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vendredi 20 février 2026
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Bedoui nomme son cousin au ministère de l’Intérieur

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Idir, dans sa chanson Zwit Rwits, chantait « les cousins, les oncles et les beaux-parents et tous les proches à la fête sont conviés ».

Apparemment, Bedoui fraîchement promu au poste de Premier ministre, n’a pas failli à la règle de ses prédécesseurs. Selon le site TSA version arabe, Nourdine Bedoui a nommé son cousin paternel « Ayachi Bedoui » Directeur du personnel au ministère de l’Intérieur juste après avoir été désigné à la tête du gouvernement.

Voilà le changement du système, c’est une preuve que le pouvoir a entendu la voix des millions d’Algériens qui exigent leur départ pour l’instauration d’une vraie république.

La rédaction

Bouteflika confirme qu’il prolonge son mandat de président

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Le quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, cible depuis près d’un mois d’une contestation inédite depuis qu’il est au pouvoir, expire constitutionnellement le 28 avril.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a confirmé, dans un message lundi 18 mars, qu’il prolongerait son quatrième mandat au-delà de son terme constitutionnel, le 28 avril, jusqu’à un nouveau scrutin organisé à l’issue d’un processus de révision constitutionnelle.

« Que l’Algérie vive, dans un avenir proche, une transition harmonieuse et assiste à la remise de ses rênes à une nouvelle génération […], tel est l’objectif suprême que je me suis engagé à concrétiser avant la fin de mon parcours présidentiel, à vos côtés et à votre service », déclare le chef de l’Etat dans ce message, publié par les médias d’Etat.

Son actuel mandat expire constitutionnellement le 28 avril et le président a annoncé le 11 mars qu’il entend remettre ses pouvoirs à un successeur élu lors du scrutin qui sera organisé à l’issue d’une Conférence nationale devant réformer l’Algérie et modifier la Constitution.

Dans le message diffusé lundi à l’occasion de la fête de la Victoire (19 mars 1962) sur le colonisateur français, Abdelaziz Bouteflika a assuré que cette « Conférence nationale » chargée de changer le « régime de gouvernance » de l’Algérie et de « renouveler ses systèmes politique, économique et social » se tiendra « dans un très proche avenir ».

La révision constitutionnelle « globale et profonde » dont est chargée la Conférence nationale, et qui sera soumise à référendum, « préludera à un nouveau processus électoral qui verra l’élection d’un nouveau président », a rappelé, comme il l’avait fait le 11 mars, Abdelaziz Bouteflika, confirmant qu’il entend rester au pouvoir bien après le 28 avril.

« Prêter main forte à l’armée »

Au pouvoir depuis vingt ans, Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, est affaibli par les séquelles d’un AVC qui l’ont empêché depuis 2013 de s’adresser de vive voix aux Algériens et ont rendu rares ses apparitions publiques.

Cible depuis près d’un mois d’une contestation inédite depuis qu’il est au pouvoir, il a renoncé le 11 mars à briguer un cinquième mandat et a repoussé la présidentielle prévue le 18 avril jusqu’à la fin de la Conférence nationale – dont la date n’est pas fixée.

Vendredi 15 mars, des millions d’Algériens sont à nouveau descendus dans la rue pour exprimer leur refus de la prolongation de fait de son actuel mandat.

Si un délai d’un an a été parfois évoqué pour une transmission du pouvoir, il apparaît intenable à de nombreux observateurs vu l’ampleur de la tâche : désignation des participants et organisation des travaux de la Conférence, élaboration d’une nouvelle Constitution, organisation d’un référendum, convocation et tenue d’une élection présidentielle…

Dans son message, Abdelaziz Bouteflika a par ailleurs appelé le peuple à être « à la hauteur de ses aspirations socio-économiques et culturelles » et à « prêter main forte à son armée pour préserver l’Algérie contre les dangers extérieurs ».

Plus tôt, le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée algérienne, avait appelé à la « responsabilité » de chacun pour trouver des « solutions dans les plus brefs délais » à la crise actuelle en Algérie.

 

Source AFP

Manifestations en Algérie: Moscou hostile à toute ingérence extérieure

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La Russie est hostile à toute ingérence dans les processus qui se déroulent actuellement en Algérie, a fait savoir le ministre russe des Affaires étrangères lors d’un entretien avec son homologue algérien à Moscou.

La partie russe suit attentivement les événements en cours en Algérie et se prononce contre toute ingérence extérieure dans la situation, a déclaré mardi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Algeria Protests

«Nous sommes bien sûr préoccupés par les événements qui se déroulent actuellement dans votre pays. Nous voyons des tentatives d’attiser les tensions et nous nous prononçons contre toute ingérence dans ces processus», a fait savoir le chef de la diplomatie russe au cours d’un entretien avec son homologue algérien Ramtane Lamamra en visite à Moscou.

Dans le même temps, M.Lavrov a espéré que les autorités et le peuple algériens parviendraient à résoudre les problèmes auxquels faisait face leur pays en toute conformité avec la Constitution.Précédemment, les médias avaient fait état de plus de 70 interpellations lors des manifestations provoquées par la décision des autorités algériennes de reporter l’élection présidentielle.

La semaine dernière, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a souligné que les événements en cours en Algérie constituaient pour Moscou «une affaire strictement intérieure d’un pays ami».

 

Source Sputnik

France : la voiture et le domicile du « gilet jaune » Eric Drouet vandalisés

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La voiture du chauffeur routier a été taguée en jaune et ses pneus ont été crevés. Son pavillon a également été enduit de peinture jaune.

Eric Drouet, figure emblématique du mouvement des « gilets jaunes » a été victime d’actes de vandalisme à son domicile, dans la nuit de lundi 18 au mardi 19 mars.

La voiture du chauffeur routier a été retrouvée taguée en jaune et les pneus crevés, a précisé à l’AFP une source proche de l’enquête.

« Europe 1 » rapporte ce matin que le domicile d’Eric Drouet aurait également subi des dommages. Le chauffeur routier aurait retrouvé son pavillon, situé en région parisienne, couvert de peinture jaune.

Le faits se sont probablement déroulés entre 0h30 et 3 heures du matin et la femme d’Eric Drouet a déposé plainte aujourd’hui, selon une source proche du dossier.

« On ne répond pas à la violence par la violence »

La secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations Marlène Schiappa a condamné sur son compte Twitter ces actes des vandalisme :

Le chauffeur routier de Seine-et-Marne avait appelé à participer à la manifestation des « gilets jaunes » samedi à Paris, présentée comme un « ultimatum » lancé au président Macron quatre mois après la naissance du mouvement social et pour marquer la fin du grand débat.

Ce samedi, l’acte 18 du mouvement a rassemblé 32.300 personnes en France selon les chiffres du gouvernement. Il a été marqué par un regain de violences à Paris, avec des scènes de heurts, saccages et pillages sur les Champs-Elysées.

 

Source L’OBS
M. E. G.

Le jeu dangereux du pouvoir

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La démarche de Lakhdar Brahimi est jugée pour le moins «suspecte»L’ancien diplomate affirme que jusque-là il n’a été mandaté par personne pour une quelconque mission, mais il continue de «recevoir» des personnalités et des «représentants» de la société civile, ce qui n’est pas pour rassurer les Algériens.

La décision prise par le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, le 11 mars, de renoncer au 5e mandat et de reporter l’élection présidentielle, avec comme conséquence la prorogation du 4e mandat, a été massivement rejetée par les Algériens. Aujourd’hui, au lieu d’apporter des garanties, des signaux forts quant à sa bonne foi, le système en place a enclenché ce qui s’apparente à des manœuvres dans le but de casser la mobilisation citoyenne.

La démarche, pour le moins jugée «suspecte», de l’ancien diplomate Lakhdar Brahimi, qui, tout en affirmant que jusque-là il n’a été mandaté par qui que ce soit pour une quelconque mission, continue de «recevoir» des personnalités et des «représentants» de la société civile, n’est pas pour rassurer les Algériens. L’objectif étant de s’offrir des «interlocuteurs-maison» afin de faire passer la feuille de route du président de la République.

Pour ce, des relais ont été actionnés pour trouver des jeunes susceptibles de participer à des rencontres avec Lakhdar Brahimi. Le député du Parti des travailleurs (PT) Smain Kouadria a indiqué, hier, dans une déclaration au site TSA, que «les walis ont été chargés d’approcher des jeunes leaders du mouvement populaire, particulièrement les étudiants, pour les convaincre de rencontrer Lakhdar afin de préparer une conférence des jeunes, pour casser le mouvement de protestation».D’autres sources nous ont affirmé que les recteurs des universités ont été destinataires de la même requête. Celui de l’USTHB aurait même «désigné» cinq étudiants pour rencontrer l’ancien diplomate.

Si les manifestants refusent jusque-là toute idée de dialogue en s’accrochant à leur principale revendication, à savoir le départ du système, le pouvoir semble rechercher, coûte que coûte, des interlocuteurs qui cautionneraient sa démarche. Quitte à ce que cela irrite davantage les manifestants. En 2001, lors de la crise de Kabylie, les autorités avaient usé de la même méthode, avec ce qui était appelé les «arouchs Taiwan», de «faux» représentants du mouvement, qui ont été invités pour des négociations par le chef du gouvernement de l’époque, Ali Benflis. L’opération s’était soldée par un échec et Ahmed Ouyahia, son successeur à ce poste, avait pris langue près de trois ans après avec les «vrais» délégués des Arouchs.

Apparition «suspecte» de nouvelles associations

C’est pour cela que l’action menée avant-hier à l’hôtel Riadh de Sidi Fredj par une association nouvellement créée (en décembre apparemment), en l’occurrence l’Union du mouvement associatif et des citoyens (UMAC), a fait polémique. «Des représentants de près de 100 associations nationales ont mis en avant, samedi à Alger, l’impératif de lancer un dialogue national inclusif visant l’encadrement du mouvement populaire que connaît l’Algérie, appelant au changement du système et à l’édification d’une Algérie nouvelle», avait indiqué l’APS.

«Les participants au dialogue des acteurs de la société civile ont appelé toutes les franges de la société algérienne à ouvrir un dialogue national inclusif visant l’encadrement du mouvement populaire et à formuler, de manière efficace, les revendications des Algériens dans un cadre organisé», a ajouté l’agence, même si ceux-là «ont refusé de formuler des recommandations sanctionnant le débat ayant duré presque deux heures, estimant que la seule recommandation était de souligner l’importance du dialogue».

Apostrophée par une journaliste d’une chaîne de télévision privée sur le fait qu’elle soutenait, il n’y a pas longtemps, le 5e mandat, une des participantes à cet événement, une représentante de l’UNFA (Union nationale des femmes algériennes), n’a pas pu trouver de réponse, finissant même par lui demander de ne pas la faire passer à la télévision. L’action de l’UMAC a été perçue par beaucoup comme une tentative de récupération. Sinon, pourquoi accorder à l’événement une telle médiatisation, notamment par le biais des médias publics. Résultat : la liste des membres du secrétariat national de cette «Union», avec leurs coordonnées, a commencé à circuler sur les réseaux sociaux depuis avant-hier soir.

Certains d’entre eux ont même reçu des appels «inamicaux». Hier, l’UMAC a diffusé un «démenti» dans lequel elle a précisé que ce n’était qu’«une rencontre pour débattre entre citoyens de la société civile, comme tout débat dans la rue, au café ou à la maison». Pour ses responsables, il n’était nullement question de se placer en tant que représentants du mouvement. En tout cas, comme les autorités ont, de tout temps, habitué les gens à ce genre de manœuvre, les Algériens ont appris à être vigilants vis-à-vis de tout ce qui apparaît, ex nihilo, dans des contextes particuliers. Le pouvoir a usé et abusé à satiété de ce qui est appelé la société civile.

Recruter des informaticiens pour les besoins de la propagande

Parallèlement à cette volonté de vouloir dégager, dans les plus brefs délais, des «interlocuteurs-maison», et sachant que les réseaux sociaux jouent un grand rôle dans cette révolte, sur les plans organisationnel et même de la réflexion, certains cercles semblent avoir lancé une opération de «contre-révolution» sur Facebook. Selon des informations émanant de plusieurs sources, divers institutions, dont des ministères, auraient «fourni» des informaticiens à la direction de campagne de Abdelaziz Bouteflika, et travaillant donc sous la houlette de Sellal dans un premier temps puis de Zaâlane, même si, faut-il le signaler, certains parmi ces employés ont décliné cette offre récompensée d’une prime de 40 000 DA par mois.

Si leur mission au début était de «vendre» le 5e mandat, aujourd’hui il est question de «s’en prendre» aux pages Facebook les plus dynamiques pour ce qui est du mouvement de contestation. Il est question aussi de dénigrer toute personnalité susceptible de faire l’unanimité au sein de la population ou bien de propager des rumeurs qui puissent saper le moral des manifestants ou les inquiéter. Plusieurs nouvelles «pages», appartenant à des «anonymes», depuis lesquelles sont menées ces attaques, ont vu le jour ces derniers temps. Néanmoins, jusque-là, la démarche ne semble pas donner de  fruits.

La colère des Algériens est telle que le nombre de pages «antisystème» est sans limite. Ce n’est donc sûrement pas le recrutement de quelques dizaines d’informaticiens qui va avoir de l’effet sur le cours des événements. En somme, l’«offre» de transition de Bouteflika est apparemment accompagnée de manœuvres visant à démobiliser la population. D’où tout  le scepticisme qu’affichent même les personnes les plus «modérées»…

Abdelghani Aichoun

Source : El Watan

Harbi qualifie les manifestations de « rupture majeure » dans notre histoire

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L’historien algérien Mohamed Harbi a commenté les imposantes marches citoyennes rejetant le prolongement du mandat présidentiel de Bouteflika.

« Le surgissement populaire du 22 février constitue une rupture majeure dans notre histoire, comme dans celle du Maghreb. Il s’agit de la consolider et d’élargir le champ des possibles. Aujourd’hui, les Algériens ont remporté une première victoire », affirme-t-il dans une tribune cosignée avec Nadjib Sidi Moussa, publiée aujourd’hui sur les colonnes d’El-Watan.

« Notre tâche prioritaire est de tirer la leçon du soulèvement d’octobre 1988 et d’éviter à nouveau le détournement du fleuve, à savoir la confiscation de la souveraineté populaire qui est à l’origine de l’autoritarisme sous sa forme actuelle. Nous sommes devant une nouvelle crise du régime, mais le peuple algérien a déjà tranché. Le FLN a vécu, le 5e mandant aussi. L’annonce du Président, ce 11 mars 2019, ne fait qu’entériner cet état de fait », souligne cet historien selon lequel le plus grand souci est celui de la tentation des anciens partisans du statu quo de se recycler à travers un repositionnement en faveur de ce mouvement populaire. « Sans céder à l’esprit de revanche, il nous faut prendre garde à ce que les anciens partisans du statu quo ne se rachètent pas une virginité au nom d’une transition qui renouerait insidieusement avec l’ancien régime et ses pratiques (corruption, clientélisme, prédation, etc.) », avertit-il, estimant ainsi que « la démocratie, que chacun revendique désormais à voix haute, est tout le contraire du consensus dont nous subissons les conséquences ».

Pour Harbi, « la République est à refonder, en rupture avec les tentations despotiques assimilées à la monarchie par les acteurs du surgissement populaire ». Il appelle à ce que les aspirations des « classes laborieuses », dont les femmes et la jeunesse constituent les moteurs, soient affirmées dès à présent. « Il faudra donc respecter leur autonomie d’organisation et d’action. Dans cette perspective, l’égalité des sexes est indiscutable ».

Mohamed Harbi déclare son soutien aux classes populaires dans leur volonté de « gérer elles-mêmes leurs propres affaires ». « Car, il ne peut y avoir de démocratie réelle sans prise en compte de leurs aspirations spécifiques », assure-t-il.

Par Hani Abdi 

Source : Algérie-patriotique

 

Un cadre fédéral pour sauver l’Algérie

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Algerians chant slogans and wave national flags during a protest rally against ailing President Abdelaziz Bouteflika's bid for a fifth term in power, in the capital Algiers on March 1, 2019. - The demonstrations came a week after tens of thousands of people rallied in the North African state against 82-year-old Bouteflika's decision to stand in the April 18 election. (Photo by RYAD KRAMDI / AFP)

L’enjeu politique majeur de cette période cruciale que traverse l’Algérie est l’instauration de la démocratie. Comment faire respecter les valeurs démocratiques à un pouvoir totalitaire qui règne sur le pays depuis 54 ans et pour qui l’unité est toujours assimilée à l’«unicisme» et la diversité à la division?

La philosophe Hanna Arendt, dont l’analyse du totalitarisme continue à faire autorité, a défini les caractéristiques propres de ce concept: «Unité entre l’armée, la société et l’État. Aucune liberté individuelle ou collective. Les fonctionnaires de la police politique sont au-­dessus des lois et de la justice légale mais illégitime.

Le totalitarisme n’est pas un régime politique, mais une dynamique autodestructrice reposant sur une dissolution des structures sociales». C’est le duo Ben Bella/colonel Boumediène, imposé du Maroc par la bande du colonel Boussouf, fortement soutenue sur les plans politique et militaire par l’Égypte du colonel Nasser, qui instaura le totalitarisme. Il est «légalisé» par Boumediène après le coup d’État de juin 1965.

Il imposa l’idéologie «l’arabo­-islamisme», centrée d’abord et avant tout contre les Kabyles, qu’il accusait d’être des «racistes» et des «séparatistes» à cause, entre autres, du soulèvement de la Kabylie pour la liberté et la démocratie (1963­1965) par le Front des forces socialistes (F.F.S.).

Kateb Yacine intervint pour désamorcer cette emprise: «Il serait absurde, déclara-­t-­il, de crier « Algérie arabe », « Algérie kabyle » ou « Algérie française ». Nous sommes trilingues, situation en vérité exceptionnelle. Nous devons donc développer parallèlement les trois cultures. Nous devons être ouverts à toutes les influences. Ce sera notre force dans l’avenir.»

Par ailleurs, des rumeurs circulaient à Alger ­où j’étudiais ­ lors de la Guerre des Six Jours (juin 1967) qu’une grande partie des soldats algériens envoyés contre Israël étaient Kabyles. Lors du «Printemps Berbère» de 1980, le président de la «République algérienne démocratique et populaire», le colonel Chadli, s’emporta contre la Kabylie en déclarant: «Nous avons frappé le colonialisme à la tête, et voilà qu’il remue la queue».

Il entama la «dékabylisation» de l’armée algérienne en envoyant des officiers supérieurs kabyles soit à la retraite soit transférés dans le Sud . Le clivage historique demeure: totalitarisme/démocratie.

La seule alternative possible et crédible à un éventuel statu quo «bien maquillé» du type de «changement dans la continuité» ne peut émaner que d’une deuxième révolution , la «Révolution démocratique» ­ qui permettrait une refondation totale de l’État policier en un État de droit. Et cet État ne peut être que fédéral parce que, pour la première fois, on aura reconnu les réalités objectives du pays, à savoir qu’en Algérie, il y a des gens qui veulent vivre sous la loi coranique (la charia) ; d’autres qui continuent de rêver au panarabisme ; et enfin, il existe des gens qui croient profondément à la démocratie républicaine moderne.

Comment peuvent coexister pacifiquement ces trois idéologies antagoniques en dehors d’un cadre fédéral? Malheureusement, l’espoir d’une «Révolution démocratique» est très mince tout simplement parce que le peuple algérien est élevé depuis plus d’un demi­-siècle dans l’ignorance, la peur, la terreur et le mensonge. Que faire? Mais comme la conjoncture internationale est positive pour faire avancer la démocratie, il y a de l’espoir qu’une élite de la nouvelle génération émerge et prenne acte. Elle évitera la violence et poussera vers un débat démocratique que l’Algérie n’a jamais connu depuis l’indépendance.

Par ailleurs, la conjoncture internationale pousse vers le fédéralisme pour faire face aux revendications légitimes des «minorités» et à la mondialisation du marché. La question du développement, à l’échelle planétaire, est désormais posée en fonction de culture, raison pour laquelle l’ONU avait déclaré les années 1990, la «décennie de la culture» et ce, suite à la Déclaration universelle des droits des minorités, issue de la Conférence internationale sur les droits des minorités tenue à l’Université Laval à Québec du 5 au 8 mars 1985 et à laquelle j’avais participé comme président de l’Association des berbères du Québec (A.B.Q.)

Après mon intervention, j’étais contacté par un éminent conférencier canadien, Me Jules Deschênes, membre de la sous­commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et pour la protection des minorités à l’ONU. Auparavant, il était juge en chef de la Cour supérieure du Québec. Il m’avait mis en contact avec le Secrétariat du Centre des droits de l’homme de l’ONU à Genève.

Dans sa lettre du 3 juin 1985, Salem Chaker me dit: «Ton intervention aux Droits des minorités a été remarquée et a été sue jusqu’ici: Aït (Ahmed) m’en a parlé récemment au téléphone». Et dans sa lettre du 14 octobre 1985, Salem Chaker m’écrit: «Je reviens de Suisse où j’ai pu avoir une série de contacts très positifs avec les organisations internationales: Centre des droits de l’homme de l’ONU, Commission internationale des juristes, Conseil œcuménique des Églises, Ligue suisse des droits de l’homme… Partout, j’ai reçu le meilleur accueil et tous se sont déclarés solidaires de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (L.A.D.D.H.). Je m’aperçois du reste à posteriori que j’aurais dû suivre dès le printemps dernier la piste ONU que tu m’avais indiquée: ils sont très réceptifs.»

Parallèlement, nous menions des démarches pour la libération des personnes arrêtées injustement et maltraitées auprès de Amnesty International, qui avait pris une «urgent action» le 27 novembre 1985. (Dossier: AI ; Index: AFR 11/03/85; Dist.UA/SC) Lors de la conférence de presse tenue conjointement par l’Association des berbères du Québec et la Fédération internationale des droits de l’homme (F.I.D.H.) à Montréal, le 3 juillet 1987, nous avons demandé la libération immédiate de tous les prisonniers politiques en Algérie et la reconnaissance officielle par les autorités algériennes de la première Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (L.A.D.D.H.) dont un des principaux initiateurs, Me André ­Ali Mécili, venait d’être lâchement assassiné par le pouvoir algérien à Paris, le 7 avril 1987.

Enfin, le fédéralisme, c’est connu, est un concept ouvert, un système intégrateur. C’est le partage des pouvoirs constitutionnels entre un gouvernement central et les différentes régions ou collectivités. Pour l’Algérie, les fondements de ces régions ou collectivités reposent sur la guerre de libération nationale qui avait imposé, avant son déclenchement, et ce, suite à des décennies de débats, la reconnaissance des 6 régions naturelles, géographiques, historiques, socioculturelles et linguistiques du pays: Les Aurès, le Constantinois, la Kabylie, l’Algérois, l’Oranie et le Sahara.

En partant de ce postulat, les Algériens éviteront les faux débats. «Ceux qui rendent une révolution pacifique impossible rendront une révolution violente inévitable.» (John F. Kennedy).

A. O.

Notes

Amar Ouerdane, Les Berbères et l’arabo­-islamisme en Algérie, Montréal, éd. KMSA, 259 p., 2003. (Réédition du livre La Question berbère… édité en 1990) Hannah Arendt, Le système totalitaire, éd. Le Seuil, 1972 (Les Origines du totalitarisme, USA, 1951) T. M. Maschino et Fadéla M’Rabet, L’Algérie des illusions, Paris, éd. Robert Laffont, 1975, p. 243 Mohammed Harbi, La «dékabylisation» de l’armée algérienne, Peuples Méditerranéens ­Mediterranean Peoples, Numéro 11, avril­ juin 1980, pp. 31­37

Voir le Communiqué de presse de la F.I.D.H. (FIDH/SQC/JCB/31) «Les droits et liberté en Algérie ­ vingt-­cinq ans après l’indépendance». Voir aussi ma position personnelle dans le quotidien Le Devoir des 24 avril et 6 juillet 1987.

 

Source Le Matin d’Algérie
Par Amar Ouerdane

Football : «C’est l’occasion pour tester tous les joueurs»

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Le sélectionneur national, Djamel Belmadi, a animé, hier au CTN de Sidi Moussa, une conférence de presse en prévision du match de la dernière journée des éliminatoires de la CAN-2019 contre la Gambie, prévu vendredi à 20h45 au stade Mustapha Tchaker de Blida.

L’entraîneur national a expliqué son choix de joueurs en déclarant en préambule : «C’est un match sans enjeu pour la sélection nationale et pour la Gambie. Ceci nous permettra de tester de nouveaux éléments. Les 26 joueurs convoqués seront tous testés lors des deux prochaines rencontres (le match amical contre la Tunisie le 26 mars compris). Les joueurs comme Loucif et Boudaoui, qui ont donné satisfaction face au Qatar, ont prouvé qu’ils peuvent jouer à ce niveau.

Donc, il est tout à fait logique de les convoquer pour des matchs d’un autre contexte pour pouvoir mieux évaluer s’ils sont aptes pour le moment à jouer ou non dans un niveau supérieur. Certes, la Gambie qui est déjà éliminée n’est pas un test révélateur, mais c’est important pour moi. Ceci est valable pour les autres joueurs comme Derfalou, que je veux découvrir, d’où la non-convocation de Belfodil qui est pourtant régulier avec son club.» Belmadi a laissé entendre qu’il peut faire appel à d’autres joueurs et que la liste reste ouverte.

Concernant les non-convoqués, à l’image de Brahimi, Bentaleb, Benzia, Slimani, Belfodil, Ghoulam et Ferhat entre autres, le sélectionneur national a expliqué sa décision au cas par cas. «Slimani n’est plus efficace avec son club Fenerbahçe, pour moi c’est important de convoquer des joueurs efficaces à trois mois de la CAN. Je dois en tout cas le revoir encore et j’espère qu’il retrouvera son meilleur niveau. Idem pour son équipier Benzia, même si ce dernier n’a pas le même passé que Slimani.

Brahimi a eu des blessures en Ligue européenne et en championnat, on connaît sa valeur et donc pour ce match sans importance, je veux voir d’autres joueurs à son poste. C’est aussi le cas de Bentaleb. En revanche, Ferhat a des qualités, mais joue dans un poste où il y a une rude concurrence. J’ai fait mon choix, à lui maintenant de travailler davantage», a expliqué le sélectionneur national.

Concernant les objectifs de la sélection nationale, Belmadi estime que son équipe, qui n’a jamais remporté une Coupe d’Afrique hors de ses bases, ne figure pas parmi les favoris, mais, dit-il, «nous allons faire le maximum pour briser cette mauvaise tradition». Et d’ajouter : «Je n’ai pas de préférence pour les adversaires à affronter. On doit attendre le tirage au sort et si on veut faire du chemin, on est obligés d’être costauds avec toutes les sélections.»

«Je n’ai jamais rencontré Aouar»

Le sélectionneur national a démenti catégoriquement avoir rencontré le joueur de l’Olympique de Lyon, Houssem Aouar, et qu’il ne s’agit que de mensonges. «Je ne comprends pas comment des journalistes affirment que nous avons été moi et le président de la FAF en France pour rencontrer Aouar et le convaincre de porter les couleurs nationales. C’est un mensonge, sachant que ce joueur est déjà en sélection nationale de France. Je ne peux pas miser sur un joueur qui porte actuellement le maillot tricolore.

Les joueurs algériens qui ont choisi leur patrie-mère ont, certes, évolué dans les différentes sélections de France, mais par la suite, ils ne sont plus convoqués», a-t-il affirmé pour démentir toutes les informations qui ont circulé sur l’avenir immédiat de ce joueur avec les Verts.

– Belmadi soutient les revendications du peuple

A la question relative à l’éventualité du peu d’engouement que peut susciter cette rencontre sans enjeu pour les Verts et qui, de surcroît, se jouera un vendredi, où la population a plutôt d’autres revendications, Belmadi dira : «Je ne pense pas qu’il y aura moins d’engouement à l’occasion de ce match, car le peuple algérien aime le foot.

Maintenant, concernant ce qui se passe dans le pays, je pense comme tout citoyen algérien. Il y a des revendications, j’aimerais bien que le peuple soit entendu, que ses revendications soient prises en considération et que les choses évoluent dans le bon sens.»

 

Source El Watan
S. M. 

Commerce extérieur: hausse du déficit à 1,4 milliard USD en janvier 2019

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Le déficit commercial de l`Algérie a atteint 1,436 milliard de dollars en janvier 2019, contre un déficit de 45 millions de dollars en janvier 2018, soit une  hausse du déficit de 1,39 milliard de dollars, a appris l’APS auprès des Douanes.

Les exportations algériennes ont chuté en s’établissant à 2,367 milliards de dollars (mds usd) en janvier 2019 contre 3,835 mds usd en janvier 2018, en baisse de 38,3%, indique le Centre national des transmission et du système d’information des Douanes (Cntsid) qui précise que les chiffres de janvier 2019 sont provisoires alors que ceux de janvier 2018 sont consolidés.

Quant aux importations, elles ont connu une très légère baisse pour s’établir à 3,803 mds usd en janvier 2019 contre 3,880 mds usd au même mois de l’année 2018, soit une baisse de 1,98%.

Les exportations ont assuré la couverture des importations à hauteur de 62% en janvier 2019 contre 99% en janvier 2018.

Les exportations des hydrocarbures, qui ont représenté l’essentiel des ventes algériennes à l’étranger en janvier 2019 (90,32% du volume global des exportations), ont chuté en s’établissant à 2,14 mds usd contre 3,58 mds usd en janvier 2018, soit un recul de 1,44 md usd (-40%).

Les exportations hors hydrocarbures, qui restent marginales avec 9,7% de la valeur globale des exportations, ont également baissé pour s’établir à 229 millions usd en janvier 2019, contre 250 millions usd en janvier 2018 (-8,4%).

Les exportations hors hydrocarbures sont composées des demi-produits avec 175 millions usd en janvier 2019 (contre 182 millions usd en janvier 2018), des biens alimentaires avec 31 millions usd (même montant en janvier 2018), des produits bruts avec 2 millions usd (contre 26 millions usd), des biens d’équipement industriels avec 19 millions usd (contre 8 millions usd) et des biens de consommation non-alimentaires avec 2 millions usd (même montant en janvier 2018).

Légère baisse des importations alimentaires      

Pour ce qui est des importations, la facture des produits alimentaires s’est établie à 733 millions usd en janvier 2019 contre 851 millions usd en janvier 2018 (-14%).

Concernant les produits énergétiques et lubrifiants (dont les carburants notamment), ils ont été importés pour un montant de 59 millions usd (contre 101 millions usd), en baisse de plus de 41%.

Les autres produits dont les importations ont aussi connu une baisse, quoique faible, sont les biens de consommation non alimentaires qui se sont chiffrés à 512 millions usd (contre 513 millions usd), et les demi-produits avec 922 millions usd (contre 992 millions usd).

Par contre, des hausses des importations ont été enregistrées pour les groupes des biens d’équipement agricoles et industriels ainsi que les produits bruts.

Ainsi, les biens d’équipements agricoles ont été importés pour un montant de 47 millions usd (contre 37 millions usd), les biens d’équipements industriels pour 1,36 milliard usd (contre 1,24 milliard usd) et les produits bruts pour 172 millions usd (contre 146 millions usd).

La France premier client, la Chine premier fournisseur de l’Algérie

Concernant les partenaires commerciaux, il est constaté que la France a été le premier client de l’Algérie en janvier 2019, en supplantant ainsi l’Italie qui avait occupé le premier rang des clients du pays durant plusieurs années jusqu’à fin 2018, alors que la Chine maintient sa place de premier fournisseur.

Ainsi, en janvier 2019, les cinq premiers clients de l’Algérie ont été la France avec 488 millions usd d’exportations algériennes, suivie des Etats-Unis avec 246 millions usd, de la Turquie avec 206 millions usd, de la Grande-Bretagne avec 195 millions usd et de l’Italie avec 193 millions usd.

Quant aux cinq premiers pays-fournisseurs, il s’agit de la Chine avec 726 millions usd d’importations algériennes, suivie de la France avec 349 millions usd, de l’Italie avec 331 millions usd, de l’Allemagne avec 284 millions usd et de l’Espagne avec 272 millions usd.

 

 

Les principaux clients de l’Algérie en janvier 2019

Pays                          

Valeur (Millions de dollars)

France

488

USA

246

Turquie

206

Gde-Bretagne

195

Italie

193

Espagne

121

Inde

96

Chine

90

Pays-Bas

77

Australie

62

Brésil

44

Belgique

30

Cuba

22

Grèce

20

Tunisie

17

 

Les principaux fournisseurs de l’Algérie en janvier 2019

Pays                           Valeur (Millions de dollars)
Chine 726
France 349
Italie 331
Allemagne 284
Espagne 272
Turquie 201
Argentine 200
Brésil 118
Russie 93
USA 92
Inde 75
ArabieSaoudite 57
Ukraine 55
Belgique 53
Corée du sud 53

 

 

Source Huffpostmaghreb
APS

Dans l’ombre, le clan de Bouteflika négocie sa survie

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Algeria's ailing President Abdelaziz Bouteflika running for re-election, watches after casting his ballot from a wheelchair as his brothers Said (L), who serves as special adviser, and Nasser (R) vote at a polling station in Algiers on April 17, 2014. Algerians were voting in presidential elections, with Bouteflika widely expected to win a fourth term despite chronic health problems, fraud warnings and calls for a boycott. AFP PHOTO / FAROUK BATICHE (Photo by Farouk Batiche / AFP)

Algérie – Alors que la société civile espère une transition démocratique, les cercles du pouvoir, incapables de désigner un successeur, serrent les rangs autour du président pour gagner du temps.

Le 9 février dernier, les partisans du Front de libération nationale (FLN) réuni dans la Coupole d’Alger désignaient Abdelaziz Bouteflika comme leur candidat à la présidentielle pour un cinquième mandat, sous un portrait géant du chef de l’État, dont les apparitions en public sont rarissimes depuis son AVC en 2013. (ci-dessous). Le même jour, Bouteflika a reçu Nouredine Bedoui, Ramtane Lamamra et Lakhdar Brahimi et a procédé à leurs nominations dans le cadre du processus de transition. Cela n’a pas calmé la rue algérienne, où les 5 barrés (non à un 5e mandat) ont fait place à des 4+ barrés (ci-dessus). RYAD KRAMDI/REUTERS/EPA/MOHAMED MESSARA

En une mosaïque de post-it jaunes, roses et verts collés sur le mur, place Audin, au centre-ville d’Alger, les étudiants ont trouvé une nouvelle façon de protester. «Laissez-nous tranquilles!» «Je n’aime pas les voleurs!» «On s’est réveillés, on va devenir votre problème!» peut-on lire sur les petits bouts de papier. Comme un nouveau signe de résistance à la nouvelle offre du président Bouteflika, présentée lundi dans un message lu en son nom.

Le package – un renoncement au cinquième mandat mais une prolongation du quatrième, un report des élections, l’organisation d’une conférence nationale et un remaniement gouvernemental – n’a clairement pas eu l’effet escompté. Les étudiants et les lycéens sont restés dans la rue, des employés du secteur public et privé ont poursuivi leurs sit-in et de nouveaux appels à manifester vendredi 15 mars ont été lancés sur les réseaux sociaux.

Lundi, la Télévision algérienne a diffusé une séquence montrant le président de retour de Genève en compagnie du vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’Armée national populaire, le général Ahmed Gaid Salah. Image:Reuters

Plus d’intermédiaires

«C’est la grande faute de Bouteflika», souligne Tarik Mira, de l’Initiative pour la refondation démocratique, un espace d’expression citoyenne. «Il a cassé toute intermédiation politique (partis, syndicats, associations), alors maintenant, la présidence se retrouve face à la rue. La seule solution est de trouver un compromis, un nouveau consensus avec la société civile et l’opposition politique, en choisissant bien les personnes auxquelles on va faire appel. Sinon le processus de transition va s’enliser.»

Toujours ce lundi, Bouteflika a reçu Nouredine Bedoui, Ramtane Lamamra et Lakhdar Brahimi et a procédé à leurs nominations dans le cadre du processus de transition. Cela n’a pas calmé la rue algérienne, où les 5 barrés (non à un 5e mandat) ont fait place à des 4+ barrés. Image: EPA/Mohamed Messara

Loin de ces préoccupations sur l’avenir de la démocratie, à la périphérie du cercle présidentiel, où se trouvent de fidèles partisans du chef de l’État, une source dénonce une «manipulation» fomentée par deux hommes: Lakhdar Brahimi, ex-diplomate nommé à la tête de la conférence nationale, et Ramtane Lamamra, vice-premier ministre (un poste créé lundi) qui retrouve son poste de chef de la diplomatie (il l’avait occupé de 2013 à 2017). Selon cette version des faits, ils auraient téléphoné à Saïd Bouteflika. Ce dernier, déjà réticent à l’idée d’un cinquième mandat de son frère aîné à la santé déclinante, se serait laissé convaincre par le plan de sortie de crise des deux hommes, en qui il a confiance. Les oligarques qui ont intérêt à ce que le président reste en place et certains membres de l’appareil sécuritaire ont probablement aussi pesé dans son choix.

Des rivaux réconciliés

Résultat: les différentes élites, ces forces rivales qui s’opposent au sein du système, auraient mis de côté leurs querelles. D’un côté le cercle présidentiel, et de l’autre les réseaux de l’État profond (deep state: l’armée, la gendarmerie, la police et l’administration) auraient ainsi dessiné le nouvel attelage de l’Exécutif. Avec d’un côté Bedoui (le nouveau premier ministre, proche des Bouteflika) et de l’autre Lamamra (le nouveau vice-premier ministre, proche de l’État profond).

Mais, dans les réseaux de l’ex-Direction du renseignement et de la sécurité, on estime que cet attelage est «une solution par défaut». «Le Conseil constitutionnel ne pouvait ni valider la candidature de Bouteflika – la rue ne l’aurait jamais accepté – ni l’invalider», explique une source sécuritaire en évoquant la date limite de validation des candidatures à l’élection présidentielle, fixée au mercredi 13 mars. «Il fallait trouver une issue», conclut-il en laissant entendre que cette solution avait l’avantage de plaire aux partenaires de l’Algérie, la France et les États-Unis.

Gagner un à deux ans

Le politologue Rachid Tlemçani revient à un décryptage plus basique: «Ils (les décideurs) sont en train d’appliquer le premier scénario prévu et de lui donner une légitimité populaire: faute d’entente entre eux, ils ont choisi par défaut l’option du cinquième mandat. Ils voulaient une à deux années de plus? C’est fait!» Cette analyse est globalement partagée même à l’intérieur de l’État: face à la pression populaire, l’objectif premier est de gagner du temps pour qu’un consensus se forme autour du candidat de la succession, dont le nom sera probablement donné par la conférence nationale. Pour connaître le nom de l’heureux «élu», il faudra donc attendre la fin 2019.


Un trio issu du premier cercle conduira la transition

Avant même sa nomination à la tête de l’Exécutif, Noureddine Bedoui était qualifié de «premier ministre bis». C’est cet énarque de 59 ans qui accompagnait, en tant que ministre de l’Intérieur, le président Bouteflika lors de ses dernières rares sorties dans la capitale, pendant que le premier ministre de l’époque, Ahmed Ouyahia, brillait par son absence. Il est réputé proche d’un des frères Bouteflika, Nacer, secrétaire général du Ministère de la formation professionnelle, où il officia comme ministre entre 2013 et 2015. Son premier poste important, il l’occupera à 41 ans comme préfet de la wilaya de Sidi Bel Abbès (ouest), avant de passer par trois autres préfectures. Volontariste et cassant parfois, il imposa son style direct avec ses collaborateurs. À la fin de 2018, alors qu’il organise un colloque sur l’immigration clandestine des jeunes, il fait cet aveu public: «Les jeunes ne nous aiment pas, nous le savons.»

Son vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, est issu d’une autre école: la diplomatie. À 67 ans, cet habitué des couloirs des Nations Unies et des organisations internationales – il était pressenti pour la présidence de l’Union africaine, il fut membre du conseil d’administration de l’International Crisis Group et a déjà occupé le poste de chef de la diplomatie entre 2013 et 2017 – s’était vu confier la mission de «vendre» le quatrième mandat de Bouteflika à l’international. Si Bedoui représente l’aile «présidentielle» de ce trio, Lamamra est néanmoins le chouchou du deep state algérien qui tente de garder la main sur la transition qui s’annonce.

Lakhdar Brahimi, 85 ans, devrait quant à lui présider la conférence nationale promise par Bouteflika avant la fin de 2019. Cet ancien négociateur hors pair, architecte des accords de Taëf qui ont mis fin à la guerre civile libanaise en 1989 et récemment médiateur en Syrie pour l’ONU, a été ministre des Affaires étrangères en plein début de la crise des années 1990. Sa spécialité, la diplomatie de crise, pourrait lui être utile les prochains mois.

 

Source 24heures
A
.AR.