Politique d’exclusion au FFS
Les étoiles se souviennent de tout
Mouwatana : Résolution politique
L’Algérie vit une crise politique majeure. Le régime politique imposé aux Algériens est à bout de souffle et la rupture entre gouvernants et citoyens est définitivement consommée.
Ce régime fondé sur la force, l’appropriation des moyens de la nation par des groupes à des fins privatives, la corruption systématisée et programmée et la spoliation des biens matériels et moraux des Algériens par une caste devenue étrangère à son propre pays, ne peut en aucun cas offrir de nouvelles perspectives pour le pays.
L’Algérie aura à négocier, par la force des choses et dans un proche avenir, un nouveau système politique qui prenne en compte les aspirations et les besoins fondamentaux, matériels et moraux des citoyens. Une bonne gouvernance étant, par ailleurs, tributaire d’une classe politique compétente et intègre.
Les élections présidentielles de 2019 peuvent être une opportunité pour un changement de régime sans violence et sans déstabilisation pour le pays. Le 5ème mandat pour l’actuel Président, illégal du point de vue constitutionnel et immoral au vu de l’état de santé de l’intéressé, ne peut que prolonger et complexifier la crise et n’être en aucun cas sa résolution. Le bilan pathétique des quatre mandats et le désastre général de l’état des lieux sont loin de plaider en faveur d’une quelconque
continuité.
Il n’y a aucune autre solution viable et raisonnable en dehors du départ de l’actuel Président et des hommes dont il s’est entouré avec lesquels il a édifié son régime. Le Président Bouteflika a déjà presque réussi son pari : celui de rester jusqu’à la fin de ses jours sur le trône même si en contrepartie l’Algérie devait être sacrifiée. Y a-t-il plus grande trahison pour son pays ?
Du point de vue de la Nation, l’interminable règne de cet homme aura été extrêmement couteux tant au plan de la gouvernance – erratique, médiocre et inefficace- mais plus encore au plan moral, la vertu ayant été remplacée par le vice comme principe de
fonctionnement de l’Etat ! Le changement est donc non seulement nécessaire mais aussi inéluctable. Nous le
souhaitons et nous le voulons au moindre coût possible.
Le meilleur scénario à espérer pour l’avenir est que toutes les parties qui ont un rôle dans la vie politique du pays acceptent une évolution notable, dès l’élection présidentielle de 2019. Malheureusement, telle ne semble pas être la voie choisie.
Pour le moment, seul le peuple est dans un état d’esprit de refus de la mascarade du 5 ème mandat. La pression de la situation économique et sociale est telle, qu’un refus du peuple s’exprimant dans la rue n’est plus une vue de l’esprit, avec les conséquences que l’on peut imaginer.
Au vu de ces éléments, Mouwatana fait les propositions suivantes pour sortir le pays de cette impasse historique et l’engager sur la voie de l’édification de l’Etat de droit :
1) Renoncement au 5ème mandat où à son prolongement, ou même à une succession de pure forme.
2) Élection présidentielle ouverte, avec des garanties politiques négociées, permettant l’émergence d’une personnalité proposant la refonte des institutions d’état.
3) Sous l’égide du Président élu, mise en place d’un gouvernement d’union nationale pour gérer le quotidien et préparer les conditions idoines pour une véritable relance socio-économique.
4) Mise en place d’un processus constituant avec l’ensemble des partenaires politiques et de la société civile pour aboutir à une Constitution répondant aux attentes du pays (une Constitution modèle sera proposée par Mouwatana). Cette Constitution devrait valider un régime semi-présidentiel plus équilibré, avec un gouvernement responsable face aux élus du peuple, un pouvoir judiciaire indépendant de l’exécutif et des contre-pouvoirs sérieux, avec une cour constitutionnelle indépendante. Elle devra être approuvée par le peuple lors d’un référendum.
5) Les lois touchant aux libertés publiques, aux médias, aux partis politiques, aux élections etc… devront être amendées en fonction des nouvelles données.
6) Les nouvelles institutions devront être élues sous l’égide d’une commission électorale indépendante de l’exécutif et ayant la haute main sur l’ensemble du processus.
7) La fin du mandat présidentiel laissera place à une véritable compétition politique concernant cette fois-ci les programmes et les visions politiques.
Document officiel : Résolution Politique
L’association UEAF organise une conférence sous le thème « Étudiants étrangers, quelles perspective ? » à l’université de la Sorbonne
Lien de l’événement :
https://www.facebook.com/events/177329406520240/
Adresse :
5 Place Jussieu, 75005 Paris.
Metro : lignes 7 et 10.
station : Jussieu
Bus : 67,89.
Par S.Denane
Chronique
Le témoignage bouleversant de Ramia, ancienne esclave sexuelle de Daech
TÉMOIGNAGE – Alors que le prix Nobel de la Paix 2018 a été remis à Nadia Murad et Denis Mukwege pour leurs efforts dans la lutte contre « les violences sexuelles en tant qu’arme de guerre », Ramia Daoud Ilias, 16 ans, raconte dans un livre son année passée dans les griffes des plus hauts chefs de l’Etat islamique.
A 12 ans, elle a vécu l’enfer… et elle en est revenue. Ramia Daoud Ilias fait partie des plus de 3.000 femmes et jeunes filles yézidies capturées par l’Etat islamique en raison de leur foi – un monothéisme teinté d’Islam qui plonge ses racines dans l’Iran antique -, avant d’être réduites en esclave sexuelle.
Quelques jours après l’attribution du prix Nobel de la paix 2018 à Nadia Murad, ex-esclave de Daech, et Denis Mukwege, gynécologue au Congo, « pour leurs efforts pour mettre fin à l’emploi des violences sexuelles en tant qu’arme de guerre », Ramia Daoud Ilias a tenu à raconter, avec sa mère, son année de calvaire dans un livre : « Prisonnières ». Il en ressort un récit édifiant, un combat pour la survie, de l’Irak à l’Allemagne, de sa capture à sa nouvelle vie en passant par sa fuite. A 16 ans, elle témoigne pour ne pas qu’on oublie les milliers d’autres Yézidies capturées, et encore prisonnières.
Sa vie sous Daech
« Ma capture était un jour très difficile, ils nous ont mis chacun d’un côté, je n’oublierais jamais ce jour-là. [Ramia vivait alors dans un village du nord-est de l’Irak, dans la province du Sinjar, ndlr]. J’ai été vendue là où l’on vendait les esclaves sexuelles : des hommes prenaient les filles qui leur plaisaient. Ils ont choisi un groupe de filles, et on a été transférées à Kojo [un village au nord de l’Irak, ndlr]. J’ai été achetée par un homme du nom de Abou Hârith. On m’a emmené avec ma cousine dans la maison de cet homme, à Mossoul. Tous étaient des combattants de Daech. C’était très dure la vie avec eux. […]
J’ai été revendue plusieurs fois, la plupart du temps, je ne savais pas où j’étais. Et quand je demandais des nouvelles de ma famille, on me disait que c’était fini la famille, que mon père avait été décapité, que j’allais rester là, et qu’il fallait que je fasse mes prières. Ils me forçaient à réciter les prières de l’Islam, mais en cachette, je faisais toujours appel à ‘l’ange-paon’ [l’émanation de Dieu dans le yésidisme, ndlr] pour qu’il me vienne en aide et qu’il me libère ».
Sa fuite de Mossoul
« On voulait s’échapper de Mossoul et dans la maison où l’on était, on a eu la chance de trouver un téléphone portable, pour prévenir qu’on allait essayer de sortir. On était quatre filles, on a attaché toutes sortes de draps et de tissus ensemble et on est descendues par la fenêtre sans se faire voir. On a pris la fuite, on a marché, un taxi est venu, on a levé la main, il nous a pris et nous a déposé dans une maison. Ensuite, on a changé de maison et on pu manger, se laver, changer de vêtements. Mais aussi nous maquiller pour qu’on ne puisse pas être reconnues aux checkpoints.
Moi par exemple, j’ai les cheveux frisés et je me les suis lissés pour que l’on ne puisse pas me reconnaître : l’alerte avait été donnée et tous les checkpoints avaient notre signalement. Après plusieurs points de contrôle, on est sorti de Mossoul pour arriver dans la ville de Tall’Afar, à l’ouest du pays. Là-bas, on a marché deux nuits. La deuxième nuit, on est restées dans une maison parce qu’il y avait des bombardements aériens tout autour. Puis, on a repris la route vers un village où il y avait des Peshmergas kurdes. Ils nous ont logé, nous ont donné à manger et à boire. Les Peshmergas ont ensuite appelé directement mon oncle, et il est venu me retrouver […] ».
Sa vie après l’esclavage de l’Etat islamique
« Quand j’ai retrouvé ma tante Fazia, je lui ai raconté ce qu’ils m’avaient fait, qu’ils m’avaient violé. J’ai commencé à lui donner des détails, comment c’était arrivé… Elle m’a interrompu et m’a dit, ‘c’est fini ce temps-là, tu es en sécurité, il faut oublier’ […] Plus tard, quand j’ai retrouvé ma mère, je lui ai raconté aussi qu’ils m’avaient forcé, fait toute sorte de chose. Ça la rendait très triste, elle me disait aussi d’oublier, mais moi, je voulais me décharger : c’était un fardeau trop lourd à porter. […]
Ce que j’ai vécu était vraiment très dur, je continue à faire des cauchemars, je les vois me capturer à nouveau, je vois ces ennemis-là essayer de me violer encore et encore, je pleure dans mon sommeil. Et quand je me réveille, je pleure. […] J’ai décidé de raconter mon histoire dans ce livre, « Prisonnières », parce que ce n’est pas seulement la mienne : des milliers de filles yézidies ont été capturées, et des milliers sont encore prisonnières. Je veux qu’on puisse les aider et les libérer. […] Mon rêve c’est d’avoir toute ma famille réunie en Allemagne avec moi : mon père, ma mère, mes frères, mes sœurs. Sinon je suis mes cours au lycée et je rêve de devenir médecin, je fais une prépa pour ça en Allemagne ».
Pour l’heure, Ramia est toujours sans nouvelles de son père et de trois de ses frères, tous capturés et enrôlés de force par le groupe Etat islamique.
Source : Europe1
Le FFS en crise: Salima Ghezali radiée, Chafaâ Bouaïche “suspendu”, Ahmed Sili démissionne
Selon les statuts, les sanctions doivent être notifiées sous huitaine par le président de la commission de discipline. Or ce dernier a lui-même démissionné.
Salima Ghezali, journaliste, ex-conseillère de Hocine Aït Ahmed, député d’Alger a été radiée du FFS par la commission nationale de médiation et de règlement des conflits tandis que le député Chafaa Bouaïche est “suspendu” pour une durée de six mois.
Des décisions que le président de la commission, Ahmed Sili, a refusé de valider en présentant sa démission. Ahmed Sili qui aurait subi de fortes pressions dans une commission composée de partisans de Ali Laskri, crée une autre situation de crise car selon les statuts, les sanctions doivent être notifiées sous huitaine par le président lui-même.
Les sanctions se retrouvent ainsi suspendues au règlement de cette question statutaire. Ahmed Sili entend s’expliquer devant le Conseil national dont la réunion est prévue pour le 19 octobre 2018. Pour des sources proches du FFS, la volonté d’éliminer Salim Ghezali est le fruit d’un accord entre les deux membres de l’instance présidentielle, Ali Laskri et Amokrane Cherifi.
La journaliste qui jouit d’un grand respect parmi les militants était considérée comme une concurrente potentielle à la direction du parti. L’argument de sa radiation, un article interpellant le chef d’état-major de l’ANP paru sur TSA, est “un prétexte grossier” explique-t-on.
“Salima Ghezali est une journaliste connue, elle a dirigé l’hebdomadaire La Nation et aussi Libre Algérie, elle a exprimé un point de vue qui n’engage qu’elle même. Le problème de Laskri et Cherifi est que son écrit a été très apprécié par les militants”.
Chafaâ Bouaïche, député de Bejaïa, a écopé d’une “suspension” de six mois. Très présent dans sa wilaya, Chafaâ Bouaïche a mené une activité énergique contre les “mafias locales – et notamment celle du foncier” et n’hésitait pas à engager des batailles médiatiques frontales contre le Wali et autres responsables locaux.
La décision “modérée” contre Bouaïche témoigne de la gêne qu’inspire ce député actif. Elle montre aussi à quel point que la “radiation” de Salima Ghezali pour un simple article est excessive et “politiquement motivée par une volonté d’éliminer un concurrent” estime une source au FFS.
Malik Tahir
huffpostmaghreb.com
Mise en détention provisoire de cinq généraux-majors
Les cinq généraux-majors et un colonel ont comparu hier, dimanche 14 octobre 2018 devant le juge d’instruction près le tribunal militaire de Blida, ont été mis en détention provisoire, rapporte la chaîne de télévision privée Ennahar TV.
Les anciens commandant des première, deuxième et quatrième régions militaires, respectivement les généraux-majors Habib Chentouf, Saïd Bey et Abderrazak Chérif, ainsi que le général-major Nouba Menad, ancien commandant de la Gendarmerie nationale et le général-major Boudjemaâ Boudouar, ancien directeur central des finances au ministère de la Défense nationale, ont tous été mis en détention provisoire.
Ils ont été récemment limogés par le président Abdelaziz Bouteflika, puis ont été interdits de sortie de territoire par le Tribunal militaire de Blida.
Ces généraux sont poursuivis dans le cadre d’une vaste enquête relative au trafic d’influence et à divers abus de pouvoir.
“Les premiers éléments de l’enquête ont d’ailleurs révélé que ces généraux se sont accaparés des richesses incommensurables, profitant de leurs statut et grade”, rapportait le site ALG24.
Source : huffpostmaghreb.com
Israël a voulu empêcher une diffusion d’ « Envoyé spécial »
L’ambassadrice d’Israël à Paris a demandé à France Télévisions d’annuler la diffusion d’un reportage sur la bande de Gaza, trop « négatif » pour l’État hébreu.
La démarche serait « inédite ». L’ambassadrice d’Israël a Paris, Aliza Bin Noun, a écrit mercredi une lettre à la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, afin de réclamer l’annulation de la diffusion d’un reportage d’Envoyé spécial, finalement diffusé comme prévu le lendemain.
Le reportage en question, « Gaza : une jeunesse estropiée » a été réalisé auprès de jeunes habitants de la bande de Gaza, mineurs pour la plupart, blessés et amputés des suites de tirs à balles réelles de l’armée israélienne lors des « marches du retour », qui ont lieu tous les vendredis depuis la fin mars.
Dans son courrier, l’ambassadrice s’inquiète des « répercutions dommageables et dangereuses » de ce reportage sur la communauté juive de France. Selon elle, le document d’Envoyé spécial présente un « point de vue déséquilibré » et « met […] Israël en avant d’une façon très négative ». Le reportage est « susceptible d’inciter à la haine à l’encontre d’Israël et peut ainsi avoir des répercussions directes, notamment physiques, sur les Français de confession juive », insiste encore la diplomate, qui demande un droit de réponse à l’issue de la diffusion. France télévision n’a donné suite à aucune de ses réclamations.
La démarche a de quoi surprendre. D’autant plus que, comme l’a confirmé au Mondele porte-parole de l’ambassade Shimon Mercer-Woods, ni l’ambassadrice ni ses collaborateurs n’ont visionné l’intégralité du reportage avant sa diffusion.
180 morts, des milliers de blessés
Celui-ci filme des familles gazaouies, et de nombreux jeunes, souvent mineurs, venus protester contre Israël dans le cadre de la « Marche du retour » en 2018. La majorité n’est pas armée, mais certains viennent avec des outils pour couper les barbelés qui encerclent la bande de Gaza, des lance-pierres ou des cerfs-volants enflammés. Le reportage témoigne de ce que de nombreux médias ont déjà relayé au printemps : l’armée israélienne tirant systématiquement à balles réelles sur les manifestants, dont certains étaient non-armés et se trouvaient à plusieurs centaines de mètres de la frontière.
La parole laissée à l’armée israélienne en fin de reportage ne constitue pas, pour l’ambassade d’Israël à Paris, un contre-poids suffisant à ce reportage jugé à charges. Shimon Mercer-Wood, interrogé par Télérama, a accusé Envoyé spécial de « diffamation » pour avoir « caché qu’il y avait aussi des Palestiniens armés qui venaient pour tuer des Israéliens ». Il a, en revanche, refusé de commenter les images des manifestants blessés.
Le reportage évoque 180 Palestiniens morts touchés par les tirs israéliens et plus de 5 000 autres blessées depuis le début de la « marche du retour ». Côté israélien, un soldat a perdu la vie.
« Ingérence inédite et inquiétante »
D’autres personnalités ont également vivement critiqué le reportage d’Envoyé spécial. Francis Kalifat, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a notamment dénoncé un message de « haine » envers Israël.
La Société des journalistes de la chaîne a, en revanche, tenu à saluer le reportage et sa diffusion.
L’émission « Envoyé spécial » a diffusé jeudi un reportage sur les jeunes blessés des tirs israéliens lors de la « marche du retour » au printemps.
L’ambassadrice d’Israël à Paris a demandé à France Télévisions d’annuler la diffusion d’un reportage sur la bande de Gaza, trop « négatif » pour l’État hébreu.
La démarche serait « inédite ». L’ambassadrice d’Israël a Paris, Aliza Bin Noun, a écrit mercredi une lettre à la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, afin de réclamer l’annulation de la diffusion d’un reportage d’Envoyé spécial, finalement diffusé comme prévu le lendemain.
Le reportage en question, « Gaza : une jeunesse estropiée » a été réalisé auprès de jeunes habitants de la bande de Gaza, mineurs pour la plupart, blessés et amputés des suites de tirs à balles réelles de l’armée israélienne lors des « marches du retour », qui ont lieu tous les vendredis depuis la fin mars.
Dans son courrier, l’ambassadrice s’inquiète des « répercutions dommageables et dangereuses » de ce reportage sur la communauté juive de France. Selon elle, le document d’Envoyé spécial présente un « point de vue déséquilibré » et « met […] Israël en avant d’une façon très négative ». Le reportage est « susceptible d’inciter à la haine à l’encontre d’Israël et peut ainsi avoir des répercussions directes, notamment physiques, sur les Français de confession juive », insiste encore la diplomate, qui demande un droit de réponse à l’issue de la diffusion. France télévision n’a donné suite à aucune de ses réclamations.
La démarche a de quoi surprendre. D’autant plus que, comme l’a confirmé au Mondele porte-parole de l’ambassade Shimon Mercer-Woods, ni l’ambassadrice ni ses collaborateurs n’ont visionné l’intégralité du reportage avant sa diffusion.
180 morts, des milliers de blessés
Celui-ci filme des familles gazaouies, et de nombreux jeunes, souvent mineurs, venus protester contre Israël dans le cadre de la « Marche du retour » en 2018. La majorité n’est pas armée, mais certains viennent avec des outils pour couper les barbelés qui encerclent la bande de Gaza, des lance-pierres ou des cerfs-volants enflammés. Le reportage témoigne de ce que de nombreux médias ont déjà relayé au printemps : l’armée israélienne tirant systématiquement à balles réelles sur les manifestants, dont certains étaient non-armés et se trouvaient à plusieurs centaines de mètres de la frontière.
La parole laissée à l’armée israélienne en fin de reportage ne constitue pas, pour l’ambassade d’Israël à Paris, un contre-poids suffisant à ce reportage jugé à charges. Shimon Mercer-Wood, interrogé par Télérama, a accusé Envoyé spécial de « diffamation » pour avoir « caché qu’il y avait aussi des Palestiniens armés qui venaient pour tuer des Israéliens ». Il a, en revanche, refusé de commenter les images des manifestants blessés.
Le reportage évoque 180 Palestiniens morts touchés par les tirs israéliens et plus de 5 000 autres blessées depuis le début de la « marche du retour ». Côté israélien, un soldat a perdu la vie.
« Ingérence inédite et inquiétante »
D’autres personnalités ont également vivement critiqué le reportage d’Envoyé spécial. Francis Kalifat, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a notamment dénoncé un message de « haine » envers Israël.
La Société des journalistes de la chaîne a, en revanche, tenu à saluer le reportage et sa diffusion.
La rédaction d’Envoyé spécial s’est, elle, dite peu surprise par le jugement porté par les diplomates israéliens sur le reportage. Mais Yvan Martinet, journaliste auteur du sujet, a déclaré au Mondeêtre « consterné de voir l’ambassade d’Israël interférer dans [leur] ligne éditoriale avant même la diffusion ». Il a assuré n’avoir « pas une virgule à enlever à ce reportage » et a dénoncé une « tentative d’ingérence inédite et inquiétante ».
Interrogé par Télérama sur le caractère inquiétant d’une demande d’annulation de la diffusion d’une production journalistique par les représentant d’une puissance étrangère, le porte-parole de l’ambassade a refusé de qualifier la démarche de « censure ». Il a également affirmé au Mondeque l’ambassade n’hésiterait pas à réitérer ce type de « demande » en cas de publication de contenus « posant les mêmes problèmes ».
Par Eléa Pommiers,
Source Journal l’Express











