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lundi 16 février 2026
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Slimane Azem : La force de l’asefru ou le poète candide (2e partie)

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Bannir Slimane Azem ou le châtiment d’exemple.

Au dix-neuvième siècle le bannissement était le châtiment que réservait le colonialisme aux insurgés. Poète de son état, Si Muḥend U Mḥend a été soumis à la dureté du traitement de ces insurgés, et de nos jours son exemple est toujours vivace dans la mémoire collective. Le sort réservé par les autorités coloniales aux biens de sa famille est connu de tous. Il était à l’égal de ce qu’ont enduré les insurgés de l’époque : les exécutions, les déportations et les séquestrations des biens. Ces mesures et traitements étaient régies par ce qui était appelé L’ordonnance royale du 31 Octobre 1845 qui est promulguée contre les insurgés.

Je garde de mon enfance le souvenir des paroles de certains vieux du village qui avant d’annoncer ou de projeter une initiative future, même sur 24 heures, la précédaient toujours d’une formule sentencieuse «ad aɣ-yemneɛ ṛebbi s sikkis». Cette formule est devenue presque un adage. Consacrée pendant longtemps celle-ci est restée sans explication pour moi. Elle signifie : que Dieu nous préserve du séquestre. Les vieux la substituaient mécaniquement à l’autre formule religieuse «In challah» comme pour témoigner l’impuissance du divin devant l’injustice du colonialisme. Ce n’est que des décennies plus tard que j’en ai compris la signification et la gravité.

En effectuant des recherches à travers internet pour la rédaction de cet écrit, je tombe par pur hasard sur un article publié dans un journal en date du 17 décembre 2009. Il dénonçait les obstacles sur lesquels buttait un citoyen dans ses efforts pour la récupération de la maison de son père à Bounouh. Cet article relatait les démarches d’un certain Arezki Khllifi et faisait ressortir que la dite maison paternelle avait été confisquée par les autorités algériennes durant les années soixante-dix et vendue à un particulier. Il rajoute que sa famille a quitté cette demeure pour des raisons de la guerre. Il voulait la récupérer pour en faire un monument historique. Qui pouvait être ce vaillant citoyen ? Eh bien, c’était le fils du chanteur Farid Ali, de son vrai nom Khllifi Ali.

Toujours dans ma quête d’informations, je tombe sur un autre article portant les initiales G.K dans le journal El Watan du 01 février 2012 qui faisait part d’un sit-in organisé devant le siège de la wilaya de Bgayet par l’association culturelle du village d’Ighil-Ali pour attirer l’attention des autorités locales sur l’indue occupation de la maison familiale des Amrouche. Malgré les protestations des villageois, les autorités se sont murées dans un silence complice. Le même scénario vaut pour les biens de Slimane Azem. Tous les efforts de ses sœurs Hedjila et Ouerdia de leur vivant pour la récupération les terres confisquées sont restés vains.

Taoues Amrouche comme son frère Jean Lmouhoub, Slimane Azem et Farid Ali avaient tous composé des poèmes patriotiques à la gloire de la révolution. A leurs manières, ils avaient pris part à ce combat ; qui par la poésie, qui par le chant, qui par des prises de positions politiques. Tous avaient apporté leurs pierres à l’édifice du combat national qui était cette promesse d’essuyer les larmes aux victimes de la colonisation et tous avaient été objets de représailles du système colonial. Le comble ! C’est l’ordonnance du séquestre de 1845 qui leur a été appliquée dans l’Algérie indépendante. Qu’avaient-ils donc fait de si grave au point de mériter pareille sanction ?

Tous portaient en eux la fibre amaziɣ et tous l’ont affirmé par leur engagement politique au sein de l’Académie Berbère en France à sa création. Et comme Si Muḥend U Mḥend durant la colonisation, ils ont récolté les mêmes représailles dans l’Algérie indépendante.

Slimane Azem et le Printemps berbère de 1980.

Quand Slimane Azem aborde la décennie quatre-vingt, un autre événement majeur de l’histoire de l’Algérie va se produire : le Printemps berbère d’Avril 1980. Slimane l’a vécu et entendu. Quand les manifestations du Printemps berbère éclatent, Slimane Azem interprète l’événement et donne sa signification dans la célèbre chanson «ɣef teqbaylit yuli wass». De sa voix chaude fusait cette dose forte d’espoir et de confiance en l’avenir :

(…)

Aqlaɣ nettɣenni nfeṛṛeḥ
Yebda a d-yettban ṣṣeḥ
Γef teqbaylit yuli was

Xas efreḥ a yul thenni
Ayen akk i d-nettmenni
Ass’ agi neffeɣ ɣures

Tura mi nemyaɛqal
Aqlaɣ la nettemsawal
Γef nnif n teqbaylit

Nefka lɛahd i lwaldin
Ṣṣut n teqbaylit ḥnin
Fellas ḥedd ur d aɣ-iɣur

disait-il dans cette chanson.

Il n’y a pas de recours contre le verdict de la vie. C’est Slimane lui-même qui l’avait déjà dit auparavant dans «Tamijalt». Dans l’atmosphère du début des années quatre-vingt, il y avait comme des symptômes d’une fin proche. Sa voix, jadis mielleuse, manifeste des signes de grippage. L’effet de la maladie était là et manifeste. Trop tard, elle avait fait son effet et Slimane devait partir sans avoir eu le temps nécessaire de tout nous révéler. C’est à Mouloud Mammeri que cette mission incombe pour nous expliquer le message à la place de Slimane, dans «La cité du soleil» :

«Mais, quel que soit le point de la course où le terme m’atteindra, je partirai avec la certitude chevillée que, quels que soient les obstacles que l’histoire lui apportera, c’est dans le sens de sa libération que mon peuple, et à travers lui les autres, ira».

La vie de Slimane Azem a été un parcours plein et vertueux. Elle symbolise et se confond à la vie du héros de l’œuvre romanesque de Mouloud Mammeri. Elle a tout de cette fin tragique que réserve Mouloud Mammeri à son héros ; avec cependant toujours cette petite lueur d’espoir qui pointe à l’horizon, comme pour garantir et s’assurer de l’avenir et la postérité. Pour le cas de Slimane Azem, cette lueur d’espoir était arrivée prématurément : elle a pour nom Lounis Ait Menguellet.

Arab Aknine

Lire la 1e partie : Slimane Azem : La force de l’ASEFRU ou le poète candide (1e partie)

Eléments bibliographiques :

– Slimane Azem, IZLAN : Recueil de chants kabyles. Paris Numidie Musique. 184 pages. Coordonné par Muḥend U Yeḥya. 1984.

– Slimane Azem le poète. Y. Nacib. Ed Zyriab. 2001.

– Hommes et femmes de Kabylie. D.B.K. Ouvrage collectif sous la direction de Salem Chaker. P 91-103. Edition EDISUD 2001.

– Iberdan n tissas : 1934-1965, Mémoires de Messaoud Oulamara. Les Editions le Pas Sage. 2006.

– Les Mémoires de Mahiedine Bachterzi 1919-1939. Tome1. Ed. SNED, 1968.

– Histoire du théâtre en Algérie, un trou de mémoire dans les Mémoires de Mahiedine Bachterzi. Bachterzi était-il un collabo ? de Abdelkader Benbrik Article : dzactiviste.info.

– Mahiediene Bachterzi. Sidna Brahim El Khalil – Algérie. Article : www.okob.net

– De petites gens pour une grande cause ou l’histoire de l’Académie Berbère (1966 – 1978) de Mohand Arab Bessaoud. 2000.

– Insurrection de la Grande-Kabylie en 1871. Colonel J.N Robin. Henri Charles Lavauzelle. Ed Militaire.

Annexe1.

Les trois poèmes (1-3) de cet annexe1 ont été chantés par Slimane Azem, mais ils n’ont jamais été enregistrés en disques. Ils ont été rapportés, avec leurs musiques respectives, par Bedrane Hocine sur Berbère TV ; affirmant qu’ils ont été chantés par Slimane Azem au lieudit «Lqehwa N Amer Achour» en 1947 devant le caïd d’Agouni-Gueghrane et ses gardes de champêtres ; non sans avoir exprimé la crainte d’être arrêté, selon le témoin.

– Poème N°1. –

Besm elleh a nebdu a nenteq

Yak tura a nefreq

Baṛka-yaneɣ deg wefṛansis

Ma iɣerreb nekkni a ncerreq

Bessif a nfreq

Kul yiwen deg wakal-is

Ineslem ad yeddu s lḥeq

Ma yerna yeḥdeq

D ddunit akk d atmaten-is

Tura mi nfaq

Tura mi nfaq

Nekkni d Fṛansa a nefreq

Acuɣer akka a yinselmen

D lɛib fellawen

Barkaw leqmer d ssekṛa

Teǧǧam akk tamurt-nnwen

Čan-tt yaɛdawen

D acu s tettṛaoum tura

Telha lxawa garawen

Ṛebbi a kken iɛiwen

Ad d-tecbum leǧnas meṛṛa

Tura mi nfaq

Tura mi nfaq

Nekkni d Fṛansa a nefreq

Poème N°1. (Traduction)

Au nom de Dieu nous disons :

La séparation est inéluctable,

Assez des français.

Et nos chemins vont diverger.

La rupture est inéluctable.

Que chacun reste chez soi.

Le musulman suivra la voie juste,

Et s’il est guidé par l’éthique,

Tous les hommes sont ses frères.

Maintenant que nous avons pris conscience,

Maintenant que nous avons pris conscience,

Nos liens à la France seront rompus,

Hé musulmans ! pourquoi cela.

Honte à vous,

Assez des jeux et de l’alcool,

Votre patrie est à l’abandon

Elle est la proie de l’ennemi,

Pourquoi attendre encore,

Pour bâtir l’union?

Dieu vous bénira,

Vous ressemblerez aux autres peuples

Maintenant que nous avons pris conscience,

Maintenant que nous avons pris conscience,

Nos liens à la France seront rompus,

——————————–

Au village d’Agouni-Gueghrane, la version répandue de cette chanson est plus complète. La version que Bedrane Hocine rapporte est tronquée. Le complément manquant est le suivant :

A saddatt yiwen yiwen,

Tilim d amɛiwen,

Teddum yakk d Messali,

Si zik-is i yetmeḥḥen,

Ixdem f lwaṭan,

Netta d argaz lɛali,

Mačči am At igennuren (*),

Itetten idrimen,

S lǧiha-nnsen d lxali,

Fṛansa la tettzuxxu,

Tbennu trennu,

Γer leǧnas izad ṣṣenɛa-s,

Lalman ɣer 18 yettru,

Meskin d ayceffu,

40 yerra-d lexsaṣa-s,

Si Biljik armi d Buṛdu,

Yebda la yetthuddu,

Lebṛuj ɣef llsas.

Traduction.

Saints de chez nous,

Venez-nous en aide,

Soyez aux côtés de Messali,

Depuis longtemps dans les tourments,

Il a travaillé pour la patrie,

C’est un homme de bien,

Pas comme les enturbannés(*),

Qui se livrent à la rapine,

De leur côté, rien à attendre.

La France se vante,

Ne s’arrête pas de construire,

Pour se bâtir une réputation,

«L’Allemagne» pleure sa défaite de 1918,

Par sa bravoure, elle n’a rien oublié,

Et en 1940, a pris sa revanche,

De la Belgique jusqu’à Bordeaux,

Elle s’est mise à détruire,

Les édifices jusqu’aux fondations.

Tout comme d’ailleurs pour la version qui circule au village de la chanson «Ffeɣay ajṛad tamurt-iw», il manque le couplet ci-après dans la version enregistrée :

A yarrac imeẓyanen,

A lefriqiya,

Tekkrem d acu tettṛaǧum,

Tusa-d ssaɛa,

D aɛdawen a ten nessufeɣ,

Ma d Ṛebbi yebɣa,

Traduction

Jeunes gens,

Jeunesse de l’Afrique,

Il n’y a plus à hésiter,

L’heure a sonné,

Pour repousser l’ennemi,

Avec la grâce de dieu,

– Poème N°2.

D aɛdawen-nneɣ imeqranen,

D At igennuren (*),

Di lbiru la znuzuyen,

Deg yinselmen,

Ur sɛin nnif wala ddin,

Am wudayen,

Win yebɣan ad ijahed,

Yezwir degsen,

Widen yellan d inselmen,

Ur regglen ara,

M’ar asen d-ssiwlen,

Nefṣ lḥurya,

Ekkret a nemmet ɣef tmurt nneɣ,

Ttaṛ a t id-nerr,

A tt ilim d irgazen,

D iɛdawen a ten nessufeɣ,

Yiwen yiwen,

D iɣeddaôen a ten neneɣ,

D wigad yeznuzuyen,

Wigad yellan d inselmen,

Ur regglen ara,

M’ar asen d-siwlen,

Nefṣ lḥurya,

Poème N°2. (Traduction)

Nos pires ennemis,

Ce sont les enturbannés(*),

Ils dénoncent à l’administration

Les musulmans,

Sans foi et sans dignité,

Tels des juifs,

Qui veut mener la guerre sainte,

Doit commencer par eux,

Qui se dit musulman,

Ne doit pas fuir,

Quand il entendra l’appel,

La liberté est déjà à moitié.

Levez-vous, sacrifions-nous pour la patrie,

Nous accomplirons l’acte de vengeance,

Soyez des Hommes

Les ennemis nous les bouterons dehors,

Un par un

Les trompeurs nous les tuerons,

Avec ceux qui trahissent

Ceux qui sont de vrais musulmans

Ne peuvent fuir

Quand ils entendront l’appel,

La liberté est déjà à moitié.

(*) Igennuren : les enturbannés. Ici Slimane Azem l’emploie pour désigner les Caïds. Les nationalistes radicaux du PPA-MTLD vont utiliser plus tard ce terme pour désigner également les Oulémas, avec qui ils étaient en rupture durant la période des années quarante; ce que rapporte Messaoud Oulamara dans ses mémoires (Iberdan n tissas. Mémoires).

– Poème N°3.

Bdiɣ taqsiṭ s lqanun,

Γef wina yeznuzun,

Atmaten-is ɣer lkuffaṛ,

Winna lmuluk a t xzun,

Bḥal lǧunun,

Yetbaɛ taxwizt n lqifaṛ,

Si ddin-is yak d ameɣbun,

Si lǧennet yak meḥṛum,

Ṛebbi mačči ad as yeɣfer,

A neḥlu ncalleh,

A neḥlu ncalleh.

– Poème N°3 (Traduction).

Je débute mon récit selon la règle,

A propos de celui qui moucharde,

Ses frères aux impies,

Celui-là sera banni par les anges,

Au même titre que les diables,

Au même titre que les diables,

Il court après le pain de l’indignité,

Perdu pour sa religion,

Au paradis, nulle place pour lui,

Le bon Dieu pour lui sera impitoyable,

Nous guérirons in challah,

Nous guérirons in challah.

Annexe 2.

Ces poèmes sont de Sayd Ulamara n At Waɛli (Azem Said, né présumé 1841, décédé vers 1902). Ils ont été recueillis par Ammar Zentar auprès de Azem Ferroudja, décédée depuis.

– Poème N°4.

Yiwen illa d uḥdiq,

Itellem leɣzel rqiqen,

Yiwen illa d uḥdiq,

Ittzalam deg yemdanen,

Yiwen illa d uḥdiq,

Ismentag medden ṛeqqen,

Yiwen illa d ungif,

Mi tt zlan ad as ttɛallqen,

– Poème N°4. (Traduction).

Il se déclare avisé et sage,

Comme qui file de la soie fine,

Il se déclare avisé et sage,

Et regarde les gens du coin de l’oeil,

Il se déclare avisé et sage,

Il attise le feu pour que les gens brulent,

A qui est sot,

On ferra porter le chapeau.

– Poème N°5.

Ad ken ṛecdeɣ a yatma,

Temɣer bab-is d lxali,

Ula d llɛazz ittiwsir,

Jeṛṛbeɣ-t iɛadda felli,

Sser yettrus ger tuyat,

Mi tɛanneneḍ ad ak yeɣli,

– Poème N°5. (Traduction).

Mes frères, acceptez mon conseil,

La grandeur de la suffisance aveugle,

Même l’honneur finit par s’user,

Cette expérience, je l’ai éprouvée,

La grâce se porte sur les épaules,

Dès qu’on se cambre, elle tombe.

Annexe 3.

Ces poèmes (7 et 8) sont de Lḥaǧ Ameṛ n Lḥaǧ Busad , Azem Amar né en 1896 décédé en juillet 1974. Je les ai recueillis en juillet 1992 auprès de sa fille Feroudja, décédée depuis.

– Poème N°7

IDDAWEN.

Bdiɣ lxedma n leḥlal,

Kecmeɣ di lɣaba a tt-fferseɣ,

A tt id-ferrseɣ d isuɣal(1),

A ttezzuɣ ttjellileɣ (2),

Sḍehṛeɣ-ed lɛin di ttnaṣfas,

Degs i ssirideɣ mi yumseɣ,

Iwwet-ed wedfel d aqerrḥan,

Iḥebs-iyi ur ɣures d-ttaseɣ,

Ffɣen-d wufsiden n leɛmal,

Γeẓẓan asegmi-s ḍellseɣ,

A wi tt yerran d aqecwal,

Ad yess ggaǧeɣ ṛuḥeɣ,

A d-xellaɣ sebɛa n laɛṛac,

Ar leḥṣin a din erseɣ,

Ad ǧǧeɣ ufsiden n laɛmal,

Di d yiwen n yiddew a t ɛasseɣ.

– Poème N°7. (Traduction)

LES SINGES

J’ai travaillé dans la loyauté,

A défricher un maquis,

Je procédais par étapes,

De la plantation et la protection,

Avec cette source d’eau au milieu,

Pour me désaltérer et me laver,

Tombe une neige épaisse,

Qui m’empêcha de m’y rendre,

Sortent alors les singes destructeurs,

Pour se repaître des jeunes pousses,

Ah ! Si mon panier pouvait la porter,

Afin d’emménager avec,

Jusque derrière les sept cieux,

Pour me mettre sur l’arêtière,

Et m’éloigner de ces malfrats,

Si nombreux à contenir.

(1) Isuɣal (forme de pluriel qui veut dire bandes ou tranches)

(2) Ttjellileɣ (Ajellel = action de protéger un arbre avec de la plante épineuse tout autour de

son tronc pour le rendre inaccessible)

– Poème N°8.

YIR LǦAR.

Yir lǧar seg lmerra,

Fellas i yefna igiǧǧi,

Ur ak d-iheddeṛ lmaɛqul,

D awal-is s wenṭeǧǧi,

Γas qass-it ad yerr aḍar,

Ttin ig yetteḥwiǧi,

– Poème N°8. (Traduction)

LE MAUVAIS VOISIN.

Un mauvais voisin, quelle misère !

Mieux vaut l’exil,

Dans ses rapports, nulle place au sens,

La palabre c’est son affection,

Le rasséréner c’est inutile,

Tu perdras ton temps.

Annexe 4.

Ces poèmes (9-12) sont de Blayd n Lḥaǧ At Waɛli, Beddek Blaid né présumé en 1871 décédé presque centenaire. Je les ai recueillis en juillet 1992 auprès de Azem Hedjila, sœur de Slimane Azem, et de sa cousine Ferroudja, toutes deux décédées depuis.

– Poème N°9

LMEḤNA UKABIL

A yecɛal uqendil,

Si lmeḥna n «kabyle»,

Jeggfen-aɣ bezzaf nennteṛ,

Labsant lukan di teḥlil,

D aman b-baḍil,

Mi neswa ccṛab a-nfekkeṛ,

Ziɣ ddunit tettbeddil,

Tettɛaddi am ṭṭumubil,

Nekkni a tt id-neṭṭafaṛ,

– Poème N°9 (Traduction)

LA MISERE DU KABYLE.

La lumière a rayonné,

Des tourments que provoquent les kabyles,

Qui nous asphyxient à l’extrême,

Si l’absinthe était licite,

Et le vin avec elle,

On verrait plus clair,

Ainsi la vie est pleine de surprises,

Elle file comme une voiture,

Et nous ne faisons que la suivre.

– Poème N°10

WIN YETTMECČIWEN ΓEF TMURT

I win yettmecčiwen ɣef tmurt,

Ur iban ḥedd wi tt-ilan,

Nekkni nettalas lqut,

Nettat bab-is d ṣelṭan

Ar anga nebɣu nṛuḥ

Leqraṛ nneɣ d iẓekwan.

– Poème N°10 (Traduction)

L’APRE AU GAIN DE LA TERRE

A cet âpre-au-gain de la terre,

Sache qu’elle n’est la propriété de personne,

Seul son fruit nous revient,

Même si son maître est seigneur,

Qu’on aille où l’on veut,

Au final la petite place au cimetière.

– Poème N°11

AḤBIB ANEKKAṚ

Ulac i gceggben ṛṛas-i

D aḥbib yellan d anekkaṛ

Mi tella lḥaǧa ɣer ɣuri

Iddem itt ur degs nemcawaṛ

M’iyi tuɣal lḥaǧa ɣer ɣures

A yi d-yettjab ɣef laɛkkeṛ.

– Poème N°11 (Traduction)

L’AMI INGRAT

Nul ne me révulse plus,

Tel que l’ami ingrat,

Il s’approprie mes biens,

Sans mon consentement,

Et à l’inverse,

Nulle réciprocité.

– Poème N°12

ΓEF WERGAZ YEZZIN

Irgazen ma d-ssefken

Γelben ajenjar tilwa

M’ara d-ezzin d aḥeggam

Adfel deg-s i yetteḥrari

Ur ttsetḥin ur ttaggaden

Ad aɣ ineǧǧi ṛebbi.

– Poème N°12 (Traduction)

L’HOMME DANS SA MECHANCETE

Les hommes dans leur générosité,

Sont si gracieux que le figuier,

Dans leur repentir disgracieux,

Même la neige disparait,

Ils ne reculent devant rien,

Que Dieu nous en préserve.

Document d’archive N°1

Document d’archive N°2

Document d’archive N°3

Document d’archive N°4

Haute-Garonne: un migrant se suicide au centre de rétention de Cornebarrieu

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DRAME – Sa rétention venait d’être prolongée. Une enquête a été ouverte…

Un migrant lève les mains au ciel près des barbelés qui entourent le centre d'hébergement Emmaüs où il réside, le 4 août 2015 à Vincennes
© ALAIN JOCARD AFP Un migrant lève les mains au ciel près des barbelés qui entourent le centre d’hébergement Emmaüs où il réside, le 4 août 2015 à Vincennes

Un migrant s’est donné la mort ce vendredi au centre de rétention de Toulouse-Cornebarrieu, a-t-on appris de la préfecture de Haute-Garonne. « On a constaté le suicide d’un retenu vendredi à 17H40 au Centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu », a confirmé à l’AFP la préfecture de Haute-Garonne.

Selon l’association « Le cercle des voisins du centre de Cornebarrieu », qui vient en aide aux retenus, il s’agirait d’un Tunisien de 31 ans, arrivé au CRA vers mi-août. L’homme, dont la rétention administrative avait été prolongée de 15 jours dimanche dernier, se serait donné la mort par pendaison.

« Trop de monde » dans ce centre

L’association évoque une « probable faille de sécurité » due à un nombre « trop important de retenus ». « Il y a trop de monde dans ce centre : les policiers sont débordés, tout le monde est débordé » a indiqué à l’AFP cette même source.

Une enquête judiciaire a été ouverte. Situé en bordure des pistes de l’aéroport Toulouse-Blagnac, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu avait accueilli 1.069 retenus en 2017, selon le rapport annuel de la Cimade publié en juin.

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Appel à la commémoration du soulèvement populaire d’octobre 1988

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Trente années après le soulèvement populaire du 5 octobre 1988 sauvagement réprimé, mais qui a débouché sur la rédaction d’une constitution qui a permis le multipartisme, le pluralisme syndical, libertés d’association et de réunion.

Depuis cette date historique de la démocratie, l’analyse de la situation actuelle est caractérisée par un marasme économique, une détresse sociale et une dangereuse répression des libertés d’opinion, d’expression, de rassemblement et de réunions.

La répression sur le mouvement « Mouwatana », l’emprisonnement de Marzouk Touati, de Saïd Chitour et tant d’autres, nous renseignent sur le non-respect des droits et la nature totalitaire du pouvoir.

Aujourd’hui, dans le but de commémorer cet événement, rendre hommage a toutes les victimes martyres pour la démocratie et les libertés, et de relancer une dynamique citoyenne pour la réappropriation des acquis démocratiques, sociaux et des libertés fondamentales chèrement arrachées.

Nous appelons l’ensemble de la société civile, partis politiques, syndicats, mouvement associatif à prendre part massivement au rassemblement qui aura lieu le vendredi 5 octobre 2018 à 10 heures, à l’esplanade de la maison de la culture (Taous Amrouche).

–  Pour une reconnaissance officielle du 05 octobre.

–  Pour une démocratie authentique.

–  Pour le respect des libertés.

–  Pour un État de droit.

–  Pour une Algérie Algérienne.

–  Pour la libération de tous les détenus d’opinions en Algérie.

Signataires :

–  Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH).

–  Association des Victimes d’octobre (AVO).

–  Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ).

–  Amnesty Internationale (AI).

Bejaia, le 22 septembre 2018

Caricature AÏNOUCHE

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Existe-t-elle réellement une opposition en Algérie ?

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On désigne par opposition, les partis politiques ou les mouvements n’appartenant pas à la majorité parlementaire et donc s’y opposant. L’opposition a, dans les démocraties, plusieurs fonctions.

  • En premier lieu, l’opposition constitue un contre-pouvoir : elle permet d’éviter que la majorité, une fois parvenue au pouvoir, n’ait la tentation de mener une politique portant atteinte aux droits et libertés. Pour cela, l’opposition dispose de différents moyens : la mise en cause de la responsabilité gouvernementale devant l’Assemblée nationale par la motion de censure, la saisine du Conseil constitutionnel, les questions posées au gouvernement dans les enceintes parlementaires…
  • L’opposition représente aussi la possibilité d’une alternance politique : elle participe à l’existence du pluralisme politique, qui est une des bases de la démocratie. Ce pluralisme permet de choisir ses gouvernants. Or, il n’y a de choix véritable que si proposant un nouveau cours à la politique nationale, permet aux citoyens éventuellement mécontents de disposer d’un recours. Avec les moyens, évoqués plus haut, à la disposition des parlementaires, elle peut manifester son désaccord envers la politique suivie et tenter de retarder sa mise en œuvre.
  • Enfin, l’opposition permet aussi de renouveler le personnel politique : lorsque la majorité perd le pouvoir, une nouvelle génération d’hommes politiques peut trouver une place de choix dans l’opposition et se préparer ainsi à assumer des fonctions importantes à l’occasion d’une victoire à venir. Est-ce le cas chez nous ?

 Slimane Alem

L’enquête choc de la BBC sur la corruption dans le football algérien

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Les soupçons de corruption dans le football algérien qui persistent depuis une dizaine d’années ont poussé la chaîne britannique, BBC, qui a fait des révélations choc dans l’une de ses enquêtes.

L’enquête de la BBC révèle que la victoire dans le championnat de Ligue 1 Mobilis coûte environs de 800 millions de centimes, tandis qu’un penalty coûte 200 millions de centimes.

Dans cette enquête, la chaîne britannique a contacté des intermédiaires entre présidents de clubs, joueurs et des arbitres susceptibles d’accepter de marcher dans les magouilles moyennant une somme d’argent.

Selon la même source, la FIFA envisagerait, ainsi, d’ouvrir une enquête de son côté pour mettre la lumière sur les soupçons de corruption dans le championnat algérien. Le président de la fédération, Kheireddine Zetchi, aurait, d’ailleurs, déclaré à la même chaîne que son équipe travaille pour éradiquer ce fléau.

Source: Alg24

Le péage sur l’autoroute est-ouest « entrera en vigueur dès l’achèvement des installations »

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MEDEA – Le système de péage au niveau de l’autoroute est-ouest « entrera en vigueur, dès l’achèvement des installations et la fixation du tarif de passage », a déclaré samedi à Médéa le ministre des travaux publics et du transport, M.Abdelghani Zaalane.

« Nous attendons l’achèvement de l’installation des cinquante cinq (55) centres de péage et d’entretiens des routes programmés le long de cette autoroute pour décider de la date de début du système de péage », a indiqué le ministre, en marge de sa visite d’inspection du chantier de modernisation de l’axe « Chiffa-Médéa ».

Le péage n’est prévu, selon le ministre, qu’au niveau de l’autoroute est-ouest ou l’infrastructure indispensable à la mise en place de ce système est en cours de réalisation, a-t-il expliqué.

Il a encore ajouté que l’extension de ce système à d’autres réseaux routiers nationaux, dont la route nationale N 1, qui relie le nord du pays aux régions du sud, n’a pas encore était tranchée.

APS

Aïn Témouchent / colloque sur le royaume de Massaessyles et la rencontre de Siga : une occasion pour corriger l’histoire

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AIN TEMOUCHENT – Le Colloque international sur le royaume de Massaessyles et la rencontre de Siga 206 av JC, dont les travaux ont débuté samedi à Ain Témouchent, constituent « une occasion pour corriger l’écriture de l’histoire surtout celle de cette époque écrite par des Grecs et des Romains et l’école occidentale, a souligné le coordinateur du colloque, Mohamed El Hadi Hareche.

Hareche, professeur d’histoire et de civilisations anciennes à l’université d’Alger, a déclaré à l’APS, en marge des travaux de cette rencontre : « Nous devons aujourd’hui corriger l’histoire de cette époque écrite par des Grecs et des Romains et l’école occidentale, et appeler nos étudiants à retrousser les manches pour rétablir la réalité historique ».

« L’histoire ancienne écrite jadis par des Grecs et des Romains et aujourd’hui par des Occidentaux, notamment les Français, doit être réécrite suivant une nouvelle vision critique des anciennes sources », a-t-il souligné.

« Ce colloque constitue également une opportunité pour les étudiants de doctorat participants de concevoir que la voie est parsemée de difficultés », a encore indiqué M. Hareche, ajoutant que cette rencontre  organisée par le Haut commissariat à l’amazighité (HCA) sous le haut Patronage du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, est « une feuille de route pour les chercheurs participants afin de leur permettre d’apporter des éclairages aux thématiques proposées au débat.

APS

Attentat d’Ahvaz: l’Iran remonté contre les Occidentaux et Saoudiens

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L’Iran, meurtri par un attentat qui a fait au moins 29 morts samedi à Ahvaz (sud-ouest), était remonté dimanche contre les Occidentaux et les Saoudiens, accusés de complaisance ou de soutien au « terrorisme ».

L’attaque, qui a également fait 57 blessés, dont certains dans un état grave, a été l’une des plus meurtrières dans le pays en près de huit ans.

Elle a été revendiquée par le groupe jihadiste État islamique (EI), qui dit répondre aux interventions de l’Iran dans la région.

Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont pour leur part accusé les assaillants d’être liés à un groupe séparatiste soutenu par l’Arabie saoudite.

Trois des « terroristes » ont été abattus sur les lieux de l’attaque et le quatrième membre du commando a succombé à ses blessures à l’hôpital, selon l’armée.

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a vu dans l’attentat « une continuation de la conspiration des gouvernements de la région à la solde des États-Unis et qui cherchent à répandre l’insécurité dans notre cher pays ».

Le président Hassan Rohani a prévenu que « la réponse de la République islamique à la moindre menace sera terrible ».

« Ceux qui fournissent un soutien en matière de renseignement et de propagande à ces terroristes devront en répondre », a-t-il souligné dans un communiqué.

L’Iran / © AFP / AFP

M. Rohani s’apprêtait à partir pour l’Assemblée générale de l’ONU à New York, à un moment où les relations avec les États-Unis sont de nouveau très tendues.

Washington s’apprête à intensifier début novembre les sanctions économiques contre la République islamique. Le président Donald Trump, qui a rompu en mai l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, a adopté une posture agressive contre le régime de Téhéran.

 

 

 

– Diplomates européens convoqués –

Enfin le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a accusé « des terroristes recrutés, entraînés et payés par un régime étranger » d’avoir « attaqué Ahvaz ». Il a mis en cause « les parrains régionaux du terrorisme et leurs maîtres américains ».

En réponse à l’attentat, la première mesure de la diplomatie iranienne, annoncée dans la nuit de samedi à dimanche, a été de convoquer trois diplomates européens: les ambassadeurs danois et néerlandais, et le chargé d’affaires britannique.

Ils ont entendu « les fortes protestations de l’Iran contre le fait que leurs pays respectifs abritent certains membres du groupe terroriste ayant perpétré l’attaque terroriste », a indiqué un porte-parole du ministère des Affaires étrangères cité par l’agence IRNA.

« Il n’est pas acceptable que l’Union européenne ne mette pas sur sa liste noire les membres de ces groupes terroristes tant qu’ils ne commettent pas de crime sur le sol européen », a déploré la diplomatie iranienne.

Photo de soldats blessés lors d’une attaque à Ahvaz, dans le sud-ouest de l’Iran, le 22 septembre 2018 / © ISNA/AFP / Alireza MOHAMMADI

À en croire l’agence IRNA, les trois diplomates européens ont adopté un ton conciliant.

« Les ambassadeurs ont exprimé leurs profonds regrets au sujet de l’incident et promis de répercuter auprès de leurs gouvernements respectifs toutes les questions soulevées », a-t-elle rapporté.

 

 

« Ils ont aussi fait part de la volonté de leur pays de coopérer avec l’Iran pour identifier les auteurs et échanger des renseignements », a-t-elle ajouté.

L’attentat a été condamné par plusieurs capitales.

« Cet évènement nous rappelle la nécessité d’une bataille sans compromis contre le terrorisme sous toutes ses formes », a affirmé le président russe Vladimir Poutine, selon le Kremlin.

Le ministre irakien des Affaires étrangères a rappelé « la position immuable de l’Irak pour rejeter comme inacceptables tout acte de violence, pour quelque prétexte ou motivation que ce soit, dans quelque pays que ce soit », d’après IRNA.

AFP 

Communiqué CAMRA : Reprise de la contestation des médecins résidents

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Le Collectif Autonome des Médecins Résidents Algérien (CAMRA), à travers un communiqué mis en ligne dans la nuit du Samedi, a appelé à une reprise de la mobilisation.

« Durant huit longs mois de protestation et d’indignation, 15000 résidents des 4 coins du pays ont fait preuve d’une vaillance et d’un sacrifice sans précèdent. Convaincus de la légitimité de notre combat pour un avenir sanitaire meilleur, nous avons donné de notre temps, de notre énergie, et même de notre sang que dans le seul but de restituer à la blouse blanche la valeur qui lui a été ôtée par la maltraitance injuste que subit la corporation médicale depuis des années dans un silence mortifère qui cible un secteur aussi sensible que celui de la santé.

Nous tenons à rappeler l’engagement du gouvernement à travers des déclarations officielles des ministres concernés par notre dossier à la réouverture du dialogue avec notre Collectif, conditionnée par le gel de notre grève en gage de bonne volonté. Et après la session du DEMS du mois de Juillet 2018. Trois mois plus tard, cet engagement n’a malheureusement pas été honoré.

Utilisant un droit constitutionnel qu’est la grève pour dénoncer cette anarchie, nos valeureux ainés ont contribué de manière proactive et pragmatique à cette noble cause par le boycott historique et sans précédent des 2 sessions d’examen du DEMS comme forme de protestation légitime face au dédain et l’indifférence que nous avons eu en retour. A ceux-là, on voudrait faire payer leur engagement dans notre grève nationale en leur refusant leurs droits légitimes et élémentaires d’avoir une session de rattrapage et en les contraignant à passer la prochaine session DEMS en candidat libre.

Suite aux nouvelles décisions du MERS concernant le refus de programmer une session de rattrapage légitime pour les candidats du DEMS ; Nous l’ensemble du Collectif Autonome des Médecins Résidents Algérien, dénonçons cette procédure injuste qui vient contredire tout un droit constitutionnel qu’est la grève, et vient envenimer une situation déjà très tendue.

Le CAMRA appelle par conséquent l’ensemble des résidents à la solidarité et à la remobilisation pour dénoncer cette injustice qui touche une partie intégrante de notre corporation, nos confrères et ainés. Dans ce sens, des sit-in hebdomadaires locaux seront tenus chaque lundi à 14h dans tous les CHU du pays et un sit-in national sera très prochainement programmé. »