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lundi 16 février 2026
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Ali Mecili était assassiné pour avoir trop aimé l’Algérie

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L’Algérie, cette terre maudite, dont le peuple sera condamné à l’oppression et à toute sorte d’injustice pendant presque les deux derniers siècles qui viennent de s’écouler, verra mourir assassinés ses meilleurs hommes et femmes, pour le seul tord de l’avoir trop aimé et de lui avoir été rester fidèles jusqu’au dernier souffle de leur vie.

C’est ainsi que le 7 avril 1987, Ali André Mécili, l’un parmi ceux-là, fut assassiné par balles au bat de l’immeuble où il résidait en plein cœur de Paris. Il mourra sous des balles algériennes, lui aussi pour avoir trop aimé l’Algérie, pour lui avoir été resté fidèle jusqu’à ce que les balles qui ont transpercé son corps ce jour-là avaient eu raison de cet amour.

Une énième tragédie, qui jeta encore une fois l’émoi dans la conscience collective, par la manifestation de cette malédiction injuste, qui continue à poursuivre et à persécuter les amoureux de cette patrie, éternellement confisquée et qui n’a jamais pu offrir à ses hommes et à ses femmes de répit partout où ils se trouvent. Encore une fois ce jour-là coulera le sang de l’un de ses enfants parmi les plus courageux et les plus dignes, poursuivi jusque dans les derniers retranchements de son exile. Ali Mécili est mort ce jour-là pour avoir trop aimé l’Algérie.

Déjà très jeune, il s’était engagé dans le combat pour la libération de l’Algérie de l’occupation coloniale. Après l’indépendance, il va continuer son combat dans l’opposition pour la démocratie dès 1962, qui a débouché, en 1985 sur la proclamation de Londres entre le FFS, dont il était un militant très actif et le MDA. Il dira à propos de cette déclaration, lors de son dernier discours, prononcé à Paris le 21 mars 1987, quelques jours seulement avant son lâche assassinat : « La proclamation de Londres a été l’aboutissement de la fin d’un processus qui a commencé dès l’indépendance et qui était le prolongement naturel du combat qui a commencé avec l’OS et le FLN pendant la lutte pour la libération nationale. »

L’objectif de cette proclamation était de vouloir la paix civile dans un climat démocratique. Elle visait la démocratisation des institutions en Algérie, en offrant la possibilité au peuple algérien d’élire librement ses représentants à une assemblée nationale constituante, qui elle seule a le droit de définir en toute liberté et dans le pluralisme politique une authentique démocratie. Elle proclama à cette occasion un certain nombre de principes, qu’elle considère comme indispensables à une véritable démocratie. Il s’agit du respect des droits de l’homme, c’est-à-dire les droits civils et politiques, qui font de chaque citoyen un citoyen responsable : la liberté d’expression, la liberté d’aller et venir, la liberté d’association, la liberté de créer des partis politiques, la liberté syndicale, le droit de sûreté (qui empêche les arrestations arbitraires), les libertés économiques et sociales, le pouvoir d’achat, le droit au logement, le droit à la santé et à l’instruction. Parce que le respect des droits de l’homme permet effectivement au citoyen de pouvoir jouir de sa liberté et s’épanouir pour pouvoir participer à la construction du pays.

Cet appel s’adressait à toutes les forces politiques du pays, sans aucune exclusive, à la seule condition qu’elles respectent les principes démocratiques. Il s’agissait d’ouvrir bien grand les portes du débat démocratique à toutes les personnalités politiques, à tous les partis politiques, à toutes les associations et les mouvements politiques, sur la base d’un texte qui est le plus large et de les inviter à venir pour pouvoir engager une action commune pour l’instauration de la démocratie.

Après l’appel de Londres, André Mécili ne cessa d’organiser des meetings un peu partout en Europe, pour informer l’opinion algérienne de l’existence de cette proclamation et de faire un travail de conscientisation. Il créera en même temps, avec d’autres militants, un organe d’information qui s’appelle libre Algérie, à travers lequel il a essayé de poser dans un cadre plus large le problème de la démocratie en Algérie et à donner la parole de façon très libre à tous ceux qui voulaient la prendre. À ce propos, il n’hésitera pas à manifester son amertume, lors de son dernier discours à Paris, en critiquant la démission de la société et notamment celle des intellectuels, qu’il considère démissionnaires, pour ne pas répondre aux obligations qui devraient être les leurs dans une situation aussi catastrophique que celle que vivait l’Algérie à ce moment. Mais hormis cette déception, il se contentera du parcours qu’a eu l’organe d’information libre Algérie, qui a connu une bonne réussite, aussi bien dans l’émigration qu’en Algérie, lorsqu’il a réussi à passer par les mailles de la censure.

Malgré ces difficultés, il ne s’est jamais avoué vaincu. Il déclara, toujours dans ce dernier discours à Paris, qu’il y a diverses manières de faire de l’opposition politique, il y a l’écrit et il y a les débats au sein d’assemblées citoyennes. Il y a de multiples formes d’expression pour un mouvement politique. Bien que l’écrit reste quelque chose de bien plus important. Le combat de l’opposition est un combat essentiellement lié à l’information. Ce qui fut d’ailleurs comme premier objectif pour l’appel de Londres, par rapport à l’opinion publique, d’engager la bataille de l’information, en se dotant d’un support de communication autonome et ouvert à l’ensemble du peuple algérien, à travers la naissance de ce journal qu’était libre Algérie.

Une autre difficulté, de taille celle-là, va frapper de plein fouet le combat que mené Ali André Mécili et ses camarades, celle de la raison d’État. Elle va tour à tour liquider d’abord libre Algérie, puis le journal l’alternative démocratique qui a essayé de la contourner par son remplacement. Mais le militant sincère qu’était Ali André Mécili, dont le combat pour la liberté a façonné sa personnalité, depuis la guerre de libération nationale déjà et dont l’amour pour l’Algérie était infaillible, ne pouvait se décourager devant de tels obstacles, il en a connu pire, notamment pendant son emprisonnement par la dictature de Boumediene. Il insistait sur le fait, qu’il y a diverses manières de faire de l’opposition politique. Ce qui lui importer était de forger une opinion politique capable de dynamiser la société et canaliser la mobilisation populaire pour l’instauration de la démocratie, seule forme politique à permettre au peuple d’accéder à sa liberté et à sa dignité.

La raison d’État finit par avoir raison devant la décapitation de ce mouvement de libération du peuple algérien le 7 avril 1987, treize mois après l’appel de Londres, où Ali André Mécili était lâchement assassiné en plein cœur de paris, dont ce crime abject, commis contre tout le peuple algérien, demeure à ce jour non élucidé.

Il a écrit dans ce texte, qui sera trouvé après sa mort : « Lorsque l’on ouvrira cette lettre, se sera accomplie une destinée qui, depuis ma plus tendre enfance, n’aura jamais cessé de hanter mon esprit. […] Je meurs sous des balles algériennes pour avoir aimé l’Algérie. […] Je meurs seul, dans un pays d’indifférence et de racisme. […] Je meurs pour avoir vu mourir l’Algérie au lendemain même de sa naissance et pour avoir vu bâillonner l’un des peuples de la Terre qui a payé le plus lourd tribut pour affirmer son droit à l’existence. »

Youcef Benzatat

Source: Le Matin d’Algérie

Canada : les députés retirent sa citoyenneté d’honneur à Aung San Suu Kyi

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La Chambre des communes avait accordé la nationalité canadienne honorifique à la dirigeante birmane en 2007, qui refuse aujourd’hui de dénoncer le génocide des Rohingyas.

Les députés canadiens ont approuvé unanimement jeudi 27 septembre une motion révoquant la nationalité canadienne honorifique accordée à la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi pour son refus de dénoncer le « génocide » de la minorité musulmane des Rohingyas.

La Chambre des communes avait accordé ce privilège à Aung San Suu Kyi en 2007, alors que la récipiendaire du prix Nobel de la paix était emprisonnée en Birmanie.

Sa réputation internationale a cependant été ternie par son refus d’appeler l’armée birmane à mettre fin aux atrocités commises contre les Rohingyas, que les députés canadiens ont qualifié de « génocide » dans une résolution votée il y a une semaine. « En 2007, la Chambre des communes a accordé à Aung San Suu Kyi le statut de citoyenne canadienne honoraire. Aujourd’hui, la Chambre a adopté à l’unanimité une motion pour lui enlever ce statut », a dit Adam Austen, porte-parole de la ministre canadienne des affaires étrangères Chrystia Freeland.

Les Rohingyas sont traités comme des étrangers en Birmanie, un pays à plus de 90 % bouddhiste.

Exil

Entre août et décembre 2017, plus de 700 000 Rohingyas ont fui la Birmanie vers le Bangladesh voisin après une offensive de l’armée birmane, marquée par des exactions contre cette minorité, des viols, des exécutions extrajudiciaires et des villages incendiés. « Notre gouvernement a appuyé cette motion en réponse à son refus persistant de dénoncer le génocide des Rohingyas – un crime commis par l’armée du pays avec qui elle partage le pouvoir », a expliqué le porte-parole de la ministre canadienne des affaires étrangères. « Nous continuerons de soutenir les Rohingyas en leur offrant une aide humanitaire, en imposant des sanctions contre les généraux du Myanmar et en réclamant que les personnes responsables soient tenues de rendre compte de leurs actes devant un organisme international compétent », a-t-il ajouté.

En mai, Ottawa a promis une aide supplémentaire de 300 millions de dollars canadiens (200 millions d’euros) sur trois ans pour améliorer les conditions de vie des Rohingyas dans les camps du Bangladesh, venir en aide à ce pays et à d’autres minorités ethniques en Birmanie.

Le Canada n’a accordé la citoyenneté honorifique qu’à cinq autres personnalités, parmi lesquelles Nelson Mandela, le Dalaï Lama ou encore Malala Yousafzai.

Yaha Abdelhafidh : l’amour de la patrie au dessus de tout

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Peut-on célébrer aujourd’hui la naissance et la création du front des forces socialistes (FFS) sans rendre hommage à Yaha Abdelhafidh, connu sous le nom de « Si L’Hafidh » ?

La réponse est évidente, « impossible », sauf pour ceux qui ne connaissent rien de l’histoire de ce vieux parti d’opposition.

Les paroles de Lounis Aït Menguellet, l’admirateur de ce héros s’imposent dans ce cas. Notre poète disait : « Si, je n’existais pas, tu n’existeras jamais ». Sans exagérer, nous dirons que si « Si L’Hafidh » n’existait pas, le FFS n’aurait pas existait ou du moins n’aurais jamais survécu.

La rédaction

 

Si Lhafidh est né le 26 janvier 1933 dans le village Takhlijt At Atsou, de la tribu d’At Illilten (commune Iferhounène). Il rejoint le mouvement des scouts assez jeune.

En 1949, il émigre en France en compagnie de père Bachir Yaha. Il rejoigne Charleville-Mézières (Ardennes) où il y avait une forte communauté kabyle auprès de laquelle il forgera son parcours de militant. «Les cafés algériens étaient des foyers d’agitation nationaliste. Nous nous y retrouvions pour discuter du pays en toute confiance. Le café de la famille Belkacem Aït Abdelaziz était particulièrement animé. Il recevait souvent l’immense chanteur Slimane Azem. Quand il venait c’était toujours la bousculade dans le café. Ses soirées étaient synonymes de convivialité et de grande nostalgie pour les émigrés. Ses chansons nous transportaient au pays, l’espace d’une soirée», témoigne-t-il dans le premier tome de ses mémoires.

Il prend part aux manifestations organisée par le MTLD et s’implique corps et âme dans l’organisation.

En septembre 1954, il rentre au pays pour prendre part au déclenchement de la guerre de libération. Il avait 21 ans. Très vite, il prend contact avec les militants nationalistes de la région de Ain El Hammam, dont Amar Ath Cheikh, une des chevilles ouvrières de l’organisation de l’ALN les premières années de la guerre. Dans la foulée, toute la famille Yaha entre en guerre aussi. Leur maison est devenu un refuge connu et sûr pour les moudjahidine. Pas seulement, la modeste fortune de la famille aussi est mise au service de l’ALN/FLN. Bachir devient chef de refuge pendant celui qui deviendra le célèbre Si Lhafidh cours les villages et les maquis pour organiser, monter des embuscades et faire régner l’ordre révolutionnaire. Il acquière vite une réputation de grand baroudeur, mais aussi et surtout celle d’un homme juste mais intraitable.

L’une de ses opérations les plus spectaculaires est la liquidation du terrible administrateur de la ville de Michelet, Bighetti de Flogny en avril 1956. Alors que la ville grouille de soldats, Si Lhafidh a réussi à éliminer cet administrateur et à sortir de la ville. Ce ne sera pas le seul fait d’armes de cet officier.

En 1958, il sera l’un des rares responsables de la wilaya III à se dresser contre les purges de «la Bleuite». Il n’a pas hésité à interpeler le colonel Amirouche et le prévenir sur les assassinats de moudjahidine sous les ordres du capitaine Mahiouz.

«Que de sang ! Que de larmes avaient coulé suite à cette tragique affaire. La «Bleuite», nommée ainsi en référence aux militants du FLN habillés en bleu de chauffe après qu’ils eurent été retournés par les hommes du général Massu pendant la bataille d’Alger avait causé une grave saignée dans les rangs des maquisards, des mousseblines et des civils en wilaya III», a-t-il écrit dans le premier tome de ses mémoires en parlant de cette terrible purges, sans doute l’une des plus tragiques de la Révolution. Sa dénonciation des liquidations et son refus d’obtempérer aux ordres a failli lui coûter la vie. C’est un colonel Amirouche patelin et attentif qui l’a accueilli pour écouter Si Lhafidh lui expliquer que la purge qui avait lieu était en train de viser les meilleurs éléments de la wilaya.

L’épisode est très peu connu. Seul Salah Mekacher a raconté succinctement cette séquence dans son livre « Aux PC de la wilaya III ».

Dans le premier tome de ses mémoires, il raconte l’opération Jumelles qui a laissé la wilaya III exsangue. En 1960, Si Lhafidh mène une attaque contre un poste militaire à Taskenfout, un village de Ain El Hammam. Avec ses hommes, il a réussi à emporter toutes les armes des soldats sans tuer un seul d’entre eux.

Quelques semaines avant la proclamation de l’indépendance, il mène une autre opération tout aussi spectaculaire contre le poste de harkis établi au village Aït Lqaïd. Là encore, il a réussi à vider le poste militaire de ses armes et à disparaitre dans la nature avec ses hommes.

Si Lhafidh c’était cette grande disposition à comprendre les hommes. Il était réputé pour son courage, sa détermination dans la lutte armée mais surtout cette capacité à dépasser toute formes de violence, à pardonner. Au maquis, on disait de lui qu’il était comme le sucre.

La séquence des lendemains d’indépendance le marquera à jamais. Il se rappellera jusqu’à la fin de ses jours ces cortèges de veuves et d’orphelins qui venaient au PC de la wilaya III pour quémander à manger. Il estimera que les survivants des maquis ont failli à leur parole.

La prise de pouvoir autoritaire menée par le clan d’Oujda l’a convaincu de reprendre le chemin de la lutte. Moins d’un an après l’indépendance, il sera l’un des hommes clés de la naissance du FFS en septembre 1963.

Si Lhafidh à droite.

 

Après la démission du colonel Si Mohand Oulhadj du FFS, en octobre 1963, Si Lhafidh s’impose comme l’un des importants chefs du FFS. Au cœur de l’affrontement armé avec le pouvoir de Ben Bella-Boumediene, il maintient l’unité des rangs du FFS et poursuit la lutte après que Hocine Aït Ahmed ait été neutralisé le 17 octobre 1964.

Au printemps 1965, il accepte de négocier le cessez-le-feu avec des représentants de Ben Bella. Au Si Lhafidh part à Paris rejoindre le colonel Saddek pour y dialoguer avec les représentants de Ben Bella. Ce dernier était disposé à reconnaître le FFS, selon les termes du contrat négocié, comme force politique. Le putsch mené par Houari Boumediene a remis en cause, en partie, les négociations.

A la fin 1965, il part en exil sur demande expresse de Hocine Aït Ahmed. A partir de là, un autre épisode de la lutte politique commence pour Si Lhafidh. Durant un quart de siècle, il restera l’opposant intransigeant avec le pouvoir. Après un différend avec Hocine Aït Ahmed, il rentre seul au pays en 1989 pour poursuivre son chemin politique.

Yaha Abdelhafidh a consacré les dernières années de sa vie à la rédaction de ses mémoires. Cette tâché lui tenait à coeur plus que tout autre chose. C’était sa dernière mission. Deux ouvrages qui résument tout son parcours sont publiés en Algérie et en France. Ses mémoires demeureront une source précieuse de connaissance de la guerre d’indépendance dans la wilaya III mais aussi un témoignage capitale sur l’histoire du FFS.

Hamid Arab

source: Le Matin d’Algérie

 

« Ma guerre d’Algérie -Au coeur des maquis de Kabylie » tome I paru chez Inas édition en Algérie et Riveneuve Editions en France.

« Le FFS contre dictature » (tome II) es paru chez Koukou Editions.

 

Vidéo.

Disparus il y a un un an, 15 Algériens seraient en prison au Maroc

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Leurs proches en sont convaincus. Ils sont actuellement détenus dans une prison au Maroc un peu plus d’un an après avoir tenté de rejoindre clandestinement l’Europe.

Cette semaine, les familles des 15 jeunes algériens portés disparus depuis un an se sont réunis à l’endroit même où ils ont pris le départ, rapporte le journal El Watan. Ces « malheureux harragas » n’ont pas donné signe de vie depuis cette date et leurs proches pensent qu’ils sont en prison au Maroc. Ahmed Merah, le frère de l’un des disparus, est sûr que son frère est vivant et se trouve sans doute au Maroc « mais on n’a pas pu confirmer cette information », appelant les autorités algériennes à les aider à connaître le sort des disparus.

« On est allés partout, mais personne n’a bougé. On a exposé le problème aux services de la gendarmerie et au procureur de la République de Boumerdès. Ils n’ont rien pu faire. Si nos enfants ont fauté, qu’ils les ramènent pour les juger », déplore le père de l’un d’entre eux, qui estime que s’ils étaient en Europe, ils auraient probablement repris contact. « Là-bas, ils ne seront pas jetés en prison comme ça ».

Un autre raconte l’histoire d’un jeune Algérien que tout le monde croyait mort alors qu’il était emprisonné au Maroc. Il a été rapatrié en Algérie après l’intervention du ministère des Affaires étrangères.

bladi.net

Algérie : Le ministère de l’Education nationale fixe le calendrier des examens scolaires

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ALGER – Le ministère de l’Education nationale a rendu public, jeudi, dans un communiqué, le calendrier des examens nationaux des trois paliers pour l’année scolaire 2018/2019 (BAC, BEM et 5ème).

 

L’examen du baccalauréat aura lieu du 16 au 20 juin, celui du Brevet d’enseignement moyen (BEM) du 9 au 11 juin, tandis que l’examen de la 5ème année primaire est fixé au 29 mai, a précisé la même source.

APS

Un attentat « majeur » déjoué aux Pays-Bas, sept arrestations

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Un « attentat terroriste majeur » a été déjoué aux Pays-Bas, selon le parquet néerlandais, qui a annoncé jeudi l’arrestation de sept hommes soupçonnés de vouloir passer à l’acte lors d’un « grand événement » afin de faire de « nombreuses victimes ».

« La police a arrêté sept hommes jeudi (…) soupçonnés d’être à un stade très avancé dans la préparation d’un attentat terroriste majeur aux Pays-Bas », a déclaré le ministère public dans un communiqué.

« Le ministère public et la police sont convaincus qu’une attaque terroriste a été empêchée avec l’arrestation des suspects » en fin d’après-midi à Arnhem (est) et à Weert (sud), a indiqué le parquet.

Au cours d’une enquête qui a duré plusieurs mois, la police a observé un « groupe terroriste » gravitant autour d’un homme d’origine irakienne âgé de 34 ans, condamné en 2017 pour avoir tenté de se rendre en territoire contrôlé par le groupe Etat islamique, a-t-il poursuivi.

L’homme, identifié comme Hardi N. par les médias locaux, est soupçonné d’être le cerveau de l’attentat déjoué. Il planifiait une attaque « lors d’un grand événement aux Pays-Bas et voulait faire de nombreuses victimes, selon les services de renseignement néerlandais (AIVD) », poursuit le parquet.

– Menace « extrêmement grave » –

Des policiers au domicile d’un suspect à Rotterdam, le 27 septembre 2018 aux Pays-Bas / © ANP/AFP / Robin Utrecht
« Nous sommes intervenus maintenant car la planification de l’attentat était à un stade très avancé », la menace était « extrêmement grave », a affirmé auprès de la télévision publique néerlandaise Jirko Patist, porte-parole du parquet, ajoutant que tous les membres du groupe avaient été arrêtés.

L’âge des accusés, originaires d’Arnhem, Rotterdam et de villages proches de ces villes, varie de 21 à 34 ans. Deux d’entre eux ont également été condamnés pour avoir essayé de rejoindre l’Irak ou la Syrie.

Les suspects prévoyaient de perpétrer l’attentat « à l’aide de ceintures explosives et de kalachnikovs AK47 lors d’un événement et de faire exploser une voiture piégée à un autre endroit », a précisé le ministère public.

L’enquête n’a pas encore permis de déterminer la cible exacte des suspects, qui seront présentés à un juge d’instruction à Rotterdam vendredi.

Les arrestations ont été effectuées par des équipes antiterroristes du Service d’interventions spéciales (DSI), appuyées par des équipes d’observation et des hélicoptères. Au total, 400 personnes ont été déployées.

Pays-Bas / © AFP /
– Ceintures explosives et bombes –

Au moment de leur arrestation, les hommes étaient en possession d’armes à feu et étaient « à la recherche de grenades, de ceintures d’explosifs et de matières premières pour fabriquer d’autres bombes », selon les enquêteurs.

En juin, deux hommes soupçonnés de préparer des attaques terroristes en France et aux Pays-Bas avaient été arrêtés à Rotterdam. Le parquet avait précisé en septembre qu’ils étaient « proches » d’un passage à l’acte.

La cible de l’éventuelle attaque en France n’avait pas été précisée. Aux Pays-Bas, selon les enquêteurs, les hommes avaient « identifié plusieurs cibles possibles » à Rotterdam, dont « un poste de police et le pont Erasme ».

Le 31 août, un Afghan de 19 ans avait attaqué au couteau deux Américains à la gare d’Amsterdam. Selon les ministère public, il visait les Pays-Bas car il estimait que l’islam y est « fréquemment insulté ».

L’attaque à la gare d’Amsterdam était survenue au lendemain d’un appel des talibans afghans à des attaques contre les troupes néerlandaises après la tentative du député d’extrême droite néerlandais Geert Wilders d’organiser un concours de caricatures du prophète Mahomet.

AFP

Pour les Amazighs, le combat continue toujours (Seconde partie)

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voir la première partie

 

L’idée de l’indépendance algérienne voit le jour à Paris au début des années 1920. Ce sont les ouvriers d’Afrique du Nord de Paris qui, au contact avec les syndicats et les communistes, vont créer l’étoile nord-africaine, première structure partisane qui imagine l’indépendance de L’Afrique du Nord. La grande majorité de ces militants sont des Kabyles. Parmi les créateurs de l’étoile nord-africaine, bien avant l’arrivée de Messali El Hadj, il y avait Akli Banoune, né en Kabylie maritime, en 1889 ; arrivé en France en 1916, il participe à Paris, à la réunion du 16 mai 1926 qui décide de la création de l’Étoile nord-africaine. Devenu marchand de légumes avec sa compagne française, il met son local, à la disposition de l’Étoile nord-africaine. Akli Banoune consacre sa vie pour l’organisation ; ainsi le 18 octobre 1934, il loue à ses frais un car pour transporter les militants à une réunion.

Jean El Mouhoub Amrouche est encore méconnu aujourd’hui. Et pourtant, il est à bien des égards, l’un des pionniers du réveil identitaire berbère. Jean Amrouche naît le 7 février 1906, à Ighil Ali, en Kabylie. Son père, né en 1880, entre à l’âge de 5ans, à l’école des Pères blancs ; sa mère, Fadhma, voit le jour à Tizi Hibel, en 1882, et n’est pas reconnue par son père. On la confie à l’école des Soeurs blanches des Ouadias, puis à l’orphelinat de Taddart Oufella. Plus tard, elle travaille à l’hôpital de Ain El Hammam où elle rencontre Belqacem Amrouche qui l’épouse le 24 août 1899. Fadhma a écrit un livre qui a ému de nombreux lecteurs, de plusieurs générations, « Histoire de ma vie ». La famille des Amrouche part en Tunisie en 1910 où Belqacem est employé des chemins de fer. Marie-Louise Taos, cette grande dame de la culture kabyle, la sœur de Jean, naît le 4 mars 1913. Quand éclate la Première Guerre mondiale, les Amrouche reviennent à Ighil Ali où Jean est scolarisé dans son village natal. En 1915, Jean Amrouche entre au collège Alaoui à Tunis ; de 1921 à 1924, il est à l’École normale de Tunis où son intelligence est fortement remarquée. De 1925 à 1928, il est à l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud. En octobre 1928, il est nommé professeur de lettres au collège de Sousse en Tunisie. En 1934, il publie son premier livre, un recueil de poésie intitulé « Cendres » aux éditions Mirages. De 1934 à 1937, Jean Amrouche enseigne à Annaba, dans l’Est algérien. En 1937, il fait sortir son deuxième recueil de poésie, intitulé, «Étoile secrète». En exergue du livre, Jean Amrouche cite le poète italien Giuseppe Ungaretti qui deviendra son ami et qui dit « Je cherche un pays innocent ». C’est déjà tout un programme. En octobre 1937, Jean Amrouche est nommé au lycée Carnot de Tunis. L’écrivain Albert Memmi est alors l’un de ses élèves. Dans son roman, « La Statue de sel », Albert Memmi rend hommage à Jean Amrouche : « C’était pour ses collègues, un impardonnable scandale spirituel de voir ce métèque mieux manier le français que les ayant-droits ». En 1939, Jean Amrouche publie « Chants berbères de Kabylie », un recueil extraordinaire, un livre qui arrive à transmettre l’âme et les aspirations kabyles. «En traduisant les chants berbères de Kabylie, Amrouche révéla au public français les richesses originales de son peuple et donnait à ses poètes un rang dans la poésie universelle», écrit Jacqueline Arnaud. En 1943, Jean Amrouche commence une carrière à la radio à Alger. Au mois de novembre de la même année, il est reçu à déjeuner par le général de Gaule. L’année d’après, il y fonde la revue l’Arche. C’est dans cette publication qu’il fait paraître l’Eternel Jugurtha en 1946. C’est l’un des premiers écrits personnifiant la résistance berbère et appelant à la réhabilitation de cette identité millénaire de l’Afrique du Nord.

La guerre de libération algérienne a également servi de cadre pour la liquidation de certains berbéristes. C’est le cas de Benaï Ouali assassiné par ses frères de lutte d’une rafale dans le dos à sortie de son village natal vers la mi-février 1957 (6).

Benaï Ouali voit le jour à Djemâa n Saharidj, dans chez les At Frawssen vers 1920. On l’appelait Si Ouali n Senior ; son père était un cultivateur. C’est tout jeune qu’il adhère aux idées nationalistes et au Parti du peuple algérien (PPA) au début des années 1940. Il devient vite l’un des responsables de la Haute-Kabylie de ce mouvement. En 1944, il fait partie d’une organisation de choc qui a pour mission de défendre les responsables du parti. Au même moment, il est désigné par la direction du parti comme agent de liaison pour les organisations universitaires d’Alger. C’est ainsi qu’il entre en contact avec les étudiants et les lycéens de Ben Aknoun d’origine kabyle tels Omar Oussediq, Ali Laïmèche, Amar Ould Hamouda, Hocine Aït Ahmed, Said Aich, Sadeq Hadjeres, Mohand Idir Aït Amrane, Mbarek Aït Menguellat. Ce sont ces jeunes intellectuels qui vont déclencher les foudres de la direction du PPA : c’est la crise anti-berbériste de 1949. Benaï Ouali devient le guide et le conseiller politique de ces jeunes.

« Ekker a mmis umazigh » (Lève fils d’Amazigh), l’hymne berbère, est écrit en janvier 1945, par ce groupe d’intellectuels. Faisant partie de ce groupe, Amar Ould Hamouda, cousin du colonel Amirouche, est originaire du village de Tassaft Ouguemoun. Il voit le jour en 1923. Après des études à Boufarik, Miliana et Ben Aknoun, il fait l’École normale de Bouzaréah. Amar Ould Hamouda est militant du PPA dès 1942. Ce qui l’amène à devenir responsable de l’Organisation spéciale (OS) pour la Kabylie.

Au printemps 1949, il est arrêté dans un tramway à Alger. Même s’il est torturé à la prison de Blida, il n’avoue pas son appartenance à l’OS. Cela n’empêche pas la direction du parti de l’exclure pour ses postions berbéristes avant sa sortie de prison. À sa sortie de prison, il trouve un emploi de voyageur de commerce. Après le déclenchement de la guerre de libération, il est taxé de messaliste. Amar Ould Hamouda est assassiné par l’ALN (Armée de libération nationale) au village d’At Waâban, dans la commune d’Aqvil, après un procès douteux tenu par les responsables du FLN de Kabylie. La tombe d’Amar Ould Hamouda n’a jamais été retrouvée.

Lorsque le 19 mars 1962, les accords d’Evian sont signés par Krim Belqacem, du côté algérien, le cessez-le-feu permet à la Kabylie de respirer un peu. La région a énormément souffert de la guerre qui a duré près de 8 ans. La Kabylie s’est engagée corps et âme dans ce combat libérateur. Du début jusqu’à la fin. Mais l’indépendance du pays ne va pas forcément apporter la liberté. Les Kabyles s’en rendent compte dès les premiers mois de l’été 1962. Le conflit meurtrier entre l’armée de l’intérieur et celle de l’extérieur, mieux armée, fait des ravages. Le clan d’Oujda, soutenu militairement par l’Égypte, finit par s’imposer et porte à la tête de l’état Ahmed Ben Bella. L’armée de l’extérieur rentre à Alger le 3 septembre 1962.

« Nous sommes des Arabes, nous sommes des Arabes, nous sommes des Arabes », ne cesse de proclamer, dès le 5 octobre 1962, à la télévision, Ahmed Ben Bella ce président proche des services égyptiens dont les parents viennent pourtant du Maroc.

C’est dans un climat de troubles et d’errances que le FFS est créé le 29 septembre 1963. Hocine Aït Ahmed et ses partisans prennent le maquis et espèrent réhabiliter la démocratie et le choix populaire. Mais Ben Bella envoie son armée en Kabylie qui massacre et tue à outrance. Au bout d’incroyables violences, l’armée de Ben Bella et de Boumediene tue près de 400 militants du FFS. Au mois d’avril 1964, l’armée mène une campagne de terreur contre la population en Kabylie : des centaines de citoyens soupçonnés de sympathie envers le FFS sont arrêtés et terriblement torturés. Hocine Aït Ahmed est arrêté le 17 octobre 1964 ; condamné à mort, il s’évade de prison en 1966. La révolte armée en Kabylie est ainsi vaincue, mais dans les esprits la guerre fratricide restera pendant longtemps. La Kabylie ne cessera jamais de se rebeller contre le pouvoir central d’Alger.

Entre-temps, le parti unique du FLN squatte la scène politique même si les décisions les plus importantes ne sont prises que par le chef de l’état Houari Boumediene. Les références à la culture berbère font peur ; la cantatrice kabyle Taos Amrouche est empêchée de chanter durant le festival panafricain, tenu à Alger, en 1969.

En 1966, à Paris, une association berbère, Agraw Imazighen (l’Académie berbère) est créée  ; elle tente de reprendre les quêtes identitaires de quelques militants du PPA-MTLD des années 1940, victimes de la crise anti-berbériste de l’époque. L’action de cette association s’avérera fort utile ; elle participe à l’éveil des consciences nord-africaines en publiant une revue intitulée Agraw Imazighen. C’est elle qui sera également à l’origine de l’actuel drapeau berbère.

De retour en Algérie en 1974, après un long exil (il n’avait pas vu son pays natal depuis 1958), le philosophe et humaniste, Mohamed Arkoun est effaré par ce qu’il voit. À l’adresse de son ami, le père Maurice Borrmans, il écrit : « (…) La Kabylie est absolument sans avenir : même les « soldats du Christ », en principe attachés aux minorités, aux faibles, aux opprimés, l’ont abandonnée et s’emploient à racheter leurs erreurs d’antan par une allégeance ostentatoire à l’arabisme ». (7)

Au même moment, la chanson contestataire kabyle continue d’éveiller les consciences ; le club de football de la JSK porte très haut les couleurs de la Kabylie et de sa culture. À chacune des sorties de ces footballeurs talentueux, les supporteurs crient des slogans hostiles au pouvoir. «Anwi wigi ? d Imazighen» (Qui sont ceux la ? Ce sont les Imazighen), est à chaque match scandé par des dizaines de milliers de personnes sur les gradins des stades d’Alger et de la Kabylie. Durant la finale de la coupe d’Algérie de l’année 1977, au stade du 5 juillet, une foule immense crie sa haine du système et de son chef Houari Boumediene. Comme son prédécesseur Ahmed Ben Bella, le colonel Houari Boumediene insiste sur l’arabisation de l’école et des institutions. Pourtant les origines de Boukharaouba Mohamed, le vrai nom de Houari Boumediene, sont kabyles. Derrière le désir de retrouver une langue dont une partie des Algériens souhaite le renforcement, il y a, de toute évidence, la volonté d’effacer la langue berbère.

L’écrivain Kateb Yacine ne se gênait pas pour s’opposer aux thèses du régime : « Aujourd’hui, par les armes, nous avons mis fin au mythe ravageur de l’Algérie française, mais pour tomber sous le pouvoir d’un mythe encore plus ravageur : celui de l’Algérie arabo-musulmane, par la grâce de dirigeants incultes. L’Algérie française a duré cent trente ans. L’arabo-islamisme dure depuis treize siècles ! L’aliénation la plus profonde, ce n’est plus de se croire français, mais de se croire arabe. Or il n’y a pas de race arabe ni de nation arabe. Il y a une langue sacrée, la langue du Coran dont les dirigeants se servent pour masquer au peuple sa propre identité ! », disait-il.

C’est dans cette ambiance de peurs et de marginalisation de la culture berbère que des jeunes Kabyles décident de s’organiser, y compris à Alger, une capitale complètement verrouillée par la junte militaire du colonel Houari Boumediene. Avec un immense courage, ils confectionnent des revues, «Itij» (le soleil), «Taftilt» (La bougie) qui participent au réveil identitaire berbère.

C’est de l’université de Tizi Ouzou, inaugurée en 1977 que viendra la première grande manifestation contre le pouvoir algérien au printemps de l’année 1980. Invité par les étudiants pour parler de son livre, « Poèmes kabyles anciens », l’écrivain Mouloud Mammeri est empêché par les autorités d’accéder à l’université le 11 mars 1980. C’est ce qui déclenche un mouvement de contestation sans précédent. D’abord à l’université de Tizi Ouzou, puis dans toute la Kabylie et à Alger. La riposte musclée du pouvoir ne tarde pas. Mais pour une fois, pour la toute première fois, le système du parti unique est montré du doigt par de larges fractions de la population. La presse écrite algérienne, la radio et la télévision n’arrêtent pas de stigmatiser la Kabylie ; les intellectuels du pouvoir prennent leur plume pour insulter la Kabylie. Pourtant la Kabylie vient d’ouvrir, de manière héroïque, la voie de la lutte démocratique en Algérie.

Le 18 avril 2001, le jeune Massinissa Guermah est assassiné dans les locaux de la gendarmerie des At Douala, à vingt kilomètres de la ville de Tizi Ouzou. Le lendemain, 10000 personnes défilent à Tizi Ouzou. Deux jours après, l’arrestation de deux collégiens par les gendarmes d’Amizour, dans la région de Vgayet, déclenche des émeutes. Ces événements coïncident avec la commémoration en Kabylie du «Printemps berbère», du 20 avril 1980. Du 25 au 29 avril 2001, des affrontements ont lieu entre la population et la gendarmerie dans toute la Kabylie. La population demande plus de justice sociale et moins de harcèlement de la part des forces de sécurité et veut que la langue berbère devienne une langue nationale et officielle *8. Ces affrontements se poursuivent jusqu’à la fin de l’année 2003 et se soldent par la mort de 128 personnes et des milliers de blessés. Suite à cette tragédie, les autorités algériennes reconnaissent le statut de langue nationale à la langue berbère. Dans le désir d’éviter les violences algériennes, le roi du Maroc, Mohamed VI, modifie la constitution du pays et fait de la langue amazighe une langue officielle. C’est la première fois que cette langue ancienne, mais toujours vivante est ainsi reconnue comme elle se doit. L’Algérie officielle imitera le Maroc quelques années plus tard, mais de manière sournoise. L’identité berbère a encore du chemin à faire pour être réhabilitée totalement ; pour les Berbères, le combat continue…

 

Youcef Zirem

 

Notes :

1 : La Bible, au Premier livre des rois, situe cet épisode sous le règne de Roboam, fils de Salomon : « La cinquième année du roi Roboam, le roi d’Égypte, Sheshonq, marcha contre Jérusalem. Il se fit livrer les trésors du Temple de Yahvé et ceux du palais royal, absolument tout, jusqu’à tous les boucliers d’or qu’avait faits Salomon »1R14 25.

2 : Histoire de la Kabylie de Youcef Zirem, éditions Yoran Embanner, 2013, 2014 et 2016

3 : Histoire des Berbères, Ibn Khaldoun, imprimerie du gouvernement, Alger, 1852.

4 : Histoire de la Kabylie de Youcef Zirem, éditions Yoran Embanner, 2013, 2014 et 2016

5 : « La Forza delle parole » de Hamza Zirem (paru aux éditions Aracne, à Rome en 2010)

6 : La crise berbère de 1949, de Abdennour Ali Yahia, éditions Barzakh et BRTV, 2014

7 : « Les Vies de Mohamed Arkoun » de Sylvie Arkoun, éditions PUF, 2014

8 : Algérie, la Guerre des ombres, de Youcef Zirem, éditions le Grip-Complexe, Bruxelles, 2002

Prospective pour la Tunisie 2019-2020, sombre

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Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par la Tunisie pour donner les premières perspectives 2019 que nous donnons chaque année à cette époque à un certain nombre de pays.

Pourquoi la Tunisie ?

Parce que c’est le pays qui me tient le plus à cœur, et qu’il y a urgence avec les nouveaux comportements de la classe politique tunisienne. Je suis très en colère et je vais essayer de ne pas qualifier ces personnages, et rester dans le cadre macro-économique. C’est aussi avec le cœur brisé, et des larmes aux yeux que je rends hommage aux quatre victimes des inondations d’hier, les deux sœurs Insaf et Thouraya à Bouargoub. Les autorités, les politiciens corrompus sont entièrement responsables, honte à vous !

La Tunisie aujourd’hui, et je le souligne régulièrement, se trouve dans une situation de quasi-faillite comme l’ont été l’Argentine des années 2000, le Portugal, ou la Grèce de 2010, à l’exception près que la Tunisie n’a aucune richesse comme ces pays.

Le pronostic vital de la Tunisie est engagé avec une inflation sauvage à plus de 7.8 % avec la hausse de base du transport, de la nourriture, de l’électricité, de l’habillement, et celle des loyers. Cela aggrave la situation des consommateurs. En rythme annualisé l’inflation ressentie est à 16 %. Une course incontrôlable, car les sources qui alimentent cette inflation sont intarissables avec le commerce parallèle, la fraude, la corruption et le détournement de fonds publics. Cela ne laisse aucune chance de relance économique, qui est inexistante.

La Tunisie est 8e dans le classement des pays arabes des plus bas taux de salaires, il n’y a aucune chance de relance économique. Le déficit courant à 10.6 % du PIB, le déficit commercial à 18.9 % du PIB et un taux de chômage à 15.8 % de la population active. La croissance molle est à 1.6 % seulement portée par le tourisme qui ne profite pas aux Tunisiens, et par des manipulations de comptes publics. Seule aussi l’agriculture dont l’huile d’olive et les dates apportent un plus à cette croissance.

L’autre critère aggravant pour la Tunisie, ce sont les augmentations de salaire dans le privé et le secteur public par des politiciens et l’UGTT qui ne connaissent rien à la macro-économie. Une politique de rigueur oblige à geler tous les salaires, car les caisses de l’État sont vides avec seulement 69 jours de réserve en devise, mais ces irresponsables font le contraire. Ils accélèrent l’inflation, et la chute du dinar dans le pays où les consommateurs veulent consommer. Donc la Banque centrale de Tunisie ne peut que faire tourner la planche à billets pour payer les salaires des fonctionnaires et les dépenses courantes de l’État.

L’autre chose aggravante est l’état de faillite dans lequel se trouvent toutes les entreprises publiques. Je dis bien faillite, car elles sont à ce stade seulement sous perfusion de de l’État. Par exemple les quatre premières banques tunisiennes qui affichent des comptes positifs en réalités sont des écritures bancaires frauduleuses, alimenté par des prêts de l’État qui lui-même qui emprunte de l’étranger.

La situation bancaire tunisienne est comparable à la situation des banques de Maltaises qui ont conduit le pays a faillite, ou encore la Grèce et son système bancaire qui était frauduleux. 3 dinars pour 1 euro, et ce n’est pas la fin de cette chute en 2019. Il n’y a aucun autre moyen que de baisser le dinar pour contenir l’inflation.

L’endettement est aussi le point critique avec 86 % du PIB et 81. 8 % à la fin de cette année. Ce qui veut dire que chaque Tunisien à une dette de 7800 dinars alors que sous Ben Ali en 2011 la dette par Tunisien était de 2600 dinars. La dette tunisienne gonfle de 21.9 % par an et aujourd’hui c’est la faillite d’État.

Les capacités de remboursement sont quasi nulles pour le pays avec 30 % de services de la dette par rapport aux recettes budgétaires.

Quelles sont les perspectives pour la Tunisie ?

Il n’y a pas de budget ambitieux de relance et de rigueur, pas de projets d’investissements de grands travaux et de modernisation. Perspectives très sombres pour 2019. Les hommes politiques qui disent lors de leurs sorties d’inaugurations d’usines ou d’hôtels que l’économie redémarre sont des menteurs comme des arracheurs de dents, des boulangers qui tournent le peuple dans la farine et autres magouilleurs. Personne ne veut restructurer les entreprises publiques, et l’administration publique, surtout pas l’UGTT. Restructurer c’est réduire de moitié les fonctionnaires et les salariés comme : Tunisair, Sonede, Steg, la poste, les ministères, les administrations… L’autre moitié des salariés qui restent doivent être formés pour un travail basé sur le résultat, les accompagner à la retraite et les remplacer par des jeunes plus aptes au travail productif. Mais personne ne veut le faire.

Autre chose, le commerce parallèle qui plombe les recettes publiques et la rentabilité des commerçants légaux ne va pas s’arrêter, car le commerce illégal est détenu par des politiciens, des députés de l’ARP, des fonctionnaires, des partis politiques, notamment par Ennardha qui se finance par ses marchands de rues, et qui sert aussi au financement du terrorisme.

Le système mafieux tunisien est six fois plus important que sous le régime Ben Ali, car aujourd’hui il est généralisé alors qu’avant il était détenu que par un clan bien déterminé.

Plusieurs solutions existent pour sortir le pays de ce rythme diabolique, mais c’est inutile de les proposer.

Premièrement, ils ne comprennent rien et ne veulent rien changer à la situation actuelle pour préserver la corruption. En novembre prochain à la conférence de Tunis en présence des experts français et européens, nous présenterons ces solutions, même que c’est trop tard et inutiles tant que ces voleurs comme Ennardha, une bonne majorité de députés, les partis politiques et l’UGTT seront aux commandes du pays.

Le temps où la Tunisie était le pays des hommes intègres et respectés comme sous le Père de la nation (que j’admire) Habib Bourguiba, Président d’un pays qui était une des toutes premières puissances dans le monde, reçu à Paris (photo 1) sur les Champs Élysées fermées pour l’occasion le 15 décembre 1973 ou encore à New-York (photo 2) le 11 mai 1961 par Kennedy au 5ème, avenue avec la foule en liesse et des tonnes de confettis. Aujourd’hui la Tunisie est la risée du monde, de Paris à Washington.

Habib Bourguiba aux champs Élysée
Habib Bourguiba à New York avec Kennedy

J’étais au symposium des banquiers mondiaux en août dernier à Jackson Hole dans le Wyoming, j’ai questionné le directeur des Affaires nord-africaines du FMI sur la Tunisie et il m’a répondu « oh ! Vous savez, la Tunisie c’est la même chose… » Inutile de raconter ses propos qui sont les mêmes que ceux du gouvernement français. Un avenir sombre, c’est la faillite.

Dommage pour cette jeunesse talentueuse qui veut travailler, mais peut-être vaut-il mieux cela pour nettoyer le pays de cette pourriture.

Je dédie cette prospective à Insaf et Thouraya, ces deux belles jeunes filles qui ont perdu la vie hier dans les inondations. Ce n’est pas l’eau qui les a noyés, mais les voleurs de toute la classe politique. Je n’oublierais jamais leurs beaux visages et pour elles, je vous hais au plus profond de moi, vous, les politiciens corrompus.

Alain Polomack

 

 

GUERRE D’ALGÉRIE : Le fichier secret du millier d’autres Maurice Audin

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GUERRE ALGÉRIE

Un document officiel sur les disparitions forcées durant la « bataille d’Alger » a été exhumé des Archives nationales d’outre-mer. À partir de ce fichier, un site Internet, 1000autres.org, a été lancé par des historiens et l’association Maurice Audin, en partenariat avec notre journal, pour contribuer à faire connaitre la vérité sur le sort de toutes les victimes.

« En cas de découverte, prévenir la famille »… Huit cent cinquante fiches de renseignements émises de mars à août 1957, en pleine « bataille d’Alger » : c’est un fichier d’une valeur inestimable qu’a exhumé l’historien Fabrice Riceputi des Archives nationales d’outre-mer. On y retrouve des noms familiers : celui d’Henri Salem, dit Alleg, d’Ali Boumendjel, ou de Maurice Audin, mais aussi de centaines d’autres anonymes portés disparus, dont les familles, soixante ans après, n’ont jamais retrouvé les corps.

Depuis sa mise en ligne, le 19 septembre, le site 1000autres.org, créé par l’Association Maurice-Audin et histoirecoloniale.net, a déjà permis à 35 victimes d’être identifiées par leurs proches. Certains ont déposé des messages : « Sadeg Rabah est mon père, explique Younes. Je me souviens du jour où il a été enlevé. J’avais 7 ans et demi… Il a été tué et enterré dans un endroit inconnu.» Un autre : «Je suis la petite-fille du martyr Mohammed Belkahla dont le nom se trouve dans la liste des disparus sur votre site… Des témoignages contradictoires nous sont parvenus sur son sort, le dernier disant qu’il avait été tué et jeté dans un trou avec des dizaines d’Algériens. Nous avons suivi cette piste mais nous n’avons aucun indice.»

Le site fait revivre une mémoire familiale encore vive

Ces témoignages démontrent combien les fantômes de la guerre d’Algérie continuent de hanter toutes les générations. «C’est très émouvant, explique Fabrice Riceputi. C’était le but de ce site, notamment de faire vivre une mémoire familiale que nous savons encore vive et contribuer à rendre justice à ces personnes.» Une manière, aussi, de prolonger le combat mené pour Maurice Audin, dont la famille a toujours souligné qu’il n’était qu’un des visages de la répression coloniale. «Combien de femmes algériennes, combien de mères algériennes, combien d’enfants algériens n’ont pas retrouvé leur mari, leur fils, leur père, “disparus” après être passés entre les mains des tortionnaires», s’indignait Josette Audin en 2000 dans les colonnes de l’Humanité. Pierre Mansat, président de l’Association Maurice Audin, explique que celle-ci «poursuivra son combat pour que tous ceux, Français et Algériens, qui furent comme lui victimes de ce système politique, torturés et assassinés, soient identifiés et reconnus et que leurs corps puissent être retrouvés».

 

 Ce fichier, Fabrice Riceputi l’a découvert à la faveur de ses recherches sur Paul Teitgen, ancien résistant torturé et déporté à Dachau, devenu en 1956 secrétaire général de la préfecture d’Alger, chargé de la police. Il en démissionnera le 24 mars 1957. «La France risque de perdre son âme, écrit-il alors au ministre Robert Lacoste. Je ne me permettrais jamais une telle affirmation si je n’avais reconnu sur certains assignés les traces profondes des sévices qu’il y a quatorze ans je subissais personnellement dans les caves de la Gestapo à Nancy.» C’est probablement lui qui signala l’existence de ce fichier. Devenue une archive publique accessible en 2017, ce document fournit des informations sur une partie conséquente de la masse d’anonymes tombés entre les mains de commandos de parachutistes français.

«Le but de l’élaboration de ce fichier était de répondre aux demandes de renseignements des familles, explique Fabrice Riceputi. On comprend fort bien aujourd’hui le refus de communiquer ce document. La préfecture d’Alger savait en effet qu’elle avait, en le constituant à d’autres fins, dangereusement documenté une pratique de répression visant à terroriser la population algérienne: l’arrestation par enlèvement de milliers de “suspects”, dont beaucoup avaient subi la torture et dont certains ne réapparaîtraient plus.»

Une angoisse inextinguible pour ceux qui restent

En effet, rien que sur ces huit mois de répression sanglante, de janvier à août 1957, Paul Teitgen évoquera le nombre de 3024 «disparus». Pour l’historien Pierre Vidal-Naquet, le nombre était certainement plus élevé. «En rendant invisibles les corps, on affecte dans le même mouvement la personne affectée et son entourage. Comme la torture, la disparition n’est efficace que si un tiers existe à côté, à l’extérieur de la relation entre le bourreau et sa victime, analyse l’historienne Raphaëlle Branche (1). Elle est, pour ceux qui restent, la souffrance assurée d’une angoisse inextinguible.» Qui ne s’est toujours pas éteinte soixante ans après les faits, comme en témoignent les messages des familles publiés sur le site. Alors, cette nouvelle initiative permettra-t-elle aux Algériens d’aller jusqu’au bout de ce travail de mémoire ? Si la presse, notamment le quotidien EL Watan, a beaucoup couvert l’affaire Audin récemment, les autorités politiques sont restées assez silencieuses. «Bien des informations et rumeurs circulent en Algérie sur des charniers et autres fosses communes, mais, à ce jour, rien n’a été entrepris pour parvenir à identifier les corps supposés s’y trouver, y compris celui de Maurice Audin, rappelle Fabrice Riceputi. À cet égard, on ne peut que constater l’inertie permanente depuis 1962 des autorités algériennes », regrette-t-il. Dans l’Art français de la guerre, Alexis Jenni écrit ceci : «J’appris que les morts qui ont été nommés et comptés ne sont pas perdus.»

MAUD VERGNOL

Source: L’humanité

(1) La Torture et l’armée pendant

La guerre d’Algérie, de Raphaëlle Branche. Gallimard, 2001.

 

 

 

 

 

 

Partir pour rester

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Ces derniers jours ça nettoie au karcher au sommet. FLEN est parti, FLEN aussi, même L’autre FLEN risque de partir à son tour. Attendez s’il vous plaît ! si, FLEN est parti, l’autre FLEN est parti, l’autre FLEN risque de partir, qui restera au sommet ?

Oui, mais vous oubliez que SI FLEN est toujours là ! Ah bon ? Si, si FLEN est toujours là ? Je ne vois pas pourquoi parle-t-on de nettoyage au karcher, pourquoi dit-on que nous ferons la grande lessive.

Personnellement, j’ai des doutes. Ceux dont on dit qu’ils sont partis en réalité, ils ne sont pas partis pour rester.

Oh, mon Dieu, je n’ai rien compris !

Ceux qui ne sont pas partis ne partiront jamais.

Ceux dont on dit qu’ils sont partis, ils ne sont jamais venus pour partir.

Maintenant, je sais que tu as tout compris. Tant que tu n’as rien compris, cela veut dire que tu as compris. Plus on avance, plus le jour fatidique approche. Tant qu’il s’agit de Flen et Flen qui part ou qui reste j’avoue que tout ce que j’ai compris, c’est que je n’ai rien compris et vous avec moi.