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mercredi 18 février 2026
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Hommage au militant de la cause berbère Saïd Boukhari

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Cher ami et compagnon Saïd Boukhari,

Le philosophe Aristote a dit : « la nature a horreur du vide », ce vide que tu as laissé derrière toi, je le vis, il me range, il me blesse, il me chagrine comme il arrache sans relâche les cœurs de tous ceux qui t’ont connu de près, de tous ceux qui connaissent ta valeur d’homme qui ne s’est jamais agenouillé devant l’adversaire et l’infatigable militant que tu étais durant tes 54 ans de vie riche en lutte et en honnêteté.

Une année, une année déjà que tu nous as quittés. C’était un mercredi, 22 du mois de novembre 2017, comme c’est le temps s’est arrêté pour nous. Comme c’est l’obscurité a englouti la clarté. Ta présence et ton absence sont deux mondes opposés pour tous ceux qui t’ont côtoyé.

Saïd, mon frère, mon compagnon de combat, ma référence dans l’honnêteté et la droiture, je pleure ton absence, mais j’ai un sourire aux lèvres en pensant à ton parcours sans faille dans le militantisme et pour ton amour sans limites à ta patrie et à ta Kabylie et à la culture de tes ancêtres.

J’ai aussi le sourire aux lèvres lorsque je vois tes enfants brandir ton portrait avec fierté et crier haut et fort : « nous sommes les descendants de Saïd Boukhari ». Et que dire de ta mère qui prononce ton nom avec amour et honneur « Mon Saïd ».

Cher ami, je ne peux pas parler de ton combat, car pour le cerner, il faut plusieurs ouvrages, toi qui as commencé la lutte pour Tamazight à l’âge de 18 ans encore lycéen à Delys durant le printemps berbère de 1980. Toi, qui as tout le temps lutté au sein du MCB, toi, qui étais au-devant de la scène durant les événements d’octobre 1988, lors de la grève du cartable et pendant le printemps noir de 2001. Faire l’historique de ton combat n’est pas chose aisée, alors je laisse le soin aux historiens pour que je ne sois pas injuste envers toi.

Cher Saïd, mon admiration pour ton courage a doublé en te rendant visite à l’hôpital de Tigzirt, je savais que tu n’étais pas naïf et que tu savais que ta fin approchait, mais ton sourire éternel n’a jamais quitté ton visage, c’était toi qui voulais nous donner courage pour continuer le combat pour les causes justes auxquelles tu as consacré ta vie.

L’hommage que nous t’avons rendu à la maison de la culture de Tizi Ouzou a marqué tous les esprits pour ta dignité et ta vaillance en dépit de la faiblesse de ton grand corps malade. Tu étais présent pour ceux qui te considèrent et qui t’aiment, mais au fond de moi, je savais que c’est un message fort que tu passais à ceux que tu vas quitter à jamais, de ne pas lâcher prise même dans les moments les plus terribles de la vie d’un homme.

Tu étais sur la scène de cette salle archicomble et c’était sous les applaudissements de cette foule de tous les âges et sous les youyous des femmes que tu as mis le burnous kabyle avec tout ce qu’il porte de sens. Tu savais que c’était la fin comme tous les mortels, mais tu étais conscient que ton combat vivra éternellement après toi.

Adieu mon ami et repose en paix.

Ton ami éternel Ali Aït Djoudi

 

 

Le gouvernement est accusé de « discrimination » vis à vis des étudiants étrangers

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Le gouvernement français d’Edouard Philippe est accusé de “discrimination” suite à sa décision d’augmenter plus de 20 fois les frais d’inscription aux universités pour les étudiants étrangers, dont les Algériens.

Au cours de la présentation de la stratégie de l’attractivité des universités françaises, sous le hashtag “Bienvenue en France”, le Premier ministre a annoncé lundi dernier l’augmentation des frais de scolarité des étudiants, ne résidant pas dans l’espace économique européen (EEE), dès la rentrée 2019, de 170 euros pour la licence et 243 euros pour le master à respectivement 2.770 euro et 3.770 euros.

Il a expliqué que cette hausse visait l’amélioration des conditions d’accueil et davantage de financement des bourses.

Le premier à avoir réagi à cette mesure, qui a semé le désarroi et provoqué la désapprobation des étudiants étrangers en France, est le socialiste Benoît Hamon qui a, dans un tweet, fustigé les “frais prohibitifs” qui interdisent “de facto” la venue d’étudiants africains.

“Mais assumez le hashtag #dehors plutôt que le cynique #BienvenueEnFrance (…) vous faites honte à la tradition et à la vocation de l’université française”, a-t-il écrit.

La formation politique de Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise, a accusé le gouvernement de pratiquer une politique “xénophobe” et d’organiser un “parcoursup international” favorisant les plus aisés.

Dans un communiqué sous le titre “Non à l’augmentation des frais d’inscription des étudiants étrangers !”, rendu public mercredi, la France insoumise a estimé que les premières victimes de ces mesures sont les jeunes africains qui choisissent de faire leurs formations en France et dont le degré d’aisance financière ne permet pas forcément de régler des frais plus élevés.

“Alors que Macron dit lutter contre Trump et Salvini, il érige un mur de l’argent qui repoussera hors des universités beaucoup d’étudiants, notamment venus de pays africains qui choisissaient la France pour faire leurs études”, a fait remarquer le texte, soulignant que le président Emanuel Macron “préfère privilégier ses amis les ultras-riches”.

 Les syndicats d’étudiants se mobilisent contre cette hausse

Les syndicats étudiants français, notamment la Fage (Fédération des associations générales étudiantes) et de l’Unef (Union nationale des étudiants de France) ont vivement dénoncé cette hausse des frais d’inscription.

La Fage a estimé que “ce n’est pas aux étudiants de contribuer au sous-financement de l’enseignement supérieur par l’Etat”, alors que l’Unef a considéré que cette hausse va nécessairement vers “un renforcement de la précarité sociale et une fermeture des portes de l’enseignement supérieur français”.

Elle est également “inacceptable” pour le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (SCUM) ou Génération.s Montpellier-Métropole, deux autres syndicats qui appellent à une mobilisation contre cette hausse.

Pour le Scum, cette mesure de “préférence nationale, paradoxalement justifiée pour renforcer l’attractivité du système universitaire français a été décidée de façon arbitraire sans aucune prise en compte des revenus des étudiants concernés”, alors que Génération.s Montpellier-Métropole a considéré que cette démarche “discriminante et xénophobe”, sur fond d’accueil avec le hashtag #BienvenueEnFrance, “n’est que pure sélection des étudiants étrangers”.

Dans une tribune publiée mercredi par le journal Le Monde, Hicham Jamid, doctorant en sociologie, a estimé que cette décison vient confirmer, encore une fois, “l’ambiguïté de la politique française à l’égard des étudiants étrangers”.

“Une politique qui oscille entre un désir d’attractivité, puisé dans une vision libérale marquée par l’ère de la marchandisation des systèmes d’enseignement supérieur, et une obsession de contrôle affirmée par une politique migratoire restrictive, sélective, prospérant dans une logique bureaucratique sécuritaire”, a-t-il expliqué.

Pour lui, avec cette nouvelle politique de frais d’inscriptions, “il ne s’agira plus de +Bienvenue en France+, mais plutôt +Allez ailleurs, ne venez pas en France”.

Les étudiants algériens en France, rappelle-t-on, sont parmi les plus nombreux à étudier en France avec un nombre de 30.521 contre 26.116 en 2017, selon les dernières données de Campus France.

Dans le top 25 de 2017, l’Algérie occupait le 3erang après le Maroc et la Chine avec +10 % en évolution des effectifs de 2011 à 2016.

Dans le nouveau classement, elle passe au 2erang derrière le Maroc (39.855) et devance la Chine (30.071) pour un total de 343.400 étudiants étrangers ayant choisi la France pour suivre des études pour l’année universitaire 2017-2018.

APS

Merouane Boudiab a quitté l’Algérie: « J’étais en danger, je n’ai plus confiance en la justice »

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Emprisonné début novembre puis libéré tout comme son collaborateur, le journaliste Abdou Semmar, Merouane Boudiab a affirmé qu’il était « en danger » en Algérie.

L’administrateur du site d’informations Algérie Part, Merouane Boudiab, a quitté l’Algérie vers la France car il ”était en danger” et il “n’avait plus confiance en la justice”, suite à son emprisonnement durant 15 jours sans plainte, a-t-il déclaré mercredi 21 novembre à France 24.

Emprisonné début novembre puis libéré tout comme son collaborateur, le journaliste Abdou Semmar, Merouane Boudiab a été l’invité de la chaîne française d’informations après son arrivée à Paris. Dans cet entretien (en haut de l’article) il est revenu sur l’affaire qui lui a valu un séjour de deux semaines à la prison d’El Harrach à Alger sans qu’aucune plainte ne soit déposée contre lui.

M. Boudiab a également affirmé que lui et M. Semmar étaient interdits de quitter le territoire algérien sans que cette mesure ne soit basée sur une décision de la justice. Il a a quand-même pu quitter l’Algérie, a-t-il ajouté.

 

HuffPost Algérie

Riposte internationale exige la libération des détenus d’opinion en Algérie

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Riposte internationale, cette ONG qui milite pour les droits de l’homme et pour la liberté de la presse qui ne rate aune occasion pour dénoncer toute atteinte aux droits humains et à la liberté d’expression revient encore cette fois pour dénoncer et condamner la répression du pouvoir algérien à l’encontre de toute expression pacifique dans la rue, dans la presse et sur les réseaux sociaux en utilisant la justice pour arrêter et condamner à de lourdes peines des journalistes et des blogueurs qui n’ont qu’exprimé leurs opinions qui ne  sont pas du goût du pouvoir en place.

La dernière atteinte à ces libertés est la répression de « la marche des libertés » organisée à Bédjaia par le Comité pour la libération de Merzouk Touati.

Riposte internationale n’a pas mâché ses mots contre cette atteinte à la démocratie et à la liberté de manifester pacifiquement tolérée par les lois de la république.  C’est par la déclaration suivante que cette ONG a pris position contre cet acharnement et exige la libération de Marzouk Touati et de tous les détenus pour délit d’opinion.

La rédaction

 

 Riposte internationale

160, Boulevard Voltaire 750011 Paris

Email : Riposte2018@gmail.com

DÉCLARATION

 

HALTE A L’ARBITRAIRE !

HALTE À L’OPPRESSION !

La répression a encore frappé en Algérie. Cette fois, à Vgayet,  où de nombreux citoyens ont organisé une manifestation pacifique pour exiger la libération  du jeune Marzouk Touati, arbitrairement emprisonné depuis janvier 2017 pour délit d’opinion. Dépêchés avec grand renfort, les services de police ont procédé à de nombreuses arrestations parmi les manifestants, hommes, femmes, journalistes, militants des droits de l’Homme…dans une opération marquée par une violence implacable.

Le pouvoir algérien persiste dans son entêtement à étouffer les libertés fondamentales au mépris de ses engagements par ailleurs, dans les conventions internationales “Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques” ratifié  le  16-05-1989  publié le  J.O N°20 du 17.05.1989, qui stipulent le respect et la protection des droits de l’homme.

Marzouk Touati est condamné à 07 ans de prison ferme pour avoir publié dans son blog une interview d’un diplomate israélien.

Riposte internationale ne cesse d’alerter l’opinion nationale et internationale sur ces atteintes aux droits des Algériens à s’exprimer librement et faire valoir leurs droits de citoyens.

Riposte Internationale, apporte son soutien aux manifestants pour dénoncer la politique d’oppression et de répression qu’exerce  le pouvoir sur les citoyens.

Riposte Internationale exige la libération  immédiate de Marzouk Touati et de tous les détenus pour délit d’opinion.

Mobilisons-nous pour le respect de nos droits et de nos libertés.

 

Paris le 21 Novembre 2018

Pour le Bureau

Sadek Hadjou

 

 

 

L’étudiant algérien entre l’arnaque de la France et le mépris de l’Algérie

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Mon pays, je te pleure, mon peuple, je te plains.

L’État français par la voix de son Premier ministre Édouard Philippe a annoncé, ce lundi, un plan destiné à « séduire les étudiants étrangers » pour que leur nombre atteigne les 500 000 au lieu des 300 000 actuellement. Une mesure quelque peu étonnante, car le gouvernement français compte augmenter les frais de scolarité pour les étudiants intéressés.

Cette formulation est d’une totale incohérence pour ne pas dire contradictoire et mystérieuse. Comment attirer et/ou augmenter le nombre d’étudiants quand il faut augmenter les frais d’inscription ?
Dans son projet, le gouvernement français compte faire appel aux bourses des étudiants extra européens, afin de financer, sans faire de jeu de mots, « davantage de bourses et améliorer les conditions d’accueil » de ces étudiants désireux de poursuivre leur cursus en France.

À partir de la rentrée 2019, les étudiants étrangers, dont ceux en provenance d’Algérie, devront s’acquitter de 2770 euros en licence et 3770 euros en master et doctorat, selon le gouvernement français. Les frais actuels sont de 170 euros, soit 22 fois les frais actuels ! Elle est une aberration et une absurdité pour l’étudiant algérien, pour ne pas dire une insulte et une humiliation.
Mon pays l’Algérie, de par ses potentialités et richesses naturelles est en mesure de payer ou en partie toutes les charges et dépenses de ces étudiants (encore faut-il leur faire aimer le pays pour qu’ils le réintègrent).

Avec mille milliards engrangés et dépensés ces vingt dernières années, on ne peut qu’être muets.
Cette augmentation est considérée comme une mesure sélective qui consiste en un tri politique et qui pénaliserait les étudiants algériens. Une décision que me rappelle bien celle de Sarkozy à propos de l’immigration choisie et qui consistait à saigner les pays africains.
Ce fameux plan défendu par le Premier ministre français Édouard Philipe suscite l’inquiétude de beaucoup d’organisations estudiantines en France.
Avec un peu de sens et de raison, la France a raison. Mais qu’en est-il de mon pays quand je pense à cette minuscule allocation touristique accordée à l’algérien ?
Si l’Algérie est le pays le plus riche en ressources en devises dans le Maghreb, il est aussi le pays qui offre à ses citoyens la plus misérable allocation.
À l’Algérien, il est accordé une allocation touristique de 100 euros.
Le Marocain bénéficie de 3 500 euros, soit 35 fois, celle de l’algérien.
Le Tunisien quant à lui, bénéficie de 3 000 euros, soit 30 fois, celle de l’algérien.
CONCLUSION.
Si la France décide d’augmenter les frais d’inscription pour les étudiants étrangers et de 22 fois pour l’algérien, qu’en est-il de l’Algérie qui accorde 30 et 35 fois moins l’allocation touristique comparativement à celle des pays voisins.
Alors je me dois de plaindre la politique de mon pays d’abord avant de condamner celle des autres.
La politique est faite d’intérêts ou les mots, « social, démocratie et justice » sont galvaudés.
« Tu es plus grand que moi, parce que je suis à genoux ».
« Un mégot est plus haut devant une cigarette couchée. »

Bihmane Belattaf

La “marche des libertés” réprimée à Béjaia

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Dans un communiqué rendu public ce matin, la LADDH  a dénoncé « la répression des citoyens  et leur arrestation avant même le lancement de la marche ».

La marche des libertés organisée ce mardi 20 novembre  dans la wilaya de Bejaia,  en soutien à tous les détenus d’opinion notamment le blogueur « injustement incarcéré », Merzouk Touati, a été réprimée par les forces de l’ordre. Plusieurs arrestations ont été enregistrées.

« En ce moment la ville de vgayet (Bejaia) est sous l’état de siège, beaucoup de personnes venues prendre part à la marche de soutien aux détenus politiques et d’opinions sont arrêtées par la police », ont écrit, sur Facebook, les membres du Comité pour la libération de Merzouk Touati, initiateur de cette marche.

De nombreux journalistes qui ont fait le déplacement ce matin pour prendre part à la marche des libertés ont été arrêtés avant même d’arriver à  Targa Ouzemour d’où devait s’ébranler la manifestation en direction de la place Said Mekbel dans la même ville de Bejaia.  Les journalistes Khelaf Benhadda, Said Boudour, Abdu Semmar, Aboubakeur Mechemache ont été arrêtés très tôt le matin à l’entrée de la ville et relâchés dans la mi-journée.

Le journaliste Mustapha Amine a été arrêté ainsi que Rachid Nekkaz et deux autres personnes qui les accompagnaient.

Dans un communiqué rendu public ce matin, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH),  a dénoncé « la répression des citoyens  et leur arrestation avant même le lancement de la marche; à l’entrée et dans plusieurs endroits de la ville».

« La LADDH rappelle encore une fois à l’occasion, les pouvoirs publics l’obligation du respect des droits de réunion et de manifestation pacifique qui sont consacrés par le droit interne et le droit international des droits humains ratifié par l’Algérie », a noté la ligue dans le communiqué.

Elle « appelle la population à demeurer dans le strict cadre pacifique qui doit être la seule réponse à la répression ».

La LADDH a également exprimé toute sa solidarité avec l’ensemble des détenus d’opinion et a réitère son appel à la libération de l’ensemble des détenus d’opinion et à l’examen sans délai du recours à la cour suprême introduit par les avocats du blogueur Touati Merzouk pour sa libération.

A noter qu’un sit-in a été organisé par les manifestants dans la ville de Bejaia. Plusieurs d’entre eux ont pris la parole pour dénoncer l’intervention des forces de l’ordre et pour appeler à la libération des blogueurs et journalistes détenus.

 Lynda Abbou

Source : maghrebemergent.info

« Matoub Lounès la fin tragique d’un poète », livre de Youcef Zirem

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« Matoub Lounès la fin tragique d’un poète » de Youcef ZIREM arrive comme une lumière dans le paysage littéraire.

Youcef Zirem vient une nouvelle fois de nous surprendre avec joie par la publication d’un beau livre sur le légendaire Matoub Lounès aux éditions Fauves. La couverture du livre est originale, il s’agit d’un tableau, une peinture portrait de Matoub Lounès, l’artiste peintre a connu le poète chanteur. Il n’est pas facile d’écrire sur ce géant de la culture Kabyle, poète, musicien, auteur-compositeur chanteur, militant infatigable des causes justes.

À juste titre l’approche de Youcef Zirem est des plus pertinente, un style épuré accrocheur, fluide, forgé par la clairvoyance et la volonté toujours vive d’écarter les superflus pour aller toujours vers l’essentiel, qui accapare dès les premières lignes l’attention du lecteur, le regard fixé sur les pages pour ne rien perdre ni de la lumière qui jaillit des mots et tournures ni du rythme apaisant dans une volupté poétique magnifiant la verve tranchante et éclairée du récit. Youcef Zirem sait nous tenir en haleine.

Youcef Zirem nous dévoile un poète vrai, ami de la muse, manipulant la langue kabyle avec grand art et une dextérité saisissante. Matoub Lounès était proche de son public. Ses admirateurs étaient émerveillés par des textes percutants, une voix grave particulière, un style musical travaillé, des mélodies envoûtantes, le tout dans une langue kabyle recherchée, où les mots sont choisis avec amour et l’expérience du vécu pour toucher le cœur et l’imaginaire kabyle en adéquation avec le réel, défi sans cesse renouvelé.

Recréer le monde par le langage poétique dans la recherche d’un idéal au-delà du réel, dans une société kabyle où la poésie est un art de vivre. Page après page, apparaît un poète généreux, amoureux des libertés, humble, fidèle en amitié, proche de son peuple. Nous découvrons un artiste écorché, meurtri dans une quête de l’absolu, d’un amour insaisissable, d’une justice sans cesse bafouée, dans un monde en mutation où les inégalités se creusent de plus en plus.

Matoub Lounès en ardent défenseur des libertés, criait haut et fort des vérités à l’instar du légendaire Slimane Azem auquel il vouait une admiration sans bornes. Comme Slimane Azem, il est resté libre, poète qu’aucune force n’a pu ni plié ni corrompre.

Matoub Lounès tombe dans un guet-apens en Kabylie le 25 juin 1998 à quelques kilomètres de son village natal, la thèse de l’assassinat politique soulevée par ses fans semble aujourd’hui se préciser, Matoub dérangeait. Une vraie enquête reste à faire pour déterminer les vrais auteurs et les commanditaires du lâche assassinat de l’un des plus grands poètes algériens kabyles du XXe siècle.

Poète vrai incompris aux multiples blessures bravant l’incompréhension, la folie de son époque, Matoub Lounès a été l’ennemi d’une dictature bien établie avec ses rouages, ses valets, semant le mal et la destruction, érigeant la corruption en valeur, pour s’assurer la pérennité.

Nous découvrons aussi les zones d’ombres entourant son assassinat, les intrigues les manipulations, les trahisons, du sommet du pouvoir jusqu’à l’entourage du poète. Des questionnements assaillent le lecteur désespéré à la recherche de réponses.

Youcef Zirem a cette magie rare qu’ont seulement les plus grands écrivains, pour ne citer que Faulkner, Zola, Hugo ou Gabriel Garcia Marquez, pour cette grande liberté dans la narration, mais avec une rigueur scientifique, où s’élèvent des interrogations. Une plume jaillissant, pourfendant les ombres dans une quête perpétuelle de lumière et de vérité.

Youcef Zirem nous dépeint un témoignage poignant d’une époque mouvementée déchirée à travers cet artiste hors du commun qu’est Matoub Lounès dont l’œuvre influence et influencera bien des générations.

« Matoub Lounès la fin tragique d’un poète » éditions Fauves, est le bienvenu dans le paysage littéraire, un fabuleux livre à lire, à découvrir.

Brahim SACI

 

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Paris – Les « gilets jaunes » poursuivent mardi leurs opérations de blocage, principalement sur les autoroutes et les dépôts pétroliers, le ministre de l’Intérieur prévenant toutefois que les forces de l’ordre procèderont à des déblocages « dans les heures qui viennent ».

Lundi soir, Christophe Castaner a appelé au respect du principe de la libre circulation et averti que les déblocages menés par les autorités allaient « se poursuivre dans les heures qui viennent ». Il a demandé aux préfets et forces de l’ordre de « veiller à dégager systématiquement, mais méthodiquement, sans confrontation, les dépôts pétroliers et les sites sensibles ».

À Calais, de nouveaux barrages filtrants ont été installés à l’aube sur l’A16, formant de longues files de camions sur environ 3 km, sous la surveillance de la police mais sans tension, selon un correspondant de l’AFP. Sur l’A25, une vingtaine de poids lourd sont à l’arrêt, selon la préfecture du Nord.

En Auvergne-Rhône-Alpes, des barrages filtrants continuent de perturber la circulation sur l’A72 dans la Loire et sur un rond-poind d’accès à l’A7 à Montélimar (Drôme).

Quelque 27.000 personnes ont participé lundi à des actions, selon un comptage du ministère, le seul disponible pour évaluer ce mouvement qui se veut apolitique et asyndical. Elles étaient 290.000 samedi. Les manifestations ont fait un mort et 528 blessés, dont 17 grièvement atteints, selon un bilan donné lundi soir par le ministre.

Un homme de 32 ans a été condamné à Strasbourg à quatre mois de prison ferme pour mise en danger de la vie d’autrui et entrave à la circulation. Samedi, il avait formé une chaîne humaine sur l’autoroute et traversé un terre-plein central avec quatre autres personnes.

La grogne pourrait se poursuivre dans les prochains jours: des appels à bloquer Paris samedi commençent à fleurir sur les réseaux sociaux, appelant parfois à un « Acte 2 » du mouvement, qui a débuté le 17 novembre.

C’est ce jour-là que, selon Le Parisien, quatre hommes – mis en examen et écroués samedi dans le cadre d’une enquête antiterroriste – ont envisagé de mener une attaque terroriste, en profitant de la mobilisation des forces de l’ordre sur les rassemblements des « gilets jaunes ».

Lundi, alors que de nombreux points de rassemblements, péages, stations-service, entrées des autoroutes ou centres commerciaux, avaient été évacués dans la matinée par les autorités, certains « gilets jaunes » ont réinvesti les lieux dans l’après-midi, notamment au Pont d’Aquitaine, à Bordeaux.

Plusieurs autres dépôts pétroliers ont été ciblés, notamment à Lespinasse (Haute-Garonne), Port-la-Nouvelle (Aude), Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), Frontignan (Hérault), Portes-lès-Valence (Drôme) et Valenciennes (Nord).

Des organisations patronales ont mis en garde contre « un blocage de l’économie ».

Le chef de l’État Emmanuel Macron a déclaré à Bruxelles qu’il répondrait au mouvement « en temps voulu ».

La veille, le Premier ministre Édouard Philippe a dit avoir entendu la « colère » et la « souffrance » des manifestants. Mais il maintient « le cap » de la politique économique du gouvernement, notamment sa volonté de taxer davantage la pollution.

– Nouveaux accidents –

Le mouvement, lancé sur les réseaux sociaux et qui n’a pas de leader connu, est soutenu par près des trois quarts des Français, selon plusieurs sondages. D’abord concentrés sur la hausse du prix des carburants, les motifs de griefs se sont ensuite élargis à une dénonciation plus globale en matière de taxation et de baisse du pouvoir d’achat.

Les opérations se sont poursuivies dans toutes les régions avec des « opérations escargot » ou des barrages filtrants.

En région Paca, quelque 680 tonnes de clémentines corses n’avaient pas pu être livrées et la récolte s’en trouvait suspendue « jusqu’à nouvel ordre » sur l’île de Beauté, selon Simon-Pierre Fazi, président de l’AOP Fruits de Corse.

A Lisieux, les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes pour déloger près de 150 « gilets jaunes » qui bloquaient 200 poids lourds, selon la préfecture.

La journée a été marquée par de nouveaux accidents.

À Calais, un routier a tenté de forcer le passage d’un barrage, avant d’être pris en chasse par un motard de la police, qui a ensuite heurté une voiture. Un autre motard a été grièvement blessé par un automobiliste paniqué à l’approche d’un blocage à Colombelles, a tweeté la préfecture du Calvados.

Dans la Drôme, un motard qui avait pris la route à contresens avant l’arrivée d’un camion était entre la vie et la mort.

APS

Une marche aujourd’hui à Béjaia pour la libération des journalistes

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Le Comité pour la libération de Merzouk Touati, a appelé à une manifestation baptisée « Marche des libertés » aujourd’hui 20 novembre 2018 dans la wilaya de Béjaia.

En soutien à tous les détenus d’opinion notamment le blogueur « injustement incarcéré », Merzouk Touati,  des organisations,  des journalistes, des militants et des politiques vont marcher aujourd’hui à 11h de Targa Ouzemour vers la Place de la liberté d’expression  « Said Mekbel », dans la ville de Bejaia, où se tiendra un sit-in.

Le bureau de la section de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) Oran, a déclaré son soutien « sans réserve» à  cette marche pour les libertés. « Le bureau de la section d’Oran de la LADDH tient à y participer en envoyant une délégation pour montrer que nous devons résister et combattre la répression », a déclaré le bureau de la LADDH.

L’ancien militant du Mouvement culturel berbère (MCB), Djamel Zenati, a écrit sur son compte Facebook, « Marche des libertés, Béjaia, le 20 novembre 2018, tous concernés ». En outre, plusieurs journalistes et hommes politiques ont annoncé leur participation demain à la marche.

Le comité a encouragé, par ailleurs, la programmation d’activité à travers les quartiers et les communes pour sensibiliser la population aux cas des détenus d’opinion à travers le pays et celui de Merzouk en particulier, « pour entraîner son adhésion à la marche des libertés ».

Enfin, le comité a déclaré cette marche ouverte à tous les défenseurs des libertés quel que soit le domaine. « Sans perdre de vue que notre principale revendication est la libération de Merzouk Touati. Pour la libération inconditionnelle de tous les détenus d’opinion. Pour un forum des libertés »,  a conclu le comité.

Pour rappel, le blogueur Merzouk Touati qui tenait un blog dénommé « Al Hogra », (mépris en arabe algérien), où il a publié une interview avec un diplomate israélien, est incarcéré depuis janvier 2017. Il a été condamné le 21 juin passé à sept ans de prison ferme. D’autres journalistes et blogueurs sont en détention. À l’instar du journaliste Adlene Mellah, de l’éditeur Abdelkrim Zghileche, du blogueur Abdellah Naoum et de beaucoup d’autres.

Lynda Abbou

Source : maghrebemergent.info

Ager Oueslati : “On me bloque l’accès à mon pays parce que je suis journaliste”

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La police aux frontières a empêché dimanche 18 novembre la journaliste franco-tuniso-algérienne Ager Oueslati d’entrer en Algérie, l’obligeant à passer la nuit à l’aéroport d’Alger, a indiqué la concernée sur sa page Facebook.

“Je suis bloquée pour la nuit à l’aéroport ! En attendant que les raisons de mon “blocage” me soient communiquées demain matin”, a écrit la reporter et réalisatrice de documentaires sur Facebook.

Mme Oueslati devait entamer la réalisation d’un documentaire sur les migrants en Algérie.

Selon Saïd Boudour, journaliste et membre du syndicat algérien des éditeurs de la presse électronique (SAEPE), Ager Oueslati a été bloquée à l’aéroport suite à “une plainte du ministère de la Culture”.

″[La police] lui a dit qu’elle n’était pas algérienne (bien qu’elle soit en possession d’un passeport algérien) car son père est tunisien”, a ajouté M. Boudour.

Egalement photographe et membre de l’APJD (African Photojournalism Database), Ager Oueslati revenait de Tunis où elle a participé à la première édition des Assises Internationales de Journalisme du 15 au 17 novembre.

“On me bloque l’accès à mon pays parce que je suis journaliste”, a ajouté Mme Oueslati.

Après une nuit passée à l’aéroport international Houari Boumediene, la journaliste Ager Oueslati a été autorisée lundi 19 novembre à rentrer chez elle à Alger, a-t-elle indiqué au HuffPost Algérie.

“Je viens de sortir de l’aéroport. On m’a autorisé à rentrer chez moi”, a-t-elle ajouté.

La journaliste franco-tuniso-algérienne est rentrée dimanche soir de Tunis mais a été “bloquée” par la police des frontières.

Source : HuffPost Algérie