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Maroc : 10 ans de prison pour avoir perturbé le cortège du roi Mohammed VI

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Sonatrach: lancement des premiers forages en offshore en début 2019

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Offshore operations at the South Arne Platform. (North Sea, January 2014)

ALGER – Les premiers forages en offshore seront lancés en début 2019, a indiqué lundi à Alger le P-dg de la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach Abdelmoumen Ould Kaddour.

« On va bientôt avoir la première exploration forage pour le offshore*. C’est très intéressant pour nous. C’est certain, il y a du potentiel. D’après les études préliminaires, il y a de très  bonnes perspectives. Maintenant, il faut qu’on attende encore de voir. Mais je pense que dès l’année prochaine, on commencera à faire les premiers forages », a-t-il affirmé lors d’un point de presse tenu à l’issue de la présentation du rapport annuel de l’Organisation des pays exportateurs du pétrole (OPEP) sur les perspectives mondiales du marché pétrolier.

Pour rappel, M. Ould Kaddour avait indiqué en mars dernier que des projets de forages en offshore au large de Bejaïa et d’Oran étaient au stade d’évaluation des données sismiques.

Il avait également relevé que plusieurs partenaires de Sonatrach comme Anadarko (Etats-Unis), Total (France), Eni (Italie) et Statoil (Norvège) étaient intéressés à se joindre à Sonatrach pour pouvoir développer l’activité du forage en offshore en Algérie.

Evoquant les énergies fossiles, il a souligné que l’Algérie est classée 3ème au niveau mondial : » c’est une réserve que le dieu nous a donné, il faut bien qu’on l’exploite. Il est nécessaire de mettre en œuvre cette solution », a-t-il dit.

Toutefois, il a affirmé que « le gaz de schiste est un processus très long. Il y ‘a une phase d’étude qui est lancée et à partir de cette phase il va y a voir des essais au niveau de centre d’innovation.

Il s’agit, selon lui,  d’un travail qui demande 3 à 5 années, ajoutant que l’idéal est de le faire avec un partenaire qui a des compétences et la technologie dans l’exploitation du pétrole non conventionnel.

En réponse à l’acharnement d’un journal marocain contre Sonatrach , M. Ould Kaddour a expliqué qu’ « avec l »inauguration de pipeline (un mode de transport des matières fluides réalisé au moyen de conduites constituant généralement un réseau) , reliant les Dairas d’El Aricha (Tlemcen) à Beni Saf (Ain Témouchent) , un journal a titré que Sonatrach veut couper le pipeline du Maroc (..) Bien au contraire je veut qu’il reste ».

Il a ajouté que Sonatrach cherche à augmenter ses exportations de gaz grâce à la réalisation d’un nouveau pipeline.

L’Algérie a joué un rôle important dans la stabilisation des prix du pétrole

Interrogé sur les prix de pétrole qui ont atteint les 80 dollars le baril, le P-dg de Sonatrach a estimé que l’avantage actuellement était d’avoir un prix stable entre 70 et 80 dollars le baril .Ce qui permet  selon lui, de planifier des projets et des programmes de développement pour les prochaines années.

M. Ould Kaddour a aussi rappelé le rôle de l’Algérie dans le rapprochement des visions entre les pays OPEP et non OPEP et assurer la stabilité du marché pétrolier à travers la réunion historique tenue à Alger en 2016 et la rencontre du Comité de suivi de l’accord OPEP et non OPEP (JMMC) tenue dimanche à Alger.

« L’Algérie a joué (dimanche) un rôle extraordinaire dans la stabilisation des productions et les coûts. Cette année, on est satisfait avec un baril entre 70 et 80 dollars », a -t-il ajouté.

Il a rappelé, dans ce sens, que quand les prix étaient à 40 dollars, il a été enregistré une réduction des investissements dans le secteur pétrolier, équivalant à 500 milliards de dollars.

A noter que des experts de l’OPEP ont présenté aux cadres de Sonatrach, le rapport annuel de l’Organisation sur les perspectives mondiales du marché pétrolier.

Selon ce rapport, le total de l’énergie primaire devrait augmenter de 33% entre 2015 et 2040, principalement grâce aux pays en développement, qui enregistrent près de 95% de la croissance de la demande énergétique globale.

Quant à la demande de pétrole à long terme, elle a été révisée à la hausse pour la deuxième année consécutive, avec une demande totale de plus de 111,7 mb/j en 2040.

La croissance de la demande est tirée par les régions non membres de l’OCDE, qui enregistrent une forte augmentation d’environ 23 Mb/j en 2040, explique le rapport.

La croissance de la demande à long terme provient principalement des secteurs de la pétrochimie (4,5 mb/j), du transport routier (4,1 mb/j) et de l’aviation (2,7 mb/j), note le document.

Pour ce qui est de la demande de pétrole brut de l’OPEP, elle devrait atteindre environ 40 Mb/j en 2040, contre 32 Mb/j en 2018.

La part du brut de l’OPEP dans l’offre mondiale de pétrole devrait passer de 34% en 2017 à 36% en 2040, précise la même source.

APS

* Les forages offshore sont des forages effectués en mer

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi rompt avec le parti islamiste Ennahdha.

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Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a promis que les élections auraient lieu en décembre 2019, lors d’un entretien diffusé lundi à la télévision au cours duquel il a également annoncé la fin de l’alliance avec le parti d’inspiration islamiste Ennahdha.

Après des demandes de report des scrutins législatif et présidentiel prévus en 2019, qui risquent de redessiner la carte politique en Tunisie, le président a assuré: « Les élections se tiendront à temps (…) en décembre 2019 ».

Il a appelé à une modification de la Constitution, estimant que le partage de pouvoir entre le président et le Premier ministre n’était pas satisfaisant, tout en assurant qu’elle ne rentrerait en vigueur qu’au prochain mandat.

« Depuis la semaine dernière, nous avons décidé de nous séparer, à la demande de Ennahdha », a souligné M. Caïd Essebsi, qui s’exprimait alors que l’appareil étatique est paralysé depuis des mois par une lutte fratricide au sein de son parti.

Cette formation, Nidaa Tounès, qu’il a fondée en 2012 comme un front contre les islamistes, avait fini par faire alliance avec Ennahdha au lendemain des élections législatives de 2014. Elle est affaiblie par une lutte de pouvoir entre le Premier ministre Youssef Chahed et le fils du président, Hafedh Caïd Essebsi.

Des désaccords récents entre M. Caïd Essebsi, 92 ans, et Ennahdha ont porté sur le soutien que ce dernier apporte à M. Chahed, et sur un projet de loi soutenu par le président visant à instaurer une égalité entre hommes et femmes en matière d’héritage.

Ennahdha « veut poursuivre l’accord avec le gouvernement dirigé par Youssef Chahed… Les relations entre Beji Caïd Essebsi et Ennahdha sont coupées », a poursuivi le président.

Ennahdha, devenu le premier parti parlementaire, « a choisi un autre chemin, j’espère que ce sera un chemin réussi, mais je ne le pense pas », a-t-il ajouté.

« Personne n’est valable pour tous les temps et tous les lieux », a-t-il déclaré, évoquant un départ à la fois de M. Chahed et de son propre fils, sans prendre position pour l’un ou l’autre.

Le conflit politique actuel inquiète les observateurs, qui craignent qu’il entrave l’organisation des prochaines élections et les efforts urgents nécessaires pour faire face à une profonde crise sociale.

AFP 

Taεcurt (l’Achoura) à At Khlifa Bwudrar, commune d’At Vou Youcef

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Les traditions kabyles finissent toujours par prendre le dessus même sur les fêtes religieuses, elles les transforment en événements de solidarité, de fraternité et de bonnes œuvres. C’est l’une des raisons qui ont donné une spécificité particulière à l’islam dans cette société. Avant que les traditions bédouines se greffent à notre culture, la Kabylie vivait une religion de tolérance, de solidarité et d’amour, c’était la religion qui s’est adaptée aux coutumes millénaires et non l’inverse comme le veulent les nouveaux arrivants.

Distribution des parts de viande

Ces traditions ancestrales, je les ai trouvées intactes à At Khelifa commune At vou youcef. Ma visite le 20/09/2018 à ce village était strictement familiale, mais le hasard m’a réservé une belle surprise. C’est l’Achoura et c’est à une célébration spécifiquement kabyle que j’ai eu la chance d’assister. Mon arrivée était au moment de la répartition de la viande de Timchret.

La veille les villageois avaient déjà procédé à l’abattage de pas moins de dix bœufs qui ont été tous offerts par des citoyens du village. Cinq cent quarante-trois parts (Tixxamin), ont été distribuées aux résidents du village et aux expatriés présents ce jour-là, ainsi qu’à l’ensemble des enseignants de l’école primaire et aux éboueurs municipaux.

At Khlifa possède une forte communauté à Tazmalt, pratiquement un tiers du village. Une forte diaspora en France, dans l’Algérois et même en Tunisie.

L’organisation intérieure de ce village est exceptionnelle. Le respect et la discipline sont les maîtres des lieux. Le règlement intérieur est appliqué à la lettre. L’un des rares villages où l’opposition dans le cadre de l’utilité publique est bannie, au risque de voir excommunié de la communauté villageoise. Les pénalités qui vont jusqu’à cinquante(50) mille dinars sont infligées pour certains actes de mauvais comportements.

Bibliothèque avec ordinateurs

At Khlifa possède sa propre crèche, un fourgon aménagé pour le ramassage scolaire des enfants du premier cycle, une bibliothèque équipée d’une dizaine d’ordinateurs et des centaines de livres. Toutes les ruelles du village sont, soit pavées avec de la pierre ardoise ou bétonnées. Des fontaines à chaque coin des ruelles.

At Khlifa dispose d’une grande salle de réunions, équipée d’une sonorisation et de chaises numérotées. Chaque numéro correspond à un nom du citoyen du village. De ce fait, lors de l’Assemblée du village l’absent est automatiquement repéré à cause sa chaise vide et il est soumis à l’amende inscrite dans le règlement intérieur.

La symbolique d’At Khlifa, c’est le mausolée de Sidi Yahia Oulâajmi. Ce saint dont la légende raconte qu’il a ressuscité un bœuf qu’il avait égorgé.

Sidi Yahia en ce jour de Taâchourt était bondé de visiteurs, notamment des femmes venues des quatre coins de la Kabylie. Un repas (couscous viande) est offert à tous les visiteurs. Les villageois ne prennent pas part aux repas, l’exclusivité étant réservée aux visiteurs (l’hospitalité kabyle oblige).

En fin de journée les quatre moutons qui étaient une offrande des visiteurs à Sidi Yahia sont vendus aux enchères. L’argent de cette vente ira renflouer la caisse du village, qui sera utilisé à bon escient.

PS: Pour rappel : En 2012, lors des fortes intempéries, notamment les fortes chutes de neige, le camp militaire de Tizi Ljameâ situé au-dessus du village d’At Khlifa, était coupé du reste du monde, surtout de son commandement central. Les villageois d’At Khlifa se sont fait l’honneur de le ravitailler en vivres, et ce malgré le froid et la forte épaisseur de la neige.

Bravo, At Khlifa et merci pour votre hospitalité.

Ahmed Aït Bachir

Quelques photos du village At Khlifa

Une vue à partir du village
Une place du village
Une des fontaines publics du village

Egypte: condamnation définitive à la peine capitale pour 20 islamistes

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FILE - In this , Monday, May 19, 2014 file photo, supporters of the Muslim Brotherhood and other Islamists gesture from the defendants cage as they receive sentences ranging from death by hanging for one, life in prison for 13 and 8-15 years for the others after they were convicted of murder, rioting, and violence in a mass trial in Alexandria, Egypt. If you’re branded an enemy of the state in Egypt, you may never get the chance to defend yourself in a justice system racking up convictions in lop-sided mass trials according to legal observers and human rights groups. President Abdel-Fattah el-Sissi is unrepentant, arguing his government must enforce stability at the expense of legal niceties in a country where many thousands face prosecution after years of unrest. (AP Photo/Heba Khamis, File)/CAITH102/962516514137/MONDAY, MAY 19, 2014 FILE PHOTO./1502081443

Le Caire – La Cour de cassation égyptienne a confirmé lundi la condamnation à mort de 20 islamistes, reconnus coupables du meurtre de 13 policiers lors de violences qui avaient suivi la destitution de l’ancien président Mohamed Morsi en 2013.

« Le verdict est définitif et ne peut faire l’objet d’un (autre) appel », a affirmé un responsable judiciaire. Selon la loi égyptienne, les accusés ont le droit de se pourvoir en cassation à deux reprises uniquement.

La Cour de cassation confirme ainsi le verdict prononcé le 2 juillet 2017 par la Cour criminelle du Caire.

Les accusés ont été condamnés à la peine capitale pour le meurtre de 13 policiers lors des violences survenues le 14 août 2013 après la dispersion par les forces de sécurité de deux sit-in massifs au Caire de partisans de M. Morsi. Plus de 700 manifestants avaient été tués.

Une foule en colère avait alors attaqué un commissariat à Kerdessa, banlieue du Caire réputée être un fief islamiste.

Dans la même affaire, la Cour de cassation a également confirmé lundi les condamnations à perpétuité –équivalent à 25 ans de prison en Egypte– à l’encontre de 80 accusés, et à 15 ans de prison contre 34 accusés. Vingt-et-une personnes ont été acquittées.

Depuis la destitution en juillet 2013 de M. Morsi par l’armée, dirigée alors par Abdel Fattah al-Sissi, des centaines de peines capitales ont été prononcées à l’encontre des partisans du président déchu mais la majorité a été ensuite annulée par la Cour de cassation.

Le 8 septembre, un tribunal du Caire a condamné 75 personnes à mort, dont des dirigeants des Frères musulmans. Ce verdict, qui peut encore faire l’objet d’un appel, avait soulevé l’indignation des organisations de défense des droits de l’Homme.

La Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits de l’Homme, Michelle Bachelet, avait estimé dans un communiqué que les « droits fondamentaux » des accusés avaient été « ignorés de manière flagrante », faisant peser « un doute sérieux sur la culpabilité de tous les condamnés ».

L’Egypte avait répliqué face à ces accusations, invoquant le respect des décisions prises par ses juges.

Fin 2017, 15 personnes ont été exécutées par pendaison, après avoir été jugées coupables d’attaques contre l’armée et des forces de police dans le nord de la péninsule du Sinaï, théâtre d’une insurrection du groupe Etat islamique (EI).

Il s’agissait de la plus importante exécution de masse en Egypte après celle en 2015 de six personnes reconnues coupables, elles aussi, d’attaques contre l’armée et la police.

AFP 

COSYFOP dénonce la répression menée contre les retraités de l’armée nationale

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La confédération syndicale des forces productives « COSYFOP » dénonce la répression menée par les forces de police et de la gendarmerie contre les retraités de l’armée nationale qui portent des revendications à caractère sociales par le communiqué suivant:

 

 

Des retraités de l’armée violemment réprimés par les gendarmes à Haouch El Mokhfi

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Nous avons appris que ce dimanche 23 septembre des milliers d’anciens militaires rassemblés à Haouch El Mekhfi sont encerclés par des nombreuses unités de gendarmerie.

Selon ces informations, des milliers de gendarmes appuyés par des unités de policiers sont intervenus avec une violence inouïe contre ces anciens militaires qui réclament leurs « droits ». Parmi ceux-ci, il y a

jj

la hausse des pensions pour les retraités de l’ANP, une prise en charge médicale de qualité pour les militaires à la retraite atteints de maladies contractées lors de l’exercice de leur profession, la réservation des quotas de logements sociaux pour cette catégorie et leurs ayants droit et l’octroi de licences de taxis.

Mais les autorités ne l’ont pas entendu de cette oreille. Les gendarmes ont mené plusieurs assauts contre leurs anciens militaires.

Les scènes qu’a offert cet ancien village qui a vaillamment résisté aux hordes des GIA sont des plus insupportables. Qui aurait en effet imaginé, lors de ces années sanglantes de lutte contre l’islamisme armé, qu’un jour des gendarmes affronteraient des soldats retraités ?

Des balles en caoutchouc ont même été utilisées pour déloger ces anciens soldats qui campaient sur leur position. Des hélicoptères de la gendarmerie ont été utilisés pour tirer des bombes lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur le campement des retraités de l’armée. Cette intervention a fait de nombreux blessés parmi les retraités, selon nos informations.

Pour l’heure, les retraités sont toujours à Haouch El Mekhfi. Mais la situation risque de dégénérer demain à l’aube si une voie de négociation n’est pas ouverte.

Armee

Le Matin d’Algérie

Développer une réflexion libre pour un idéal de citoyenneté

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Face aux bouleversements de tout ordre que connaissent la société Algérienne et le monde, il importe que chacun puisse développer une réflexion rigoureuse et libre, débattre des grandes questions qui déterminent le présent et l’avenir de notre société, en dehors des conformismes et de toute forme de « politiquement correct ».

Contre l’expression débridée de la subjectivité et la dénonciation victimaire, nous entendons faire prévaloir une éthique de la discussion basée sur le respect des personnes et le développement des arguments en dehors de toute invective et du sectarisme.

Contre le repli sur les particularismes individuels, sociaux, culturels ou religieux, l’idéal de citoyenneté doit permettre le dépassement de nos différences et la participation à la construction d’un monde commun, par la confrontation et le débat démocratique.

Ceux-ci impliquent la formation de convictions sensées. En ce sens, citoyenneté, culture et formation personnelle sont inséparables. Sans éducation et formation, l’appel à la libre expression est démagogie.

Slimane Alem

Google a 20 ans : des mots (clés) et des (gros) chiffres

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San Francisco – Google, né en septembre 1998, fête ses 20 ans lundi avec une conférence de presse à San Francisco. Simple moteur de recherche au départ, il est désormais l’une des multinationales les plus puissantes de la planète, qui engrange les milliards et… les critiques.

– Du moteur à la voiture –

Au milieu des années 90, deux étudiants de l’université de Stanford dans la Silicon Valley (ouest), Larry Page et Sergueï Brin, ont une idée pour améliorer la recherche sur internet.

Les moteurs de recherche existent déjà mais les deux hommes ont une idée, qui va se révéler révolutionnaire. Jusqu’à Google, les systèmes classaient les résultats de recherche en comptant le nombre de fois où les mots-clés recherchés apparaissent sur la page. Page et Bryn améliorent ce système en analysant les relations entre les pages internet (comme le nombre de liens qui renvoient vers telle ou telle page), ce qui permet de mieux déterminer leur pertinence. L’idée va se révéler révolutionnaire et peu à peu écraser la concurrence.

Le 4 septembre 1998, ils fondent officiellement l’entreprise Google, hébergée dans un garage à Menlo Park, dans la Silicon Valley, en Californie. Le nom est une référence au terme mathématique « gogol » ou »googol », qui désigne le nombre s’écrivant avec un 1, suivi de 100 zéros.

En 2004, le siège est installé à Mountain View et Google entre en Bourse en août.

Au fil des années, Google a lancé de nombreux produits, comme Maps (Plans), la messagerie Gmail, le système d’exploitation mobile Android, le navigateur internet Chrome… Google a aussi racheté la plateforme de partage de vidéos YouTube en 2006.

Fin 2015, le groupe se restructure et est créée une maison-mère, Alphabet, pour chapeauter Google mais aussi d’autres filiales, comme Verily (santé), Waymo (voitures autonomes), ou Deep Mind (intelligence artificielle)…

Google fait aujourd’hui partie des marques les plus connues dans le monde et est même passé dans le langage courant, avec les néologismes « googler » et « googliser », à savoir « chercher quelque chose sur Google ».

Depuis quelques années, Google fabrique aussi des appareils, comme les enceintes connectées Home et les smartphones Pixel.

Google a aussi connu quelques déconvenues, comme son réseau social Google+ ou la première génération de lunettes connectées Google Glass.

– Les milliards de la pub –

Son modèle économique est le même que Facebook : la publicité, ciblée au plus près des utilisateurs grâce aux données personnelles des utilisateurs, récupérées et moulinées par ses algorithmes. Selon les projections du cabinet eMarketer les deux mastodontes devraient capter 57,7% des recettes issues de la publicité numérique aux Etats-Unis cette année.

En 2017, le chiffre d’affaires d’Alphabet a atteint 111 milliards de dollars, venant en quasi-totalité de Google. Le groupe emploie plus de 80.000 personnes dans le monde.

Au deuxième trimestre 2018, il a engrangé 32,7 milliards de dollars de recettes et 3,2 milliards de bénéfice net, grevé par une amende de l’Union européenne. Hormis cette pénalité, il a dégagé un profit de 8,3 milliards de dollars.

– Critiques, controverses et amendes –

Google est dans le viseur de régulateurs, en particulier dans l’Union européenne, généralement en raison de domination dans la recherche internet, la publicité ou encore les systèmes d’exploitation mobile (Android équipe environ 85% des smartphones dans le monde).

Google a écopé en 2017 d’une amende européenne de 2,4 milliards d’euros pour avoir abusé de sa position dominante dans la recherche en ligne en favorisant son comparateur de prix « Google Shopping ». Cette année, l’UE l’a sanctionné à nouveau avec une amende record de 4,34 milliards d’euros pour abus de position dominante d’Android.

Le groupe a dit son intention de faire appel.

Comme Facebook, Google est aussi accusé par la presse traditionnelle d’être son fossoyeur, captant lectorat et recettes publicitaires. Les deux groupes s’opposent en outre à la création dans l’Union européenne d’un « droit voisin » du droit d’auteur pour la presse, afin que les plateformes technologiques rémunèrent mieux les médias pour les articles qu’elles utilisent.

Aux Etats-Unis, bien que moins directement critiqué que Twitter et surtout Facebook, Google est aussi pris dans plusieurs polémiques, accusé de n’avoir pas assez lutté contre les campagnes de désinformation politiques qui pullulent sur internet.

Google est aussi dans le collimateur du président républicain Donald Trump, qui l’a récemment accusé de manipuler ses résultats de recherche pour bâillonner les voix conservatrices, ce que l’entreprise dément catégoriquement.

jc/tu/cn

GOOGLE

AFP 

Slimane Azem : La force de l’asefru ou le poète candide (1e partie)

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Il y a quelques jours, nous avons célébré le trente-quatrième anniversaire de la mort du poète Slimane Azem, décédé le 28 Janvier 1983 et enterré à Moissac dans le Sud-Ouest de la France. Au lendemain de sa mort, il faisait un temps maussade avec du crachin comme des larmes de tristesse de la nature pour nous signifier son deuil. En manchette, le journal El Moudjahid, unique quotidien francophone en Algérie, annonçait la mort de l’acteur français Louis de Funès, décédé la veille. Motus sur la mort de Slimane, si ce n’était l’annonce payante de la famille dans la rubrique nécrologie.

La Tradition orale et la poésie dans le quotidien de la société kabyle.

Nul doute que Slimane Azem a été ce poète témoin de son époque qui a le plus marqué l’histoire. Le rapport qu’il a tissé avec ses semblables, à travers sa poésie, était d’une intensité telle qu’on ne lui connait pas d’équivalent. Avec ses poèmes il a réussi à asseoir une relation quasi fusionnelle avec sa société. Il a réussi à susciter de l’intérêt dans toutes les couches et catégories sociales et d’âges au point où les Kabyles de son époque lui avaient fabriqué des légendes et l’avaient couvert de mythes. Pour le vérifier, il suffisait d’évoquer son nom devant un inconnu pour voir la légende de la communication avec l’ange vite servie : «Ehh, yers-d ɣer-s lmelk, inna-yas-d ….» [Il a communiqué avec l’ange qui lui a tout dit].

De toutes mes lectures et connaissances livresques, je n’ai pas rencontré ni connu de phénomène d’un même genre ; y compris pour le poète Si Muḥend U Mḥend qui a vécu durant la deuxième moitié du dix-neuvième siècle (1845/1906) et dont la poésie est gravée dans l’imaginaire profond de la société kabyle. Chez les hommes adultes mais surtout les vieux, se référer à Si Muḥend U Mḥend ou citer un de ses poèmes n’était pas rare. Quelle était donc cette magie qui a permis aux poètes et à leur poésie de se tailler une place aussi importante dans la vie des Kabyles de l’époque ?

On dit que dans les sociétés à tradition orale, la capacité de conservation mémorielle est plus développée que chez celles qui ont rompu avec l’oralité. Il est possible que la tradition de l’oralité de la société kabyle ne soit pas étrangère à cette place occupée par la poésie dans l’espace de vie de tous les jours. Il est possible aussi que ce mode de reproduction sociale de l’oralité ait cultivé et favorisé le sens poétique pour la survie et la conservation. Quand on sait, par exemple, que le marché hebdomadaire en Kabylie n’était pas uniquement cet espace d’échanges de biens économiques, il est permis de penser à cette explication. La mission et le rôle dévolus au marché hebdomadaire dans la sociologie de la Kabylie était bien plus que ce que l’on connait de l’espace commercial au sens classique. Il est un vecteur d’acculturation, de propagation du savoir social et de reproduction de la société elle-même. Le marché hebdomadaire de jadis abritait des échanges culturels et des joutes poétiques, et reste un espace exclusivement réservé aux hommes.

Le phénomène du poète dans notre société est bien plus complexe que ce que l’on peut penser. L’exemple de ma grand-mère maternelle née en 1901 est édifiant à plus d’un titre. A l’instar de beaucoup de ses congénères, elle qui n’avait que cinq ans seulement à la mort du poète Si Muḥend U Mḥend, monolingue de surcroît et qui n’était jamais sortie des horizons du village connaissait ses poèmes qu’elle récitait couramment.

Il n’est pas simple de donner une explication au phénomène de la poésie, et du poète et leur rapport à la société. Il faut imaginer la situation et le contexte de l’époque. Quand on sait la faiblesse des conditions et des moyens matériels; sans (l’absence ou l’insuffisance) voies de circulation pour assurer les déplacements ni moyens de communication modernes à l’exemple de ceux d’aujourd’hui, des questions essentielles méritent d’être posées. Comment les poèmes de Si Muḥend pouvaient-ils parvenir à une fillette d’une contrée aussi reculée ? Comment dans la société kabyle de l’époque faisait-on circuler les poèmes de Si Muḥend au point d’atteindre même les petites filles ?

Evoquer Slimane Azem : perpétuer l’asefru

C’est tout naturellement que j’ai répondu favorablement à la demande des jeunes de l’Association Iɣran de mon village pour animer une conférence-débat sur la vie et l’œuvre de Slimane Azem, à l’occasion du trente-quatrième anniversaire de sa mort. Si de son vivant, par sa poésie, Slimane Azem n’a laissé insensible aucune âme, après sa mort il continue de susciter de l’intérêt auprès des jeunes nés plusieurs décennies plus tard.

Que dire du poète Slimane Azem à un auditoire composé, en majorité, de jeunes de moins de 30 ans? Quels mots, quelles formules et quels discours leur tenir pour faire sentir à ces jeunes à la fois le contenu des messages de sa poésie et la signification du phénomène poétique qu’était Slimane Azem lui-même ?

Partant de ces questions, il m’a semblé essentiel de reconstituer le contexte sociopolitique dans lequel le poète Slimane Azem a vécu et émergé. Il est aussi essentiel que la place du chant et de la musique en général, érigés en tabous dans la société, soit restituée dans ce contexte. Non seulement le génie de Slimane Azem a réussi à contourner l’obstacle des tabous, mais il a pu en plus obtenir de la société la dérogation de traiter en public des thèmes aussi tabous que la séparation et l’amour, la musique, l’alcool, la perversion, etc… sans subir la réaction inexorable de l’excommunication. Là, la similitude avec Si Muḥend U Mḥend est à relever, car avant Slimane Azem, il a, lui aussi, dérogé à la loi intangible des tabous et aux règles inflexibles de pudeur dans la société.

Slimane Azem est né à la fin de la première guerre mondiale. Il a fréquenté l’école primaire de son village qui devait ouvrir en 1914 mais retardée jusqu’en 1919 à cause de la situation de la guerre. Avant lui, son frère aîné Ouali était de la première génération des enfants du village à fréquenter l’école publique française. Le reste de son enfance n’était en rien différent de celle des autres enfants. Au sein de sa famille paternelle, son aïeul Sayd U Lamara (Azem Said) qui a vécu au 19 ème siècle (né présumé 1841, décédé approximativement en 1902) était connu pour être à la fois un poète et un Amousnaw [voir ses poèmes en annexe 2]. Lḥaǧ Ameṛ n Lḥaǧ Busad (Azem Amar né en 1896 et décédé en 1974) était aussi connu comme un détenteur du savoir social et poète [voir ses poèmes en annexe 3]. Du côté de sa mère son oncle Blayd n Lḥaǧ (Beddek Belaid, né présumé en 1871) décédé à la fin des années soixante, presque centenaire, était également connu pour être un poète qui a vécu toute sa vie au village mais en marge de la collectivité. Son visage rond au teint foncé, avec une moustache noire prononcée et un béret basque renforçaient son regard perçant pour lui conférer en permanence une allure d’homme édifié par la vie et plein de sens. Il était austère, réservé et communiquait peu. Tous ceux qui l’avaient côtoyé ont eu à constater en lui une source de savoir ancestral inépuisable [voir ses poèmes en annexe 4].

A l’instar de tous les jeunes du village, c’est à l’adolescence que Slimane Azem quittera les montagnes d’Agouni Gueghrane, son village, en quête de travail. Une tradition chez les travailleurs qui émigrent veut que l’itinéraire de la migration ouvrière débute par l’étape de la Mitidja d’abord. La destination, était Staoueli pour effectuer des vendanges et autres travaux dans les fermes agricoles des colons. S’ensuivra pour lui le chemin tracé vers la France dès l’âge légal requis au travail atteint.

Les premiers contingents d’émigration en France des gens d’Agouni Gueghrane remontent au début du 20 ème siècle. Potentiellement, c’est la région de la Lorraine au Nord-Est de la France qui était la destination principale de ces travailleurs pour des activités dans la sidérurgie et les mines. Pour Slimane Azem, c’est dans le courant 1936/1937 qu’il traversera pour la première fois la Méditerranée pour rejoindre son frère aîné Ouali, installé en France depuis plusieurs années déjà. Jusqu’alors, dans tout le décor qui entoure sa vie, il n’y avait aucun indice ni élément, si minime fût-il, qui transparaissait et qui pouvait présager d’une carrière d’artiste et d’homme public.

Slimane Azem éloigné des siens – la révélation du poète.

Arrivé en terre d’émigration, Slimane rejoint son frère Ouali installé au Nord de la France. Il va dans une première étape exercer des métiers manuels pour devenir ensuite électricien. En parallèle, il s’adonnait à la musique en des moments récréatifs, avec les gens de sa communauté dans de petits cercles et cafés d’émigrés. Sa voix ne laissait pas indifférent. Très rapidement sa renommée s’installe à petite échelle pour évoluer crescendo. La seconde guerre mondiale va bouleverser sa vie puisqu’il sera fait prisonnier et détenu en Allemagne. Ce n’est qu’à la fin de la seconde guerre mondiale qu’il sera libéré et rejoindra les siens en France.

Dans un de ses textes qu’il a écrit en dehors de la poésie, il mettait l’accent sur sa rencontre avec Mohamed El Kamel qu’il décrivait comme le tournant décisif de sa vie d’artiste. Les conseils avisés de cet homme lui étaient essentiels pour sa vie et son parcours d’artiste. La chanson «A Muḥ a Muḥ» sera son premier disque enregistré. Dès sa mise en circulation, une espèce de catharsis se déclencha dans la communauté des travailleurs émigrés au sein de laquelle vivait Slimane. Par le contenu de ce poème, Slimane Azem venait de révéler une capacité d’écoute et d’analyse de sa communauté et des siens, comme aucun ne l’avait fait avant lui. Il venait par-là d’introduire et d’assoir une thématique nouvelle dans la poésie lyrique kabyle. A l’écouter, c’est comme s’administrer une dose de remède au mal de la nostalgie du terroir qui enserrait en permanence l’émigré dans un stress aigu. La chanson «A Muḥ a Muḥ» a eu un effet d’antalgie pour les souffrances des émigrés mais aussi pour leurs familles restées au pays.

Slimane Azem : poète et lawliya.

Après le succès inouï de son premier enregistrement, il entre dans la phase des années cinquante qui étaient très prolifiques avec des succès non moins importants. La substance de sa poésie est tirée du terroir qui l’a vu naître, et qui constitue pour lui son champ d’inspiration avec les thématiques : le malaise des émigrés, la froidure de l’exil forcé, la rupture avec le terroir et les êtres chers, la famille, l’humanisme, l’injustice, la domination et le pouvoir de l’argent, etc… A regarder le corpus de ses poèmes et leurs thèmes, il y a quelque chose comme l’art du sociologue de l’émigration et du psychologue de toute la société. La foi en les saints de chez-nous agrémentait ses poèmes pour envoûter tous ceux qui les écoutaient. Sa poésie est accueillie comme un remède aux maux et à la crise dans laquelle était plongée sa société. Le voilà donc installé dans le rôle de thérapeute des pathologies qui rongeaient sa communauté. Une osmose totale s’établit entre lui et les siens au point de se confondre à sa communauté et l’incarner comme un saint. «Awal-is yemṣada», (ses paroles riment), disait-on.

Pour attester encore de ce rapport abyssal de Slimane Azem avec les siens, je livre cette petite histoire. Un jour de l’hiver 2012 à Paris, un ami universitaire, beur de deuxième génération, issu d’une famille d’émigrés des années cinquante, originaire des Imcheddalen (Bouira) me présenta à son oncle octogénaire retraité. Après les salutations préliminaires, c’est la traditionnelle question sur mon origine villageoise. Dès qu’il eut la réponse (Agouni-Gueghrane), il marqua un bref temps d’arrêt, poussa un soupir et prononça de façon machinale le nom de Slimane Azem, avant d’ajouter : «Argaz nni, d netta i ɣ-iṛebban akk» [cet homme-là a été la principale source de notre éducation].

Près de quarante chansons à succès seront enregistrées par Slimane Azem durant la décennie cinquante, avec toujours des thématiques tirées des préoccupations et des conditions qui caractérisaient sa société. Parmi elles : «D aɣrib d abeṛṛani», «Nettṛuḥu nettuɣal», «Ay afrux ifirelles», «Zzman yexxerweḍ», «Iḍheṛ-d waggur», «Ffeɣ ay ajṛad tamurt-iw», «Aṭaṣ i sebreɣ», «Idrimen», «Yekfa laman», «Ddunit tettɣuru», «Keč d lmir», «Beṛka-yi tissit n ccṛab», «Zzux d lmecmel», «Ya Ṛebbi lmuḍebbeṛ», «Akkagi i d-yeffeɣ lexbaṛ» etc…

Au moins deux de ces poèmes vont lui valoir des déboires avec l’administration coloniale. «Ffeɣ ay ajṛad tamurt-iw» et «Iḍheṛ-d waggur». [voir les documents d’archives N°1, 2, 3 et 4 en annexes]. Certains affirment qu’il aurait été assigné à un régime d’assignation à l’émargement quotidien au commissariat de police de Dra El Mizan durant quelques mois de l’année 1958. Il n’est pas impossible que Slimane Azem ait été soumis à un régime du genre à cette période, puisque dans une lettre qu’il adressera au ministre de l’information et de la culture en 1968, il fera part d’une plainte du Gouverneur Général, Robert Lacoste, contre lui pour atteinte à la sûreté de l’Etat pour la chanson «Ffeɣ ay ajṛad tamurt-iw».

Il est certain en tout cas qu’il n’a pas échappé à la vigilance de l’administration coloniale. Dès le début de sa carrière, les radars de la police française étaient braqués sur lui. J’ai eu à le vérifier dans les archives du musée de l’histoire de l’émigration à Paris. Dans les fiches de police des renseignements généraux français qui le surveillaient, il est fait mention de (…) «prosélytisme nationaliste dangereux du chanteur Slimane Azem, né à Douar Khouriet». Hasard ou ironie de l’histoire, à côté des fiches de police concernant Slimane Azem, des documents d’archives de la période de détention de Hocine Ait Ahmed qui protestait auprès du directeur du pénitencier où il était détenu contre les conditions carcérales dans lesquelles il était maintenu.

A la fin des années quarante, bien installé dans sa notoriété, il rentre en Algérie et rejoint son village natal Agouni-Gueghrane. C’était le besoin vital pour le poète de se ressourcer dans son terroir. Il se produit à Alger et dans beaucoup de villes de Kabylie ; il est adulé de toute part. A Agouni-Gueghrane, beaucoup se rappellent de Slimane durant cette période.

A. Hocine, né en 1934, a témoigné que vers la fin des années quarante à Agouni-Gueghrane, Slimane faisait de l’animation aux jeunes du village. Il ne garde pas de souvenirs très précis mais il se rappelle des activités musicales et théâtrales que Slimane Azem organisait au village. La description sommaire qu’il donne de ces activités semble être du théâtre sous forme de monologue. Les gestes de l’acteur (Slimane) sur scène étaient des stigmatisations de l’exploitation des travailleurs agricoles par les colons de la Mitidja.

Muḥd U Caban n Lḥaǧ n Ssayd Uqasi (Azem Mouhand Ouchabane né en 1935), lui par contre, bien qu’adolescent à cette époque, a gardé des souvenirs très précis de cette période. Il se rappelle bien et situe ces événements dans le courant de l’année 1947. Il dit même avoir été l’émissaire du responsable du MTLD du village, Ameṛ Ouali (Akil Amar) auprès de Slimane Azem, afin qu’il apporte son impulsion au mouvement des scouts du village. Il dit que Slimane avait répondu favorablement. En effet, en cette période, Akil Amar avec Bechour Sidi Larbi constituaient le noyau d’activité du MTLD et des scouts au village. Aiche Ahcène, instituteur à l’école du village, se distinguait aussi par son action de sensibilisation des élèves à la mission des scouts.

Lḥusin n At Mammeṛ (Bedrane Hocine né en 1934), décédé depuis, a témoigné pour Berbère TV sur cette période. Il a rapporté que Slimane Azem avait animé une soirée musicale au lieudit «Lqehwa n Ameṛ Acuṛ» situé à la lisière du village. Il a rapporté le récital poétique, qu’il a toujours gardé en mémoire, donné par Slimane Azem devant le Caïd du douar. Dans ces poèmes au contenu patriotique, il exhortait les musulmans à prendre conscience de la situation de domination de leur pays par les Français [voir poèmes 1, 2 et 3 de l’annexe 1].

Par sa poésie Slimane Azem s’est forgé une place dans la société qui a bien débordé des limites de l’espace habituel réservé à l’intellectuel ou ce que l’on peut désigner par l’homme public influent. Ses mots, ses paroles, ses vers, ses gestes, … ont forgé cette image de Slimane Azem symbole de l’éthique, de la candeur et de la vertu. Toute sa vie, il a véhiculé et véhicule toujours l’image d’un homme symbolisant la valeur d’exemple. De son vivant, ses contempteurs ne se sont jamais montrés au grand jour, privilégiant l’action dans l’obscurité, tant le risque pour eux d’un verdict péremptoire de la société était grand. Slimane Azem qui affectionne bien le style des paraboles les a toujours désignés par bourourou des ténèbres. La poésie de Slimane Azem a forgé et balisé un champ de conscience de la Nation algérienne en langue Tamaziɤt. Aujourd’hui, l’image de Slimane Azem hante toujours la conscience et l’imaginaire des Berbères. Quand on évoque la langue, l’identité, l’authenticité de l’Algérie voire de l’Afrique du Nord, son image plane tel un phénix.

Les années soixante et soixante-dix : Slimane Azem le poète impénitent.

La décennie soixante a été aussi riche et prolifique pour Slimane Azem. Près de quarante chansons seront enregistrées. Parmi les plus célèbres : «ẓẓheṛ di ččina», «Terwi tebberwi», «Annaɣ a yaɛbbuḍ», «Argaz d tmeṭṭut», «Ttnadiɣ ad ccektiɣ», «Ay amuḍin», «Uh ay At tmurt-iw», «A taqbaylit, a tigejdit», «Zzman n ɣaṭi», «Tikwal cfiɣ, tikwal ttuɣ», «Uk aɛyiɣ», «Azger yeɛqel gma-s», «Zzman yexxerweḍ», «Ṭṭikkuk», «Imqerqer n wemdun», «lweqt aɣeddaṛ», «Lukan ulac lukan», «Ggummaɣ a d-mmektiɣ» …etc. Cette période des années soixante est caractérisée par un événement majeur : l’indépendance de l’Algérie. Slimane Azem se trouvait en France depuis la fin de l’année 1959. A l’aube de son indépendance, l’Algérie rentre dans une impasse politique qui vire à l’affrontement sanglant : c’est la crise de l’été 1962 qui éclate. Ces événements qui vont secouer le pays à l’aube de la proclamation de sa naissance, ne laisseront pas Slimane Azem indifférent ni en reste. Il n’est pas de nature à demeurer éloigné de la situation de crise de son pays et des siens. Il l’a déjà prouvé par le passé. Ces événements l’ont affecté comme tout le monde, sans demeurer en reste. Il va les chanter dans notamment «Terwi tebberwi», «Ṭṭikkuk», traitant du désordre de l’été 1962 et de l’invasion du pays par l’armée des frontières. De toute évidence, cela ne pouvait être du goût des nouvelles autorités fraîchement installées. Très vite, il va se retrouver dans le collimateur du pouvoir, guettant la moindre occasion pour lui régler son compte.

L’année 1967 connaîtra deux événements majeurs : La création de l’Académie Berbère en France et la guerre au Moyen Orient entre les Arabes et Israël. A la création de l’Académie Berbère, les trois chanteurs Slimane Azem, Farid Ali et Taoues Amrouche joueront le rôle de cheville ouvrière du projet aux côtés de Bessaoud Mohand Arab, Abdelkader Rahmani, Mohamed Arkoun, Hannouz, etc… Tous les trois, subiront l’ostracisme du pouvoir algérien durant toute leur vie. Je dois préciser que jusqu’à cette période, les chansons de Slimane Azem passaient normalement et régulièrement sur les ondes de la chaine radio kabyle et ses disques de 45 tours se vendaient normalement chez les disquaires en Algérie.

Par son activisme débordant, l’Académie Berbère avec son discours dirigé contre les orientations arabo-islamiques du pouvoir algérien, va sérieusement pénétrer les milieux des travailleurs émigrés. Très vite, elle va étendre ses activités et son influence en Algérie jusque dans les milieux lycéen et étudiant. Sa documentation circulait intensément dans ces milieux. Les chanteurs, et particulièrement Slimane Azem par sa notoriété, étaient pour beaucoup dans cette sensibilisation massive. Tous les galas que l’Académie organisait en France faisaient salle pleine. L’Amicale des Algériens en Europe qui était un appendice et le prolongement du pouvoir algérien en émigration, avec les énormes moyens dont elle disposait, n’a jamais pu mobiliser autant de foules.

Arrive l’occasion rêvée et tant attendue. En réaction à la défaite des armées arabes contre Israël, les autorités algériennes interdisent d’antenne les chanteurs pro-israéliens. Une liste d’artistes et chanteurs, dans laquelle figuraient Enrico Macias, Adamo et Johnny Halliday, est dressée. Le nom de Slimane Azem sera rajouté en manuscrit sur cette liste. A partir de cette année-là de 1967, il est interdit d’antenne à la radio kabyle et de diffusion en Algérie. Slimane Azem continuera de chanter en émigration et ses chansons circulaient en disques de 45 tours que nos émigrés ramenaient de France à l’occasion de leurs venues au pays.

Le pouvoir algérien et ses affidés feront circuler toutes sortes de rumeurs sur Slimane Azem. Ils ne rataient aucune occasion pour le dénigrer et le pourfendre. Evidemment, c’est l’effet contraire qui était produit à chaque fois auprès de l’opinion. L’acharnement et l’entêtement aveugles ne pouvaient leur permettre de comprendre et de saisir cette réalité. L’image de Slimane auprès de son public se retrouve davantage renforcée et son statut d’artiste indépendant et insoumis consolidé encore plus. Il continuera sur cette lancée durant toute la décennie soixante-dix avec près de cent chansons produites dont beaucoup seront des compositions à succès. «Ṣṣsut n tsekkrin», «Sebba iniɣem», «Ddunit akka i tetteddu», «Aḥeddad n At Yanni», “Si Muḥd a wi k-id-yerran», «Tamurt-iw aɛzizen», «la carte de résidence», «Si zik Muḥ yettabaɛ Muḥ» etc…

Slimane Azem et l’Algérie indépendante : la légende de l’exil.

Slimane Azem s’est retrouvé dans le rôle de victime à la fois des autorités coloniales et par la suite du pouvoir algérien. Non seulement il n’en sera rien de l’expiation promise et à laquelle il était voué, mais à chaque fois il sera au contraire renforcé auprès de sa société. Tout compte fait, Slimane Azem n’a pas beaucoup vécu en Algérie. La courte période (1958/1959) qu’il a passée aux côtés des siens en Algérie durant la guerre de libération, ne l’épargnera pas des effets du conflit. Partagé entre ses parents, ses frères et sœurs restaient au village et la France où il vivait avec sa femme française, Slimane subira à l’instar de tous les Algériens les contrecoups de la guerre. Malgré le climat effroyable de cette guerre, rendu encore plus compliqué par la lutte fratricide FLN/MNA, il enregistre un chef-d’œuvre durant cette période «Iḍheṛ-d waggur», qui est un véritable hymne dédié à la révolution. S’il n’a cessé de chanter pendant toute cette période de la guerre, certaines voix vont l’accuser de parti pris dans un de ses poèmes «In’as i leflani»; très ambigu dans ce qu’il peut signifier. Cet argument, le pouvoir algérien le ressortira à son tour en 1967, l’année où il a été interdit d’antenne en Algérie.

Dans une interview de Slimane Azem datant de 1977, rendue publique post mortem, à une question sur le pourquoi de l’ostracisme des autorités algériennes à son égard, il répondait par : (…) «la seule vraie raison, c’est parce que je chante dans ma langue et je refuse de me soumettre. Ils veulent faire de moi ce colis transportable à merci. Je n’en ai ni la personnalité ni la vocation».

Traitant de la censure dont il a été objet de la part du pouvoir algérien : il disait : «les pouvoirs algériens de l’époque n’ont pas censuré Slimane Azem, mais plutôt la culture kabyle […] si c’était moi qu’on visait, j’aurais été facile à atteindre pour eux […] d’autres plus importants que moi ont été atteints».

En parallèle à cela, les autorités algériennes ne ménageaient aucun effort dans l’ombre pour essayer de le récupérer et le banaliser. De hauts responsables (kabyles) au sein de l’Etat se sont déplacés, à maintes reprises, pour lui porter la proposition de rentrer en Algérie et cesser l’exil. Dans un échange de correspondance en 1968 avec le ministre de la culture et de la communication algérien qui lui enjoignait de rentrer en Algérie et mettre un terme à son exil, l’unique réponse intransigeante de sa part : «commencez d’abord par donner la preuve de la sincérité de votre proposition en respectant la liberté de circulation de mes chansons en Algérie. Le reste viendra de lui-même». Dans cette même correspondance, il s’est enorgueilli d’être l’unique artiste algérien à avoir encouru en 1956 une plainte de Robert Lacoste, le gouverneur général, pour atteinte à la sûreté de l’Etat, pour la chanson «Ffeɣ ay ajṛad tamurt-iw».

Le témoignage de Bedrane Hocine, cité déjà plus haut, à Berbère TV le confirme quand il dit avoir servi d’émissaire à Sidi-Said Hamid, wali de la wilaya de Tizi Ouzou à cette époque, auprès de Slimane Azem pour lui demander de rentrer. Connaissant le caractère précautionneux de l’ancien wali de Tizi Ouzou et le délicat sujet qu’était Slimane Azem, il serait difficile de croire que l’initiative émanait de lui. Il y a fort à parier que l’origine de cette proposition se situe bien plus haut que la wilaya de Tizi Ouzou.

La position intransigeante de Slimane Azem était tout à fait justifiée. L’absurdité de l’attitude des autorités algériennes est mise à nu par l’illogisme du traitement qu’on lui a infligé, comparativement à un autre chanteur algérien, qui lui a chanté l’hymne national français en arabe. Aujourd’hui son nom trône sur le fronton d’une institution publique de la capitale. Ce n’est pas en soi le fait de chanter la marseillaise en Arabe qui est grave. C’est le contexte dans lequel il l’avait fait. C’était à la fin de la première guerre mondiale, au moment où les autorités coloniales avaient organisé une offensive pour rendre effective l’annexion de l’Algérie à la France. L’hymne national français était considéré comme instrument idéologique de domination coloniale ; le faire chanter à un indigène en arabe, c’était affirmer l’effectivité de la domination coloniale française sur l’Algérie. Mahiedine Bachterzi, indigène de son état, a été l’auteur et l’interprète de la traduction de la marseillaise en 1926 et lui a conféré une coloration patriotique algérienne. Il l’avait chantée de sa voix avec joie et enthousiasme au Quai d’Orsay, devant messieurs les présidents de la république française Raymond Poincaré, Alexandre Millerand, Gaston Doumergue et Paul Doumer; ce qui lui a valu d’être honoré par la France coloniale et porté dans le livre d’or de 1937. Il a été aussi, auteur d’une cantate en arabe à la gloire du centenaire de l’occupation de l’Algérie en 1930.

Cet homme, contrairement à Slimane Azem, a récolté tous les honneurs en 1962. Il a été directeur du conservatoire municipal d’Alger de 1966 à 1974. Il sera aussi honoré par le pouvoir algérien, à titre posthume, en lui décernant une médaille de l’ordre du mérite national au mois de mai 1992.

Arab Aknine

Lire la 2e partie : Slimane Azem : La force de l’ASEFRU ou le poète candide (2e partie)