boti » (je ne voterai pas, je partirai harraga dans une embarcation de fortune).

Puis arriva le jour J, le 7 septembre. Le pouvoir a reçu une véritable gifle. Les électeurs ont massivement boycotté ce que beaucoup considèrent comme une « mascarade électorale ». Le taux de participation était encore plus faible que les prévisions les plus pessimistes du système, forçant l’ANIE, dirigée par Chorfi, à recourir à des manœuvres désespérées pour tenter de maquiller cet échec en une prétendue réussite démocratique. Mais les Algériens n’ont pas été dupes face à cette manipulation des chiffres.

Cette énième atteinte à la crédibilité des élections a été aggravée par les revendications des candidats, et même du vainqueur. On aurait pu s’attendre à ce que des candidats battus contestent les résultats, mais voir des concurrents dénoncer une victoire qu’ils jugent malhonnête, tout en réclamant une révision à la hausse du taux de participation, relève du jamais vu !

Fraude électorale : Hassani Chérif accuse l’ANIE et l’administration

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Nouveau rebondissement en ce qui concerne les résultats et taux de participation révélés par Mohamed Charfi, président de l’autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Après, le communiqué de son directeur de campagne dimanche matin, puis le communiqué conjoint avec les directions de campagne des deux autres candidats, à savoir Abdelmadjid Tebboune (libre) et Youcef Aouchiche (FFS), le candidat du MSP, Abdelali Hassani Chérif est revenu ce lundi à la charge pour attaquer violement l’ANIE et son président.

Arrivant deuxième avec 178.000 voix (3,17 %) sur plus de 5.630.196 de suffrages exprimés, derrière le président sortant Abdelmadjid Tebboune, large vainqueur avec plus de 94 % des suffrages, et devant le candidat du FFS, Youcef Aouchiche (122.000 voix, 2,16 %), Hasani Chérif a animé ce lundi une conférence de presse où il a affirmé rejeter les résultats annoncés par l’ANIE.

Une réponse qui ne passe pas

Quelques heures après la publication du communiqué commun des trois candidats, et plus précisément lundi 9 septembre à 2 h 08, l’instance dirigée par Charfi a réagi en publiant une réponse à celui des trois candidats.

« L’Autorité nationale indépendante des élections prend note du communiqué conjoint publié dans la soirée du dimanche 8 septembre par les directions de campagne des trois candidats aux élections présidentielles anticipées du 7 septembre 2024. Compte tenu de la poursuite de la réception des procès-verbaux wilayales originaux pour plus de précision dans les résultats, l’Autorité nationale indépendante des élections informe les directeurs de campagne électorale des candidats ainsi que l’opinion publique qu’elle transmettra à la cour constitutionnelle les résultats contenus dans les procès-verbaux originaux dès la réception complète des documents. Elle communiquera ensuite les résultats du scrutin à l’opinion publique, conformément au principe de transparence, dans le but de préserver la crédibilité de l’ensemble du processus électoral, qui s’est déroulé dans les meilleures conditions », peut-on lire dans le communiqué.

C’était la goutte qui a fait déborder le vase pour le candidat du MSP. L’ANIE venait d’avouer qu’elle n’avait toujours pas reçu la totalité des PV, et pourtant Chorfi a donné les résultats. Comment était-ce possible ? C’est la question que se pose le candidat, qui affirme rejeter les résultats annoncés par Charfi. Le candidat avait expliqué que l’ANIE elle-même ne reconnait pas ses propres résultats, puisqu’elle avoue les avoir annoncé avant d’avoir fini de comptabiliser les votes.

« Nous avons signé le communiqué commun, car nous avons constaté qu’il y a une manipulation des chiffres. L’Anie a évoqué 48 % de taux moyen de participation par wilayas. Cest un chiffre imaginaire et illisible. Ce nest ni une théorie politique ni une théorie mathématique. Ces chiffres sont muets et ne permettent pas de faire une lecture politique ou électorale », a affirmé Abdelaali Hassani Cherif.

Le candidat accuse en outre l’ANIE de fraude électorale car, selon lui, on aurait divisé son score par trois dans le but de miniaturiser le MSP.

« L’Anie, l’administration des parties politiques sont complices de la fraude », a-t-il encore accusé. « Nous ne reconnaissons pas ces résultats qui ne sont pas réels et qui portent atteinte à l’image du pays. L’Anie s’est désavouée. D’où tient-elle ces résultats ? Qu’allons-nous dire au monde qui nous regarde ? », a-t-il rajouter.

Cafouillage des chiffres : Tebboune, Aouchiche et Hassani Chérif se plaignent de Charfi

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Les directions de campagne des trois candidats à la présidentielle du 7 septembre 2024 ont rendu public, dimanche, un communiqué commun dans lequel elles font état « d’imprécisions, de contradictions, d’ambiguïtés et d’incohérences » relevées dans les chiffres lors de l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle par le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE).

« Nous soussignées, directions de campagne des trois candidats à la présidentielle du 7 septembre 2024, Aouchiche Youcef, candidat du Front des forces socialistes (FFS), Tebboune Abdelmadjid, candidat indépendant, et Hassani Cherif Abdelaali, candidat du Mouvement de la société pour la paix (MSP), informons l’opinion publique nationale que des imprécisions, des contradictions, des ambiguïtés et des incohérences ont été relevées dans les chiffres lors de l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle par le président de l’Autorité nationale indépendante des élections », lit-on dans le communiqué.

Le texte cite, en particulier, « des imprécisions et des contradictions dans les chiffres des taux de participation annoncés et des contradictions entre les chiffres annoncés par le président de l’Autorité et les procès-verbaux de dépouillement et de concentration des voix remis par les commissions électorales communales et de wilaya ». Les directions de campagne ont aussi relevé « l’ambiguïté du communiqué d’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle, qui ne comportait pas la plupart des données essentielles des communiqués d’annonce des résultats, comme il est d’usage dans toutes les échéances nationales importantes », faisant également état d' »une incohérence dans les taux annoncés pour chaque candidat » .

Avec APS

Tebboune réélu par 21,88 % du corps électoral

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Sans surprise, l’actuel locataire du palais d’El Mouradia vient de rempiler pour un second mandat de cinq ans à la tête de l’État. Les résultats provisoires ont été annoncés dans la soirée du dimanche 8 septembre et confirment la victoire écrasante d’Abdelmadjid Tebboune (78 ans) avec un taux de 94,65 % des voix exprimées en faveur des trois candidats, contre 3,17 % pour Abdelaali Hassani Cherif, le candidat du MSP, et 2,16 % pour Youcef Aouchiche, le candidat du FFS.

Contrairement aux usages, l’autorité nationale indépendante des élections (ANIE), présidée par Mohamed Charfi, n’a pas communiqué le taux de participation, qui est probablement le plus faible de l’histoire de l’Algérie, inférieur à celui de 2019, qui était, jusqu’alors, le plus bas jamais enregistré.

Sur les 24 351 551 électeurs que compte le corps électoral, seuls 5 329 253 ont voté pour Tebboune, soit 21,88 % d’entre eux. Le taux global du suffrage exprimé en faveur des trois candidats est quant à lui de 23,12 %. C’est-à-dire que 76,88 % des Algériens ont boycotté ou déposé des bulletins nuls.

Le taux de participation maintenu secret

L’enjeu principal, pour ne pas dire unique, de ce scrutin était le taux de participation. La victoire de Tebboune était assurée et les élections n’étaient qu’une formalité destinée surtout à mettre fin à la crise de légitimité d’un chef d’État mal élu pour son premier mandat. Les tenants du pouvoir souhaitaient ainsi changer les choses et mettre un terme à cette situation. Mais le peuple en a décidé autrement. Malgré les nombreuses campagnes de propagande destinées à pousser les électeurs à aller massivement aux urnes, et l’achat de la paix sociale en multipliant les transferts sociaux (allocations de chômage, augmentation des pensions des retraités, des personnes aux besoins spécifiques et la hausse des salaires…), le pouvoir n’a pas réussi à fédérer un nombre important de personnes autour de son projet. C’est d’ailleurs ce qui a empêché Charfi de tenir sa conférence de presse le 7 septembre à 21h30 comme prévu, afin de donner le taux de participation final. Il aura fallu attendre jusqu’au 8 septembre à 00h20 pour que le président de l’ANIE tienne sa conférence et révèle des chiffres qui déguisent la réalité. Ne pouvant se permettre de révéler le taux réel, celui-ci a préféré recourir au subterfuge de la « moyenne » des taux de participation des wilayas, afin de gonfler et doper le taux réel. Ainsi et grâce à cette « astuce », les chiffres donnés semblaient supérieurs à ceux de 2019. Mais le nombre d’électeurs ayant donné leurs voix à l’un des différents candidats était cette fois-ci légèrement supérieur à 5,6 millions, contre plus de 8,5 millions en 2019. L’opacité autour des résultats et notamment le taux de participation, vise à faire croire à l’opinion publique nationale à une participation massive en faveur d’un second mandat de Tebboune. Une énième propagande en vue de débarrasser le locataire du palais d’El Mouradia de son complexe de chef d’État illégitime.