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Jeudi 26 novembre 2020 DECLARATION Le Parlement européen appelle à agir sur les droits humains en Algérie

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La deuxième résolution du Parlement européen sur l’Algérie en un an est un signal important qui devrait conduire la communauté internationale à une action publique plus forte.

Le Parlement européen (PE) a adopté jeudi 26 novembre une résolution d’urgence sur l’Algérie soulignant « La détérioration de la situation des droits de l’homme en Algérie, en particulier le cas du journaliste Khaled Drareni », condamné à deux ans de prison le 15 septembre dernier. Ayant été proposée par six des sept groupes politiques, elle bénéficie d’un soutien largement partagé à travers le spectre politique.

Pour les organisations de la société civile nationale et internationale soussignées, cette résolution est une étape opportune et nécessaire face à l’intensification de la répression contre la société civile, les militants pacifiques et les journalistes, et les menaces à l’encontre de l’indépendance du pouvoir judiciaire. 

Après avoir rappelé la résolution d’urgence du Parlement européen du 28 novembre 2019 sur la situation des libertés en Algérie, le texte exprime la solidarité du Parlement avec « tous les citoyens et citoyennes algériens, quels que soient leur origine géographique ou ethnique et leur statut socioéconomique, qui manifestent pacifiquement depuis février 2019  ».

Le texte souligne « qu’en 2020, les mouvements de défense des droits des femmes ont multiplié les dénonciations des actes de violence de plus en plus fréquents à l’encontre des femmes » et qu’ils ont appelé à « la révision des lois en vigueur, en particulier du code de la famille et de plusieurs articles du code pénal, afin de garantir une pleine égalité entre les femmes et les hommes ». 

Le journaliste Khaled Drareni – dont le cas est mis en avant par la résolution – est devenu un symbole de la liberté de la presse en Algérie. Son harcèlement par les autorités algériennes et sa condamnation à deux ans de prison sont emblématiques d’une répression accrue de la part des autorités.

Condamnant l’escalade des arrestations et des détentions arbitraires, le Parlement demande aux autorités de « remettre immédiatement en liberté, sans conditions, Mohamed Khaled Drareni et tous ceux qui ont été détenus et inculpés pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, que ce soit en ligne ou hors ligne, et à la liberté de réunion et d’association, y compris Yacine Mebarki, Abdellah Benaoum, Mohamed Tadjadit, Abeldhamid Amine, Abdelkrim Zeghileche, Walid Kechida, Brahim Laalami, Aissa Chouha, Zoheir Kaddam, Walid Nekkiche, Nourredine Khimoud et Hakim Addad».

Le Parlement « appuie la demande de Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, en vue de la libération urgente, compte tenu de la pandémie de COVID-19, de tous les prisonniers politiques et de toute personne détenue pour avoir exprimé une opinion dissidente ».

Enfin, il « invite les autorités algériennes à déverrouiller les médias et à mettre fin à toute arrestation ou détention de militants politiques, de journalistes, de défenseurs des droits de l’homme ou de personnes qui expriment une opinion dissidente ou critique à l’égard du gouvernement ». 

Le Parlement européen s’adresse également aux institutions de l’Union européenne et aux États membres les invitant à « apporter leur soutien aux groupes de la société civile, aux défenseurs des droits de l’homme, aux journalistes et aux manifestants, y compris en se montrant publiquement plus fermes au sujet du respect des droits de l’homme et de l’état de droit en Algérie, en condamnant, sans ambiguïtés et de manière publique, les atteintes aux droits de l’homme, en invitant instamment les autorités à remettre en liberté les victimes de détentions arbitraires et à cesser de recourir de manière excessive à la détention provisoire, en demandant à avoir accès aux détenus et en observant les procès de militants, de journalistes et de défenseurs des droits de l’homme, ainsi qu’en suivant de près la situation en matière de droits de l’homme en Algérie ». 

Selon les articles 3.5 et 21.1 du Traité sur l’Union européenne (TUE) ainsi que l’article 2 de l’Accord d’Association entre l’Union européenne (UE) et l’Algérie, l’Union européenne et ses Etats membres doivent placer les droits humains, y compris le respect des conventions internationales sur les droits humains, au centre de leur coopération bilatérale comme régionale avec l’Algérie. Cela concerne notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont les articles 14, 19, 21 et 22 portent sur les questions de droits humains abordées dans la résolution du Parlement.

Ce dernier déclare dans sa résolution qu’il «attend de l’Union européenne qu’elle place la situation en matière de droits de l’homme au cœur de son dialogue avec les autorités algériennes, tout particulièrement lors de la prochaine session du Conseil d’association UE-Algérie; demande au Service européen pour l’action extérieure (SEAE) d’élaborer et de dresser une liste de cas particuliers singulièrement préoccupants, où figurent notamment ceux mentionnés dans la présente résolution, et de rendre régulièrement compte au Parlement des progrès accomplis en vue d’y apporter une solution ».

Par ailleurs, l’adoption de cette résolution intervient à la suite de la récente révision de la constitution algérienne, par un processus dominé par l’Exécutif et qui a été critiqué pour son manque de transparence et d’inclusivité. Ces amendements maintiennent l’emprise préjudiciable du pouvoir exécutif sur toutes les institutions y compris le pouvoir judiciaire, ainsi que de dangereuses restrictions aux droits et libertés, et empêchent un réel contrôle indépendant sur les institutions militaires et sécuritaires.

À cet égard, le Parlement européen « invite les autorités algériennes à garantir à la fois une pleine reddition de comptes et un contrôle démocratique et civil des forces armées, ainsi que la subordination effective de ces dernières à une autorité civile légalement constituée, et à faire en sorte que le rôle de l’armée soit correctement défini dans la Constitution et explicitement limité aux questions touchant à la défense nationale ».

Face à cette détérioration rapide de l’espace civique et des libertés fondamentales, une mobilisation collective et publique de la communauté internationale est nécessaire pour protéger les droits et les libertés des citoyen(ne)s algérien(ne)s, y compris le droit de participer librement à la vie publique de leur pays.

Organisations signataires :

  1. Institut du Caire pour les études des droits de l’homme (CIHRS)
  2. Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA)

Saïd Boukhari, ce héros modeste.

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Il y a trois ans jour pour jour de cela, mais comme disait Mouloud Feraoun, « on se souvient comme si cela datait d’hier », c’était un après-midi du 23 novembre 2017, des youyous qui donnent la chair de poule , brisèrent soudainement le silence glacial qui régnait à la maison de Saïd Boukhari en dépit de la foule qui envahissait l’intérieur et la cour.
Ce n’était pas la sortie d’une mariée, mais c’était son cercueil qui est levé sur les épaules pour quitter à jamais son domicile vers sa demeure éternelle. Chez nous, on ne pleure pas les valeureux, mais on lance des youyous et on ne le fait que pour les martyrs et les glorieux. 


C’était la veille, c’est-à-dire le 22 du mois de novembre que Saïd Boukhari, ce noble fils de Bouarfa, dans la commune de Maâtkas a rendu l’âme à l’hôpital de Tigzirt, entouré de tous ceux qui connaissent la valeur de cet homme au sourire permanent. 

Le combat de Saïd Boukhari ne peut pas être narré par un hommage si concis que le présent, car il a l’âge de ce grand militant. Dès son tendre âge, Boukhari ne supportait pas l’injustice et la hogra, il défendait tout le temps les persécutés de ses camarades. Chaque fois que Saïd grandissait, sa lutte s’accroissait et s’élargissait avec lui. 


C’était au lycée de Dellys à la fin des années soixante-dix, début quatre-vingts que le jeune Saïd s’engagea corps et âme dans son noble combat et en premier lieu Tamazight qui était marginalisée voir même interdite dans sa propre terre. Il savait déjà qu’aucun avenir ne peut se construire sur des bases fragiles et instables en néant l’authentique identité, la vraie histoire et la langue du peuple. 

Le printemps berbère de 1980, était une aubaine pour lui de s’engager dans son noble combat pour n’en sortir jamais et Dieu merci, il a pu voir la langue pour laquelle, il a lutté inscrite de son vivant dans la constitution Algérienne, comme langue Nationale et officielle, même qu’il savait que tout n’est pas gagné. 
En cette année qui a secoué toute la Kabylie et en cette année de la répression que le lycéen Boukhari est choisi comme coordinateur entre lycéens et le groupe de militants de l’université de Tizi Ouzou. Ni la répression ni la tyrannie ne l’ont fait trembler ou reculer un jour. Il était convaincu jusqu’à la moelle que son combat est juste et qu’il était prêt à se sacrifier pour Tamazight.
À rappeler que les lycéens ont participé activement aux événements du printemps berbère, notamment avec les célèbres marches du 16, 17 et 18 mars 1980 à Larbaa Naît Irathen puis à Azazga et à Michelet, une manifestation poursuivie d’une soixantaine d’arrestations parmi les lycéens à Draa el Mizan le 7 avril 1980, puis à la participation à l’occupation de l’Université de Tizi-Ouzou.

La lutte de Saïd grandissait au sein du MCB, où il était devenu membre actif et un élément incontournable de ce mouvement culturel berbère. Il était connu pour sa sagesse qui servait sans cesse de trait d’union et de réconciliateur dans toutes les rivalités au sein de ce mouvement. 


Le combat de Saïd Boukhari l’humaniste, ne se limitait pas uniquement à la revendication identitaire, mais aussi aux droits de l’homme et pour cela, il a participé avec d’autres militants du MCB et adhérer au projet de creztion de la première Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme à sa tête Maitre Ali Yahia Abdenour.


Comme, ce noble fils de Maâtkas toujours fidèle à son combat identitaire, il était l’un des principaux organisateurs de la grandiose marche du 25 janvier 1990 à Alger durant laquelle une plateforme de revendications est remise au président de l’APN Dr l’époque, par le Rebelle , feu Matoub Lounès.

Présent aussi activement à la mémorable grève du cartable de l’année scolaire 1994-1995, il était le conciliateur des deux tendances du MCB pour mener à terme cette historique grève durant laquelle toutes les écoles, tous les collèges, les lycées et les universités de la Kabylie ont fermé leurs portes pour que Tamazight soit enseigné et reconnue.

 
Saïd, le militant infatigable ne pouvait pas rater la légendaire marche du 14 juin 2001, il était parmi les organisateurs de cette inoubliable marche qui a pu rassembler des millions de manifestants pour remettre la revendication de la plateforme d’El Kesseur a la présidence de la république. 

Saïd Boukhari avec son sourire légendaire et sa détermination inébranlable, on le trouve sur tous les fronts et en première ligne. Ce militant, cet humaniste qui ne considérait pas ses adversaires comme ennemis, car son cœur et si gros et plein d’amour et ce noble sentiment ne laissait aucune place à la haine de l’autre.


Même qu’il est de la race de Mohya, de Mouloud Mammeri , et de Bessaoud qui aiment travailler et lutter activement dans l’ombre sans attendre aucune récompense .En 2019, un titre posthume lui a été décerné , il s’agit du prix Matoub Lounes , contre l’oubli. Repose en paix l’ami , le frère , le compagnon , tu es  immortel !

Auteur: Ali Ait Djoudi

Restaurateurs et cafetiers Kabyles de France: pensées solidaires !

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  • La première émigration officielle des Algériens (désignés dès l’époque du vocable de musulmans!) vers la métropole date de 1905. Ces travailleurs venaient essentiellement de Kabylie pour au moins deux raisons: étant données a configuration géographique montagneuse, il y avait très peu de fermes de colons dans cette région. Ces colons y avaient donc de faibles besoins de main-d’œuvre comparés à ceux des plaines d’Oran, d’Alger, d’Annaba, etc. La seconde raison est que la population de cette région est restée très hostile à la colonisation depuis les massacres, les déportations et les dépossessions de 1871suite à la révolte des ccix Aheddad et Muqrani. Un véritable crime contre l’humanité que les jeunes générations d’aujourd’hui ou de demain finiront par désensevelir. La stratégie de l’administration était de vider de ses forces vives une région toujours prête à reprendre la lutte.
  • Café, restaurant ou tajmaɛt dans l’exil
  • D’abord embauchés dans les raffineries et huileries de Marseille puis dans les ports en Normandie et dans les mines du Nord et de l’Est de la France, les Kabyles ont fini, à force d’efforts et de privations, par pouvoir investir dans les métiers de bouche et de l’hôtellerie. Ils ont peu à peu pris la place. Aujourd’hui des milliers de brasseries, de tables et d’hôtels étoilés appartiennent aux Kabyles. Ils ont créé des centaines de milliers d’emplois directs et indirects dans le tourisme ou le secteur tertiaire en général. Malgré leur poids économique, ils sont très peu reconnus par les pouvoirs publics français et encore moins par le pouvoir algérien. Jusque-là, rien n’est venu fédérer cette communauté invisible, cette force mais, dit le proverbe, quand les brebis enragent, elles sont pires que les loups.
  • Ceci dit, mon propos n’est pas là aujourd’hui, j’ai juste contourné le sujet parce que l’histoire ancienne et récente ne nous a pas fait de cadeaux. Revenons donc à mon idée initiale.
  • Le restaurant kabyle ou l’incontournable tajmaɛt:
  • Mes pensées vont à tous ces restaurateurs et cafetiers kabyles durement touchés par la crise pandémique qui sévit en France notamment dans la Région Parisienne mais pas seulement. Les portes de leurs établissements sont closes et ces lieux magiques nous manquent terriblement. Avec eux l’exil est devenu supportable et la vie a un certain goût mielleux. Ils nous accueillent avec chaleur et nous offrent avec générosité et enthousiasme des moments de grande convivialité. Avec un couscous traditionnel, des tajines ou avec des plats français, ils ont l’art de nous réunir, d’aiguiser nos gourmandises, d’animer nos
  • conversations. Hiver comme été, nous nous retrouvons dans leurs établissements comme dans tajamaɛt où l’on se serraient les coudes pour écouter nos aînés et les amusnaws (personnages férus de philosophie ancestrale) loin du triste spectacle de la société inégalitaire et consumériste qui, parfois, nous donne le vague à l’âme. Il arrive que des musiciens viennent y égayer nos soirées. D’autres fois on y rencontre des militants en réunion, inquiets des événements qui terrassent le pays d’origine. Ces regroupements d’ardeur joyeuse ou combative font de ces établissements un kanun. Un Kanun est cette cavité creusée à même le sol pour y faire le feu, un foyer de chaleur ancestral placé dans la pièce principale de « axxam » (la maison) auprès duquel se regroupait la famille d’antan autour des grands-parents. Un foyer immortalisé par Ben Mohamed et Idir dans «vava inu va», chanson qui, jusqu’au bout du monde et dans une quinzaine de langues, a poussé ses tisons. Le restaurant, le bar, tajmaɛt sont les pivots essentiels de notre mode de vie et c’est dans cet âtre que foisonne et se perpétue notre culture orale qui nous fait défaut dans ces moments de confinements menaçants. Nos petits patrons, leurs employés, par milliers, sans doute des centaines de milliers ploient sous leurs difficultés, leurs échéances et leurs charges. Au bord du gouffre, le spectre des dépôts de bilan met en péril nos contribules restaurateurs et cafetiers et assombrit l’économie de la Kabylie qui dépend très largement des transferts de devises. L’aide reçue des pouvoirs publics est largement en-dessous des besoins. Du coup, les perspectives ne sont pas réjouissantes et laissent planer un doute sur une levée de rideaux de nos lieux favoris, du moins de beaucoup d’entre eux. Cela dit, la capacité de résilience des Kabyles si elle est légendaire, n’en est pas moins vraie. Alors, dès le confinement mobilisons-nous, allons arroser ça pourchasser au plus loin le mauvais sort!.
  • Auteur: Hacène HIRECHE (militant associatif)

A cause de la dénomination du « Maghreb arabe », « Le Monde Amazigh » interpelle de nouveau le directeur de « France 24 » en Tunisie

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Le directeur des chaines télévisées France 24, Marc SAIKALI, a été embarrassé lorsque l’éditeur de journal « Le Monde Amazigh », Rachid Raha, l’a interrogé à propos la poursuite de l’utilisation et de la persistance de la chaîne française du terme « Maghreb arabe » à chaque fois qu’elle aborde des sujets liés aux pays de l’Afrique du Nord.Devant plus de 500 journalistes du monde entier ayant participé aux travaux des premières assises internationales du journalisme tenues à Tunis du 15 au 17 novembre sur le thème « Un journalisme utile aux citoyens? », Rachid Raha s’est adressée au directeur de la chaîne française France24.com, en lui demandant s’elle avait reçu son courrier où il affirme que « Le Maghreb n’a jamais été arabe, et il ne le sera plus jamais à l’avenir », et en soulignant dans sa brève déclaration que l’origine des populations nord-africaines est de la civilisation préhistorique capsienne, au nom de la localité tunisienne de Gafsa, et que en plus, France24 avait le privilège de donner le scoop mondial comme quoi le berceau de l’humanité se trouve désormais, au Maroc à « Adrar n Ighoud », datant de plus de 300 mille ans.
Rachid Raha a profité la plénière de ce premier forum international de la presse pour donner en mains de directeur de France 24, une copie de la lettre qu’il lui avait précédemment adressée, en juin dernier en sa qualité de président de l’Assemblée Mondiale Amazighe, afin de changer la dénomination discriminatoire et raciste des pays du Maghreb, en respectant les nouvelles constitutions marocaine et algérienne, qui reconnaissent la langue amazighe aux côtés de l’arabe. Et voici le contenu de la dite correspondance :« A l’aimable attention de M. Marc SAIKALI,Directeur de France 24,80, rue Camille Desmoulins,92 130 Issy-les-MoulineauxObjet : demande de rectification de l’appellation du « Maghreb Arabe » car l’Afrique du                Nord n’est pas de tout arabeM. Le directeur,Comme vous devriez savoir, vos chaînes d’information de France24.com en langues arabe et française sont largement suivies par les locuteurs nord-africains, et parfois, surpassent la chaîne qatarie d’Aljazeera (qui a fortement perdu de sa crédibilité à cause de son manifeste soutien aux mouvements salafistes et djihadistes). Ainsi, les divers bulletins et programmes télévisés d’informations de votre chaîne France24 en arabe se sont imposés comme une bonne alternative aux citoyennes et citoyens de vos anciennes colonies nord-africaines, du fait que les JT de leurs chaînes nationales distillent l’information et ennuient l’audience avec la couverture froide d’interminables activités officielles  faites dans une langue de bois !Mais, malheureusement, nombreux de vos journalistes continuent à faillir à la vérité, et plus particulièrement à la vérité historique, lorsque ils traitent la région d’Afrique du Nord du « Maghreb arabe », sachant par exemple qu’au Maroc, ça fait déjà sept  années qu’il y a eu la réforme constitutionnelle où le  terme de « Maghreb arabe » a été désormais substitué par celui du « Grand Maghreb ». Maintenant que les Constitutions marocaine et algérienne reconnaissent officiellement l’identité et la langue amazighes (berbères), la dénomination du « Maghreb arabe » devient une dénomination tout simplement discriminatoire à l’encontre des populations autochtones, qui nient leur existence et qui exclut leur apport civilisationnel à l’identité millénaire de l’Afrique du Nord. Effectivement, l’Afrique du Nord ou le Grand Maghreb n’est pas de tout arabe, il ne l’a jamais été et il ne le sera jamais tant que les Amazighs continuent à être fiers de leur riche histoire et de l’histoire de la résistance de leurs héros comme le cas de la reine Kahina ou la touarègue Tin Hinan qui  ont admirablement combattu contre les conquérants arabes, ou comme le cas de Mohamed Abdelkrim El Khattabi qui a combattu la colonisation franco-espagnole… L’identité et le peuple arabes sont d’origine asiatique, alors que le Maghreb se trouve en Afrique. Un continent dont le toponyme est amazighe à travers lequel on dénommait la Tunisie dans l’antiquité et qui s’est vu généraliser pour dénommer tout un continent, le nôtre, caractérisé pour être le berceau de l’humanité.Si vos bulletins d’information sont largement suivis en Afrique du Nord, elles le sont aussi en France, de la part de vos compatriotes d’origine nord-africaine. N’oubliez pas que si l’Islam est la deuxième religion de France, la deuxième langue la plus parlée en Hexagone ce n’est pas la langue arabe sinon la langue amazighe, sous ces différentes variantes régionales. Sachez que la majorité de vos compatriotes français d’origine nord-africaine sont les petites-filles et petits-fils des ouvriers kabyles, des commerçants soussis ou des mineurs rifains…Beaucoup de vos ouvriers maçons qui ont reconstruit les villes françaises détruites après la deuxième guerre mondiale étaient des Amazighs de la Kabylie; beaucoup d’agriculteurs qui ont entretenus les vignobles de l’Aquitaine et des mineurs des mines du nord étaient des montagnards du Rif marocain ; beaucoup d’ouvriers des usines automobiles de Renault, de Peugeot étaient des Amazighs des tribus de Souss marocain…Eh ben oui! La grande majorité de la communauté nord-africaine qui s’est installée en France et la grande majorité des émigrés sud-méditerranéens résidants en ce moment en France sont indéniablement des « Amazighs ». Et par conséquent, ils ne sont pas de tout des « Arabes » comme le Maghreb, qui n’est guère arabe !Pour se convaincre de cette simple réalité, vous n’avez qu’à lire et écouter, en ce moment,  les commentaires « racistes » des Saoudiens sur les réseaux sociaux à propos des marocains, des algériens et des tunisiens, après avoir soutenu activement la tenue de la coupe de monde de football 2026 en Amérique. En se reconnaissant en tant qu’ « Arabes », ils nient tous la fausse « arabité » des maghrébins, et ils ont parfaitement raison, pour la simple raison que les Arabes sont des asiatiques et les maghrébins d’authentiques africains, des amazighs libres descendants des rois Massinissa, Yuba, Yugurtha, Chechonq, Youssef Ibn Tachfine, Mehdi Ibnou Tumert… (https://algerie-direct.net/lactualite/un-saoudien-aux-marocains-vous-netes-pas-arabes/ ).Peut être vos journalistes se sont fait emporté par ce grand mensonge de l’histoire officielle des pan-arabistes comme quoi les Amazighs sont d’origine de la péninsule arabique, qui ont traversé la mer rouge de Yemen pour coloniser l’Afrique du Nord, alors qu’une toute récente étude d’anthropologie génétique démontre tout à fait le contraire : une grande partie des Saoudiens et des Yéministes sont plutôt originaires d’Afrique du nord  (http://journals.plos.org/plosone/article/file?id=10.1371/journal.pone.0192269&type=printable ), comme le sont les populations ibériques, du sud de l’Italie et de la région française de Provence  (http://amadalpresse.com/RAHA/Origines.html). Ils ne sont pas les seuls, d’ailleurs, c’est votre média France24 qui a eu l’exclusivité de diffuser ce scoop le 7 juin 2017: les résultats des dernières découvertes arquéologiques de l’origine des populations humaines, qu’ils soient les Arabes, les Iraniens, les Gaulois, le reste des peuples européens, les américains et les australiens se trouve en terre amazigh, à « adrar Ighoud » où il a été découvert le plus vieux ancêtre de l’homo sapiens, daté de 315 000 ans, et qui se révèle l’ancêtre incontestable de toute l’humanité (https://youtu.be/yl-yo49hGqg).En définitive, je vous prie M. SAIKALI, de conseiller à vos journalistes d’éviter l’appellation « Maghreb arabe » qui blesse la sensibilité des autochtones de l’Afrique septentrionale et par conséquent de rectifier la dite dénomination en la substituant soit par le « Grand Maghreb », ou tout simplement par l’Afrique du Nord, ou encore mieux par « Tamazgha », terre des Amazighs ou territoire des « Hommes libres ».Veuillez agréer mes salutations les plus distinguées,Rachid RAHA, Président de l’Assemblée Mondiale Amazighe. »
Dans sa réponse, M. Mark SAIKALI a déclaré devant cette assemblée des journalistes que s’il arrive à changer le terme » Maghreb arabe « , il sera démis de ses fonctions ». Et en plus, il a failli à la vérité scientifique en affirmant que l’origine de l’humanité se trouve au Liban, du fait que lui est d’origine libanaise, s’attaquant de ce fait à la crédibilité mondiale de l’équipe maroco-allemande dirigé par les fameux archéologues français Jean-Jacques HUBLIN et marocain Abdelouahed BEN-NCER  (http://www.amadalamazigh.press.ma/archivesPDF/201.pdf ).
De son côté, Rachid Raha a profité de l’occasion offerte par la présence de chef de gouvernement tunisien, M.  Youssef CHAHED, qui a inauguré le dit forum pour le saluer et le féliciter pour la transition démocratique que connaît la Tunisie après « la révolution de jasmin ».

Plus de 100 organisations internationales , et Nord Africaines , condamnent l’assassinat de la militante féministe Libyenne Hanane Al-Barassi . « Pour que cesse l’impunité en Libye ! »

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Les associations et organisations maghrébines signataires expriment leur ferme condamnation de l’assassinat de l’avocate et militante féministe libyenne Hanan Al-Barassi, le mardi 10 novembre 2020, alors qu’elle conduisait sa voiture dans une rue de Benghazi.La défunte était une ardente défenseuse des droits des femmes et une critique courageuse des groupes armés qui violent les droits de l’homme, en particulier les droits des femmes, notamment en publiant des vidéos de filles qui avaient témoigné sur les viols et violences qu’elles ont subis  de la part de groupes armés dans l’est de la Libye.Les organisations et associations maghrébines estiment que ce crime ignoble de la militante Barassi est la preuve supplémentaire des dangers auxquels sont confrontés les militants et militantes libyens qui s’activent au niveau politique et des droits de l’homme.Les signataires se joignent à toutes les voix et initiatives de ceux et celles qui appellent à une enquête impartiale et sérieuse sur cet abject assassinat et tous les assassinats qui l’ont précédé afin que l’impunité ne prévale pas dans un pays qui tente de panser ses blessures pour sortir du gouffre du conflit armé et de la domination des milices et des factions armés qui échappent à tout contrôle.Le 17 Novembre 2020———–Les Organisations maghrébines signatairesUnion générale tunisienne du travail (UGTT)Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA), Fr/AlgAppel Egalité, Fr/AlgAssociation Action citoyenne et écologique, MarocAssociation AKNARY, Ma/Pays-BasAssociation Amal pour la femme et le développement Elhajeb, MarocAssociation Arts et cultures des deux rives (ACDR), Tn/FrAssociation ASTICUDE Culture et développement-, MarocAssociation BEITY, TunisieAssociation Chaml pour la famille et la femme, MarocAssociation Chorouk-Bengerrir, MarocAssociation citoyenne Développement Culture et Migration des deux rives (CDCMIR) – TunisieAssociation Création et créativité pour le développement et l’embauche (CCDE) – TunisieAssociation de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Ma/FrAssociation démocratique des femmes marocaines (ADFM), MarocAssociation démocratique des Tunisiens en France (ADTF), Tn/FrAssociation des familles des prisonniers et disparus Sahraouis (AFAPREDES)Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement (AFTURD), TunisieAssociation Forum des Initiatives Maroc, MarocAssociation Initiatives pour la Protection des Droits des Femmes (IPDF),  MarocAssociation des jeunes Azghanghan pour la culture et le développement, MarocAssociation des Marocains en France (AMF), Ma/FrAssociation Marocaine des Femmes Progressistes (AMFP), MarocAssociation des Tunisiens en France (ATF), Tn/FrAssociation féministe ASSIREM iSSIS – AlgérieAssociation Femmes algériennes revendiquant  leurs droits (FARD), AlgérieAssociation Mains Libre, MarocAssociation marocaine des droits humains (AMDH), MarocAssociation médicale pour la réhabilitation des victimes de la torture (AMRVT), MarocAssociation Na’oura, Bruxelles, Maroc/BelgiqueAssociation Pont de la citoyenneté, TunisieAssociation Tharwa N’Fadhma N’soumer, AlgérieAssociation tunisienne de défense des valeurs universitaires (ATDVU) – TunisieAssociation tunisienne de soutien des minorités (ATSM), TunisieAssociation tunisienne des études sur le genre (ATEG), TunisieAssociation tunisienne des femmes démocrates (ATFD), TunisieAssociation Vigilance pour la démocratie et l’Etat civique (Yaquadha), TunisieAssociation-Fondation Hassan-Saadaoui pour la démocratie et l’égalité, TunisieAssociations des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Maghreb/FRAttalaki pour les libertés et l’égalité, TunisieCentre de Tunis pour la liberté de la presse, TunisieCentre défenseur des droits de l’Homme, LybieCentre euro-méditerranéen des migrations (EMCEMO), Ma/Pays-BasCentre libyen de soutien à la démocratie et les droits de l’Homme, LybieCoalition marocaine pour la justice climatique, MarocCoalition tunisienne contre la peine de mort, TunisieCollectif associatif pour l’observation des élections, MarocCollectif citoyen SOUMOUD, TunisieCollectif Culture et citoyenneté (3C), TN/FRCollectif Debout l’Algérie, AlgérieCollectif des associations marocaines d’Amsterdam – Maroc/Pays-BasCollectif des enseignants de l’enseignement supérieur NÛR, Annaba, AlgérieComité de vigilance pour la démocratie en Tunisie CVDT), Tunisie/BelgiqueComité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Tn/FrConfédération générale autonome des travailleurs d’Algérie (CGTA), AlgérieConfédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM), MauritanieCoordination maghrébine des organisations des droits de l’Homme (CMODH), MaghrebCoordination marocaine des instances des droits de l’Homme, MarocFédération Nationale des Associations Amazigh, MarocFédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Tn/FrForum associatif Assfi, MarocForum civil démocratique marocain (FCDM)Forum France Algérie, AlgérieForum marocain des alternatives Sud (FMAS), MarocForum marocain pour la vérité et la justice (FMVJ), MarocForum Solidarité Euro-Méditerranéen (FORSEM), Ma/FrForum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), TunisieImmigration Développement Démocratie (IDD), France/MarocInstance marocaine des droits humains (IMDH), MarocJeunes pour Tawarga, LibyeLigue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH), AlgérieLigue des électrices tunisiennes (LET), TunisieLigue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), TunisieLes Mains Libres, MarocMawjoudin pour l’égalité, TunisieN’Djerder Tizi-Ouzou, AlgérieObservatoire Amazigh pour les droits et libertés (OADL), MarocObservatoire citoyen algérien (OCA), AlgérieObservatoire des libertés publiques, MarocObservatory on Gender in Crisis, LibyeOrganisation 17 Avril pour l’écologie et les droits de l’Homme, LibyeOrganisation 23-10 d’appui au processus de transition démocratique, TunisieOrganisation Amen contre le racisme, LibyeOrganisation arabe et internationale pour les droits de la femme, LibyeOrganisation Biladi pour les droits de l’Homme, LibyeOrganisation contre la torture en Tunisie (OCTT), TunisieOrganisation des Yeux pour les Droits Humains, MarocOrganisation El Barig pour le droit de l’enfant, LibyeOrganisation Ennacir pour les droits de l’Homme, LibyeOrganisation pour les libertés de l’information et de l’expression (OLIE), MarocPlateforme des associations et communautés subsahariennes au Maroc (PASCOMS), Subsahara/MarocPlateforme euro-marocaine migrations Développement, Citoyenneté, Démocratie (MDCD), Maroc/EuropeRassemblement Action Jeunesse (RAJ), AlgérieRéseau la redevabilité sociale Ansa, MarocRéseau libyen pour la justice transitionnelle, LibyeRiposte internationale, ONG de défense des droits humains, AlgérieSOS Migrants ASBL, Maroc/BelgiqueSyndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP), AlgérieSyndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), TunisieTribune de la femme libyenne pour la paix, LibyeUnion des initiatives de développement de Bouanane, MarocUnion des Tunisiens pour l’action des citoyens (UTAC), Tunisie/Fr Les Organisations maghrébines signatairesUnion générale tunisienne du travail (UGTT)Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA), Fr/AlgAppel Egalité, Fr/AlgAssociation Action citoyenne et écologique, MarocAssociation AKNARY, Ma/Pays-BasAssociation Amal pour la femme et le développement Elhajeb, MarocAssociation Arts et cultures des deux rives (ACDR), Tn/FrAssociation ASTICUDE Culture et développement-, MarocAssociation BEITY, TunisieAssociation Chaml pour la famille et la femme, MarocAssociation Chorouk-Bengerrir, MarocAssociation citoyenne Développement Culture et Migration des deux rives (CDCMIR) – TunisieAssociation Création et créativité pour le développement et l’embauche (CCDE) – TunisieAssociation de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Ma/FrAssociation démocratique des femmes marocaines (ADFM), MarocAssociation démocratique des Tunisiens en France (ADTF), Tn/FrAssociation des familles des prisonniers et disparus Sahraouis (AFAPREDES)Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement (AFTURD), TunisieAssociation Forum des Initiatives Maroc, MarocAssociation Initiatives pour la Protection des Droits des Femmes (IPDF),  MarocAssociation des jeunes Azghanghan pour la culture et le développement, MarocAssociation des Marocains en France (AMF), Ma/FrAssociation Marocaine des Femmes Progressistes (AMFP), MarocAssociation des Tunisiens en France (ATF), Tn/FrAssociation féministe ASSIREM iSSIS – AlgérieAssociation Femmes algériennes revendiquant  leurs droits (FARD), AlgérieAssociation Mains Libre, MarocAssociation marocaine des droits humains (AMDH), MarocAssociation médicale pour la réhabilitation des victimes de la torture (AMRVT), MarocAssociation Na’oura, Bruxelles, Maroc/BelgiqueAssociation Pont de la citoyenneté, TunisieAssociation Tharwa N’Fadhma N’soumer, AlgérieAssociation tunisienne de défense des valeurs universitaires (ATDVU) – TunisieAssociation tunisienne de soutien des minorités (ATSM), TunisieAssociation tunisienne des études sur le genre (ATEG), TunisieAssociation tunisienne des femmes démocrates (ATFD), TunisieAssociation Vigilance pour la démocratie et l’Etat civique (Yaquadha), TunisieAssociation-Fondation Hassan-Saadaoui pour la démocratie et l’égalité, TunisieAssociations des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Maghreb/FRAttalaki pour les libertés et l’égalité, TunisieCentre de Tunis pour la liberté de la presse, TunisieCentre défenseur des droits de l’Homme, LybieCentre euro-méditerranéen des migrations (EMCEMO), Ma/Pays-BasCentre libyen de soutien à la démocratie et les droits de l’Homme, LybieCoalition marocaine pour la justice climatique, MarocCoalition tunisienne contre la peine de mort, TunisieCollectif associatif pour l’observation des élections, MarocCollectif citoyen SOUMOUD, TunisieCollectif Culture et citoyenneté (3C), TN/FRCollectif Debout l’Algérie, AlgérieCollectif des associations marocaines d’Amsterdam – Maroc/Pays-BasCollectif des enseignants de l’enseignement supérieur NÛR, Annaba, AlgérieComité de vigilance pour la démocratie en Tunisie CVDT), Tunisie/BelgiqueComité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Tn/FrConfédération générale autonome des travailleurs d’Algérie (CGTA), AlgérieConfédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM), MauritanieCoordination maghrébine des organisations des droits de l’Homme (CMODH), MaghrebCoordination marocaine des instances des droits de l’Homme, MarocFédération Nationale des Associations Amazigh, MarocFédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Tn/FrForum associatif Assfi, MarocForum civil démocratique marocain (FCDM)Forum France Algérie, AlgérieForum marocain des alternatives Sud (FMAS), MarocForum marocain pour la vérité et la justice (FMVJ), MarocForum Solidarité Euro-Méditerranéen (FORSEM), Ma/FrForum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), TunisieImmigration Développement Démocratie (IDD), France/MarocInstance marocaine des droits humains (IMDH), MarocJeunes pour Tawarga, LibyeLigue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH), AlgérieLigue des électrices tunisiennes (LET), TunisieLigue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), TunisieLes Mains Libres, MarocMawjoudin pour l’égalité, TunisieN’Djerder Tizi-Ouzou, AlgérieObservatoire Amazigh pour les droits et libertés (OADL), MarocObservatoire citoyen algérien (OCA), AlgérieObservatoire des libertés publiques, MarocObservatory on Gender in Crisis, LibyeOrganisation 17 Avril pour l’écologie et les droits de l’Homme, LibyeOrganisation 23-10 d’appui au processus de transition démocratique, TunisieOrganisation Amen contre le racisme, LibyeOrganisation arabe et internationale pour les droits de la femme, LibyeOrganisation Biladi pour les droits de l’Homme, LibyeOrganisation contre la torture en Tunisie (OCTT), TunisieOrganisation des Yeux pour les Droits Humains, MarocOrganisation El Barig pour le droit de l’enfant, LibyeOrganisation Ennacir pour les droits de l’Homme, LibyeOrganisation pour les libertés de l’information et de l’expression (OLIE), MarocPlateforme des associations et communautés subsahariennes au Maroc (PASCOMS), Subsahara/MarocPlateforme euro-marocaine migrations Développement, Citoyenneté, Démocratie (MDCD), Maroc/EuropeRassemblement Action Jeunesse (RAJ), AlgérieRéseau la redevabilité sociale Ansa, MarocRéseau libyen pour la justice transitionnelle, Libye#Riposte internationale, ONG de défense des droits humains.SOS Migrants ASBL, Maroc/BelgiqueSyndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP), AlgérieSyndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), TunisieTribune de la femme libyenne pour la paix, LibyeUnion des initiatives de développement de Bouanane, MarocUnion des Tunisiens pour l’action des citoyens (UTAC), Tn/Fr


L’URK devient AKAL

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Le mouvement politique souverainiste kabyle, né suite à la dissidence au sein du MAK vient de changer de sigle. L’URK  s’appelle décidément AKAL (Alliance pour une Kabylie Libre).
Par cet acte les militants de AKAL viennent de se démarquer définitivement de Ferhat Mehenni et de quelques individus qui lui sont restés fidèles même au sein du nouveau mouvement.
AKAL appelle à un large consensus autour de la Kabylie. Ici le communiqué dans son intégralité.
De l’URK à AKALTOUTES et TOUS Pour une KABYLIE LIBRE 
Communiqué
L’URK est né dans le souci d’amplifier la voix souverainiste kabyle avec une nouvelle approche du combat. Ses initiateurs ont conscience que l’heure est à la construction d’un consensus entre les forces kabyles sur la base d’un objectif commun et immédiat : la mise en place des institutions qui préfigureront l’État kabyle. 
Malgré les vicissitudes qui l’ont traversé depuis sa création, les campagnes de diffamation dont il a fait l’objet, le verrouillage politique et la répression, il demeure plus que déterminé à accomplir la mission qu’il s’est donnée, celle d’accompagner le peuple kabyle sur le chemin de sa libération. 
Bien évidemment, l’URK poursuit le même objectif que d’autres organisations souverainistes kabyles, il en découle, cependant, que les stratégies et les démarches que préconise chaque mouvement divergent pour ne pas dire s’opposent, fondamentalement. La nécessité d’une clarification de cette situation et le souci de donner un nouvel élan pour fixer un nouveau cap dans la lutte est devenue urgente et vitale tant la Kabylie est menacée de toutes parts et devenant la cible de nos ennemis en prenant prétexte de nos divisions. 
Réuni, en ce jour du 06 au 07/11/2020 en session extraordinaire pour une dernière fois sous le sigle de l’URK, le Conseil National de notre mouvement a adopté la résolution du changement de nomination et de choisir un nouveau sigle. En surcroît des raisons formelles évoquées, la nécessité de cette option est rendue impérative par l’état de fragmentation des rangs de la famille souverainiste et de l’ampleur des menaces qui pèsent sur la vie de nos populations et de nos militants.
Le peuple Kabyle ne cesse d’exprimer son divorce irrémédiable avec le pouvoir algérien et toute sa matrice idéologique qui repose sur l’arabo-islamisme et la dictature synonymes de notre négation en tant que peuple avec ses valeurs millénaires et multiformes. Cette réalité est plus qu’évidente aux yeux de tous les acteurs politiques de l’opinion publique, kabyle, algérienne et internationale. Le 0 vote enregistré en Kabylie et en deux fois consécutives sur une période d’un an (le 12/12/19 et 01/11/20) sont encore les faits les plus parlants.
Il est devenu coutumier que notre peuple ne rate aucune occasion pour rappeler cet état de fait au pouvoir algérien à travers son rejet de toutes les offres politiques que ce dernier s’évertue à lui présenter. La tragédie sanglante des événement du printemps noir de 2001, sans oublier d’autres, est un fleuve de sang qui fixe une ligne de démarcation. Aucun citoyen kabyle ne peut enjamber ce fleuve sans s’exclure de notre communauté nationale. 
Aujourd’hui, il est venu le moment d’adapter l’organisation politique  à un contexte de rupture, sans cesse exprimée, et en faire un instrument de combat factuel que nous menons sur le terrain afin d’aboutir au recouvrement de notre souveraineté. Autrement dit donner une lecture et une traduction sur le terrain à cette volonté populaire qui ne se dément plus; l’enjeu est bien une aspiration manifeste à libérer de toute tutelle étrangère notre peuple, sa personnalité et tous ses fondements sociétaux.
L’impératif de rompre avec des pratiques éculées et de fait-accompli nous commande d’impulser un nouvel élan et fixer un nouveau cap à notre mouvement qui soit en parfaite symbiose avec notre société dans ce qu’elle recèle et porte comme valeurs ancestrales, valeurs de dialogue (awal) et de fraternité (tagmats) et de respect (leqdar). Ces valeurs sont le lien indissoluble de ce qui constitue notre Être collectif, celui d’un peuple libre aspirant à vivre pour lui-même et avec les autres sans se départir de ses caractéristiques propres.
Désormais, notre mouvement est doté d’un nom qui traduit toutes ces valeurs de notre peuple, à commencer par celle de son attachement viscéral à sa terre dans laquelle il plonge ses racines pour mieux consolider solidement les bases de la construction de son avenir. 
AKAL est le nom que nous avons choisi !
C’est plus qu’un marqueur de notre essence. Il est l’ADN constitutif de notre identité millénaire qui nous distingue des autres peuples sans que cela ne signifie leur rejet dès lors qu’ils nous reconnaissent dans ce que nous incarnons comme valeurs de paix, de liberté et de justice.
AKAL, c’est la terre sur laquelle nos ancêtres ont vécu et nous ont léguée pour que nous y vivions à notre tour et nous en ferons autant pour nos enfants et ainsi de suite jusqu’à la fin des temps. Tout peuple qui en est dépourvu se trouve réduit à n’avoir pour unique statut celui d’apatride ballotté d’un pays à un autre à travers le monde, c’est à dire sans patrie. Cela nous ne pouvons l’accepter pour notre peuple.
La siglaison AKAL: Alliance pour une Kabylie Libre, en français. En kabyle cela signifie : Tadukli i Tilleli n Teqvaylit.
La signification de AKAL
Alliance : AKAL aspire à un large consensus populaire pour concrétiser l’Etat kabyle. AKAL est ouvert à tous les citoyens kabyles désirant l’émancipation du peuple kabyle sur son territoire la Kabylie. 
Kabylie : notre terre, notre patrie sans elle aucun kabyle n’existe. Notre histoire tourmentée a poussé notre peuple à se battre pour préserver sa terre et s’y attacher malgré les émigrations forcées et les exils.
Libre : essence de l’humanité et objectif de chaque individu. Nous aspirons à être libres chez nous sans pour autant détester ou exclure. Nous sommes les descendants des premiers habitants de l’Afrique du Nord, les Amazighs. N’est-ce pas Liberté qui est le sens de Amazigh ?
AKAL (terre), c’est le facteur intégrateur et fédérateur de notre peuple sans exclusive. Il est l’espace sur lequel se construit la citoyenneté kabyle nécessaire à la formation d’un peuple conscient de ses droits et ses devoirs; conscient du rôle qui doit être le sien parmi les nations de la planète terre en contribuant avec ses valeurs et moyens à la construction de la société humaine dans la paix, le progrès et le bonheur de tous les peuples.
AKAL au sens kabyle recouvre un ensemble de valeurs et de concepts rappelés et résumés succinctement à travers les termes que voici : 
– Tamurt Taqbaylit.- La délimitation physique sur lequel se trouve le pays Kabyle.- Nos origines en tant que peuple et nation Kabyles.- L’histoire de nos luttes et notre résistance pour la défense de notre territoire.- La présence, la permanence et l’existence d’une terre immuable, non substituable et qui ne peut être transplantée en dehors de là où elle est. – C’est l’ADN de l’essence du peuple kabyle qui ne cède à aucun travestissement de sa personnalité et de ses valeurs fondatrices.- C’est notre présence sur un territoire, le nôtre, signifiant notre affranchissement de toutes tutelles étrangères quelle qu’en soit la nature.- C’est, enfin, le soubassement pour la construction de notre édifice qui s’érige de la base vers le sommet dont la composante à tous les niveaux est bien le peuple kabyle sans se soumettre à une quelconque autorité si ce n’est celle qu’il se donnera lui même par son choix souverain et de laquelle il se défaira, le cas échéant, pacifiquement et démocratiquement s’il le juge nécessaire par le recours aux lois qui régenteront sa vie sur sa terre et territoire AKAL.
C’est parce qu’il est tout cela à la fois que le concept AKAL est l’élément centralisateur de notre unité et de sa consolidation autour de lui. C’est à travers lui que se réalisera l’affirmation de notre peuple dans toutes ses spécificités sans en exclure personne pour peu que nous partagions le même rêve et la même aspiration à un destin commun et un avenir ensemble.
AKAL sera notre maison commune qui rassemblera tous ses enfants où chacun trouvera la place qui sera la sienne à l’intérieure des institutions que notre peuple se donnera à présent et à travers des génération entières. 

Union pour une République

KabyleLe Conseil National

Sortir de nos échecs face au pouvoir, est-ce possible?

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Depuis six décennies, les démocrates algériens subissent revers sur revers face au pouvoir militaro-policier. Ils ont payé cher, très cher leur détermination à vouloir renverser la vapeur, à changer le cours de l’Histoire. De petits acquis sans changement de système ont, certes, été parfois gagnés mais ils ne doivent pas faire illusion. Nous avons collectivement perdu les combats engagés pour l’instauration de la démocratie. 
Le pire est de nous enliser dans l’automystification
Aujourd’hui, Abdelmadjid Tebboune se meurt dans un hôpital étranger sans grand espoir qu’il revienne avec les capacités cognitives nécessaires pour continuer à servir de façade civile au pouvoir militaire. À l’évidence, nous sommes dans le scénario de fin de règne de Bouteflika. C’est pourquoi, nous apprenons par petites fuites, organisées ou pas, que les généraux se réunissent, cogitent et anticipent sur les événements. Ils cherchent une solution qui garantisse la reproduction de leur système comme le chante si bien le grand artiste Lounis Aït Menguellet, féru de philosophie politique : « nnejmɛan kfan, ɣef iqerra nneɣ i tt fran, nutni ẓran nukni ur neẓri (les voilà réunis, sur notre destin ils tranchent, eux savent mais nous, nous n’en savons rien) ».
Le contexte pandémique qui neutralise le Hirak/Amussu ouvre, malheureusement, les portes de la continuité, le changement ne pouvant venir des états-majors. Les réseaux sociaux, les sorties sporadiques de bandes de jeunes déterminés et courageux dans quelques quartiers, les déclarations de quelques leaders de la Révolution de février 2019, la mobilisation intense de la Kabylie et de la diaspora algérienne, sont bien sûr utiles mais ne changeront pas la donne. Avec leurs lots d’arrestations, d’emprisonnements, de répression multiforme, ces luttes s’apparentent, à la longue, à des actes sacrificiels si l’on tient compte du rapport acquis/coûts. Ce constat est amer mais il a, me semble-t-il, le mérite d’être factuel. Rien n’est pire que de nous satisfaire d’une situation sans issue, rien n’est plus mauvais que de nous enliser dans l’automystification.
Alors que faire ?
L’heure est venue, et c’est la dernière chance, de nous interroger sur nos stratégies de lutte, sur nos modes de penser, sur les conditions efficientes pour stopper nos échecs. Continuer à nous adonner aux seuls modes de contestation utilisés jusque-là, c’est-à-dire les marches, les pétitions, le boycott des scrutins, sans les accompagner d’autres initiatives, conduirait immanquablement à déboucher sur la même issue : l’impuissance politique. Désormais, nous ne devons plus agir qu’en simples militants, agissons aussi en stratèges. Nous devons profiter de la formidable mobilisation populaire du Hirak / Amussu pour investir le terrain autrement, proposer des objectifs audacieux en mesure de déstabiliser le régime. Combattre celui-ci avec les armes qui ont montré leur inefficacité, c’est prendre le risque de faire de la scène politique une scène de répétition. Albert Einstein aurait dit « la folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ». 
Le Hirak / Amussu a cassé beaucoup de tabous
Pour faire bref, ce que nous demandons au pouvoir, nous devrions être capables de le réaliser d’abord entre nous : dialoguer, négocier et trancher avec audace pour arracher des espaces de liberté concrète. Le Hirak/Amussu, a rapproché beaucoup de courants politiques organisés ou non, a ouvert les portes du rêve collectif, a cassé beaucoup de tabous. La place de la religion, celle de l’armée, l’égalité hommes-femmes, la place des langues, les appartenances géopolitiques, la régionalisation, etc.
Limiter le périmètre des prérogatives de l’État 
Malgré l’irruption de la covid-19, les Algériens continuent d’être actifs et déterminés y compris dans les contrées traditionnellement coupées de l’effervescence politique du nord ou de la diaspora. Tous ont compris que c’est aux institutions de s’adapter aux besoins du peuple et non à celui-ci de se plier aux rets institutionnels hérités du passé.
Le statut de la Kabylie et son corollaire l’organisation du territoire, le plus vaste d’Afrique, ont été débattus parfois avec véhémence et incompréhension, souvent avec intelligence et esprit d’ouverture. Beaucoup d’Algériens non Kabyles ont enfin compris qu’une Kabylie libérée du joug institutionnel « ɛiṣabiste » servirait forcément toute l’Algérie. Il faut élargir cette voie, l’expliciter. En effet, un tel sujet décisif pour l’avenir de la région et du pays tout entier voire au-delà, ne doit pas être confié aux corrompus du pouvoir, il doit d’abord être examiné et résolu entre nous. L’issue de ces résolutions doit et peut être imposée au pouvoir actuel qui navigue à vue. Un rapport de force favorable aux courants allant dans ce sens est désormais possible. À l’évidence, aucune rupture sérieuse réclamée par la rue révolutionnaire algérienne ne sera possible sans revoir radicalement le rôle de l’État et sans limiter le périmètre de ses prérogatives. Nous savons tous aujourd’hui qu’un État efficace est un État qui délègue, qu’un un État moderne est un État modeste. Or jusque-là, l’État algérien est resté paranoïaque, monobloc, omnipotent, manœuvrier comme s’il était l’héritier du Royaume de France.
Sortir du statu quo
Depuis longtemps, les élites kabyles sans étiquettes ou partisanes ont imaginé de nombreux scénarios pour organiser le champ des décisions collectives de façon à permettre à la Kabylie de préserver sa personnalité, à répondre à ses demandes spécifiques : régionalisme positif pour le FFS ; régionalisme modulable pour le RCD ; autonomie pour le RPK ; Indépendance pour le MAK et l’URK. À cela s’ajoutent de nombreuses voix qui réclament un modèle fédéral pour tout e pays. Exceptées les élites organiques, clientèles du pouvoir, personne ne veut maintenir le statu quo. Jusque-là, les partis politiques de la région et les nombreux acteurs universitaires, syndicalistes, associatifs, ne parlent pas d’une même voix. On assiste à des positions de principe qui s’apparentent trop souvent à des postures. Chaque groupe estime pouvoir parler seul au nom de la Kabylie, s’acharne à disqualifier la parole de l’autre, à minimiser l’importance de l’autre. Au bout du compte, nous nous exprimons politiquement mais nous n’agissons pas politiquement. Cette cacophonie ne génère rien d’autre que notre impuissance à changer le système.
De la politique politicienne à la stratégie politique
Allons-nous continuer à assister passivement à ce scénario suicidaire qui a prévalu jusque-là ? Allons-nous encore perdre du temps à espérer un sursaut des gens du pouvoir dont la pensée moyenâgeuse est totalement fossilisée ? Allons-nous retisser la trame de notre impuissance politique parce que nous n’arrivons pas à nous parler, à remettre la décision entre nos mains, à ramollir nos égos surdimensionnés, à passer de l’expectative à l’audace ? FFS, RCD, UDS, RPK, URK, MAK, Riposte Internationale, militants sans étiquette, artistes, syndicalistes, universitaires, ordre des avocats, des médecins, diaspora, etc. sommes condamnés à mettre sous terre nos certitudes. Fonctionner encore sur le mode de « je sais tout », « s’auto-applaudir indéfiniment », « se persuader qu’on est le meilleur », « prétendre que notre opinion est vérité », tous ces comportements sont la traduction de nos carences, de nos faiblesses et non de nos capacités. Ces comportements aboutissent peut-être à des victoires narcissiques mais ils débouchent assurément sur des défaites concrètes. Ils sont générateurs d’échecs et non de succès. Devenons enfin des militants adultes, armés de nos expériences, arrêtons avec la politique politicienne, actionnons la stratégie politique, adoptons la méthode des petits pas, soyons pédagogues dans notre démarche. 
Une conférence des Kabyles sur la Kabylie est légitime, elle est une exigence historique. Elle ne trahit pas l’Algérie, elle lui crée une première porte de sortie. Une sortie de l’enfer. Informons nos amis arabophones démocrates sur le bien-fondé de notre démarche. Faisons-en des alliés, surtout pas des adversaires. Le projet leur sera utile autant qu’à nous, il s’agit d’arracher un espace de liberté au plus vite. Ça serait un excellent levier pour d’autres conquêtes. Un ou des partis cités plus haut pourront prendre l’initiative de la rencontre, l’ordre des avocats peut le faire aussi, comme peut le réaliser un collectif de militants associatifs (1). (« Yes we can », ih nezmer !)

Note: (1) Entretemps, j’apprends qu’un groupe est passé à l’acte puisque cette idée de conférence régionale circule depuis un bon moment déjà. Il a pris l’initiative d’appeler à cette rencontre. Si c’est le cas, j’y souscris totalement.

Auteur: Hacène hireche

Al’attention de monsieur, Jean-Yves LEDRIAN, Ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères de la République française . – Objet : Comment la France et l’Europe pourraient-elles lutter efficacement contre l’islamisme radical? – Monsieur Le Ministre,

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Tout d’abord, je vous informe que nous avons suivi avec indignation les horreurs des attentats perpétrées récemment par des terroristes en France, et tout récemment à Vienne en Autiche. En mon nom personnel et au nom de l’ensemble des membres de notre ONG internationale, l’Assemblée Mondiale Amazighe, et du peuple Amazigh, nous adressons nos condoléances les plus sincères aux familles et proches des victimes de ces odieux attentats. Et nous exprimons notre entière solidarité avec le peuple français, autrichien et tous les peuples d’Europe.Monsieur Le Ministre,                   Nous avons eu le plaisir de vous adresser à travers votre ambassadrice au royaume du Maroc, un courrier signé par plus d’une cinquantaine d’ONG amazighs, dans le but de vous interpeller sur les droits des Amazighs et sur le manque du respect de la ligne éditoriale de votre chaîne France24 de l’identité historique de toute l’Afrique du Nord et nous avons reçu aucune réponse jusqu’à maintenant? Monsieur Le Ministre, Permettez-moi de vous demander de nous écouter et de vous exposer notre point de vue sur le pourquoi de cette obsession de ces dernières attaques terroristes visant essentiellement vos citoyen-ne-s français et votre pays France et l’Europe, et sur le comment combattre cet « islamisme radical ».Premièrement, le fait de continuer à ignorer nos légitimes requêtes et que vos chaînes d’informations s’obstinent à utiliser la dénomination du « Maghreb arabe », – et plus particulièrement France24 qui est sous la responsabilité directe de votre département ministériel-, vous continuez à déformer « la vérité historique» et par conséquent vous continuez à  alimenter le déracinement identitaire et le radicalisme islamiste. Pourquoi ?Pour vous avancer une certaine explication à ce bizarre constat comme quoi 70% des 231 estrangers radicalisés, fichés S, que la France voudrait expulser ces jours-ci sont des ressortissants des pays du Maghreb, et qui figure parmi les principaux motifs de votre actuel visite au Maroc et celle de votre ministre de l’Intérieur en Tunisie,  je n’ai qu’a insisté à vous exposer ce que j’avais déjà signalé à la directrice générale de l’UNESCO, Mme. Audrey Azoulay, en novembre 2017 (1): 
« Dernièrement, à la suite des attentats de Barcelone du 17et 18 août 2017, la presse espagnole n’a pas arrêté  d’attaquer ouvertement  le royaume du Maroc comme étant la principale source de djihadisme international, à tel point que l’une des unes de l’hebdomadaire « Jeune Afrique » l’a intitulé ‘‘Terrorisme. Born in Morocco’’ (2). Le journal « La Razon » est allé encore plus loin en affirmant que : ‘‘70% des terroristes djihadistes qui ont attaqué en Europe au cours des quinze dernières années sont de nationalité marocaine. Le royaume alaouite est devenu le berceau de la radicalisation pour les jeunes engagés dans le djihad’’ (3). De ce fait, c’est exagérément anormal que le Maroc qui compte sur une population de 35 millions de personnes, sur une population mondiale de musulmans de plus de 1,6 milliard de personnes, s’accapare 70% des djihadistes islamistes qui ont commis des attentats atroces en Europe ! Personne n’arrive à donner des explications convaincantes à ce phénomène bizarre, mais qui revient en dernière instance au rôle néfaste de l’école marocaine (et par extension des écoles nord-africaines). Personnellement, j’ai essayé d’en offrir une certaine explication à travers ma lettre ouverte envoyée à Mme. la Chancelière allemande Angela Merkel à propos du sujet de « L’avenir de l’Europe, l’émigration nord-africaine et l’international islamiste », au mois d’avril 2017. Je lui avais souligné que : « … Les gouvernements européens ne savent quoi faire ni comment apporter des solutions adéquates à la crise économique ni au chômage des jeunes, ni aux flux ininterrompus de réfugiés et des émigrés, ni encore moins au problème épineux du terrorisme rampant. Les terroristes n’ont pas hésité de frapper en plein cœur de l’Europe, comme les attentats meurtriers de Paris du 13 novembre 2015 et de Bruxelles du 22 mars 2016 et la ville de Berlin du 19 décembre 2016. Après Londres, personne ne sait quelle est la prochaine cible…L’opinion publique européenne a la sensation que l’UE, soixante ans après le traité de Rome, est devenue impuissante à stopper le recrutement de certains jeunes citoyens européens qui font allégeance à Daech, qui intègrent ses cellules ou en agissent comme des loups solitaires, provoquant de plus en plus d’attentats barbares et choquants non seulement en Syrie, en Iraq, en Libye… Pourquoi des jeunes d’origine nord-africaine tombent dans les réseaux terroristes islamistes et commettent ces attentats portant atteinte et préjudice à leurs familles, à l’image de leur religion et à la stabilité de leurs communautés dans les différents pays nord-méditerranéens, qui les ont bien accueillis, qui leur ont octroyé la nationalité et qui leur ont permis de jouir des mêmes droits individuels et d’un certain bien-être social ?Comment remédier à cette situation ? Il faut comprendre pourquoi des jeunes, dont les valeurs ancestrales condamnent toute type de violence, arrivent à tomber dans les filets des réseaux terroristes, et commettent des actes sanglants, sachant bien qu’ils portent de graves préjudices à leurs familles, au message de paix de leur religion musulmane et à la stabilité et convivialité de leurs communautés dans vos différents pays.L’extrême droite ne ménage aucune opportunité pour attribuer directement ces maux à la religion islamique, alors qu’en réalité, cette problématique revient en grande partie à un autre phénomène. L’historien français, Pierre Vermeren ne cesse de nous rappeler que la majorité des auteurs des attentats de Madrid de 11 mars 2004, ceux de Paris et de Bruxelles sont d’origine marocaine, et plus précisément sont originaires de la région du Rif (4). Mais ce qui est encore plus dangereux, c’est le fait qu’au cas où certains jeunes rifains, déjà à la tête du trafic du cannabis du Maroc vers l’Europe, tombent en masse aux mains de l’Etat islamique ou d’Al Qaida, ils arriveront, sans aucun doute, à déstabiliser tout le Maroc et toute l’Europe (5). Effectivement, si vos services de sécurité essayent de procéder à enquêter en profondeur sur l’origine de ces plus de 800 jeunes allemands que Daech a réussi à recruter, ils réaliseront qu’il s’agissait plutôt de jeunes d’origine marocaine, alors qu’ils devraient normalement être d’origine turc, du fait que la communauté musulmane la plus importante en Allemagne est évidemment turc. Plus nombreuse que celle d’origine marocaine. Disons-le clairement : les raisons de ce recrutement ne sont pas vraiment liées à la religion, mais plutôt et prioritairement à la question de « la crise d’identité » (6). Si le fait religieux y contribue dans une certaine mesure, c’est parce qu’on a permis aux imams wahhabites du Proche Orient de gérer des mosquées fréquentées majoritairement par des musulmans malékites d’Afrique du Nord, comme c’est le cas de la grande mosquée de Bruxelles, sachant que la grande majorité des musulmans européens d’origine nord-africaine sont de doctrine malékite, une doctrine qui respecte la vie humaine, et qui a été diffusée par la dynastie amazighe des almoravides.Si la majorité des jeunes issus de l’émigration tombe dans la délinquance, – dont une infime partie a été séduite par ces thèses du djihadisme-, c’est que «l’école allemande » du pays d’accueil n’a pas réussi leur intégration scolaire. C’est qu’ont observé vos responsables éducatifs dans les années soixante et soixante-dix, et qui ont eu le mérite de développer et d’appliquer le programme éducatif basé sur l’ELCO, à savoir « l’enseignement des langues et cultures d’origines ». Ce qui a poussé votre ministère de l’éducation nationale à l’époque de passer des accords avec les pays émetteurs de l’émigration, pour dispenser de manière complémentaire des cours de langues espagnole, portugaise, italienne, polonaise, turque et arabe… Les résultats étaient spectaculaires : les écoliers d’origine espagnole, portugaise, italienne, … y inclus ceux qui sont musulmans et d’origine turc, ont tous amélioré leur rendement, l’échec scolaire s’est réduit notablement, et par conséquent, ils ont bien réussis leur intégration sociale et socioprofessionnelle; cela n’a pas été le cas des élèves d’origine marocaine, dont les résultats sont devenus pire qu’avant. La réponse se trouvait dans le simple fait que ces enfants d’origine marocaine n’étaient pas des « Arabes », ils n’étaient pas de culture arabe ni connaissaient la langue arabe. Ils ne comprenaient rien aux enseignants marocains parce que ces enfants étaient (et le sont toujours) presque tous des Amazighs, des berbères originaires des montagnes du Rif. Si les élèves turcs comprenaient parfaitement les enseignants envoyés par le gouvernement d’Ankara, les élèves d’origine marocains ne comprenaient pas du tout les enseignants arabophones. Ces derniers ont permis d’accentuer leur « crise d’identité », de les sous-valoriser et de les condamner aux marges de la société, à élargir les poches de la délinquance, à multiplier les réseaux du trafic de drogue et dont certains terminent fatalement à se convertir en ‘bombes humaines’ (7).Ainsi, et dans l’intérêt général, pour mieux intégrer les enfants égarés et déracinés, il fallait (et il faut toujours) des enseignants en langue amazighe. …Par contre l’idée de la ministre française Najat Vallaud-Belkacem, elle-même amazighe d’origine rifaine, qui voudrait enseigner l’arabe dans les écoles françaises, est une idée parfaitement contreproductive. Au lieu d’intégrer prioritairement sa langue maternelle, qu’est la langue amazighe, au lieu d’aider les enfants d’origine nord-africaine à récupérer les valeurs originelles de leur millénaire identité amazighe, basée sur la tolérance, la liberté, et l’égalité, comme le préconisent les valeurs de la République Française, elle veut leur imposer l’enseignement de l’arabe classique, en aliénant les citoyens Amazighs d’Europe d’origine des montagnes de la Kabylie, de la vallée du Souss, des montagne du Rif et des cordillères de l’Atlas. Ainsi, elle essaie de leur imposer «une politique d’arabisation idéologique», qui a déjà ruinée le système éducatif du Maroc et de tous nos malheureux pays de Tamazgha d’une façon impitoyable et irréversible. On dirait que la ministre française (à l’époque) ignore que le déracinement et l’acculturation, commencés dans le pays d’origine et qui continuent dans le pays d’accueil, poussent inéluctablement les jeunes musulmans, selon la pertinente étude de Manuel Llamas réalisée à la ville de Melilla, à la radicalisation en faveur des mouvances islamistes (7). » 
Monsieur Le Ministre,Votre premier ministre M. Jean Castex vient de déclarer avant-hier que « Le terrorisme s’en prend à ce que nous sommes, à ce qui fait notre identité, à notre liberté, à notre culture et enfin à nos vies. L’ennemi, nous le connaissons, non seulement il est identifié, mais il a un nom, c’est l’islamisme radical, une idéologie politique qui défigure la religion musulmane en détournant ses textes, ses dogmes et ses commandements pour imposer sa domination par l’obscurantisme et la haine ». Si votre gouvernement, ainsi que les autres gouvernements européens, sont vraiment déterminés à combattre l’islamisme radical, il faudrait alors attaquer, une fois pour toute, aux sources de son financement.  Comme je l’avais exprimé auparavant aux eurodéputés du précédent mandat (et que j’enverrai une copie de cette correspondance aux actuels eurodéputé-e-s de parlement européen), les pays européens, dont la France, devraient être plus fermes et couper toutes relations commerciales et diplomatiques avec les pays qui financent le terrorisme, et plus particulièrement avec le petit émirat de Qatar. Tant que vous continuez à dérouler le tapis rouge dans vos capitales aux dirigeants et aux princes de Qatar, les attentats islamistes ne connaîtront jamais de trêve! Ce que manifestement tout le monde ignore de Qatar c’est que ses principaux objectifs de soutenir les « frères musulmans », à travers sa chaîne d’Al Jazeera (qui fait l’apologie de la violence) et le salafisme djihadiste violent, ne sont pas seulement d’ordre idéologiques, sinon elles sont aussi d’ordre économiques et financiers.
Son but idéologique est la diffusion du «wahhabisme»:   appliquer la loi islamique de la « Chari 3a » à l’Afrique, à sa région septentrionale et au sein des communautés européennes d’origine nord-africaine, comme l’ont déjà réalisé à un certain moment les talibans afghans et tout récemment le sanguinaire « Etat islamique » de sinistre Al-Zarqaoui. Le Qatar voudrait imposer la même politique hégémonique et totalitaire que celle des baathistes, comme faisait le défunt dictateur libyen Mouammar Qadafi avec « l’arabisation idéologique ». Si ce dernier, par exemple, aspirait à «arabiser» tout le continent africain,  le Qatar, souhaite le « wahhabiser », en utilisant les mouvements salafistes djihadistes, qui ont fait l’allégeance à Al Qaeda, et surtout à Daech. Comme il l’a déjà fait en finançant, au Nord du Mali, le mouvement d’Ansar Eddine d’Iyad Ag Ghalli, spécialisé dans le kidnappage des otages français (8).
Et quant à son objectif économique, c’est d’utiliser le radicalisme islamiste pour s’accaparer des économies et des richesses des états. Comment?
C’est ce que j’ai essayé d’expliquer aux dirigeants tunisiens lorsque l’état frère de Tunisie, qui après réussi son extraordinaire « révolution de jasmin », leur pays devenait curieusement la cible privilégiée d’attentats répétitifs de la part des groupes terroristes, qui ont réussi dans une certaine mesure à provoquer la ruine de son économie nationale, basée principalement sur le tourisme internationale, qui vient précisément de France (9).
Et là, j’espère que vous allez comprendre parfaitement le pourquoi de cette vaste campagne de boycott des produits français, fomenté par le Qatar et que la Turquie a joué le principal rôle théâtral  sur le terrain, en appelant les musulmans du monde entier à boycotter vos produits, à ruiner votre économie, justement au moment où l’économie française est déjà profondément affaibli par la pandémie de coronavirus Covid19. Une campagne largement amplifiée à travers sa chaîne d’(dés)information d’ALJAZEERA, mais aussi à travers ses chaînes sportives de BEIN. C’est quoi leur stratégie?
Les qataris, avec leurs pétrodollars, ont goutés, dans le passé, au jeu financier de viser des entreprises en difficulté de liquidités et en faillite, qu’ils achetaient à bas prix. Ensuite, ils arrivaient à les redresser, comme le faisait, de manière exemplaire, le milliardaire saoudien Al-Walid ben Talal. Et après, une fois redressées, ils les cotisent et les introduisent dans les marchés boursiers, en réalisant d’énormes profits! Maintenant, ce qu’ils faisaient avec ces grandes entreprises, ils le font de manière similaire avec des petits états entiers, en jouant sur le destin de leurs peuples, juste après la ruine de leurs économies nationales. Des ruines qui sont parfois minutieusement provoqués à la suite d’être ciblés par des attaques terroristes ! Ainsi par exemple, avec la Turquie qui a sombré dans une crise financière sans précédent, avec l’avènement au pouvoir de leur marionnette Rajap Tayyeb Erdogan, et qui s’est aggravé par la vertigineuse déviation de sa monnaie, l’émir de Qatar n’a pas hésité à soutenir la Turquie en lui accordant des prêts et crédits faramineux que le pauvre état ottoman ne pourrait y rembourser. Comme conséquence, le petit émirat dicte toute sa politique de prosélytisme religieux, et se cache derrière ce géant ottoman, en voulant « wahhabiser » et ruiner les économies nationales de l’Irak, de la Syrie et de la Libye, à travers le soutien notoire de Daech! 
Ce qu’il faut retenir de ces durs moments que traversent votre pays, c’est que le jeu de monopoly de Qatar ne se contente plus de s’accaparer de quelques hôtels en plein centre de Paris, ni de la participation dans le capital de quelques sociétés françaises, ni des clubs sportifs comme le PSG, sinon il ambitionne de s’offrir, comme plat fort, la France elle-même, comme point de mire, bien sûr,  ses sociétés du CAC 40 qui souffrent tous des graves conséquences de la pandémie de Covid19? Tel est le secret de ses cartes, celui de transformer la France en une cible privilégiée, à travers ces répétitifs attentats terroristes, accompagnés par cette vaste et néfaste campagne de boycott, en utilisant à merveille le prétexte des caricatures… Mais ce qui est le plus surprenant dans tout cela, c’est que les dirigeants de Qatar ne sont pas conseillés dans ce financier « monopoly game of thrones » seulement par ses jeunes mercenaires traders anglais, logés gracieusement dans les tours des gratte-ciels de Doha, sinon ils sont conseillés aussi par un ancien président français, qui leurs avait déjà faciliter d’investir vos banlieues et de « wahhabiser » sa jeunesse musulmane! 
En espérant avoir réussi à attirer votre attention sur ces questions cruciales et vous inviter à vous pencher consciencieusement sur nos légitimes requêtes (que nous vous envoyons de nouveau ci-dessous), nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre considération fort distinguée.
                                   Signé : Rachid RAHA,                                     Président de l’Assemblée Mondiale Amazighe.
Références :(1a). https://amamazigh.org/2017/11/lama-interpelle-lunesco-sur-limportance-de-la-langue-maternelle-dans-la-resolution-de-la-problematique-de-leducation-au-maroc-et-dans-les-pays-de-tamazgha/(1b).Jeune Afrique n° 2955 du 27 août au 2 septembre, Paris 2017.(2). http://www.larazon.es/espana/el-70-de-los-autores-de-los-grandes-ataques-en-europa-procede-de-marruecos-LI15844807 ). (3). http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/attentats-terroristes-bruxelles/20160331.OBS7463/attentats-daech-s-appuie-sur-les-reseaux-criminels-du-rif-marocain.html .(4). Rachid Raha, la revendication identitaire au Rif, Paris, 14 décembre 2014 in https://www.youtube.com/watch?v=GHx7Ron3_IA.(5). Dr. Mimoun Charqi, L’identité entre revendications légitimes et dérives terroristes, in www.amadalpresse.com/fr/?p=526        (6). Rachid Raha: Le Maroc produit-il des terroristes ? in  http://amadalpresse.com/RAHA/Terroristes.html .(7). Manuel Llamas, Melilla y el islamismo, Instituto de las Culturas, Melilla, 2011.(8). http://amadalamazigh.press.ma/fr/la-verite-sur-la-guerre-du-qatar-contre-les-amazighes-a-travers-sa-relation-avec-les-freres-musulmans-et-le-terrorisme-2/(9). https://amamazigh.org/2019/07/ama-lettre-de-solidarite-avec-le-peuple-tunisien-et-condamnation-du-terrorisme-fomente-par-les-pays-du-golfe/
Correspondance des ONGs Amazighs :
A l’attention de Monsieur Jean-Yves LEDRIANMinistre de l’Europe et  des Affaires Etrangères de la République française.
Objet : droits des Amazighs, libération des prisonniers politiques des Hiraks du Rif et d’Algérie et discrimination raciale de France24.
Monsieur Le Ministre,                       Eu égard aux constats alarmants de violation des droits des Amazighs, nous venons attirer votre attention sur trois questions essentielles, à savoir :1.  les nouveaux droits des Amazighs ; 2. la libération des prisonniers politiques du Hirak du Rif et du Hirak d’Algérie ; 3. la persistance de la discrimination raciale de France24 à l’encontre de tous les Amazighs.
1. Les nouveaux droits des Amazighs Les Constitutions du Royaume du Maroc et de la République d’Algérie ont reconnu l’officialité de la langue amazighe, respectivement en 2011 et 2016. Ainsi, au Maroc  la loi organique N° 26.16, votée à l’unanimité par les deux chambres du parlement, concernant la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe, est entrée officiellement en vigueur, après sa publication au Bulletin Officiel, le 26 septembre dernier. De ce fait, nous vous prions de bien vouloir, primo, de faire traduire en amazighe et écrire en graphie tifinagh  tous vos écriteaux et vos plaques de signalisation de vos institutions diplomatiques se trouvant sur le sol nord-africain (ambassade, départements consulaires et centres culturels) et, secundo, d’inclure la langue amazighe dans tous les programmes de conventions bilatérales que vos différents gouvernements ont signé avec les pays d’Afrique du Nord, notamment les accords bilatéraux concernant les « Enseignements de Langue et de Culture d’Origine (ELCO) », mis en œuvre sur la base d’une directive européenne du 25 juillet 1977 visant à la scolarisation des enfants des travailleurs migrants.Un programme éducatif, qui a été intentionnellement mal interprété et substitué par le programme Enseignement International des Langues Etrangères (EILE), et que le président M. Emmanuel MACRON viens d’afficher sa volonté de supprimer lors de ses annonces à Mulhouse le 18 février dernier, où il renonce également à l’enseignement de la langue arabe dans les écoles publiques, à l’exception de celui signé avec la Tunisie. Ces programmes n’ont en effet, jamais donné les résultats escomptés parce qu’ils ne prennent pas en compte des langues maternelles des pays d’origine d’Afrique du Nord, faisant fi des recommandations de l’UNESCO. M. Jack LANG, président de l’Institut du Monde Arabe (IMA) légitime ses aberrations idéologiques visant à affirmer que la « langue arabe est une langue et un trésor de France », ce qui est inadmissible d’autant plus qu’il cherche à répandre sa propre vision falsifiée de l’Histoire.
Ce qui est plutôt un trésor de France, historiquement parlant, c’est plutôt la langue amazighe que parle la grande majorité de citoyennes et citoyens français issus de l’Afrique du Nord. Ces derniers ne parlent pas la langue arabe classique, mais plutôt les différentes variantes de la langue amazighe, la deuxième langue avec ses variantes, la plus parlée dans les territoires français : kabyle, tachelhit, tamazight, tarifit, tamzabit, tamacheqt, darija… Néanmoins cette langue amazighe millénaire, aujourd’hui exclue des programmes ELCO et/ou EILE, véhicule sans équivoque, les mêmes valeurs sociétales de liberté, d’égalité et de démocratie que celles de la République française. 
2. La libération des détenus des Hiraks du Rif et d’Algérie  En ce qui concerne les graves événements du Mouvement populaire du Rif, au nord du Maroc, connu sous le nom de « Hirak du Rif », qui ont eu lieu en 2017/2967 lesquels évènements était suivis de près par Le président  Emmanuel MACRON, qui en avait manifestement exprimé ses préoccupations, nous tenons à vous rappeler que les autorités marocaines ont malheureusement privilégié une attitude sécuritaire et répressive excessive, condamnant des jeunes à des peines de prison allant jusqu’à vingt ans pour avoir osé, pacifiquement, manifester et revendiquer des droits économiques et sociaux, tels que la construction d’un hôpital spécialisé en traitements oncologiques. De même, depuis le déclenchement de la contestation populaire et pacifique en Algérie, le 22 février 2019, les autorités algériennes n’ont pas cessé de violer les droits humains en poursuivant arbitrairement les  militants et les journalistes.En temps d’expansion de la pandémie du coronavirus, alors que les Nations Unies et la Haut-Commissaire aux droits humains demandaient la libération des prisonniers, les autorités algériennes et marocaines se sont obstinés à ignorer ces recommandations. L’Algérie a continuée à réduire au silence les militants et les journalistes, par des procès expéditifs et arbitraires. Selon Amnesty International, juste qu’entre le 7 mars et le 13 avril 2020, dans six villes en Algérie, au moins 20 militants ont été convoqués, pour être interrogés par la police, ou interpellés et placés en détention provisoire, ou condamnés pour des accusations découlant de l’exercice de leurs droits à la liberté d’expression ou de réunions pacifiques. Des procès contre des militants qui ne font que réclamer des réformes démocratiques en faveur d’un état civil de droits. Sans oublier les détenus mozabites et l’assassinat politique de Dr. Kameleddine Fekhar.Aussi, nous vous demandons de bien vouloir vous saisir d’urgence de ces affaires, au vu des injustices que vivent au quotidien les jeunes des Hirak du Rif et d’Algérie incarcérés dans les différentes prisons… Nous vous prions également de bien vouloir prendre position contre cette dérive autoritaire et répressive indigne des gouvernements marocain et algérien, en les exhortant à procéder à la libération immédiate, et sans conditions, de tous les détenus politiques, eu égard aux accords de coopération franco-marocains et franco-algériens, et plus particulièrement, l’accord d’association entre l’Union Européenne et les pays d’Afrique du Nord. Tous ces accords ont pour objectifs fondamentaux la promotion effective de la démocratie et le respect des droits de l’Homme, comme le stipule le passage ci-après: « Le respect des principes démocratiques et droits fondamentaux de l’Homme, tels qu’énoncés dans la déclaration universelle des droits de l’Homme, inspire les politiques internes et internationales de la communauté et du Maroc, et d’Algérie, et constitue un élément essentiel du présent accord». 3. Respect de la ligne éditoriale de France24 de l’identité historique de toute l’Afrique du Nord en rectifiant les appellations discriminatoires de « Maghreb Arabe » et de « printemps arabe »Vos diplomates et chaines de radios et télévisions officielles ne cessent d’utiliser la dénomination de « Maghreb arabe » et « Printemps arabe ». Ainsi, nous portons à votre connaissance que nous avons envoyé des courriers recommandés, avec accusé de réception, respectifs à Monsieur Marc SAIKALI, directeur de France 24 et à Madame Marie-Christine SARAGOSSE, PDG de Groupe France Médias Monde à la date du (5/12/2018), les sollicitant aimablement pour faire cesser la dénomination du « Maghreb arabe » utilisée fréquemment dans les JT des chaînes de France24 en arabe, en leur assurant que « Le Maghreb n’a jamais été arabe, et il ne le sera plus jamais à l’avenir ». Surtout depuis que France24 avait eu le privilège de diffuser le scoop mondial, sur l’homo sapiens le plus vieux du monde, découvert désormais, au Maroc, à 70 km de Marrakech, à « Adrar n Ighoud » (Djebel Irhoud), datant de plus ou moins de 315 mille ans, et qui est, en fin de compte, l’ancêtre des Amazighs (Africains), des Arabes (Asiatiques), des Français (Européens) et de tous les peuples du monde! (https://www.youtube.com/watch?v=yl-yo49hGqg).
Nous souhaiterions que vos diplomates et journalistes, ainsi que la ligne éditoriale des JT de vos chaines et plus particulièrement France24, étant sous la responsabilité directe de votre département ministériel, respectent de manière déontologique le principe essentiel de « vérité », en misant en faveur de la vérité historique et de la vérité scientifique. En effet, toutes les dernières découvertes archéologiques et toutes les conclusions des différentes disciplines scientifiques attestent que presque toutes les populations actuelles d’Afrique du Nord, qu’elles soient marocaines, algériennes, tunisiennes, libyennes, égyptiennes, mauritaniennes, canariennes et touarègues, sont toutes d’origine « Amazighe ». Il est incohérent de continuer à utiliser des terminologies idéologiques, qui ne fait que promouvoir le « nationalisme arabo-salafiste » politique autoritaire, violent et décadent au détriment de l’objectivité scientifique et de la vérité historique, utilisant de fausses terminologies « Maghreb arabe » ou « printemps arabe », et qui ne font que blesser profondément les sentiments, la sensibilité, l’identité et la fierté des millions de citoyennes et citoyens originaires du sud de la Méditerranée, et ceux des millions de vos propres compatriotes français d’origine nord-africaine. En effet, il est plus correct d’utiliser la terminologie en lien avec les composantes historiques de l’identité des populations de la région septentrional de l’Afrique («Afrique du Nord»,  «printemps démocratique des peuples»…). Un printemps des peuples qui a commencé avec la révolution tunisienne de jasmin en décembre 2010, suivi par celle du 17 Février 2011 en Libye, du 20  Février au Maroc, et du 25 Février en Egypte, et tout récemment celle du Hirak d’Algérie de 22 Février 2019, toutes en terre d’Afrique du Nord, qu’on dénomme « Tamazgha ». 
En espérant avoir attiré votre attention et vous conduire à vous pencher consciencieusement sur ces requêtes, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre considération fort distinguée.
Liste ONG’s et Associations signataires: 1- Agraw Amadlan Amazigh (Amazigh World Assembly), Bruxelles (Belgique)2- Association TIWIZI 59, Lille (France) 3- Espace Culturel Berbère Européen Afus Deg Wfus, Roubaix (France) 4- Agraw n RIF, Lille (France)5- RIPOSTE INTERNATIONALE, Paris (France)6- Fundación Mediterránea DAVID MONTGOMERY HART de Estudios Amazighies, Melilla (España) 7- Asociación TAMETTUT de las mujeres amazighes por la cultura y el desarrollo, Barcelona (Generalitat de Catalunya)8- Asociación Cultural IMAZIGHEN, Melilla (España) 9- Asociación AZAR, Las Palmas de Gran Canaria (Islas Canarias)10- Asociación socio-cultural TAMUSNI de Tenerife, Aguirre (Islas Canarias)11- Espacio SOLIDARIDAD, Madrid (España) 12- Asociación THWIZA por la Identidad, Cultura y Justicia Social, Madrid (España) 13- Association TIFAWIN, Bruxelles (Belgique) 14- Association EUROKASSITA de développement solidaire, Bruxelles (Belgique) 15- 4- Association TAMAZIGHT, Liège (Belgique) 16- 5- Association HIWAR, Bruxelles (Belgique) 17- Association L’ESPOIRE, Bruxelles (Belgique) 18- Association socio-culturelle ARIF (Allemagne)19- Association ADRAR, Amsterdam (Pays Bas)20- Osservatorio per gli Studi Internazionali sul Mediterraneo Livorno (Italia)21- Amazigh Cultural Network in America, Massachusetts (USA)22- Tamunt Social and Cultural Association, Washington DC (USA)23- Amazigh Community in America, New Jersey (USA)24- Assemblée Mondiale Amazighe-Maroc, Rabat (Maroc)25- Forum TOUBKAL pour la culture amazighe et les droits de l’homme, Marrakech  (Maroc)26- Observatoire Amazigh des Droits et Libertés (OADL), Rabat (Maroc)27- Fédération Nationale des Associations Amazighs (FNAA), Rabat (Maroc)28- Réseau des Associations de Développement de la province d’Al-Hoceima, Al-Hoceima (Maroc).29- Association JISR pour le développement et la migration, Nador (Maroc)30- Association ABARAZ, Agadir (Maroc)31- Association TUDRT, Mirleft, Sidi Ifni (Maroc)32- Association TANDAFT, Mirleft, Sidi Ifni (Maroc)33- Association ASNFLUL Massa Chtouka, Ait Baha (Maroc)34- Association TAYAFUT, Awrir, Agadir (Maroc)35- Association AJDIR pour l’apprentissage de la langue amazigh et la transmission de sa culture et de son patrimoine, Kénitra (Maroc)36- Association SARHAN pour la Culture et l’Environnement Ait Halli-Guigou, Boulmane, Midelt (Maroc)37- Association TAWMAT pour la culture et le développement, Azlaf, Driouch (Maroc)38- Association jeunesse de SEGANGANE pour la culture et le développement, Nador (Maroc)39- Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, Nador (Maroc)40- Association Culturelle MASSINISSA, Tanger (Maroc)41- Association AMUD pour la culture et le développement, Casablanca (Maroc)42- Association ANAMUR, Tiznit (Maroc)43- Association TWIZA, Guercif (Maroc)44- Association  TUNARUZ pour le Développement et la Communication culturelle, Tafraout (Maroc)45- Réseau Marocain pour les Droits Humains et le Contrôle de la Richesse et les Biens Publics, Khénifra (Maroc)46- Assemblée Mondiale Amazighe-Algérie, Mzab (Algérie)47- Mouvement-Parti AKAL (Tunisie)48- Organisation AMAZIGH, Nouakchott (Mauritanie)49- Organisation MAUDECH, Nouakchott (Mauritanie)50- Fondation MOHAMED ALI AG TAHER AL ANSARI (Maroc/Touaregs)51- Organisation TIN HINAN (Canada/Touaregs)52- Survie Touarègue TEMOUST, Lyon (France/Touaregs)53- Internationale TOUAREGUE, Bordeaux (France/Touaregs)54- IMOUHAGH International Organisation for the Sale of Justice & Transparency, Angers (France/Touaregs)

crédibilisation des futurs choix politiques et scrutins.

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En dépit d’un moral en berne à cause tout à la fois du rebond de la pandémie, du couvre-feu,  des attentats terroristes et du temps pluvieux, deux événements politiques successifs ayant marqué ce début du mois de novembre redonnent un peu d’espoir. D’abord la défaite de Trump à l’élection présidentielle aux États-Unis et, ensuite, le fiasco électoral du régime algérien suite au taux historique du boycott du référendum constitutionnel.

Pour neutraliser le hirak, le régime a engagé méthodiquement deux opérations politiques majeures : l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 et le référendum constitutionnel du 1er  novembre dernier. Les deux opérations, rondement menées, se sont soldées par un cuisant échec puisque les Algériens les ont massivement boycottées. Jamais des consultations électorales n’avaient connu d’aussi faibles taux de participation.

Pour des scrutins politiques de cette importance, les résultats officiels sont historiquement bas ; entre l’élection présidentielle ayant enregistré 5 millions de votants et le référendum 3 millions, le nombre de votants a chuté de 2 millions traduisant avec force le divorce consommé entre le peuple et ses dirigeants.

À s’en tenir au taux officiel de participation annoncé par le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), il est de 23,7% sur tout le territoire et de 04,4% dans l’immigration. Le rejet massif du scrutin présidentiel du 12 décembre 2019 est confirmé de façon remarquable par le boycott historique de ce référendum, pourtant voulu et pensé  comme le coup de grâce qui devait achever le hirak, affaibli, il est vrai, par sa décision sage de suspendre les marches hebdomadaires à cause de la pandémie de la convid et la répression sans relâche dont il est l’objet. Bien que l’espace médiatique et politique soit fermé aux animateurs du hirak, aux partis, associations et syndicats opposés au projet de révision de la constitution, l’esprit du hirak a plané sur cette consultation. Ce boycott massif est un acte de défiance aussi bien envers le chef de l’État qui a initié ce référendum qu’à l’égard de ceux qui ont voté pour ou contre cette constitution révisée.

Dès lors que le chef de l’État est souffrant se trouvant de surcroît à l’étranger, la question de la promulgation de la loi portant révision de la constitution se pose avec une acuité toute particulière, car lui seul dispose du droit de promulgation des lois qu’il exerce dans un délai d’un mois. La promulgation est l’acte juridique qui permet à une loi d’entrer en vigueur à condition qu’elle soit évidemment publiée au journal officiel.  Ce délai est toutefois suspendu si le Conseil constitutionnel en est saisi par les institutions habilitées, soit le président du Sénat, le président de l’Assemblée, le Premier ministre, cinquante députés ou trente sénateurs. La saisine en exception d’inconstitutionnalité reconnue aux citoyens sur renvoi de la Cour suprême ou du Conseil d’État est écartée dans ce cas de figure. non

Dans les situations d’urgence, cette échéance est réduite à 10 jours à la demande du président de la République, mais ce dernier est présentement dans l’incapacité d’agir. Pour l’instant l’on ignore si le Conseil constitutionnel est saisi, par conséquent le délai de 30 jours pour sa promulgation court toujours.

Encore une situation d’autant plus embarrassante pour le haut commandement de l’armée qu’un projet de loi relatif à la révision constitutionnelle rejeté aussi massivement par le peuple devient, en principe, caduque aux termes de l’article 209 de la constitution qui ne précise pas, cependant, le taux en dessous duquel les résultats d’un référendum sont invalidés. Il se contente d’énoncer que « La loi portant projet de révision constitutionnelle repoussée par le peuple, devient caduque ». Légalement, aucun texte ne précise le seuil minimal de participation pour valider ou invalider les résultats d’un référendum constitutionnel.

L’Algérie s’enfonce ainsi dans une situation pour le moins inquiétante avec un président malade et hospitalisé à l’étranger, une constitution largement rejetée, un Parlement plus que jamais discrédité et un gouvernement navigant à vue et une communication officielle défaillante. Le régime peine de plus en plus à convaincre les Algériens de ses choix politiques, et peine à renouveler sa base sociale alors que le présent et l’avenir proche du pays semble incertains, requérant des choix et décisions pertinentes à la hauteur des enjeux et des attentes.

Cette situation politique inédite soulève nombre d’interrogations : à l’issue des 30 jours, la constitution sera-t-elle promulguée ? et par qui si l’état de santé du président ne s’améliorerait pas ? Dans ce cas, le conseil constitutionnel sera-t-il saisi par les institutions habilitées ?  prononcera-t-il l’incapacité du chef de l’État à exercer ses attributions constitutionnelles ? Auquel cas sera-t-il remplacé par le président du Sénat dont l’âge avoisine les 90 ans ?  Autant de questions et bien d’autres sans réponses, car tout travail de mise en perspective est difficile à mettre en œuvre, et pour cause l’opacité est érigée en mode de gouvernance, c’est là une marque de fabrique des dirigeants.

Dans tous les cas, la solution faisant appel à une transition démocratique apaisée défendue par nombre d’Algériens, partis, associations, syndicats… est incontournable pour assainir d’abord tout le dispositif électoral et réunir ensuite les conditions politiques et techniques indispensables à une crédibilisation des futurs choix politiques et scrutins.

Auteur: T. Khalfoune

Hommage à Abederrahmane Mira

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57ème anniversaire de la disparition de Mira Abderrahmane (chef de l’ex Wilaya 3 historique) : Un héros sans sépulture.Plusieurs fois, l’itinéraire de Mira Abderrahmane a été relaté. Il est en grande partie connu. Son fils, Tarik, a décidé de lui rendre hommage en retraçant de façon poignante son dernier jour et soulève en même temps la disparition de sa dépouille mortelle. Que font les autorités algériennes pour réparer cette anomalie ? Une sourde explosion, tirée d’un lance-patates (onze grenades), puis des rafales nourries. Silence ! Le capitaine Alphonse Treguer, commandant de la 1ère compagnie du 2ème Rima (Régiment d’infanterie de marine aéroportée ou les Marsouins) (1), posté  au nord-ouest du lieu de l’accrochage, regarde sa montre et dit  « il est quatre moins dix ». Madjid, un jeune prisonnier Algérien, commis de force à la corvée pour porter le poste émetteur, se souvient comme si c’était aujourd’hui. Juste avant les détonations, le capitaine avait reçu un appel radio. Nous sommes le 06 novembre 1959, en pleine opération «  Jumelles », le chef de la Wilaya 3, Mira Abderrahmane et son escorte, le jeune Yata Bachir, dit Mouloud, du village d’Ait Anane, ont rendu l’âme.Le jour dernierAvant que ce jour advienne, l’opération « Jumelles », commencée le 22 juillet 1959, soit trois mois et demi déjà, a fait des dégâts considérables dans l’Aln de la Wilaya 3. Le plan Challe, dont est issue l’opération en question, a également réduit la capacité de frappe de l’ensemble de l’Aln intérieure  et bloqué le franchissement des frontières. Malgré l’affaiblissement militaire de l’Aln, l’espoir demeure d’un renversement du rapport de forces.  Il faut donc remonter le moral des troupes. Mira Abderrahmane n’a eu de cesse de le faire depuis qu’il est revenu de Tunisie. Les  quatre zones de la troisième Wilaya  ont reçu sa visite.Le 04 novembre, il est en région 4 de la zone 2, près de Toudja. Il démarre de là et passe la nuit avec son escorte réduite (Ziri Mohand Said, secrétaire particulier, Aziri Ali dit Half track, liaison de wilaya et quatre autres moudjahidines) près d’Azazga. Le 05, en début d’après-midi, ils arrivent à Ait Anane, près du Col de Chellata et se rendent au refuge tenu par Yata Rabah, le père de Mouloud (2). Nous sommes à vol d’oiseau à cinq cent mètres du poste de Tizi N’Slib et autant du Pc Artois, situé à Tizi Ouvloudh  (col du chêne) où siège le Général Challe, commandant la fameuse opération. Au refuge, Mira discute de la situation générale, prend des nouvelles de la région et se soucie de l’état de santé de Kaci N’ tfrith, très affaibli, démoralisé. Celui-ci est arrivé de la région 2, près de M’chedellah. Autrefois, il faisait partie du bataillon de choc de la Wilaya, commandé par le lieutenant Hocini Lahlou, tombé au champ d’honneur dans une célèbre bataille à Tikjda, l’année 1958.Mira veut redonner des forces au patient et ordonne qu’on lui achète  un peu de foie de mouton. Lui-même s’offre de nouveaux pataugas. Dans la nuit du 05 au 06, vers deux heures, la petite troupe se sépare pour se reposer. Mira dit à la liaison de wilaya : « rendez-vous demain à Ait Bessai, le premier arrivé attendra l’autre. Moi, je rendrai d’abord visite à mon fils ». Smaïl, son fils ainé est réfugié avec sa mère, dans le plus grand anonymat, au village d’â côté : Tazaghart. A l’abri situé au lieu-dit Tivhirine où il a passé la nuit, Mira refait son apparition vers 11h00 du matin. Sa petite escorte est située nettement plus au nord. Elle ne tardera pas à être coupée de son chef lorsque, vers midi, le capitaine Treguer sort de la caserne de Tizi N’Slib. Il a décidé d’effectuer, dira-t-il,  dans  son rapport, une opération de sous quartier.  Est-ce vrai ? (3).Toujours est-il que sa troupe se déploiera en suivant le chemin vicinal, au-dessus des villages Ait Mekkedem, Ait Hyani et Ait Anane. La retraite est coupée vers le village de Chellata et vers le versant nord du Djurdjura. Treguer se poste avec d’autres soldats à l’ouest, coupant le passage vers Tazaghart. Il ne reste plus que le sud où l’on ne voit pas de mouvement de troupe. Mais, le terrain en cet endroit est très accidenté.Les trois villages alignés sur une ligne de crête sont désormais encerclés et Mira y est. Ce dernier est  sûr de lui. Que dira le capitaine Treguer, devenu colonel, à qui  René Rouby, prisonnier de l’Aln libéré par Mira Abderrahmane, le mois de mai 1959, lorsqu’il a rencontré l’officier cinquante plus tard : « J’observais Mira à la jumelle, et il le savait. Il me fixait du regard à distance. Il me défiait en quelque sorte ». Abderrahmane Mira, connu dans l’Aln pour son intrépidité, en avait vu d’autres. Rien que lors de son périple de retour de Tunisie qui lui a demandé quarante jours de marche (du 16 février – franchissement de la frontière à Negrine –  au 27 mars 1959 – arrivée à Bounaamane, Pc de Wilaya), il a eu  treize accrochages avec les soldats français.  Le 22 mars, à Arefref, en région  1 de la zone 2, le combat fut acharné. Quatre-vingt moudjahidines sont malheureusement éliminés tandis que l’Aln avait, entre autres, abattu un avion. Mira resta au milieu de la mêlée jusqu’à la fin du combat. Il est connu pour ne jamais s’enfuir quel que soit le grade qu’il portât ou la fonction qu’il occupât. La mission qu’il entreprit l’été 1957 en Wilaya 6 (Sahara), durant trois mois, finit par l’élever au firmament de l’héroïsme. Mohammedi Said, ancien chef de la Wilaya 3 et chef de l’Etat-Major Est, dira du tempérament courageux  de Mira Abderrahmane : «  c’est l’homme qui fait danser sa carabine ».En ce début d’après-midi du 06 novembre 1959, il est  avec le jeune Yata Bachir ou Mouloud, au milieu de la souricière. Ils sont pourtant confiants.Les deux compagnons devisent entre-eux et se mettent en branle  vers le nord. C’est  dangereux puisque une partie des soldats est embusquée ouvertement à cet endroit. Chemin  faisant, les deux maquisards s’enfoncent brusquement dans un ravin très escarpé. Ils ne sont plus en vue de quiconque. Direction l’aval de la rivière, à quelques encablures du  village de M’liha, situé au sud. Les troupes postées en différents endroits ne bougent pas alors que les deux maquisards sont en train de  leur échapper. Arrivés en bas de l’embouchure de la rivière après un effort surhumain, les deux hommes alignés l’un derrière l’autre – Yata armé seulement d’un colt en premier – surgissent presque face-à-face avec une partie de la compagnie embusquée à cet endroit. Les deux hommes n’obtempérèrent pas aux ordres et décident de tirer mais, hélas, le lance-patate est déjà envoyé. Mouloud tombe le premier, tête presque entièrement coupée, tenue seulement par un dernier ligament. Mira est touché par des éclats au visage et a le bras droit brisé. Il est, selon le soldat Pierre Dufeu (4), encore conscient et fait passer sa Mat (5) vers la main gauche puis essaye de contourner un rocher. Il est poursuivi par des soldats qui ouvrent sur lui un  feu nourri. Il tombe. C’en est fini.Qu’est la dépouille mortelle de Mira devenue ?Un quart d’heure plus tard, le capitaine avait dévalé la descente. Il vérifie le contenu de la sacoche(6), y trouve des courriers adressés à Mira Abderrahmane, de l’argent. Il dira à sa troupe « c’est le chef de la Wilaya 3 que vous venez d’abattre. Il faut faire vite car il doit y avoir une katiba dans les parages ». Mais comment transporter le corps dans cette montagne extrêmement accidentée ? On voit un ânon paître pas loin. On met dessus le corps du chef de la Wilaya 3 et la tête de Yata Mouloud. Doucement la troupe remonte la pente. Les harkis sont les plus excités. L’un d’entre-eux met les pataugas de Mira autour de son coup, un autre improvise un discours au village d’Ait Mekkedem. Il dira que « la guerre est désormais terminée. Après Amirouche, on vient de tuer Mira. On a mis fin à la terreur. Que vous reste-t-il ? ».Puis le corps de Mira et la tête de Mouloud sont mises sur un Gmc (7), direction le centre de tri et de transition d’Akbou.  Un commerçant de Tazmalt, Letifi  Laïd, et un maquisard originaire de Bordj Bou Araridj, emprisonnés à Akbou,  lavent le corps qui a été formellement reconnu par  Mira Ahmed, capturé trois mois auparavant à Ait Hamdoune, Achiou Boudjemaa, originaire de Taghalat, lui aussi capturé blessé à Thala L’Bir, célèbre grotte près de Boudjellil,  et enfin par Mira Madjid, un autre cousin. Le lendemain, le 07 novembre 1959,  le corps de Mira sort du CTT d’Akbou et mis dans un hélicoptère, direction Taghalat où la population des Ait Mellikèche est conviée à voir pour la dernière fois Mira Abderrahmane. A Tazmalt, la population est aussi rassemblée à l’héliport. Pour une raison encore inconnue, cette dernière étape est éliminée. A Taghalat, c’est la consternation, la tristesse et l’incrédulité. Cette opération d’agitation et de propagande est certainement l’œuvre du 5ème Bureau français, dont le capitaine David, qui officiait à Tazmalt, avait prédit au maire de l’époque, le 22 juillet 1959, que Mira n’en aurait pas pour longtemps dès lors que l’opération « Jumelles » est déclenchée. Challe en personne voulait sa tête, disait-il.Après deux heures, le peuple  est dispersé. Le corps de Mira Abderrahmane est repris dans le même hélicoptère qui prend la direction du sud alors qu’il est venu de l’est. A Akbou, l’armée n’avait qu’un seul avion et pas de ce type. Celui-ci est certainement venu d’Ain Arnat, base de l’Alat (Aviation légère de l’armée de terre) au niveau de la Zec (Zone est du Constantinois), dont dépendait le secteur militaire d’Akbou. Qu’est devenu le corps de Mira Abderrahmane ? A-t-il fait un arrêt à Bougaa où la rumeur court  que le corps a été enseveli dans la caserne, enterré par des prisonniers ?Pour ma part, j’ai eu des autorités françaises quelques réponses :- Après le 06 novembre 1959, pas de trace dans le journal de marche du la première compagnie du 2ème Rima, – Pas de trace non plus au Ctt d’Akbou au-delà du 07 novembre 1959, à 10h00, qui signale la sortie du corps de Mira Abderrahmane. C’est ce que soutiendra également le Commandant Lablancherie, chef du 2ème Bureau d’Akbou, cinquante plus tard devant l’émissaire que je lui ai envoyé. Un autre prisonnier algérien, encore vivant, est formel. Il infirme cette assertion malgré les archives. Il soutient que le corps de mon père a été ramené une deuxième fois au Ctt, le 07 décembre (donc de retour de Taghalat) pour en ressortir le lendemain, le 08, pour une destination inconnue. Il me donne des informations troublantes, précises dans sa narration. Un évènement qu’il me rapporte ne pouvait pas avoir lieu si mon père n’était pas resté quarante- huit heures au Ctt d’Akbou.  Des pistes de recherche restent à exploiter, notamment du côté de du 5ème Bureau  ou dans les archives de l’Alat. 
Personnalité traitée à sa dimension par la presse française.Le traitement de la mort d’Abderrahmane Mira est à la mesure de ce que représentait le personnage du côté français. Le Monde, L’Aurore, La Croix, etc ont  signalé la mort de ce héros algérien, ce mort sans sépulture, à la une de la titraille ou en première page. La presse sonore – radio et tv – n’est pas en reste. La presse américaine signale la fin de Mira dans « Le New York Times », daté du 07 novembre 1959, en page une. Le titre est laconique « The Major Mira is died ». Dans la presse française, les titres sont variés. Celui de « l’Aurore » est significatif de l’état d’esprit nourri envers Mira, à droite de l’échiquier politique : « Le plus dur chef du Fln a été abattu par nos troupes ». En Algérie, c’est L’écho d’Alger qui traite abondamment l’évènement (Une, première et dernière pages). Dans l’édition du surlendemain, le 08, il signale également que le Général Faure, à Tizi Ouzou,  a été réveillé de nuit – le 06 décembre 1959 –  pour lui apprendre que Mira a été tué.Le 5ème Bureau, quant à lui, fait des lâchers de papillons au titre très simple : « Après Amirouche, Mira est mort ». Le jeune écolier, Hamiche Hacène d’Il Mathene, se souvient très bien de ce papier descendu du ciel  qu’il a gardé secrètement dans sa poche après l’avoir lu. Feu lieutenant Ourdani Mouloud me rapporta la même chose en me disant que les villages alentour de la forêt de l’Akfadou étaient inondés de ces documents, distribués par des pippers.ConclusionJ’ai, à mon humble rang, pu prendre contact avec les acteurs français directement ou indirectement impliqués dans le traitement du dossier ou ayant servi à Akbou ou à Tazmalt particulièrement. J’ai pu glaner quantité d’informations, aidé en cela par les archives du Shat (Service historique de l’armée de terre).  Force est de reconnaître que la pression d’un individu est moindre. D’où le rôle de l’Etat. Lui seul possède la capacité de dénouer l’énigme et de réparer cette injustice.  Il est du devoir de l’Etat algérien de réclamer les corps des disparus. En Wilaya 4, les corps de Bouguerra  M’hamed  et de Bounaama Mohamed, tous les deux chefs de Wilaya, connaissent le même sort. Qu’attend l’Etat national souverain, advenu grâce aux sacrifices des chouhada, pour agir ?
Tarik,Fils d’Abderrahmane Mira .