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jeudi 16 avril 2026
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Algérie. À Oran, le désir de retisser des liens politiques détruits

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Dans l’ouest du pays, jeunes et moins jeunes font ou refont l’apprentissage du débat politique. La volonté de changement social, politique, culturel cherche ses ancrages.

Entre deux marches « vendredisiaques », Oran se prélasse dans les premières chaleurs du printemps, loin du souffle électrique des révoltes qui fait tous les jours frémir la capitale, Alger. Sur la terrasse du Café Bonbon, à quelques pas du front de mer, les tablées mixtes bruissent de discussions placides. Pas d’éclats de voix. Un musicien accorde sa guitare ; un jeune homme au teint de cuivre, veste kaki, le front creusé par une cicatrice, croque ses voisins sur un carnet à dessin. Boualam Gueffout, 27 ans, est artiste peintre. « Jusqu’ici, chaque fois que nous entreprenions quelque chose, notre voix finissait toujours par se briser. Nous avions perdu toute confiance en nous et tout espoir dans cette société. C’est fini, maintenant. Nous voulons un changement politique, social, culturel. Nous voulons la liberté d’expression, la liberté de vivre », dit-il, en regrettant que les artistes s’impliquent trop peu, à son goût, dans le mouvement.

Avec la dévaluation du dinar, le pouvoir d’achat s’est effondré

Ici, comme dans tout le pays, les liens politiques, méthodiquement détruits sous Bouteflika, se retissent doucement, parfois difficilement. Nadim Belloul, un militant passé par la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), raconte la laborieuse constitution de comités de quartier : « L’expérience peine à prendre, nous n’avons pas encore vraiment renoué avec la culture du débat. Les citoyens viennent petit à petit, s’expriment timidement. Consciente ou inconsciente, la peur du chaos semée par le pouvoir reste prégnante. C’est un apprentissage, nous sommes restés si longtemps déconnectés de la politique ! Nous tentons de nous organiser, de voir à long terme. »

En face de lui, Tewfik Bensouici se montre bien plus enthousiaste. Ce sapeur-pompier de 31 ans, qui a étudié les lettres françaises, était déjà mobilisé contre le quatrième mandat de Bouteflika, voilà cinq ans. Il se réjouit du retour des « clivages politiques ». « Les couleurs politiques se fixent, ça commence à se polariser, des gens de gauche s’affirment, se retrouvent et se lient », sourit-il. Rémunéré au Smic, l’équivalent d’une petite centaine d’euros, il est convaincu que la question sociale est l’un des principaux ressorts de ce soulèvement populaire. « Les récentes mesures d’austérité, comme le relèvement du départ à la retraite, expliquent le déclenchement de ce mouvement. Avec la dévaluation du dinar, le pouvoir d’achat des Algériens s’est effondré. Même ceux qui travaillent peinent à joindre les deux bouts », résume-t-il.

Comme la plupart de ses compatriotes, Tewfik brûle de les voir « dégager tous », des affairistes corrompus qui se sont insolemment enrichis ces vingt dernières années jusqu’aux militaires qui prétendent « accompagner » la transition. L’évocation d’une scène politique en pleine crise, en plein chamboulement, suscite chez lui une moue de défiance et d’ironie. Les oppositions ne le séduisent pas davantage. Mais il déborde d’optimisme et d’assurance : « Ils vont céder. Nous avons déjà arraché de petites victoires. Nous avons gagné la rue. Ils tentent de la reprendre, mais ils n’y parviendront pas. Ils pensaient nous renvoyer à la maison en lâchant Bouteflika, mais nous ne voulons pas seulement nous débarrasser de quelques joueurs : nous allons changer les règles du jeu. Nous n’attendons plus rien de l’État. Beaucoup de choses s’organisent, une forme d’autogestion prend forme, elle finira par les balayer tous. » Loin des embruns, à la périphérie de la ville, l’université des sciences et de la technologie d’Oran (Usto) s’étire en un vaste campus aride. Dans le patio ombragé du bâtiment principal, des étudiants, drapeau noué en cape, commencent à se rassembler. Une sono crache les chants de supporters qui rythment les manifestations. Une jeune femme brandit, inscrite sur une pancarte, une citation obscure d’Abdelhamid Ben Badis, fondateur, en 1931, de l’Association des oulémas musulmans algériens. « La répression à Alger nous choque et nous fait mal. Nous refusons le recyclage. Nous allons continuer jusqu’au départ du système, jusqu’à libérer l’Algérie, et la vraie révolution commencera à ce moment-là, avec le début du changement », avertit Samia, 22 ans, étudiante en informatique. Tout près d’elle, Redouane, 21 ans, se lance dans l’inventaire des figures du pouvoir qu’il veut voir partir. Il est aussitôt rappelé à l’ordre par un membre du comité de mobilisation, qui lui conseille fermement de s’abstenir de « faire de la politique » ou de « dire du mal de l’armée devant les médias étrangers ». Un agent de sécurité fait aussitôt irruption, nous prie de le suivre au poste de police. Relâchés après un contrôle d’identité, nous sommes priés de quitter l’université.

« La question de l’égalité entre hommes et femmes s’est imposée »

Nous retrouvons le cortège étudiant rue Larbi-Ben-M’hidi, une grande artère commerçante du centre-ville. Les « Dégage ! » fusent, mais aucun nom n’est prononcé. Des slogans exhortant la France à ne plus se mêler des affaires du pays sont repris en chœur. On apprend qu’au même moment, à Alger, une marée humaine disloque les cordons de police : les étudiants envahissent la place Maurice-Audin et reprennent le parvis de la Grande Poste. Chroniqueur au Carrefour d’Algérie, Malik Cheklalia évalue déjà les « acquis » du mouvement : « Jeunes, moins jeunes, hommes et femmes : tout le monde s’implique, analyse la situation, réfléchit aux issues. Pour la première fois depuis bien longtemps, nous faisons l’effort de nous écouter mutuellement, alors que c’est ce qui faisait le plus défaut à la société algérienne. » Ce militant aguerri applaudit, surtout, la place conquise par les femmes dans les manifestations comme dans l’espace public. « Une victoire », confirme Malika Remaoun, de l’Association féministe pour l’épanouissement de la personne et l’exercice de la citoyenneté (Afepec). « Je me bats depuis trente-cinq ans. C’est la première fois que je peux discuter tranquillement de nos revendications avec des hommes de tous horizons sociaux. Ils peuvent les appuyer ou non, mais l’échange est possible. La question de l’égalité entre hommes et femmes s’est imposée dans le débat public. On trouve même davantage d’écoute parmi les jeunes des classes populaires que chez certains de nos amis démocrates sûrs que ce n’est pas le moment d’exprimer des demandes spécifiques aux femmes, comme l’abrogation du Code de la famille », témoigne cette féministe, de celles qui ont tenu tête aux barbus, dans les années 1990. Rue Mohamed-Khemisti, un pochoir appelle au vote FLN. Sur une affiche criarde, Bouteflika et Boumediene se côtoient, surgis d’une ère antédiluvienne. L’employé d’une parfumerie asperge de parfum des passantes coquettes et ravies. Une jeune réfugiée nigérienne, entourée de deux enfants en bas âge, leur tend la main. Rue de Tripoli, des femmes de ménage attendent, assises sur les marches, qu’on les embauche à la journée. Sur une palissade, une main sûre a tracé ces mots, en arabe : « Le peuple veut davantage… »

 

Source L’Humanité
Par R.Moussaoui

Algérie. Un 9e Vendredi toujours dans la détermination et dans le pacifisme

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©MOHAMED MESSARA/EPA/MAXPPP - epa07470380 Algerians protest against President Abdelaziz Bouteflika in Algiers, Algeria, 29 March 2019. Protests continue in Algeria despite President Bouteflika's announcement on 11 March that he will not run for a fifth presidential term. President Bouteflika also postponed the presidential elections, previously scheduled for 18 April 2019, until further notice. EPA-EFE/MOHAMED MESSARA

“Sans ce Hirak populaire, ce neuvième vendredi du soulèvement populaire aurait pu être le premier jour du cinquième mandat”. La pancarte d’une jeune femme rappelait en ce neuvième vendredi ce à quoi les Algériens ont échappé même s’ils ne savent pas encore de quoi les lendemains seront faits.  Chaque vendredi de manifestation pacifique est différent, les revendications s’affinent, la mobilisation s’affirme et l’envie de changement ne décroit pas.

Bien avant dix heures, les premiers manifestants étaient déjà  Place Maurice-Audin. Quelques policiers patrouillaient autour de cette place prisée par les manifestants mais ils étaient plus discrets que les derniers vendredis.

À la Grande Poste, la mobilisation était déjà plus importante. L’un des slogans fétiches des manifestants “Leblad Bladna ou Ndirou Rayna” scandé haut et fort par les manifestants, retentissait de loin.

Au fil des minutes, la foule devient compacte et s’étend jusqu’au Sacré-cœur, en haut de la rue Didouche Mourad. Les Algériens sont encore dans la rue pour revendiquer le changement. Cela fait plus de soixante jours qu’ils le font, avec le même objectif: être maîtres de leur destin. Ce changement, ils le veulent avec des moyens pacifiques. Généreux et solidaires, ils le montrent chaque les vendredis depuis le 22 février.

Les premiers couscous arrivent à la Place Audin à midi pile. Certains observent avec admiration ce geste généreux, d’autres n’hésitent pas à honorer le met national et maghrébin.. Hommes, femmes et enfants partagent le repas, comme en famille à la maison. Ensuite, on reprend la marche.

 

Huffpost Algérie

Plus loin sur la rue Didouche-Mourad, une jeune femme, drapeau sur les épaules, distribue de petites galettes soigneusement posées dans un panier en osier. Elle s’est levée à six heures du matin pour les préparer. Accompagnée de son père, elle est venue de Dely Brahim pour manifester et distribuer ses galettes. “Je reviendrais la semaine prochaine”, promet-elle. Les  vendeurs de drapeaux occupent tous les coins à Alger-Centre. L’emblème national domine, avec une nouvelle variante qui fait son entrée  sur le marché de la révolution: .  des drapeaux en laine! Comme si les marchands s’attendent à ce que le hirak dure encore longtemps.   Il y a également des pin’s reprenant les grands slogans du hirak, notamment Tetnahaw-Ga3 et Silmya.

 

Huffpost Algérie

Les jeunes ne manquent pas d’humour, l’un d’eux a écrit sa pancarte: “Je vous jure que je n’ai pas trouvé quoi écrire…l’essentiel partez tous”.

Le vendredi des propositions

Les manifestants de ce 19 avril demandent toujours le départ du “gang ”. Abdelkader Bensalah, Noureddine Bedoui et Gaid Salah. Ils n’épargnent pas non plus le nouveau président du Conseil constitutionnel, Kamel Feniche.

On entend les manifestants scander “Ya Fennich Ya Bensalah, le pouvoir tombera inéluctablement”. L’occasion est toujours bonne de rappeler la légitimité des revendications du peuple “Nos revendication sont légitimes et ne relèvent pas de l’impossible” peut-on lire sur les slogans d’un monsieur.

Sur une banderole, des manifestants résument les objectifs d’une conférence populaire indépendante, “ faire avorter le plan du gang qui vise à faire hériter le pouvoir….”

Ce vendredi de marche vers un avenir meilleur témoigne d’une envie de changement, de liberté mais aussi de l’amour incontesté que portent les Algériens pour leur patrie. Comme l’a écrit Sid Ahmed Semiane, ”Être Algérien est un travail à plein temps”. Une assertion qui prend tout son sens, en cette période. Drapeau sur le dos, pancartes en main, chants patriotiques à la bouche, c’est ainsi que les Algériens mènent leur combat.

 

Source Huffpostmaghreb

Gaïd Salah. 1er Gage, appliquer l’article 20 de l’ordonnance 06-02 (Algérie)

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La confusion est totale. Le pouvoir de fait, ébranlé par la Révolution du Sourire a déjà concédé le départ de Bouteflika, mais l’ancien Régime est là. Il tente de contrôler et de contenir le soulèvement populaire en lui opposant une constitution caduque et non avenue. C’est dans ce cadre que Abdelkader Bensalah, interface formelle du système, entame des “consultations” en vue d’une “Conférence nationale”. Or tout le monde le constate, c’est l’armée qui détient le pouvoir. Cette amère réalité n’a pas varié depuis l’été 1962.

Le paradoxe de la situation est que M. Bensalah, chef de l’État intérimaire dans le cadre de la constitution de Bouteflika détient des pouvoirs qui le mettent en possibilité de donner de véritables gages au Peuple. IL peut publier les décrets d’application de l’Ordonnance 06-02 du 28 février 2006 (JO du 1er mars 2006) et ouvrir la voie à l’application de son article 20. Une telle mesure sortirait immédiatement l’armée di champ politique, la mettrait à l’abri des soubresauts de cet espace où elle n’aurait jamais dû s’immiscer. C’est une mesure qui ne réduirait pas la sanctuarisation de l’armée au seul départ, devenu impératif, de Gaïd Salah. Ce serait un véritable Saut qualitatif dans le sens de la modernisation de cet outil de défense de la Nation.

L’activation de l’ordonnance 06-02 et l’application immédiate de son article 20 ouvriraient la voie à des consultations nationales en vue de la constitution d’une présidence collégiale qui serait chargée de l’engagement d’une transition ordonnée de sortie du régime néo patrimonial actuel vers une véritable République démocratique et sociale.

C’est celui-là le premier pas que Bensalah doit accomplir.

Par M.Bakir

Selon Me Bouchachi « Nous avons besoin de l’Institution militaire dans cette période »

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Le militant des droits de l’homme et avocat maître Mustapha Bouchachi a salué, hier, lors d’une conférence organisée par le Collectif des avocats libres au niveau de la Maison de la culture Ali Zamoum de Bouira, l’engagement de l’institution militaire à accompagner la période de transition.

« Soyons pragmatiques et courageux pour dire que nous avons besoin de l’Institution militaire dans cette période. L’Armée nationale populaire (ANP) est une armée issue du peuple algérien. Je pense, objectivement, que pour réussir la période de transition, nous avons besoin d’une forte institution. Et la seule institution qui demeure debout en Algérie est celle de l’ANP », a-t-il dit devant une salle archi comble.

Cependant, le conférencier insiste encore sur la mobilisation et la patience. Selon lui, la « issaba » ou la bande,  n’a pas encore disparu de la scène. « Belaiz qui a démissionné le matin a été remplacé par un autre à midi, sans aucun respect des procédures légales. Leur but est d’entraver la période de transition que revendique le peuple algérien », a-t-il expliqué.

Plus loin dans son intervention, Me Bouchachi exige de l’institution militaire de prendre des mesures palpables pour installer un climat de confiance. « Nous n’accepterons pas d’une application de l’article 102 avec  Bensala et Bedoui. Nous n’accepterons pas une période de transition guidée par ces deux personnages. Nous n’accepterons pas des élections qui seront organisées par Bedoui qui a excellé dans la fraude électorale », a-t-il martelé.

Me Bouchachi a réitéré son souhait à ce que la période de transition soit dirigée par une présidence collégiale composée de trois personnalités intègres. « En plus du départ de la bande, nous voulons construire un nouvel Etat en rupture avec les pratiques su système qui a ruiné l’Algérie », a-t-il dit.

 

Source El Watan
Par Omar Arbane

Printemps noir. Crime contre l’Humanité

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Je m’incline devant la mémoire de mes frères et sœurs fauchés par les balles assassines de Bouteflika, le nain dictateur et de ses Sbires. Le SS Zerhouni, le chef de meutes Benflis, le renégat Ouyahia, le lâche des sales besognes et tous ces gendarmes mercenaires tueurs.

 

 

Une douce pensée à mes jeunes amis tués parfois devant moi  et un hommage particulier aux milliers de blessés  et à tous les traumatisés du crime perpétré à l’encontre de la Kabylie.

 

 

Selon le professeur Mohand ISSAD que j’ai eu le bonheur d’interviewer longuement juste avant sa disparition, il est claire que  » Les meurtres perpétrés et les assassinats des jeunes lors du printemps noir est un crime contre l’humanité et voir même, un ethnocide caractérisé. Des armes de guerre ont été utilisées face à des manifestants pacifiques »

 

Par H.Redjala

Turkie. Ekrem Imamoglu, le candidat de l’opposition, proclamé maire d’Istanbul

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« C’est le début d’une nouvelle ère pour Istanbul. Je serai le maire le plus démocratique au monde », a lancé le candidat du CHP.

Le candidat de l’opposition a été proclamé maire d’Istanbul mercredi après avoir infligé une humiliante défaite au parti du président Recep Tayyip Erdogan qui continue de se battre bec et ongles pour faire invalider le scrutin.
Ekrem Imamoglu a reçu son mandat de maire du Haut comité électoral (YSK), en dépit d’un recours introduit la veille par l’AKP, le parti du président Erdogan, exigeant la tenue d’un nouveau scrutin au prétexte que celui du 31 mars avait été entaché d' »irrégularités ».

M. Imamoglu, candidat du parti d’opposition CHP (social-démocrate), a été acclamé par des dizaines de ses partisans en arrivant aux bureaux de l’YSK dans le complexe abritant le palais de justice à Istanbul, selon un correspondant de l’AFP.
Après avoir obtenu son mandat, il s’est rendu à la mairie d’Istanbul, contrôlée depuis 25 ans par des élus issus de la mouvance islamiste, pour la passation de pouvoirs. Des dizaines de milliers de ses partisans se sont rassemblés devant la mairie pour fêter sa victoire, entonnant un chant nationaliste prisé par l’opposition laï

« Plus belle ville au monde »
Dans une allocution, il a promis d’être « au service de 16 millions de personnes et non pas d’une personne, d’un groupe ou d’un parti ». « C’est le début d’une nouvelle ère pour Istanbul. Je serai le maire le plus démocratique au monde », a-t-il ajouté. Remerciant les Stambouliotes de l’avoir porté à la tête « de la plus belle ville au monde », il les a exhortés à surmonter « les rancunes et les inimitiés », exacerbées par une campagne extrêmement polarisante.

L’AKP avait officiellement déposé mardi un recours pour demander la tenue d’un nouveau scrutin à Istanbul, affirmant que celui qui s’est tenu le 31 mars avait été marqué par des « irrégularités ». Le parti présidentiel affirme avoir fourni « trois valises pleines de documents » étayant ses accusations à l’YSK qui doit examiner cet appel avant de rendre sa décision. Ce recours extraordinaire est intervenu plus de deux semaines après le scrutin, au moment où des opérations de recomptage touchaient à leur fin à Istanbul.

« Nous attendons des institutions compétentes des déclarations claires à propos de ces processus au plus vite », a déclaré M. Imamoglu juste avant la passation de pouvoir avec son prédécesseur.

D’après les résultats provisoires de ces élections municipales, l’AKP de M. Erdogan est arrivé en tête à l’échelle nationale, mais a subi un cuisant revers en perdant la capitale Ankara et la plus grande ville et poumon économique du pays Istanbul, sur fond de récession.

Députée blessée
Refusant de concéder la défaite à Istanbul, où il a lui-même commencé sa carrière politique comme maire, M. Erdogan a dénoncé des « irrégularités » massives et commises, selon lui, de manière « organisée ».

L’AKP affirme que des bureaux de vote ont minimisé le nombre de voix obtenues par son candidat, l’ex-Premier ministre Binali Yildirim, et soutient que plusieurs milliers de personnes ont été indûment inscrites sur les registres électoraux. Il a déposé depuis deux semaines plusieurs recours auprès de l’YSK qui ont conduit à un recomptage partiel, en majorité des quelque 300.000 voix comptabilisées comme nulles le jour du scrutin.
Mardi soir, le recomptage a pris fin dans le district stambouliote disputé de Maltepe, confirmant la victoire de M. Imamoglu avec 13.500 voix d’avance sur son rival, selon le CHP.

L’YSK avait suscité la controverse la semaine dernière en excluant des candidats pro-kurdes élus maires le 31 mars dans des localités à majorité kurde, après les avoir autorisés à se présenter. Une députée prokurde a été blessée mercredi lors d’une manifestation organisée à Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, pour dénoncer cette mesure, selon un correspondant de l’AFP. Lorsque les manifestants, parmi lesquels plusieurs députés du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde), ont voulu lire une déclaration, la police est intervenue pour les disperser à l’aide de canons à eau. La députée Remziye Tosun est alors tombée sur une dalle en béton et s’est évanouie, avant d’être conduite à l’hôpital où une fracture au dos a été décelée, selon des informations obtenues par l’AFP.

Source L’Orient le jour
Par OLJ/AFP

France. La diaspora algérienne mobilisée à Montreuil

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Aurelien Morissard / IP3 - Protesters hold algerian flags, during a demonstration against the Algerian President Abdelaziz Bouteflika's decision to stand for a fifth term in office, in Paris on March 3rd, 2019. (MaxPPP TagID: maxnewsfrfour202847.jpg) [Photo via MaxPPP]

Plus de 400 personnes ont participé, mardi soir, dans la ville de Seine-Saint-Denis à un « hommage à la révolution du Sourire » et ont débattu des « perspectives de transition démocratique en Algérie ».

La salle des fêtes de Montreuil était comble, mardi soir. À l’invitation de Dzayer 2.0, collectif né place de la République à Paris en soutien aux mobilisations algériennes contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika à la tête du pays, plus de 400 personnes – beaucoup issues de la diaspora – ont débattu de l’avenir du pays maghrébin. « Tout est à revoir » pourrait résumer la soirée.

Professeur d’économie à l’université de Paris Dauphine, Mouhoub El Mouhoub a décrit l’Algérie comme un État rentier, victime certes de la baisse des cours du pétrole en 2013, mais surtout d’une mauvaise gestion. « Si les hydrocarbures ont aidé à avoir un taux de croissance élevé, celui-ci a exclu des secteurs entiers de la population et de la jeunesse », a-t-il décrit. Surtout, les investissements nécessaires n’ont pas été faits, dans une économie marquée par de puissants secteurs de l’importation et du bâtiment, dont les dirigeants étaient proches du régime. « Ce système a fait reculer l’industrie de 16% e 1996 à 4% aujourd’hui », dénonce l’économiste, qui livre d’autres chiffres accablants. Le taux de participation au marché du travail n’est que de 40% pour la population active et de 17% pour les femmes.

Hacène Ouali, journaliste à El Watan, pointe lui aussi, le malaise né du chômage de masse, dans un pays où 70% des habitants ont moins de 40 ans. « Il touche surtout les diplômés », relève-t-il. Dans un tel contexte, la candidature d’Abdelaziz Bouteflika a été perçue comme « une humiliation ». Hakim Addad, du collectif de suivi du mouvement du 22-février (CSVM), renchérit : « Ce qui fait le plus peur au régime aujourd’hui c’est cette interconnexion entre l’université et la rue ».

La place des femmes dans la société algérienne sera amenée à évoluer

Après la démission du président Abdelaziz Bouteflika – et l’on venait également mardi de connaître celle du président du Conseil constitutionnel -, la question des perspectives se retrouvait au cœur des interventions. Le besoin d’une évolution constitutionnelle est sur toutes les lèvres. La nécessité que la transition ne soit pas conduite – sous l’égide du chef d’Etat major Gaïd Salah – par des caciques du régime est partagée. Un gouvernement issu du peuple doit voir le jour, mais comment le composer ? Des techniciens ? Des politiques ? Quel nombre de ministres ? Même problématique sur la désignation des membres d’une assemblée constituante : des élections ou des nominations par les « corporations » ?

Une chose, en revanche, ne faisait pas débat : la place des femmes dans la société algérienne sera amenée à évoluer. Pas question d’attendre, comme le dit, une jeune femme dans la salle « pour revendiquer tout de suite l’égalité des sexes ». « La question de la femme est au cœur du mouvement », souligne aussi Hacène Ouali. Pour cela, il faudra, comme le demande Ghanima Ammour de l’ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie) arriver à « la séparation de la politique et de la religion ». Toutes les « constitutions algériennes stipulent l’égalité hommes / femmes », tient-elle à rappeler, mais dans les faits, ce principe n’est pas appliqué. Une des revendications importantes sera dès lors « l’abrogation du Code de la famille », une concession faite aux islamistes en 1984. Le peuple algérien est bien décidé à écrire une nouvelle page de son histoire.

 

Source L’Humanité
Par G.De Santis

Algérie. Les avocats ont marché à Tizi-Ouzou

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Marche des avocats à Tizi Ouzou Hier mâtin
( mercredi 17 Avril 2019) à l’issue de l’appel du Conseil de l’ordre du barreau.
Impressionnante mobilisation qui témoigne de la détermination des avocats à accompagner le mouvement populaire pour la réhabilitation de la citoyenneté et le rejet massif du système politique algérien qui a confisqué notre indépendance et dilapidé nos richesses nationales.
Les avocats réaffirment leur attachement à la souveraineté populaire et récusent la fallacieuse application de l’article 102 de la constitution préconisée comme
une ultime solution de continuité du régime en place.
Par Hakim Saheb

Chronique. Gaïd Salah le fossoyeur de la révolution du sourire

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Toute honte bue, celui qui prétend soutenir « les revendications légitimes du peuple » s’attaque ostensiblement aux premières  MOISSONS de cette révolution :
1/ LES FEMMES Algériennes, dignes héritières de leur aïeule la Reine Dyhia, qui ont fièrement battu le pavé et brisé tous les murs de la peur, de l’ostracisme et des conservatismes de tous bords. On a tenté de les souiller dans leur chair pour les humilier et les disqualifier des terrains de la lutte.
2/ L’UNIVERSITÉ  qui a su s’allier avec toute la société reprenant ainsi son rôle de vigie en se réappropriant les espaces de la raison, du débat et de la conscientisation citoyenne. Ces violations des franchises universitaires est une tentative d’intimidation et confirme la dérive répressive des forces de l’ordre.
3/ L’EMBLÈME AMAZIGHE de nos racines millénaires et nourricières enfin sorti de la clandestinité et flottant aux cotés de l’emblème national, symbole de l’autodétermination face au joug colonial.  La falsification de l’histoire et le déni identitaire sont encore à l’œuvre.
Ces incessantes violences réelles ou symboliques nous indiquent que le chemin est encore long vers la fin du système et de ses méfaits.
Soyons encore debout et vigilants pour sauvegarder ses premiers acquis fragiles et conquérir d’autres espaces contre les tenants du statu quo et leurs affidés.
CONJUGUONS ENSEMBLE L’ÉTHIQUE DE CONVICTION AVEC L’ÉTHIQUE DE RESPONSABILITÉ.
#MOBILISATION
#DETERMINATION
#VIGILANCE
#ALGERIE_ALGERIENNE
#GAID_SALAH_BASTA
Par Ahcéne Oumeddah

Égypte. Al Sissi assoit sa dictature

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Les députés égyptiens ont offert hier les pleins pouvoirs au maréchal-président, qui pourrait régner jusqu’en 2030. Un référendum sur le sujet sera soumis au peuple.

Le Parlement égyptien, très largement acquis au président Abdel Fattah Al Sissi, a voté hier matin, au Caire, une révision constitutionnelle donnant la possibilité au maréchal, arrivé au pouvoir via un coup d’État militaire en juillet 2013, de prolonger son bail jusqu’en 2030. L’article 140 lui permet en effet d’étendre son second mandat (1) de quatre à six ans, portant son terme de 2022 à 2024. Le texte offre aussi au dirigeant égyptien le choix de se représenter une troisième fois. Pour beaucoup d’observateurs, ce tour de passe-passe juridico-politique ouvre la voie à une véritable dictature dans un pays qui en porte déjà tous les stigmates. Chantre de la stabilité et de la lutte antiterroriste auprès des chancelleries occidentales, Abdel Fattah Al Sissi, 64 ans, est souvent accusé par les ONG de graves violations des droits humains : torture, disparitions forcées, record d’exécutions capitales, emprisonnement d’opposants, musellement de la presse.

Au siège de la Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh) de Paris, où se tenait à la même heure une conférence de presse, c’était tout l’enjeu des débats. D’après les chiffres de Human Rights Watch, 60 000 « prisonniers d’opinion remplissent les geôles égyptiennes », a rappelé Claire Talon, spécialiste du monde arabe. La chercheuse basée au Caire est aussi revenue sur d’autres points chauds de cette révision constitutionnelle, notamment la nomination du procureur général qui se fera désormais à la discrétion du président. Sissi conduira aussi le Conseil judiciaire, lui permettant d’influer sur la nomination des juges. « Autrement dit, d’État autoritaire, l’Égypte glisse petit à petit vers un État totalitaire », conclut Claire Talon.

Également présent dans les bureaux de la Fidh, Alain Gresh, spécialiste de l’Égypte et fondateur du journal en ligne Orient XXI, en a profité pour rappeler que la consultation populaire à venir sur le sujet n’était qu’un cache-sexe utilisé par le régime égyptien. « Si vous allez au Caire aujourd’hui, vous y verrez bon nombre d’affiches promouvant le référendum et l’amendement constitutionnel. En revanche, toute distribution de tracts anti-réforme est prohibée. Quiconque s’y risque termine en prison », précise-t-il. Près de 120 personnes appartenant à des partis d’opposition légaux et à d’autres groupes pro-démocratie auraient été arrêtées ces derniers jours.

Paris accompagne l’architecture du régime répressif égyptien

Le politologue a également rappelé les responsabilités de la France dans cette dérive dictatoriale. « Je ne dis pas qu’il faille couper les ponts avec l’Égypte d’Al Sissi. Mais il y a des lignes à ne pas dépasser. Il y a dix ans, Alain Juppé exprimait son regret de ne pas avoir plus insisté sur les droits humains avec certains pays. Aujourd’hui pourtant, au nom de la lutte contre le terrorisme, Paris commet la même faute. Pour ma part, je ne cesse de m’étonner de voir un homme, Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, se muer en VRP de nos industries militaires… Cet homme semble porter un amour sans bornes à l’égard d’Al Sissi, qui d’ailleurs le lui a bien rendu en le décorant en 2017… »

Depuis sa prise de pouvoir en 2013, le despote égyptien a, il est vrai, largement profité de l’« accompagnement » de l’Élysée. « Paris a littéralement coconstruit l’architecture du régime répressif d’Al Sissi », rappelait dans nos colonnes, le 27 février dernier, Tony Fortin, de l’Observatoire des armements. « Par exemple, la France a privilégié la fabrication de blindés Sherpa, qui ont été testés dans les rues du Caire lors de manifestations pacifistes. »

Un soutien que le peuple égyptien n’attendait pas venant du pays des droits de l’homme. « N’êtes-vous devenus que des vendeurs d’armes ? Êtes-vous bien sûrs de vouloir continuer à soutenir une dictature ? Tout cela est-il véritablement en corrélation avec vos valeurs ? » Telle fut la triple question posée hier par l’acteur égyptien Amr Waked, de passage à Paris avec le comédien Khaled Abol Naga. Les deux hommes sont venus présenter le lancement officiel d’une nouvelle ONG égyptienne, regroupant activistes des droits humains et de la société civile en exil, l’Egyptian Human Rights Forum. Une initiative dont ils paient déjà le prix fort. Pour avoir voulu critiquer le régime de Sissi, les deux artistes sont sous la menace d’une déchéance de nationalité.

(1) Sissi a été élu pour la première fois en 2014. Et une seconde fois avec 97 % des voix en 2018.
Source L’Humanité
Par S.Aubouard