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samedi 18 avril 2026
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Sa conscience de femme kabyle

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Elle est née à Tizi, en haute Kabylie. C’est un bout de l’histoire de cette terre, la vie de ma mère. Car elle est comme toutes les femmes kabyles, ma mère…
Quand elle n’est pas bien, elle sait le cacher. Ne pas craquer. Ne pas pleurer. Ne pas s’énerver. Ne pas s’indigner. Elle passe sa vie à sourire, ma mère. A faire de l’endurance. Enfermer ses soucis. Nuancer ses propos et ses émotions. Cacher ses sentiments. On ne s’encombre pas de sentiments, chez nous. On lui demande des choses utiles, à la femme. Du travail, du silence et de la résistance. De la retenue aussi. Pour assurer des responsabilités et tenir à tous les coups. Les coups de la vie, les coups de la famille et plus tard, ceux de sa santé. Elle est forte, ma mère. C’est la coutume qui le dit. C’est la coutume qui le veut. Forte pour se laisser flétrir. Seule.
Comme toutes les femmes kabyles…
Souffrir avant de triompher, elle y croit dur, ma mère. « La récompense finit toujours par arriver » se convainc t-elle. Alors, elle cultive une formidable capacité à nier les évidences. A faire des provisions de patience. A nourrir d’illusions sa persévérance. Pour colorier son monde. Quand le pire devient immonde. Quand quelqu’un lui demande comment elle va, elle a toujours su répondre: « hamdoullah. » Parce que, ne pas avoir le moral, être en dépression, être mal, c’est pas permis chez nous. Pour la femme.
Le mal-être est une honte. C’est un échec. C’est un manque de fierté. Se laisser submerger est un manque d’éducation. La douleur morale est un tabou, chez nous. Pour la femme.
Et il y a comme ça, plein d’autres choses et d’autres raisons interdites à la femme, chez nous. Mais elle ne veut pas d’histoire, la femme. Parce qu’elle a un rôle important dans l’Histoire. La mémoire, c’est elle, qu’on lui dit. Elle, la gardienne des traditions. Des coutumes. Des mœurs et des modes de vie de la communauté. Obsédée par la norme, guidée par la morale, marquée par les conventions, elle ne doit rien renier du passé ou des sacrifices des ancêtres. Elle se doit d’assumer et perpétuer cet héritage qui l’avilie, qui la déprécie, qui l’empêche d’avancer…Au fil des ans, elle s’est résignée à porter le joug presque avec fierté.
Si elle sort, il a peur et il a mal au bide, son homme. Il faut qu’elle se fasse discrète, effacée presque muette. « Comment va t-elle se comporter?  » « A qui va t-elle parler ou plaire? » Il y a partout des malintentionnés. Et des collègues et des parents et des amis pour la surveiller. Pour la remarquer. Pour la critiquer. Pour s’interroger. L’homme n’oublie jamais ça. Et il n’est jamais tranquille. C’est plus fort que lui. Il a toujours peur que le ciel lui tombe sur la tête. Par sa femme. Par sa fille. Ou par sa sœur. Si elle travaille, surtout pas de métiers d’hommes ! Avec les mômes, oui. ça lui va bien  d’être enseignante, la femme. Chez nous.
Les hommes, eux, se couchent tard, se lèvent tard, bouffent du foot à la télé et tapent la conversation au café. A la maison, ils peuvent hurler et même cogner si ça peut les soulager. Ils aimeraient tous que la femme sache rester bien à sa place. Se taire et ne rien revendiquer. Elle a déjà un lave-linge et un aspirateur. C’est mieux que ses voisines. Quoi de plus comme tendresse? Il a des champs d’oliviers. Et il lui offre une deuxième famille. Pour la solidarité. On ne sait jamais ! Elle doit donc s’intégrer. Entrer dans les jeux. Deviner les trajectoires. Donner son amour. Et sa force. Et son temps.  C’est une richesse, les champs d’oliviers. C’est magique, la famille élargie. Les parents, les beaux-parents. Les frères, les beaux-frères. Elle ne s’ennuie jamais ! Honorer sans rechigner. S’incliner sans rouspéter. Créer l’osmose et la synergie dans sa nouvelle tribu, c’est son rôle aussi. Faire vivre la solidarité. La culture et l’identité. La baraka, elle vient des aïeux et il faut la mériter. Un mari, c’est jamais gratos. Chez nous.
Elle a tout bien, ma mère. Sauf qu’elle a fait sa vie en marge de la vie. Avec le silence. Sans doléance. Sans désespérance. Pour avoir trop pris l’habitude d’être femme. Comme toutes les femmes kabyles…
Katia BOU

LES MOTS SONT LIBRES

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Il y a les mots qu’on dit et les mots qu’on écrit. Dans son malheur, la mère de Chaïma a posté des vidéos, en direct. Pour hurler son désespoir, dire sa souffrance, crier sa douleur. Ses appels à faire justice sont déchirants. 
Les mots du peuple expriment l’effroi et l’indignation. Des voix choquées se sont élevées, ont fusé dans l’espace, fait bruit pour obliger la justice à prononcer une sentence à la mesure du crime. Les mots sont restés  comme suspendus en l’air. La justice mettra un bail pour juger cette affaire. 
Les mots du violeur et assassin nous cognent, nous anesthésient tant ils reconnaissent les faits sans un brin de remords. 
Moi, je n’ai plus de mots. Je suis triste devant l’horreur. Impuissante à en crever. J’en veux même un peu au destin qui m’a fait naître fille. Fille, on ne peut pas toujours sortir indemne de ce monde de brutes.  
Les mots de certains font peur. Les mots du professeur Khiati  sont comme des lames acérées qui vous pénètrent entre la peau et les ongles, vous déchiquettent le corps, un peu comme l’assassin avait charcuté le corps de Chaïma. Les mots du professeur Khiati sont arrêtés, sclérosés et ne souffrent d’aucune autre interprétation. Ils sont remplis de haine et de mépris. Les mots du professeur Khiati sont danger pour le pays. 
 Moi, je ne savais qu’on pouvait être interviewé pour débiter des conneries. Dire des mots qui blessent, des mots qui choquent, des mots qui transpercent des cœurs en agonie
L’interview a tourné et a eu des milliers de vues. « …le châtiment est juste… », disait cet autre.  Les gens croient que les avocats, surtout quand il ya mort d’homme ( ici de femme) sont faits pour défendre les victimes. Il n’en est rien. Chaïma est morte parce qu’elle était fille. Parce qu’elle était vie. Parce qu’elle était femme. Parce qu’elle était pauvre. C’est en 2020.  Je serre les poings très fort pour me donner l’impression de cogner cet homme et ses idées reçues.  
 Mais il ya des hommes, comme ça, peu importe qu’ils soient  médecins ou avocats. Ils font de la femme, un être inférieur, une coupable à vie.  Et moi, j’ai la certitude que quand un homme est con, il l’est pour la vie ! !  so  Dire que ces personnages se considèrent comme étant utiles. Le point de départ de leurs élucubrations remonte à loin. Déjà, le 9 juin 1984, la femme n’a pas reçu les bonnes cartes.  Ces pensées fêlées sont le fruit des articles  8, 9,11, 39, 48 du code algérien de la famille et du code pénal. C’était prévisible : voilées ou dévoilées, les hommes ne respecteront pas les femmes et c’est leur droit. Les codes, les Us et les traditions  leur donnent raison. Ils ont déshumanisé la femme. De plus, l’école a fait tomber les bêtas, les pervers, les nigauds, les naïfs et les niais dans un désert mental  dramatique. 
Il reste que ce pays regorge de généreuses personnes. Que contre vents et marées, des hommes et des femmes se battent pour la justice, pour la dignité et l’égalité. Des gens qui tentent de faire comprendre que nous sommes un pays « normal ». A ceux-là, je dirais qu’il ne suffit pas « de partager l’émotion, encore faut-il partager le danger » qui guette ce pays. C’est l’ avenir de nos enfants qui est en péril.
Par Katia Bouaziz 

ISLAM DE FRANCE

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Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’intérieur et des cultes avait impulsé la fondation du Conseil Français du Culte MUSULMAN en date du 28 mai 2003 sous la forme d’association loi 1901.Le CFCM devait représenter les musulmans de France et réguler les activités religieuses musulmanes. Nicolas Sarkozy s’était en cela inspiré du Consistoire Juif institué par Napoléon pour mieux contrôler cette communauté. Avant l’institution du CFCM l’islam en France était représenté par la Grande Mosquée de Paris sous obédience algérienne. La grande difficulté fût de faire élire des représentants de pratiquants musulmans tiraillés par les madahibe, cloisonnés dans des associations cultuelles chaperonnées par des puissances étrangères, avec des communautés algérienne et marocaine rivalisant dans l’entrisme. Le CFCM fût élu au prorata des mètres carrés des mosquées officielles avec imposition d’un président minoritaire, le Recteur de la Mosquée de Paris. L’UOIF, Union des Organisations Islamiques de France fondée en 1983 et regroupant 600 associations musulmanes serait proche du Royaume Cherifien. L’opposition Mosquée de Paris pro algérienne et UOIF pro marocaine fragilise les efforts des autorités françaises à doter l’islam de France d’une représentation homogène. Quant on rajoute à cette problématique les mosquées libres, les salles de prière clandestines, le Salafisme rampant, le radicalisme ambiant… on comprend que l’islam n’est pas domesticable en terre Laïque. Rajoutons aussi le financement occulte par les  » amis orientaux » tels le Qatar, les Émirats, l’Arabie et la Turquie à des fins politiques et on comprendra mieux l’urgence à mettre de l’ordre républicain dans l’ islam de France.
Said Yahia Chérif. SYC

Je n’avais pas tout à fait vingt ans…

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Je n’avais pas tout à fait vingt ans…

Je n’avais pas tout à fait vingt ans… Lycée, université… Mes parents étaient fiers de moi.     

Je n’avais pas tout à fait vingt ans… Mon père a tout le temps traîné au bas de l’échelle sociale. Il est passé par tous les métiers. Il a bossé dans les champs, les usines et chez les particuliers. Ses bras de prolétaire prompts à soulever des masses s’offraient sans rechigner aux titrés, aux gradés, aux leaders et chefs d’entreprises. Il avait côtoyé les fortunés, les vaniteux, les prétentieux, les snobs et les faux mondains.  

Il a connu des cassés, des paumés, des laisser-pour-comptes et des destins infortunés qui ont raté le train de la vie.  

Je n’avais pas tout à fait vingt ans…Et mon père n’en finit pas de me raconter son histoire greffée à l’Histoire, l’histoire de notre Histoire.

J’ai grandi d’un coup. Et le jeune homme que je suis devenu est le héros qui manquait à ses anecdotes. Celui qui veut s’instruire pour ouvrir le champ des possibles, pour compenser sa dépersonnalisation programmée, changer le regard porté sur sa communauté. 

Pour mon baccalauréat, ma mère est allée à la mosquée. Elle a allumé des bougies.  « Que Dieu soit partout sur ta route, mon fils ! Ne néglige jamais l’important ! N’oublie jamais ton sang et tes parents ! « 

Mon père m’a offert un livre de Mammeri « la colline oubliée ». Il s’accrochait à l’idée que la réussite sociale dépend étroitement de la réussite scolaire.  Il a tout faux, mon père !  

Et je ne cessais de me demander :  » Quel idéal je porte en moi de leur Histoire ? De cette Histoire ? Quel est le pouvoir du sang ?  » 

Je déambule dans les couloirs de l’université, la tête pleine de projets, décidé, déterminé comme jamais à aller de l’avant. 

Mais je le dis tout de suite, ça n’a pas été très drôle. Très vite, j’ai été identifié à mon nom, mon accent, ma voix rugueuse et mon parler de montagnard kabyle. 

L’une s’appelle Oum El Khir; l’autre El Houaria. L’un s’appelle Boumediene et l’autre Oussama. 

Je suis Massinissa.  

Ils écoutaient Deriassa. Je vénérais Matoub. 

Les mal intentionnés me font endosser leurs ruses, leurs fourberies et leurs sournoiseries. 

  • Vous êtes terribles, vous, les Kabyles. Soûlards, athées, biberonnés par la France dont vous revendiquez la langue et la culture. 

Je lui ai mis un poing au visage et je lui avais cassé le nez. 

  • Et maintenant, qui, de nous deux, est le vrai et l’authentique ? 

Il y a des choses à faire respecter. « Mourir que baisser la tête », disait mon père. 

Mais ça ne pouvait plus durer. J’ai changé d’université, car j’avais besoin de sérénité pour travailler en paix.

Hasnaoua 1.   Hasnaoua 2. 

Amazigh est un mot qui fâche. 

Berbères, Amazighs, une déclaration largement suffisante pour recevoir une rafale dans le dos. Un procès en gros plan et comme accusations : atteinte à l’unité nationale par un diviseur, séparatiste, harki, francophile et j’en passe. 

Il est urgent de remettre en lumière notre existence volontairement étouffée. Combattre l’obligation de se plier à être autre chose que soi-même. À penser autrement, parler autrement, s’habiller autrement. Changer ses valeurs et ses priorités.

Nous, les vilains garnements, nous disons : NON ! 

Ne jamais se laisser faire comme l’ont fait nos parents. Ne pas demander le consentement des autres pour exister. C’est important d’exister, et de libérer « ces autres » de leur antipathie quand on a été les premiers à habiter ce pays.  

 « Jamais, je ne me laisserais déposséder de l’héritage de mes ancêtres ! N’en déplaise à certains, car l’Algérie est berbère.  » 

Le pouvoir a dit niet. 

Il veut nous descendre dans un trou sans fond. Il veut nous enfermer comme de vulgaires choses dans une boîte. 

  • Disparais ! Tais-toi !  Ne parle plus ! Cache-toi ! 

Mais nous avons désobéi. D’abord, pour la visibilité et la dignité. Ensuite pour se créer une place et inventer un avenir, restituer la mémoire piégée, décomplexer la partie de l’Histoire figée.  

Si on ne fait rien, on peut tout perdre… On peut se perdre… Perdre… 

Même si la peur et la rage ont envahi. Nous sommes dix mille, vingt mille, trente, quarante ou cent mille, des millions à dire : NON !

Et c’est le branle-bas de combat.   

Une énième imposition officielle, une énième arrestation, une énième bavure policière…  Mon père avait raison  » Mourir, que baisser la tête. » 

Et des interpellations, des sommations, des arrestations.

Notre légitimité est en cause…On a compris qu’on peut crever pour nos idées. Parce que chez nous, on ne joue pas en toute impunité avec les idées de liberté. 

Des CRS, des blindés, des tirs, des bombes lacrymogènes…

Des bâtons, des prisons… 

Du sang, du sang et encore du sang, des blessés, des morts, des morts et encore des morts ! 

Ils n’avaient tous atteint vingt ans. 

« Oh, Abane, Amirouche, réveillez-vous, ils sont devenus fous ! » Ils nous interdisent tout. 

C’est de nos noms, de notre langue, de notre mémoire et de notre histoire, qu’ils veulent nous amputer.

J’ai affronté mes actes. Et mes idées.  Dans ma cellule, je m’endors comme une masse. 

Dans ma cellule, il y a des rats partout, sur le sol, sur la banquette et même sur les murs. Ces murs lézardés et ce carrelage fissuré. 

Les yeux de ma mère sont secs.      

Reverrai-je mes parents un jour ? Mes copains, mes amis, ma vie… ? Je pense à Farid qui avait reçu un projectile. On lui avait crevé un œil.  Malik s’est endormi pour toujours. On l’avait transporté à l’hôpital dans une camionnette.  C’était avec délicatesse qu’on l’avait étendu sur la bâche, livide et quatre jours après, il nous a quitté. Il n’avait que 24 ans. 

Si J’écris cela, aujourd’hui, le 30 août, parce que, c’est la journée internationale du drapeau Amazigh. On m’a dit que sur la place de la République, les emblèmes amazighs se vendent comme des petits pains. 

Depuis 2001, le temps passait si vite et nous sommes déjà en 2020. Nos révoltes s’inscrivent dans la continuité.   

L’année 2003 a -t-elle été la pire ?   

Les pas des gardiens grincent dans le couloir. Les jours sont longs. Je me retourne sur mon matelas en éponge. 

Je pense à Lounès, le poète, le gardien de notre mémoire, le faiseur d’espoir. Il est mort assassiné ! 

Ne jamais l’oublier !

Katia Bouaziz

Le Militant Mouloud KANEB , ancien membre de l’Académie Berbère – Agraw n Imazighen – a tiré sa révérence (1)

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 – C’est mardi 29 septembre en fin de matinée que j’apprends le décès survenu la veille de mon ami et contribule Mouloud KANEB âgé de 80 ans. C’est un coup de fil de Rachid Haddour qui m’annonce gravement la triste nouvelle alors que j’étais en Province. J’en ai immédiatement informé Youcef Hebib avec qui il a créé, et d’autres avec eux, l’association « Les Amis de l’académie Berbère » en 2016. Comme il n’y a jamais de hasard dit-on mais plutôt des connexions, j’ai appris cette nouvelle alors que je me rendais au cimetière de Moissac pour me recueillir devant la tombe de Slimane AZEM. Ce grand artiste était un des mentors de Mouloud lorsque celui-ci rejoint cette célèbre Académie Berbère de Paris. 
Comme dda Slimane, Mouloud était discret et se conduisait avec réserve et retenue. Sa vie consacrée au militantisme lui a permis de devenir un homme de sagesse et de discernement. Après avoir travaillé quelque temps à Alger puis comme instituteur à l’école des Pères Blancs d’Iwadiyen au début de l’indépendance, Mouloud pris le chemin de l’exil comme beaucoup de jeunes de son époque. La nouvelle Algérie n’était pas prometteuse, elle a repris telles quelles les méthodes coloniales d’étouffement de la société. La police politique de Boukharouba a repris les réflexes des services psychologiques de l’armée française. Pour les Algériens, c’est un drame qui se rajoute aux drames précédents.
Mouloud ne pouvait pas supporter ce joug drapé de couleurs nationales. Il était déjà habité par la flamme militante pour l’indépendance du pays. Arrivé à Paris, il a tout de suite refusé la vie du travailleur soumis à la cadence « métro-boulot-dodo ». Elle ne lui convenait pas, lui l’homme du combat continu. À Paris, il a très vite rencontré Hamid un contribule actif versé dans la défense de la culture amazigh (on disait berbère à l’époque).  Hamid, de son vrai nom Hamici Chabane, animait une émission kabyle à l’ORTF. Et en 1966, Hamid était de ceux qui ont créé la première association de culture berbère avec d’illustres personnalités : Md-Amokrane Khelifati, Abdelkader Rahmani, Taoues Amrouche, Md-Saïd Hanouz, Amar Naroun, Md-Arab Bessaoud, Djaffar Oulehbib entre autres. Mouloud Kaneb faisait partie de la jeune garde qui rejoignit ce groupe d’intellectuels et de « vieux » militants. Des villages Iwadiyen, il y avait, à ma connaissance, Mouloud, Yahia Latrous, Akli Djabri, Md-u-Lhocine Deghal et Mohamed Guerfi le plus âgé d’entre eux. « Il fallait des membres actifs pour distribuer les tracts dans les cafés et les marchés » a-t-il témoigné. 
Très vite, l’association, sous l’impulsion de Md-Arab Bessaoud, devint une structure militante et prend le nom de « Agraw Imazighen ». Elle affronte ouvertement, sur le terrain politique, le pouvoir de Mohamed Boukharouba (alias Houari Boumediène) qui venait de perpétrer un coup d’État militaire contre Ahmed Ben Bella. Les années noires marquées par la répression et par le mouchardage des éléments de la Sécurité Militaire n’ont pas dissuadé ce groupe résolu à défendre la langue et la culture ancestrales. Ils ont fait d’Agraw Imazighen une véritable université populaire qui a rayonné jusqu’en 1978, date de sa dissolution. Ils se sont aventurés à publier un bulletin dont le numéro 1 est sorti au printemps 1970. Il était distribué clandestinement et nous parvenait jusqu’en Kabylie et Alger. 
Ce travail a été relayé par la création de la coopérative Imedyazen par un groupe de jeunes universitaires dont beaucoup sont passés par Agraw Imazighen. Suite à cette effervescence, Mouloud avait secondé Rachid Ali-Yahia pour créer un parti politique, le FUAA (Front Uni de l’Algérie Algérienne) et a continué à garder une relation militante avec Mohand-u-Ramdane Khacer qui créa, à Roubaix, l’association « Afus deg Fus » pour poursuivre le travail de l’Académie.
L’affirmation identitaire amazigh était ouvertement assumée par Bessaoud et le groupe de jeunes activistes autour de lui. Mouloud était un quasi permanent de la structure logée par le pharmacien Saïd Hanouz à la rue d’Uzès dans le 2ème arrondissement de Paris après avoir été hébergée par Ahmed Hadj-Ali dans le 13ème. Selon Youcef Hebib, Mouloud signait les cartes des nouveaux adhérents quand Bessaoud était absent et il détenait, chez lui, la première série du drapeaux amazighs. Puisse la famille de Mouloud Kaneb prendre soin de toutes les archives qu’il a laissées. C’est une manière de perpétuer son travail de militant et de faire honneur à son nom désormais inscrit dans le vaste champs mémoriel amazigh. Merci Mouloud, tu restes vivant dans nos cœurs. Toutes mes condoléances les sincères et les plus attristées à ta famille.
(1) L’association Iwadiyen de France dont il a été président début des années 2010 informe que la levée du corps aura lieu ce vendredi 2 octobre 10h30 à la Maison Funéraire pour lui rendre hommage.7, Bd Ménilmontant Paris 11ème – Métro Philippe Auguste. L’enterrement se fera à Ighil Igulmimen (iwadiyen) le dimanche 4 octobre.
Par Hacene Hireche .

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Vingt-six ans après une indépendance confisquée dans le fond et dans la forme, la jeunesse algérienne, rongée majoritairement par le mépris, le marasme, les injustices et l’absence de libertés, s’est insurgée le 5 octobre 1988 contre le système du parti unique et ses symboles. La révolte portait un désir profond de changement exprimé par un ras le bol généralisé́. La répression fut sanglante et on dénombra plus de 500 morts.
La brèche démocratique de façade issue de ce soulèvement fut aussitôt refermée en janvier 1992. Dix ans de guerre contre les civils allaient y succéder.

Depuis, les Algériennes et les Algériens n’ont pourtant pas abdiqué ni renoncé à leurs revendications de démocratie, de pluralisme, d’égalités entre citoyennes et citoyens, de liberté́ et de justice. Ils n’ont jamais cessé de réclamer la fin de la dictature et le passage effectif à un État de droit pour une citoyenneté entière.

Et en février 2019, le peuple algérien, massivement, dans les quatre coins du pays et dans l’émigration, s’est de nouveau élevé contre le système autoritaire. 

Depuis maintenant plus d’un an et demi, le peuple est engagé dans un processus révolutionnaire pacifique et populaire sans précèdent dans le Monde, caractérisé par l’esprit de la Silmiya et une détermination sans faille pour recouvrer sa souveraineté́. 

Le pouvoir de fait, fidèle à sa nature, au lieu de satisfaire les revendications légitimes des Algériennes et des Algériens, y a répondu par la répression, la provocation et la condamnation à de lourdes peines de militants.e.s et activistes du processus révolutionnaire.

S’inscrivant en phase avec le mouvement révolutionnaire d’Algérie, le HIRAK, nous, organisations, partis d’opposition, comites et citoyen.ne.s, tout en proclamant le rejet de l’agenda électoral du pouvoir et du Référendum sur la nouvelle Constitution élaborée sans le peuple, appelons l’ensemble de la communauté́ algérienne en France à une Marche Unitaire en soutien aux compatriotes de l’intérieur et aux revendications légitimes du peuple : 
𝗟𝗲 𝗱𝗶𝗺𝗮𝗻𝗰𝗵𝗲 𝟰 𝗼𝗰𝘁𝗼𝗯𝗿𝗲 𝗮̀ 𝗣𝗮𝗿𝗶𝘀, 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗣𝗹𝗮𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗥𝗲́𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲 𝘃𝗲𝗿𝘀 𝗹𝗮 𝗣𝗹𝗮𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗡𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗮̀ 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗿 𝗱𝗲 𝟭𝟰𝗵𝟬𝟬.

pour exiger :
– L’arrêt de la répression, et la libération immédiate des détenus politiques et d’opinion.- Le rejet du referendum constitutionnel.- Le départ ordonné et pacifique mais inconditionnel et complet du système et de tous ses symboles.- L’amorce d’une transition pour un processus souverain dans la perspective d’un État de droit, démocratique, libre et social.- Le retrait de l’armée de l’exercice du pouvoir politique et la dissolution de la police politique pour un Etat Civil et non Militaire, libre et démocratique.

𝗦𝗢𝗬𝗢𝗡𝗦 𝗡𝗢𝗠𝗕𝗥𝗘𝗨𝗦𝗘𝗦 𝗘𝗧 𝗡𝗢𝗠𝗕𝗥𝗘𝗨𝗫, 𝗦𝗢𝗬𝗢𝗡𝗦 𝗨𝗡𝗜𝗦 𝗔𝗨 𝗗𝗘𝗟𝗔 𝗗𝗘 𝗡𝗢𝗦 𝗗𝗜𝗙𝗙𝗘𝗥𝗘𝗡𝗖𝗘𝗦 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗟’𝗔𝗟𝗚𝗘𝗥𝗜𝗘 𝗘𝗧 𝗨𝗡𝗜𝗤𝗨𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗘𝗟𝗟𝗘

Vive l’Algérie Libre et Démocratique Yetnahaw ga3

Liste des signataires:

Association SolidaritéACA, ACDA, APEL-Egalité, CAMAN France, CA2RCCAF – PACS,CGADD (Collectif Groupe l’Algérie Droit Devant ), CJTCRAC (Comite de Réflexions pour une Algérie Consensuelle), Collecrif Debout l’Algérie,Dzayer 2.0, Elhdaka, ENAF, FFS (Front des Forces Socialistes Section NORD), Hirak de l’Ouest, IBTYKAR (Section France), JRA,JTA Jeunes Trotkystes Algériens, Les amis de la nappe de l’Albien,Les jeunes Engagés, MJC, RCD (Section France),Riposte Internationale, UCP France,UPA Union Pour l’Algérie

🛑 𝗡𝗼𝘂𝘀 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗿𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹𝗼𝗻𝘀 𝗾𝘂𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗯𝗼𝗻 𝗱e𝗿𝗼𝘂𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗺𝗮𝗿𝗰𝗵𝗲 𝗹𝗲 𝗽𝗼𝗿𝘁 𝗱𝘂 𝗺𝗮𝘀𝗾𝘂𝗲 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗲𝗰𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗴𝗲𝘀𝘁𝗲𝘀 𝗯𝗮𝗿𝗿𝗶𝗲̀𝗿𝗲𝘀 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗼𝗯𝗹𝗶𝗴𝗮𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲𝘀

La répression face à la révolution

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Pour empêcher la reprise proche du hirak, dont les marches hebdomadaires ont été suspendues – décision sage – par ses animateurs à cause de la pandémie du coronavirus, le régime profite de cette suspension pour procéder à des arrestations à tour de bras et à criminaliser l’action politique et citoyenne. Près d’une cinquantaine d’Algériens arrêtée et condamnée à des peines de prison ferme pour délits d’opinion et aucune catégorie sociale n’est épargnée : journalistes, animateurs du hirak, dirigeants de partis, femmes, moudjahids, étudiants…

Après Khaled Drareni, un journaliste professionnel, le régime s’en est récemment pris à Khaled Tazaghart, un homme digne et un militant impénitent de la démocratie, à Mohsen Belabbas, président du RCD, parce qu’il est l’une des figures emblématiques du hirak il est devenu la cible privilégiée de harcèlement, Brahim Laalami et ses frères… et la liste est longue. Aucun Algérien n’est à l’abri d’une arrestation et jamais la justice n’a été aussi grossièrement instrumentalisée pour conserver un régime disqualifié, en fin de vie et qui n’a cessé de produire de l’échec.

Ces vagues successives d’arrestations témoignent de sa volonté de museler la société et de faire passer la révision de la constitution rejetée à la manière de la constitution de 1963 votée dans une salle de cinéma. Tous les régimes sortant de l’autoritarisme ont conçu des constitutions de contre-pouvoirs plus que de pouvoir tandis que dans notre pays pour sortir d’un régime autoritaire, le collège d’experts a hypertrophié les pouvoirs du chef de l’État si bien que l’on a pu parler d’hyperprésidentialisme.

Le constat est clair : intervenant dans un contexte de répression et de censure des médias, les conditions objectives d’un débat libre et contradictoire sur la révision de la constitution ne sont pas réunies. Bien que le hirak soit à l’origine de cette révision, la future constitution ne sera pas fécondée par son souffle, elle portera les marques de la répression, de la censure et du déni de la réalité du contexte de sa révision.

Il est urgent que le régime mette fin à cet arbitraire par la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus d’opinion et d’envisager sérieusement une solution politique plutôt qu’une gestion répressive ouvrant la voie à toutes les dérives.

Tahar Khalfoune

Tahar Khalfoune Auteur de réflexions sur  » Le pluralisme administré « ,  » Langues, identité et constitution « ,  » Les limites dit constitutionnalisme en Algérie  » publiées dans la Revue Confluences Méditerranée et la Revue Damoclès, Tahar Khalfoune est enseignant à l’IUT de l’Université Jean Moulin Lyon 3.

Emmanuel Macron, en réponse à l’Assemblée Mondiale Amazighe.

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– Emmanuel Macron, en réponse à l’Assemblée Mondiale Amazighe, se saisit du douloureux dossier de la guerre chimique contre les populations civiles du Rif Après François Hollande, Emmanuel Macron, Président de la République française, vient de répondre à la requête de l’Assemblée Mondiale Amazighe au sujet du dossier de la réparation des préjudices causés par la guerre chimique contre le Grand Rif.A travers le commissaire en chef de 1ère classe, M. Jean LE ROCH, de l’ Etat-Major Particulier de la Présidence de la République,  Macron a répondu au président de l’Assemblée Mondiale Amazighe, Rachid RAHA, qui avait envoyé un courrier à l’occasion du 99e  anniversaire de la bataille d’Anoual, le 21 juillet dernier, au sujet de l’utilisation des armes chimiques de destruction massive par les Etats espagnol et français contre les populations civiles rifaines durant la Guerre du Rif de 1921 à 1927 aux fins de réparation des préjudices causés par les dites armes chimiques de destruction massive, au demeurant prohibées par le droit international. M. LE ROCH a souligné que : « Le Président de la République a bien reçu la correspondance par laquelle vous demandez, en faveur des héritiers des victimes de la guerre du Rif (1921-1926), la réparation des préjudices subis dans le cadre de l’utilisation d’armes chimiques contre la population civile.Le chef de l’Etat m’a confié le soin de vous assurer de la meilleure attention avec laquelle il a été pris connaissance de votre courrier et les préoccupations qui motivent votre démarche.Le sujet délicat que vous évoquez relève des compétences confiées à madame la Ministre déléguée auprès de la Ministre des armées, chargée de la mémoire et des anciens combattants, vers laquelle je n’ai pas manqué de relayer votre demande afin qu’elle soit examinée avec soin. Ses services ne manqueront pas de vous faire directement savoir la suite susceptible de lui être réservée». Ci-dessous, le contenu de la correspondance envoyée au président français :A Son Excellence M. Emmanuel MACRON, Président de la République Française,A l’occasion de la 99ème anniversaire de la fameuse bataille d’Anoual, nous venons attirer de nouveau votre attention sur le grand préjudice non résolue impliquant immanquablement la responsabilité de la République française dans l’utilisation des armes chimiques contre les populations civiles du Grand Rif marocain pendant la Guerre du Rif de 1921-1927. Nous nous rappelons bien que lors de votre déplacement en Algérie en février 2017, vous avez eu le courage d’affirmer que : «  la colonisation est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie, et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes». Des mots très forts qui se sont accompagné par votre louable décision de restituer, récemment de 24 crânes de résistants algériens décapités au XIXème siècle. De même nous saluons les plus profonds regrets pour les blessures infligées lors de la période coloniale belge au Congo (l’actuelle RDC) du roi Philippe de Belgique.Mais ce que nous aimerions bien vous rappeler c’est que les forces coloniales françaises, en coordination avec les forces militaires espagnoles ont procédé à l’utilisation des armes chimiques contre les populations civiles du Grand Rif, pendant la Guerre du Rif, entre 1921 à 1927, quand le Maréchal Philippe PETAIN avait été chargé par la République française de réprimer la révolution des tribus rifaines, dirigé par notre héros libérateur Mohamed ABDELKRIM EL KHATTABI, entre 1924 jusqu’au 1927 (*).A propos de ce dossier, nous avons eu l’occasion d’interpeller à deux reprises l’ex-président François HOLLANDE en ces termes: « Je vous rappelle que la France s’est retrouvée, au début du siècle passé, responsable d’un protectorat sur le Maroc, (Ex-Empire chérifien marocain). En vertu de ce protectorat, la France était censé assurer la protection du Maroc dans ses frontières authentiques. Or, il s’en est suivi un dépeçage, une partition et une pseudo « pacification » par les armes et le sang. En tant que « nation civilisée », la France était tenue par le droit coutumier et conventionnel de la guerre de protéger, notamment, la population civile et de ne pas se rendre complice ou utiliser elle-même contre cette même population sans défense et non combattante des armes prohibées. Or, les documents, archives et études témoignent de ce que, dans un premier temps,  la France s’est rendu complice de l’Espagne à laquelle elle a vendu des armes chimiques de destruction massive avant de les utiliser elle-même contre les rifains (population du nord du Maroc), lors de la guerre de libération conduite par le président Mohamed Abdelkrim El Khattabi. La guerre chimique contre le Grand Rif est non seulement une violation des règles les plus élémentaires du droit de la guerre mais de surcroît et encore plus grave les héritiers des victimes d’hier continuent de souffrir aujourd’hui encore. En effet, de nombreuses études génétiques d’experts confirmés démontrent et témoignent des effets mutagènes et cancérigènes des armes utilisées : l’ypérite ou gaz moutarde, le phosgène, le disphosgène et la chloropicrine »(**). 
Le mercredi 27 janvier 2016/2966 à Paris, j’ai déposé personnellement une autre lettre au Palais de l’Elysée en rappelant de nouveau à votre ex-président en ces termes : « A l’aimable attention de Monsieur François Hollande, Président de la république française. Par lettre citée en référence (PDR/SCP/BEAR/D026495), nous vous avions saisi au sujet de l’objet visé en marge. En date du 7 avril 2015, vous avez bien voulu nous répondre par le biais de votre cabinet en nous précisant que vous aviez pris connaissance avec la meilleure attention de notre courrier quant à la réparation des préjudices consécutifs à l’emploi des armes chimiques de destruction massive contre les populations civiles du Rif, lors de la guerre du même nom entre 1921 et 1926, et qu’il avait été transmis au secrétaire d’Etat chargé des anciens combattants et de la mémoire, auprès du ministre de la défense, qui nous tiendrait informés de la suite qui pourra lui être réservée ». Or, depuis et à ce jour, on n’a malheureusement reçu aucune suite à cette affaire.  Dans l’attente de vous pencher consciencieusement sur cette légitime requête, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération.Signé: Rachid RAHA, Président de l’Assemblée Mondiale Amazighe.
Notes :(*)- http://amadalamazigh.press.ma/fr/le-role-et-la-responsabilite-de-la-france-dans-lutilisation-des-armes-chimiques-contre-le-rif/(**)- https://amamazigh.org/2016/01/les-amazighs-interpellent-une-derniere-fois-lelysee-a-propos-de-la-guerre-chimique-contre-le-rif/ .

Pour une nouvelle initiative populaire

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Le peuple algérien, digne héritier des combattants du mouvement libérateur de novembre 1954, dans sa totalité, réclame ses droits dans un sursaut de dignité. Il a su résister victorieusement à toutes les invasions, depuis l’antiquité jusqu’à l’histoire contemporaine face à l’odieuse colonisation, grâce à la résistance populaire.

Aujourd’hui, 57 ans après avoir recouvert sa souveraineté nationale, il continue par million, avec le sourire à travers le monde entier d’écrire une autre page de son histoire en persévérant dans son combat unitaire et pacifique contre le système politique mafieux, autoritaire et illégitime. Le peuple algérien s’est révolté contre le système, par la joie et le sourire, a et continue d’éblouir le monde entier par son pacifisme, son unité dans la diversité et par la solidarité de tous les patriotes à travers le monde.

Depuis le 22 février 2019, le peuple algérien vit un tournant de l’histoire dans un réveil de la conscience collective réclamant une rupture totale avec le système en place dans une ambiance pacifique et unitaire à travers toutes les wilayas et les différents pays dans le monde, sous le même slogan populaire « Yetnahaw Gaɛ. ».

Devant l’entêtement du régime au pouvoir à imposer encore une fois un vote pour une nouvelle constitution, le peuple algérien a perçu cet appel au referendum populaire pour faire passer la constitution du pouvoir en place comme une ultime atteinte à sa dignité, illégale, arbitraire et disproportionnée sur l’incapacité de ce régime à imaginer une solution à la revendication de tout un peuple qui a décidé de prendre son destin en main.

Le régime acculé par la pression populaire de plus en plus grandissante, a profité de la pandémie du Covid-19 et l’arrêt des manifestations par souci de protection citoyennes, tente de se régénérer en emprisonnant les acteurs de la société civile, des journalistes pour ensuite proposer en force par referendum sans participation populaire ni discussion, une constitution laboratoire ne répondant a aucune aspiration portée par les citoyens depuis le soulèvement du 22 février 2019. Les tenants du pouvoir actuels ne perdent pas espoir de garder le pouvoir en instaurant leur feuille de route, usant d’emprisonnements, de menaces et de chantage.

Les détenus d’opinion injustement incarcérés, à l’exception des figures du système, d’un autre camp, serviront selon les stratèges machiavéliques du pouvoir à forcer le mouvement populaire à une capitulation. La constitution à laquelle appelle le pouvoir est perçue par     le     peuple     comme     une      nouvelle      plaisanterie.   Le peuple ne lâchera pas prise avant de recouvrer tous ses pouvoirs pour la construction d’une vraie République Démocratique voulue par le peuple et pour le peuple. La communauté algérienne à l’étranger n’est pas restée sans exprimer son attachement à la mère patrie. Elle est au rendez-vous notamment chaque dimanche pour apporter son soutien indéfectible à cette révolution à travers la traque des oligarques, en fuite à l’étranger avec leurs biens mal acquis, a dénoncé les méfaits du régime devant les instances internationales (ONU, ligue des droits de l’homme) alertant l’opinion internationale sur les dangers de la répression exercée lors des manifestations pacifiques et en dénonçant les emprisonnements arbitraires des manifestants et des journalistes dans l’exercice de leur fonction, comme Khaled Drareni emprisonné a 2 ans de prison ferme pour avoir fait son travail de couverture d’une manifestation, et est appelé par ce même pouvoir de “Khbardji”.

Aujourd’hui, le peuple algérien est vigilant devant les manœuvres du pouvoir à faire représenter le mouvement populaire par sa clientèle traditionnelle dans un simulacre de dialogue qui n’a d’autres desseins que d’imposer sa constitution faite en laboratoire. Le processus du dialogue doit d’abord s’amorcer entre tous les différents acteurs de la société civile avant d’envisager une quelconque négociation avec les tenants du pouvoir, dans un souci d’intérêt suprême de la nation et de sauvegarde de la démocratie. Et, il n’est pas possible d’envisager de véritables élections dans ces conditions actuelles sous la mouture d’une constitution et sans l’aval du peuple. S’aventurer dans une refonte constitutionnelle rejetée par le peuple et dont le vote a été annoncé par le régime à la date du 1er novembre, sans un consensus national préalable incluant toutes les parties, c’est faire un saut dans l’inconnu, attiser la colère de la rue et aggraver la crise de légitimité du pouvoir, et priver les générations postindépendance d’édifier un État moderne dans l’esprit rassembleur de novembre date historique du déclenchement de la guerre d’Algérie pour recouvrer sa liberté. Cet état de fait renvoie un refus catégorique du peuple algérien, car ouvrirait les portes devant les ingérences et les injonctions étrangères, inacceptables dans tous les cas et sous quelque forme que ce soit. L’impasse politique actuelle est née des pratiques du pouvoir individuel et du recours, à chaque consultation électorale, à la fraude et l’annonce de faux résultats. Et, la situation du pays a empiré au lendemain de chaque mascarade électorale.

Une constitution se veut et se doit être la colonne vertébrale d’un état pour une bonne gouvernance, pour un renforcement de ses institutions, pour le meilleur de tout un chacun dans un état de droit, de liberté et de justice sociale avec l’adhésion du peuple aspirant a une vie meilleure et en toute confiance dans ses institutions. Notre pays a besoin de la conjugaison de toutes les bonnes volontés pour sortir avec une vision unifiée et la prochaine constitution, est non seulement un moyen de maintenir le système en place, mais un arrêt de toute conjugaison citoyenne pour un développement durable de notre pays mettant en relief toute aspiration citoyenne pour le vivre bien, le vivre ensemble dans la confiance mutuelle entre gouvernés et gouvernants. L’Algérie est désormais dans l’attente d’une nouvelle constitution édifiée par son peuple et pour son peuple sous la forme voulue par son peuple, permettant d’aller ensemble vers un avenir qualitatif et prospère redéfinissant le début d’une vie politique nouvelle, dans le cadre de l’unité nationale dans la diversité culturelle et politique, pour un état civil, garant des instituions voulues et acceptées par tous, ce qui dissipera les appréhensions et éviter au pays de tomber dans l’impasse, afin de ne pas être en porte-à-faux avec l’aspiration du peuple aspirant au changement pacifique.

Des élections, ne peuvent pas se tenir dans les conditions actuelles, et aussi, et surtout avec les recommandations de santé publique liées au Covid-19 qui se propage de plus en plus. Aussi, le pouvoir au lieu de continuer a exercer des pressions sur ses enfants pour raison de messages envoyés sur les réseaux sociaux, devrait montrer des signes d’apaisement telle que la libération « immédiate et sans condition » des détenus d’opinion « le départ des symboles du système », le respect de la liberté de manifester pacifiquement, la liberté de réunion, de circulation, la liberté d’expression notamment dans le secteur audiovisuel public et privé, et la levée de tout blocage citoyens nuisant a ses libertés.

Il est désormais nécessaire de poursuivre la mobilisation populaire, du sourire, vigilance, persévérance, retenue et éviter les expressions et slogans de la haine qui constituent une menace pour l’unité nationale.

Hamid Imensoren

Khaled Tazaghart victime d’une justice aux bottes du pouvoir

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Riposte internationale, cette ONG de défense des droits humains, très active sur le terrain international et présente dans les médias qui ne cesse jamais de porter la voix des opprimés devant l’opinion publique internationale et devant les organisations qui luttent pour les droits de l’homme à travers le monde, comme à l’accoutumée, cette fois aussi, elle n’est pas restée muette devant l’injustice, la répression, l’arbitraire… Que fait subir le pouvoir algérien à son peuple et cette fois par la condamnation du militant pacifique et ancien député démissionnaire Khaled Tazaghart à une lourde peine d’une année de prison ferme juste parce qu’il ose s’opposer à la tyrannie des décideurs algériens.

Riposte internationale condamne avec force cet acharnement du pouvoir algérien contre ce militant connu pour sa lutte pacifique et dénonce avec vigueur cette justice du téléphone qui se soumit au désir de la tyrannie sans nulle conscience et en l’absence de toute éthique en piétinant les lois et les conventions qu’avait signées l’Algérie.

Voici le texte intégral du communiqué de cette ONG.