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mardi 17 février 2026
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Ainsi va l’Algérie

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C’est l’histoire d’un pays à part et d’un peuple unique. Un peuple qui tonne, qui détonne, s’indigne et fulmine. Qui, pourtant, tape des mains quand on lui danse du ventre. Même s’il est vrai pour certains qu’ils n’aiment pas trop la musique.
Un peuple qui rêve d’une autre vie, d’un autre pays, d’un autre destin. Il s’apitoie sur les bannis, les déportés, les exilés, les expatriés mais il n’aime pas son propre pays. Son pays, il veut l’abandonner, le léguer. Et il ne se gêne pas pour le montrer.
Il maudit l’ancêtre héroïque et il croit dur au mektoub qui l’a placé ici. L’ancêtre, qu’avait-il donc à rester là, lui qui avait le choix, alors que d’autres ont vendu, adjugé, cédé, aliéné puis partis? Faut-il rester encore en Algérie, tant il est vrai qu’Algérien rime un peu avec rien?  Mais que reste-t-il quand les résistants baissent le ton, quand les insoumis capitulent, quand les sages sont excédés, quand les braves sont effondrés ? Que reste-t-il quand l’art est agression, écrire est provocation, réfléchir est imprudent, dessiner vaut condamnation ? La fuite, ici, est un élan vital, mon frère. Et la peur donne des ailes.  Alors, pour regagner les pays du rire et du sourire, le peuple n’hésite pas à abandonner sa terre, ses mers, ses saveurs, ses odeurs. Il plie ses rêves, ses fantasmes et ses ambitions. Il compile ses idéaux, scelle son cerveau en ébullition pour conquérir d’autres horizons.
Pourtant il y a des lieux dans mon pays, chargés d’Histoire et de beauté. Je connais ce pays, mon berceau, mon repère. Mon prélude à la vie. Et le peuple, je l’ai vu: c’est le fonctionnaire, le chômeur, l’étudiant, le retraité. C’est le commerçant, l’agriculteur, la femme au foyer, les gamins apeurés. Le peuple, c’est les pauvres, les résistants, les pas grands choses, les cabossés de la société.  Avec quelques morceaux de rêves. Et l’amour de la patrie. L’attachement à une république lointaine, presque imaginaire, qui se moque de sa douleur, suspecte sa bonne foi, doute de ses intentions.
Le peuple, c’est aussi cet ouragan qui a pris des vies sur son passage et qui menace d’écraser et de dévaster le pays, de tuer l’originalité, les particularités et les différences. De changer l’homme pour le posséder. Lui tracer la voie, le forcer à la foi, lui inventer un Paradis.
Et il y a aussi les autres. Et leur vie pétillante, réglée comme une horloge dans leur monde de paillettes dorées. Le peuple ce n’est pas eux. Eux, c’est la puissance, la royauté, l’autorité. Eux, c’est le pouvoir. Abject, méprisant, haineux. Il dit connaître le peuple qu’il qualifie de suspicieux, de pleurnichard, de jamais content. Le peuple qui en demande toujours pour lui parce qu’il ignore la crise et la dette. Il se fout si le prix du brut a chuté.
Et il y a des jours comme ça : couleur de nuit, relent de haine.  Le peuple est usé, élimé, affamé. Le peuple a trop vu, trop subi. Les frontières sont fermées. C’est galère, colère, frayeur, terreur. Et deux nuances de peur: Le peuple hurle dans la peur du lendemain. Le pouvoir trame dans la peur de l’ultime acte du peuple. Il agit au plus vite. Il joue sa dernière carte : la solution par le don. Don de logements sociaux, de véhicules, de matériels, et prêts sans intérêt.  » Oyez, oyez, braves gens, faites surgir vos trompettes et vos tambours. On vous invite à la grande soupe populaire. « 
Le peuple satisfait, descend « spontanément » dans la rue. Des marches de soutien s’improvisent. Avec des banderoles, des posters géants aux portraits du président, des cris, des you you, des vivats et des barouds d’honneur.
Ben… Mal joué ! Le peuple fait un deuxième tome. Puis un troisième, un quatrième, quand il se rend compte que posséder un toit ne lui garantit pas la maîtrise de son existence. Il veut plus de choses: le travail, la dignité, les principes et les idées. La confiance disparaît…
Ainsi va l’Algérie .
– Katia Bouaziz .

Avancer en arrière

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– Ces derniers temps on constate au sein de la société algerienne, un débat sterile et a la limite de l’absurde.

Debat genre:
  la statue de Ain fouara vandalisée une première  fois par ABOU MARTEAU et une seconde fois par ABOU MENQAR.
 Des jeunes interviewés à setif même,  en majorité donnent raison à ces énergumènes.  Un jeune est allé jusqu’à dire que cette statue n ‘ a pas a etre édifiée à cette endroit qui se trouve à 100 m de la mosquée.
Ah la mosquée!
 Justement ce sont toutes ses mosquées qui pilulent nos villes et villages qui sont à l’origine de la dégradation des mentalités notamment celles des jeunes né après 1980.
Sinon en quoi gêne cette pauvre statue a Ain fouara à setif?
Il y a lieu juste de le rappeler qu il n y a pas si lontemps dans des villes comme setif, les maisons closes sont admises et qu’entre une maison close et une autre on retrouve une maison dite « HALLAL ».
Le phénomène de l intolérance gagne notre kabylie. Les mosquées y sont pour beaucoup. Ces dernières semaines des voix de jeunes « kabyles » salafiste d’ames et d’esprits condamnent la présence de femmes dans nos stades, ou nous constatons il est vrai leur présence de plus en plus nonbreuses notamment au stade du 1er novembre de tizi ouzou. Ces esprits aux cerveaux de poules menacent même la direction du club JSK d’intervenir avec force et vigueur au cas où ces femmes continuent à venir au stade.
 l’école et les mosquées commencent à donner leur fruit. La kabylie perd ses repères,  la laïcité n’est qu un vain mot. Ca prend de l’eau de par tout. On avance en reculant!
 Qu est ce qui nous arrive??
Ahmed Djenadi

Décès de Boustila

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Le boucher du Printemps noir est Mort.
Le général-major algérien Ahmed Boustila, ancien commandant de la gendarmerie, vient de décéder comme ses collègues de l’oligarchie mafieuse d’Alger, dans un hôpital… parisien.
Ahmed Boustila, originaire de Ain Mlila dans l’est algérien,  était le chef de la gendarmerie algérienne lors des événements tragiques de 2001 en Kabylie. Sous ses ordres 128 jeunes kabyles ont perdu la vie avec des balles explosives et des milliers de citoyens sont handicapés à vie. Ni lui, ni aucun autre responsable militaire ou politique algérien, n’a répondu devant la justice pour le massacre commis par les forces de l’ordre algériennes de 2001.
Le général Boustila est une des grandes fortunes de l’Algérie, ses enfants sont à la tête de dizaines d’entreprises alors que les enfants kabyles attendent toujours justice.
   
Ahviv Mekdam

Le général major, Ahmed Boustila est mort à Paris

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C’est à Paris, la capitale de l’hexagone que le  général major, Ahmed Boustila, ancien commandant de la Gendarmerie nationale a rendu l’âme à à l’âge de 74 ans, suite à une longue maladie.

Ce natif de Aïn M’lila, wilaya d’Oum Bouaghi était commandant de la gendarmerie nationale de mars 2000, jusqu’à son remplacement par le général-major Menad Nouba en 2015.

La rédaction

Inondations à Alger : élaboration d’un plan préventif à travers 12 points noirs

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Le point le plus dangereux est situé à Hussein Dey au niveau de la rue Tripoli où se trouve la voie du tramway

L’Etablissement de maintenance des réseaux routiers et d’assainissement d’Alger (ASROUT) a élaboré un plan préventif, en prévision des fortes pluies, et ce à travers la mobilisation de plus de 120 agents et de moyens matériels au niveau de 12 points noirs, a-t-on appris samedi du même établissement.

Un programme préventif a été élaboré, sur la base du bulletin météorologique spécial (BMS) concernant d’importantes chutes de pluies, au niveau de 12 points noirs, situés dans les régions basses des communes de Sidi M’hamed, Hussein Dey, Bab El Oued, la Casbah, El Harrach, Bouzareah et Bir Mourad Rais, a indiqué à l’APS le Directeur général d’Asrout, Aiter Saâdoune, au sujet des mesures prises contre la survenue d’inondations.

Pour chaque point, dix (10) agents dotés de moyens techniques seront mobilisés en cas d’inondations, d’obstruction de regards ou d’amas de terre dans les collecteurs d’eaux pluviales, a fait savoir le même responsable.

La commune de Sidi M’hamed compte 3 points noirs au niveau de la place 2 mai (Boulevard de l’ALN), qui s’étend vers la promenade des Sablettes et la Gare d’Alger, alors que la commune de Bab El Oued souffre d’un point noir au niveau du boulevard du Commandant Mira.

La commune de la Casbah compte un site exposé aux inondations, qui s’étend de la gare d’Alger vers la Pêcherie, a-t-il ajouté.

Selon M. Aiter, le point le plus dangereux est situé à Hussein Dey au niveau de la rue Tripoli où se trouve la voie du tramway, outre d’autres points au niveau des communes d’El Harrach, Bouzareah et Bir Mourad Rais.

En cas d’émission d’un bulletin météorologique prévoyant une forte chute de pluie à Alger, les agents d’Asrout interviennent de manière périodique et en continu au niveau des points noirs recensés à Alger déjà touchés par les inondations, car situés dans des régions basses, a indiqué le responsable.

Ces agents ont été dotés de moyens techniques modernes pour faire face aux inondations, assainir le réseau d’eau des résidus de terres amassés par les pluies et les avaloirs des feuilles d’arbres et différents déchets, a ajouté l’intervenant.

En prévision de la saison hivernale, M. Aiter a fait savoir que ces services avaient procédé jusqu’à ce mois en cours à l’assainissement de plus de 67.000 avaloirs, soit 90 % des avaloirs d’Alger qui ont été nettoyés 3 ou 4 fois selon leur position, notamment ceux situés dans l’un des 12 points noirs.

Alger compte près de 15.000 regards pour éviter le mélange de la terre avec l’eau potable, a rappelé le responsable qui ajouté que les agents ont procédé au nettoiement de 6393 regards, soit 45 % des regards d’Alger.

Ces agents sont également chargés de l’assainissement du réseau d’eau de pluie des terres, outre plus de 2500 canalisations d’eaux usées ainsi que les caniveaux qui s’étendent sur 4314 km pour éviter l’inondation des routes par les eaux de pluie.

APS

Pour contrer la disparition de Tamazight en Tunisie, un Tunisien l’enseigne gratuitement

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Alors que la langue amazighe est en train de disparaître en Tunisie, certains se sont donnés comme mission de la sauver à travers la transmission. C’est le cas de Mohamed Khalfallah, l’un des fondateurs de l’association tunisienne de la culture amazighe. Le militant s’est engagé à enseigner gratuitement la langue amazighe à ceux qui le souhaitent. (Vidéo ci-dessous)

https://www.facebook.com/maghrebvoices/videos/1003796429802989/?t=98

“Notre mission est de défendre l’amazighité comme étant une identité, une langue, une civilisation et une histoire, dont nous sommes fiers d’en faire partie. C’est notre origine en Tunisie et en Afrique du nord”, affirme Mohamed Khalfallah à Maghreb Voices.

Il explique par ailleurs que la défense de l’amazighité ne va pas à l’encontre de la langue arabe, en précisant qu’il faut promouvoir la diversité et non l’exclusion.

Sa mission est nécessaire pour perpétuer une langue ancienne qui en train de s’évaporer en Tunisie. On estime en effet que le nombre des berbérophones de nos jours représente moins de 0,5 % de la population. Ils représentent ainsi environ 50 mille personnes seulement, qui se trouvent pour la majorité dans les régions du sud (Chenini, Douiret, Matmata…) ou encore quelques village à Djerba.

 

Par Rihab Boukhayatia

Source : huffpostmaghreb.com

Mouwatana appelle à une mobilisation citoyenne pour faire barrage au 5e Mandat (Vidéo)

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Faute d’une autorisation pour tenir sa conférence nationale, la coordination nationale Mouwatana, réuni au siège du parti Jil Jadid a dressé une nouvel fois un constat alarmant du règne de Bouteflika et du “régime” imposé aux Algériens a avertit sur le danger de maintenir cette situation.

“Le 5ème mandat pour l’actuel Président, illégal du point de vue constitutionnel et immoral au vu de l’état de santé de l’intéressé, ne peut que prolonger et complexifier la crise et n’être en aucun cas sa résolution. Le bilan pathétique des quatre mandats et le désastre général de l’état des lieux sont loin de plaider en faveur d’une quelconque continuité ”, lit-on dans le texte portant résolution politique de la coordination.

 Pour Mouwatana, “il n’y a aucune autre solution viable et raisonnable en dehors du départ de l’actuel Président et des hommes dont il s’est entouré avec lesquels il a édifié son régime”.

Du point de vue de la Nation, lit-on encore, “l’interminable règne de cet homme aura été extrêmement couteux tant au plan de la gouvernance – erratique, médiocre et inefficace- mais plus encore au plan moral, la vertu ayant été remplacée par le vice comme principe de fonctionnement de l’Etat”

Autant de raisons qui motivent un refus de “la mascarade du 5ème mandat”. Mouwatana met en garde contre une “pression de la situation économique et sociale” que le  refus du 5e mandat puisse être exprimé par la rue avec  “les conséquences que l’on peut imaginer.”

Aussi Mouwatana propose un plan pour sortir le pays de cette impasse historique et l’engager sur la voie de l’édification de l’Etat de droit. Un plan qui comprend notamment le renoncement au 5ème mandat où à son prolongement, ou même à une succession de pure forme, l’organisation dune élection présidentielle ouverte, avec des garanties politiques négociées, permettant l’émergence d’une personnalité proposant la refonte des institutions d’Etat.

Tour à tour au cours de la conférence de Mouwatana, ses membres ont insisté sur la nécessité de changer de régime pour permettre au pays de sortir de l’impasse dan laquelle on se trouve aujourd’hui. Mouwatana appelle aussi à une mutualisation des efforts pour permettre à l’Algérie d’évoluer et de l’engager sur la voie de l’édification de l’Etat de droit.

https://www.facebook.com/mouwatana.dz/videos/2209065476014587/?t=1047

 

En plus de cette résolution politique, les 76 membres de la coordination de Mouwatana réunis au siège de Jil Jadid a voté une nouvelle direction pour le mouvement avec Soufiane Djilali comme Coordinateur National et Mme Zoubida Assoul comme porte-parole.

 

HuffPost Algérie

La Chine part en guerre contre le halal

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La lutte des autorités chinoises contre tout ce qui ressemble de près ou de loin à un musulman continue dans la région Xinjiang. Après l’interdiction du port du voile et les barbes « longues », les autorités locales veulent maintenant mettre au fin au Halal.

Ainsi, une bataille décisive vient d’être annoncée par le Parti communiste chinois d’Urumqi, capitale du Xinjiang, dont les conseillers viennent de prêter serment pour mener une lutte sans merci contre le Halal et sa propagation, rapporte le site Saphirnews.

« Je crois au marxisme-léninisme. Je lève l’étendard et combats jusqu’au bout la mode du halal, ferme dans ma croyance, et même jusqu’à la mort », est-il écrit dans cette note dont le contenu a été relayé par le réseau WeChat.

Les autorités chinoises semblent vouloir tout faire pour mettre fin à l’Islam dans cette région et ont même lancé des « centres de rééducation » pour « éduquer et transformer les personnes qui ont été influencées par l’extrémisme » et « les aider à transformer leurs pensées et à revenir dans la société ou leurs familles », indique la même source.

bladi.net

Le journaliste Saoudien : Trump promet un « châtiment sévère » si Ryad est responsable

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Donald Trump a estimé dans un entretien diffusé samedi que si l’Arabie saoudite était derrière la disparition du journaliste Jamal Khashoggi  son pays infligerait un « châtiment sévère » au royaume.

Le président américain Donald Trump a estimé que l’Arabie saoudite pourrait être derrière la disparition du journaliste Jamal Khashoggi et que si tel était le cas, son pays infligerait un « châtiment sévère » au royaume. « Pour l’instant, ils démentent (leur implication) et la démentent vigoureusement. Est-ce que ça pourrait être eux ? Oui », a dit le président dans un entretien à la chaîne CBS, enregistré jeudi et diffusé samedi.

Un sujet « particulièrement important ». Si l’Arabie saoudite s’avérait effectivement responsable, il y aurait « un châtiment sévère », a-t-il ajouté dans cet entretien dont la totalité sera diffusée dimanche soir. Donald Trump a affirmé que le sujet était particulièrement important « parce que cet homme était journaliste ».

Il exclue une limitation des ventes d’armes. Mais, interrogé sur les options envisagées, le président américain a dit ne pas être partisan d’une limitation des ventes d’armes au royaume, ce qu’il avait déjà dit précédemment. « Je vais vous donner un exemple, ils commandent des équipements militaires. Tout le monde à travers le monde voulait cette commande. La Russie la voulait, la Chine la voulait, nous la voulions. Nous l’avons eue, et nous l’avons eue entière », a-t-il dit. « Je vais vous dire ce que je ne veux pas faire. Boeing, Lockheed, Raytheon, je ne veux pas nuire aux emplois. Je ne veux pas perdre une commande pareille », a-t-il ajouté, estimant qu’il y avait « d’autres moyens de punir ».

 

Source : Europe1

Alger, une guerre souterraine féroce entre services secrets

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Les héritiers du DRS (services algériens), dirigés par le général Athmane Tartag, proche du clan Bouteflika, et le renseignement militaire, rattaché au puissant chef d’Etat Major, Gaïd Salah, se livrent une guerre incessante en coulisses. 

Comme l’avait noté Boumédiène, qui a façonné le pouvoir algérien, « l’armée est la colonne vertébrale du pays et les services secrets en sont la moelle épinière ». Cette grille d’explication reste toujours valable pour comprendre le théâtre d’ombres algérien, et alors qu’on assiste à une grave crise institutionnelle où l’on voit le patron du FLN, Djamel Ould Abbès, très proche du clan Bouteflika, réclamer la démission du président de l’APN (Assemblée Nationale), Saïd Bouhadja, avant de songer à l’exclure du mouvement.

Sur fond de menace de dissolution, de modification de la constitution, de la création d’une vice présidence et de report de la prochaine élection présidentielle qui devrait avoir lieu courant 2019.

Cette agitation de la classe politique s’explique par la guerre que se livrent, en coulisses, les services secrets algériens. Et où l’on assiste à la chute probable du général Athmane Tartag, dit « Bachir », l’actuel « coordinateur » des services algériens, qui s’est fait connaitre durant les années noires par une détermination sans failles contre les islamistes, mais en butte à l’hostilité du chef d’état-major, Gaïd Salah. Lequel Gaïd, depuis le grand ménage opéré cet été dans les rangs de la police et de l’armée, est devenu l’épicentre de la politique algérienne. Et cela avec l’aide des hommes de la DCSA (renseignement militaire) qui ont acquis une influence déterminante, en pilotant les dossiers judiciaires gravissimes dans l’affaire dite de la cocaïne qui éclabousse une grande partie de la classe politique et sécuritaire.

L’activisme de Saïd Bouhadja

Dans cette guerre qui ne dit pas son nom, le clan présidentiel n’a cessé de tirer à vue, ces dernières semaines, contre Saïd Bouhadja, président respecté de l’APN (Assemblée algérienne), qui peut revendiquer une légitimité historique de « moudjahidine » (ancien combattant) et une appartenance historique au FLN. S’il est devenu ainsi l’homme à abattre pour le clan de l’Ouest, c’est qu’il est, lui, originaire de l’Est comme l’est Gaïd Salah dont il s’est, dit-on, rapproché.

En cas de disparition soudaine d’un président Bouteflika très diminué et compte tenu du grand âge et de l’état de santé désastreux du président du Conseil de la Nation, qui devrait selon la constitution assurer l’intérim, ce serait le Président de l’APN qui pourrait être nommé nommé, le temps de la préparation d’élections présidentielles, à la tête de l’Etat. Ce scénario n’est pas pour plaire ni au clan Bouteflika, ni au Premier ministre Ouyahia, dont les ambitions présidentielles sont connues.

Une certitude, l’activisme de Bouhadja en faveur d’une transition paisible est de plus en plus visible. Certains affirment qu’il aurait rencontré récemment l’ex Premier ministre de Chadli, le colonel Mouloud Hamrouche, qui passe pour un des successeurs qui soient comestibles aux yeux de l’Armée. Ce que l’intéressé a démenti dans la presse. Plus grave aux yeux du clan Bouteflika, Saïd Bouhadja a écarté de l’APN le secrétaire général qui passait pour l’oeil du général Tartag chez les élus du peuple.

Le front médiatique

La bataille fait rage également sur le front médiatique où de nombreux coups sont portés de part et d’autre. Prenons le patron de la télévision Ennahar TV et du site d’information Alg24, Anis Rahmani, qui n’a rien d’un rebelle et a été soutenu constamment par Saïd Bouteflika, le frère du chef de l’Etat. Et bien ce patron de presse soudain téméraire  a laissé publier sur Alg24 un papier dénonçant l’incapacité des services du général Tartag à favoriser un dénouement de la crise politique, comme le faisait son prédécesseur et véritable maître de l’Algérie jusqu’en 2015, le général Toufik. Le même article vantait la force de caractère du président de l’APN, Saïd Bouhadja.

Et ce n’est pas tout. L’auteur du papier, Smail Djerbal, est menacé d’interpellation par les services de Tartag ? Et bien le patron d’Ennahar n’hésite pas à s’en prendre violemment au coordonnateur des services lors d’un coup de fil avec un des collaborateurs de ce dernier. Sur le thème : « Si vous voulez entendre mon journaliste, lancez un mandat d’arrêt. Et on saura vous répondre ». Et comble de l’affront, la conversation est rendue publique. Du jamais vu en Algérie ! À moins qu’Anis Rahmani bénéficie de certains encouragements en haut lieu. Des militaires ? Ou, qui sait, de Saïd Bouteflika lui-même qui aurait laché Tartag ? On se perd en conjectures….

Le vent tourne

Le rapport de forces semble défavorable aujourd’hui aux amis du général Tartag, plus proche de la porte que de l’augmentation. À la condition pourtant que les deux pôles principaux du pouvoir algérien, les partisans du président Abdelaziz Bouteflika et les proches du chef d’État Major, Gaïd Salah, se mettent d’accord sur le nom d’un successeur. Ce qui, en Algérie, peut prendre quelques semaines ou mois, tant le pouvoir algérien a pris l’habitude d’avoir l’éternité pour lui…

 

Par Nicolas Beau

Source Journal Monde Afrique