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dimanche 12 avril 2026
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Pour une mandature de transition à la 2e République

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Les choix inappropriés qui ont marqué l’histoire de notre pays depuis l’indépendance, les contraintes externes et internes qui relèvent aussi bien de la géopolitique, de la politique, que de la sociologie font que l’Algérie se retrouve encore une fois à la croisée des chemins.

C’est une situation qui se répète à chaque échéance politique importante, indiquant clairement que le pays n’arrive pas encore à trouver sa voie et son équilibre. Face à une présidentielle qui s’annonce difficile, pénible même, il est impératif de garder la tête froide et de ne pas céder aux pressions d’où qu’elles viennent.

Caractéristiques de cette échéance

Trois éléments d’analyse retiennent mon attention.

1. Cette échéance intervient dans un contexte marqué par la crise économique et sociale qui touche la majorité du peuple algérien. Les phénomènes de la harga, des immolations, ajoutés aux arrestations de blogueurs et de journalistes qui ont marqué ces derniers mois ont aggravé le sentiment d’inquiétude dans la population algérienne.

Le tout, sur fond de maladie du président de la République, d’un côté, et du discrédit de la classe politique de l’autre. Ces deux éléments font que la continuité du pouvoir de Bouteflika aussi bien que l’alternative à celui-ci sont devenues problématiques. C’est là que réside la grande panne politique du pays.

2. Il est admis que lorsqu’il y a fissure dans le bloc au pouvoir, la société respire mieux. De ce fait, en l’absence d’un consensus au sein du régime sur la succession, nous assistons au retour effectif du peuple sur la scène politique.  Les marches du 22 février 2019 marquent une rupture avec la fatalité et la résignation.

Elles signifient le dépassement du traumatisme hérité de la décennie rouge. Elles annoncent le cadre algérien comme espace politique homogène et intégré et l’algérianité comme un socle commun. A l’occasion, le peuple, qui a repris le chemin de l’unité dans l’action, s’est réapproprié sa capitale : Alger n’est plus fermée aux algériennes et algériens comme avant.

3. Cette échéance marquera la fin d’un cycle dans la vie de la nation algérienne. La génération de la guerre d’indépendance va définitivement s’éclipser, avec ou sans la réélection de Abdelaziz Bouteflika. C’est la loi implacable de la nature qui l’impose.  Face à cet événement symbolique, la responsabilité de cette génération est énorme, aussi bien vis-à-vis de leurs compagnons d’armes, morts pour que vive l’Algérie libre et indépendante, que vis-à-vis des nouvelles générations.

J’ose profondément croire que cette génération saura être à la hauteur de sa dernière mission et qu’elle transmettra le pouvoir dans la dignité et non pas dans la honte. C’est dans ce sens aussi que notre responsabilité comme générations d’après-guerre est capitale. Ceci étant donné, devant ce moment solennel qui risque de n’être perçu parfaitement que dans quelques années, les questions qui nous interpellent sont les suivantes :

– doit-on sauvegarder et consolider l’héritage de Novembre 1954 avec ses acquis et ses manquements, ou ressortir de la scène de l’Histoire comme il est souvent arrivé dans des siècles passés ?

– Peut-on négocier ce moment en peuple conscient, méritant, ou agir impulsivement sans jamais planifier les conséquence de nos actes ?

Ce sont des questions essentielles auxquelles nous devrions répondre clairement et sans ambiguïté aucune. Dans cet esprit, le passage de la légitimité révolutionnaire à la légitimité des urnes et de la compétence ne doit pas être conçu et perçu comme un reniement, une rupture, mais un approfondissement normal et nécessaire du processus libérateur entamé le 1er Novembre 1954.

De ce qui précède, il est clair que l’enjeu dépasse largement celui du pouvoir présidentiel et de la personne qui aura la charge de l’assumer, il touche au sort de l’Etat national algérien comme produit d’un processus historique fondateur.

L’échéance présidentielle comme opportunité politique

L’élection d’avril 2019 repose d’une manière brutale la question du changement du système politique national comme urgence historique à ne pas déférer. Pour réaliser cette transformation salutaire, deux conditions s’imposent :

– soustraire le peuple algérien au conditionnement qui présente l’échéance présidentielle comme un moment de vie ou de mort pour la nation ;

– avoir un projet clair du changement du système, avec ses modalités et ses délais, et qui soit un outil du renforcement de l’Etat à travers sa mise en adéquation avec la nation et les exigences du futur. La mobilisation populaire et politique doit s’inscrire au-delà du 19 avril. Elle doit être pacifique, consciente, visant la transformation effective de tout le système politique national, avec un profond changement culturel de la société.

Slogans et démarches

Lors des marches du 22 février, deux slogans ont émergé avec des forces inégales : le premier est «Contre le 5e mandat», le deuxième est celui demandant le «Changement du système». Les deux slogans, même s’ils sont portés par la même colère, la même aspiration populaire, sont contradictoires dans le fond. Le premier propose un changement dans le système, un changement d’hommes et de méthodes.

Pour celui-ci, le moyen est la réalisation d’une élection à laquelle Abdelaziz Bouteflika ne prendra pas part. Le deuxième propose le changement de tout le système, opposition inclue, mais sans trop savoir comment et avec quel moyen cela va se réaliser, sauf à travers une transition dont la méthode et les étapes restent à développer.

Que reste-t-il à faire pour l’opposition ?

Devant cette situation complexe, l’opposition ne doit pas perdre son sang-froid ni céder à la pression des événements. Considérer, comme le suggèrent quelques voix, que seule la chute du régime est la solution, c’est perdre sa raison politique. En l’état actuel des choses, la chute brutale du régime provoquera la destruction de l’Etat-nation avec des effets dévastateurs sur la sécurité de la population.

Certes, cet argument est devenu pesant, dire agaçant pour les militants du changement, mais telle est la réalité qu’on ne peut changer par un simple désir ! Il faudrait un changement effectif de la situation interne et externe pour le voir disparaître. Ici et maintenant, il faut dire que le slogan «Dégage» doit être évacué comme slogan des marches vu sa charge symbolique qui le rattache directement aux Printemps arabes, avec les résultats qu’on connaît.

Le changement du système suppose un processus politique pacifique ; la «chute du régime» implique un rapport de force violent, dévastateur. Jusqu’à nouvel ordre, l’ensemble des militants du changement optent pour la méthode réformiste, et non pas révolutionnaire.

Celle-ci a ses exigences et ses conditions. Réclamer des partis de l’opposition, par exemple, le retrait de leurs députés des deux Chambres, c’est couper les ponts avec le pouvoir et s’installer résolument dans la dissidence révolutionnaire. Les choses doivent être évaluées à leur juste valeur pour ne pas jouer au figurant politique dans une partition sérieuse et décisive. Il ne suffit pas de lancer des slogans, il faut mesurer leurs conséquences et être à la hauteur de les assumer devant l’histoire.

Intérêts de la nation

Face aux incertitudes qui planent sur le pays, conséquences d’une crise politique qui a atteint son paroxysme, nous devons avoir en ligne de mire les intérêts suprêmes de la nation que nous espérons voir émerger parmi les grandes nation du monde. C’est un impératif moral et politique. Dans ce sens, nous devons avoir présent à l’esprit que :

– le terrorisme est toujours présent, que l’accalmie actuelle est aussi une stratégie des groupes armés, sûrement faibles, mais toujours en embuscade ;

– la situation régionale est dangereuse à plus d’un titre. En plus des frontières qui sont sous pression, les manifestations qui se déroulent présentement au Soudan peuvent «annoncer» une nouvelle vague des Printemps arabes que la déstabilisation de l’Algérie nourrira pour embraser l’ensemble de l’Afrique du Nord. Je ne veux pas faire peur par mes propos, mais je soulève des questions qui peuvent être occultées par les bruits ambiants. Et ce n’est pas parce que le pouvoir parle de menaces que c’est faux. Les menaces extérieures sont bien réelles.

Considérer ces menaces à leur juste valeur, les évaluer correctement ne veut pas dire s’immobiliser ; bien au contraire, cela nous incite à agir pour les juguler et mettre le pays à l’abri du chaos.

Issue à la crise

L’issue à la crise nationale ne viendra pas des urnes fermées à la véritable alternative démocratique et citoyenne. Elle ne viendra pas non plus de la défaite d’un homme ou de la victoire d’un autre ; elle est globale, profonde, et complexe. Un processus concerté, qui impliquera l’ensemble des acteurs et qui mettra en place les conditions objectives pour l’entame d’une transition ordonnée vers la 2e  République est à même de garantir l’avenir du pays.

Pour cela, une condition essentielle s’impose : il faut assumer la première République avec ses qualités et ses défauts, faire son bilan de la manière la plus exhaustive, déterminer les aspects à consolider, ceux à réformer ou à rejeter, et élaborer le projet d’une République des droits et des libertés.

En effet, la mise en place des institutions de l’Etat, la construction des infrastructures éducatives, sanitaires, routières et autres, le multipartisme, le pluralisme médiatique, la reconnaissance de tamazight doivent apparaître dans le bilan à dresser pour pouvoir consolider, approfondir, transformer et innover dans la refondation de l’Etat et de la nation algérienne. Il faut oser se placer franchement dans le politique et cesser définitivement avec la démagogie qui consiste à tout remettre en cause sans jamais sauvegarder les assises pour une nouvelle construction.

La radicalité n’est pas dans le nihilisme, mais dans la clairvoyance ! Le pouvoir a appelé à une conférence nationale du consensus, dans le sillage de beaucoup de forces politiques d’opposition. Il faut prendre acte de cette évolution.

Que tous les participants à l’échéance électorale, les boycotteurs, ou ceux qui se placent carrément en dehors de ce processus inscrivent ce rendez-vous dans leur agenda. Abstraction faite de celui qui gardera ou qui prendra le pouvoir, du déroulement ou pas de cette échéance électorale même, cette voie est nécessaire pour la réalisation du changement du système.

Une mandature de transition

Pour l’honneur de l’Algérie, tous les candidats doivent s’engager à faire de la prochaine mandature, celle de la transition à la 2e République. La conférence du consensus sera fondatrice d’une nouvelle Algérie. Elle doit être préparée en partenariat effectif entre le pouvoir, l’opposition partisane et la société civile autonome.

Elle sera difficile à réaliser, à réussir, certes. Elle prendra le temps qu’il faut, l’essentiel est d’avancer ensemble en tant qu’Algériennes et Algériens sur la voie du salut. Les accords sur les fondamentaux, sur les réaménagements qui seront apportés dans l’organisation de l’Etat, dans la gestion des pluralismes et des différences qui sortiront de la conférence nationale doivent être consignés dans une Constitution cadre qui sera approuvée par référendum populaire.

Suite à quoi, un gouvernement de compétences doit être installé pour mettre en œuvre le projet national renouvelé et conduire la transition, sous le contrôle de la conférence ou d’une instance qu’elle aurait désigné à cet effet.

En résumé…

– Conférence nationale du consensus,

– constitution consensuelle,

– transition concertée.

C’est cela, une présidentielle de transition, une transition dynamique qui n’implique pas la mise à l’arrêt des institutions et en premier, l’institution présidentielle, mais leur orientation vers des objectifs historiques et profitables pour les futures générations.

C’est cette feuille de route simple, claire, qui émane de la lutte politique du peuple algérien que l’ANP doit accompagner pour une relation féconde entre le civil et le militaire qui soit au service de la communauté nationale et de l’Etat. C’est autour de cette feuille de route qu’il faut rassembler les Algériennes et les Algériens, débattre avec eux, les organiser, les sensibiliser à une pratique politique sérieuse, effective et autonome qui dépasse les conjonctures pour se placer dans le durable.

C’est pour imposer cette sortie de crise à moindre coût qu’il faut agir pour créer un rapport de force en faveur du changement. Les citoyennes et les citoyens doivent savoir clairement le chemin à parcourir et l’objectif à atteindre. Pour conclure, je dirais qu’un homme vit un temps et meurt, une nation doit survivre aux fièvres passagères pour durer. C’est la qualité des hommes et des femmes qui la composent qui le détermine.

 

Source Journal El Watan

Brahim Tazaghart

La France craint d’être accusée de soutien au régime

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Crise algérienne : pour Paris, « ni ingérence ni indifférence »

Le dossier est une « priorité absolue », mais la France craint d’être accusée de soutien au régime si elle se tait ou d’interférence si elle prend position.

Il y a en diplomatie différentes formes de silence. Très prudentes, plutôt embarrassées et inquiètes face à de possibles violences des forces de l’ordre ou des manifestants qui depuis plusieurs jours défilent dans toute l’Algérie contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, les autorités françaises font profil bas.

« On sait que tout ce que l’on dit sera scruté à la loupe et surinterprété », reconnaît un haut diplomate français tout aussi conscient des défis de cette crise que de l’ampleur des contentieux, y compris mémoriels, entre la France et son ex-colonie. Ce mutisme au plus haut niveau n’empêche pas Paris de lancer des signaux explicites sur le fait que la situation algérienne est suivie « de très près ».

Le président Emmanuel Macron a parlé longuement au téléphone avec l’ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, venu à Paris mercredi 27 février pour s’entretenir avec le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui a fait part de sa « grande vigilance ». La situation algérienne a été évoquée le même jour au conseil des ministres.

« C’est au peuple algérien et à lui seul qu’il revient de choisir ses dirigeants, de décider de son avenir, et cela dans la paix et la sécurité », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, faisant le « vœu » que la présidentielle du 18 avril réponde « aux aspirations profondes » de la population algérienne. « Partout ailleurs ou presque, ce serait une lapalissade. Mais aux yeux d’un pouvoir algérien traditionnellement très susceptible voire paranoïaque, une telle déclaration signifie prendre le parti de la rue », relève une spécialiste de la politique maghrébine.

« Observation active »

Le porte-parole du gouvernement était-il conscient de la portée de tels propos, en théorie soigneusement pesés ? « Nous sommes sur une étroite ligne de crête : ni ingérence ni indifférence », explique-t-on au Quai d’Orsay. Ne rien dire, c’est être accusé de soutenir le régime et l’actuel statu quo, mais toute prise de position publique sera dénoncée comme une ingérence de l’ex-colonisateur.

La diplomatie française marche donc sur des œufs tout en reconnaissant l’importance du dossier. « C’est aujourd’hui une priorité absolue de notre politique étrangère, car ce qui se passe en Algérie est un enjeu tout à la fois français, régional et international », souligne l’Élysée, évoquant « une politique d’observation active ».

Emmanuel Macron connaît le pays. En tant que ministre de l’économie lors de la présidence de François Hollande, il avait eu plusieurs fois l’occasion de s’y rendre dans le cadre du Comité mixte économique franco-algérien, l’instance qui chapeaute les relations économiques entre les deux pays. Né après la fin de la guerre d’Algérie, le chef de l’État entend aussi être celui qui va tourner la page des contentieux mémoriels. Lors de sa visite à Alger pendant sa campagne électorale, il n’avait pas hésité à qualifier la colonisation de « crime contre l’humanité ».

Lors de la visite « de travail et d’amitié » effectuée à Alger en décembre 2017, M. Macron avait aussi pu constater, lors d’un bain de foule, le grand désespoir de la jeunesse algérienne – la moitié des 44 millions d’Algériens a moins de 20 ans – et ses désirs de franchir la Méditerranée pour venir en France. « J’ai vu trop de jeunes qui m’ont simplement demandé un visa, un visa n’est pas un projet de vie », avait-il alors déclaré qui avait dû renoncer à la visite d’État promise en 2018 pour des questions d’emploi du temps.

Les autorités françaises redoutent que les manifestations ne dégénèrent en une révolte incontrôlée contre le régime. Elles sont préoccupées par l’incapacité des différents clans au pouvoir qui s’entre-déchirent à se mettre d’accord sur un candidat de compromis plus crédible qu’un Abdelaziz Bouteflika impotent depuis l’AVC qui l’a frappé en 2013.

Or, une déstabilisation de l’Algérie aurait des conséquences importantes. En politique intérieure, alors qu’il y a une forte communauté d’origine algérienne en France. Et sur le terrain économique, car les échanges entre les deux pays représentent quelque 5 milliards d’euros et l’Algérie fournit 10 % du gaz naturel importé par la France.

L’enjeu sécuritaire est tout aussi crucial y compris dans la lutte contre le djihadisme au Sahel. Avec son immense frontière de plusieurs milliers de kilomètres avec le Mali, le Niger et la Libye, l’Algérie est un acteur-clé, même si elle fait aussi l’objet de suspicions de double jeu avec certains groupes djihadistes.

« La question est moins celle de l’aide de l’Algérie sur laquelle on ne peut pas vraiment compter que celle de sa neutralité et le fait qu’elle ne nous mette pas des bâtons dans les roues », confie une source proche du dossier. Cette dernière s’inquiète de nouvelles incertitudes alors même que l’opération militaire française « Barkhane » (4 500 militaires), confrontée à la difficile montée en puissance de la force africaine du G5 Sahel (Mauritanie, Tchad, Mali, Niger, Burkina), piétine.

Marc Semo

Source : Le Monde

Des manifestations grandioses au quatre coins de l’Algérie (images)

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Aujourd’hui vendredi 01 mars 2019, des ras de marée d’Algériens qui battent le pavé au quatre coins de l’Algérie pour crier haut fort, le rejet du 5e mandant de Bouteflika et surtout le départ de tout le système qui a réuni leur patrie depuis l’indépendance.

La rédaction

L’image contient peut-être : 1 personne, foule et plein air

Confiscation de l’indépendance

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Depuis leur confiscation de l’indépendance des mains du peuple algérien en été 1962, cette bande qui s’est emparé du pays telle une force d’occupation n’a jamais construit un État, mais un régime à leur service et pour l’asservissement du peuple.

La pauvre Algérie connaît depuis, un sort politique le plus misérable et le plus maudit qui peut en exister.  Entre ce qu’elle devrait être et entre ce qu’elle est, c’est la différence entre le jour et la nuit.

Mais aucune injustice, aucune imposture, aucune manipulation et aucune occupation ne peuvent durer.  Le peuple se réveillera, recouvrira ses fleuves détournés. Triomphera et aucune force et aucune voix ne peuvent se situer au-dessus de lui

Vive la vraie Algérie, la nôtre.

À bas l’imposture

Pardon et gloire pour nos martyrs

Mourad Hamami

 

Treize syndicats condamnent les arrestations arbitraires

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COMMUNIQUE DE L’INTER SYNDICAL AUTONOME

 

Treize syndicats autonomes de différents secteurs de la fonction publique et du secteur économique se sont réunis aujourd’hui 28 février 2019. Ils ont réitéré leur engagement en faveur d’une Algérie démocratique respectueuse de la volonté populaire, une Algérie des libertés publiques et individuelles, Une Algérie de la justice sociale.

Tout comme ils ont exprimé leur rejet des orientations du pays qui remettent en cause l’état social et les acquis des travailleurs ainsi que la politique d’étouffement des libertés syndicales par ailleurs, tout en rappelant leur engagement en faveur de la paix civile, de la cohésion sociale et de l’unité nationale, les 13 syndicats ont tenu à rappeler le droit constitutionnel de manifester dans un cadre pacifique.

Dans leur communiqué les syndicats :

  • Insistent sur la réunion des conditions qui permettent l’expression pacifique du mouvement populaire en cours
  • Exigent le respect de la volonté populaire qui s’exprime dans un cadre pacifique.
  • Dénoncent la violence d’où qu’elle vienne et avertit sur les conséquences qui ne manqueront pas de naître de toute tentative d’avorter les initiatives pacifiques.
  • Dénoncent les agressions et les arrestations qui ont touché les étudiants, les journalistes, les activistes politiques et les défenseurs des droits de l’homme.

Les syndicats ont conclu leur communiqué en exigeant que les manifestations pacifiques soient sécurisées et les manifestants protégés tout en rendant les pouvoirs publics responsables des menaces que font peser sur la stabilité du pays le recours injustifié à la force et l’étouffement des libertés d’expression.

Riposte Internationale : Communiqué

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L’extraordinaire mobilisation de société civile Algérienne, pour le changement du système en place, continue d’épater et d’émerveiller les observateurs, ce qui a mis les ‘’ tenants ‘’ du pouvoir algérien dans une situation embarrassante. Cette dernière l’amène à accélérer des violences injustifiées, des arrestations arbitraires. Une stratégie médiatique véritablement oligarchique concertée pour désinformer l’opinion publique.

L’état Algérien, en usant d’une violence policière et politique totalement disproportionnées sur des populations pacifiques, franchit désormais un nouveau palier et ce, en plus, face à une élites citoyennes, à savoir des journalistes, qui ont été arrêtés et brutalisés, ce matin, par la machine répressive du régime Algérien.

Plus d’une centaine de journalistes de la presse écrite et audiovisuelle, blasés, participaient dans le cadre d’un rassemblement pacifique à Alger centre afin de protester contre l’omerta imposée sur la couverture des évènements inédits qui secouent l’Algérie. Ces journalistes, citoyennes et citoyens,avant tout, se sont remontés contre les pressions quotidiennes qu’ils subissent, contre les restrictions qui touchent à l’exercice de leur métier de rapporteur d’informations en toute liberté. Les journalistes ont répondu de manière massive, en réaffirmant leur désir de souveraineté et leur goût de la liberté, face à un régime aux méthodes staliniennes.

Nous rappelons que le système en place, a maintenu un régime policier qui a soumis le peuple à une semi-dictature, il a également étouffé toute tentative de critique. En effet, le régime sous le Président actuel, a eu la crainte des médias. Tous les moyens de diffusion étaient loin d’être des formes d’expressions et que les principaux médias : la presse écrite, la télévision, la radio et le web durant son régime, ont été contraints à faire l’éloge des accomplissements du règne du président en place. Prenant l’exemple de la télévision et la radio publiques; ce sont le reflet de l’image que le gouvernement souhaite donner de la société Algérienne, une image partielle voire mythique du pays. Ce qui a mis en colère ces journalistes employés indépendants.

Par ailleurs, Les idées des soulèvements Algériens et sa nouvelle culture libératrice prennent rapidement corps dans toutes les corporations. La proximité entre les manifestants et les réseaux sociaux favorisera à des degrés différents la continuité de la tendance militante de ces médias.

Riposte internationale, dénonce ces arrestations arbitraires et appelle le pouvoir algérien de cesser immédiatement ces pratiques qui visent à museler les libertés des algériens.

Paris , le 27 Février 2019
P/Riposte Internationale
Le Bureau Exécutif

Plusieurs journalistes arrêtés par la police à Alger (vidéo)

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Les forces de sécurités ont interpellé plusieurs journalistes lors d’un rassemblement tenu, aujourd’hui jeudi à Alger, pour réclamer le respect de la liberté d’expression.

Des dizaines de journalistes, de différents médias, se sont rassemblés ce matin à la place de la liberté d’expression à Alger. « Presse libre et démocratique », ont scandé des les journalistes munis de pancartes sur lesquelles ont pouvait lire, notamment, « non au musellement de la presse ».

Le rassemblement, qui a commencé vers 11h00, a été dispersé par les forces de police qui ont procédé à plusieurs interpellations parmi les manifestants.

Des dizaines de milliers d’Algériens sont sortis dans la rue ces derniers jours dans plusieurs villes du pays, pour dire non à un 5e mandat du président Bouteflika et exiger le départ du régime politique en place. Les journalistes de plusieurs médias, public et privé, ont été empêchés par leurs employeurs de diffuser les informations relatives à ces manifestations grandioses.

https://youtu.be/8vqTUKwW0NQ

Source : El Watan

Le wali de Tizi Ouzou refuse de recevoir le président de la JSK

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Avec des traces de violence encore visibles sur la tête et sur le visage, le président de la Jeunesse Sportive de Kabylie est revenu en détail sur l’agression dont il était victime avec son staff cette semaine dans une conférence de presse.

Monsieur Cherif Mellal a accusé nommément la famille Mesbahi, les frères Halaoua et un certain Djamal Atak qui sont venus au siège de la JSK armés de barres de fer, de chaîne et de couteaux. Tout d’abord, ils ont commencé à agresser tous les employés présents au siège et lorsque j’étais informé dira Monsieur Mellal, j’ai appelé instantanément la police qui est venue immédiatement sur le lieux. À mon arrivée, la police était déjà présente et au moment où je discutais avec un certain Djamal Aba, j’étais agressé par-derrière.

Monsieur Mellal a continué la description du déroulement des événements en précisant qu’il n’a jamais eux de problème avec les agresseurs qui sont en nombre de vingt, car il ne les connaissait pas avant.
Dans tous les cas, le siège de la JSK est équipé de vidéosurveillance et que les caméras ont tout enregistré et ces enregistrements sont remis au chef de la sûreté de Tizi Ouzou.

Le président de la JSK a précisé qu’après cette agression, il est allé voir le chef de la sûreté de la Tizi Ouzou ainsi que le procureur de la République, M. Zidani, mais il a regretté d’avoir tenté de voir le Wali, car il a refusé de le recevoir sous prétexte qu’il est absent, alors que M. Mellal était sûr que le premier responsable de la Wilaya était bel et bien présent et qu’il était déjà informé de ce qui s’est passé.

Le plus étonnant c’est que le responsable de la JSK a révélé que trois semaines avant ce douloureux événement, il avait avisé le Wali et le chef de la sûreté en les informant que quelque chose se prépare contre la JSK et que des individus se contactent sur ce sujet et qu’un certain Beraf qui vient spécialement d’Alger promet aux autres de leur fournir de l’argent s’ils le rejoignent. Il ajoute que les frères Halaoua sont des salariés de Tahkout que ce dernier utilise pour un but inavoué.

Monsieur Cherif Mellal était sûr que c’est bien la JSK qui est visée, car d’après lui, si le problème se limitait au joueur Mesbahi, sa famille l’aurait ciblé lui-même, mais pourquoi c’était tout le staff et les salariés du club qui ont été agressés ?

À la fin, le conférencier a exprimé sa détermination à continuer son travail pour aller de l’avant avec ce club qui a mis fin à certains qui tiraient profit de cette équipe.

Monsieur Mellal a terminé son intervention en appelant à une marche pacifique samedi prochain à partir de 11 qui débutera devant le palais justice vers le stade du 1er novembre pour demander que la justice fasse son travail et que cessent ces agressions et enfin demander aux services de sécurité de mettre fin aux agissements de certains individus connus à Tizi Ouzou.

La rédaction

https://www.facebook.com/435455709874124/videos/258191275103592/?t=65

 

 

 

 

 

Inquiet, Macron a discrètement convoqué à Paris l’ambassadeur de France

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French President Emmanuel Macron holds a press conference at the El Aurassi hotel in Algiers on December 6, 2017. / AFP / LUDOVIC MARIN

Le président de la République française, qui, selon une source à l’Elysée, « suit de très près » les manifestations, a fait faire l’aller-retour dans la journée de mercredi à l’ambassadeur de France à Alger.

 

Sepuis une semaine, l’Elysée est en alerte rouge. « Le président suit personnellement et de très près ce qui se passe en Algérie, confie une source au palais. Non seulement il lit tous les rapports diplomatiques sur le sujet, mais – fait très inhabituel – il a téléphoné lui-même mardi [26 février] à l’ambassadeur de France sur place [Xavier Driencourt]pour connaître son appréciation de la situation. Il lui a également demandé de venir d’urgence au Quai d’Orsay pour informer le ministre, Jean-Yves Le Drian. » Si bien que, mercredi, le diplomate a fait l’aller et retour Alger-Paris, très discrètement, alors que des milliers de manifestants descendent dans les rues des villes algériennes depuis une semaine pour dire non à un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika.

Pourquoi cette attention particulière ? « Rien de ce qui se passe en Algérie n’est indifférent pour la France et donc pour le président, poursuit la même source. Les enjeux pour nous sont considérables. Avec l’Algérie, nos liens historiques, économiques, politiques, sécuritaires sont très importants. La France a des intérêts sur place, elle abrite aussi une forte communauté algérienne et franco-algérienne. Pour nous, la stabilité de l’Algérie et donc un enjeu majeur, compte tenu notamment de la proximité géographique et des liens humains entre les deux pays, il y l’enjeu sécuritaire, y compris sur le plan régional. Nous avons besoin d’une coopération avec l’Algérie.

Par Vincent Jauvert

Source : L’OBS

Bouteflika, les archives secrètes

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Nous savons tous que les intérêts supérieurs des pays occidentaux sont au-dessus des lois, des droits de l’homme, de la démocratie et des choix des peuples. Les responsables de ces pays des « droits de l’homme » ont toujours la bouche cousue lorsque les monarques, les rois, les présidents fantoches bafouent les droits les plus fondamentaux de leurs peuples et même lorsqu’ils commettent contre eux des atrocités.

Ces pays détiennent tous des dossiers lourds sur les despotes de leurs anciennes colonies, mais ils les gardent au chaud tant que ces dictateurs les laissent se servir des richesses de ces peuples opprimés. Ces tyrans ne gardent leur pouvoir que par le soutien et la bénédiction des puissances occidentales et ces dernières ne les lâchent que, lorsque leurs intérêts sont menacés ou lorsqu’ils entendent le grognement et la colère des peuples qui sonnent le glas de leurs protégés.

Le soutien de la France au régime algérien depuis l’indépendance n’est un secret pour personne, mais les décideurs d’Alger pour dissimuler ce soutien inacceptable pour le peuple algérien qui a payé chèrement son indépendance contre ce colonisateur a choisi la règle « La meilleure défense, c’est l’attaque ». Chaque fois que les forces vives de la nation s’attaquent à ce pouvoir despotique, ce dernier crie au loup et les accuse de main étrangère et du parti de la France.

La presse française est certes libre dans les affaires intérieures de l’hexagone, mais les intérêts supérieurs de la France sont aussi les siens. Nous constatons chaque jour, comment cette presse s’attaque et dénonce les atteintes aux libertés et aux droits de l’homme en Asie et en Amérique latine, mais qui ne souffle jamais un mot sur les décideurs d’Alger qui est à moins de deux heures d’avion de Paris.

Le célèbre poète tunisien Abou El Kacem Chabi disait : « si un peuple décide de vivre, il forcera même le destin à l’entendre ». Depuis le 22 février courant, le peuple algérien a décidé de vivre et de faire entendre sa voix et apparemment, elle est entendue sur l’autre rive de Méditerranée et si les médias français commencent à parler de l’Algérie, ce n’est nullement un hasard. En lisant l’article de « l’OBS » dans sa dernière édition, des questions s’imposent :

La France a-t-elle entendu la voix des Algériens avant ses gouverneurs et sent-elle la fin de ce régime qui ne peut plus assurer ses intérêts ? et est-elle en train de lâcher ce pouvoir ?

Nous vous laissons juger vous-même en lisant l’intégralité de cet article.

La rédaction

 

Bouteflika, les archives secrètes

Bien avant d’être un président grabataire, Abdelaziz Bouteflika a été le plus jeune ministre des Affaires étrangères du monde, surveillé de très près par les services français. “L’Obs” a eu accès à leurs rapports.

 

Abdelaziz Bouteflika – qui, à 82 ans, briguera de manière insensée un cinquième mandat présidentiel en avril prochain – n’a pas toujours été ce vieillard grabataire manifestement incapable de diriger son pays. Dans les années 1960 et 1970, alors ministre des Aff aires étrangères de la jeune Algérie révolutionnaire, il était l’un des personnages les plus en vue de la scène internationale. Les plus espionnés aussi. Surtout par les services de renseignement et les diplomates français, dont « l’Obs » a étudié les notes, certaines déclassifiées à notre demande.

Coups bas et manigances

C’est en Machiavel imbu de lui-même et corrompu que ces archives dépeignent celui qui, en 1963, prend la tête de la diplomatie algérienne, à 26 ans seulement : un « personnage dénué de scrupules, doté d’une intelligence aiguë et d’une très grande ambition, capable de risquer sa mise sur un seul coup ». Quel contraste avec l’homme qu’il est devenu ! Et pourtant quel écho au temps présent dans ces documents historiques : coups bas, manigances, huis clos insondable au sommet de l’État, soupçons d’enrichissement personnel… comme si rien ou presque n’avait changé.

Les premières fiches concernant Abdelaziz Bouteflika surprennent par leur concision. Alors que le Sdece, l’ancêtre de la DGSE, connaît les moindres détails biographiques des grands leaders de la guerre d’indépendance, ils ignorent presque tout de celui qui occupera la scène politique algérienne durant les soixante années suivantes. « Ses antécédents ne sont pas exactement connus, si ce n’est qu’il a fait des études secondaires. » Quand il devient ministre, ils n’ont même pas de photo de lui. Mais, très vite, les agents se renseignent sur « ce jeune homme frêle et fluet ». Né à Oujda dans une famille modeste originaire de Tlemcen, celui qui a gagné le maquis dès 1956 puis est devenu « commandant dans l’ALN » (l’Armée de Libération nationale) est identifié, sous le nom de « Si Abdelkader », comme « un fidèle » du chef d’état-major, le colonel Boumediene, futur président du pays.

Et puis les biographies s’étoffent : « Bouteflika se veut un homme de gauche. Très désireux d’apprendre, il lit beaucoup. » Esprit subtil et plein d’entregent, c’est un négociateur retors. » Il apparaît rapidement comme un grand manipulateur, épris de pouvoir. L’homme de tous les complots. Et d’abord du plus célèbre d’entre eux, qui renverse, le 19 juin 1965, le premier président de l’Algérie indépendante, Ahmed Ben Bella, dont le très jeune ministre est, selon Paris, le véritable instigateur.

La France est aux premières loges : alors que les hommes du colonel Boumediene déposent le président Ben Bella au petit matin, Louis Dauge, ministre délégué à l’ambassade de France, est convoqué à 9 heures par Abdelaziz Bouteflika. Le diplomate rend compte de ses impressions dans un télégramme chiffré quelques heures plus tard : « Il est clair que le ministre des Aff aires étrangères fait son affaire personnelle du coup d’État », écrit-il. Il n’est pas surpris : depuis plus d’un an, des rapports du renseignement extérieur français retracent, presque heure par heure, les luttes intestines entre les clans au pouvoir.

En mai 1964, un document du Sdece annonce l’arrestation du directeur de cabinet de Bouteflika, Abdelatif Rahal. Et estime que le ministre devrait « le suivre prochainement

». Le 3 juin, un autre indique que le président Ben Bella vient de signifier à Bouteflika qu’il doit « quitter son poste de ministre ». Un renvoi qui conduit le ministre des Affaires étrangères à passer à l’action contre le chef de l’État. « Menacé d’être écarté de ses fonctions par Ahmed Ben Bella, M. Bouteflika parvient à entraîner Boumediene dans un mouvement qui aboutira au régime actuel » – autrement dit, au renversement de Ben Bella.

L’ambitieux ne s’arrête pas à ce coup d’éclat. Dans les tortueux arcanes du pouvoir algérien, Abdelaziz Bouteflika réussit à éliminer tous ses rivaux. Y compris, selon les Français, l’épouse du nouveau chef de l’État. Dans une note du 7 octobre 1974, le ministère des Aff aires étrangères assure : « Il est à peu près certain que le président Boumediene s’est vu contraint, par l’action conjuguée de MM. Bouteflika et Medeghri [ministre de l’Intérieur], de ramener dans l’ombre sa propre épouse. » Cette dernière, lit-on, « portait ombrage à ceux qui, comme le ministre des Aff aires étrangères, avaient jusque-là l’exclusivité de l’accès direct auprès de Houari Boumediene ». L’homme de confiance du président aurait particulièrement mal vécu un voyage à Cuba en avril, lors duquel la télévision algérienne avait montré Mme Boumediene « souriante aux côtés du président, tandis que M. Bouteflika, perdu dans la foule, essayait vainement de sauver la face ».

Comment s’y est-il pris pour éliminer cette épouse ? En menaçant de salir sa réputation grâce aux réseaux diplomatiques qu’il contrôle. Le sous-directeur au quai d’Orsay poursuit : « Des factures pour l’achat de bijoux à Paris auraient été transmises par le canal de l’ambassade algérienne à Paris », contraignant le président à éloigner sa compagne pour étouffer l’affaire. Redoutable Bouteflika.

Il y a peut-être plus grave. Plusieurs assassinats politiques ordonnés à Alger ont été orchestrés dans les ambassades. Ainsi, le 18 octobre 1970, le héros de l’indépendance devenu opposant Krim Belkacem est victime à Francfort d’un complot planifié, selon le Sdece, par l’attaché militaire de l’ambassade d’Algérie à Paris. Le ministre était-il derrière ? A-t-il couvert ?

En tout cas, l’homme cherche à imposer le respect. Il tient aux manifestations de déférence, aime, découvre-t-on au fil des archives, être courtisé, flatté. « Extrêmement sensible aux égards et très susceptible », « il aime la publicité », peut-on lire dans un document de préparation du voyage officiel du ministre à Paris en 1974. Alors que les services du ministre réclament des motards pour escorter dans Paris la voiture de leur patron, l’ambassadeur Jean-Marie Soutou affirme : « Derrière ce souhait, j’ai clairement décelé un désir de M. Bouteflika de manifester son importance. »

En pleine guerre froide, et alors que Moscou courtise ce leader des non-alignés, Paris pense avoir trouvé un allié de poids en la personne d’Abdelaziz Bouteflika, à qui on reconnaît alors un statut de « second personnage du régime ». Lui-même n’hésite pas à souligner lors d’un entretien avec le ministre Louis de Guiringaud qu’il continue, « comme tous les Algériens, à considérer l’Algérie comme la fille spirituelle de la France ». Une note du Sdece du 25 septembre 1965 se félicite : « Le jeune farfelu d’autrefois a fait place à un homme politique qui croit vraiment à la coopération entre son pays et la France. […] Bouteflika a grandement évolué. Alors que, pour lui, Castro était autrefois l’exemple à suivre, il ne qualifie plus le chef de l’État cubain que de fou furieux. » Paris peut donc bien ajouter quelques motards à son escorte.

Mais la relation privilégiée qui s’instaure ne protégera pas le ministre des intrigues algériennes. Son mentor, le président Boumediene, « a lui-même donné des ordres pour [qu’il soit] surveillé ». Un espionnage qui « a surtout pour but de recueillir des éléments sur les écarts de mœurs ». La réputation de séducteur du ministre est notoire. On lui prêtera même une idylle avec la comédienne Jean Seberg. Pendant des années, rien ne semble pouvoir l’atteindre.

Pourtant, à la mort de Boumediene, en décembre 1978, les rouages se grippent. L’armée ne soutient pas Bouteflika pour la succession. L’héritier présumé est non seulement écarté de la présidence, mais, en quelques mois, de toute fonction politique. Il est « le seul grand vaincu » de la transition. « Une instruction présidentielle ordonne la liquidation de toute son équipe. » Bouteflika se retire en Suisse. Coup fatal : la Cour des Comptes algérienne l’accuse, en 1983, d’avoir détourné de fortes sommes d’argent provenant des reliquats budgétaires des ambassades. Il nie. Et tient à défendre son honneur dans une lettre transmise à Paris. Mais les Français ne doutent guère du bien-fondé des accusations. « La corruption de Bouteflika était de notoriété publique », lit-on dans un télégramme du 17 mai 1983 qui annonce sa première condamnation. « Toute la lumière n’a pas été faite sur ses agissements », souligne-t-on dans la même correspondance, mais « des sanctions pénales devraient logiquement suivre », affirme l’ambassadeur Guy Georgy. Et lorsque, en août, un nouvel arrêt de la Cour des Comptes algérienne tombe, le diplomate n’est pas davantage enclin à l’indulgence envers l’ex-ministre. Abdelaziz Bouteflika, qui « passait pour un grand prévaricateur », écrit-il, et « constituait un gibier de choix : non seulement pour sa gestion des fonds publics, mais aussi parce qu’il avait peuplé son ministère de “copains et de coquins” ».

L’ambassadeur ne se doutait probablement pas qu’Abdelaziz Bouteflika assouvirait un jour son rêve de pouvoir suprême. Et qu’en 1999, après une très longue traversée du désert, il accéderait à la présidence du pays. Vingt ans plus tard, son clan l’y maintient encore. Jusqu’en 2024, espère-t-il.

Par Céline Lussato

Source : OBS