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vendredi 20 février 2026
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Des manifestations grandioses au quatre coins de l’Algérie (images)

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Aujourd’hui vendredi 01 mars 2019, des ras de marée d’Algériens qui battent le pavé au quatre coins de l’Algérie pour crier haut fort, le rejet du 5e mandant de Bouteflika et surtout le départ de tout le système qui a réuni leur patrie depuis l’indépendance.

La rédaction

L’image contient peut-être : 1 personne, foule et plein air

Confiscation de l’indépendance

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Depuis leur confiscation de l’indépendance des mains du peuple algérien en été 1962, cette bande qui s’est emparé du pays telle une force d’occupation n’a jamais construit un État, mais un régime à leur service et pour l’asservissement du peuple.

La pauvre Algérie connaît depuis, un sort politique le plus misérable et le plus maudit qui peut en exister.  Entre ce qu’elle devrait être et entre ce qu’elle est, c’est la différence entre le jour et la nuit.

Mais aucune injustice, aucune imposture, aucune manipulation et aucune occupation ne peuvent durer.  Le peuple se réveillera, recouvrira ses fleuves détournés. Triomphera et aucune force et aucune voix ne peuvent se situer au-dessus de lui

Vive la vraie Algérie, la nôtre.

À bas l’imposture

Pardon et gloire pour nos martyrs

Mourad Hamami

 

Treize syndicats condamnent les arrestations arbitraires

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COMMUNIQUE DE L’INTER SYNDICAL AUTONOME

 

Treize syndicats autonomes de différents secteurs de la fonction publique et du secteur économique se sont réunis aujourd’hui 28 février 2019. Ils ont réitéré leur engagement en faveur d’une Algérie démocratique respectueuse de la volonté populaire, une Algérie des libertés publiques et individuelles, Une Algérie de la justice sociale.

Tout comme ils ont exprimé leur rejet des orientations du pays qui remettent en cause l’état social et les acquis des travailleurs ainsi que la politique d’étouffement des libertés syndicales par ailleurs, tout en rappelant leur engagement en faveur de la paix civile, de la cohésion sociale et de l’unité nationale, les 13 syndicats ont tenu à rappeler le droit constitutionnel de manifester dans un cadre pacifique.

Dans leur communiqué les syndicats :

  • Insistent sur la réunion des conditions qui permettent l’expression pacifique du mouvement populaire en cours
  • Exigent le respect de la volonté populaire qui s’exprime dans un cadre pacifique.
  • Dénoncent la violence d’où qu’elle vienne et avertit sur les conséquences qui ne manqueront pas de naître de toute tentative d’avorter les initiatives pacifiques.
  • Dénoncent les agressions et les arrestations qui ont touché les étudiants, les journalistes, les activistes politiques et les défenseurs des droits de l’homme.

Les syndicats ont conclu leur communiqué en exigeant que les manifestations pacifiques soient sécurisées et les manifestants protégés tout en rendant les pouvoirs publics responsables des menaces que font peser sur la stabilité du pays le recours injustifié à la force et l’étouffement des libertés d’expression.

Riposte Internationale : Communiqué

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L’extraordinaire mobilisation de société civile Algérienne, pour le changement du système en place, continue d’épater et d’émerveiller les observateurs, ce qui a mis les ‘’ tenants ‘’ du pouvoir algérien dans une situation embarrassante. Cette dernière l’amène à accélérer des violences injustifiées, des arrestations arbitraires. Une stratégie médiatique véritablement oligarchique concertée pour désinformer l’opinion publique.

L’état Algérien, en usant d’une violence policière et politique totalement disproportionnées sur des populations pacifiques, franchit désormais un nouveau palier et ce, en plus, face à une élites citoyennes, à savoir des journalistes, qui ont été arrêtés et brutalisés, ce matin, par la machine répressive du régime Algérien.

Plus d’une centaine de journalistes de la presse écrite et audiovisuelle, blasés, participaient dans le cadre d’un rassemblement pacifique à Alger centre afin de protester contre l’omerta imposée sur la couverture des évènements inédits qui secouent l’Algérie. Ces journalistes, citoyennes et citoyens,avant tout, se sont remontés contre les pressions quotidiennes qu’ils subissent, contre les restrictions qui touchent à l’exercice de leur métier de rapporteur d’informations en toute liberté. Les journalistes ont répondu de manière massive, en réaffirmant leur désir de souveraineté et leur goût de la liberté, face à un régime aux méthodes staliniennes.

Nous rappelons que le système en place, a maintenu un régime policier qui a soumis le peuple à une semi-dictature, il a également étouffé toute tentative de critique. En effet, le régime sous le Président actuel, a eu la crainte des médias. Tous les moyens de diffusion étaient loin d’être des formes d’expressions et que les principaux médias : la presse écrite, la télévision, la radio et le web durant son régime, ont été contraints à faire l’éloge des accomplissements du règne du président en place. Prenant l’exemple de la télévision et la radio publiques; ce sont le reflet de l’image que le gouvernement souhaite donner de la société Algérienne, une image partielle voire mythique du pays. Ce qui a mis en colère ces journalistes employés indépendants.

Par ailleurs, Les idées des soulèvements Algériens et sa nouvelle culture libératrice prennent rapidement corps dans toutes les corporations. La proximité entre les manifestants et les réseaux sociaux favorisera à des degrés différents la continuité de la tendance militante de ces médias.

Riposte internationale, dénonce ces arrestations arbitraires et appelle le pouvoir algérien de cesser immédiatement ces pratiques qui visent à museler les libertés des algériens.

Paris , le 27 Février 2019
P/Riposte Internationale
Le Bureau Exécutif

Plusieurs journalistes arrêtés par la police à Alger (vidéo)

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Les forces de sécurités ont interpellé plusieurs journalistes lors d’un rassemblement tenu, aujourd’hui jeudi à Alger, pour réclamer le respect de la liberté d’expression.

Des dizaines de journalistes, de différents médias, se sont rassemblés ce matin à la place de la liberté d’expression à Alger. « Presse libre et démocratique », ont scandé des les journalistes munis de pancartes sur lesquelles ont pouvait lire, notamment, « non au musellement de la presse ».

Le rassemblement, qui a commencé vers 11h00, a été dispersé par les forces de police qui ont procédé à plusieurs interpellations parmi les manifestants.

Des dizaines de milliers d’Algériens sont sortis dans la rue ces derniers jours dans plusieurs villes du pays, pour dire non à un 5e mandat du président Bouteflika et exiger le départ du régime politique en place. Les journalistes de plusieurs médias, public et privé, ont été empêchés par leurs employeurs de diffuser les informations relatives à ces manifestations grandioses.

https://youtu.be/8vqTUKwW0NQ

Source : El Watan

Le wali de Tizi Ouzou refuse de recevoir le président de la JSK

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Avec des traces de violence encore visibles sur la tête et sur le visage, le président de la Jeunesse Sportive de Kabylie est revenu en détail sur l’agression dont il était victime avec son staff cette semaine dans une conférence de presse.

Monsieur Cherif Mellal a accusé nommément la famille Mesbahi, les frères Halaoua et un certain Djamal Atak qui sont venus au siège de la JSK armés de barres de fer, de chaîne et de couteaux. Tout d’abord, ils ont commencé à agresser tous les employés présents au siège et lorsque j’étais informé dira Monsieur Mellal, j’ai appelé instantanément la police qui est venue immédiatement sur le lieux. À mon arrivée, la police était déjà présente et au moment où je discutais avec un certain Djamal Aba, j’étais agressé par-derrière.

Monsieur Mellal a continué la description du déroulement des événements en précisant qu’il n’a jamais eux de problème avec les agresseurs qui sont en nombre de vingt, car il ne les connaissait pas avant.
Dans tous les cas, le siège de la JSK est équipé de vidéosurveillance et que les caméras ont tout enregistré et ces enregistrements sont remis au chef de la sûreté de Tizi Ouzou.

Le président de la JSK a précisé qu’après cette agression, il est allé voir le chef de la sûreté de la Tizi Ouzou ainsi que le procureur de la République, M. Zidani, mais il a regretté d’avoir tenté de voir le Wali, car il a refusé de le recevoir sous prétexte qu’il est absent, alors que M. Mellal était sûr que le premier responsable de la Wilaya était bel et bien présent et qu’il était déjà informé de ce qui s’est passé.

Le plus étonnant c’est que le responsable de la JSK a révélé que trois semaines avant ce douloureux événement, il avait avisé le Wali et le chef de la sûreté en les informant que quelque chose se prépare contre la JSK et que des individus se contactent sur ce sujet et qu’un certain Beraf qui vient spécialement d’Alger promet aux autres de leur fournir de l’argent s’ils le rejoignent. Il ajoute que les frères Halaoua sont des salariés de Tahkout que ce dernier utilise pour un but inavoué.

Monsieur Cherif Mellal était sûr que c’est bien la JSK qui est visée, car d’après lui, si le problème se limitait au joueur Mesbahi, sa famille l’aurait ciblé lui-même, mais pourquoi c’était tout le staff et les salariés du club qui ont été agressés ?

À la fin, le conférencier a exprimé sa détermination à continuer son travail pour aller de l’avant avec ce club qui a mis fin à certains qui tiraient profit de cette équipe.

Monsieur Mellal a terminé son intervention en appelant à une marche pacifique samedi prochain à partir de 11 qui débutera devant le palais justice vers le stade du 1er novembre pour demander que la justice fasse son travail et que cessent ces agressions et enfin demander aux services de sécurité de mettre fin aux agissements de certains individus connus à Tizi Ouzou.

La rédaction

https://www.facebook.com/435455709874124/videos/258191275103592/?t=65

 

 

 

 

 

Inquiet, Macron a discrètement convoqué à Paris l’ambassadeur de France

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French President Emmanuel Macron holds a press conference at the El Aurassi hotel in Algiers on December 6, 2017. / AFP / LUDOVIC MARIN

Le président de la République française, qui, selon une source à l’Elysée, « suit de très près » les manifestations, a fait faire l’aller-retour dans la journée de mercredi à l’ambassadeur de France à Alger.

 

Sepuis une semaine, l’Elysée est en alerte rouge. « Le président suit personnellement et de très près ce qui se passe en Algérie, confie une source au palais. Non seulement il lit tous les rapports diplomatiques sur le sujet, mais – fait très inhabituel – il a téléphoné lui-même mardi [26 février] à l’ambassadeur de France sur place [Xavier Driencourt]pour connaître son appréciation de la situation. Il lui a également demandé de venir d’urgence au Quai d’Orsay pour informer le ministre, Jean-Yves Le Drian. » Si bien que, mercredi, le diplomate a fait l’aller et retour Alger-Paris, très discrètement, alors que des milliers de manifestants descendent dans les rues des villes algériennes depuis une semaine pour dire non à un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika.

Pourquoi cette attention particulière ? « Rien de ce qui se passe en Algérie n’est indifférent pour la France et donc pour le président, poursuit la même source. Les enjeux pour nous sont considérables. Avec l’Algérie, nos liens historiques, économiques, politiques, sécuritaires sont très importants. La France a des intérêts sur place, elle abrite aussi une forte communauté algérienne et franco-algérienne. Pour nous, la stabilité de l’Algérie et donc un enjeu majeur, compte tenu notamment de la proximité géographique et des liens humains entre les deux pays, il y l’enjeu sécuritaire, y compris sur le plan régional. Nous avons besoin d’une coopération avec l’Algérie.

Par Vincent Jauvert

Source : L’OBS

Bouteflika, les archives secrètes

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Nous savons tous que les intérêts supérieurs des pays occidentaux sont au-dessus des lois, des droits de l’homme, de la démocratie et des choix des peuples. Les responsables de ces pays des « droits de l’homme » ont toujours la bouche cousue lorsque les monarques, les rois, les présidents fantoches bafouent les droits les plus fondamentaux de leurs peuples et même lorsqu’ils commettent contre eux des atrocités.

Ces pays détiennent tous des dossiers lourds sur les despotes de leurs anciennes colonies, mais ils les gardent au chaud tant que ces dictateurs les laissent se servir des richesses de ces peuples opprimés. Ces tyrans ne gardent leur pouvoir que par le soutien et la bénédiction des puissances occidentales et ces dernières ne les lâchent que, lorsque leurs intérêts sont menacés ou lorsqu’ils entendent le grognement et la colère des peuples qui sonnent le glas de leurs protégés.

Le soutien de la France au régime algérien depuis l’indépendance n’est un secret pour personne, mais les décideurs d’Alger pour dissimuler ce soutien inacceptable pour le peuple algérien qui a payé chèrement son indépendance contre ce colonisateur a choisi la règle « La meilleure défense, c’est l’attaque ». Chaque fois que les forces vives de la nation s’attaquent à ce pouvoir despotique, ce dernier crie au loup et les accuse de main étrangère et du parti de la France.

La presse française est certes libre dans les affaires intérieures de l’hexagone, mais les intérêts supérieurs de la France sont aussi les siens. Nous constatons chaque jour, comment cette presse s’attaque et dénonce les atteintes aux libertés et aux droits de l’homme en Asie et en Amérique latine, mais qui ne souffle jamais un mot sur les décideurs d’Alger qui est à moins de deux heures d’avion de Paris.

Le célèbre poète tunisien Abou El Kacem Chabi disait : « si un peuple décide de vivre, il forcera même le destin à l’entendre ». Depuis le 22 février courant, le peuple algérien a décidé de vivre et de faire entendre sa voix et apparemment, elle est entendue sur l’autre rive de Méditerranée et si les médias français commencent à parler de l’Algérie, ce n’est nullement un hasard. En lisant l’article de « l’OBS » dans sa dernière édition, des questions s’imposent :

La France a-t-elle entendu la voix des Algériens avant ses gouverneurs et sent-elle la fin de ce régime qui ne peut plus assurer ses intérêts ? et est-elle en train de lâcher ce pouvoir ?

Nous vous laissons juger vous-même en lisant l’intégralité de cet article.

La rédaction

 

Bouteflika, les archives secrètes

Bien avant d’être un président grabataire, Abdelaziz Bouteflika a été le plus jeune ministre des Affaires étrangères du monde, surveillé de très près par les services français. “L’Obs” a eu accès à leurs rapports.

 

Abdelaziz Bouteflika – qui, à 82 ans, briguera de manière insensée un cinquième mandat présidentiel en avril prochain – n’a pas toujours été ce vieillard grabataire manifestement incapable de diriger son pays. Dans les années 1960 et 1970, alors ministre des Aff aires étrangères de la jeune Algérie révolutionnaire, il était l’un des personnages les plus en vue de la scène internationale. Les plus espionnés aussi. Surtout par les services de renseignement et les diplomates français, dont « l’Obs » a étudié les notes, certaines déclassifiées à notre demande.

Coups bas et manigances

C’est en Machiavel imbu de lui-même et corrompu que ces archives dépeignent celui qui, en 1963, prend la tête de la diplomatie algérienne, à 26 ans seulement : un « personnage dénué de scrupules, doté d’une intelligence aiguë et d’une très grande ambition, capable de risquer sa mise sur un seul coup ». Quel contraste avec l’homme qu’il est devenu ! Et pourtant quel écho au temps présent dans ces documents historiques : coups bas, manigances, huis clos insondable au sommet de l’État, soupçons d’enrichissement personnel… comme si rien ou presque n’avait changé.

Les premières fiches concernant Abdelaziz Bouteflika surprennent par leur concision. Alors que le Sdece, l’ancêtre de la DGSE, connaît les moindres détails biographiques des grands leaders de la guerre d’indépendance, ils ignorent presque tout de celui qui occupera la scène politique algérienne durant les soixante années suivantes. « Ses antécédents ne sont pas exactement connus, si ce n’est qu’il a fait des études secondaires. » Quand il devient ministre, ils n’ont même pas de photo de lui. Mais, très vite, les agents se renseignent sur « ce jeune homme frêle et fluet ». Né à Oujda dans une famille modeste originaire de Tlemcen, celui qui a gagné le maquis dès 1956 puis est devenu « commandant dans l’ALN » (l’Armée de Libération nationale) est identifié, sous le nom de « Si Abdelkader », comme « un fidèle » du chef d’état-major, le colonel Boumediene, futur président du pays.

Et puis les biographies s’étoffent : « Bouteflika se veut un homme de gauche. Très désireux d’apprendre, il lit beaucoup. » Esprit subtil et plein d’entregent, c’est un négociateur retors. » Il apparaît rapidement comme un grand manipulateur, épris de pouvoir. L’homme de tous les complots. Et d’abord du plus célèbre d’entre eux, qui renverse, le 19 juin 1965, le premier président de l’Algérie indépendante, Ahmed Ben Bella, dont le très jeune ministre est, selon Paris, le véritable instigateur.

La France est aux premières loges : alors que les hommes du colonel Boumediene déposent le président Ben Bella au petit matin, Louis Dauge, ministre délégué à l’ambassade de France, est convoqué à 9 heures par Abdelaziz Bouteflika. Le diplomate rend compte de ses impressions dans un télégramme chiffré quelques heures plus tard : « Il est clair que le ministre des Aff aires étrangères fait son affaire personnelle du coup d’État », écrit-il. Il n’est pas surpris : depuis plus d’un an, des rapports du renseignement extérieur français retracent, presque heure par heure, les luttes intestines entre les clans au pouvoir.

En mai 1964, un document du Sdece annonce l’arrestation du directeur de cabinet de Bouteflika, Abdelatif Rahal. Et estime que le ministre devrait « le suivre prochainement

». Le 3 juin, un autre indique que le président Ben Bella vient de signifier à Bouteflika qu’il doit « quitter son poste de ministre ». Un renvoi qui conduit le ministre des Affaires étrangères à passer à l’action contre le chef de l’État. « Menacé d’être écarté de ses fonctions par Ahmed Ben Bella, M. Bouteflika parvient à entraîner Boumediene dans un mouvement qui aboutira au régime actuel » – autrement dit, au renversement de Ben Bella.

L’ambitieux ne s’arrête pas à ce coup d’éclat. Dans les tortueux arcanes du pouvoir algérien, Abdelaziz Bouteflika réussit à éliminer tous ses rivaux. Y compris, selon les Français, l’épouse du nouveau chef de l’État. Dans une note du 7 octobre 1974, le ministère des Aff aires étrangères assure : « Il est à peu près certain que le président Boumediene s’est vu contraint, par l’action conjuguée de MM. Bouteflika et Medeghri [ministre de l’Intérieur], de ramener dans l’ombre sa propre épouse. » Cette dernière, lit-on, « portait ombrage à ceux qui, comme le ministre des Aff aires étrangères, avaient jusque-là l’exclusivité de l’accès direct auprès de Houari Boumediene ». L’homme de confiance du président aurait particulièrement mal vécu un voyage à Cuba en avril, lors duquel la télévision algérienne avait montré Mme Boumediene « souriante aux côtés du président, tandis que M. Bouteflika, perdu dans la foule, essayait vainement de sauver la face ».

Comment s’y est-il pris pour éliminer cette épouse ? En menaçant de salir sa réputation grâce aux réseaux diplomatiques qu’il contrôle. Le sous-directeur au quai d’Orsay poursuit : « Des factures pour l’achat de bijoux à Paris auraient été transmises par le canal de l’ambassade algérienne à Paris », contraignant le président à éloigner sa compagne pour étouffer l’affaire. Redoutable Bouteflika.

Il y a peut-être plus grave. Plusieurs assassinats politiques ordonnés à Alger ont été orchestrés dans les ambassades. Ainsi, le 18 octobre 1970, le héros de l’indépendance devenu opposant Krim Belkacem est victime à Francfort d’un complot planifié, selon le Sdece, par l’attaché militaire de l’ambassade d’Algérie à Paris. Le ministre était-il derrière ? A-t-il couvert ?

En tout cas, l’homme cherche à imposer le respect. Il tient aux manifestations de déférence, aime, découvre-t-on au fil des archives, être courtisé, flatté. « Extrêmement sensible aux égards et très susceptible », « il aime la publicité », peut-on lire dans un document de préparation du voyage officiel du ministre à Paris en 1974. Alors que les services du ministre réclament des motards pour escorter dans Paris la voiture de leur patron, l’ambassadeur Jean-Marie Soutou affirme : « Derrière ce souhait, j’ai clairement décelé un désir de M. Bouteflika de manifester son importance. »

En pleine guerre froide, et alors que Moscou courtise ce leader des non-alignés, Paris pense avoir trouvé un allié de poids en la personne d’Abdelaziz Bouteflika, à qui on reconnaît alors un statut de « second personnage du régime ». Lui-même n’hésite pas à souligner lors d’un entretien avec le ministre Louis de Guiringaud qu’il continue, « comme tous les Algériens, à considérer l’Algérie comme la fille spirituelle de la France ». Une note du Sdece du 25 septembre 1965 se félicite : « Le jeune farfelu d’autrefois a fait place à un homme politique qui croit vraiment à la coopération entre son pays et la France. […] Bouteflika a grandement évolué. Alors que, pour lui, Castro était autrefois l’exemple à suivre, il ne qualifie plus le chef de l’État cubain que de fou furieux. » Paris peut donc bien ajouter quelques motards à son escorte.

Mais la relation privilégiée qui s’instaure ne protégera pas le ministre des intrigues algériennes. Son mentor, le président Boumediene, « a lui-même donné des ordres pour [qu’il soit] surveillé ». Un espionnage qui « a surtout pour but de recueillir des éléments sur les écarts de mœurs ». La réputation de séducteur du ministre est notoire. On lui prêtera même une idylle avec la comédienne Jean Seberg. Pendant des années, rien ne semble pouvoir l’atteindre.

Pourtant, à la mort de Boumediene, en décembre 1978, les rouages se grippent. L’armée ne soutient pas Bouteflika pour la succession. L’héritier présumé est non seulement écarté de la présidence, mais, en quelques mois, de toute fonction politique. Il est « le seul grand vaincu » de la transition. « Une instruction présidentielle ordonne la liquidation de toute son équipe. » Bouteflika se retire en Suisse. Coup fatal : la Cour des Comptes algérienne l’accuse, en 1983, d’avoir détourné de fortes sommes d’argent provenant des reliquats budgétaires des ambassades. Il nie. Et tient à défendre son honneur dans une lettre transmise à Paris. Mais les Français ne doutent guère du bien-fondé des accusations. « La corruption de Bouteflika était de notoriété publique », lit-on dans un télégramme du 17 mai 1983 qui annonce sa première condamnation. « Toute la lumière n’a pas été faite sur ses agissements », souligne-t-on dans la même correspondance, mais « des sanctions pénales devraient logiquement suivre », affirme l’ambassadeur Guy Georgy. Et lorsque, en août, un nouvel arrêt de la Cour des Comptes algérienne tombe, le diplomate n’est pas davantage enclin à l’indulgence envers l’ex-ministre. Abdelaziz Bouteflika, qui « passait pour un grand prévaricateur », écrit-il, et « constituait un gibier de choix : non seulement pour sa gestion des fonds publics, mais aussi parce qu’il avait peuplé son ministère de “copains et de coquins” ».

L’ambassadeur ne se doutait probablement pas qu’Abdelaziz Bouteflika assouvirait un jour son rêve de pouvoir suprême. Et qu’en 1999, après une très longue traversée du désert, il accéderait à la présidence du pays. Vingt ans plus tard, son clan l’y maintient encore. Jusqu’en 2024, espère-t-il.

Par Céline Lussato

Source : OBS

Communiqué : appel à rassemblement à Paris Place de la République

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A protester holds up the Algerian flag during a rally against the Algerian president's bid for a fifth term in office on February 24, 2019 at the Place de la Republique in Paris. President Abdelaziz Bouteflika is Algeria's longest-serving president and a veteran of its independence struggle who has clung to power since 1999 despite his ill health. / AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

 

Paris, dimanche 03 mars 2019 Le peuple algérien démontre son refus d’une énième forfaiture. Il rejette en bloc le coup de force et l’humiliation de trop que veut imposer le régime à toute la Nation, à travers un 5ème mandat, symbole d’un système illégitime et corrompu.

La journée de mobilisation du 22 février 2019, au cours de laquelle, sur l’ensemble du territoire national, les citoyennes et les citoyens ont manifesté pacifiquement et dans un esprit de fraternité leur ras-le-bol, prouve que la société est unie et adhère avec force à un idéal, celui d’une Algérie meilleure et prospère, où règnent la Justice et la Liberté. Ayant usé de tous les subterfuges pour diviser les enfants d’un même pays, le régime n’a pas eu raison de la volonté et de la vivacité de la société.

C’est avec une admiration et une immense fierté que nous avons observé les marches populaires pour exiger le départ du système. Ni casse, ni violences, ni agressions. La société algérienne a donné l’une des plus belles leçons de mobilisation et de militantisme. Les démonstrations populaires ont suscité l’espoir que le régime a longuement voulu étouffer. Cet espoir nous rassemble toutes et tous, et nous interpelle quant à notre devoir de citoyens à soutenir nos compatriotes.

Nous ne voulons pas de ce système qui pousse à l’exil, qui dilapide les richesses, qui gère par la corruption et les passe-droits, qui empêche le développement, qui creuse les inégalités, qui écarte les compétences, qui nie les aspirations des Algériennes et des Algériens, et plus que tout, représente un danger pour l’avenir du pays et sa jeunesse. Non au 5ème mandat, non au Système prédateur, non à l’illégitimité. Oui au changement radical, oui à un Etat de Droit, oui à la Démocratie, oui à une Justice indépendante.

Nous, citoyennes et citoyens Algériens établis à l’étranger, appelons nos compatriotes à venir au rassemblement qui aura lieu dimanche 3 mars 2019 a 12h à la place République, à Paris, pour affirmer notre soutien à nos concitoyens, ainsi que notre détermination pour exiger la fin du système.

Nous rappelons les rassemblements suivants organisés par notre diaspora :

– Lyon : samedi 2 mars à 14h devant le consulat général d’Algérie

– Marseille : dimanche 3 mars à 14h à Porte d’Aix

– Toulouse : dimanche 3 mars à 14h Place du Capitole Les signataires : Paris, le 27 février 2019

Les signataires par ordre alphabétique des organisations :

-Action pour le Changement en Algérie (ACA)

-Agir pour le Changement et la Démocratie en Algérie (ACDA)

-Association Communauté Algérienne à l’Etranger (ALCAEE)

-Collectif « Debout l’Algérie »

-Collectif « Mon Algérie »

-Forum Démocratique

-Jil Jadid Europe

-Mouvement Ibtykar

-Mouvement pour la Jeunesse et le Changement

-Mouvement Rachad France

-Nida El Watan France

-Riposte Internationale

-Talaie El Hourriyet France

-Union pour le Changement et le Progrès France