2.9 C
Alger
samedi 2 mars 2024
Accueil Blog Page 3

Appel présidentiel à l’unité nationale : entre instrumentalisation politique et véritable projet de société

0

Dans son allocution du 25 février, le président Tebboune a appelé au “maintien de l’unité des rangs” face aux “tentatives hostiles” visant l’Algérie. Un discours rassembleur en apparence, mais qui dissimule une récupération politicienne.

Certes, l’instabilité régionale et les mutations géopolitiques imposent de resserrer les rangs derrière l’État. Mais cet appel à l’union nationale cache difficilement une volonté d’étouffer toute critique vis-à-vis du pouvoir. Sous couvert d’unité, le président instrumentalise la menace extérieure pour brider l’opinion publique et l’opposition.

Pourtant, le changement passe justement par le débat contradictoire. C’est en encourageant la libre confrontation des idées qu’émergeront les solutions aux défis actuels : diversification de l’économie, justice sociale, lutte contre la pauvreté, etc.

Car derrière la rhétorique mobilisatrice pointent les véritables intentions politiciennes du discours présidentiel. S’il évoque les avancées sociales de son mandat, le bilan est loin d’être aussi reluisant : pouvoir d’achat grevé par l’inflation, retraites insuffisantes, et surtout un taux de chômage avoisinant toujours les 15%.

Quant au “dialogue social”, il se résume trop souvent à de vaines consultations formelles des partenaires sociaux. Difficile dès lors de prétendre que “la participation des organisations syndicales au dialogue social à tous les niveaux est un acquis démocratique”. Bref, derrière les discours d’apaisement et d’ouverture se cache une volonté tenace de verrouillage du jeu politique.

Kamel AIDOUNE

L’ancien président Moncef Merzouki condamné par contumace à 8 ans de prison ferme

0

Moncef Marzouki, ancien président de la République tunisienne de 2011 à 2014, a été condamné vendredi 24 février par le tribunal de première instance de Tunis à 8 ans de prison ferme par contumace.

Cette lourde peine fait suite à des propos controversés qu’il aurait tenus sur les réseaux sociaux, sans que la date et la plateforme utilisée n’aient été précisées.

Selon le porte-parole du tribunal Mohamed Zitouna, M. Marzouki était poursuivi pour “préparation d’une attaque visant à changer le régime, incitation des habitants à s’attaquer les uns aux autres par des armes, et appel au meurtre et au vol”. Des accusations extrêmement graves qui témoignent des tensions politiques croissantes dans le pays.

Cette nouvelle condamnation s’inscrit dans une série de procédures judiciaires visant des personnalités de l’opposition tunisienne depuis le coup de force constitutionnel du président Kaïs Saïed en juillet 2021. Plus de 20 leaders politiques ont été arrêtés en 2023, dont Rached Ghannouchi, chef du parti Ennahdha, la principale force d’opposition. Tous sont accusés de complot contre la sécurité de l’État, des charges contestées par les intéressés.

L’opposition dénonce l’instrumentalisation de la justice tunisienne par le pouvoir en place afin de museler toute dissidence. Le président Saïed se défend en invoquant l’indépendance de la magistrature, mais les procès expéditifs et les lourdes sanctions prononcées sèment le doute.

En réaction à ce nouveau jugement, M. Marzouki a fustigé la décision “d’un juge misérable, sur ordre d’un président illégitime”. Preuve s’il en fallait que le climat politique demeure extrêmement tendu en Tunisie, près de trois ans après le coup de force présidentiel.

Kamel AIDOUNE

“Les Filles d’Olfa”, film choc sur Gaza, sacré aux Césars et nommé aux Oscars

0

Vendredi soir, lors de la cérémonie des Césars réunissant le gotha du septième art français à la prestigieuse salle de l’Olympia, “Les Filles d’Olfa” de Kaouther Ben Hania a remporté la récompense suprême du meilleur film documentaire.

Recevant son prix devant une assistance recueillie, la cinéaste tunisienne a saisi l’occasion pour lancer un cri du cœur contre le calvaire enduré par la bande de Gaza. Elle a enjoint à la communauté internationale d’en finir avec “le massacre” frappant l’enclave palestinienne, dénonçant “le premier génocide en live-screen, en direct sur nos téléphones”.

Déjà auréolé du prix du jury œcuménique à Cannes en 2023, le documentaire choc de Mme Ben Hania concourra également dans la catégorie “meilleur film documentaire” lors de la 95ème cérémonie des Oscars, qui se tiendra le 10 mars prochain dans le firmament hollywoodien.

Avec cette consécration aux Césars puis cette nomination pour les prestigieuses statuettes dorées américaines, “Les Filles d’Olfa” s’impose comme un film majeur du cinéma engagé. Il continue de propager son message humaniste sur les rivages du monde entier.

SAMIR L.

Le réquisitoire implacable d’Abdelouahab Fersaoui contre l’asphyxie politique

0

Dans une diatribe á la verve corrosive, Abdelouahab Fersaoui, figure tutélaire du Rassemblement Action Jeunesse (RAJ), pourfend l’incurie de la classe dirigeante algérienne.

Cinq ans après l’éclosion jubilatoire du Hirak porteur du sceau de l’espérance, l’imprécateur livre un réquisitoire implacable contre l’asphyxie politique que vit le pays et fustige l’atonie coupable de la classe politique. Selon lui, le champ politique est en pleine régression, verrouillé par un pouvoir obsédé par son maintien et prompt á la répression.

Avec une acrimonie désabusée, M. Fersaoui vilipende l’échec patent du Hirak à inaugurer l’aube d’une transition démocratique, faute d’avoir su capitaliser l’élan citoyen en un rapport de force politique à même d’infléchir l’intransigeance du pouvoir.

Au-delà du constat cinglant, sa diatribe recèle une perspicacité prospective. Il met en garde contre le risque d’une vaine bipolarisation du débat national autour de la seule candidature de l’actuel locataire d’El Mouradia. Avec sagacité, il décèle dans l’obstination du pouvoir á s’accrocher au statu quo les germes funestes d’une impasse qui pourrait se révéler fatale au devenir du pays.

Fort de ce diagnostic impitoyable, Fersaoui émet des suggestions pratiques pour tâcher d’amorcer un frémissement salutaire. Selon lui, les prochaines joutes électorales pourraient offrir un tremplin inespéré pour mobiliser les forces démocratiques et porter une alternative politique audible face á l’ogre du système.

Il presse ainsi ses pairs de la classe politique á transcender leurs clivages pour mutualiser leurs forces et parler d’une seule voix. Une démarche qui, escompte-t-il non sans candeur, saurait provoquer un séisme politique propice á l’avènement d’un nouvel ordre des choses en Algérie.

Avec cette diatribe cinglante, Fersaoui sonne le glas de la léthargie politicienne. Saura-t-on faire fi de la logique du renoncement et relever le défi de l’engagement citoyen ? L’avenir est á ce prix.

Kamel AIDOUNE

Arrestation du journaliste Merzoug Touati

0

Le journaliste et ancien prisonnier d’opinion Merzoug Touati a été interpellé ce jeudi 22 février 2024 à sa sortie du tribunal de Béjaïa, alors qu’il venait de couvrir un procès pour le média en ligne Algérie Part. Son épouse a rapidement annoncé l’arrestation sur les réseaux sociaux, provoquant une vive émotion.

Cette interpellation intervient le jour du cinquième anniversaire du début des manifestations du Hirak en Algérie. Elle s’inscrit dans une vague de répression visant militants politiques et journalistes indépendants ces derniers jours dans le pays. Plusieurs sources concordantes font état de nombreuses arrestations et placements en garde à vue depuis le début de la semaine.

Parmi les personnes appréhendées figurent notamment l’ancien prisonnier d’opinion Zahir Moulaoui et l’activiste Malek Sebahi, tous deux à Béjaïa.

L’arrestation de Merzoug Touati, déjà emprisonné par le passé pour son travail de journaliste, provoque une vive inquiétude. Elle résonne comme un nouveau coup de semonce contre la liberté de la presse en Algérie et le droit à l’information. Son épouse promet de rester mobilisée jusqu’à sa libération. Les associations de journalistes indépendants crient, elles, à l’acharnement.

SAMIR L.

L’activiste Khadija Dahmani condamnée à 18 mois de prison ferme

0

Le tribunal de Chlef a condamné, ce 21 février 2024, l’activiste Khadija Dahmani à 18 mois de prison ferme et à une amende.

La sentence a été prononcée sans mandat de dépôt, alors que le procureur avait requis 3 ans de prison ferme et une peine d’emprisonnement immédiate. 

Khadija Dahmani, figure de la société civile à Chlef, était poursuivie pour des motifs que ses soutiens disent «fallacieux». Son domicile avait fait l’objet d’une perquisition la veille de son procès, durant laquelle son téléphone a également été confisqué.

Hirak : Arrestations à Béjaïa à la veille de l’anniversaire des manifestations

0

La ville de Béjaïa, à l’Est du pays, a été le théâtre de nouvelles arrestations à la veille du deuxième anniversaire du Hirak.

Zahir Moulaoui, ancien détenu d’opinion, et Malek Sebahi, ont été interpellés par les forces de l’ordre le 21 février 2024. Ils ont été placés en garde à vue dans l’attente de leur présentation devant le procureur de Béjaïa ce jeudi 22 février, date symbolique marquant le début des grandes manifestations populaires de 2019.

Ces arrestations semblent s’inscrire dans une volonté des autorités de museler toute velléité de rassemblement pour l’anniversaire du Hirak. Elles ciblent des figures du mouvement citoyen et protestataire à Béjaïa. Certains y voient la marque de la répression qui continue de frapper les militants politiques, même deux ans après l’arrêt des marches du Hirak.

D’aucuns dénoncent « des méthodes expéditives visant à intimider les opposants politiques ». Une façon de dresser un climat de peur à l’approche de cette date symbolique de la contestation populaire.

SAMIR L.

Aéroport international d’Alger : une nomination controversée révélatrice des lacunes dans la gouvernance

0

La récente nomination de Mokhtar Mediouni au poste de directeur de l’aéroport international Houari Boumediene d’Alger soulève de sérieuses questions quant au processus décisionnel du gouvernement algérien.

En effet, M. Mediouni, ancien colonel de l’armée de l’air à la retraite reconverti en consultant télévisuel, ne possède aucune qualification ni expérience en gestion aéroportuaire. Ce choix pour le moins surprenant pour diriger un équipement névralgique révèle donc certaines défaillances des autorités.

Premièrement, cela démontre un manque de considération pour l’expertise technique nécessaire à la bonne marche d’infrastructures complexes comme un aéroport international.

Deuxièmement, la nomination de M. Mediouni laisse penser que la loyauté politique et les connexions priment sur les compétences dans les nominations à des postes à responsabilité.

Troisièmement, le remplacement injustifié de l’ancien directeur de l’aéroport, démis pour corruption, envoie un bien mauvais signal quant à la volonté de moralisation prônée par le gouvernement. Enfin, ce choix arbitraire risque de démotiver les cadres et fonctionnaires qualifiés, minant un peu plus une administration déjà affaiblie.

Au final, cette décision controversée reflète un clientélisme persistant, la mainmise d’intérêts particuliers sur des leviers économiques clefs, et un manque de vision à long terme de la part des autorités algériennes. Si le nouveau directeur venait à échouer dans ses fonctions, les usagers de l’aéroport en subiraient les conséquences au quotidien.

Kamel AIDOUNE

L’écrivain amazigh Ali Belhout menacé d’alourdissement de peine

0

Le parquet de Tizi-Ouzou a requis ce 20 février l’aggravation des peines à l’encontre de l’artiste et écrivain d’expression amazighe Ali Belhout et de ses co-accusés, pour “atteinte à l’intérêt national”. Une épée de Damoclès suspendue en amont du verdict fixé au 27 février.

Ali Belhout avait été condamné le 13 décembre 2023 à 3 ans de réclusion et 100.000 DA d’amende par le tribunal de Draâ El Mizan pour “apologie de discours haineux”, en lien avec son roman “Ajeǧǧig n ugudu” paru en deux tomes. Ses éditeurs respectifs avaient écopé d’un an ferme et 50.000 DA d’amende.

Des chefs d’inculpation lourds, jugés “disproportionnés” par les défenseurs des libertés d’expression, pour une œuvre de fiction en langue amazighe. Textes de loi flous aidant, le parquet réclame à présent l’alourdissement de ces sanctions déjà sévères, usant de l’habituelle rhétorique patriotique.

Pour rappel, Ali Belhout avait été arrêté chez lui le 22 mai 2023, après sa participation au Salon du livre de Boudjima. Sa détention préventive, alors dénoncée par ses soutiens, aura duré 7 mois.

À quelques jours du verdict, l’inquiétude grandit quant au sort qui sera réservé à ce romancier amazigh injustement pris pour cible. D’autant que cette volonté affichée de le punir plus sévèrement encore envoie un signal glaçant à tous les intellectuels dissidents ou simplement à ceux s’exprimant dans une langue minorée.

SAMIR L.

Hirak diasporique muselé : tollé après l’interdiction de la marche parisienne

0

La marche pacifique organisée à Paris pour le 5ème anniversaire du Hirak a été interdite dans la confusion par les autorités françaises, déclenchant une vive polémique au sein de la diaspora et des collectifs promoteurs de l’événement.

Alors qu’une autorisation en bonne et due forme avait été octroyée aux organisateurs, la préfecture de police est soudainement revenue sur sa décision la veille au soir, invoquant par téléphone puis par mail laconique des risques de “troubles à l’ordre public”. Pourtant, aucun incident notable n’a émaillé les marches du Hirak des années précédentes.

Selon les collectifs à l’origine de l’initiative, ce rétropédalage serait directement lié à la tenue simultanée d’un rassemblement concurrent soutenant le régime algérien, autorisé celui-ci sans encombre. Une convergence des agendas entre Paris et Alger qui ne dupent pas les activistes de la diaspora.

Malgré ce coup de semonce des autorités, plusieurs manifestants se sont présentés comme prévu Place de la République, pour être accueillis dans une ambiance tendue par un important dispositif policier. Outre de lourdes amendes, le responsable d’un collectif et une militante ont même été interpellés pendant plusieurs heures.

Une répression jugée “disproportionnée” par les collectifs signataires, qui crient à “la dictée politique” et à “la violation du droit de manifester”. Ils dénoncent vigoureusement cette différence de traitement, s’estimant instrumentalisés dans le cadre de l’agenda politique d’Alger.

Si ce Hirak diasporique semble faire les frais des compromissions géostratégiques, ses promoteurs n’en demeurent pas moins déterminés à commémorer comme il se doit le 22 février demain, pour faire vivre l’esprit de la révolution pacifique algérienne et ses idéaux de liberté.

Kamel AIDOUNE

– Organisations signataires :

– Agir pour le Changement Démocratique en Algérie (ACDA)

– Collectif Algeriens Libres

– Collectif Groupe Algérie Droit Devant (CGADD)

– Collectif des Familles de Disparu(es) en Algérie (CFDA)

– Comité de sauvegarde de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme (CS-LADDH)

– Libertés Algérie

– Pour une Alternative Démocratique en Algérie (PADA)

– Riposte Internationale

– Union pour l’Algérie