Alexandre Benalla a écopé ce mercredi de nouvelles mises en examen, pour d’autres violences en marge du 1er-Mai et un selfie avec une arme.
Alexandre Benalla a écopé mercredi de nouvelles mises en examen, concernant d’autres faits de violences en marge du défilé parisien du 1er-Mai et pour l’épisode du selfie le montrant avec une arme, a indiqué une source judiciaire.
Convoqué dans la matinée au tribunal de grande instance de Paris, l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron est ressorti du bureau des juges d’instruction dans l’après-midi avec une nouvelle mise en examen pour «port et détention non autorisé d’armes de catégorie B», et pour «immixtion dans l’exercice d’une fonction publique» et «violences volontaires en réunion sans incapacité», a détaillé la source judiciaire qui confirmait une information du «Parisien».
Ces nouveaux soupçons concernent deux volets d’une même information judiciaire menée par trois juges d’instruction: d’une part, l’épisode du selfie le montrant armé, et d’autre part, des soupçons d’ingérence dans l’action de la police. Il est mis en cause pour son rôle dans une interpellation mouvementée intervenue au Jardin des Plantes à Paris, quelques heures avant les faits de violences de la place de la Contrescarpe, révélés par Le Monde, qui lui ont valu sa première mise en examen, le 22 juillet.
Un «pistolet à eau»
Deux mois plus tard, le 24 septembre, «Mediapart», avait publié une photo d’Alexandre Benalla, l’air détendu, semblant brandir un pistolet de type Glock à une époque où il n’était pas autorisé à porter une arme en dehors du QG d’En marche! La photo d’Alexandre Benalla, alors membre du service d’ordre de la campagne d’Emmanuel Macron, avait été prise le 28 avril 2017, dans un restaurant à Poitiers, à quelques kilomètres de Châtellerault où le candidat à l’Elysée venait de tenir un meeting.
Interrogé par les juges à ce sujet le 29 novembre, Alexandre Benalla avait prétendu qu’il s’agissait d’un «pistolet à eau» et ne pas se souvenir de ce selfie. Dans l’attente de vérifications, les juges avaient ce jour-là renoncé à le mettre en examen. Mais depuis, de nouveaux éléments apparus dans l’enquête semblent avoir mis à mal sa défense. Une note Tracfin a notamment révélé qu’il avait effectué des achats dans une armurerie les jours précédant ce cliché.
Mercredi, les juges l’ont également mis en examen pour son rôle présumé dans l’interpellation mouvementée d’un couple au Jardin des Plantes, à Paris. Alexandre Benalla avait déjà été mis en examen le 29 novembre pour l’interpellation litigieuse d’une troisième personne au Jardin des plantes.
Cinq procédures judiciaires
Ce jour de 1er-Mai, le jeune homme de 27 ans et son ami Vincent Crase, ex-employé de la République en Marche, se trouvaient en «observateurs» embarqués avec les forces de l’ordre de la Préfecture de police.
Depuis l’été, l’affaire Benalla, qui n’en finit pas d’empoisonner l’exécutif, a donné lieu à l’ouverture de cinq procédures judiciaires distinctes et de nombreux rebondissements. Jeudi, le Bureau du Sénat décidera de saisir ou non la justice au sujet des déclarations sous serment de MM. Benalla et Crase lors de leurs auditions, «susceptibles de donner lieu à des poursuites pour faux témoignage». Il devra aussi trancher sur le cas de trois responsables de l’Elysée, pour «un certain nombre d’omissions, d’incohérences et de contradictions» relevées lors des auditions.
Nous vivons actuellement un magnifique soulèvement populaire pacifique contre le système politique en place. La présence massive des femmes dans les cortèges témoigne des profondes transformations de notre société et exige une reconnaissance des droits des femmes dans une Algérie égalitaire.
Ce système a régné sans partage depuis l’indépendance en usant de tous les moyens coercitifs et autocratiques afin de mettre en échec toute velléité de changement et de démocratisation du pays. Outre la destruction des institutions de la République (Santé, éducation, justice, culture, etc.), la clochardisation de la vie politique, la corruption, l’autoritarisme et les injustices sociales, ce système a également mis en œuvre une stratégie machiavélique entretenant et renforçant une pensée et des pratiques inégalitaires au sein de la société. Les femmes algériennes en ont payé le prix fort, tant sur le plan symbolique, formel que réel.
En effet, l’Histoire des luttes algériennes témoigne de l’engagement massif des femmes à tous les combats justes et décisifs que le pays a menés : la Guerre de libération nationale, l’édification de l’Etat algérien indépendant, la révolte d’octobre 1988, les luttes syndicales, estudiantines et démocratiques avant et après octobre 1988, la lutte contre les groupes intégristes armés durant les années 1990, etc. Des combats qu’elles ont pensés, élaborés et menés aux côtés des hommes dans l’espoir de construire une société égalitaire et de voir cette égalité concrète vécue durant ces moments difficiles devenir un acquis indiscutable une fois les objectifs atteints.
Malheureusement, cette égalité promise n’est pas encore au rendez-vous. La scolarisation massive des filles et son cortège de diplômées compétentes, notre présence des plus remarquables dans le monde du travail ainsi que les modifications législatives et réglementaires arrachées par des décennies de lutte, n’ont pas encore sorti les femmes de leur minorisation dans la société qui demeure patriarcale et d’un statut de citoyenne de seconde zone dans les institutions.
La participation active et inconditionnelle des femmes algériennes au Mouvement du 22 février nous incite à réaffirmer notre détermination à changer le système en place avec toutes ses composantes, y compris son volet sexiste, patriarcal et misogyne.
Le 16 mars 2019, s’est tenu une réunion de femmes à Alger. A l’issue d’un débat et d’une large concertation, il est retenu ce qui suit :
• Nous, femmes signataires de cette déclaration, sommes convaincues que la construction de notre avenir commun ne va pas sans une égalité pleine et entière entre les citoyennes et les citoyens, sans distinction de genre, de classe, de région ou de croyances.
• Nous devons continuer à être présentes partout avec nos collègues, nos voisins pour faire perdurer cette belle mixité dans tous les cortèges mais aussi afin de rendre plus visible notre revendication d’égalité.
• Nous avons décidé de la création d’un carré féministe qui se positionnera chaque vendredi au niveau du portail de la Faculté centrale d’Alger à partir de 13h.
• Nous soutenons et encourageons es initiatives similaires à travers tout le territoire algérien et nous souscrivons totalement à toutes les déclarations qui considèrent que l’égalité entre les femmes et les hommes est une des priorités pour le changement du système actuel.
• Nous appelons toutes les femmes qui se reconnaitront dans cet appel à joindre leurs signatures aux nôtres, à intégrer les carrés féministes là où ils existent ou à les initier quand les conditions le permettent et à participer à nos prochaines réunions dont nous communiquerons publiquement la date et le lieu.
• Nous appelons à prendre en compte la représentativité paritaire des femmes dans toute initiative citoyenne pour la sortie de cette crise.
• Nous condamnons tout acte de harcèlement durant les manifestations.
Alger, le 16 mars 2019
Liste des premières signataires:
-Saadia Gacem, correctrice, doctorante en sociologie et militante féministe, membre du Réseau Wassila
-Sarah Haidar, Journaliste et écrivaine
-Fatma BOUFENIK, Enseignante – Chercheure Université Oran 2, membre fondatrice de l’Association « Femmes Algériennes Revendiquant leurs Droits » – FARD – Oran
-Amina Izarouken, féministe
-Faïka Medjahed psychanalyste, membre du réseau Wassila
-Souad Bensaâda, militante féministe
-Belhacene Atiqa, féministe
-Kahina Arezki, médecin résidente
-Louisa Ait Hamou, féministe, universitaire
-Leïla Saadna, militante féministe, réalisatrice et formatrice
-Amel Hadjadj, militante féministe
-Fatma Oussedik, sociologue, féministe
-Sanaâ Hamadouche, féministe
-Sara Bouchair, militante féministe
-Farida Bouchenaf, militante féministe
-Dalila Bouchenaf, militante féministe
Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur l’indépendance des juges et des avocats, Diego García-Sayán, a annoncé que les conditions nécessaires à sa visite au Maroc ne sont pas remplies.
« Le Gouvernement marocain n’a pas été en mesure d’assurer un programme de travail conforme aux besoins du mandat et aux modalités applicables aux visites de pays des procédures spéciales», a-t-il dit.
L’expert des droits de l’homme devait se rendre dans le pays du 20 au 26 mars 2019 pour examiner l’impact des mesures visant à garantir l’indépendance et l’impartialité du pouvoir judiciaire et des procureurs, ainsi que l’exercice indépendant de la profession d’avocat.
« Il est très regrettable que les suggestions de lieux à visiter et le programme de la visite n’aient pas été pleinement pris en compte par le Gouvernement. C’est une condition préalable essentielle à l’exercice du mandat de Rapporteur spécial d’être en mesure de déterminer librement ses priorités, y compris les lieux à visiter « , a-t-il dit.
En vertu des modalités applicables aux visites des rapporteurs spéciaux, les gouvernements sont tenus de garantir et de faciliter leur liberté de circulation et la liberté d’enquête.
Le Rapporteur spécial a déjà été en contact avec le Gouvernement marocain, et est disposé à poursuivre les discussions afin de contribuer aux efforts visant à garantir l’indépendance et l’impartialité du système judiciaire et l’exercice indépendant de la profession d’avocat.
M. Diego García-Sayán a pris ses fonctions de Rapporteur spécial des Nations Unies sur l’indépendance des juges et des avocats en décembre 2016. M. García-Sayán a été juge à la Cour interaméricaine des droits de l’homme pendant deux mandats consécutifs. Au cours de son mandat, il a été élu Vice-Président de la Cour (2008-2009) et Président de la Cour (2009-2013). Il a une longue expérience des questions relatives aux droits de l’homme dans divers contextes, notamment pour les Nations Unies et l’Organisation des États américains.
Les Experts indépendants font partie de ce qui est désigné sous le nom des «Procédures Spéciales» du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, l’organe le plus important d’experts indépendants du Système des droits de l’homme de l’ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d’enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s’adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde. Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole; ils ne font pas partie du personnel de l’ONU et ils ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants des gouvernements et des organisations et ils exercent leurs fonctions à titre indépendant.
Il ne reste plus que le président Bouteflika annonce son soutien au Hirak … Après Ahmed Ouyahia, ex-Premier ministre et chef du RND, c’est au tour de Moued Bouchareb, coordinateur de l’instance dirigeante du PFLN, d’annoncer “son soutien” au hirak, mouvement populaire qui s’est élevé cela fait plus d’un mois contre le pouvoir en place.
Moued Bouchareb animait une conférence de presse ce mercredi à Zéralda. Dans une vidéo filmée et publiée par El Djazaïria One, il a déclaré que les “enfants du FLN soutiennent totalement ce hirak populaire”, sous les applaudissements des adhérents au parti.
Il a rajouté que ces derniers “aspirent en toute sincérité à atteindre les objectifs” du mouvement populaire “selon une feuille de route claire”.
Tout comme le RND d’Ahmed Ouyahia, le dirigeant du FLN a rajouté que son parti “soutenait la feuille de route élaborée par le président Bouteflika pour sortir de la crise”.
Samedi 23 février 2019, au lendemain de la première marche pacifique, Moued Bouchareb avait déclaré, sur un ton menaçant, que les Algériens ayant manifesté pacifiquement contre la candidature de Bouteflika à un 5e mandat voulaient “allumer la fitna”.
Lors de chacune des dernières manifestations pacifiques contre le 5e mandat, puis contre le prolongement du 4e mandat du président sortant, les manifestants n’ont cessé de scander des slogans hostile au FLN.
Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, est en tournée à l’étranger. Il s’est entretenu, lundi, à Rome, avec le président du Conseil des ministres italien, Giuseppe Conte, et hier à Moscou, avec le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.
Lamamra, dont le département n’a pas annoncé préalablement ces déplacements, compte également se rendre vers d’autres pays dans les heures ou jours à venir. L’ «activité» diplomatique de celui qui fut nommé à ce poste, il y a seulement quelques jours (le 11 mars), a suscité des appréhensions chez beaucoup d’Algériens.
Au-delà du fait qu’il est dans l’usage diplomatique de «rassurer» les partenaires étrangers, lorsqu’il y a un contexte particulier, certains y voient, par rapport notamment au fait que ce périple intervient au lendemain de l’annonce du report de l’élection présidentielle, une volonté du pouvoir en place de convaincre les partenaires étrangers de la «justesse» de sa démarche, d’autant plus que celle-ci est unanimement rejetée par la population et la classe politique d’opposition.
Ceci sachant qu’au-delà du 28 avril, date de fin de mandat de Bouteflika, le pays sera dans une situation d’illégalité constitutionnelle. Il est dans l’intérêt, donc, des tenants du pouvoir en place, d’arracher le «consentement» de ces «partenaires étrangers» pour ce qui est de la future démarche.
Une attitude qui a irrité au plus haut point beaucoup d’Algériens qui ont déjà exprimé, vendredi dernier, leur rejet de toute ingérence étrangère, notamment après que le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, ait exprimé son «soutien» à la feuille de route de Bouteflika. C’est dans ce sens que le président du partip Talaie El Hourriyet, Ali Benflis, a tenu, avant-hier, a «mettre en garde contre l’internationalisation de la crise algérienne».
Pour lui, l’initiative prise par le pouvoir en place de se lancer dans une campagne auprès des partenaires étrangers pourrait être source de «dangers». «Depuis deux jours, j’ai exprimé longuement ma position sur les dangers d’une internationalisation des affaires internes de notre pays.
J’ai ainsi souligné les périls que fait courir à notre pays l’initiative prise par le pouvoir en place face à la crise actuelle», nous a-t-il déclaré, hier, avant d’ajouter : «Je répète que cette internationalisation offre inévitablement un appel d’air aux interférences extérieures.
De leur côté, ces interférences extérieures conduisent à leur tour à des luttes d’influences.» Réagissant, pour l’occasion, à la déclaration du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, au sujet de «tentatives de déstabilisation de l’Algérie», Benflis a tenu à rappeler que ce n’est nullement les manifestations qui déstabilisent le pays mais c’est le régime en place. «Le communiqué russe auquel vous faites allusion parle d’une opération de déstabilisation de l’Algérie. Je voudrais insister sur le fait que les manifestations du peuple algérien sont légitimes et ne déstabilisent pas le pays.
J’ajoute que le peuple algérien lui-même est farouchement opposé aux ingérences étrangères. Au total, il ne reste que le régime politique en place qui pousse au pourrissement et c’est lui et lui seul qui déstabilise le pays», a-t-il déclaré.
En d’autres termes, c’est l’initiative prise par le pouvoir d’aller chercher à l’étranger des soutiens à sa feuille de route qui aurait permis de telles «incursions» dans les affaires algériennes. D’autres personnalités ont également exprimé leur mécontentement par rapport à la démarche elle-même, mais aussi à la déclaration de Lavrov.
L’ancien ministre Abdelaziz Rahabi a estimé que «la déclaration du ministre Lavrov est aussi inamicale qu’inacceptable». «Elle engage davantage l’Algérie dans l’internationalisation de sa crise interne.
La Russie, pays ami et allié, ne doit pas s’ingérer dans nos affaires nationales en soutenant le plan Bouteflika qui représente aujourd’hui la principale source d’instabilité», a-t-il encore ajouté.
Pour sa part, Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), a déclaré que «c’est bien le gouvernement qui cherche à internationaliser la crise, en cherchant des soutiens en Russie et en Chine pour imposer son agenda contre la volonté populaire».
En somme, pour bon nombre de personnalités politiques, à défaut de pouvoir convaincre les Algériens de sa bonne foi, pour ce qui est de la démarche qu’il propose, le pouvoir en place tente de le faire avec les partenaires étrangers.
Les slogans dénonçant l’«ingérence étrangère» ont été fortement présents dans les manifestations du 15 mars. Ils le seront, probablement, davantage ce vendredi…
Adlène Mohammedi, chercheur spécialiste du monde arabe, est revenu sur la décision d’Abdelaziz Bouteflika de prolonger son mandat. Selon lui, le fait que le cercle présidentiel s’est rétréci au cours des dernières semaines témoigne de sa faiblesse.
Invité sur le plateau de RT France ce 19 mars, Adlène Mohammedi, chercheur spécialiste du monde arabe, a décrypté ce nouveau développement. Affirmant que le pouvoir misait sur un essoufflement de la contestation, il estime que «c’est la fin de l’ère Bouteflika et de ce pouvoir algérien» : «On voit que de semaines en semaines, le cercle [présidentiel] se rétrécit. C’est révélateur d’une certaine faiblesse. Et je pense que c’est cette faiblesse à l’intérieur qui explique ce recours à ces opérations de séduction à l’extérieur.»
Suite aux violences survenues sur les Champs-Élysées en marge de l’acte 18 des Gilets jaunes, le secrétaire d’État à l’Intérieur Laurent Nuñez a déclaré à l’Assemblée que dès samedi prochain, tous les manifestants aux actes des Gilets jaunes seront considérés comme «émeutiers».
Le secrétaire d’État à l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé la décision des autorités de considérer toute personne participant aux manifestations des Gilets jaunes comme «émeutier», a-t-il annoncé mardi 19 mars au cours de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée.
«Pour l’avenir et dès samedi prochain, nous partons du principe que ces rassemblements sont des rassemblements d’émeutiers qui ne visent qu’à causer des troubles», a affirmé M.Nuñez.
Il a également promis de disperser «immédiatement les rassemblements», d’interpeller «massivement» en cas de besoin et «dès les premiers attroupements».
Le secrétaire d’État à l’Intérieur a en outre souligné que «samedi dernier, il n’y avait pas 1.500 casseurs mais 10.000 casseurs», ajoutant que «l’ensemble des personnes sur la voie publique étaient animées de très mauvaises intentions et l’ont démontré très rapidement».
Les scènes de désolation sur les Champs-Élysées ont scellé le sort des responsables du maintien de l’ordre dans la capitale: après le préfet Michel Delpuech, deux autres cadres de la préfecture de police de Paris ont été limogés par l’exécutif, selon le Parisien.
Au total, 32.300 personnes ont manifesté le 16 mars dans toute la France dont 10.000 à Paris, a annoncé l’Intérieur. Dans la capitale, 237 personnes ont été interpellées et 144 d’entre elles placées en garde à vue.
« Souvent plongée dans l’ombre, de surcroît souffrant d’une large méconnaissance, l’architecture palatiale de la Tunisie beylicale, en particulier celle du XIXe siècle, ne manque pourtant guère d’originalité. »
Marquée par la stratification des civilisations et des cultures, la Tunisie est riche en héritages mémoriels et regorge de legs monumentaux appartement à diverses périodes de son histoire. Aucun d’eux ne mérite d’être relégué dans l’oubli. Souvent plongée dans l’ombre, de surcroît souffrant d’une large méconnaissance, l’architecture palatiale de la Tunisie beylicale, en particulier celle du XIXe siècle, ne manque pourtant guère d’originalité.
Cette dernière est due au syncrétisme de diverses influences, issues tant d’Orient que d’Occident, relevant tant du savoir-faire artistique local que de celui de l’autre rive de la méditerranée. La dynastie husseinite, dont les dix-neuf Beys régnèrent de 1705 à 1957, se caractérisait par la possession de nombreuses résidences à Tunis et dans ses environs, notamment à l’ouest de la capitale, au Bardo et à Manouba, et le long de la côte, dans sa banlieue nord, surtout à La Marsa et à Carthage.
Si les intérieurs des palais beylicaux, réalisés au XVIIIe siècle, témoignent d’un raffinement exquis, à l’image de ceux du palais de la Rose à Manouba (également appelé Borj El Kébir), qui fut l’une des résidences préférées de Hammouda Pacha (1782-1814), les décors husseinites du XIXe siècle traduisent une plus forte empreinte européenne, spécialement celle de la péninsule italienne, tout en manifestant l’excellence des arts tunisiens, dont la sculpture sur plâtre, l’ouvrage du bois et la céramique en constituent de notables facettes.
Deux édifices représentatifs, les palais du Bardo et de Ksar Saïd, voisins l’un de l’autre et situés dans la ville du Bardo, incarnent remarquablement les splendeurs des palais beylicaux au XIXe siècle.
Deux superbes salles de l’apparat beylical, bâties durant la première moitié du XIXe siècle, dans l’aile cérémonielle du palais du Bardo
Le palais du Bardo, situé à quelques kilomètres du centre-ville de Tunis, fut, pendant des siècles, une résidence privilégiée des souverains de la Tunisie. Lieu de plaisance, depuis le XVe siècle, des sultans de la dynastie des Hafsides (1228-1574), puis habité occasionnellement par les Mouradites (1613-1702), il devint, aux XVIIIe et XIXe siècles, la principale résidence des Beys de la lignée des Husseinites. Entre les dernières décennies du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, ceux-ci, tout en séjournant dans d’autres palais, continuèrent à l’utiliser pour leurs cérémonies d’investiture.
Dès mai 1888, sept ans après l’établissement du protectorat français en Tunisie (12 mai 1881), fut inauguré, au sein de l’aile privée, le premier musée du pays (musée Alaoui) sous le règne du Bey Ali III (1882-1902). Depuis l’ère post-indépendance (20 mars 1956), le parlement tunisien s’est installé dans l’aile cérémonielle.
Localisé en plein cœur de la ville, le complexe palatial, incluant le parlement et le musée, est bordé par la place du Bardo, la route nationale 7 et la rue Mongi Slim.
Si au XVIIIe siècle, l’aile cérémonielle du palais du Bardo connut la construction de sa plus ancienne salle du trône (Beit el-Bacha), c’est au cours de la première moitié du XIXe siècle que furent élevées deux salles d’apparat des plus admirables : Beit el-Bellar (salle des glaces) et la grande salle du trône d’Ahmed Bey. La première, édifiée sous le règne de Mahmoud Bey (1814-1824), frappe par sa somptuosité.
Elle est précédée d’un patio rectangulaire, encadré de portiques dénués d’arcs et scandés de trente colonnes extrêmement graciles, taillées dans le marbre blanc de Carrare. Leurs fûts cannelés et leurs bases moulurées reposent sur des socles élevés.
À l’instar des colonnes, le dallage est en marbre blanc de Carrare. Il en est de même des encadrements des portes et des fenêtres. Quant au revêtement mural, il présente des céramiques à motifs floraux. Au milieu de cette élégante cour intérieure, trône une fontaine soigneusement sculptée.
Mohamed Ghomrasni / Wikimedia Commons / Licence CC BY-SA 4.0
Vue partielle du patio qui précède Beit el-Bellar (salle des glaces) dans l’aile cérémonielle du palais du Bardo, abritant de nos jours l’Assemblée des représentants du peuple (le parlement tunisien). Espace épuré, où domine le marbre blanc de Carrare, cette gracieuse cour intérieure se caractérise par la remarquable finesse de ses colonnes à fûts cannelés. (Crédit photo : Mohamed Ghomrasni / Wikimedia Commons / Licence CC BY-SA 4.0)
La dénomination de la salle de Mahmoud Bey se réfère à sa décoration singulière. Au-dessus du revêtement mural, composé d’un placage de marbres précieux polychromes, dont la partie supérieure est ornée de vases, de bouquets et de rinceaux fleuris, faits de deux types de marbre à teintes contrastées, se trouvent deux exquises frises superposées, ciselées de stalactites et rythmées d’arcs à lambrequins.
Ces dernières sont surmontées d’un plafond d’une exceptionnelle qualité d’exécution. Il s’agit d’une voûte en bois sculpté, ajouré et entièrement revêtu de feuilles d’or, lesquelles couvrent aussi la totalité de la double frise. Derrière cette dentelle, garnie d’étoiles et de rosaces géométriques, un ensemble de glaces l’enveloppe de partout.
Dans cette pièce, qui associe un revêtement mural en marbres d’inspiration européenne et une ornementation haute (frises et plafond) d’influence arabo-andalouse, se trouvait jadis un trône beylical. Tant celui-ci que le reste du mobilier, visibles dans les photographies de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, sont de facture occidentale. Le beau lustre fut importé de Venise.
Chris Debz / Ipernity / Licence CC BY 3.0
Photographie du tout début du XXe siècle, montrant la salle des glaces au palais du Bardo. Construite sous le règne de Mahmoud Bey (1814-1824), la salle, alliant les influences européennes (partie inférieure) et arabo-andalouses, au niveau des frises et du plafond, affiche opulence ornementale et raffinement. Les glaces, enveloppant complètement la voûte ajourée en bois sculpté et doré, justifient la dénomination de ce magnifique espace d’apparat. (Collection Chris Debz / Ipernity / Licence CC BY 3.0)
Ce trône, qui existe toujours dans les Collections nationales tunisiennes, est en bois doré. Sculpté avec exubérance, il est pourvu d’un dossier violoné, gracieusement couronné de rinceaux, de feuillages et de guirlandes de fleurs.
L’historien Ahmed Ibn Abi Dhiaf (1804-1874), qui fut, durant plus d’une quarantaine d’années, le secrétaire particulier de cinq Beys successifs, relève que, sous Sadok Bey (1859-1882), le souverain recevait dans cet espace opulent les membres du Conseil charaique et les professeurs lors des célébrations de l’Aïd, ainsi que les consuls étrangers et les notables.
Au cours de la première moitié du XXe siècle, le Bey continuait, lors de son investiture, à y recevoir l’hommage de ses sujets. Depuis des décennies, la salle des glaces est réservée au président du parlement tunisien. En dépit du changement d’affectation, ce lieu sublime a parfaitement conservé son décor d’origine
Getty images
Représentation de Mohamed El Hédi Bey (règne de juin 1902 à mai 1906), recevant l’hommage de ses sujets dans la salle des glaces au palais du Bardo, extraite du journal L’illustration, n° 3095, en date du 21 juin 1902. (Getty images)
Le dixième souverain husseinite Ahmed Bey (1837-1855), dont l’image est fortement associée à l’édification de son “Versailles tunisien” à M’hamedia, s’intéressa cependant au palais du Bardo, dans les premières années de son règne. Souhaitant éclipser l’œuvre de ses prédécesseurs, il fit bâtir une immense salle du trône en 1838.
D’une conception purement occidentale, traduisant une nette influence italienne, cette énorme pièce, remaniée au début du règne de Sadok Bey (1859-1882), impressionnait autant par ses dimensions considérables, étant la plus grande salle du trône de la dynastie husseinite, de surcroît plus vaste que plusieurs salles du trône en Europe, que par son faste.
Sur ses murs, tendus de tentures, étaient accrochés de nombreux tableaux représentant les souverains tunisiens, ainsi que des monarques européens contemporains d’Ahmed Bey, de Mohamed Bey (1855-1859) et de Sadok Bey.
Au plafond, peint à l’italienne, étaient suspendus des lustres monumentaux. Quant au mobilier, il comportait des fauteuils, des chaises et des consoles entièrement en bois doré. Ces dernières supportaient une multitude de candélabres, de vases et de pendules.
Au fond de la salle, dallée de marbre blanc de Carrare, se trouvait, sur une estrade à quatre marches, le trône en bois sculpté et doré. Il était surmonté d’un somptueux dais en brocart, orné des armoiries beylicales.
Plus qu’une simple salle du trône, ce lieu connut des moments marquants de l’histoire tunisienne.
Elle fut le lieu de proclamation du Pacte fondamental en 1857, instituant l’égalité entre tous les sujets du monarque husseinite, quelque soit leur confession, ainsi que le cadre de l’ouverture solennelle, en présence de Lamine Bey (1943-1957), des travaux de la première constituante tunisienne, le 8 avril 1956. Si le trône, les tableaux, ainsi qu’une partie notable du mobilier, nous sont parvenus, la pièce, devenue salle plénière du parlement, a subi, depuis les années 1960 et 1970, des transformations conséquentes ayant altéré son aspect d’origine.
Il est plus que souhaitable de voir une salle aussi grandiose retrouver son éclat d’antan.
Wikimedia Commons / Domaine public
Photographie datée vers 1880, permettant de voir la grande salle du trône du palais du Bardo telle qu’elle apparaissait à la fin du règne de Sadok Bey (1859-1882). Entièrement réalisée dans le goût européen, cette salle fastueuse, élevée en 1838 sous Ahmed Bey (1837-1855), suscitait l’admiration par ses larges proportions et par son ameublement. De nos jours, cet espace, qui a perdu son aspect d’origine, mérite de retrouver son apparence du XIXe siècle. Sa restitution est possible si la volonté, émanant aussi bien des pouvoirs publics que d’opérateurs privés, se manifeste. (Wikimedia Commons / Domaine public)
Les splendeurs, remontant au XIXe siècle, du palais du Bardo ne se limitent pas uniquement à son aile cérémonielle. Les éblouissants décors réalisés dans son aile privée, pendant la seconde moitié des années 1850 et au début des années 1860, illustrent, magistralement, la coexistence de différentes influences artistiques.
La magnificence de l’aile privée du palais du Bardo sous les règnes de Mohamed Bey et Sadok Bey
Objet d’un relatif désintérêt de la part d’Ahmed Bey, dans les années 1840 et au cours de la première moitié des années 1850, le palais du Bardo connut une importante campagne de travaux durant le bref règne de Mohamed Bey, qui résidait néanmoins dans son palais de Dar al-Tej à La Marsa, et au début de l’ère de Sadok Bey.
Ces travaux aboutirent à la mise en place de l’un des plus somptueux et des plus remarquables ensembles de décors palatiaux husseinites. Dans l’aile privée, qui constitue la partie ancienne de l’actuel musée national du Bardo, sont disposées, au premier étage, de superbes pièces, s’organisant autour d’un vaste patio couvert.
Celui-ci, rebaptisé depuis longtemps “salle de Carthage”, abrite de notables sculptures romaines, dont plusieurs grandes statues. Il représente, encore aujourd’hui, l’un des espaces d’exposition majeurs du musée.
Outre sa vocation muséographique, ce lieu constitue, incontestablement, l’une des plus frappantes illustrations de l’architecture italianisante dans la Tunisie beylicale des années 1850-1860.
La décoration de cette salle haute, possédant deux niveaux, ne manque nullement d’élégance et d’harmonie. Le péristyle, doté de vingt-quatre colonnes à chapiteaux néo-corinthiens, présente des arcs moulurés en plein cintre dont l’intrados est compartimenté à l’italienne.
Les colonnes à fûts lisses, ainsi que le dallage et les encadrements des portes, sont en marbre blanc de Carrare. Quant au revêtement mural, il est composé de céramiques garnies de motifs géométriques et floraux.
Les belles retombées baroques du plafond sont agrémentées de volutes et de pilastres à chapiteaux ioniques; leurs ornements stuqués étaient autrefois agrémentés de dorures.
Précieux documents, les photographies de cet endroit, remontant au dernier quart du XIXe siècle, mettent en lumière une plus grande richesse caractérisant l’aspect d’origine, en comparaison avec l’état actuel.
Depuis de longues décennies, la salle a subi un “appauvrissement” décoratif. Ainsi, le plafond a perdu les armoiries beylicales et la plupart des motifs peints qui le garnissaient.
Les arcatures de la galerie supérieure sont désormais nettement plus austères, dépourvues des motifs exquis qui les rehaussaient. Les gracieuses représentations florales peintes et stuquées, qui s’intercalaient jadis entre les arcs du niveau inférieur, ne sont plus visibles.
Encore une fois, rendre à cet espace sa splendeur initiale n’est guère impossible, car une abondante documentation existe, et il suffit d’œuvrer pour mettre à jour ou reconstituer les éléments manquants.
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Photographie, prise en 1888, du patio couvert (actuelle « salle de Carthage ») de l’aile privée du palais du Bardo. Elle montre l’aspect de cet espace, réalisé sous les règnes de Mohamed Bey et Sadok Bey, à l’époque où le musée Alaoui, premier musée en Tunisie, fut inauguré. Ce cliché permet de constater l’absence de certains ornements dans l’état présent de la salle. Leur restitution n’est guère compliquée. Ce lieu représente l’un des fleurons de l’architecture palatiale husseinite d’influence italienne au XIXe siècle. (Getty images)
En dehors du patio couvert, trois salles, donnant sur celui-ci, présentent des ornementations des plus élaborées, et qui impressionnent grandement le visiteur. L’une d’elles, la salle du Harem, de plan cruciforme, est une pièce réservée autrefois aux femmes du Bey.
Dans cet endroit, l’influence européenne s’éclipse pour faire place à une démonstration éclatante de la splendeur des arts traditionnels tunisiens enrichis, depuis des siècles, d’apports arabo-andalous et ottomans. Surélevée de plusieurs marches, elle se signale par son foisonnement décoratif, associant harmonieusement marbres, céramiques d’une polychromie attrayante et plâtre blanc sculpté.
Sa principale parure est la superbe voûte à huit pans qui la surmonte. Celle-ci est entièrement revêtue de plâtre, ouvragé avec une précision et une finesse époustouflantes.
Les arabesques géométriques, ciselées avec virtuosité, forment une dentelle composée d’innombrables motifs des plus variés, parmi lesquels dominent les étoiles à huit pointes et les entrelacs.
Fort heureusement, la salle du Harem conserve l’intégralité de sa décoration initiale.
Vue partielle de la salle du Harem, comptant parmi les plus belles salles de l’aile privée du palais du Bardo. Manifestant la splendeur des arts tunisiens, elle est couronnée d’une merveilleuse voûte à hui pans, laquelle est totalement couverte de plâtre admirablement sculpté, formant une dentelle aux innombrables motifs géométriques. (Crédit photo : Céline Rabaud / Wikimedia Commons / Licence : CC BY-SA 4.0)
L’attachement des Beys aux métiers d’art du pays apparaît également dans une autre œuvre, extraordinaire à bien des égards, ayant suscité l’admiration de l’architecte français Henri Saladin (1851-1923) qui la découvrit à la fin du XIXe siècle.
Il s’agit de l’immense et majestueuse coupole en bois, à seize pans, du grand salon, appelé pareillement salle des fêtes (“salle de Sousse” du musée), qui borde l’un des petits côtés du patio couvert, faisant face à la salle du Harem.
Deux menuisiers tunisiens, Hamda Ben Othman et Mohamed El Gharbi, façonnèrent un véritable chef-d’œuvre.
Totalement sculptée, peinte et dorée, la calotte est garnie, dans sa majeure partie, d’une pléthore de motifs géométriques, dont des étoiles à six pointes, des rosaces à huit branches et des formes pentagonales, tout en présentant des rinceaux et des ornements floraux sans sa section inférieure.
En son centre, la coupole, qui est flanquée aux angles de quatre coupolettes octogonales, est pourvue d’une remarquable retombée couverte de stalactites, à laquelle est suspendu un lustre.
Jaumé Ollé / Wikimedia Commons / CC BY 3.0
Gros plan sur la majestueuse coupole, à seize pans, couvrant l’ancien grand salon ou salle des fêtes de l’aile privée du palais du Bardo. Œuvre de deux menuisiers tunisiens virtuoses, Hamda Ben Othman et Mohamed El Gharbi, cette réalisation en bois sculpté, peint et doré illustre l’exceptionnelle qualité des arts traditionnels tunisiens auxquels les Beys husseinites étaient attachés. (Crédit photo : Jaumé Ollé / Wikimedia Commons / CC BY 3.0)
Longeant l’un des longs côtés latéraux du patio couvert, l’ancienne salle du musique du Bey, l’actuelle “salle d’Althiburos” du musée, charme le regard tant par son plafond elliptique central (nécessitant toutefois une restauration d’envergure) que par le décor des deux tribunes localisées aux extrémités de cette pièce aux amples proportions.
Portiques scandés d’arcs en accolade, dotés de fines colonnettes cannelées en marbre, peintures de facture italienne, parure géométrique arabo-andalouse, ainsi que d’autres ornements inspirés de l’Orient, traduisent toujours ce suave syncrétisme, non dénué d’originalité, de l’architecture palatiale de la Tunisie beylicale.
Selma Jmil / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0
Vue de l’une des deux tribunes de l’ancienne salle de musique du Bey (rebaptisée « salle d’Althiburos ») dans l’aile privée du palais du Bardo. Les influences italiennes (peintures de paysages marins), arabo-andalouses et ottomanes concourent à l’élaboration d’un décor des plus délicats, témoignant de l’esthétique élégante et de l’originalité de l’architecture palatiale tunisienne pendant l’ère husseinite. (Crédit photo : Selma Jmil / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0)
Tant par son aile cérémonielle que par son aile privée, le palais du Bardo offre une éloquente illustration de l’attrait des résidences beylicales au XIXe siècle. Toutefois, il n’est pas le seul exemple, et à sa proximité se trouve un autre palais, celui de Ksar Saïd, qui ne manque guère d’intérêt.
Le charme des intérieurs du palais de Ksar Saïd, résidence préférée de Sadok Bey
Bordant la rue de l’Évacuation, à faible distance du musée national du Bardo, le palais de Ksar Saïd est un édifice dont l’architecture et les décors relèvent du XIXe siècle, même si son domaine (“Sania”) est bien plus ancien. Son origine remonte au XVIIe siècle, précisément à 1661.
Portion d’un domaine de Hammouda Pacha (1631-1666), deuxième représentant de la dynastie des Mouradites (1613-1702), ce dernier l’octroya à son fils, le futur Mourad Bey II (1666-1675).
Il s’appelait alors “Saniet el-Bortal”. Avec l’extinction de la lignée des Mouradites et l’avènement des Husseinites, à partir de 1705, il fit partie des possessions de la nouvelle dynastie.
C’est sous le règne d’Hussein Bey II (1824-1835) que le palais semble avoir été construit, d’après certains documents, entre 1825 et 1830. Attribué par Mohamed Bey à son ministre et gendre Ismail Sunni, il fut repris par Sadok Bey qui lui donna son nom actuel (Ksar Saïd signifiant littéralement « palais heureux »).
Il entreprit, durant deux ans, de 1867 à 1869, des travaux d’agrandissement et d’embellissement qui donnèrent au palais l’aspect qu’on lui connaît jusqu’à présent.
Ksar Saïd fut la résidence favorite du souverain, qui l’habita durant la majeure partie de son règne. Au XXe siècle, il fut également habité par Mohamed El Hédi Bey (1902-1906), avant d’être converti en hôpital, vers 1950, à l’époque de Lamine Bey, il est de nos jours une dépendance de l’Institut national du patrimoine.
Si la façade principale se caractérise par sa sobriété, rythmée, sur trois niveaux, de fenêtres grillagées et agrémentée, en son milieu, d’un moucharabieh (en dialecte tunisien « Ganaria »), surmontant la porte d’entrée, et d’un fronton triangulaire, c’est à l’intérieur, au premier étage, que sont situés les décors husseinites qui retiennent l’attention.
L’un des espaces les plus intéressants est, sans conteste, le patio couvert, qui servait de vaste salon d’attente. L’influence européenne, en particulier italienne, y est fortement visible, à travers l’usage du marbre blanc de Carrare dans le dallage, les encadrements et dans les vingt-quatre colonnes coiffées de chapiteaux néo-corinthiens.
Cette empreinte italianisante se manifeste en outre dans les compartiments des intrados des seize arcs en plein cintre moulurés, ainsi que dans les ornementations stuquées et peintes des écoinçons de ces derniers.
Au-dessus des arcades, les nombreuses ouvertures en œil-de-bœuf confèrent une allure curieuse et singulière à cette cette salle.
Après une longue période d’abandon, certains décors, notamment ceux des écoinçons des arcs, ainsi que les bordures des œils-de-bœuf, ont disparu. Ainsi, il est important de les restituer pour redonner à ce lieu sa splendeur du XIXe siècle.
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Photochrome daté de 1899, illustrant une vue partielle du vaste patio couvert, la salle emblématique du palais de Ksar Saïd. Située au premier étage, son ornementation est fortement d’influence italienne. De nos jours, cette pièce importante présente, faute de restauration, certaines dégradations. Par ailleurs, cette image met en lumière des éléments décoratifs qui ne sont plus visibles actuellement, parmi lesquels figurent les motifs peints des écoinçons des arcs et les bordures des ouvertures en œil-de-bœuf. (Wikimedia Commons / Domaine public)
Le patio couvert de Ksar Saïd se distingue aussi par un magnifique plafond peint à l’italienne. Mis à part des compartiments trapézoïdaux et pentagonaux, renfermant d’élégants rinceaux et des bouquets de fleurs, le centre du plafond est agrémenté, de part et d’autre de la retombée à stalactites, à laquelle est suspendu le lustre, de deux représentations des armoiries beylicales.
Chris Debz / Ipernity / Licence : CC BY 3.0
Gros plan sur le plafond, peint à l’italienne, du grand patio couvert du palais de Ksar Saïd. Ce couvrement, caractérisé par une décoration des plus gracieuses, compte parmi les exemples de l’influence européenne, notamment italienne, dans l’ornementation palatiale husseinite au XIXe siècle. (Crédit photo : Chris Debz / Ipernity / Licence : CC BY 3.0)
Ouvrant sur ce patio couvert, une importante salle d’apparat longe l’un de ses longs côtés. Cette pièce, dallée de marbre blanc de Carrare, traduit parfaitement le style husseinite de la seconde moitié du XIXe siècle, alliant influences occidentales et traditions décoratives locales.
Les murs, lambrissés de céramiques à dominante bleue, sont surmontés d’une voûte à pans, revêtue de plâtre finement sculpté de rosaces géométriques enchevêtrées.
Un grand lustre, semblable à ceux du palais des Tuileries (à Paris) sous Napoléon III, est suspendu à la voûte, dont les motifs ciselés sont rehaussés de touches de dorures.
Un mobilier occidental garnissait cette salle pourvue d’un moucharabieh, où le Bey aimait s’asseoir pour contempler les jardins de son palais.
C’est dans ce salon que, le 12 mai 1881, Sadok Bey, entouré de ses ministres, signa le traité du Bardo, instaurant le protectorat français sur la Tunisie. Si le mobilier n’est plus en place, la salle garde, encore aujourd’hui, sa décoration datant de la fin des années 1860.
Ipernity / Domaine public
Photographie, remontant à 1905, du salon rectangulaire (salon du Traité) au palais de Ksar Saïd. La plus belle parure de cette pièce, garnie d’un mobilier européen, consiste dans sa voûte à pans. Celle-ci, traduisant l’art local, est entièrement revêtue de plâtre, lequel est sculpté de rosaces géométriques et rehaussé de touches de dorures. (Ipernity / Domaine public)
En face de ce salon, se trouve une ravissante salle, dite chambre du Bey, dotée de trois alcôves (“kabwat”). Les motifs peints et stuqués des arcs, les céramiques de facture italienne, ainsi que le travail tunisien du plâtre sculpté de la voûte centrale, forment un très bel ensemble ornemental.
Du temps où les Beys résidaient dans le palais de Ksar Saïd, cette pièce était éblouissante par le luxe de ses tentures et de son mobilier.
De cette période demeurent deux cloisons dorées, ajourées d’enroulements de rinceaux sur fond de glaces, qui ferment les arcs en plein cintre de deux alcôves symétriques.
Céline Rabaud / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0
Aussi bien les magnifiques décors beylicaux du palais du Bardo, que ceux du palais de Ksar Saïd, demeurent extrêmement méconnus, à la fois par les touristes étrangers et par les Tunisiens eux-mêmes.
L’aile cérémonielle du palais du Bardo, utilisée par l’Assemblée des représentants du peuple, n’est pas accessible au grand public.
Il en est de même de Ksar Saïd. Exceptionnellement, ce dernier fut ouvert à tous lors de l’exposition “L’éveil d’une nation”, entre le 27 novembre 2016 et le 1er mars 2017. D’un autre côté, ce palais est toujours en attente d’une restauration globale et d’envergure pour lui redonner son lustre d’antan…
Seule l’aile privée du palais du Bardo, incluse dans le musée, peut être visitée par quiconque. Toutefois, certains des précieux plafonds ne cessent de se dégrader, et leur remise en état devient de plus en plus urgente.
Trésors artistiques de la Tunisie, légués par le XIXe siècle, ces joyaux patrimoniaux méritent d’être conservés et réhabilités pour être transmis, dignement, aux générations futures.
Le Régime aux abois est condamné à rendre les clefs mais la maison Algérie est lézardée par une mauvaise gestion du système politique et son pillage du trésor public .
État des lieux :
– La moitié de la population qui n’a pas connu la décennie noire et à toujours supporté l’équipe de Bouteflika est âgée de moins de 30 ans dont un jeune sur trois est au chômage
– 95 % des exportations sont des hydrocarbures et l’Algérie est l’un des rares pays qui ne siègent pas à l’Office Mondial du Commerce n’ayant ni activité ni projet commercial .
– Les réserves de change ont baissé drastiquement de 75% et la Banque Mondiale en prévoit la fin pour 2020
– Mille milliards de dollars ont été dilapidés en investissements non productifs et en déperditions financières et détournements divers
– L’Algerie c’est aussi 10 millions d’élèves scolarisés dans un enseignement à la dérive et 1,5 millions d’étudiants qui ne rêvent que d’exil .
– L’Université Algérienne produit annuellement 350000 diplômés mais seulement 50000 sont aux normes
Tout cela pour dire qu’il est urgent de faire appel à des technocrates plus qu’à des politiciens pour changer les mécanismes de gestion , faire entrer le pays dans le vingt et unième siècle , créer de la richesse et la redistribuer suivant un système de mérite et de solidarité.
Le véritable défi est cet avenir positif qu’il faudra atteindre ensemble en s’attelant aux objectifs de renouveaux économiques , sociaux et culturels .
Notre vision de la société doit changer impérativement et notre mentalité aussi .
L’Association pour le Changement et la Démocratie en Algérie (ACDA) ouvre le débat sur la période de transition en Algérie et invite les algériens de France à s’interroger et réfléchir sur la façon d’agir pour que l’étape qui s’annonce soit démocratique.
Pour cette occasion, l’ACDA a convié le Juriste et ancien doyen de la faculté de droit d’Alger M. Madjid Benchikh ainsi que l’économiste et défenseurs des droits humains M. Ahmed Dahmani. Dans leurs exposés, les deux intervenants ont mis en évidence la nature complexe du régime et l’emprise qu’exerce le commandement militaire sur les autres composantes du système. La forte influence du milieu des affaires et son imbrication grandissante avec les cercles classiques du pourvoir ont été particulièrement soulignées et présentées comme une «évolution» majeure du régime sous le règne du clan de Bouteflika. Une évolution qui n’est pas de nature à simplifier les choses, vu que la résistance des entreprises et des hommes d’affaires, qui ont été copieusement alimentés par les marchés publics et les projets faramineux, risque d’être forte et intense.
Les échanges avec la forte assistance et les nombreuses interventions des participants ont étés riches et variées. Toutefois, une convergence des points de vue vers la prudence et la retenue s’est faite ressentir. Ceci, sans oublier la nécessité de poursuivre la mobilisation citoyenne en cours, en Algérie au sein de la diaspora, et de faire en sorte qu’elle se déroule dans la bonne ambiance et sans violence.