14.4 C
Alger
dimanche 22 février 2026
Accueil Blog Page 125

Une battante s’en va !

0

À 89 ans, NNA Aldjia Matoub, déjà affaiblie depuis plusieurs mois, n’a pu supporter sa dernière hospitalisation. Dépêchée in extremis dans une clinique de la Région Parisienne, elle y contracte, selon Saliha B., ce maudit virus qui menace toute l’humanité. D’habitude résiliente, elle a fini par céder et s’éteindre ce jeudi 5 novembre 2020 vers 11h. NNa Aldjia Matoub née Mahari, était une grande artiste, une poétesse admirable qui a pu, consciemment ou inconsciemment, transmettre son talent à son fils, le rebelle. Son chant est une méditation des profondeurs qui plonge ses racines dans le souffle ancestrale du monde kabyle côté femmes. Sa poésie est l’expression d’une souffrance tissée dans un verbe qui émeut, captive et libère. Un verbe à la fois doux et ferme qui a nourri, dès sa tendre enfance, le fils tant aimé, le fils prodigieux, le fils trop tôt disparu. Quand NNa Aldjia entame un acewwiq (chant méditatif), il se déploie en frisson continu, il traverse l’auditoire de cœur en cœur. Il dévoile une vie attendrissante, généreuse et discrète qui a pris racine à Taourirt Moussa-Ouamer au pays d’At DDwala. Sur toutes les scènes artistiques, politiques, culturelles, la voix de NNa Aldjia a retenti avec tendresse et résistance pour défendre les siens, pour exiger que vérité soit dite. La vie de NNa Aldjia bascule en 1998 quand elle apprend, avec effroi, l’assassinat de son fils unique Lounès. Depuis cette tragédie familiale et nationale, elle n’a jamais cessé de pleurer celui sur qui elle avait toujours fondé les raisons de son existence. Malgré un courage hors normes, une force inébranlable qu’elle a mobilisés pour faire éclater la vérité sur le meurtre de son fils, NNa Aldjia n’a jamais pu surmonter l’épreuve épouvantable qui l’a frappée. La vie n’avait plus qu’un seul intérêt pour elle : retrouver les assassins, les faire condamner et voir aboutir, en même temps, les revendications de libertés et d’amazighité tant clamées par Lounès. Elle a harcelé, par principe et avec constance aussi bien Liamine Zeroual qu’Abdellaziz Bouteflika pour exiger d’eux le courage de « faire toute la lumière sur l’assassinat de son fils ». Cette lutte permanente, elle l’avait soulignée dans une lettre ouverte en mars 1999 et son combat pacifique a déteint considérablement sur la jeunesse kabyle en révolte. À chacune des dates anniversaires de ce drame, à chaque opportunité qui se présentait, NNa Aldjia prenait le temps de rendre hommage à Lounès, à tous ceux qui sont morts pour le même idéal que lui. Elle honorait leur mémoire et s’associait avec héroïsme à toutes les manifestations des printemps amazighs et printemps noirs ou toute autre occasion de lutte contre le « pouvoir assassin ». Va NNa Aldjia, c’est tout un peuple qui, un jour ou l’autre, te rendra justice. Que Malika, que Nadia, que toute la famille Matoub trouvent dans ce petit hommage, l’expression de mon entière solidarité et l’expression de mes condoléances les plus sincères. Le combat continue

Auteur: Hireche Hitrche

Vu par Ali Ait Djoudi à Jeudi 23:44

🔴 DÉCLARATION REJET DU REFERENDUM – JE NE VOTE PAS LE 1ER NOVEMBRE 2020

0

Le 1er Novembre 1954, nos ainés avaient déclenché la lutte armée contre le colonialisme pour arracher l’Indépendance du pays, dans un esprit de sacrifice, en ayant foi en la justesse de leur combat. Cette date inscrite à jamais dans notre mémoire collective marquera le début d’une Guerre de Libération qui demeurera un symbole de lutte pour de nombreux peuples opprimés à travers le monde. Ce dimanche, nous commémorerons le soixante-sixième anniversaire de cette date décisive de notre Histoire commune et rendrons hommage aux initiateurs du soulèvement du 1er Novembre 1954 ainsi qu’à tous les martyrs qui se sont engagés dans le combat libérateur, dans la souffrance et au péril de leur vie, pour mettre fin à la nuit coloniale de 132 années. C’est pourtant le jour d’une célébration aussi prestigieuse que la mafia au Pouvoir a osé choisir, toute honte bue, pour organiser son simulacre de consultation pour une énième révision constitutionnelle. L’usurpation de cette date symbolique est une nouvelle insulte à la mémoire glorieuse des martyrs de la Guerre de Libération dont ne peut jamais se prévaloir le Pouvoir militaro-mafieux en mal de légitimité. Ceux qui ont fait main basse sur l’Etat et ses institutions depuis l’Indépendance, poursuivent ainsi leur entreprise de destruction et déroulent leur feuille de route dans un climat répressif d’une extrême virulence. Tous les moyens de répression sont mis en œuvre pour tenter de faire taire les oppositions et toute forme de contestation. Nous, militants de la Section FFS France-Nord, dénonçons les pressions multiples exercées sur la population et exprimons notre solidarité à toutes les victimes de la répression. Nous nous insurgeons énergiquement contre les arrestations et les condamnations prononcées par une justice inféodée au Pouvoir.Nous ne nous laisserons pas déposséder de notre Histoire commune et de ses symboles. Nous commémorerons cette date du 1er Novembre dans l’unité et l’action en affirmant vigoureusement notre refus de l’agenda du Pouvoir militaro-mafieux et notre rejet absolu d’une initiative référendaire émanant d’un Régime totalement déconnecté de son peuple et dépourvu de légitimité.Nous refusons d’aller entériner une nouvelle version d’un texte rédigé par les officines du Système pour le régénérer et à l’élaboration duquel nous ne nous sommes jamais associés. Nous appelons nos compatriotes installés en France à rejeter formellement ce référendum. Les tenants du Pouvoir réel organisent leur nouvelle mascarade électorale dans le déni total des revendications légitimes des Algérien-ne-s en faveur d’une transition démocratique. Mais l’espoir est grand de voir enfin s’enclencher le changement tant espéré. Le Régime agonisant vit en ce moment ses derniers soubresauts. Depuis février 2019, la peur a réellement changé de camp, malgré les arrestations et les condamnations qui se poursuivent mais n’entament en rien la détermination de tout un peuple épris de justice.En dépit de la répression qui continue à s’abattre sur la population, le rapport de force finira par s’inverser progressivement en sa faveur. L’exemple chilien est une parfaite illustration de ce que les peuples en lutte sont en capacité d’imposer aux Régimes autoritaires. La contestation généralisée conduite de façon pacifique a pu aboutir à la mise en route d’un processus constituant plébiscité par une très large majorité de Chiliens. Dans cette marche vers un changement radical, nous, militants de la Section FFS France-Nord, rappelons notre position de rupture totale avec le Régime militaro-mafieux et dénonçons toute tentative de compromission avec le Pouvoir corrompu et avec tous ses relais qui bradent le pays pour gagner le soutien de leurs alliés étrangers. Fidèles au socle de valeurs qui ont fondé le FFS et constants dans nos engagements, nous demeurons mobilisés aux côtés de nos compatriotes pour poursuivre la lutte et faire enfin aboutir leurs revendications légitimes :Pour :- Un changement radical et la fin du Système politique militaro-mafieux en place en Algérie,- La libération inconditionnelle des détenus politiques et d’opinion et l’arrêt de la répression,- Une transition démocratique indépendante du Pouvoir,- La mise en place d’un processus constituant et l’élection d’une Assemblée Constituante,- L’avènement d’une seconde République Algérienne démocratique et sociale,- L’instauration d’un Etat de droit. Non :- Au simulacre organisé ce 1er novembre 2020 par le Pouvoir militaro-mafieux,- A une révision constitutionnelle à la mode mafieuse,- A l’alternance clanique dont le seul but est de sauver le Régime.

Gloire à nos Martyrs,

vive l’Algérie, vive le FFS

Paris, le 28 octobre 2020

Bureau, section FFS France-Nord

Riposte internationale appelle le peuple algérien à boycotter la mascarade électorale du 1er novembre

0

Appel au peuple Algérien

Algériennes, Algériens,

Depuis trois générations (66 ans), le premier novembre est resté une date symbolique pour le peuple algérien et pour tous les peuples qui ont considéré le soulèvement armé de 1954 contre l’ordre colonial comme un pas de géant de l’humanité vers son émancipation.

Jamais personne n’a osé profaner ce symbole qui, aux yeux du monde entier, représente le sacrifice, l’abnégation, la lutte de tout un peuple pour recouvrer sa liberté, sa dignité.

Pourtant, ce premier novembre 2020, le pouvoir algérien, incarné par Abdelmadjid Tebboune et l’État-major de l’armée qui l’a imposé, a décidé de souiller cet événement sacré, cette date mémorielle érigée depuis la décolonisation à la gloire des chouhadas !

Un pseudo-référendum est organisé ce jour, ce premier novembre 2020, dans l’intention de faire avaliser une constitution rédigée par les agents du système, pour pérenniser le système. Celui-ci n’en finit pas de martyriser les Algériens sous le talon de fer de l’humiliation, de la répression, de la fourberie.

Algériennes, Algériens, ce système mafieux et sa politique doivent être sévèrement sanctionnés comme l’a été la mascarade électorale du 12 décembre 2019. 90% des Algériens avaient refusé de voter, ont rejeté un suffrage dont les résultats étaient connus d’avance.

Aujourd’hui, Abdelmadjid Tebboune, l’État-major de l’armée, leurs clientèles veulent utiliser une date sacrée pour faire passer leur mensonge, pour poursuivre leur gabegie, pour se maintenir au pouvoir.

Le devoir de tout citoyen, lorsqu’une élection est un leurre, est d’utiliser son droit au rejet de la conspiration, au refus de jouer le jeu. Une abstention massive, une grande grève du vote est le meilleur moyen de délégitimer la démarche mortifère du pouvoir et mettre fin à un système vermoulu. Le principe même de nous imposer une constitution sans une assemblée constituante doit être récusé.

Algériennes, Algériens, les prérogatives que réserve cette constitution à l’armée et à la présidence sont des leviers par lesquels le pillage des richesses du pays sera étendu, la répression des Algériens sera encore poursuivie, la démocratie que le Hirak/Tanekar appelle de ses vœux sera définitivement enterrée.

Le boycott massif de ce premier novembre déshonorant pourra mettre un frein aux farces électorales que le pouvoir militaro-mafieux prépare encore pour consolider son assise. Nous ne pouvons plus laisser détruire, comme depuis 1962, la souveraineté populaire pour laquelle des millions d’Algériens sont sortis en février 2019.

Algériennes, Algériens, aucun référendum, aucun suffrage ne doit se tenir tant que perdure le système mafieux qui a démontré ses méthodes tyranniques et dictatoriales face à un peuple pacifique. Aune élection ne peut avoir lieu tant que les arrestations continuent, tant que les emprisonnements se multiplient, tant que le peuple n’est pas souverain.

Face à l’entreprise anti-démocratique en cours, face à des résultats au score brejnéviens qui se préparent, toute personne, toute force politique qui serait tentée de cautionner la mascarade de ce premier novembre souillerait immanquablement la mémoire de nos glorieux chouhadas et hypothéquerait l’avenir des jeunes générations. Les partis qui annoncent leur participation pour avoir des miettes seront condamnés par l’Histoire pour avoir cautionné un simulacre de suffrage qui n’a d’autre but que de bâillonner la société.


Algériennes, Algériens, l’enjeu de ce premier novembre 2020 est d’une importance capitale, il ne saurait être question de participer aux côtés d’un pouvoir mafieux qui nous tend un piège.

Le rejet total par un boycott massif et dans toutes les Wilayas est une exigence historique. Il sera un acte de dignité conforme aux luttes menées jusqu’ici par le Hirak / Tanekra.

Le combat continue, un peuple déterminé sera, tôt ou tard, le grand vainqueur !

Gloire aux martyrs de la lutte de libération,

Gloire aux martyrs de la lutte pour la démocratie.

Fait à Paris le 30 octobre 2020

Pour le bureau exécutif

Le président

Ali Aït Djoudi

—————————————————————–

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est image.png.

نداء إلى الشعب الجزائري

أيتها الجزائريات، أيها الجزائريون!

ستة عقود مضت وانقرضت، 66 سنة كاملة نفذت، وبقي تاريخ أول نوفمبر رمزا للشموخ والبطولة والعزة والكرامة للشعب الجزائري ولكافة الشعوب التي تعد ثورة 1954 المجيدة ضد الطغيان والاستعمار خطوة عملاقة لكافة البشرية نحو الحرية والتحرر من العبودية

طيلة هذه الفترة التي استعمل النظام القائم خلالها جميع وسائله الدنيئة للبقاء في الحكم، لم يتجرأ حد يوما المساس بسوء هذا التاريخ الذي في عين البشرية جمعاء رمز للتضحية وعناء شعب بأكمله من اجل استرجاع حريته وكرامته

لكن ما لم يتجرأ عليه السابقون تجرأ عليه اللاحقون، فالنظام المتعفن المتمثل في شخصية عبد المجيد تبون وقادة الجيش الذين فرضوه رئيسا للجزائر، قرر بكل وقاحة تدنيس هذا الرمز المقدس الذي ضحى من أجله مليون ونصف من خيرة أبناء هذا الوطن

دون أدنى احترام لمشاعر ومقدسات هذا الشعب الأبي، وبدون أي ضمير، قرر النظام القمعي الاستيلاء على هذا التاريخ بتنظيم ما سماه استفتاء شعبي على دستور أعد من طرف خادميه الراكعين له، وهذا يوم أول نوفمبر المجيد، متوهما بكل غباء دغدغة مشاعر هذا الشعب لجلبهم إلى صناديق الاستفتاء المرفوض مسبقا، وهذا بمساعدة من باعوا ضميرهم للشيطان بأبخس الثمن ليمكث أسيادهم وجلادي شعبهم أبديا على العرش

أيتها الجزائريات، أيها الجزائريون!

إن هذا النظام الشبيه بقطاع الطرق يجب تلقينه درسا لن ينساه أبدا كما حدث في المسخرة الانتخابية التي نظمها يوم 12/10/2019، حيث 90 % من الجزائريين قاطعوا ورفضوا هذا الانتخاب المعروفة نتائجه مسبقا

واليوم، يريد عبد المجيد تبون وقيادة الجيش وزبائنهم استغلال تاريخ اندلاع الثورة المجيدة لتمرير خدعهم وحيلهم وأكاذيبهم لمواصلة قمع الحريات ونهب خيرات الوطن وتركيع الأحرار

كلما كان الانتخاب حيلة وخدعة، فمن واجب المواطن الغيور على وطنه استعمال حقه في المقاطعة وعدم التواطؤ مع العصابة

إن المقاطعة الشاملة لهذه المسخرة الجديدة هي الوسيلة الفاعلة والناجعة لإبطال المخطط المميت المسطر من طرف النظام الحاكم. إن فرض أي دستور دن مجلس تأسيس يمثل حقا الشعب مرفوض جملة وتفصيلا

أيتها الجزائريات، أيها الجزائريون!

إن الصلاحيات التي يمنحها هذا الدستور للعسكر وللرئاسة، هي ركائز تضمن لهم نهب خيرات الوطن دون حساب وعقاب وسند لقمع الحريات الفردية والجماعية وهو قبر حفر على المقاس لدفن الديمقراطية التي يسعى إليها الشعب والتي يعبر عنها منذ أكثر من عام في سلم وسلام من خلال الحراك المبارك

إن المقاطعة الشاملة يوم أول نوفمبر سيضع حدا نهائيا لتلاعبات النظام العسكري المافياوي الذي يسعى لتقوية ركائزه للاستمرار في الحكم. لا يمكن ولا يجب أن نسمح مرة أخرى أن يرهن الوطن ويترك بين أيدي من يتلاعب بمستقبله وحتى وجوده، كما حدث عام 1962. يجب تحقيق الإرادة الشعبية التي يخرج من أجلها الشعب الجزائري منذ شهر فيفري 2019

أيتها الجزائريات، أيها الجزائريون!

لا، لأي انتخاب أو استفتاء ينظم تحت العصابة الحاكمة التي أظهرت دائما احتقارها للشعب وإرادته وقمعها لكل مطالبها حتى ولو كانت سلمية، لا يمكن قبول الاستفتاء هذا والحريات تقمع والأحرار يسجنون والشعب رهينة النظام الديكتاتوري

كل من يتواطآ ويزكي هذه المؤسسة القمعية بنتائجها البرجنيفية في كل انتخاب في هذه المسخرة القادمة، سواء كان شخصا أو حزبا يعتبر شريكا في المساس بمقدسات هذا الشعب عامة وبتاريخ الثورة المجيدة وبدماء الشهداء خاصة. أما الأحزاب التي تتبع الفتات ضد إرادة الشعب فالتاريخ لا يرحم

أيتها الجزائريات، أيها الجزائريون!

إن أول نوفمبر 2020 يعد تقرير مصير البلاد والأجيال القادمة، فلا تشاركوا في تدمير وطنكم ورهن مستقبل
.أولادكم، إياكم الوقوع في الفخ الشيطاني للنظام المافياوي

إن رفض ومقاطعة هذا الاستفتاء في جميع ولايات الوطن، سيعد حدثا تاريخيا في خدمة الجزائر والجزائريين وسيكون تتويجا للانتفاضة (الحراك) الشعبية التي بدأت في فيفري 2019، إلى يومنا هذا

. »النضال متواصل، « إذا الشعب يوما أراد الحياة فلا بد أن يستجيب القدر

.المجد والخلود لشهداء الثورة التحريرية

.المجد والخلود لشهداء الديمقراطية

باريس يوم 30 أكتوبر 2020

عن المكتب التنفيذي

الرئيس

علي أيت جوادي

Algérie : À la veille du référendum constitutionnel, il est urgent de cesser la répression des militants du Hirak

0

Paris-Genève, le 30 octobre 2020 – Le peuple algérien est appelé aux urnes ce 1er novembre pour se prononcer par référendum sur l’adoption d’une nouvelle Constitution, dans un contexte de répression accrue contre les militants pacifiques du Hirak. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (FIDH-OMCT) déplore une nouvelle fois la répression judiciaire généralisée à l’encontre des manifestants pacifiques, et appelle les autorités algériennes à cesser cet acharnement judiciaire.

La consultation référendaire du 1er novembre, proposée par le Président Abdelmadjid Tebboune, actuellement hospitalisé en Allemagne, en vue de l’adoption d’une nouvelle Constitution supposée répondre aux revendications du Hirak, intervient alors même que les militants du mouvement restent la cible de multiples arrestations et emprisonnements arbitraires et d’un harcèlement judiciaire continu de la part des autorités.

Cette réforme constitutionnelle, promesse électorale du Président Tebboune censée poser les bases d’une « nouvelle République », a été rédigée par un comité nommé par le pouvoir, et déjà adoptée par le Parlement algérien dont la légitimité est contestée, sans que les militants du Hirak n’y soient associés. Loin de répondre aux aspirations des manifestants, cette nouvelle Constitution renforce l’autorité du Président et de l’armée et ne garantit aucunement la séparation des pouvoirs, pourtant vivement réclamée par les militants.

« Si les autorités algériennes sont sérieuses quant à leur volonté de prendre en compte les revendications exprimées depuis de longs mois par le mouvement du Hirak, elles doivent commencer par cesser d’en harceler les militants et amorcer un vrai dialogue afin de construire, dans la concertation, l’Algérie de demain » a commenté Alice Mogwe, présidente de la FIDH.

Depuis le début du mouvement en février 2019, de nombreux militants du Hirak ont été arbitrairement arrêtés et détenus, condamnés à de lourdes peines de prison et à des amendes conséquentes ou encore harcelés judiciairement, notamment par le biais de reports incessants de procès, simplement pour avoir manifesté leur volonté de changement. Cet acharnement contre les manifestants pacifiques va à l’encontre de la volonté d’apaisement et de dialogue pourtant affichée par le pouvoir algérien.

A titre d’exemple, Khaled Drareni, arbitrairement détenu depuis le 29 mars 2020, a été condamné en appel le 15 septembre 2020 à deux ans de prison ferme par la Cour de Ruisseau pour avoir couvert les manifestations du Hirak en tant que journaliste. Dans le cadre de la même affaire, les militants Samir Belarbi et Slimane Hamitouche ont pour leur part écopé d’un an de prison dont quatre mois fermes. Le militant Abdallah Benaoum est quant à lui incarcéré en détention provisoire depuis 11 mois pour avoir publié sur Facebook des opinions critiques à l’égard des autorités et sa santé est aujourd’hui en danger. Récemment, le 15 octobre 2020, Fodil Boumala a été condamné à 50 000 dinars (environ 380 euros) d’amende pour « incitation à attroupement non armé » par le Tribunal de Dar el Beïda à cause d’une vidéo publiée sur Facebook dans laquelle il déclare sa solidarité avec tous les détenus du Hirak et d’opinion et est toujours poursuivi dans le cadre d’une autre affaire. Les autorités algériennes continuent également de harceler le militant de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) et syndicaliste Kaddour Chouicha, déjà emprisonné à plusieurs reprises depuis le début du mouvement, ainsi que son épouse, la journaliste et militante de la LADDH Jamila Loukil, tous deux étant appelés à comparaître, avec d’autres personnes, dans un procès qui se déroulera le 30 novembre 2020 pour des faits qui se sont déroulés en novembre 2019. Par ailleurs, de nombreux procès de militants qui devaient se tenir depuis le début de l’année 2020 sont sans cesse reportés.

« Nous appelons les autorités algériennes à répondre aux attentes légitimes des militants du Hirak et, plus largement, du peuple algérien, en commençant par mettre un terme au harcèlement systématique des militants pacifiques et en libérant tous ceux qui restent détenus à ce jour » a réagi Gerald Staberock, secrétaire général de l’OMCT.

Accéder à la page web recensant les poursuites et le harcèlement judiciaire contre 21 défenseurs des droits humains : https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/algerie-zoom-sur-le-hirak et https://www.omct.org/fr/human-rights-defenders/reports-and-publications/algeria/2020/09/d25821/

L’Observatoire, partenariat de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. L’OMCT et la FIDH sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits de l’Homme mis en œuvre par la société civile internationale.

l’Algérie face a une crise multilatérale – Politique et Socio-économique

0
  • compétences, implique tout d’abord l’assainissement du climat des affaires, mais aussi la stabilité politique et institutionnelle. Avec la raréfaction des ressources financières, la commande publique ne peut plus jouer désormais son rôle moteur de l’économie. Par conséquent, il faudrait reconstruire ce marché autrement, c’est-à-dire sur les bases d’une nouvelle économie de production et d’innovation, et non plus sur une logique rentière et prédatrice sans avenir. Le défi démocratique La conviction que la démocratie favorise le développement économique, voire qu’elle constitue une condition sine qua non, est largement vérifiée et admise par les spécialistes du développement. Le pays figure encore parmi les plus faibles régimes politiques en termes de démocratie, il n’arrive qu’à la 126e place sur les 167 pays concernés par le classement annuel de l’organisme britannique The Economist (2018), loin dernière ses voisins, la Tunisie 63e place et le Maroc 100e rang. Contrairement à ce qui se passe dans les régimes autoritaires où les décisions politiques sont prises par l’Exécutif sans débats parlementaires, en démocratie les décisions politiques sont consultatives. Le Parlement est acteur et non spectateur. La crise du coronavirus et son lot d’incertitudes accentuent donc l’urgence de l’instauration d’une vraie démocratie, seul système politique capable de susciter l’adhésion des Algériens autour d’un projet d’une Algérie nouvelle. La marge de manœuvre du gouvernement se rétrécit davantage et l’on semble, dans ces conditions, se diriger tout droit vers une impasse S’appuyant sur des hypothèses réalistes pour 2020 et 2021, et tablant sur des importations annuelles de 32 milliards de dollars, des recettes d’exportation de 16 milliards, des services et revenus nets (9 milliards), des transferts (3 milliards) et autres flux au titre du compte capital (1 milliard), le solde global de la balance des paiements fera apparaître un déficit d’environ 20 milliards de dollars annuellement. Avec des réserves internationales de change s’élevant à environ 53,5 milliards de dollars à fin juin 2020, le financement des déficits de la balance des paiements projetés pour 2020 et 2021 devrait conduire à une baisse continue des réserves de change, qui passeraient ainsi de 63,8 milliards de dollars à fin 2019 à 43,8 milliards à fin 2020 et 23,8 milliards en 2021. Ces ordres de grandeur suggèrent un niveau de réserves inadéquat pour 2022, dont les besoins seront en moyenne de 35 milliards de dollars. Une crise de change qui risque de nous contraindre à demander l’appui des bailleurs de fonds. A la contrainte
  • macroéconomique et une crise de change possible, l’économie du pays souffre d’un manque significatif de flexibilité structurelle. De plus, pour 2021 et 2022, les perspectives économiques et financières continueront d’être défavorables en l’absence de politiques publiques correctives fortes, mises en œuvre immédiatement. La restructuration de l’économie pour édifier un système industriel performant est devenue désormais cruciale. Elle aurait pour principaux axes : simplifier au maximum les procédures de création d’entreprises, réformer d’urgence le système bancaire et financier ; solutionner la problématique du foncier industriel ; décentraliser la décision économique… L’Etat doit aussi rationaliser sa dépense publique et assainir ses comptes pour plus de visibilité et de stabilité. Le déficit budgétaire dépasse les 15 milliards de dollars en 2020, soit -10,4% du PIB, le déficit commercial de 1,5 milliard de dollars au premier trimestre 2020, soit une augmentation de 26% par rapport à la même période de 2019. Ces déficits récurrents sont désormais insoutenables et rédhibitoires à la croissance économique. En effet, la planche à billets et les financements non conventionnels ne peuvent constituer une solution durable. Le défi du numérique et écologique Il existe d’importants gisements d’économies dans la dématérialisation d’une partie du travail, grâce aux nouvelles technologies, permettrait de réduire les dépenses et de lutter contre les gaspillages. Le défi est donc de réussir à améliorer la gestion des administrations publiques et leurs services par la mise en place du reseau internet et de la digitalisation. Rapport du FMI sur les perspectives à travers le monde: Les économies émergentes et en développement dans le rouge De plus, le FMI n’exclut pas un scénario du pire avec une intensification des vagues d’infections combinée à un ralentissement des progrès sur les traitements et les vaccins, obligeant les autorités à des mesures plus draconiennes. Selon le dernier rapport de la Banque mondiale, le double choc de la pandémie et de l’effondrement des cours du pétrole a exacerbé les problèmes structurels sous-jacents des pays de la région MENA et touché tous les aspects de leurs économies. La crise sanitaire creuse les fossés entre riches et pauvres, entre employés des secteurs informel et formel, entre hommes et femmes, entre ceux qui peuvent s’endetter et les autres La pandémie de Covid-19 accroît les inégalités, pas seulement entre économies avancées et en développement. Elle creuse les fossés entre riches et pauvres, entre employés des secteurs informel et formel, entre hommes et femmes, entre ceux qui peuvent s’endetter et les autres. La crise va faire basculer 90 millions de personnes sous le seuil d’extrême pauvreté, selon le FMI, alors que celle-ci n’avait cessé de reculer au cours des deux dernières décennies. Ceux qui sont employés dans le secteur informel, sans contrat de travail, seront
  • proportionnellement les plus nombreux à perdre leur emploi et à tomber dans la pauvreté, faute d’épargne disponible. Le FMI prévoit une reprise économique mondiale « longue et difficile » Abdelmadjid Tebboune bientôt contraint de solliciter le FMI. Soucieux de preserver la souverainete nationale, jusque la, exclu tout financement exterieur du FMI. La croissance des deficits pourraient s’averer fatales pour un recours au FMI. Conclusion Une vision sociétale consiste a restaurer l’échelle des valeures (travail, mérite, solidarité…) et remettre l’Homme au cœur de notre société. Cela passe fondamentalement par l’éducation et par l’engagement de toutes les forces de la Nation algérienne. L’avènement d’une nouvelle République démocratique et sociale se mesure en la qualité de ses hommes, de ses competences, de l’efficacité des systemes financiers, la performance de l’école et de la formation professionnelle, l’amélioration des infrastructures de base (routes, réseaux de rails, ports, aéroports)… le renforcement de la compétitivité de l’entreprise algérienne, la production locale, ses hopitaux et la confiance en ses medecins et de toutes les classes de la societe. Le développement d’une économie compétitive exige aussi de combattre la corruption, le clientélisme. L’independence de la justice pour une justice sociale et du système économique par rapport au système politique avec une refonte du systeme financier (ouverture des banques au virement des retraites, changement de la monnaie pour decourager le marche parallel, toute transaction depassant 50,000.00 DA doit etre tracee sous forme de cheque), revision du budget de l’armee, des ministeres et services publics avec la rationalisation des depenses de sante. Un cadre institutionnel stable constitue un préalable à tout développement économique et social du pays. L’instauration d’une démocratie participative permettra de libérer les initiatives entrepreneuriales, de restaurer la confiance dans les dirigeants du pays et de susciter l’adhésion des Algériens à un nouveau projet qui ferait de l’Algérie une nation émergente.
  • Auteur: Hamid Ait-Mansour
  • Riposte Internationale

Colloque de Riposte Internationale, « l’apport de la diaspora »

0

Colloque de Riposte Internationale samedi 24 octobre

« Le Hirak /Tanekra : l’apport de la diaspora »

D’abord un grand merci à Ali Aït Djoudi et à toute l’équipe de RI pour avoir tenu vaillamment leur pari : organiser une telle rencontre dans un contexte politiquement, psychologiquement et sanitairement difficile, éprouvant. À part trois ou quatre intervenants qui se sont désistés petitement à la dernière minute alors qu’ils ont confirmé leur présence, la majorité des conférenciers étaient là dès le matin et sont restés tout l’après-midi après un petit repas convivial préparé avec amour par Nna Ljjuher et offert par l’ONG RI.

Venons-en brièvement au colloque orchestré avec talent et intelligence par Idir Ounnoughene et Rafika Gherbi.

Ce qu’il faut souligner c’est la diversité des courants politiques, idéologiques représentés par les orateurs. Rare, en effet, de voir se succéder à la même tribune des islamistes, des conservateurs, des communistes et des berbéristes pour ne parler que des courants majeurs. Mais avec Riposte Internationale ce n’est pas une surprise, un tel spectre d’opinions répond à sa démarche d’ouverture, et de philosophie politique. Le succès est sans surprise, il a été confirmé par le débat qui s’en est suivi et qui a clarifié, avec beaucoup de bienveillance, les positionnements de chaque tendance et la volonté de chacun de forger une intelligence collective.

La journée a été à la hauteur des objectifs de rassemblement des forces qui luttent, à partir de la diaspora, contre le système mafieux en place à Alger. C’est un pas modeste, mais concret vers une convergence démocratique et en ce sens, il revêt un caractère hautement symbolique. Riposte Internationale compte poursuivre cet effort, ce travail d’échanges francs et sereins au sein de l’immigration. Ce fut un colloque démocratique, de réflexion, un samedi de fraternité et de camaraderie. C’est en même temps une grande défaite pour celles et ceux qui ne croient pas aux vertus du dialogue entre courants politiques divergents, pour celles et ceux qui pensent que le seul changement possible est celui qui viendrait de leur camp.

L’équipe de RI veut tisser des liens et rejette l’affrontement sacrificiel : « ad nerrez wala ad neknu ». Elle préfère « ur nettruzu ur nkennu », impulser de nouveaux thèmes, instaurer de nouvelles exigences, créer des espaces de rencontres. Ce colloque montre que notre société s’ouvre à des changements idéologiques et sociologiques sur lesquels il faut compter pour retrouver la souveraineté populaire à laquelle tous les intervenants ont appelé de leur vœu.

Riposte internationale semble nous dire que les rassemblements entre publics du même bord s’apparente souvent à des parties de plaisir, à des rencontres amicales. C’est bien parce que cela nous permet de nous défouler et de passer du bon moment. Mais dans les retrouvailles difficiles comme celle du samedi 24 octobre, il s’agit d’oser des transformations concrètes et de ramollir un peu nos ego pour faire bloc contre le pouvoir et sa police politique. Merci Riposte Internationale !

Hacène HIRECHE

Participants dans l’ordre alphabétique :

Modérateurs : Rafika GHERBI ; Idir OUNNOUGHENE

Intervenants : Atmane AGGOUNE ; Lynda AIT BACHIR ; Ali AIT DJOUDI ; Hamid AIT MANSOUR (1) ; Mohamed Lamine AMOKRANE ; Mohand BAKIR ; Rabia BERRAI ; Madjid BEN CHIKH (1) ; Abdou BENDJOUDI ; Boukhalfa BEN MAMAR ; Belkacem BENYAKOUB ; Hamid CHALLAL ; Lyes DJEBAILI ; Rafika GHERBI ; Youcef HADBI ; Elyas HAKEM ; Boualam HAMADACHE ; Ouahab HAMIDI ; Hacène HIRECHE ; Lila MANSOURI ; Faiza MOON ; Yous NASSROULAH ; Hassene OUMESSAOUD ; Tahar SI SERIR ; Ahcène TALEB ; Mohamed YAKOBI ; Mourad YEFSAH ; Brahim YOUNESSI

Artistes peintres exposants : Karim DRICI ; Samia GUIDJALI 

COMMUNIQUE

0

RIPOSTE INTERNATIONALE condamne le verdict arbitraire rendu par le tribunal de sidi m’hamed à Alger en date du 20 Octobre 2020 à l’encontre de Monsieur LYES LAHAOUAZI membre actif en faveur du changement démocratique et membre du conseil national du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie RCD, RIPOSTE INTERNATIONALE considère ce jugement comme une déclaration de guerre contre la jeunesse qui s’inscrit dans le sens de l’histoire bien décidée à porter le souffle d’émancipation du peuple Algérien. LYES LAHOUAZI qui est aussi membre du comité pour la libération des détenus arbitrairement détenus par le régime Algérien , autant dire que son action a fait de lui une cible de choix pour l’exemple en direction des militant qui activent sur le terrain et vivant en dehors de l’Algerie. RIPOSTE INTERNATIONALE rappelle que cette condamnation intervient a moins d’une semaine sur un referendum portant sur la réforme de la constitution Algérienne, qui comme les dernière élections présidentielles du 12 Décembre 2019 qui ont été marquées par une large défiance populaire , qui sera reconduite le 01 Novembre prochain . RIPOSTE INTERNATIONALE dénonce cette chasse ouverte aux Algériens porteurs d’espoir et l’incarnent aussi à l’image de LYES LAHOUAZI RIPOSTE INTERNATIONALE tient à exprimer sa solidarité inconditionnelle , pleine et entière à LYES LAHOUAZI et l’assure de son soutien dans cette difficile épreuve .

Paris, le 21 Octobre 2020

Pour le Bureau exécutif, Le président ALI AIT DJOUD.

C O M M U N I Q U É

1

 RIPOSTE INTERNATIONALE  condamne la décision de l’assemblée populaire Algérienne qui vient de voter la levée de l’imunité parlementaire de Monsieur BELABBAS MOHCINE Président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie  -RCD – .

  – RIPOSTE INTERNATIONALE considère que dans son entreprise de bâillonnement et d’étouffements de toute voie discordante  qui ne s’inscrit pas dans le discours imposé par le pouvoir , L’acharnement du pouvoir à déstabiliser le président du RCD et son parti ne témoigne que de la volonté de lui faire payer son engagement en faveur du changement démocratique depuis le 22 Février 2019.

 – RIPOSTE INTERNATIONALE rappelle  que cette démarche est un prélude à une suite que le régime a choisi comme réponse  à des revendications politiques légitimes,  

 – RIPOSTE INTERNATIONALE dénonce les prémices d’un simulacre de procès ou le verdict est rendu par le double mépris de la justice et du droit , et prend la communauté internationale à témoin de cette énième forfaiture du pouvoir Algérien qui persiste dans sa fuite en avant , hypothéquant de ce fait l’avenir de l’Algérie au profit de sa seule survie.  

 – RIPOSTE INTERNATIONALE tient à exprimer sa solidarité pleine et entière à MOHCINE BELABBAS et l’assure de son soutien dans cette difficile épreuve . 

Paris, le 20 Octobre  2020

Riposte Internationale

le président Ali Ait Djoudi 06.34.36.62.29

Sa conscience de femme kabyle

0

Elle est née à Tizi, en haute Kabylie. C’est un bout de l’histoire de cette terre, la vie de ma mère. Car elle est comme toutes les femmes kabyles, ma mère…
Quand elle n’est pas bien, elle sait le cacher. Ne pas craquer. Ne pas pleurer. Ne pas s’énerver. Ne pas s’indigner. Elle passe sa vie à sourire, ma mère. A faire de l’endurance. Enfermer ses soucis. Nuancer ses propos et ses émotions. Cacher ses sentiments. On ne s’encombre pas de sentiments, chez nous. On lui demande des choses utiles, à la femme. Du travail, du silence et de la résistance. De la retenue aussi. Pour assurer des responsabilités et tenir à tous les coups. Les coups de la vie, les coups de la famille et plus tard, ceux de sa santé. Elle est forte, ma mère. C’est la coutume qui le dit. C’est la coutume qui le veut. Forte pour se laisser flétrir. Seule.
Comme toutes les femmes kabyles…
Souffrir avant de triompher, elle y croit dur, ma mère. « La récompense finit toujours par arriver » se convainc t-elle. Alors, elle cultive une formidable capacité à nier les évidences. A faire des provisions de patience. A nourrir d’illusions sa persévérance. Pour colorier son monde. Quand le pire devient immonde. Quand quelqu’un lui demande comment elle va, elle a toujours su répondre: « hamdoullah. » Parce que, ne pas avoir le moral, être en dépression, être mal, c’est pas permis chez nous. Pour la femme.
Le mal-être est une honte. C’est un échec. C’est un manque de fierté. Se laisser submerger est un manque d’éducation. La douleur morale est un tabou, chez nous. Pour la femme.
Et il y a comme ça, plein d’autres choses et d’autres raisons interdites à la femme, chez nous. Mais elle ne veut pas d’histoire, la femme. Parce qu’elle a un rôle important dans l’Histoire. La mémoire, c’est elle, qu’on lui dit. Elle, la gardienne des traditions. Des coutumes. Des mœurs et des modes de vie de la communauté. Obsédée par la norme, guidée par la morale, marquée par les conventions, elle ne doit rien renier du passé ou des sacrifices des ancêtres. Elle se doit d’assumer et perpétuer cet héritage qui l’avilie, qui la déprécie, qui l’empêche d’avancer…Au fil des ans, elle s’est résignée à porter le joug presque avec fierté.
Si elle sort, il a peur et il a mal au bide, son homme. Il faut qu’elle se fasse discrète, effacée presque muette. « Comment va t-elle se comporter?  » « A qui va t-elle parler ou plaire? » Il y a partout des malintentionnés. Et des collègues et des parents et des amis pour la surveiller. Pour la remarquer. Pour la critiquer. Pour s’interroger. L’homme n’oublie jamais ça. Et il n’est jamais tranquille. C’est plus fort que lui. Il a toujours peur que le ciel lui tombe sur la tête. Par sa femme. Par sa fille. Ou par sa sœur. Si elle travaille, surtout pas de métiers d’hommes ! Avec les mômes, oui. ça lui va bien  d’être enseignante, la femme. Chez nous.
Les hommes, eux, se couchent tard, se lèvent tard, bouffent du foot à la télé et tapent la conversation au café. A la maison, ils peuvent hurler et même cogner si ça peut les soulager. Ils aimeraient tous que la femme sache rester bien à sa place. Se taire et ne rien revendiquer. Elle a déjà un lave-linge et un aspirateur. C’est mieux que ses voisines. Quoi de plus comme tendresse? Il a des champs d’oliviers. Et il lui offre une deuxième famille. Pour la solidarité. On ne sait jamais ! Elle doit donc s’intégrer. Entrer dans les jeux. Deviner les trajectoires. Donner son amour. Et sa force. Et son temps.  C’est une richesse, les champs d’oliviers. C’est magique, la famille élargie. Les parents, les beaux-parents. Les frères, les beaux-frères. Elle ne s’ennuie jamais ! Honorer sans rechigner. S’incliner sans rouspéter. Créer l’osmose et la synergie dans sa nouvelle tribu, c’est son rôle aussi. Faire vivre la solidarité. La culture et l’identité. La baraka, elle vient des aïeux et il faut la mériter. Un mari, c’est jamais gratos. Chez nous.
Elle a tout bien, ma mère. Sauf qu’elle a fait sa vie en marge de la vie. Avec le silence. Sans doléance. Sans désespérance. Pour avoir trop pris l’habitude d’être femme. Comme toutes les femmes kabyles…
Katia BOU

LES MOTS SONT LIBRES

0

Il y a les mots qu’on dit et les mots qu’on écrit. Dans son malheur, la mère de Chaïma a posté des vidéos, en direct. Pour hurler son désespoir, dire sa souffrance, crier sa douleur. Ses appels à faire justice sont déchirants. 
Les mots du peuple expriment l’effroi et l’indignation. Des voix choquées se sont élevées, ont fusé dans l’espace, fait bruit pour obliger la justice à prononcer une sentence à la mesure du crime. Les mots sont restés  comme suspendus en l’air. La justice mettra un bail pour juger cette affaire. 
Les mots du violeur et assassin nous cognent, nous anesthésient tant ils reconnaissent les faits sans un brin de remords. 
Moi, je n’ai plus de mots. Je suis triste devant l’horreur. Impuissante à en crever. J’en veux même un peu au destin qui m’a fait naître fille. Fille, on ne peut pas toujours sortir indemne de ce monde de brutes.  
Les mots de certains font peur. Les mots du professeur Khiati  sont comme des lames acérées qui vous pénètrent entre la peau et les ongles, vous déchiquettent le corps, un peu comme l’assassin avait charcuté le corps de Chaïma. Les mots du professeur Khiati sont arrêtés, sclérosés et ne souffrent d’aucune autre interprétation. Ils sont remplis de haine et de mépris. Les mots du professeur Khiati sont danger pour le pays. 
 Moi, je ne savais qu’on pouvait être interviewé pour débiter des conneries. Dire des mots qui blessent, des mots qui choquent, des mots qui transpercent des cœurs en agonie
L’interview a tourné et a eu des milliers de vues. « …le châtiment est juste… », disait cet autre.  Les gens croient que les avocats, surtout quand il ya mort d’homme ( ici de femme) sont faits pour défendre les victimes. Il n’en est rien. Chaïma est morte parce qu’elle était fille. Parce qu’elle était vie. Parce qu’elle était femme. Parce qu’elle était pauvre. C’est en 2020.  Je serre les poings très fort pour me donner l’impression de cogner cet homme et ses idées reçues.  
 Mais il ya des hommes, comme ça, peu importe qu’ils soient  médecins ou avocats. Ils font de la femme, un être inférieur, une coupable à vie.  Et moi, j’ai la certitude que quand un homme est con, il l’est pour la vie ! !  so  Dire que ces personnages se considèrent comme étant utiles. Le point de départ de leurs élucubrations remonte à loin. Déjà, le 9 juin 1984, la femme n’a pas reçu les bonnes cartes.  Ces pensées fêlées sont le fruit des articles  8, 9,11, 39, 48 du code algérien de la famille et du code pénal. C’était prévisible : voilées ou dévoilées, les hommes ne respecteront pas les femmes et c’est leur droit. Les codes, les Us et les traditions  leur donnent raison. Ils ont déshumanisé la femme. De plus, l’école a fait tomber les bêtas, les pervers, les nigauds, les naïfs et les niais dans un désert mental  dramatique. 
Il reste que ce pays regorge de généreuses personnes. Que contre vents et marées, des hommes et des femmes se battent pour la justice, pour la dignité et l’égalité. Des gens qui tentent de faire comprendre que nous sommes un pays « normal ». A ceux-là, je dirais qu’il ne suffit pas « de partager l’émotion, encore faut-il partager le danger » qui guette ce pays. C’est l’ avenir de nos enfants qui est en péril.
Par Katia Bouaziz