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vendredi 20 février 2026
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Nouvelles manifestations des étudiants : « Bouteflika dégage ! »

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L’entêtement irresponsable du pouvoir a fait réagir les universités algériennes. Les étudiants ont manifesté massivement, aujourd’hui dimanche, à travers tout le pays pour réitérer leur rejet du 5e mandat de Bouteflika et réclamer le départ du régime politique en place.

Des milliers d’étudiants ont manifesté ce matin à Skikda en scandant « Algérie libre et démocratique » et « Makach elkhamsa (pas de 5e mandat).  A Annaba, les étudiants, des milliers, se sont rassemblés en criant : « Bouteflika dégage ». A Alger, les étudiants qui tentaient de manifester devant le siège du Conseil constitutionnel, ont été empêchés par les services de sécurité de sortir de leurs facultés où ils se sont contentés de tenir des sit-in de protestations.

Sous les mêmes mots d’ordre, d’autres manifestations estudiantines ont eu lieu pratiquement dans toutes les universités du pays dont Ain Témouchente, Mostaganem, Constantine, Bordj Bou Arréridj, Saida…

Ces manifestations viennent répondre aux décideurs qui ont opté pour le maintien de la candidature de Abdelaziz Bouteflika, pourtant rejetée par des millions d’Algériens.

Pour rappel, le président Bouteflika est à Genève en Suisse depuis dimanche dernier, pour y effectuer des « contrôles médicaux ».

 

Source : El Watan

L’union des étudiants algériens en France appelle au boycott et au soutien du mouvement citoyen

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COMMUNIQUE

Le 18 Avril 2019, les tenants du pouvoir appellent les algériennes et les algériens à un énième simulacre électoral.

Ce régime illégitime depuis 1962, tente une nouvelle fois de prolonger le statu-quo et de se maintenir au pouvoir par la Grâce d’un coup de force électoral, en imposant pour cinq années de plus un chef d’État impotent, grabataire et à bout de souffle.

Le 5éme mandat de Bouteflika est une grave atteinte à la souveraineté du peuple Algérien dont les libertés les plus élémentaires reculent face à une politique répressive, une des dernières cartes du système en place pour assurer sa pérennité. Ce mandat de l’humiliation est vécu comme une péripétie aventureuse.

La continuité du système actuel qui a hypothéqué l’avenir de millions d’algériennes et d’algériens et compromet celui de l’Algérie, place la nation dans un danger sans précèdent.

La mobilisation pacifique et majeure du peuple algérien, à travers tout le territoire national dénote de sa maturité politique et de sa pleine conscience des enjeux auxquels est confrontée la nation.

Le régime acculé face à ses responsabilités reste sourd face aux revendications légitimes du peuple, use d’une répression violente et d’une propagande médiatique acharnée afin de discréditer la mobilisation citoyenne légitime et maintenir les privilèges de la caste gouvernante.

Ce sursaut national face à l’humiliation et au mépris du pouvoir est un acte qui vient restaurer la dignité des algériennes et des algériens.

Nous saluons avec un sentiment de fierté et de bonheur cette mobilisation historique, ce vent de liberté et de justice et condamnons avec force la logique sécuritaire et de répression organisée par le sérail.

Le rejet du cinquième mandat de la honte n’est pas une fin en soi, et doit être posé dans le cadre global d’un changement radical et pacifique du système, de la mise en place d’un état droit et des libertés et l’avènement de l’Algérie démocratique et sociale.

Considérant que les conditions pour l’organisation d’une élection libre et transparente ne sont pas réunies, l’UEAF (Union des Étudiants Algériens de France) appelle toutes les citoyennes et les citoyens algériens ou qu’ils soient à boycotter activement et massivement cette mascarade électorale et de continuer la mobilisation pour une solution en dehors et contre le régime actuel.

Algérie : Saison 7-Episode 5

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Que se passe-t-il en Algérie ? On se pose la question. Je l’entends sur tous les médias. Que ne dit-on pas ! Moi, j’aurais simplement répondu qu’il ne se passe rien, c’est la routine, la guerre continue, toujours la même, avec ses mystères et ses douleurs, et des trahisons à la pelle. Avec les mêmes acteurs, et quelques nouveaux par-ci par-là. C’est un peu « Games of Thrones ». Le vieux président qui refuse de mourir et de céder la place au suivant pour de nouvelles aventures. Il veut s’éteindre au sommet de l’État, dans la lumière des projecteurs et le faste des obsèques royales, pas sur le plancher des vaches, parmi la plèbe, il est Fakhamatouhou, Sa Grandeur, Bouteflika Akbar. La hiérarchie militaire le soutient malgré tout, elle s’est habituée à ses caprices de mauvais garçon, il est son bouclier, son paratonnerre, son fusible mais aussi le liant entre les différents clans de l’armée, le point d’équilibre du fléau. Le peuple, lui, s’ennuie de le voir balayer le monde de son regard absent et baver sur son jabot sans rien dire sur les mille et un cancers qui rongent le pays. La misère et la guerre, il en a marre, il veut que ça change, mais il ne sait pas à qui le demander, à Allah, aux dirigeants ou à lui-même. Il balance, la confiance manque dans sa démarche. Je croyais qu’on savait tout cela depuis l’été 1962, lorsque l’Armée de libération nationale (ALN), bras armé du Front de libération nationale (FLN), élimine la concurrence, s’empare du pouvoir et, dans l’enthousiasme de l’indépendance, entreprend de mener une guerre systématique contre le peuple et, à vrai dire, contre le monde entier, sauf la Suisse, qui héberge le trésor des dictateurs, et la Russie, qui lui fournit armes, munitions et modes d’emploi. C’est cette guerre, sordide mais riche de suspenses et de rebondissements, qui se poursuit d’année en année, d’élection en élection, chaque saison et chaque épisode ayant évidemment son originalité propre, mais dans l’uniformité d’ensemble, si je puis dire.

Le scénario est immuable comme dans toute bonne série à succès : le collège des généraux invincibles prend un péquin pas trop vilain de sa personne et le nomme président de la République. Le peuple qui ne voit pas de malice à cela vote à 98 % pour l’heureux désigné. La propagande militaire lui a taillé un CV de choix, grand nationaliste, héros de la guerre de libération, amoureux du peuple, homme intègre… Applaudissements. On fête la nouvelle ère, elle sera radieuse. Mais voilà que, après deux cérémonies fastueuses et trois bains de foule, le péquin se prend à croire à sa chance et veut être un président à 100 % qui décide seul de la vie et de la mort de qui il veut, à commencer par ceux qui lui ont offert le poste, le gîte et le couvert, pour quelques mandats, voire à vie s’il comprend bien les choses. Le monde arabo-musulman est ainsi, le chef est le chef, sinon il n’est rien, une femmelette.

Le jour de sa nomination, en 1999, Bouteflika a dit qu’il n’était pas question pour lui d’être un trois-quarts de président. L’homme a une haute idée de lui-même, il a ses états de service et les rappelle à tout bout de champ. Vingt ans plus tard, à force d’intrigues et de corruption, il a tout le pouvoir, mais plus de santé pour en profiter. Problème pour tous. Comment remplacer un phénomène pareil ? Il faut du temps. La foule s’impatiente. L’argent manque, le pétrole se vend mal, la famine arrive. Les islamistes sont à l’affût, prêts à un nouveau djihad, ils n’ont pas fait que prier ces vingt dernières années. L’Occident, qui n’est plus le gendarme du monde, s’inquiète, les guerres du Sud arrivent toutes chez lui avec armes et bagages. Il n’en peut plus de surveiller les frontières. Il faut des murs en acier. En attendant, tout le monde attend. Suspense.

Qui y a-t-il de nouveau pour qu’on parle tant aujourd’hui de la série algérienne, et ce dans tous les pays ? C’est la peur, quoi d’autre. Il y a dans l’air un je-ne-sais-quoi qui donne à penser aux téléspectateurs que la série va bientôt s’arrêter. On se pose des questions devant sa télé, pendant que le générique défile sur une musique d’épopée. Plus d’argent, la fatigue des acteurs, l’usure des choses, le danger de l’addiction et, pire, celui de voir la fiction se transformer en réalité ? Tout ça à la fois. C’est vrai que 57 années à voir cette série, c’est fou. Arrêtez donc la télé et sortez dans la rue, c’est là que ça se passe ! La guerre continue. Elle pourrait bien cette fois s’achever en apothéose et entrer dans la légende.

Par Boualem Sansal

Source : Le Parisien

Ali Ghediri a déposé son dossier de candidature

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Ali Ghediri a officiellement déposé son dossier de candidature au niveau du Conseil constitutionnel.

Le candidat Ali Ghediri a recueilli 120 000 signatures de citoyens et 217 signatures d’élus au niveau de 43 wilayas, a précisé Ait-Larbi dans un communiqué rendu public samedi.

M Ghediri a remercié le peuple algérien qui a prouvé que c’est un peuple glorieux face à ceux qui veulent le rendre au néant, comme il a précisé que c’est un candidat libre et qu’il n’appartient à aucun parti politique.

La rédaction

Bouteflika, compte à rebours

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Le président doit confirmer ce dimanche sa candidature pour un cinquième mandat, au risque d’attiser la révolte.

 

Ce n’est pas la première fois que des anciens du sérail, des ex-galonnés estimant avoir sauvé le pays du péril islamiste à l’issue de la décennie noire, viennent voir le vice-ministre de la Défense. Ahmed Gaïd Salah, 79 ans, entend leur refrain depuis des années : « lâche donc le président », « ce n’est plus tenable », « fais-le pour le bien du pays ». Mais à chaque fois, et encore récemment, celui qui cumule également la fonction de chef d’état-major de l’armée leur a répondu : « je ne peux pas le lâcher, je lui ai donné ma parole ». Ce ne sont pourtant pas les options qui manquent face à la colère grandissante du pays qui s’exprime depuis le 10 février, date de l’annonce de candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat.

Mise en incapacité constitutionnelle du président, report in extremis de l’élection prévue le 18 avril, formation d’un groupe de « sages » afin d’ouvrir un nouveau chapitre de la démocratisation du pays ? Pas sûr que ce soit si simple. « Le système politique et sécuritaire algérien, hérité de la guerre d’indépendance, est par nature opaque, et les rumeurs qui font de Gaïd Salah un homme providentiel amené à prendre les rênes du pouvoir ne sont guère crédibles, commente Flavien Bourrat, chercheur et expert du Maghreb à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire. C’est un serviteur loyal du pouvoir et de l’actuel président, à qui il doit sa position. D’autre part, les militaires, s’ils se posent en gardiens de certaines lignes rouges et en dépositaires du nationalisme algérien, ne souhaitent visiblement pas se réinvestir dans la gestion des affaires politiques. »

Il n’en demeure pas moins que le nom de Gaïd Salah n’a pas été hué par la foule, comme si l’armée, dont il est le doyen, était épargnée. « La chance de Gaïd Salah est que le maintien en vie de Bouteflika et son annonce de candidature à un cinquième mandat ont permis d’orienter la colère des manifestants vers le président, qui a été comme par hasard envoyé en Suisse se faire soigner, et non plus en France, quelques jours seulement avant le dépôt officiel des candidatures », décrypte Luis Martinez, directeur de recherche à Sciences-Po et auteur de plusieurs livres remarqués sur l’Algérie. Les mains libres, en quelque sorte, mais pour être à la manœuvre. L’un des gardiens du « système » peut-il toutefois réorienter le pays sans mettre fin audit système, ce que réclame la rue ? « Gaïd Salah est peut-être un montagnard, un sanguin, un type pas très lettré mais lorsqu’il a fallu faire le ménage, notamment en débarrassant le pouvoir du tout-puissant général Toufik, ex-patron des services de renseignement, il l’a fait », raconte Mohamed Sifaoui, auteur d’un Où va l’Algérie ? (éd. du Cerf ) des plus renseignés. « En fait, poursuit l’enquêteur, la grande question est de savoir si la population se contenterait du départ de Bouteflika ou si elle n’en profiterait pas pour réclamer que le système se purge jusqu’au bout. Si c’est le cas, c’est terrible, parce que les généraux, les oligarques, les courtisans de Bouteflika ont une peur bleue de tout perdre et ils vendront donc chèrement leur peau. » À moins de trouver un candidat de rechange ou un intérimaire pour assurer une forme de transition. Le nom de Ramtane Lamamra, 66 ans, a été avancé ces dernières heures pour remplacer Ahmed Ouyahia au poste de Premier ministre. Diplomate, ancien ministre des Affaires étrangères, apprécié à Washington comme à Paris, il aurait rendu visite au président B Bouteflika, à Genève, cette semaine.

L’annonce, hier, par l’entourage de Bouteflika du limogeage de son directeur des trois dernières campagnes, Abdelmalek Sellal, pour le remplacer par Abdelghani Zalène, ministre des Transports et ancien wali d’Oran, 54 ans, est un signal qui crédibilise la confirmation de candidature. Quelle que soit la décision, elle sera prise dans les prochaines heures par consensus entre les hommes du premier cercle.

« Ce facteur est essentiel pour comprendre le mode de fonctionnement de l’appareil d’État algérien qui est composite, tiraillé par des rivalités et des divergences mais soudé par un souci de maintenir le système existant dans la durée », précise Flavien Bourrat.

Pour l’instant, Ahmed Gaïd Salah, par sagesse ou par pragmatisme, a bien pris soin de ne pas réprimer violemment la révolte en cours, alors que chacune des innombrables manifestations ces trois dernières semaines était interdite. Comme s’il ne voulait pas laisser en héritage un printemps qui fanerait dans d’autres années de cendre.

François Clemenceau

Source : Le journal du dimanche

Zalaane remplace Sellal à la tête de la direction de campagne de Bouteflka

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Selon l’APS, Abdelmalek Sellal, le directeur de campagne du candidat Abedelaziz Bouteflika est écarté et remplacé par

Abdelghani Zaalane, diplômé de l’Ecole nationale d’administration (ENA). M. Zaalane (55 ans) est également titulaire d’un magister en Administration et développement

Mouvement de contestation en Algérie : attention à l’arnaque !

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Après la mobilisation sans précédent du vendredi passé, le pays retient son souffle. Dans tous les esprits, la rupture avec le système est désormais consommée. Il reste juste à la traduire dans les faits. Il faut éviter de se tromper de temporalité.

Le moment est historique. La rue n’exprime plus une colère. Elle porte un idéal, un espoir : celui du changement.

Le renoncement au 5ème mandat est tout au plus une mesure d’apaisement. Il n’est pas la solution. Loin s’en faut. La dynamique populaire aspire à une bien meilleure ambition. Elle exige le départ du système. Elle a les moyens de l’imposer maintenant et sans violence.

Se suffire du départ de Bouteflika c’est donner une opportunité au système de pouvoir ressusciter.

L’option électorale est contraire à l’intérêt du pays. C’est une négation de l’espoir citoyen. Qui peut croire un seul instant à une élection libre et sincère en l’état actuel des institutions et des comportements ?

Une seule issue possible : l’ouverture immédiate d’une période de transition. Les outils et les objectifs de la transition vont être définis d’un commun accord avec l’ensemble des acteurs de la société sur la base des aspirations massivement exprimées par le mouvement populaire.

Toute autre option doit être rejetée avec force. Le sort du pays est en jeu. Les décideurs doivent éviter de puiser dans le réservoir des anciennes manœuvres.
La rue est dans la détermination et la vigilance.

Elle n’acceptera plus jamais qu’on lui vole ses victoires et ses espoirs.

 

Djamel Zenati

Qui veut discréditer les marches contre le 5e mandat ?

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DES ACTES DE VIOLENCE COMMIS À ALGER APRÈS LE DÉPART DES MANIFESTANTS

Les manifestations contre un cinquième mandat du Président sortant Abdelaziz Bouteflika, ce vendredi, à Alger, ont été d’une parfaite exemplarité en matière de civisme et de pacifisme.

Pendant quatre heures de manifestations, aucun incident n’a été constaté. Pas la moindre vitre de cassée partout à travers la capitale, alors que le nombre des marcheurs s’élevait à des centaines de milliers de citoyens.

Il aura fallu que les manifestants rentrent chez eux, vers 18h, pour que des bandes d’inconnus déclenchent des émeutes à la Place du 1er Mai, ainsi qu’au Boulevard Souidani Boudjemâa, en bas de la Présidence de la république.

Peu après 19h, des inconnus ont en effet mis le feu à l’agence de la banque extérieure d’Algérie (BEA), située près de l’hôtel El Djazaïr (ex Saint Georges). Sur les mêmes lieux, deux véhicules ont été carbonisés.

A signaler qu’un dispositif monstre des forces de l’ordre se trouvait à proximité.

La question qui se pose est de savoir qui veut ainsi discréditer les marches historiques en cours contre le cinquième mandat, voire embraser la situation ?

Source Journal Liberté

Mehdi Mehenni

Pour une mandature de transition à la 2e République

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Les choix inappropriés qui ont marqué l’histoire de notre pays depuis l’indépendance, les contraintes externes et internes qui relèvent aussi bien de la géopolitique, de la politique, que de la sociologie font que l’Algérie se retrouve encore une fois à la croisée des chemins.

C’est une situation qui se répète à chaque échéance politique importante, indiquant clairement que le pays n’arrive pas encore à trouver sa voie et son équilibre. Face à une présidentielle qui s’annonce difficile, pénible même, il est impératif de garder la tête froide et de ne pas céder aux pressions d’où qu’elles viennent.

Caractéristiques de cette échéance

Trois éléments d’analyse retiennent mon attention.

1. Cette échéance intervient dans un contexte marqué par la crise économique et sociale qui touche la majorité du peuple algérien. Les phénomènes de la harga, des immolations, ajoutés aux arrestations de blogueurs et de journalistes qui ont marqué ces derniers mois ont aggravé le sentiment d’inquiétude dans la population algérienne.

Le tout, sur fond de maladie du président de la République, d’un côté, et du discrédit de la classe politique de l’autre. Ces deux éléments font que la continuité du pouvoir de Bouteflika aussi bien que l’alternative à celui-ci sont devenues problématiques. C’est là que réside la grande panne politique du pays.

2. Il est admis que lorsqu’il y a fissure dans le bloc au pouvoir, la société respire mieux. De ce fait, en l’absence d’un consensus au sein du régime sur la succession, nous assistons au retour effectif du peuple sur la scène politique.  Les marches du 22 février 2019 marquent une rupture avec la fatalité et la résignation.

Elles signifient le dépassement du traumatisme hérité de la décennie rouge. Elles annoncent le cadre algérien comme espace politique homogène et intégré et l’algérianité comme un socle commun. A l’occasion, le peuple, qui a repris le chemin de l’unité dans l’action, s’est réapproprié sa capitale : Alger n’est plus fermée aux algériennes et algériens comme avant.

3. Cette échéance marquera la fin d’un cycle dans la vie de la nation algérienne. La génération de la guerre d’indépendance va définitivement s’éclipser, avec ou sans la réélection de Abdelaziz Bouteflika. C’est la loi implacable de la nature qui l’impose.  Face à cet événement symbolique, la responsabilité de cette génération est énorme, aussi bien vis-à-vis de leurs compagnons d’armes, morts pour que vive l’Algérie libre et indépendante, que vis-à-vis des nouvelles générations.

J’ose profondément croire que cette génération saura être à la hauteur de sa dernière mission et qu’elle transmettra le pouvoir dans la dignité et non pas dans la honte. C’est dans ce sens aussi que notre responsabilité comme générations d’après-guerre est capitale. Ceci étant donné, devant ce moment solennel qui risque de n’être perçu parfaitement que dans quelques années, les questions qui nous interpellent sont les suivantes :

– doit-on sauvegarder et consolider l’héritage de Novembre 1954 avec ses acquis et ses manquements, ou ressortir de la scène de l’Histoire comme il est souvent arrivé dans des siècles passés ?

– Peut-on négocier ce moment en peuple conscient, méritant, ou agir impulsivement sans jamais planifier les conséquence de nos actes ?

Ce sont des questions essentielles auxquelles nous devrions répondre clairement et sans ambiguïté aucune. Dans cet esprit, le passage de la légitimité révolutionnaire à la légitimité des urnes et de la compétence ne doit pas être conçu et perçu comme un reniement, une rupture, mais un approfondissement normal et nécessaire du processus libérateur entamé le 1er Novembre 1954.

De ce qui précède, il est clair que l’enjeu dépasse largement celui du pouvoir présidentiel et de la personne qui aura la charge de l’assumer, il touche au sort de l’Etat national algérien comme produit d’un processus historique fondateur.

L’échéance présidentielle comme opportunité politique

L’élection d’avril 2019 repose d’une manière brutale la question du changement du système politique national comme urgence historique à ne pas déférer. Pour réaliser cette transformation salutaire, deux conditions s’imposent :

– soustraire le peuple algérien au conditionnement qui présente l’échéance présidentielle comme un moment de vie ou de mort pour la nation ;

– avoir un projet clair du changement du système, avec ses modalités et ses délais, et qui soit un outil du renforcement de l’Etat à travers sa mise en adéquation avec la nation et les exigences du futur. La mobilisation populaire et politique doit s’inscrire au-delà du 19 avril. Elle doit être pacifique, consciente, visant la transformation effective de tout le système politique national, avec un profond changement culturel de la société.

Slogans et démarches

Lors des marches du 22 février, deux slogans ont émergé avec des forces inégales : le premier est «Contre le 5e mandat», le deuxième est celui demandant le «Changement du système». Les deux slogans, même s’ils sont portés par la même colère, la même aspiration populaire, sont contradictoires dans le fond. Le premier propose un changement dans le système, un changement d’hommes et de méthodes.

Pour celui-ci, le moyen est la réalisation d’une élection à laquelle Abdelaziz Bouteflika ne prendra pas part. Le deuxième propose le changement de tout le système, opposition inclue, mais sans trop savoir comment et avec quel moyen cela va se réaliser, sauf à travers une transition dont la méthode et les étapes restent à développer.

Que reste-t-il à faire pour l’opposition ?

Devant cette situation complexe, l’opposition ne doit pas perdre son sang-froid ni céder à la pression des événements. Considérer, comme le suggèrent quelques voix, que seule la chute du régime est la solution, c’est perdre sa raison politique. En l’état actuel des choses, la chute brutale du régime provoquera la destruction de l’Etat-nation avec des effets dévastateurs sur la sécurité de la population.

Certes, cet argument est devenu pesant, dire agaçant pour les militants du changement, mais telle est la réalité qu’on ne peut changer par un simple désir ! Il faudrait un changement effectif de la situation interne et externe pour le voir disparaître. Ici et maintenant, il faut dire que le slogan «Dégage» doit être évacué comme slogan des marches vu sa charge symbolique qui le rattache directement aux Printemps arabes, avec les résultats qu’on connaît.

Le changement du système suppose un processus politique pacifique ; la «chute du régime» implique un rapport de force violent, dévastateur. Jusqu’à nouvel ordre, l’ensemble des militants du changement optent pour la méthode réformiste, et non pas révolutionnaire.

Celle-ci a ses exigences et ses conditions. Réclamer des partis de l’opposition, par exemple, le retrait de leurs députés des deux Chambres, c’est couper les ponts avec le pouvoir et s’installer résolument dans la dissidence révolutionnaire. Les choses doivent être évaluées à leur juste valeur pour ne pas jouer au figurant politique dans une partition sérieuse et décisive. Il ne suffit pas de lancer des slogans, il faut mesurer leurs conséquences et être à la hauteur de les assumer devant l’histoire.

Intérêts de la nation

Face aux incertitudes qui planent sur le pays, conséquences d’une crise politique qui a atteint son paroxysme, nous devons avoir en ligne de mire les intérêts suprêmes de la nation que nous espérons voir émerger parmi les grandes nation du monde. C’est un impératif moral et politique. Dans ce sens, nous devons avoir présent à l’esprit que :

– le terrorisme est toujours présent, que l’accalmie actuelle est aussi une stratégie des groupes armés, sûrement faibles, mais toujours en embuscade ;

– la situation régionale est dangereuse à plus d’un titre. En plus des frontières qui sont sous pression, les manifestations qui se déroulent présentement au Soudan peuvent «annoncer» une nouvelle vague des Printemps arabes que la déstabilisation de l’Algérie nourrira pour embraser l’ensemble de l’Afrique du Nord. Je ne veux pas faire peur par mes propos, mais je soulève des questions qui peuvent être occultées par les bruits ambiants. Et ce n’est pas parce que le pouvoir parle de menaces que c’est faux. Les menaces extérieures sont bien réelles.

Considérer ces menaces à leur juste valeur, les évaluer correctement ne veut pas dire s’immobiliser ; bien au contraire, cela nous incite à agir pour les juguler et mettre le pays à l’abri du chaos.

Issue à la crise

L’issue à la crise nationale ne viendra pas des urnes fermées à la véritable alternative démocratique et citoyenne. Elle ne viendra pas non plus de la défaite d’un homme ou de la victoire d’un autre ; elle est globale, profonde, et complexe. Un processus concerté, qui impliquera l’ensemble des acteurs et qui mettra en place les conditions objectives pour l’entame d’une transition ordonnée vers la 2e  République est à même de garantir l’avenir du pays.

Pour cela, une condition essentielle s’impose : il faut assumer la première République avec ses qualités et ses défauts, faire son bilan de la manière la plus exhaustive, déterminer les aspects à consolider, ceux à réformer ou à rejeter, et élaborer le projet d’une République des droits et des libertés.

En effet, la mise en place des institutions de l’Etat, la construction des infrastructures éducatives, sanitaires, routières et autres, le multipartisme, le pluralisme médiatique, la reconnaissance de tamazight doivent apparaître dans le bilan à dresser pour pouvoir consolider, approfondir, transformer et innover dans la refondation de l’Etat et de la nation algérienne. Il faut oser se placer franchement dans le politique et cesser définitivement avec la démagogie qui consiste à tout remettre en cause sans jamais sauvegarder les assises pour une nouvelle construction.

La radicalité n’est pas dans le nihilisme, mais dans la clairvoyance ! Le pouvoir a appelé à une conférence nationale du consensus, dans le sillage de beaucoup de forces politiques d’opposition. Il faut prendre acte de cette évolution.

Que tous les participants à l’échéance électorale, les boycotteurs, ou ceux qui se placent carrément en dehors de ce processus inscrivent ce rendez-vous dans leur agenda. Abstraction faite de celui qui gardera ou qui prendra le pouvoir, du déroulement ou pas de cette échéance électorale même, cette voie est nécessaire pour la réalisation du changement du système.

Une mandature de transition

Pour l’honneur de l’Algérie, tous les candidats doivent s’engager à faire de la prochaine mandature, celle de la transition à la 2e République. La conférence du consensus sera fondatrice d’une nouvelle Algérie. Elle doit être préparée en partenariat effectif entre le pouvoir, l’opposition partisane et la société civile autonome.

Elle sera difficile à réaliser, à réussir, certes. Elle prendra le temps qu’il faut, l’essentiel est d’avancer ensemble en tant qu’Algériennes et Algériens sur la voie du salut. Les accords sur les fondamentaux, sur les réaménagements qui seront apportés dans l’organisation de l’Etat, dans la gestion des pluralismes et des différences qui sortiront de la conférence nationale doivent être consignés dans une Constitution cadre qui sera approuvée par référendum populaire.

Suite à quoi, un gouvernement de compétences doit être installé pour mettre en œuvre le projet national renouvelé et conduire la transition, sous le contrôle de la conférence ou d’une instance qu’elle aurait désigné à cet effet.

En résumé…

– Conférence nationale du consensus,

– constitution consensuelle,

– transition concertée.

C’est cela, une présidentielle de transition, une transition dynamique qui n’implique pas la mise à l’arrêt des institutions et en premier, l’institution présidentielle, mais leur orientation vers des objectifs historiques et profitables pour les futures générations.

C’est cette feuille de route simple, claire, qui émane de la lutte politique du peuple algérien que l’ANP doit accompagner pour une relation féconde entre le civil et le militaire qui soit au service de la communauté nationale et de l’Etat. C’est autour de cette feuille de route qu’il faut rassembler les Algériennes et les Algériens, débattre avec eux, les organiser, les sensibiliser à une pratique politique sérieuse, effective et autonome qui dépasse les conjonctures pour se placer dans le durable.

C’est pour imposer cette sortie de crise à moindre coût qu’il faut agir pour créer un rapport de force en faveur du changement. Les citoyennes et les citoyens doivent savoir clairement le chemin à parcourir et l’objectif à atteindre. Pour conclure, je dirais qu’un homme vit un temps et meurt, une nation doit survivre aux fièvres passagères pour durer. C’est la qualité des hommes et des femmes qui la composent qui le détermine.

 

Source Journal El Watan

Brahim Tazaghart

La France craint d’être accusée de soutien au régime

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Crise algérienne : pour Paris, « ni ingérence ni indifférence »

Le dossier est une « priorité absolue », mais la France craint d’être accusée de soutien au régime si elle se tait ou d’interférence si elle prend position.

Il y a en diplomatie différentes formes de silence. Très prudentes, plutôt embarrassées et inquiètes face à de possibles violences des forces de l’ordre ou des manifestants qui depuis plusieurs jours défilent dans toute l’Algérie contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, les autorités françaises font profil bas.

« On sait que tout ce que l’on dit sera scruté à la loupe et surinterprété », reconnaît un haut diplomate français tout aussi conscient des défis de cette crise que de l’ampleur des contentieux, y compris mémoriels, entre la France et son ex-colonie. Ce mutisme au plus haut niveau n’empêche pas Paris de lancer des signaux explicites sur le fait que la situation algérienne est suivie « de très près ».

Le président Emmanuel Macron a parlé longuement au téléphone avec l’ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, venu à Paris mercredi 27 février pour s’entretenir avec le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui a fait part de sa « grande vigilance ». La situation algérienne a été évoquée le même jour au conseil des ministres.

« C’est au peuple algérien et à lui seul qu’il revient de choisir ses dirigeants, de décider de son avenir, et cela dans la paix et la sécurité », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, faisant le « vœu » que la présidentielle du 18 avril réponde « aux aspirations profondes » de la population algérienne. « Partout ailleurs ou presque, ce serait une lapalissade. Mais aux yeux d’un pouvoir algérien traditionnellement très susceptible voire paranoïaque, une telle déclaration signifie prendre le parti de la rue », relève une spécialiste de la politique maghrébine.

« Observation active »

Le porte-parole du gouvernement était-il conscient de la portée de tels propos, en théorie soigneusement pesés ? « Nous sommes sur une étroite ligne de crête : ni ingérence ni indifférence », explique-t-on au Quai d’Orsay. Ne rien dire, c’est être accusé de soutenir le régime et l’actuel statu quo, mais toute prise de position publique sera dénoncée comme une ingérence de l’ex-colonisateur.

La diplomatie française marche donc sur des œufs tout en reconnaissant l’importance du dossier. « C’est aujourd’hui une priorité absolue de notre politique étrangère, car ce qui se passe en Algérie est un enjeu tout à la fois français, régional et international », souligne l’Élysée, évoquant « une politique d’observation active ».

Emmanuel Macron connaît le pays. En tant que ministre de l’économie lors de la présidence de François Hollande, il avait eu plusieurs fois l’occasion de s’y rendre dans le cadre du Comité mixte économique franco-algérien, l’instance qui chapeaute les relations économiques entre les deux pays. Né après la fin de la guerre d’Algérie, le chef de l’État entend aussi être celui qui va tourner la page des contentieux mémoriels. Lors de sa visite à Alger pendant sa campagne électorale, il n’avait pas hésité à qualifier la colonisation de « crime contre l’humanité ».

Lors de la visite « de travail et d’amitié » effectuée à Alger en décembre 2017, M. Macron avait aussi pu constater, lors d’un bain de foule, le grand désespoir de la jeunesse algérienne – la moitié des 44 millions d’Algériens a moins de 20 ans – et ses désirs de franchir la Méditerranée pour venir en France. « J’ai vu trop de jeunes qui m’ont simplement demandé un visa, un visa n’est pas un projet de vie », avait-il alors déclaré qui avait dû renoncer à la visite d’État promise en 2018 pour des questions d’emploi du temps.

Les autorités françaises redoutent que les manifestations ne dégénèrent en une révolte incontrôlée contre le régime. Elles sont préoccupées par l’incapacité des différents clans au pouvoir qui s’entre-déchirent à se mettre d’accord sur un candidat de compromis plus crédible qu’un Abdelaziz Bouteflika impotent depuis l’AVC qui l’a frappé en 2013.

Or, une déstabilisation de l’Algérie aurait des conséquences importantes. En politique intérieure, alors qu’il y a une forte communauté d’origine algérienne en France. Et sur le terrain économique, car les échanges entre les deux pays représentent quelque 5 milliards d’euros et l’Algérie fournit 10 % du gaz naturel importé par la France.

L’enjeu sécuritaire est tout aussi crucial y compris dans la lutte contre le djihadisme au Sahel. Avec son immense frontière de plusieurs milliers de kilomètres avec le Mali, le Niger et la Libye, l’Algérie est un acteur-clé, même si elle fait aussi l’objet de suspicions de double jeu avec certains groupes djihadistes.

« La question est moins celle de l’aide de l’Algérie sur laquelle on ne peut pas vraiment compter que celle de sa neutralité et le fait qu’elle ne nous mette pas des bâtons dans les roues », confie une source proche du dossier. Cette dernière s’inquiète de nouvelles incertitudes alors même que l’opération militaire française « Barkhane » (4 500 militaires), confrontée à la difficile montée en puissance de la force africaine du G5 Sahel (Mauritanie, Tchad, Mali, Niger, Burkina), piétine.

Marc Semo

Source : Le Monde