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mercredi 18 février 2026
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Nobel : Nadia Murad réclame la protection des Yazidis

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Dans son discours de remerciements pour le prix Nobel de la paix reçu lundi, la Yazidie Nadia Murad a plaidé pour que les victimes du groupe État islamique bénéficient d’une « protection nationale ».

 

En recevant le Nobel de la paix lundi, la Yazidie Nadia Murad, elle-même ex-esclave du groupe État islamique (EI), a imploré la communauté internationale de protéger son peuple et d’œuvrer à la libération des milliers de femmes et enfants toujours aux mains des djihadistes.

Une protection internationale nécessaire, selon Nadia Murad. « Si la communauté internationale souhaite vraiment porter assistance aux victimes de ce génocide (…), elle doit leur assurer une protection internationale », a déclaré la jeune femme de 25 ans dans son discours de remerciement prononcé en kurde dans l’Hôtel de ville d’Oslo.

« Il est inconcevable que la conscience des dirigeants de 195 pays ne se soit pas mobilisée pour libérer ces filles », a-t-elle estimé. « S’il s’était agi d’un accord commercial, d’un gisement de pétrole ou d’une cargaison d’armes, gageons qu’aucun effort n’aurait été épargné pour les libérer ».

Une ancienne esclave de Daech. Comme des milliers de femmes yazidies, Nadia Murad a été enlevée, violée, torturée et échangée par les djihadistes après l’offensive de l’EI contre cette communauté kurdophone du nord de l’Irak en 2014. Ayant réussi à s’évader, elle se bat aujourd’hui pour les femmes et les enfants, plus de 3.000 selon elle, toujours aux mains de l’EI. La jeune femme a reçu le Nobel conjointement avec le médecin congolais Denis Mukwege pour « leurs efforts en vue de mettre fin à l’emploi des violences sexuelles en tant qu’arme de guerre ».

Europe 1

Immigration : qu’y a-t-il vraiment dans le pacte de Marrakech

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Le Pacte mondial sur les migrations des Nations unies a été formellement approuvé lundi à Marrakech, devant des représentants de quelque 150 pays réunis en conférence intergouvernementale. Soulignant les « efforts » consentis pour parvenir à ce pacte, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a exhorté à ne « pas succomber à la peur ou aux faux narratifs » entourant ce pacte, victime d’une campagne massive de désinformation et cible de nombreuses critiques. Mais à quoi va vraiment servir ce texte ?

Qu’y a-t-il vraiment dans ce « pacte » ?

Le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », de son vrai nom, vise à renforcer « la coopération relative aux migrations internationales sous tous leurs aspects ». D’environ 40 pages, le document a été rédigé par des experts de l’ONU suite à la crise migratoire de 2015. À l’époque, la totalité des Etats membres s’étaient mis d’accord pour trouver une réponse coordonnée aux flux de migrants, dont le nombre pourrait exploser à l’avenir à cause du changement climatique.

Le texte contient d’abord quelques déclarations d’intention. « Il est crucial que nous ne nous laissions pas diviser et que nous restions unis face aux difficultés que posent les migrations internationales et aux occasions qu’elles offrent », lit-on par exemple. « Les migrations font partie intégrante de la mondialisation, reliant entre elles les sociétés d’une même région et d’une région à l’autre et faisant de nous tous des pays d’origine, de transit et de destination », affirme encore le document.

«  Nous décidons de créer un mécanisme de renforcement des capacités au sein du système des Nations Unies « 

Le Pacte détaille ensuite 23 objectifs, parmi lesquelles : « lutter contre les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d’origine », organiser les opérations maritimes pour « sauver des vies », « renforcer l’action transnationale face au trafic de migrants », « ne recourir au placement en rétention administrative des migrants qu’en dernier ressort », ou « assurer l’accès des migrants aux services de base ». Le texte se donne comme horizon 2030 pour remplir ces objectifs.

« Nous décidons, en nous inspirant des initiatives existantes, de créer un mécanisme de renforcement des capacités au sein du système des Nations Unies, dont le rôle sera d’appuyer les efforts déployés par les États membres pour mettre en oeuvre le Pacte mondial », lit-on encore quant aux modalités de mise en œuvre, sans plus de détails. Les signataires se prononcent enfin pour la création d’ »une plateforme mondiale de connaissances qui servira de source publique de données en ligne ».

Constitue-t-il une menace pour la souveraineté nationale ?

Le 13 juillet dernier, lors de sa présentation à New York, le texte avait été approuvé par des délégations de l’ensemble des pays membres de l’ONU, à l’exception des Etats-Unis. Mais depuis, neuf pays se sont officiellement retirés de la liste des signataires : Autriche, Australie, Chili, République tchèque, République dominicaine, Hongrie, Lettonie, Pologne et Slovaquie. Ces détracteurs voient ce Pacte comme un encouragement à un flux migratoire incontrôlé. Selon eux, le texte risque d’instaurer une « gouvernance mondiale » de l’immigration, pour reprendre les termes de la Maison blanche.

« Les décisions sur la sécurité des frontières, sur qui est admis à résider légalement ou à obtenir la citoyenneté, figurent parmi les plus importantes décisions souveraines qu’un pays peut prendre », a ainsi fustigé la mission diplomatique américaine à l’ONU dans un communiqué. En France, ce sont les mêmes arguments qui sont repris du côté des opposants, que l’on retrouve surtout dans les rangs de la droite et de l’extrême droite. La porte-parole des Républicains, Lydia Guirous, accuse ainsi, sur Twitter Emmanuel Macron de « trahir les Français » en signant ce pacte, une « menace sur notre souveraineté et notre identité. Chaque peuple a le droit de choisir qui il souhaite accueillir ».

Le texte n’est pourtant pas contraignant. Ce n’est ni un traité internationale, ni un texte destiné à être retranscrit en loi. Le Pacte « respecte la souveraineté des États et […] établit un cadre de coopération juridiquement non contraignant », est-il écrit dès les premières lignes du document. « Il ne crée aucun droit de migrer, il ne place aucune obligation sur les Etats », a martelé Louise Arbour, la représentante spéciale de l’ONU pour les migrations. « C’est plus un engagement moral, un idéal à atteindre »¸ décrypte également sur Europe 1 Frédérique Chlous, ethnologue au Muséum d’Histoire Naturelle et co-auteur d’un « Manifeste » de soutien au Pacte. La plupart des associations de défense des droits de l’Homme le trouvent d’ailleurs insuffisant, en vertu de ce caractère non contraignant.

À quoi va-t-il servir s’il n’est pas contraignant ?

Ces arguments ne suffisent pas à calmer l’ardeur des opposants au Pacte. En Belgique, cinq ministres ont même démissionné samedi du gouvernement pour faire connaître leur opposition. « On nous dit que ce texte n’est pas juridiquement contraignant. Mais la réalité, c’est que c’est une première étape. La réalité, c’est qu’une fois signé, l’ONU définira un certain nombre d’objectifs […] Cela va aboutir à supprimer la distinction entre l’immigration légale et l’immigration clandestine », a ainsi développé le porte-parole du Rassemblement national, Nicolas Bay, lundi dans l’Opinion.

Si cette dernière affirmation ne repose sur rien (le texte vise certes l’interdiction des arrestations arbitraires mais il encourage aussi les expulsions légales), ce pacte n’est pas non plus destiné à finir totalement aux oubliettes. Louise Arbour, la représentante de l’ONU, le définit comme un « cadre de travail » à partir duquel les Etats signataires vont pouvoir coopérer. En clair, s’il n’a pas de caractère d’obligatoire, le document va tout de même servir à aiguiller les débats et les réunions concernant l’immigration sur les 12 prochaines années. Il servira « d’aide pour manager les politiques nationales », selon l’expression de Sylvie Guillaume, vice-présidente (PS) du Parlement européen.

Concrètement, le pacte va notamment servir à harmoniser l’échange d’informations entre pays. « C’est le premier objectif de ce texte : avoir des données, comparables, sur plusieurs pays. Aujourd’hui, au Japon, on est migrant à partir d’une semaine de présence dans le pays. Il est impossible de comparer les données avec les autres pays. Avec ce pacte, l’échange des infos doit devenir plus facile », décrypte Frédérique Chlous.

Source : Europe 1

11 décembre 1960 : témoignage d’un enfant de la Casbah

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Manifestations du 11 décembre 1960 : un tournant décisif dans l’histoire de la révolution algérienne.

Les manifestations du 11 décembre 1960 ont été déterminantes pour la suite des événements jusqu’à l’aboutissement des accords d’Évian. Le 11 décembre 1960 n’a pas été l’œuvre d’un laboratoire, mais l’expression de la volonté de tout un peuple qui s’est levé comme un seul homme pour dire NON à la soumission, NON à l’injustice, NON à la dilapidation de ses richesses qui ont duré 132 ans.

C’était un dimanche par un temps glacial. Nous vivions à la casbah d’Alger. Cette citadelle ancestrale qui a vu naître et grandir tant d’artistes, tant de sportifs et tant de révolutionnaires. La sœur Djamila Bouhired doit dans ces douloureux moments se rappeler de son enfance à la Casbah. Ce dimanche-là du 11 décembre 1960, il y avait une atmosphère lourde. Nous connaissions les relations tendues entre nous et les pieds noirs de l’époque coloniale. Le fossé s’étant creusé par ce qui se passait dans les maquis et dans les grandes villes d’Algérie. Alger avait un statut particulier. La bataille d’Alger a laissé une fracture profonde dans nos cœurs. La grève des huit (8) jours et les déportations dans les camps de concentration (1956-1957-1958) ont été horribles dans le cours de l’histoire de la révolution algérienne. Le 11 décembre 1960 est venu montrer au monde entier cette volonté inébranlable du peuple algérien à se libérer du joug colonial.

Tout a commencé à Belcourt (Belouizdad) Rue Julienne, où vers 10 heures, des heurts d’une extrême violence opposent des manifestants musulmans et européens (Pieds Noirs). Des coups de feu sont tirés contre les porteurs de drapeaux algériens. Des slogans sont lancés « VIVE le GPRA », « ABBAS au pouvoir », « LAGAILLARDE au poteau ».

Vers 10 h30, d’autres manifestants algériens portant le drapeau « Vert et Rouge et Blanc frappé du croissant rouge » confectionné à la hâte descendent de « Diar El Mahçoul » (Clos Salembier) vers le Ruisseau (Anassers) et le Hamma, et causent de graves dégâts aux commerces situés sur leur chemin. Une station d’essence est incendiée. Chemin faisant, d’autres foules de manifestants se constituent dans les quartiers voisins, à Diar Es-Saada, Madania et Ravin de la Femme sauvage où un Européen est tué. Des barricades sont dressées. La Radio-Alger diffuse les événements.

C’est alors que la Casbah se réveille ! Les habitants de la Citadelle prennent conscience de la situation. Des groupes surtout de jeunes se rassemblent. La colère est visible sur tous les visages. Rues et ruelles sont submergées. Les « youyou » et les slogans fusent. Une effervescence indescriptible. Des quartiers Cinéma Nedjma, Djamaa Lihoud, Soustara, Bab edjedid, Rampe Vallée, le quartier Deuxième (Marengo), on y voit des barricades dressées à l’aide de tables et de chaises, empruntées au propriétaire du café, le défunt Omar Djerboue, dont le père est porté disparu. Des patrouilles de Zouaves et de supplétifs interviennent et prennent position. Des coups de feu d’intimidation sont tirés sans faire de victimes. On apprendra plus tard, qu’à Bab Djedid, il y a eu une fusillade qui a fait plusieurs victimes. Pendant toute la matinée du 11 décembre 1960, les manifestants n’ont cessé de provoquer les soldats français. 15 h 20, c’est la panique générale ! L’armée dépassée par les événements tire sur la population à la Place du Gouvernement (Place des Martyrs) causant plusieurs morts et des dizaines de blessés. Pendant toute la nuit du 11 au 12 décembre, des « youyous » fusent et des slogans sont scandés à travers toutes les terrasses de la Casbah.

Le lendemain, le 12 décembre, lors de l’enterrement des victimes de la veille, la colère était à son paroxysme ! Une seule question ? Leur sacrifice aura-t-il été vain ? La réponse proviendra peut-être de ceux qui gouvernent aujourd’hui !!!

En fin de journée du 12 décembre, Jean MORIN, Délégué général en Algérie, lance un appel au calme. Alger et Oran, dira-t-il à la Radio-Alger, ont connu, aujourd’hui, d’affreux malheurs. Il donne le bilan de la journée. Alger : 61 morts (dont 55 musulmans, 05 Européens pieds-noirs, et 01 officier de la police tué). Oran :04 morts musulmans.

Le bilan sera revu à la hausse à Alger :120 morts, dont 112 musulmans.

Bône (Annaba) prendra le relais, où des légionnaires abattent froidement 06 manifestants musulmans.

Par devoir de vérité, je n’omettrai pas toutes les manifestations qui ont eu lieu à travers tout le territoire national. Avec les mêmes slogans « L’Algérie algérienne et VIVE l’indépendance ».

Retour du Général De Gaulle à Paris, obligé d’écourter d’une journée sa visite qu’il effectuait à Tizi Ouzou, Bougie et Teleghma (Sétif), en raison des graves dangers qui pouvaient survenir à tout moment, étant donné les affrontements fréquents entre les combattants de l’ALN et les troupes françaises.

Le président du GPRA, Ferhat ABBAS a adressé un message de Secours Urgent à Messieurs : Dag Hammarskjold Secrétaire général de l’ONU, Chou en lai Premier ministre chinois, Eisenhower préside des USA, Khrouchtchev président de l’URSS, Mac Milan Premier ministre du Royaume Unie, Nehru Premier ministre de l’Inde et Tito président de la Yougoslavie. Voici, la teneur du message :

« À Alger en particulier 200.000 Algériens sont encerclés dans les quartiers de la Casbah par les troupes françaises qui se livrent à une tuerie générale sur eux. Des événements de la même nature dans d’autres quartiers tels Climat de France et dans les principales villes d’Algérie. Nous vous adressons cet appel pressant, pour vous prier de tout entreprendre pour que cesse immédiatement ce GÉNOCIDE caractérisé du peuple algérien. »

Le Président du GPRA, lance aussi un appel au peuple algérien pour marquer d’abord l’expression de son admiration et demander ensuite : « la bataille que vous venez d’engager a pris une grande ampleur ; le monde entier l’a enregistré comme une éclatante victoire de notre lutte de Libération nationale. Cette bataille doit maintenant prendre fin. Elle n’est pas la dernière, d’autres épreuves nous attendent. Le gouvernement français, malgré la démonstration que vous venez de leur infliger, persiste dans sa politique d’aveuglement. Il se propose d’organiser un prétendu Référendum le 8 janvier prochain, et de vous imposer un statut. Vous serez appelés à faire échec à cette sinistre mascarade. »

Le 30 décembre 1960, le Général De Gaulle, souhaite dans ses vœux de fin d’année, que l’année 1961, soit une année de paix pour l’Algérie, afin que les populations puissent décider librement de leur destin, et qu’ainsi, naisse « l’Algérie Algérienne ». Il demande aussi un « OUI » massif au Référendum pour élargir la porte de la paix et de la raison. Visionnaire averti, le Général DE GAULLE savait que l’indépendance de l’Algérie est inéluctable, car les causes justes finissent toujours par vaincre.

Ayons, à l’occasion de cette commémoration du 11 décembre une pensée à leurs familles qui portent en eux les douleurs de leurs enfants qui ont payé de leur vie le sacrifice suprême. Le sang de nos Martyrs n’a pas été vain. Gloire à nos Martyrs et VIVE L’ALGÉRIE.

 

Par Abdelkader KRIBI, un enfant de la Casbah et témoin actif.

 

Riposte internationale rappelle son attachement à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

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RIPOSTE INTERNATIONALE

160 Boulevard Voltaire 75011 Paris

Email ; Riposte2018@gmail.com

 

 

Déclaration

Soixante-dix (70) ans ont passé depuis la signature de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Le jour du 10 décembre 1948, à Paris, les états membres des Nations Unies ont adopté les 30 articles de la Déclaration, en s’engageant à ne plus jamais reproduire les atrocités des deux dernières guerres mondiales.

Renforcée par des pactes, protocoles et conventions diverses dans le but de se donner les moyens de chasser toute atteinte au droit de l’humain dans le monde.

Berceau de l’humanité, les populations d’Afrique du nord, subissent encore les affres des systèmes autoritaires qui entretiennent l’illusion du changement là où la réalité criarde est frappée par le seau de continuité dans la répression, les violations des libertés publiques et des droits de l’Homme.

Des violations en cascade ne cessent de se produire et le tableau se noirci, de jour en jour, par de multiples atteintes aux libertés d’expression à travers l’acharnement judiciaire contre les porteurs de revendications populaires, contre les journalistes en visant à bâillonner libertés publiques et bafouer les droits fondamentaux des populations.

Riposte internationale, portée par sa volonté de faire cesser ces injustices et œuvrer à instaurer progressivement le plein exercice des droits conférés par la loi et les conventions internationales.

Riposte internationale rappelle son attachement à l’ensemble des conventions internationale allant dans les sens de plus de liberté et d’équité au rejet de toutes formes de discrimination de quelque nature qu’elle soit et assurons toute personne victime d’injustice de notre soutien.

Dans cette optique et en cette date anniversaire, Riposte Internationale en collaboration avec l’association Taferka organise un colloque sur le la situation des droits de l’homme, la situation de la presse et de la liberté d’expression en Afrique du nord.

 

Paris, le 8 décembre 2018

Riposte Internationale

Erdogan et la crise de l’oignon

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Alors que le prix du légume a augmenté de 543 % en un an, la colère monte sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce nouveau symbole de l’inflation qui ronge le pays et sa mauvaise gestion gouvernementale.

TURQUIE « Les Français ont leurs “gilets jaunes”, nous avons nos sacs d’oignons », ironise un blogueur stambouliote. En Turquie, le quadruplement – en un an – du prix du légume, nouveau symbole de l’inflation qui mine le pays, fait des vagues. Selon l’Institut turc des statistiques, le prix de l’oignon a augmenté de 543 % d’octobre 2017 à octobre 2018. Et depuis le début de l’année, le prix du kilo a été multiplié par quatre pour atteindre jusqu’à 10 livres turques (soit 1,65 euro). Mais au pays d’Erdogan, où les rassemblements sont régulièrement interdits et réprimés, c’est sur la Toile, et non dans la rue, que la colère se manifeste : contre les prix qui flambent, mais aussi contre la gestion gouvernementale de cette nouvelle crise.

« Wanted, dead or alive » (« Recherché, mort ou vivant ») ironise un citoyen turc sur son compte Twitter, en publiant la photo d’un oignon. Humour à l’appui, il passe en dérision les réactions du pouvoir, qu’il juge décalées, à la flambée des prix : il y a quelques jours, le ministre de l’Économie et des Finances, et gendre du président turc, Berat Albayrak a dépêché des inspecteurs dans les entrepôts agricoles pour y saisir les stocks d’oignons, en les accusant d’entretenir une pénurie à l’origine de l’inflation. « Nous n’autoriserons pas les stockages », a-t-il prévenu lors d’une récente allocution. Et quand les cultivateurs expliquent que ce ne sont pas les stocks, mais une mauvaise récolte saisonnière due à un virus qui est à l’origine d’une offre inférieure à la demande, Recep Tayyip Erdogan leur répond : « Ils disent qu’une maladie a ruiné la récolte. Allons bon ! Vous l’avez gâchée. Vous l’avez rendue malade ! »

Réélu en juin dernier, le chef de l’État turc fait depuis quelques mois face à sa première crise économique majeure. Propulsé en quinze ans du poste de maire d’Istanbul à celui de président, en passant par celui de premier ministre, Erdogan doit en partie son ascension à l’essor de son pays. Pendant des années, la spirale d’investissements, de développement de gros projets d’infrastructure – ponts, aéroports, autoroutes -, et de crédits à la consommation a boosté l’économie et doublé le PIB.

Le récent dévissage de la livre turque, renforcé par la crise diplomatique avec les États-Unis, a mis fin à l’ère des « Erdoganomics ». Peu enclin à relever, malgré l’insistance des experts financiers, les taux d’intérêt, et faute de solution à court terme, le pouvoir préfère étouffer la grogne plutôt que de tenter d’y répondre. Les manifestations sont réprimées. La presse indépendante, de plus en plus muselée. La dissidence surveillée de près. Demeure la Toile, théâtre d’une défiance silencieuse qui a fait de l’humour son arme de contestation.

« Ne faites pas pleurer l’oignon », blague ainsi Kemal Kiliçdaroglu, le leader du CHP, principale mouvance de l’opposition, sur la page de son compte Twitter. « Erdogan a décrété que l’oignon était une organisation terroriste », surenchérit Meral Aksener, la responsable du parti d’opposition Iyi. « Libérez les oignons ! », ironise pour sa part l’économiste Alaattin Aktas, en réaction aux raids menés par les inspecteurs. Encouragé par cette fronde virtuelle, chaque internaute y va de sa petite phrase. « On avait l’habitude de lire des articles sur des caches d’armes ou d’héroïne. Maintenant, ce sont des légumes qui sont démasqués », avance l’un d’eux. Cette mobilisation autour de l’oignon est également l’occasion de passer en dérision la censure. Sur son compte Twitter, un autre internaute a ainsi repris à son compte la photo – largement relayée dans la presse – d’un stock de 30 tonnes d’oignons saisis dans la ville de Mardin, et s’est amusé à rayer chaque filet de légumes au marqueur noir. « Comme les oignons sont jeunes, on doit protéger leur identité », dit sa légende sous forme de blague.

Delphine Minoui

Correspondante à Istanbul

Source : Le Figaro

Boudjima : conférence débat sur le 11 décembre 1960

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Matoub Lounes chantait : « l’œil ne supporte plus le drapeau pour lequel les femmes sont devenues veuves ». C’est douloureux, mais c’est ainsi.

Ce drapeau, symbole de l’indépendance de l’Algérie, a été arrachée au prix du sang, des larmes, de la misère et de la souffrance, même si aujourd’hui les jeunes ne supportent plus qu’on leur parle de cette glorieuse révolution, car c’est au nom de la légitimité historique et de cette mémorable insurrection que le pouvoir en place a dérobé l’indépendance au peuple martyrisé.

Un certain 11 décembre 1960, après la bataille d’Alger et le démantèlement des cellules du FLN, la population algéroise est sortie dans la rue, ce drapeau à la main, signe de soutien des révolutionnaires et le choix de l’indépendance. Ces manifestations prennent vite l’allure d’un soulèvement populaire contre le colonialisme et la population affrontera directement les forces de l’ordre et les parachutistes.

C’est sur cette journée historique du 11 décembre 1960, que M. Akli Drouaz animera une conférence-débat qui sera suivie de la projection du film « Arrac n tegrawla » (Les enfants de la révolution).

Cette rencontre aura lieu vendredi 14 décembre 2018 à 14 h à la bibliothèque communale de Boudjima

La rédaction 

 

 

Dr. Lakhdar Amokrane : « Les libertés en Algérie sont toujours sous scellées »

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Par Dr Lakhdar Amokrane, Premier Secrétaire JIL JADID

 

70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme ;

En Algérie, les libertés encore et toujours sous scellés.

Le 10 décembre 2018, le monde entier célèbre le 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Une déclaration, devenue de nos jours la pierre angulaire du droit international. Depuis des années, les discours relatifs aux Droits de l’Homme ont connu une inflation vertigineuse dans les sociétés occidentales, mais aussi, et avec un cynisme indécent dans les contrées dictatoriales, autoritaires, comme l’Algérie ! Une sorte de consensus paradoxal en matière des droits de l’homme entre les démocraties et les dictatures !

En Algérie, depuis l’indépendance confisquée en 1962, le pouvoir de fait n’a jamais accepté que son peuple puisse prétendre appartenir à l’Humanité, car il considérait le peuple algérien comme faisant partie d’une sous Humanité juste bonne à la domination. La même démarche a été reproduite par le pouvoir Bouteflika en bafouant et confisquant les droits et libertés du peuple algérien. À l’ère Bouteflika, les années se suivent et s’empirent en la matière, faisant du pays une grande prison à ciel ouvert. Dans la réalité de tous les jours, le système n’admet pas qu’il y ait   des droits inhérents à la dignité de la personne humaine, et que ces droits fondamentaux ne peuvent en aucun cas être déniés aux Algériennes et Algériens pour quelque prétexte que ce soit.

Bien entendu, l’occident fait mine de ne rien voir de tout ça. Le prétexte invoqué à chaque fois était la non-ingérence et le respect des indépendances des états !  Quel cynisme ! Et le régime algérien n’a pas tardé à appliquer à la lettre ce raisonnement qu’on pourrait qualifier de schizophrénique.

Ainsi, et sous prétexte de contrôler les associations religieuses, il promulgue la loi 12-06 liberticide pour mieux museler les associations autonomes et favoriser celles qui font allégeance.

Au nom de la stabilité, le pouvoir utilise chaque jour ses « forces de répression » elles-mêmes surexploitées et continue de réprimer toutes les contestations citoyennes, en emprisonnant les journalistes indépendants, les blogueurs, les artistes et autres militants associatifs, après avoir tenté pernicieusement de contrôler les réseaux sociaux subversifs, d’étouffer les journaux récalcitrants ou carrément en fermant les médias gênants …

Le système méprisant toujours son peuple lui distille des molécules de liberté à des doses homéopathiques et tente le grand écart entre l’universalité et l’introversion, la modernité et l’archaïsme, la démocratie et l’autoritarisme, le progrès et l’inertie ! Chaque attentat dans une contrée donnée (Paris, Londres ou autres capitales du monde), chaque incursion terroriste déjouée par les services de sécurité ou l’ANP, sont l’occasion propice offerte au clan présidentiel, pour se permettre, avec son habileté manipulatrice de continuer à mettre en place le processus d’étouffement des sujets algériens.

Aujourd’hui, le système Bouteflika, s’acharne à souiller et à empêcher l’idée des Droits de l’Homme de s’enraciner dans la société en faisant imploser toute association indépendante, parti opposant ou autres contradicteurs, libres dans la réflexion et la décision qui refusent le diktat ou qui apparaissent comme un grain de sable capable de gripper la machine répressive du clan présidentiel et supplétif.

En ce jour anniversaire, les Algériens, savent que le combat pour le respect de leur histoire, de leur civilisation, de leur identité et leur culture ne peut aboutir que s’il est mené en synergie par des citoyens libres et éclairés et des dirigeants convaincus de la primauté des valeurs humaines admises universellement. Les Algériens savent aussi qu’aujourd’hui plus que jamais est venu le temps du changement dans le cadre d’une transition politique apaisée, pour amorcer la promotion et le respect des droits fondamentaux de la personne humaine.

Les citoyens ne croient surtout pas à l’ère de la globalisation que les Droits de l’Homme triompheront en Algérie sous le régime Bouteflika finissant. Ils ne se réjouissent pas non plus de la mondialisation, tel qu’elle est conçue et vécue, car convaincus qu’elle ne fera que creuser les inégalités entre le nord et le sud et au profit des plus nantis. Regardons et analysons bien ce qui se passe actuellement en France berceau des Droits de l’Homme et ailleurs en Europe !

Le peuple algérien sait pertinemment qu’il se doit de lutter pour conquérir ses droits : le droit à une vie décente, l’accès à la liberté d’expression et de conscience, l’accès à l’éducation, à la santé…ceci ne peut se réaliser qu’avec l’avènement d’un nouveau système démocratique qui amorcerait le redressement matériel et le progrès moral par le progrès humain et le développement économique.

C’est cette problématique des Droits de l’Homme et de la Démocratie qui est l’enjeu politique fondamental, mais aussi le principal objet de la manipulation dans la recomposition du champ politique en cours de préparation dans les laboratoires du régime, pour préparer la succession souhaitée. C’est la bataille de l’heure dont l’issue est encore incertaine, et l’Algérie ne pourrait être une « exception culturelle ».

Les questions de l’universalité de la sauvegarde des libertés et des droits fondamentaux, inscrites dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, les 2 pactes internationaux des D.H, la convention de Genève que l’Algérie a ratifié doivent être rappelées aux autorités algériennes, avec fermeté et détermination chaque jour et tous les jours. La société toute entière ne doit plus céder devant les intimidations, les chantages, les faits accomplis et les diktats du régime et ses lobbies, et doit prendre le taureau par les cornes pour s’opposer pacifiquement à l’embargo mis en place contre les libertés.

Dr Lakhdar AMOKRANE

Premier Secrétaire JIL JADID

 

Marche pour la libération de Marzouk Touati

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La presse muselée, les libertés individuelles et collectives restreintes, le droit de manifester pacifiquement est bafoué … l’Algérie est devenue une prison à ciel ouvert pour les journalistes, les blogueurs et les simples citoyens. Des jeunes Algériens arrêtés et condamnés à de lourdes peines en dépit des cris des défenseurs des droits de l’homme en Algérie et un peu partout dans le monde et les sonnettes d’alarme tirées pas les différentes ONG sur le non-respect des décideurs algériens des différentes conventions signées sur le respect des droits de l’homme et la liberté de la presse, le pouvoir en place reste muet et continue dans sa politique de répression.

Parmi les victimes de cette répression, le jeune blogueur Marzouk Touati, condamné à 7 ans de prison ferme pour un article sur Facebook.

En solidarité avec ce jeune de Bougie, le comité de solidarité constituée spécialement pour lui qui a appelé à une marche aujourd’hui, 10 décembre à Bejaïa, a publié le communiqué ci-dessous appelant à sa libération et à la libération de tous les détenus d’opinion.

Ali Aït Djoudi

 

Comité pour la libération de Merzouk Touati

COMMUNIQUÉ

A deux jours de la marche des libertés prévue pour le lundi 10 décembre 2018 à 11h 00 de la maison de la culture Taous Amrouche à la place de la liberté d’expression Saïd MEKBEL, le comité réuni aujourd’hui appelle toutes les citoyennes et tous les citoyens, encore une fois, à la mobilisation et à l’implication totales pour la réussite de cette manifestation PACIFIQUE dont les SEULS mots d’ordre seront :

1- la libération de notre frère blogueur Merzouk Touati, injustement condamné à 7 ans de prison fermes et incarcéré depuis 23 mois.

2- la libération de tous les autres détenus d’opinion, victimes de l’injustice.

Le comité pour la libération de Merzouk Touati invite tous les participants à cette marche au respect strict des directives et des mots d’ordre pour faire de cette journée mondiale des droits de l’homme, une tribune pour porter haut et fort le cri de détresse de tous les détenus d’opinion et pour que chacun de nous tous ; puisse exercer ses libertés d’expression et d’opinion sans risque de se voir jeté dans les geôles de la République.

– Marchons pour libérer Merzouk Touati.

– Marchons pour libérer tous les détenus comme lui.

– Marchons pour notre liberté d’expression.

– Marchons pour notre dignité et nos valeurs.

Soyons responsables,

Soyons mobilisés,

Soyons solidaires,

Bgayet le 8 décembre 2018

Le comité pour la libération de Merzouk Touati

 

Ne rêvez pas, pas de soins gratuits en France pour les algériens

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« Les soins ne sont pas gratuits pour les Algériens »: les précisions de l’ambassade de France.

Les soins en France ne sont pas (et ne seront pas) gratuits pour les Algériens. L’ambassade de France à Alger a jugé utile de le préciser, expliquant, dans un communiqué de presse, les dispositions du protocole annexe à la convention générale sur la sécurité sociale, relatif aux soins de santé programmés et dispensés en France aux ressortissants algériens, ratifié par décret du Président Abdelaziz Bouteflika le 17 novembre dernier.

Dans son communiqué, l’ambassade de France en Algérie a expliqué que ce protocole, qui établit un cadre administratif unifié et fiable pour l’organisation et la prise en charge par la CNAS algérienne des soins prodigués en France à des Algériens, “ne concerne que les soins qui ne peuvent pas être dispensés en Algérie”.

La même source a expliqué que les soins doivent faire l’objet d’une demande  préalable d’autorisation de prise en charge par la CNAS, “qui procède à une évaluation financière préalable des soins programmés par les patients algériens dans des établissements français”.

L’ambassade a expliqué que les Algériens, munis d’une “attestation de droits aux soins programmés”, pourront ensuite bénéficier de l’accès aux prestations en nature de l’assurance maladie française.

La représentation diplomatique poursuit que les patients algériens qui ne bénéficient pas d’une autorisation préalable de la CNAS doivent payer la totalité des frais occasionnés.

Le même communiqué explique que ce protocole devrait permettre de réduire le nombre de patients algériens qui vont se faire soigner en France dans
le cadre de démarches purement personnelles. “Ces démarches individuelles génèrent une dette “privée” qui avoisine 25 millions d’euros et des problèmes de recouvrement”, poursuit-on.

L’ambassade de France a ainsi jugé utile de rectifier certains articles, ayant mal  interprété le décret de ratification protocole annexe à la convention générale sur la sécurité sociale, relatif aux soins de santé programmés et dispensés en France aux ressortissants algériens.

HuffPost Algérie

Saïd Boutflika et le 5e mandat

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Le frère du président de la république a réussit à diriger l’Algérie  par délégation non écrite depuis 2013. Il est entrain de manquer la dernière marche sur son chemin. La chute risque d’être lourde.

Les signaux se sont accumulés ces dernières semaines qui ouvrent une brèche béante dans l’unanimité affichée  l’été dernier en faveur d’une candidature du président Bouteflika pour un 5e mandat présidentiel en avril prochain. Moad Bouchareb, le nouvel homme fort du FLN, réserve sa réponse sur l’identité du représentant de son parti à la présidentielle, moins d’un mois après que son prédécesseur, Djamel Ould Abbes débarqué depuis, ait  poussé le zèle jusqu’à annoncer officiellement que Abdelaziz Bouteflika avait été choisi pour défendre les couleurs du FLN en avril prochain.

Amar Ghoul le président de TAJ, membre inamovible de la majorité présidentielle, a commis une sortie de route la semaine dernière en appelant à la tenue d’une  « conférence nationale inclusive » sous le patronage certes de Abdelaziz Bouteflika, mais avec cette précision « la conférence nationale serait l’essentiel, l’élection d’avril prochain, le secondaire ». Comprendre bien que l’enjeu de faire réélire le président sortant n’est plus le plus important dans la conjoncture actuelle.

Ce qui a marché depuis 2013 s’est grippé

La dégradation du scénario du 5e mandat est totalement liée à celle de l’état de santé du président. Abdelaziz Bouteflika qui va mal. De plus en plus mal. Il pourrait ne pas pouvoir signer à la fin du mois de décembre la promulgation solennelle de la loi des finances pour 2019. Les jours où son entourage peut encore se réclamer de son autorité pour gérer les affaires de l’Etat et préparer les élections, paraissent de plus en plus comptés.

Un homme, son frère Saïd Bouteflika, gère depuis le 27 avril 2013, date de l’AVC présidentiel, cette situation de délégation de pouvoir non écrite. Il a réussi à maintenir l’autorité du clan depuis le creux de l’été 2013 lorsque le président était encore au plus mal à l’hôpital puis en convalescence à Paris. Il a continué à le faire jusqu’à cet été 2018. Mais la concomitance de l’approche de l’échéance présidentielle d’avril 2019 avec une nouvelle dégradation de l’état de santé de son frère président aurait du l’amener à changer de registre dans l’administration de l’autorité présidentielle.

Faute de l’avoir fait à temps, Saïd Bouteflika a commencé à perdre de son influence les dernières semaines et s’apprête à en perdre davantage dans les prochaines semaines lorsqu’il se précisera probablement que l’ère temporelle de la présidence Bouteflika n’ira pas au delà du terme de son 4e mandat. Sauf à imaginer un blocage institutionnel déclencheur d’une crise politique majeure dans le pays. Saïd Bouteflika aurait il pu, face au déclin physique avéré de son frère,  éviter cette hémorragie du  pouvoir de la maison des Bouteflika qui se profile devant lui ?

Saïd n’a pas osé transgresser l’interdit de Abdelaziz

Le clan Bouteflika aurait pu demeurer décisif et dominant plus longtemps dans la conjoncture politique de ce semestre pré-électorale. Il l’aurait pu à la condition de peser manière décisive sur la désignation du candidat du système au printemps prochain. L’homme qui était en meilleure position pour désigner un successeur au président Bouteflika en avril prochain était encore… Abdelaziz Bouteflika lui même, sans doute jusqu’au printemps dernier avant sa dégradation estivale. Or il n’a jamais voulu travailler sur ce scénario de la succession adoubée.

Abdelaziz Bouteflika a toujours considéré d’une part qu’il lui revenait de droit de rester président à vie et, d’autre part, que d’entrevoir une succession le priverait aussitôt d’exercer cette autorité jusqu’à son dernier souffle de sa vie. Saïd Bouteflika, dont la part de mandant du pouvoir présidentiel n’a fait que grandir, aurait pu transgresser cet interdit de la recherche d’un successeur, depuis que son frère président n’est plus, ces deux derniers mois, en état de participer aux délibérations politiques y compris les plus stratégiques.

Said Bouteflika n’est pas réputé pour sa grande habilité politique. Son frère président est souvent critiqué pour manquer d’une vision d’homme d’Etat et de n’exceller que dans la gestion tactique des situations. Saïd n’accède que très imparfaitement à ce talent. Conséquence chaotique,  il arrive sur les échéances de la fin de l’année  2018, où il faut fixer  le système sur l’identité du défenseur de ses intérêts à l’appel des urnes, sans autre plan que de faire réélire son frère. C’est à dire avec un plan porteur au mieux de paralysie politique au pire de collapsus complet du clan Bouteflika.

Mise à la retraite de Gaïd Salah, tournant manqué 

Faute d’avoir commencé à envisager puis à négocier un plan B au 5e mandat, Saïd Bouteflika en est réduit à colmater les voies d’eau dans le pouvoir ébréché de la maison Bouteflika.  Illisible politiquement, il agit surtout à l’identique. Faire que le président apparaisse toujours comme le centre du pouvoir. Il veut barrer la route à Ahmed Ouyahia, déjà esquissé comme une relève possible pour incarner « la continuité » des années Bouteflika.

Mais l’Etat profond l’attendait sur un autre test d’autorité. Un vrai.  Le sort du chef d’Etat major Ahmed Gaïd Salah. Son autorité a immensément grandit en 2018 grâce à l’affaire de la Cocaïne découverte à Oran qui lui a donné la possibilité de conduire un blitz pour faire le vide autour de lui. Une attaque éclair pour éliminer son rival Abdelghani Hamel ex-patron de la sureté nationale et protégé des Bouteflika, puis plusieurs généraux de sa génération dont le commandement territorial et opérationnel échappait largement à son autorité.

La mise à la retraite par la présidence de Ahmed Gaïd Salah, et son départ de son poste de chef d’état-major était donc attendu, après cet épisode pour rétablir l’équilibre rompu depuis la mise à la retraite du général Toufik ex patron du DRS. Trop tard. Le chef d’état-major a bien pris conscience aujourd’hui qu’une telle décision peut être contestée pour son caractère suspect, illégitime. Le président n’étant pas en mesure de l’exprimer, elle peut être l’émanation de son seul entourage. C’est la jurisprudence Saïd Bouhadja, qu’a évité d’utiliser Djamel Ould Abbes, mais  l’on devine que le puissant chef état-major capable de brandir sans hésitation : « dites au président de me confirmer ma mise à la retraite lui même ».

Anis Rahmani, marqueur mobile des allégeances

Il est maintenant presque acquis que l’homme pivot de la décision pour la prochaine présidentielle, dans le cas – toujours bon à rappeler- de non irruption de la colère populaire dans l’intervalle, est le général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah.  Saïd Bouteflika aurait pu être cet homme s’il avait pris l’initiative de travailler sur un plan B depuis trois mois au moins. Et prendre l’initiative de se séparer en été – dans le feu de l’affaire Cocaïne – du chef État-major pour être en mesure de mettre ce plan de succession à la main en œuvre en étant en meilleure position face à une haute hiérarchie de l’armée remodelée favorablement.

Anis Rahmani, le directeur du groupe Ennahar, fait partie des premiers hommes du système à avoir capté ce moment de bascule ou la présidence perd la main devant les Tagarins. Il a subtilement proposé son allégeance au chef d’Etat major en prenant le risque d’entrée en conflit ouvert avec Bachir Tertag, coordinateur de la sécurité à la présidence de la république et donc au service de la maison Bouteflika.

Ce que le Chef d’état-major  a bien capté en mettant, dans l’affaire des « cyberdissidents » , à son service la gendarmerie nationale, un corps de police judiciaire plus «efficace» en ce moment  dans la répression, que celui de la DSI sous autorité de Bachir Tertag.

Saïd Bouteflika aurait il pu renverser la tendance en briguant lui même la candidature pour la présidence le printemps prochain ? C’est une option faible envisagée épisodiquement par une partie de l’entourage mais qui n’a même pas le franc aval de l’intéressé. Sans compter que le chef d’état-major qui a toujours eu des rapports tendus avec Saïd Bouteflika ne laissera pas se développer un tel scénario. « Il lui barrera personnellement la route »:  le général à la retraite, Hocine Benhadid l’avait clairement pronostiqué dans l’entretien de septembre 2015 à Radio M qui lui avait valu d’être emprisonné pendant 9 mois sur ordre de Ahmed Gaïd Salah.

Le temps joue contre Saïd Bouteflika

Quel aurait pu donc être le plan de Saïd Bouteflika pour préparer une succession à son frère qui soit avantageuse pour les intérêts de la maison Bouteflika et de la clientèle politique et d’affaires qu’elle a cristallisé autour d’elle en 19 ans de pouvoir ? La vérité est que l’on ne peut pas tout à fait accabler le frère du président de manquer d’initiative.

Face au rôle devenu prépondérant de Ahmed Gaïd Salah,  il n’aurait pas pu esquisser une proposition de candidature du système pour succéder à Abdelaziz, son frère président,   sans prendre le risque plus ou moins grand de griller sa carte. Or le temps joue en faveur du chef d’Etat major. Si le président s’avère totalement dans l’incapacité de se présenter aux présidentielles – alitement prolongé sans apparitions publiques – le patron des Tagarins sera en position de décider en homme fort de qui sera le candidat adoubé par le système de pouvoir en place. Il devra certes négocier son choix avec d’autres forces d’influence, notamment les réseaux informels du business, de la politique et de l’armée. Mais dans un rapport de force autrement plus favorable que celui d’aujourd’hui ou le président Bouteflika est encore vivant et théoriquement en fonction.

A l’inverse, le temps joue bien sur contre Saïd Bouteflika. Chaque jour qui passe l’éloigne de la possibilité de faire passer de grandes décisions qui l’aideraient à dessiner en position de force l’issue électorale d’avril 2019.  Il faut bien imaginer qu’une incapacité totalement avérée, par exemple le 31 décembre prochain si le président manquait au cérémonial de la signature de la loi de finance pour 2019, précipiterait la perte d’influence de Saïd Bouteflika. En particulier si aucun plan B de candidature soutenue par le système de pouvoir n’aura été échafaudé d’ici là.

Une alliance tactique avec Toufik en dernier recours ?

Une nouvelle évolution est peut être entrain de se projeter ces dernières semaines qui réduirait de l’ascendant sur la décision qu’est entrain de prendre le chef d’Etat-major. Très réservé sur la poursuite d’une présidence Bouteflika pour les risques systémiques qu’elle comporte  pour l’ensemble du système de pouvoir, le général à la retraite Toufik peut redevenir l’allié qu’il a été de la maison Bouteflika, dans le cas de la recherche d’une solution digne de sortie de l’impasse provoquée par le projet insensé du 5E mandat.

Dans le contexte des deux dernières années, l’agenda de Mohamed Mediene dit Toufik,  est moins occupé par les chicanes à mettre sur la route des Bouteflika que par le projet de prendre une revanche opérationnelle sur son propre rival le général Gaïd Salah artisan en chef de sa déchéance puis de sa chute en septembre 2015. Saïd Bouteflika a encore une chance de retomber sur ses pieds en cas de banqueroute déclarée au tribunal du commerce de son projet de faire réélire son frère président.

Elle consiste à prendre les devants d’une solution politique portant d’abord l’assentiment de la classe politique et en arrière plan de « l’Etat profond » Cette « solution » opératoire ressemble furieusement à la proposition de « conférence nationale » proposée par Amar Ghoul. Elle a porte également l’ADN de la maison DRS, version Toufik, le compagnon de football du président de TAJ.

Pour les raisons déjà évoquées, Saïd Bouteflika ne peut pas s’avancer le premier et suggérer un candidat soutenu par sa maison. Il peut par contre dissimuler sa démarche dans un processus sophistiqué qui passerait d’abord par l’adoption d’un pacte politique commun avec l’opposition ou une partie de l’opposition, avant d’abattre la carte de l’incarnation politique de la conduite de ce pacte. Il a besoin de s’appuyer « sur le réseau » de Toufik et de son « ingénierie » pour réussir une telle opération et espérer résister au véto du chef d’Etat major.

Les jours de Saïd Bouteflika comme régent de la république sont comptés. Son attitude rigide et sans anticipation menace d’en accélérer le compte à rebours. Il ne peut changer la donne et donner un sursis à son rôle qu’au prix de grandes manœuvres stratégiques. Des manœuvres qui supposent un postulat mental. Qu’il accepte que l’ère des Bouteflika se termine en avril prochain.

 Ihsane El Kadi

Source : maghrebemergent.info