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mardi 31 mars 2026
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Le procès de la militante du Hirak, Nawal Benaissa, a été reporté

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Amnesty International appelle à mettre fin aux poursuites contre celle qui a manifesté aux côtés de Zefzafi.

JUSTICE – Son procès qui devait avoir lieu le 18 octobre à la Cour d’appel d’Al Hoceima a été reporté au 20 novembre. La militante du Hirak Nawal Benaissa devra donc attendre quelques jours de plus avant de connaître son verdict.

“Quand Nasser Zefzafi et d’autres militants ont commencé à se rassembler et à créer le mouvement Hirak, j’ai ressenti le besoin de faire entendre ma voix. J’ai quitté ma cuisine pour descendre dans la rue afin de demander que les droits universels soient respectés”, a raconté, à Amnesty International, la militante qui a protesté aux côtés de Nasser Zafzafi, leader du mouvement du Rif. Ce dernier a écopé, le 26 juin, de 20 ans de prison ferme.

“En tant que mère inquiète pour l’avenir de mes quatre enfants, j’ai vraiment compris les raisons qui ont poussé ces jeunes hommes et jeunes femmes à protester et à demander des conditions de vie décentes et plus de justice sociale”, a déclaré Benaissa à l’ONG internationale pour la défense des doits de l’Homme.

Qualifiée par plusieurs médias marocains et internationaux comme la relève de Zefzafi, la Rifaine de 37 ans avait quant à elle été condamnée, le 15 février 2018, à 10 ans prison et une amende de 500 dirhams pour “participation à une manifestation non autorisée”, “insulte aux agents de la force publique”, et “incitation à commettre des infractions pénales”. Malgré ses quatre arrestations entre juin et septembre 2017, Benaissa est pourtant restée en état de liberté en attendant son nouveau procès.

Nawa Benaissa avec Nasser Zefzafi

Très active, depuis le début du mouvement, sur sa page Facebook, supprimée à la demande des autorités, où elle comptait plus de 80.000 abonnés, Benaissa avait d’abord été poursuivie pour incitation à la protestation pour ses déclarations publiées sur le réseau social entre juin et août 2017.

Libération immédiate

Le 17 octobre, Amnesty International a appelé à abandonner toutes les poursuites contre cette “défenseure des droits humains”. Pour l’organisation, Nawal est une “manifestante pacifique” qui a été victime “d’actes d’intimidation et de manœuvres de harcèlement répétés”.

“La condamnation de Nawal Benaissa a clairement pour but de la réduire au silence et de criminaliser son militantisme et son rôle au sein du mouvement Hirak. Les autorités doivent annuler sa déclaration de culpabilité et sa condamnation, et abandonner immédiatement les poursuites lancées contre elle”, a déclaré dans un communiqué, Heba Morayef, directrice régionale pour le Moyen-orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.

L’organisation a également appelé, par la même occasion, à la libération de tous les manifestants, défenseurs de droits humains, militants et journalistes non violents incarcérés “uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique”.

Par ailleurs, l’ONG invitera le 29 novembre des milliers de ses membres et sympathisants dans le monde, afin “d’agir en faveur de Nawal Benaissa” lors de la campagne annuelle d’Amnesty, ”Écrire pour les droits”. Les sympathisants seront invités à prendre part à de grandes sessions d’écritures de lettres mais aussi à signer des pétitions pour libérer les détenus politiques, poster des tweets et envoyer des courriels adressées notamment aux détenus politiques.

Ibtissam Ouazzani

Source : huffpostmaghreb.com

Ouyahia ordonne aux ministres et walis d’interdire le port du Niqab

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Dans une instruction datée du premier octobre ,relative  aux « obligations  des fonctionnaires et agents publics en matière de tenue vestimentaire », le Premier ministre  a commencé par informer que « mes services  ont été saisis au sujet des obligations  des fonctionnaires  et agents publics  en matière de tenue vestimentaire , notamment celle relative au port du Niqab »

Dans ce cadre , rappelle t-il. « les fonctionnaires et agents publics doivent, outre les obligations professionnelles auxquelles ils sont soumis, observer les règles et exigences de sécurité et de communication au sein de leur service, qui imposent leur identification physique systématique et permanente notamment sur le leur lieu de travail »,

Et  le Premier ministre d’ajouter dans sa correspondance qu’à ce titre les fonctionnaires et agents publics « sont tenus de s’abstenir de tout acte ou comportement de quelque nature que ce soit, y compris au plan vestimentaire, incompatible avec la nature de leurs fonctions et d’avoir une conduite digne et respectable devant traduire les règles et principes régissant le service public dont notamment la neutralité, la continuité et la transparence »

« Au regard de ce qui précède, écrit encore , le Premier ministre   « j’ai l’honneur  de vous demander de bien vouloir informer l’ensemble  des fonctionnaires et agents publics relevant  de votre tutelle à l’effet de se conformer scrupuleusement aux dispositions  de la présente instruction  et s’abstenir de porter toute tenue vestimentaire  de nature  entraver l’exercice de leur mission de service public, particulièrement le port du NIQAB qui est strictement interdit sur les lieux de travail »

Par Abbès Zineb

Source : algerie1.com

Le 5e mandat de Bouteflika perturbé

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Lancé prématurément plus d’un an avant l’échéance d’avril 2019, le projet de faire élire le président Bouteflika pour un 5e mandat connaît les premiers syndromes de complications. Mais qui en est responsable ?

“Tout le monde au sein du pouvoir politique algérien n’est pas d’accord avec le projet d’un 5e mandat présidentiel de Abdelaziz Bouteflika, et il a peu de chances d’aboutir ”, ce pronostic répété par plusieurs personnalités politiques -parmi lesquels d’anciens chefs de gouvernement et d’anciens ministres- dans les commentaires en off de la situation, paraissait irréaliste il y a encore deux mois au plus fort des ralliements en faveur de la “continuité”  de Bouteflika à la tête de l’Etat.

L’incarcération cette semaine à la prison militaire de Blida de cinq généraux majors, hauts responsables dans l’armée durant de longues années, et la poursuite du blocage à l’assemblée nationale à cause d’un bras de fer institutionnel, sonnent de plus en plus comme les signes avant-coureurs d’une difficulté insondable à mettre tout l’appareil de l’Etat en ordre de marche autour du projet de la reconduction mécanique de Bouteflika comme en avril 2014. Si l’on y regarde de plus près la mise en détention d’une partie de la haute hiérarchie de l’ANP est un événement sans précédent en dehors des situations de coups d’Etat réussis (1965) ou avortés (1967).

Elle est  difficile à coupler avec la seule implication de certains d’entre eux dans le recel du trafic d’influence du principal présumé trafiquant dans l’affaire de la cocaïne saisie à Oran.  La tradition dans ce type d’affaires est rarement de poursuivre judiciairement les suspects d’enrichissement illicites. Les trois cas les plus connus de mise en détention de généraux -Belloucif et Badreddine dans les années Chadli, et le général Hassan en 2015, pour un chef d’accusation différent dans le cas de Hassan-  obéissent à des enjeux conjoncturels précis. La règle est l’impunité dans le milieu. Elle a été largement  démentie dans cette semaine.

Jurisprudence Khelil

Officiellement tout est parti de la saisie par l’armée, le 29 mai dernier, des 701 kilos de cocaïne en rade d’Oran dans un bateau en provenance du Brésil.  L’enquête qui s’en est suivi n’a jamais pu être stoppée pour éviter de toucher de hauts responsables dans les services de sécurité qui avaient des liens avec Kamel Chikhi dit le Boucher, destinataire présumé de la marchandise saisie à Oran. “Nous sommes dans une jurisprudence Chakib Khelil”, explique un ancien officier du DRS.

En 2009, le général Toufik, patron des services prévient le président Bouteflika qu’il existe des faits établis de corruption à grande échelle sur des marchés de services à Sonatrach et que l’enquête pourrait aller jusqu’à la tête du secteur. Le président, devant les faits, est obligé d’accuser le coup et de laisser faire, jusqu’au point de se séparer de son ami ministre de l’énergie qui a préféré se réfugier aux Etats-Unis. La présidence de la république (Said Bouteflika en fondé de pouvoir) et le  chef d’Etat major Ahmed Gaid Salah ont fait de même face aux faits accablants d’Oran. La suite n’était sans doute pas prévue ainsi.

Comme dans le cas Khelil, Abdelaziz Bouteflika est obligé de se séparer du général Hamel  patron de la sûreté nationale et compté comme une carte majeure de protection des intérêts du clan au moment de la succession. Si la charge contre l’ancien patron de la DGSN paraissait être conduite par le chef d’Etat major de l’armée, qui lui vouait une franche inimitié, les autres profils déchus les semaines suivantes, sèment la confusion. Ahmed Gaid Salah paraît avoir perdu la main dans “l’opération main propre” lorsqu’elle touche des généraux amis de longue date comme Said Bey, chef de la 2e région militaire, ou son proche collaborateur le général Boudjemaa Boudouaouer, directeur des finances au ministère de la défense nationale (MDN) ; et à ce titre président de la commission des marchés.

Les dossiers à charge qui ont conduit les cinq généraux au mandat d’arrêt, ont été préparés par des enquêtes de la sécurité de l’armée et endossée par leurs successeurs dans la fonction pour finalement être transmis au procureur près le tribunal militaire de Blida. Si le général Major Ahmed Gaid Salah n’a pas soufflé sur les braises dans cette affaire, il s’est privé d’essayer de les éteindre. Après tout pourquoi s’interposer puisque la bourrasque allait emporter également des hauts officiers que le chef d’Etat major de l’armée ne contrôlait pas comme le général Chentouf chef de la 1er RM, proche de la famille Bouteflika et dont la déchéance lui convenait.

 Gaid Salah et Said Bouteflika, forces de somme nulle

Si Ahmed Gaid Salah ne paraît pas être l’artisan de cette opération main propre qui l’a affaiblit finalement en montrant l’armée sous son pire visage pour les Algériens, l’initiative et la conduite en revient elle à Saïd Bouteflika au nom de son frère président ? Là également, les doutes sont permis. Jurisprudence Khelil. La présidence a dû laisser se poursuivre l’enquête devant l’opinion nationale et le regard des partenaires, notamment la DEA américaine qui s’est intéressée à l’affaire de la cocaïne d’Oran.

Elle s’est prudemment rangée à chaque fois aux conclusions des enquêteurs en opérant à la destitution des chefs de services de sécurité incriminés dans des prises d’intérêts illicites ou affichant un train de vie suspect. L’accélération des événements avec le passage au mandat de dépôts des cinq généraux incriminés laisse penser que le pilotage de ce dossier a été protégé des éventuelles instructions “contraires” provenant de la “présidence”,  pour finalement suivre dans un délai rapide un chemin procédurier “autonome” entre les services de sécurité de l’armée et la justice militaire.

Les nombreuses personnes interrogées sur les procédures en pareille situation restent toutefois sceptiques sur la capacité de la justice militaire d’instruire des dossiers aussi sensibles sans prendre “conseil ” auprès de la hiérarchie professionnelle (le MDN) ou politique (la présidence).  “Si des instructions pour ne pas aller plus loin dans les investigations ne sont venues ni de l’un ni de l’autre alors la justice militaire va interpréter cela comme un feu vert pour aller au bout”, explique l’ancien officier du DRS.

C’est probablement ce qui s’est passé dans le cours de l’instruction qui a vu les chefs des 1ere, 2e et 4e régions militaires, le commandant en chef de la gendarmerie nationale Nouba Menad et le directeur financier du ministère de la défense finir en détention préventive moins de deux mois après avoir été relevés de leurs fonctions. Pas plus Saïd Bouteflika que Ahmed Gaid Salah n’a été l’acteur constant du pilotage des informations judiciaires qui viennent de provoquer un séisme politique par leur issue spectaculaire. C’est même la neutralisation entre ces deux pôles de pouvoir -à la fois alliés sous Bouteflika et concurrents dans sa succession- qui a rendu possible une enquête aussi rapide et sa rupture avec les modalités traditionnelles.  Personne n’avait de son coté seul assez de pouvoir -et par conséquent assez de volonté -pour la stopper.

Le doute s’est insinué dans les esprits

La lecture de l’affaire des généraux comme une péripétie du désordre au sein du pouvoir politique ce serait arrêté là s’il n’y avait pas dans le même temps la bataille autour de la présidence de l’assemblée nationale. C’est là qu’intervient la théorie de la main invisible.  Une force non identifiée pousse le président de l’APN, Said Bouhadja à résister à son poste face à la majorité parlementaire qui veut le démettre du perchoir. Lui, affirme qu’il s’agit de la présidence de la république qui lui aurait signifié qu’elle n’a jamais demandé qu’il démissionne. En fait, Said Bouhadja est le premier personnage politique à mettre devant ses inconséquences le système de pouvoir présidentiel par procuration. Bouteflika ne peut rien lui dire.

Donc il a décidé que Bouteflika ne veut pas qu’il démissionne de la présidence de l’assemblée. Il peut d’autant plus camper sur une telle position que la constitution ne prévoit pas le mécanisme de sa destitution. Un pouvoir que le législateur a heureusement oublié d’ajouter aux gargantuesques prérogatives présidentielles. Le 30 septembre dernier un émissaire “de la présidence” est allé voir Saïd Bouhadja chez lui pour lui dire de ne pas bouger de son poste. Ce que l’ancien moudjahid de la wilaya II a pris, depuis, au pied de la lettre.  Au point où ce sont les députés de la majorité qui en ont perdu leur sang froid, allant jusqu’à sceller les portes de l’APN ce mardi pour empêcher son président d’y entrer.

Pour Anis Rahmani, le responsable de ce chaos à l’assemblée nationale porte un nom :  Bachir Tertag, le coordinateur des services de sécurité à la présidence de la république n’a pas réussi à résoudre le conflit (comprendre à faire entendre raison au président récalcitrant de l’APN). Bachir Tertag ne serait pas loin -dans le reproche du directeur d’Ennahar- d’être accusé d’infidélité à l’égard du président Bouteflika et de son frère. La montée au créneau contre l’incurie des services de sécurité (Ex DRS), signifie que leur rôle dans la mise en place et le succès du projet du 5e mandat présidentiel devient sujet à caution. Le doute s’est insinué. Et la violence de la réponse de la caserne Antar  (ex DRS) à l’article de ALG24 (Ennahar online en français), montre bien toute l’étendue des dégâts politiques que ce doute provoque en s’insinuant dans les esprits.

Dans la conduite éclaire de l’enquête qui décapite la hiérarchie de l’armée comme dans la résistance au poste de Saïd Bouhadja à l’Assemblée nationale, il y’a un peu comme une main invisible qui suggère que le 5mandat est loin d’être une affaire réglée pour tous. Une main invisible qui, pour Ennahar -qui le déplore- ou pour d’autres acteurs qui s’en réjouissent, a le visage du général Toufik et des anciens officiers de son puissant service en liaison avec des collègues en fonction.

Ils tireraient, selon cette théorie, les ficelles pour faire dérailler le projet d’un mandat de plus pour un président devenu impossible à vendre aux Algériens et au monde. Le désordre apparent serait donc un désordre provoqué. Une sorte de sabotage rampant de l’idée de la continuité Bouteflikienne.  La théorie de “la main invisible” est bien sur une hypothèse qui débute son examen de la réalité.  Elle se vérifiera, ou pas, dans les jours et les semaines qui viennent en fonction de l’évolution du désordre et des résistances inertielles dans les appareils. Elle pèse  de si peu cependant face à ce que peut changer en Algérie un mouvement populaire organisé en faveur du changement.

Ihsane El Kadi

Source : huffpostmaghreb.com

Conférence sur Mouloud Mammeri, la solitude dans la quête de vérité

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L’association Jean L’Mouhouv Amrouche organise le samedi 20 octobre à 18h 00 au Château Sans-Souci -36, avenue Lacassagne, 69003 Lyon une conférence sur : Mouloud Mammeri  » la solitude dans la quête de vérité ».

Né à Ait Yenni en Haute Kabylie, le 28 décembre 1917, Mouloud Mammeri passe sa prime enfance dans dans une « colline », Taourirt Mimoun, où les valeurs Kabyles sont sauves, l’honneur grand et la dignité préservée. Quelques années plus tard, il quitte Taourirt pour vivre chez son oncle à Rabat. Par la suite, il sera amené à vivre à Alger, Paris. Il connaîtra d’autres pays pendant la guerre 39-45 où, comme de nombreux Algériens, il sera enrôlé. L’action de Mouloud Mammeri est fondée essentiellement sur la quête des origines de son peuple.

Il était étudiant quand avec des amis « il voulait faire sortir la France » mais la mobilisation des jeunes Algériens pendant la seconde guerre mondiale dispersera le groupe. « La Guerre, dit-il, a été une leçon de vie et de patriotisme » En 1947, Mouloud Mammeri militera avec les étudiants nord-africains pour libérer l’Afrique du Nord du joug colonial.Mais c’est pendant la guerre d’Algérie qu’il s’engagera réellement dans la lutte : il intègre le FLN et quittera l’Algérie-parce que recherché par les parachutistes- pour le Maroc en 1957.

On peut donc dire que son action militante pour la libération de son peuple a commencé très tôt. On en trouvera trace d’abord dans ses romans puis dans la recherche scientifique. […] son œuvre littéraire est une grande fresque où se trouve inscrite l’histoire sociale et culturelle de l’Algérie. L’indépendance politique du pays dans laquelle il était partie prenante était loin de lui apporter, tant s’en faut, l’espoir de voir son identité recouvrée. De nouveau confronté à l’occultation de son histoire, de ses racines la lutte plus profonde, plus subtile devient son étendard.

Depuis il s’est résigné à instiller dans l’esprit de ses jeunes élèves le suc de la culture berbère qu’il a goûtée enfant, savourée adolescent … » Tassadit Yacine, Mouloud Mammeri : un symbole in Awal, 1990 Nos deux conférenciers, Hend sadi et Aomer Oulamara, ont été parmi ses premiers élèves et ont , parallèlement à leurs études et travaux scientifiques? produit et écrit en langue berbère conformément à l’enseignement de leur maître. Ils étaient parmi ceux qui l’ont invité en mars 1980 à l’université de Tizi Ouzou pour une conférence sur les poèmes kabyles anciens, conférence interdite par le Pouvoir et qui finit par provoquer les événements à l’origine du Printemps berbère dont les répercussions sont encore d’actualité. L’association Jean El-Mouhoub Amrouche vous remercie de partager et d’honorer ce rendez-vous.

Zahia BOUFASSA

L’après Bouhadja à l’APN: Le compte à rebours a commencé

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Tout devait se décider hier mercredi quant à l’avenir de Said Bouhadja à l’Assemblée nationale, et autant pour sa présence au perchoir, un peu plus de 20 jours après que les députés de la majorité lui ont retiré leur confiance et voté une motion de défiance.

Les choses semblent s’accélérer à l’APN dont les activités sont bloquées par une fronde des groupes de la majorité parlementaire qui ont demandé à Said Bouhadja de démissionner de son poste. Mardi, devant le refus du président de l’APN de céder à «une action illégale» selon ses déclarations, «à une bande», les députés de la majorité parlementaire (FLN, RND, MPA, TAJ) plus les Indépendants, ont posé une chaîne et «cadenassé» la porte principale d’accès au Parlement pour empêcher Bouhadja de rejoindre son bureau. Cette action s’est poursuivie hier mercredi à l’intérieur de l’Hémicycle pour empêcher le président de l’APN d’entrer et d’accéder à ses services, alors que le bureau de l’assemblée devait se réunir pour se prononcer notamment sur la vacance de la présidence de l’Assemblée et préparer l’après-Bouhajda.

Selon Cheikh Berbera, président du groupe parlementaire du Mouvement Populaire Algérien (MPA), les protestataires «poursuivront» leur action pour exprimer «leur refus de travailler» avec M. Said Bouhadja. Quant à la réunion d’urgence du bureau de l’APN convoquée mardi par les présidents des groupes parlementaires et présidents de commission, il annoncera qu’elle devait se tenir hier mercredi à 14h00 sous la présidence du plus âgé des députés (Hadj El Ayeb).

Touahria Meliani Abdelbaki, président de la commission de l’agriculture, de la pêche et de la protection de l’environnement à l’APN, affirme de son côté que lors de cette réunion le bureau de l’APN examinera certains points se rapportant au fonctionnement de l’Assemblée nationale, en tête desquels l’affaire de M. Bouhadja, et ce, a-t-il dit, «conformément aux dispositions du règlement intérieur de l’assemblée».

Après avoir verrouillé l’accès de l’APN à son président, les protestataires se sont réunis hier mercredi en début d’après-midi pour entamer la dernière étape de la destitution du président de la seconde chambre du Parlement. Cette réunion devait en réalité, selon l’un des protestataires, «constater» la vacance de la présidence de l’APN. «Le bureau de l’Assemblée va se réunir et sera présidé par le plus âgé pour constater la vacance. Ensuite, il va programmer une plénière qui élira un nouveau président», explique la même source.

Le règlement intérieur de l’APN prévoit trois options pour le remplacement du président : décès, démission ou vacance. Concrètement, selon le règlement intérieur, aucune de ces trois dispositions n’est valable pour remplacer Said Bouhadja à la présidence de l’APN, puisqu’il n’est pas démissionnaire, et que la vacance peut-être constatée à partir du moment où il est empêché physiquement de rejoindre son bureau. «Nous avons épluché le règlement intérieur et nous avons constaté qu’il confère au bureau beaucoup de prérogatives, dont la constatation de la vacance de la présidence de l’Assemblée en cas de démission, de décès, d’incapacité ou d’incompatibilité», a indiqué à la presse l’un des chefs de file de la fonde, le député FLN Abdelhamid Si Afif. Celui-ci ajoute que «l’incompatibilité est flagrante : les députés ne veulent plus travailler avec le président. Son parti lui a retiré la couverture politique. Personne ne peut contester cela.»

Le début de la fin pour Bouhadja ?

Après les nombreux appels à la démission, la motion de retrait de confiance, le gel des activités des commissions, le début, peut-être, de la fin de la présence de Bouhadja au perchoir avait commencé lundi dernier lorsque le Bureau politique du FLN a décidé, à l’issue d’une réunion présidée par son secrétaire général, Djamel Ould Abbès, de retirer la couverture politique à Said Bouhadja et de le traduire ensuite en conseil de discipline. Dans la foulée, les chefs de file des groupes parlementaires, les députés FLN, ont annoncé d’organiser mardi un sit-in devant l’entrée du Parlement et d’empêcher son président d’accéder à son bureau. Une manière comme une autre de provoquer une vacance de la présidence du Parlement. La décision est, bien sûr, motivée par le refus de Saïd Bouhadja de quitter la présidence de l’APN, un entêtement que dénonce le SG du FLN, Djamel Ould Abbès ; il s’agit pour lui d’une «insubordination» et d’une attitude «indigne d’un homme d’Etat». En refusant de déposer sa démission, Said Bouhadja, selon Ould Abbès, «défie l’Etat», et donc doit être traduit devant la commission de discipline du parti qui lui a retiré dans la foulée sa couverture politique.

Hier mercredi, une réunion du bureau de l’APN était donc programmée pour constater, dans la foulée du blocage autant de l’accès au Parlement que de ses activités, la vacance de la présidence de l’APN, selon le scénario mis en place par les députés de la majorité parlementaire. Pour eux, il est «impossible de poursuivre le travail avec lui». Les présidents de ces groupes parlementaires avaient remis au président de l’APN une motion de «retrait de confiance» dans laquelle ils ont dénoncé des «dépassements et violations» enregistrés au sein de la chambre, en particulier «la marginalisation éhontée, l’ajournement prémédité de l’adoption du règlement intérieur de l’APN, la marginalisation des membres de la commission des affaires juridiques. Selon des sources au sein de la majorité parlementaire, «tout devrait être réglé d’ici à lundi prochain».

Immoral, honteux, humiliant

Le blocage de l’APN est allé, par ailleurs, jusqu’au report de l’examen du projet de loi de finances 2019, transmis lundi à la commission des finances. «Le transfert doit se faire après la réunion du bureau de l’Assemblée, et ce n’est pas le cas cette fois. La rencontre qu’avait tenu le président avec le bureau n’a pas atteint le quorum», a expliqué Toufik Torche, «le règlement intérieur et le blocage actuel ne permettent pas le traitement du PLF». Il a ajouté que la majorité des membres de la commission des finances boycottent les travaux parlementaires. «Les délais des travaux du PLF sont de 75 jours, dont 45 jours à l’APN et 20 jours au sénat. «Nous avons déjà épuisé 15 jours des délais», ajoute-t-il. Il a également rappelé que le président Bouteflika a les prérogatives de faire passer le PLF2019 par ordonnance si la situation de blocage actuelle se poursuit.

Dans le camp de l’opposition parlementaire, on dénonce des «comportements immoraux» et «illégaux». Le président du MSP, Abderrazak Makri, estime que le blocage de l’APN par les députés de la majorité est «un comportement immoral et illégal», et «une honte pour les députés de la majorité, leurs partis et ceux qui sont derrière eux». «Ces actes ne condamnent pas seulement ceux-là (députés de la majorité) mais dégoûtent également les Algériens de l’action politique et augmentent leur mépris pour le Parlement et les députés», ajoute-t-il. «Ces comportements mettent l’Algérie tout entière dans une situation risible et d’humiliation devant l’opinion publique internationale et aux yeux des autres Etats».

De son côté le président du RCD, Mohcine Belabbas, a dénoncé hier mercredi «un coup d’État» en préparation contre le président de l’Assemblée nationale. «Des députés s’apprêtent à commettre un coup d’État à l’Assemblée nationale sous couvert de l’annonce d’une vacance du poste de président», affirme-t-il .

par Yazid Alilat , le Quotidien d’Oran .

Tunisie – Dernière minute : Le pilote du F5 crashé retrouvé sain et sauf

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Les services de secours de l’armée nationale sont parvenus en un temps record à retrouver le pilote du F 5 qui avait disparu des radars. Il est sain et sauf.

Les recherches continuent en vue de repérer l’épave de l’avion.

A noter que l’accident s’est produit à quelque 170 km au large de Bizerte.

Par la rédaction

« Fleurs aux épines » de Brahim Saci : quelques mots pour réveiller l’amour

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Après avoir écrit et chanté en langue kabyle, Brahim Saci est revenu à ses premiers amours : la poésie de langue française.

Universitaire, enfant de Kabylie, venu s’installer à Paris, à la fin des années 1970, Brahim Saci vient de publier son premier livre, un somptueux recueil de poésie intitulé : « Fleurs aux épines ». Cette ouvrage de 130 pages est sorti récemment aux éditions du Net, basées à Saint-Ouen, dans la région parisienne.

On ne trouvera pas dans ces textes l’immense passion que voue Brahim Saci à son aîné Slimane Azem ; on découvrira surtout une autre facette de l’enfant de Tifrit At Umalek. A travers des poèmes d’amour, d’interrogations et de sagesse, Brahim Saci se raconte, dit le temps qui passe et les blessures qu’il nous inflige ; il trace des pistes pour que nous ne perdions pas, définitivement. C’est un mot de Charles Baudelaire qui est mis en exergue de ce livre : »Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance, comme un divin remède à nos impuretés ».

Paris, carrefour mondial de la culture, est aussi un personnage de ces poésies : « Ô Paris, douce et cruelle ! Tu m’as comblé par tous les vents, jeune tu m’as donné des ailes, je sais aujourd’hui ce qui m’attend, les regrets s’avancent en rampant, pour me faire payer les années folles, je sens déjà le poids des ans, je vois mes espoirs qui s’envolent », écrit Brahim Saci dans un poème intitulé L’Etoile. Il est aussi question de paradis perdu, de naufrage, de cris noyés, d’incertitude mais aussi de lumières. « Soyez-vous mêmes si vous voulez vivre heureux, ne laissez personne briser votre cœur, le pardon est toujours possible sortez du feu, réveillez l’amour qui est en vous, s’effaceront vos peurs, rien n’est jamais acquis, les vautours et autres fossoyeurs, sont à l’affût pour peindre votre ciel de gris, si vous êtes faibles on volera votre bonheur », soutient le poète dans un texte intitulé Protégez votre cœur. « Fleurs aux épines » est également une ode à la liberté, à la soif de vivre, chaque jour, chaque instant. « Ne laissez pas fuir le temps précieux sans le vivre, comme le sable fuyant entre les doigts, de la vie, soyez toujours ivre, ne laissez personne vous imposer son choix ! Soyez toujours libres ! Ne laissez personne entraver vos ailes, fouillez en vous, vous trouverez l’équilibre et l’amour qui vous rapprocheront du ciel », nous dit Brahim Saci dans un poème intitulé le Temps est précieux. Le poète erre, ici et là, tout seul ; il s’épuise à crier, il veut surtout exister dans l’instant éternel, estime Brahim Saci.

« Fleurs aux épines » est un recueil apaisant, agréable à lire, reposant pour les âmes sensibles qui ont souffert : c’est un livre qui permet au lecteur de prendre du recul sur l’avancée vertigineuse des jours.

Youssef Zirem

« Fleurs d’épines », recueil de poésie de Brahim Saci, publié chez les éditions du Net, octobre 2016

17 octobre 1961 : 57 ème Anniversaire – Vérité et Justice

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Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le Gouvernement de l’époque dont le Premier Ministre Michel Debré hostile à l’indépendance de l’Algérie et le Préfet de Police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la « force de police auxiliaire » – ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police.

57 ans après, la Vérité est partiellement en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, – en particulier la Guerre d’Algérie – non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. Le 17 octobre 2012, le Président de la

République (François Hollande) avait certes fait un premier pas important, en déclarant : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes. » Mais le terme de crime n’est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n’est pas clairement définie. Nous demandons une parole claire aux autorités de la République, au moment où certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des « bienfaits de la colonisation », à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à « honorer » les criminels de l’OAS.

Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :

  • Que la lumière soit faite sur les soit disant « retours vers leurs douars d’origine » des algériens survivants du 17 octobre envoyés en fait dans des camps de la mort de l’Algérie coloniale.
  • Que la création d’un lieu de mémoire voué à cet évènement, demandée dans la résolution votée par le Sénat en octobre 2012 qui reconnaissait elle aussi ce massacre, soit rapidement mise en œuvre par les autorités de l’Etat, de la Ville de
  • Paris et la Région Ile-de-France.
  • Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs collègues algériens
  • La vérité doit être dite sur l’organisation criminelle de l’OAS que certains, comme au sein de la droite et extrême droite politique veulent la réhabiliter.

Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme, l’islamophobie dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.

On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après plus d’un demi-siècle, il est temps :

  • Que le Président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’Etat.
  • Comme il vient de le faire pour l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française et pour l’existence d’un système de torture généralisé. Cette reconnaissance doit s’étendre aux milliers d’Algériens qui en ont été victimes (voir le site www.100autres.org)
  • Que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériens dans des camps.
  • Que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens.
  • Que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

A l’occasion de ce 57ème anniversaire, nous exigeons Vérité et Justice.

Rassemblement le 17 Octobre 2018 à 18heures au Pont Saint Michel à PARIS

Signataires

Associations, Organisations Syndicales : 17 octobre contre l’Oubli, 4ACG (Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre), AFASPA (Association Française d’Amitié et Solidarité avec les Peuples d’Afrique), ANPROMEVO (Association Nationale de Protection de la Mémoire des Victimes de l’OAS), Amis de l’Algérie à Rennes, APCV (Association pour la Promotion de la Culture et du Voyage), ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants), Au Nom de la Mémoire, Association Maurice Audin, Emancipation – Tendance intersyndicale, Comité Vérité et Justice pour Charonne, FARR (Franco-Algériens Républicains Rassemblés), FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s), CAPJPO-EuroPalestine, CEDETIM/IPAM, Fondation Frantz Fanon, Fondation Copernic, Le 93 au Coeur de la République, LDH (Ligue des Droits de l’Homme), Les Amis de Max Marchand – Mouloud Feraoun et leurs Compagnons, Les Oranges, MRAP (Mouvement Contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), Mouvement de la Paix, SNES-FSU, Solidaires, Sortir du Colonialisme,

Partis Politiques : EELV (Europe Ecologie les Verts), NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), Parti de Gauche, PCF (Parti Communiste Français)

17 octobre 1961 : octobre de tous les sacrifices

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17 Octobre 1961

octobre de tous les sacrifices

Le 17 octobre 1961, sous la pluie automnale, des dizaines de milliers d’Algériens émigrés (hommes, femmes et enfants) ont bravé le « couvre-feu » imposé quelques jours auparavant par le préfet de police de sinistre nom, Maurice PAPON (Note de service 149/61 du 5 octobre 1961).

Ils défièrent ces dispositions répressives qui interdisaient toute libre circulation des Algériens en France dès 19h30,en déferlant massivement et dans la discipline, en cette nuit glaciale dans les artères parisiennes fermées jusque-là aux indigènes émigrés… Ainsi les Places de l’Opéra, de la Concorde, de l’Étoile, et de la Porte de Neuilly, et d’autres encore furent le théâtre d’une extraordinaire mobilisation citoyenne pacifique qui entonna des cris stridents pour la liberté et l’indépendance de l’Algérie.

En dépit de la mobilisation massive des « Forces de l’Ordre » pour faire échec à la manifestation, ce jour-là, les émigrés jaloux de leur algérianité, dans le silence et la dignité, ont montré une volonté réelle de se libérer.
Ils démontrèrent ainsi au colonisateur français et au monde entier leur engagement au côté de la Fédération de France du FLN pour l’indépendance de l’Algérie, en appliquant la circulaire envoyée à toute la communauté algérienne par le comité fédéral installé en Allemagne et réuni à Cologne le 9 octobre 1961,pour contrecarrer le couvre-feu imposé, et dénoncer les exécutions sommaires et les transferts vers l’Algérie des Algériens émigrés….
Cet événement historique a surpris la majorité des Français (gouvernement, médias et citoyens), qui ne croyaient pas ce qui se passait devant leurs yeux, et qui n’ont jamais pensé que la « sale guerre d’Algérie » allait s’installer à Paris même !

Appréhendant avec crainte ce « Sursaut populaire « de l’émigration, le gouvernement français lâcha sur la foule ses forces de répression composées de policiers, de gendarmes, de harkis qui se sont acharnés aveuglément contre les manifestants sans défense ! Une riposte massive, démesurée et sanglante ! Un véritable carnage !
Qu’on en juge ! Des centaines de morts jetés dans la Seine et (des centaines de disparus) transformée en fleuve de sang, plus d’un millier de blessés, des milliers d’arrestations (certains parlent de plus de 12.000). Même si le bilan exact de la répression est mal connu à ce jour, il n’en demeure pas moins que la répression féroce des services de Papon a fait prendre conscience à la majorité des Algériens de la justesse du combat pour l’indépendance, et aux Français de la nécessité d’en finir au plus vite avec la « question algérienne » de peur d’une contagion possible de la « guerre » sur l’ensemble du territoire français.

Durant cette tragédie, les femmes algériennes n’étaient pas en reste. Elles ont battu le pavé de l’ensemble des villes françaises où l’émigration était présente, devant les préfectures et les prisons où étaient détenus les prisonniers algériens .Elles ont été, comme leurs frères, arrêtées, bastonnées, battues, et enfermées dans les fourgons de police et les commissariats, avec pour seul tort de scander et de revendiquer l’indépendance.
Il est vrai que la mobilisation qui a continué des jours durant après la répression du 17 octobre 196, dans beaucoup d’autres villes françaises comme Lyon, Grenoble, Dijon, Lille, Rouen, Metz… a constitué un « second front » en plein territoire français (Résolution du CCE du 25 août 1958) qui a soulagé un tant soit peu les combattants de l’intérieur qui subissaient une terrible répression. C’était le début de la fin de la guerre d’Algérie.

Le rappel de cette date est un devoir de mémoire, pour se souvenir des Algériennes et Algériens qui ont donné leurs vies pour que vive la patrie. Ce n’est pas une commémoration ou un rituel de pure forme.

Aujourd’hui, nous avons recouvré notre indépendance territoriale, mais pas celle de la liberté, la vraie indépendance dont ont rêvé nos martyrs nous a été confisquée. L’Algérie aujourd’hui est prise en otage par une poignée de décideurs, sans foi ni loi, sans âme ni conscience. Peut-on parler d’indépendance à la veille de la commémoration du 1er novembre 54, alors que le peuple algérien dans sa majorité vit au seuil de la pauvreté (14 millions ?!) ? L’on nous demande même de serrer la ceinture ?!

Qui doit faire des concessions, sinon ceux qui sur le dos du peuple se sont enrichis (10% de la population qui profite de 80% des richesses nationales) !
L’on nous demande de serrer la ceinture, alors qu’on donne des millions à des parlementaires semblables à ceux qui ornaient de leurs beaux Burnous les salons du Palais CARNOT (actuel siège du Sénat).
L’on nous demande de serrer la ceinture alors que les richesses des Algériens sont transférées en France et partout dans le monde en toute impunité. Qui sont ceux qui achètent des biens immobiliers sur les Eaux de la Seine (à jamais tachée du sang des Algériens ya si Saadani patron de l’actuel FLN), chez nos ennemis d’hier devenus comme par enchantement nos meilleurs amis aujourd’hui ?
Ben m’hidi, Benboulaid, Amirouche, Abane, Zirout, Didouche, Zabana, et tous ceux qui ont payé de leurs vies ont été trahis !

Peut-on parler d’indépendance aujourd’hui, alors que les populations du Sahara sont toujours menacées (après les bombes atomiques des années 60 !) par l’exploitation du Gaz de Schiste…

Oui, nous célébrons dans la douleur le 64ème anniversaire du déclenchement de la révolution.
Oui, nous nous recueillerons à la mémoire de tous ceux qui depuis 1830 ont donné leurs vies pour que l’Algérie vive libre et indépendante, une Algérie dont ont rêvé nos martyrs, cette Algérie où tous les Algériens, sans distinction aucune, vivraient égaux en droits et en devoirs.
Hélas, hélas, hélas !! Nous vivons dans un monde convulsé où l’argent domine les Hommes, où le plus fort écrase le plus faible.

« Dormez en paix, vous qui avez sacrifié vos vies pour que vive l’Algérie indépendante ».

 

Dr Amokrane Lakhdar

 

PS : Un grand MERCI à deux Moudjahidines encore en vie pour leur aide précieuse à travers leurs témoignages. Il s’agit de Mr KRIBI Abdelkader militant de la première heure de la cause nationale et de la zone autonome à la Casbah d’Alger, et de Mr ARRAD Ahmed Moudjahid de l’ex-Fédération FLN de France. Que Dieu leur prête longue vie pour qu’ils puissent partager ces souvenirs avec les nouvelles et futures générations, et continuer à confier leurs précieux témoignages et soustraire à l’oubli l’histoire de la lutte pour l’indépendance.

Ankara et Riyad deux pièces d’une même monnaie

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Une sinistre farce se joue entre Ankara et Riyad, deux capitales bien connues pour leur défense de la liberté d’expression. Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, 60 ans, ancien conseiller du chef des renseignements du royaume, accusé d’être proche du Qatar et des Frères musulmans par le prince héritier Mohamed Ben Salmane, avait fui l’Arabie en 2017 pour s’installer à Istanbul. Venu au consulat de son pays natal régler quelques problèmes administratifs, il n’en est pas ressorti depuis le 2 octobre.

Erdogan, à la suite des proches de Khashoggi, dénonce un assassinat et convoque l’ambassadeur saoudien. Jouant les avocats de la presse martyre, le maître de la Turquie veut faire oublier que les tribunaux à ses ordres viennent de confirmer la détention à vie de cinq journalistes ! Nos confrères Ahmet et Mehmet Altan, ainsi que quatre autres reporters et éditorialistes vont ainsi passer le reste de leur existence au cachot. Le chef d’accusation est toujours le même : appartenance présumée – et sans aucune preuve – au réseau de l’imam Fethullah Gülen.

La disparition de Jamal Khashoggi sert ainsi d’écran de fumée à la répression sauvage qui s’est abattue sur les médias en terre néo-ottomane. L’affaire remonte jusqu’à Washington.

Au fait, qui a des nouvelles du blogueur saoudien Raif Badawi, fouetté chaque vendredi pour insulte à l’islam avant d’être reconduit en cellule pour dix ans ?

Martine gozlan

Source : Marianne