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samedi 7 mars 2026
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19 ONG et fédérations syndicales internationales, appellent à la libération immédiate du syndicaliste et défenseur des droits humains Ali Mammeri

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Les 19 organisations soussignées appellent les autorités algériennes à libérer immédiatement et sans condition le syndicaliste algérien Ali Mammeri, à annuler sa condamnation à 15 ans de prison prononcée le 29 octobre 2025, et à ouvrir une enquête indépendante, impartiale et efficace sur ses allégations de torture et de disparition forcée, en vue de traduire les responsables en justice. Nous exhortons également les autorités algériennes à réviser la législation antiterroriste et l’ordonnance 21-09 relative à la protection des informations et des documents administratifs afin de les mettre en totale conformité avec les obligations internationales de l’Algérie en matière de droits humains, et d’empêcher toute interprétation abusive utilisée pour restreindre indûment l’espace civique.

Le 29 octobre 2025, le tribunal de première instance d’Oum El Bouaghi a condamné Ali Mammeri à 15 ans de prison, décision contre laquelle il a fait appel. Il attend désormais la fixation d’une date pour son procès en appel, qui devrait avoir lieu dans les prochaines semaines.

Les organisations estiment que les poursuites engagées contre Ali Mammeri, ainsi que la sévérité de sa peine, sont clairement le résultat de son engagement actif en faveur des droits humains et des droits syndicaux, notamment les communications de son syndicat avec l’Organisation internationale du Travail (OIT). L’utilisation abusive de la législation antiterroriste et relative à la sécurité de l’État porte atteinte à l’exercice pacifique de ses libertés fondamentales.

Ali Mammeri, fonctionnaire, défenseur des droits humains et militant du Hirak, est président et fondateur du Syndicat national indépendant des fonctionnaires du secteur de la culture et des arts (SNFC), affilié à la Confédération syndicale des forces productives (COSYFOP). Les autorités algériennes l’ont soumis à des représailles et à des menaces de poursuites judiciaires, à la suite de sa campagne pour syndiquer le secteur culturel en 2024 et de sa nomination à la tête du SNFC.

Le 19 mars 2025, des policiers en civil l’ont arrêté sur son lieu de travail à Oum El Bouaghi, à environ 500 km au sud-est d’Alger, sans mandat. Jusqu’au 23 mars, la police a refusé de communiquer à sa famille et à son avocat des informations sur le lieu où il se trouvait, le soumettant ainsi à une disparition forcée.

La police l’a arrêté peu avant la publication prévue d’un avis du Comité d’experts de l’OIT sur les violations des droits des syndicalistes en Algérie, y compris ceux du COSYFOP. L’arrestation a également eu lieu après que le COSYFOP a soumis une communication au Comité de la liberté syndicale de l’OIT le 11 février 2025, partagée avec les autorités algériennes, qui comprenait des allégations de représailles subies par Ali Mammeri en raison de son activité syndicale.

Ali Mammeri a déclaré à sa famille et à ses avocats que la police l’avait frappé à plusieurs reprises pendant sa détention, l’avait déshabillé pendant son interrogatoire et l’avait contraint à avouer les accusations portées contre lui. Le 27 mars, sa mère a tenté de déposer une plainte pour torture auprès du procureur du tribunal d’Oum El Bouaghi, mais le greffier a refusé d’en accuser réception par écrit, la contraignant à l’envoyer par courrier. La famille n’a pas été informée de l’ouverture d’une enquête. Ses déclarations faites pendant sa garde à vue ont été utilisées pour étayer sa condamnation, malgré ses allégations de torture.

À l’issue de sa garde à vue, le 27 mars 2025, Ali Mammeri a été présenté au procureur du tribunal d’Oum El Bouaghi, qui a décidé de renvoyer l’affaire devant un juge d’instruction et a demandé l’ouverture d’une enquête en vertu des articles 87 bis 1, 87 bis 4 et 87 bis 5 du Code pénal relatifs aux infractions terroristes, ainsi que des articles 34 et 39 de l’ordonnance n° 21-09 relative à la protection des informations et documents administratifs. Un juge d’instruction du tribunal d’Oum El Bouaghi l’a placé en détention provisoire, sans en informer son avocat qui l’a trouvé par hasard au tribunal.

Le 29 octobre, après sept mois de détention provisoire arbitraire, Ali Mammeri a été reconnu coupable de plusieurs chefs d’accusation, notamment de « glorification d’actes terroristes » et de « diffusion d’informations classifiées ». Au cours de son procès, il a été accusé d’avoir échangé des communications avec des syndicalistes algériens et d’autres militants résidant à l’étranger. Les autorités ont considéré ces échanges, qui sont principalement de nature professionnelle ou familiale ou liés à son activité syndicale, comme une preuve de liens avec des individus et des organisations terroristes, sans fournir de preuves d’activités criminelles reconnues par le droit international et sur la base d’un processus de désignation du terrorisme contrôlé par les autorités exécutives et sécuritaires et caractérisé par plusieurs problèmes liés au respect des procédures régulières. Les autorités ont également retenu contre lui ses publications sur Facebook, ses déclarations en ligne ainsi que ses interactions avec les pages de réseaux sociaux d’opposants politiques pour justifier des poursuites – alors même que toutes ces activités relèvent pleinement du droit à la liberté d’expression.

Ali Mammeri a également été accusé de « divulgation d’informations sensibles » pour avoir partagé, dans des conversations numériques privées avec d’autres membres du syndicat, un document montrant une décision administrative du département culturel d’Oum El Bouaghi, relevant du ministère de la Culture, confirmant son transfert à un poste sans fonctions réelles ni conditions de travail adéquates, une mesure qui a suivi sa nomination en tant que représentant syndical le 17 juin 2024 et pour laquelle aucun motif n’a été fourni. Cette décision administrative figurait dans la communication susmentionnée adressée au Comité de la liberté syndicale de l’OIT par le COSYFOP le 11 février 2025 et a ensuite été mentionnée dans un rapport du Comité datant de juin 2025.

Le tribunal a finalement examiné sa tentative de créer une « organisation nationale des droits de l’homme » en formant un comité syndical sur les défenseurs des droits de l’homme, qui a été présentée comme une initiative « subversive » pouvant être considérée comme criminelle ou terroriste.

L’article 87 bis du Code pénal, qui traite des actes « terroristes » ou « subversifs », a suscité de vives inquiétudes, notamment en raison de la définition vague et trop large du terrorisme qu’il contient. En juin 2021, le gouvernement algérien a encore élargi cette définition pour y inclure « la tentative de s’emparer du pouvoir ou de changer le système de gouvernance par des moyens inconstitutionnels » et « la remise en cause de l’unité nationale ».

Le Comité des droits de l’homme des Nations unies et les procédures spéciales ont souligné que cette définition du « terrorisme » n’était pas conforme aux normes internationales et ouvrait la voie à des poursuites abusives visant des activités pacifiques relevant de la liberté d’expression, de réunion ou d’association. Pour sa part, l’OIT a recommandé à l’Algérie de veiller à ce que cet article ne soit pas appliqué pour criminaliser des activités syndicales normales protégées par le droit international, telles que les grèves ou les revendications pacifiques des travailleur·euse·s.

L’ordonnance 21-09 adoptée le 8 juin 2021 prévoit jusqu’à 15 ans d’emprisonnement pour les personnes qui partagent des informations jugées « classifiées » ou « sensibles » – définies de manière trop large, ce qui permet des interprétations abusives. Cette ordonnance a créé une base permettant de poursuivre les personnes qui partagent des informations que les autorités jugent « offensantes » ou « préjudiciables » à leurs intérêts, risquant ainsi d’entraver l’activité des défenseur·euse·s des droits humains.

L’Algérie est partie à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantissent le droit à la liberté d’association, y compris le droit de former des syndicats et d’y adhérer pour défendre ses intérêts. Elle a également ratifié les conventions n° 87 et n° 98 de l’OIT sur la liberté syndicale et le droit d’organisation et de négociation collective.

Signataires :

  1. AfricanDefenders (Réseau panafricain des défenseurs des droits de l’homme)
  2. Amnesty International
  3. Collectif des Familles de Disparu·e·s en Algérie
  4. Committee for Justice (CFJ)
  5. Comité de sauvegarde de la Ligue algérienne des droits de l’homme (CS-LADDH)
  6. Confédération syndicale des forces productives (COSYFOP)
  7. DAWN
  8. Euromed Droits
  9. Fondation pour la Promotion des Droits (FPRA)
  10. HuMENA for Human Rights and Civic Engagement
  11. Institut du Caire pour les Études des droits de l’Homme (ICEDH)
  12. L’Internationale des Services Publics (ISP)
  13. Justitia Center for the Legal Protection of Human Rights in Algeria
  14. Libertés Algérie
  15. MENA Rights Group
  16. Riposte internationale
  17. Service international pour les droits de l’homme (ISHR)
  18. SHOAA for Human Rights
  19. Union internationale des travailleurs-euses de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA)

COMMUNIQUE Haro sur la liberté de la presse au Maroc !

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L’ASDHOM exprime sa profonde inquiétude face à la vidéo récemment diffusée, révélant des violations graves au sein du Comité d’éthique professionnelle et des affaires disciplinaires, émanant du Comité provisoire chargé de la gestion du secteur de la presse et de l’édition.

Les images montrent l’implication de membres de ce comité dans ce qui s’apparente à un complot, avec la participation de personnes extérieures, visant à empêcher le journaliste Hamid El Mahdaoui d’exercer sa profession, par le retrait de sa carte professionnelle et la suspension du soutien à sa plateforme YouTube. L’entourage et les avocats du journaliste ont également été la cible d’insultes humiliantes.

De tels agissements constituent une atteinte flagrante à la liberté de la presse, un abus de pouvoir et une violation des garanties constitutionnelles et internationales protégeant la liberté d’expression.

Cette affaire représente un précédent dangereux pour le métier de journaliste et met à l’épreuve l’engagement de l’État en matière de protection des libertés publiques.

L’ASDHOM demande en conséquence :

• L’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire indépendante et transparente pour établir les responsabilités et sanctionner les auteurs de ces violations.

• Le rétablissement des droits du journaliste Hamid El Mahdaoui et l’annulation des mesures arbitraires prises à son rencontre.

• Une refonte complète des instances de la presse afin de garantir son indépendance, son éthique, sa bonne gouvernance assurant la liberté d’expression et la protection du statut des journalistes.

L’ASDHOM exprime son plein soutien au journaliste Hamid El Mahdaoui et appelle toutes les forces attachées à la liberté de la presse à s’unir pour la défendre et protéger les droits des journalistes.

Paris le 22 novembre 2025

Le régime pensait pouvoir jouer la carte de la surenchère, s’est finalement retrouvé piégé !!

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Très heureux de la libération de l’écrivain Boualem Sansal, et très heureux qu’il quitte la prison en bonne santé, son emprisonnement fut une aberration, un abus de plus dans une longue série d’injustices… Je n’ai jamais cessé de réclamer sa libération, convaincu du caractère arbitraire de son arrestation.

Le régime, qui pensait pouvoir jouer la carte de la surenchère, s’est finalement retrouvé piégé par un détenu devenu encombrant, au point de contribuer malgré lui à en faire une figure quasi légendaire. tant mieux pour Sansal s’il a bénéficié d’un traitement particulier, et si le pouvoir a pris soin de le ménager, redoutant les conséquences d’un éventuel drame… Tant mieux encore s’il a pu compter sur le soutien de plusieurs États étrangers et sur l’attention de l’opinion internationale : ce sont parfois ces regards extérieurs qui arrachent les détenus aux pires abus.

Malheureusement, ce ne fut pas le cas pour notre camarade Kamel Eddine Fekhar, vice-président de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH) ; ni pour Talmat, journaliste ; ni pour Debazi, militant du Hirak… Tous ont été laissés mourir en prison, sacrifiés dans l’indifférence totale du pouvoir, qui n’a jamais entendu nos appels du cœur, ni nos appels à la raison.

Il en a été de même pour tant d’autres détenus d’opinion du Hirak, dont la santé s’est gravement détériorée dans les geôles de l’arbitraire, les images choquantes de leur libération, leurs corps affaiblis, leurs regards brisés, défilent encore devant nos yeux… Ils ont été broyés par la prison algérienne, par l’injustice systémique, je pense, à titre d’illustration, à Mohand Tafarka, qui n’a quitté la prison que sur une chaise roulante.

Beaucoup n’ont pas survécu à leur détention ni aux séquelles laissées par l’enfermement. Ma pensée va notamment à Ahcene Cherifi, militant berbériste et compagnon de lutte de Mohamed Haroune, emprisonné à un âge avancé et décédé quelques mois seulement après avoir purgé sa peine. Ils sont des centaines de détenus d’opinion du Hirak à avoir laissé leur santé en prison.

Honte au régime qui brise ses enfants les plus sincères, ceux qui portent encore l’héritage moral des libérateurs du pays.

Les détenus d’opinion doivent être libérés, Ils doivent regagner leurs familles, Ils doivent retrouver leur dignité, que nul pouvoir ne devrait leur arracher.

Source: Par Said Salhi –

Les élections législatives en Egypte

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En Égypte, les élections législatives se déroulent dans un climat de tension et de restrictions à l’expression démocratique libre. Les autorités continuent d’entraver les mobilisations indépendantes, de réprimer les dissidences pacifiques et d’écarter les voix critiques de la vie publique, empêchant ainsi toute véritable compétition électorale. Le scrutin est largement perçu non pas comme un choix démocratique offert aux citoyens, mais comme un moyen de renforcer le régime du président Abdel Fattah al-Sissi.

Les organisations signataires de ce communiqué appellent à la réouverture du champ public en Égypte : au rétablissement de la liberté de réunion, d’expression, d’association et des médias, toutes indispensables à l’instauration d’un climat électoral crédible. Elles exigent que les autorités cessent les représailles contre l’opposition, libèrent les prisonniers d’opinion qui n’ont fait que revendiquer leurs droits fondamentaux et permettent à tous les partis et individus de participer au processus électoral sans crainte d’arrestation ni d’entrave.

Depuis plusieurs années, et particulièrement sous le régime actuel, la Chambre des députés ne joue plus le rôle d’instance de représentation ni de contrôle du pouvoir exécutif. Elle entérine les décisions du régime en place, adopte des lois sans véritable débat ni transparence, tandis que l’opposition est affaiblie, les organisations civiques marginalisées et les médias alignés sur les agences de sécurité. Cette parade électorale sert principalement à légitimer un pouvoir déjà hypercentralisé, notamment afin de faciliter l’endettement international, les grands projets menés par l’armée et d’éventuelles modifications constitutionnelles susceptibles de prolonger encore le mandat présidentiel.

Signataires

  • Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS)
  • Egyptian Front for Human Rights (EFHR)
  • EgyptWide for Human Rights
  • Egyptian Human Rights Forum
  • Egyptian Commission for Rights and Freedoms (ECRF)
  • Law and Democracy Support Foundation
  • El Nadeem Center against Violence and Torture

communiqué conjoint: « Mohamed Tadjadit » et 12 co-accusés menacés d’une peine à perpétuité lors de l’audience du 30 novembre.

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20 organisations internationales, régionales et nationales de défense des droits humains appellent et exigent des autorités algériennes, dans un communiqué conjoint, l’abandon de toutes les charges et la libération immédiate du poète et prisonnier d’opinion « Mohamed Tadjadit » et de ses 12 co-accusés menacés d’une peine à perpétuité lors de l’audience du 30 novembre.

Le poète Mohamed Tadjadit, surnommé “le poète du Hirak”, ainsi qu’une douzaine d’autres militants algériens, sont actuellement poursuivis pour des accusations graves telles que « terrorisme » et « complot contre l’État », des infractions passibles de la peine de mort. Pourtant, ce sont leur militantisme pacifique et leur engagement en faveur des droits humains, à travers la poésie et leur participation au mouvement citoyen Hirak, qui ont motivé ces poursuites.

Depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika, Tadjadit a subi plusieurs arrestations liées à ses activités artistiques et son engagement pour la démocratie. Gracié en novembre 2024, il a de nouveau été arrêté deux mois plus tard et condamné à cinq ans d’emprisonnement, peine ensuite réduite à un an en appel. Ce parcours exemplifie la répression systématique infligée par les autorités algériennes aux voix dissidentes, en contradiction avec leurs obligations internationales en matière de droits humains.

Reconnu au niveau international, finaliste du prix Index on Censorship pour la liberté d’expression, Mohamed Tadjadit incarne la lutte pour la liberté artistique et la démocratie. Organisations telles qu’Amnesty International, PEN International, FIDH, Freemuse, et EuroMed Rights demandent aujourd’hui sa libération immédiate, l’annulation des charges retenues contre lui et la fin de la criminalisation de la poésie et du militantisme pacifique en Algérie.

Signataires:

  • Riposte Internationale
  • Index on Censorship
  • Freemuse
  • Justitia Center for the Legal Protection of Human Rights in Algeria
  • Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS)
  • MENA Rights Group
  • Liberté Algérie
  • Shoaa For Human Rights
  • La Confédération Syndicale des Forces Productives (COSYFOP)
  • International Federation for Human Rights (FIDH)
  • PEN America
  • ARC – Artists at Risk Connection
  • EuroMed Rights
  • Amnesty International
  • PEN International
  • Adala For All association (AFA)
  • La Fondation pour la promotion des droits
  • Comité des Familles des Disparus en Algérie (CFDA)
  • Comité de Sauvegarde de la Ligue Algérienne     des Droits de l’Homme (CS-  LADDH)
  • Committee for Justice (CFJ)


L’Algérie et la résolution 2797 : le refus qui a déjoué les puissants

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Par Bihmane Belattaf – Tribune du Montagnard

Il est des refus qui valent des victoires, et des silences qui font trembler les grandes capitales.

Le refus de l’Algérie de participer au vote de la résolution 2797 du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental n’est pas un simple geste diplomatique : c’est une déclaration de souveraineté, un acte politique réfléchi qui a mis à nu les limites d’un système international devenu prisonnier de ses propres compromis.

Contrairement à l’abstention, souvent perçue comme une posture neutre, le refus de voter est un message fort : l’Algérie ne cautionnera pas une résolution biaisée, ambiguë, qui prétend concilier le droit et la force, mais finit toujours par servir les intérêts des puissants, en particulier Washington et Paris, architectes du statu quo.

Un texte creux, au service des équilibres

Adoptée sous le chapitre VI de la Charte des Nations unies, la résolution 2797 n’a aucune valeur contraignante.

Elle évite soigneusement toute référence au référendum d’autodétermination, pourtant au cœur du dossier, et préfère parler de “solutions réalistes” — une formule diplomatique qui renvoie implicitement au plan d’autonomie marocain, sans jamais l’imposer comme solution définitive.

C’est là tout l’art du flou politique : faire semblant d’avancer tout en piétinant le droit.

En refusant de participer à ce vote, l’Algérie a refusé d’endosser cette hypocrisie internationale.

Elle a montré que le véritable courage diplomatique consiste parfois à se taire face au mensonge plutôt que de se prêter à une mascarade de consensus.

Ce refus a bousculé les calculs des États-Unis, contrarié les ambitions françaises, et surtout retiré au Maroc l’illusion d’un triomphe diplomatique.

Le Makhzen dans la confusion

Comme à son habitude, le Makhzen s’est empressé de vendre à son opinion publique une “victoire historique”.

Ses médias ont célébré un succès imaginaire, prétendant que le Conseil de sécurité venait de confirmer la “souveraineté marocaine” sur le Sahara occidental.

Mais la réalité est tout autre : le texte ne reconnaît aucune souveraineté, ni ne valide le plan d’autonomie comme unique solution.

Il se contente de maintenir le flou, de prolonger le conflit, et de laisser la porte ouverte à toutes les interprétations.

Le discours du roi Mohammed VI, prononcé après l’adoption de la résolution, a trahi un certain malaise.

Sous des formules religieuses et un ton solennel, on a perçu la crainte d’un pouvoir en perte de confiance, conscient que la propagande ne suffira pas à masquer les crises sociales, la cherté de la vie et l’usure d’un régime qui cherche à compenser son vide politique par des victoires diplomatiques imaginaires.

L’Algérie, actrice et non spectatrice

Face à cette agitation, l’Algérie a opté pour la hauteur.

En refusant de voter, elle a refusé de servir de figurante dans un théâtre où les dés sont pipés d’avance.

Elle a réaffirmé que toute solution au conflit du Sahara occidental doit passer par le respect du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination — un principe que nul artifice diplomatique ne peut effacer.

Ce refus algérien n’est pas un blocage du processus onusien, comme certains voudraient le faire croire.

C’est une correction nécessaire : une manière de rappeler que la légalité internationale n’est pas un menu à la carte.

L’Algérie refuse les résolutions ambiguës, les formulations creuses et les compromis dictés par les intérêts économiques et militaires des puissants.

Elle défend une logique de droit, pas une logique de rapports de force.

Le courage de dire non

Ce que les observateurs honnêtes reconnaissent aujourd’hui, c’est que la résolution 2797 a perdu toute portée avant même son application.

Le refus algérien de participer au vote a ôté à ce texte sa légitimité morale, le privant de l’apparence de consensus que Washington et Paris espéraient.

Et c’est là que réside la vraie victoire diplomatique d’Alger : celle d’un pays qui ne cède ni à la pression ni à l’illusion.

Pendant que Rabat s’enivre de ses “succès”, l’Algérie agit avec constance, sans triomphalisme.

Elle sait que le temps et le droit finiront par trancher, que le courage de dire non reste la plus haute expression de la souveraineté, et que la dignité d’un État ne se mesure pas au nombre de résolutions votées, mais à la justesse de ses positions.

En refusant de voter sur la résolution 2797, l’Algérie a rappelé au monde que le silence peut être un acte de résistance, et qu’il existe encore des nations capables de dire non — non à l’injustice, non à la manipulation, non à la résignation.

Et dans cette époque de compromissions, ce non-là résonne comme une leçon de dignité diplomatique et politique.

Le “Khawawisme” ou la fraternité de façade

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Tribune libre – Par Bihmane Belattaf

Chapeau :

Slogan national, mantra populaire, « Khawa Khawa » — « frères, frères » — s’est imposé comme un symbole d’unité en Algérie.

Mais derrière ces mots censés rassembler, se cache une réalité plus dérangeante : hypocrisie, fractures identitaires et refus d’assumer la pluralité du pays.

Le Khawawisme n’est plus une fraternité, c’est une mise en scène.

Une unité de façade

Depuis 1962, l’Algérie vit avec une fracture profonde, invisible mais réelle.

Un mur sociologique et culturel, érigé sur les mensonges de l’histoire et la manipulation identitaire, continue d’alimenter les divisions internes.

Cette blessure n’a jamais été soignée.

Elle nourrit une haine sourde, un ressentiment entretenu par ceux qui, tout en prêchant la fraternité, refusent de bâtir un véritable État de droit fondé sur la vérité et la justice culturelle.

Le Khawawisme, ce mot devenu slogan, ne traduit plus une solidarité authentique mais une hypocrisie collective.

Il masque le déséquilibre et le déni qui gangrènent la société depuis des décennies.

Tamazight, une langue proclamée mais jamais accueillie

On en revient toujours à la question identitaire.

Tamazight, langue millénaire des racines algériennes, a été proclamée “nationale et officielle”.

Mais dans les faits, elle demeure symbolique, tolérée, jamais intégrée.

La reconnaissance juridique n’a pas entraîné une reconnaissance culturelle.

Et surtout, aucune volonté réelle ne se manifeste dans la majorité arabophone pour l’apprendre, la pratiquer ou la comprendre.

La preuve est aussi simple qu’implacable :

qu’un Kabyle s’installe dans une région arabophone, il parle arabe au bout de quelques mois — par adaptation, respect et sens de la coexistence.

Mais un arabophone, seul ou en famille, vivant en Kabylie pendant vingt ans, ne prononce pas un mot de kabyle.

Pire encore, il entretient un entêtement volontaire, un rejet assumé, parfois même un mépris latent.

Ce refus d’effort n’est pas anodin : il exprime la résistance à reconnaître que l’Algérie est amazighe avant d’être tout autre chose.

Une fraternité sans réciprocité

Quand un “arabe” se joint à un groupe de Kabyles, ces derniers se mettent spontanément à parler arabe.

Non par contrainte, mais par éducation, respect et politesse.

Ce geste, profondément humain, témoigne d’une ouverture sincère.

Mais la réciproque, elle, n’existe pas.

Et une fraternité qui ne va que dans un sens n’en est plus une : c’est une courtoisie unilatérale, un masque social.

Le “Khawa Khawa” est alors réduit à un slogan destiné à calmer les tensions, une formule incantatoire qui cherche à cacher un déséquilibre profond.

La fraternité véritable ne se décrète pas, elle se vit — dans la réciprocité, la curiosité et le respect mutuel.

Dire la vérité pour bâtir l’avenir

L’Algérie ne se construira pas sur le mensonge identitaire.

Elle ne grandira pas tant qu’elle continuera de confondre unité et uniformité.

Un État de droit digne de ce nom ne naîtra que le jour où Tamazight sera pleinement assumée, enseignée, respectée ;

le jour où l’égalité linguistique cessera d’être une revendication pour devenir une évidence.

Ce jour-là, peut-être, le slogan “Khawa Khawa” retrouvera son sens premier.

Mais tant qu’il servira à masquer la hiérarchie culturelle, le refus de l’autre et la peur de la vérité,

il restera ce qu’il est devenu : le symbole d’une fraternité de façade dans un pays qui se cherche encore dans le miroir de son histoire.

Tamazight, langue, culture et civilisation : réconcilier la nation et construire l’avenir

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Tribune libre – Par Bihmane Belataff

Tamazight, dans sa triple dimension — langue, culture et civilisation — demeure bien plus qu’un symbole identitaire. Elle est la mémoire première de notre terre, la racine de notre être collectif, le témoin d’une histoire qui précède toutes les conquêtes et transcende tous les clivages.

Pourtant, depuis l’indépendance, cette richesse, au lieu d’être célébrée comme une composante naturelle de la nation, a souvent été reléguée à la marge, ignorée, voire redoutée. Ce refus de reconnaissance, étalé sur des décennies, a creusé une fracture intérieure, une tension silencieuse dans le cœur même du pays. Car on ne bâtit pas une unité durable sur l’oubli ou l’exclusion. Tamazight, à force d’être ignorée, est devenue une bombe à retardement.

Mais une bombe peut être désamorcée — non pas par la force ni par la peur, mais par la sagesse, le courage et la sincérité politique.

Désamorcer Tamazight, c’est reconnaître son statut, lui rendre sa dignité et lui permettre de vivre pleinement au sein du projet national. Ce n’est pas une faveur à accorder : c’est une dette morale, historique et civilisationnelle.

L’avenir du pays repose sur cette réconciliation. L’Algérie ne pourra réellement avancer que lorsqu’elle acceptera toutes ses identités comme un tout harmonieux. La langue arabe et la langue amazighe ne sont pas des rivales : elles sont les deux ailes d’un même oiseau. L’une puise dans la profondeur spirituelle et historique du monde arabo-musulman, l’autre dans la sève millénaire de l’Afrique du Nord. Ensemble, elles peuvent porter une Algérie fière, lucide et ouverte sur le monde.

Dans cette perspective, il appartient au pouvoir d’assumer pleinement son rôle de bâtisseur d’unité nationale. Le respect de Tamazight dans l’enseignement, les médias et les institutions n’est pas un détail administratif : c’est une condition de paix durable. Car la justice culturelle est la première marche vers la justice sociale et politique.

L’Algérie de demain doit être celle du respect mutuel, du dialogue et de la complémentarité. Une nation forte est une nation qui ne craint pas sa diversité, mais qui en fait sa richesse. La modernité ne se limite pas aux infrastructures : elle commence dans la reconnaissance de toutes les expressions de soi.

Tamazight doit être un lien, pas un fossé. Une lumière, pas une menace.

Elle doit être enseignée, valorisée, intégrée avec la même dignité que les autres langues du pays. C’est à cette condition que nous pourrons refermer les blessures du passé et ouvrir les portes d’un avenir serein, uni et prospère.

L’Algérie a tout pour réussir : un peuple jeune, des ressources immenses, une histoire dense et un patrimoine culturel incomparable. Mais pour que cette réussite soit complète, elle doit d’abord faire la paix avec elle-même.

Et cette paix commence par la reconnaissance pleine et entière de Tamazight — non pas comme une revendication régionale, mais comme un pilier fondateur de la nation algérienne moderne.

Car un pays qui reconnaît toutes ses voix devient une symphonie.

Et c’est cette symphonie-là que nous voulons entendre : celle d’une Algérie réconciliée, fraternelle et digne de son histoire.

Déclaration

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Riposte Internationale exprime sa vive préoccupation à la suite du communiqué publié le 28 octobre 2025 par KOUKOU Éditions, relatant une troisième exclusion consécutive du Salon international du livre d’Alger, ainsi qu’un enchaînement de décisions administratives et judiciaires qui, selon l’éditeur, s’appuieraient sur un rapport secret des services de sécurité. La confirmation d’une ordonnance de non-lieu par la Chambre d’accusation aurait empêché la tenue d’un procès public où les pièces et témoignages auraient pu être débattus de manière contradictoire. De précédents incidents rapportés depuis 2016, allant de la mise à l’écart d’ouvrages à des retraits informels en librairie, dessinent un schéma de restrictions qui, s’il était avéré, excède largement la simple gestion du bon ordre d’un salon du livre et relève d’une censure de fait.

La Constitution algérienne consacre la liberté d’expression et d’édition. L’article 54 rappelle que l’activité des publications ne peut être interdite qu’en vertu d’une décision de justice. Ce principe implique un contrôle juridictionnel effectif, l’accès au dossier, la publicité des débats et la possibilité pour les personnes concernées de faire valoir leurs moyens. La hiérarchie des normes impose que toute mesure limitative portée par une autorité administrative ou par un organe placé sous tutelle ministérielle soit prévue par la loi, poursuive un objectif légitime et respecte les exigences de nécessité et de proportionnalité. Les juridictions ont en outre la responsabilité d’assurer la primauté de la Constitution sur toute instruction interne ou document non publié, surtout lorsque celui-ci conditionne l’accès d’un acteur culturel à un espace public de débat.

L’Algérie est partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Son article 19 protège la liberté d’expression, y compris la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées. Le Comité des droits de l’homme, dans son Observation générale n° 34, précise que toute restriction doit être prévue par la loi, poursuivre un but légitime et être strictement nécessaire, et souligne la méfiance à l’égard des limitations fondées sur des motifs vagues ou des pièces non accessibles au public. L’Algérie est également liée par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Son article 9 garantit le droit de recevoir et de diffuser des informations, ainsi que la libre expression des opinions. La Déclaration de principes sur la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique, adoptée par la Commission africaine en 2019, rappelle que la censure préalable est incompatible avec un régime démocratique et que les autorités doivent privilégier des procédures transparentes et des voies de recours rapides. Enfin, l’article 15 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels protège le droit de participer à la vie culturelle, ce qui inclut l’accès non discriminatoire aux espaces de diffusion du livre et des idées.

Lorsque des exclusions sont motivées par des documents non publics, non contradictoirement discutés et non soumis à un contrôle indépendant, la sécurité juridique est compromise. L’absence de motivation claire et accessible empêche toute compréhension des faits reprochés et prive les auteurs et éditeurs de la possibilité d’adapter leur conduite ou de contester utilement la mesure. La répétition d’évictions ciblant un même éditeur actif depuis deux décennies engendre un effet dissuasif sur les professionnels du livre et restreint de manière tangible la pluralité des voix. L’ensemble crée un climat d’incertitude incompatible avec les garanties constitutionnelles, avec l’article 19 du Pacte et avec l’article 9 de la Charte africaine.

Riposte Internationale demande la publication intégrale et sans délai de toute pièce ayant fondé les mesures prises à l’encontre de KOUKOU Éditions, afin de permettre l’exercice effectif des droits de la défense et le contrôle du juge. À défaut d’une décision judiciaire motivée, fondée sur une base légale claire et répondant aux critères de nécessité et de proportionnalité, nous appelons à la levée des exclusions et à la réintégration de l’éditeur dans les salons du livre ainsi qu’au règlement des différends commerciaux ou contractuels selon des procédures régulières. Nous demandons la garantie d’une audience publique au fond, avec accès au dossier, audition des parties et possibilité de constitution de parties civiles pour les auteurs directement affectés.

Nous appelons les autorités compétentes, notamment le ministère de la Culture, les commissariats de salons et les entreprises publiques gestionnaires de librairies, à se doter et à publier des procédures claires d’admission, de refus et de retrait d’ouvrages. Ces procédures doivent s’inscrire dans la loi, indiquer les critères précis, prévoir une notification motivée, offrir un recours rapide et suspensif et respecter les standards internationaux de liberté d’expression. Une formation régulière des responsables concernés au droit de la liberté d’expression et aux obligations internationales de l’Algérie contribuerait à éviter les dérives. Un mécanisme de dialogue permanent avec les éditeurs, auteurs, libraires, syndicats du livre et organisations de défense des droits humains permettrait d’anticiper les tensions et de favoriser la médiation plutôt que l’éviction.

Nous invitons la Présidence de la République, le Gouvernement et le Conseil supérieur de la magistrature à réaffirmer publiquement la primauté de la Constitution et l’interdiction de toute censure de fait, à garantir l’indépendance des juridictions dans l’examen de litiges touchant à la liberté d’expression et à ordonner que les administrations s’abstiennent de se fonder sur des rapports non publiés pour limiter l’accès aux espaces culturels. La vitalité d’un salon du livre se mesure à la diversité des idées qui s’y confrontent pacifiquement et à la confiance que les citoyens accordent à la transparence des décisions publiques.

La liberté d’expression et les droits culturels ne sont pas des concessions accordées au gré des circonstances, ce sont des droits opposables qui protègent la société tout entière. La censure informelle n’apporte ni sérénité ni stabilité. Elle nourrit la défiance, tarit le débat public et affaiblit les institutions chargées de garantir l’État de droit. Riposte Internationale se tient aux côtés des auteurs, des éditeurs, des libraires et des lecteurs pour défendre un espace de discussion ouvert, fondé sur la loi, la raison et la dignité.

Fait à Montreuil, le 30 octobre 2025

Riposte Internationale

Pour le Bureau Fédéral

P/R Ali Ait Djoudi+33.6.34.36.62.29

Communiqué – Famille du détenu-disparu Houcine El Manouzi

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APPEL A QUI DE DROIT POUR DES FOUILLES AU CENTRE DE DETENTION PF3 AFIN DE RETROUVER LA TRACE DE HOUCINE EL MANOUZI

En ce 29 octobre 2025, date anniversaire de l’enlèvement de Houcine El Manouzi à Tunis en 1972 et de sa disparition forcée au Maroc jamais élucidée, nous exprimons notre douleur renouvelée mais aussi notre révolte intacte.

Ce 29 octobre ne marque pas seulement 53 années d’absence, d’attente et de silence imposé. Il s’inscrit cette année dans une double violence : celle de la disparition d’un homme – syndicaliste, militant politique pour la démocratie, la justice sociale et de la dignité – et celle de la démolition brutale et illégale de l’immeuble El Manouzi dans l’ancienne médina de Casablanca, lieu symbolique qui portait la mémoire de Houcine et celle de son père, Hadj Ali El Manouzi, patriote et résistant.

La disparition forcée est une violation grave du droit international. La Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, ratifiée par le Maroc, engage l’État à respecter la mémoire des victimes, à garantir le droit à la vérité, et à lutter contre l’oubli.

Or, en effaçant ce bâtiment sans information préalable ni décision publique transparente, c’est une mémoire militante que l’on cherche à enterrer une seconde fois. C’est une atteinte à la dignité des familles, au droit à la mémoire, et au combat universel pour la justice.

Par ailleurs, 53 ans après, le sort de Houcine El Manouzi demeure inconnu.

Le Comité de suivi du CNDH, censé mettre en œuvre les recommandations de l’Instance Équité et Réconciliation (IER), traine toujours pour l’exploration sérieuse des pistes et témoignages portés par de nouveau par la famille du détenu-disparu lors de la rencontre du 3 novembre 2022 avec la Présidence du CNDH :

  • Témoins vivants non entendus ;
  • Fouilles dans le centre secret PF3 jamais engagées, alors que ce lieu, selon plusieurs rescapés, serait celui où les corps de disparus ont été enterrés. Un témoignage d’un compagnon de détention de Houcine El Manouzi au Centre PF3, et consigné par le juge d’instruction auprès du Tribunal de Salé lors de son audition le 13 février 2012, dans le cadre de l’instruction de la plainte de la famille El Manouzi, confirme ce fait.

Le Comité des disparitions forcées de l’ONU attend toujours des réponses fiables et vérifiables du gouvernement marocain. C’est en ce termes que ce comité avait clos les travaux de sa 27ème session à Genève le 4 octobre 2024, et qui étaient consacrées à l’étude des doléances des familles et des associations des droits humains et la réponse officielle du gouvernement Maroc.

La restitution de la dépouille de Houcine, si décédé, reste un droit fondamental refusé à sa famille. De même, que la préservation de la mémoire ne peut être un obstacle : elle est la condition d’une réconciliation véritable. Comme la vérité est un droit, pas une concession.

Liberté pour Houcine El Manouzi, vivant ou mort !

Famille El Manouzi – Casablanca, le 29 octobre 2025Contact : amanouzi@gmail.com