La France dans le cadre de l’UE et à l’occasion de la commémoration du 75e anniversaire de la charte des Nations unies, dans son action du régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme, reste déterminée à respecter, protéger et garantir les droits de l’homme, la démocratie et l’État de droit, qui jouent un rôle essentiel pour assurer la paix et une sécurité durable, en tant que pierres angulaires de son action extérieure.
A contrario et à la surprise générale, le 22 mars 2021 le
Président de la République française, après adoption par l’Assemblée nationale
et le Sénat français, promulgue la loi no 2021-302 et a autorisé l’approbation
de la convention d’extradition entre la France et l’Algérie, qui sera exécutée
comme loi de l’État. Cette situation profite aux autorités algériennes qui ont
lancé des mandats d’arrêt internationaux à l’encontre de citoyens algériens
établis à l’étranger.
Ces mandats d’arrêt internationaux ciblent les activistes
politiques de la diaspora algérienne, et ont pour but de réprimer les grandes
manifestations des citoyens algériens contre le régime en place. L’action de la
justice algérienne survient au moment où le Hirak mobilise à nouveau des
milliers d’Algériens chaque semaine dans les rues contre le régime, tandis que
le président Abdelmadjid Tebboune, sourd aux appels de millions d’Algériens, a
convoqué des élections législatives le 12 juin prochain.
Ces élections législatives, déjà compromises et truquées par
le système comme à son habitude sont boycottées par un grand nombre de partis
d’opposition, car elles se veulent encore une fois une insulte au peuple
algérien qui les rejette massivement lors des marches quotidiennes.
Riposte internationale (RI) dénonce avec force la convention
d’extradition entre la France et l’Algérie et la complicité réciproque entre l’État
français avec les autorités algériennes.
Riposte internationale dénonce ce soutien et cette duplicité
avérés des positions de la France avec l’Algérie, ainsi que la double posture
de l’État français n’ayant jamais accompagné le Hirak algérien en lutte depuis
2 ans pour recouvrir une vraie démocratie et un état de droit. L’État français
reste comme à son habitude en soutien au pouvoir algérien, feignant
l’apaisement et la pression judiciaire sur des militants politiques,
journalistes, syndicalistes et des citoyens pleinement engagés dans le
mouvement révolutionnaire, ainsi que le verrouillage médiatique des deux côtes
de la rive méditerranéenne.
Riposte internationale considère que la convention
d’extradition, fait suite à des mandats d’arrêt internationaux lancés par la
justice algérienne contre des activistes politiques pour motifs « atteinte à
l’unité nationale, ou atteinte aux intérêts de l’État », comme une grave
atteinte sur les valeurs en matière de droits de l’homme, de respect de la
dignité humaine, de liberté, d’égalité et de solidarité et aux droits les plus
élémentaires des Algériens résidants sur le territoire français. Cette convention
d’extradition non seulement met en lumière le silence de la France vis-à-vis
des exactions du pouvoir algérien contre les activistes politiques algériens,
mais aussi son indifférence quant aux violations des droits humains les plus
élémentaires, aux tortures et aux violences sexuelles répétées par le pouvoir
algérien.
Ce pouvoir, que l’État français soutient, faisant fi des
valeurs humaines défendues par la France prend une tournure dramatique avec le
début d’un nouveau cycle de répression ou non seulement le régime algérien
humilie ses citoyens vivant à l’étranger leur imposant un visa d’entrée dans
leur pays qu’après contrôle par les services du ministère de l’Intérieur et des
Affaires étrangères, mais aussi, pour enfoncer et faire taire la diaspora algérienne
établie à l’étranger. Le régime algérien a honteusement inauguré le projet de
loi portant sur la déchéance de nationalité et ceci combiné avec l’extradition
de tout citoyen contestataire résidant à l’étranger.
Riposte internationale rappelle l’absence d’un cadre démocratique,
et d’une justice autonome en Algérie, ce qui entache gravement le déroulement
des instructions menées à charge, dont les verdicts prononcés sont souvent
l’atteinte à la sécurité de l’état et l’unité nationale, et prennent une
dimension politique, comme étant une réponse aux légitimes aspirations
citoyennes réaffirmées depuis le 21 février 2021.
Riposte internationale rappelle au gouvernement français, au
regard des droits humains, qu’il est « impératif » d’interpeller le régime
algérien sur les violations des droits humains pour que ces exactions fassent :
« l’objet d’une enquête indépendante, pour identifier les
responsables
« sur la détérioration de la situation des droits
humains en Algérie »,
Les humiliations répétées du droit à la liberté
d’expression au pays
et appelé à mettre fin aux violations massives des droits de
l’Homme ».
Elle (RI) rappelle à la France, qu’au lieu de mettre en
place une convention d’extradition des activistes algériens de la diaspora,
qu’il est impératif de rappeler au pouvoir algérien de respecter ses
engagements internationaux et les valeurs qui constituent la base des
partenariats entre elle et l’Union européenne.
Riposte internationale exprime son inquiétude quant à une
éventuelle extradition des Algériens résidant en France renforçant la
répression du droit à la liberté d’expression en Algérie, et dénonce les
violations des droits de l’homme et les atteintes à ces droits et à y mettre
immédiatement fin, en promouvant la justice.
Riposte internationale ne peut rester indifférente aux
violations répétées des droits élémentaires des Algériens, aux valeurs humaines
que vous défendez et cette situation prend une tournure dramatique. Nous sommes
convaincus que votre engagement clair et sans réserve pour le respect des
droits humains fera sans doute reculer cette menace et contraindra le régime à
reculer comme l’a fait le HCDH à Genève dans sa presse release : « We are very
concerned about the deteriorating human rights situation in Algeria and the
continued and increasing crackdown on members of the pro-democracy Hirak mouvement…
».
Riposte internationale témoigne de sa solidarité pleine et
entière à l’ensemble des citoyens, militants politiques ou syndicalistes,
journalistes et citoyens ayant exprimé des opinions pour une sortie de crise en
Algérie et qui font l’objet d’intimidations ou d’acharnements judiciaires, avec
en plus la mise en place de l’extradition en collaboration avec l’État
français.
Riposte internationale dénonce fermement non seulement
l’approbation de la convention d’extradition, dans le seul but est de briser la
mobilisation remarquable de la diaspora algérienne, en soutien au Hirak. Cette
escalade dans la répression et le bâillonnement des Algériens y compris ceux
résidents à l’étranger révèle au grand jour les desseins d’une junte militaire
qui resserre jour après jour son emprise sur notre société pour réprimer toute
voix d’appel à un État de droit, au risque d’une explosion de colère induisant
un embrasement de tout le pays, voire au-delà des frontières.
Paris, le 6 avril 2021
Riposte internationale
Pour le Bureau fédéral
Ali Aït Djoudi