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lundi 23 février 2026
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Communiqué.

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Les autorités Algériennes viennent de lancer des mandats d’arrêt internationaux à l’encontre de citoyens Algériens établis à l’étranger. Ces mandats d’arrêt internationaux ciblent les activistes politiques de la diaspora Algérienne, et ont pour but de réprimer les grandes manifestations des citoyens algériens contre le régime en place. Ce régime use de tous les moyens répressifs contre les activistes ou qu’ils se trouvent dans le but, non seulement de faire taire les activistes à l’étranger, mais aussi de faire passer en force des législatives déjà truquées. RIPOSTE INTERNATIONALE rappelle que cette stratégie ne date pas d’aujourd’hui et que bon nombre d’acteurs politiques, syndicaux et des médias, qui à partir du mois de février 2019 n’ont eu d’autres choix que celui de quitter le territoire Algérien, anticipant d’éventuels exactions et acharnement judiciaires dont ils auraient été potentiellement victimes. RIPOSTE INTERNATIONALE dénonce la duplicité du langage et la double posture du pouvoir Algérien, feignant l’apaisement et maintenant la pression judiciaire sur des militants politiques, journalistes, syndicalistes et des citoyens pleinement engagés dans le mouvement révolutionnaire, ainsi que le verrouillage médiatique. RIPOSTE INTERNATIONALE considère que ces mandats d’arrêt comme le début d’un nouveau cycle de répression qui vise la communauté Algérienne établie à l’étranger, honteusement inaugurée avec le projet de loi portant sur la déchéance de sa nationalité à tout citoyen contestataire résidant à l’étranger. RIPOSTE INTERNATIONALE n’a pas à se prononcer sur le fond des dossiers, mais considère qu’en l’absence d’un cadre démocratique, et d’une justice autonome, entache gravement le déroulement des instructions menées à charge, dont les verdicts prononcés sont souvent l’atteinte à la sécurité de l’état et l’unité nationale, et prennent une dimension politique, comme étant une réponse aux légitimes aspirations citoyennes réaffirmées depuis le 21 février 2021. RIPOSTE INTERNATIONALE témoigne de sa solidarité pleine et entière à l’ensemble des citoyens, militants politiques ou syndicalistes, journalistes et citoyens ayant exprimé des opinions pour une sortie de crise en Algérie et qui font l’objet d’intimidations ou d’acharnements judiciaires.

Paris, le 22 MARS 2021.

Pour le bureau exécutif, Le président ALI AIT DjOUDI. :

RIPOSTE INTERNATIONALE MAISON DE LA VIE ASSOCIATIVE ET CITOYENNE (MVAC) 8 RUE DU GENERAL RENAULT – 75011 PARIS

TEL. : 06.34.36.62.29 – EMAI: RIPOSTE2018@GMAIL.COM

Tiferdoud, un village dans les nuages. Un exemple, une tradition, un espoir.

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Tiferdoud, ce petit village, qui, ces dernières années avait quelque peu défrayé la chronique même au-delà de nos frontières par ses réalisations, œuvre de solidarité de ses seuls citoyens ; qu’elles seraient écologiques, culturelles, qu’infrastructurelles sanitaires, sportives ou autres lieux de détente à l’image de ces jardins d’enfants, salle des fêtes, de danse, de musique, médiathèque, bibliothèque etc. Ce village qui est le plus haut de Kabylie (1197 mètres d’altitude) est situé dans cette célèbre  montagne du Djurdjura (Mons Ferratus) Igawawen, et de cette néanmoins renommée commune d’Abi Youssef, berceau de toutes les résistances et lieu de naissance de Lalla Fadhma dite N’soumer, à Aïn El Hammam (ex-Michelet).Un village près du ciel par son altitude, mais bien loin de ses bienfaits, pour être situé dans  l’une des régions des plus pauvres d’Algérie. Et pour cause, une terre, rocailleuse, aride, dépourvue de tout, où rien ne semble pousser, sinon quelques vestiges arboricoles.Mais grâce à cette inébranlable volonté de ses habitants à la maintenir vivace, quelques seraient les aléas naturels ou autres fâcheux événements ayants eu à parcourir le pays, et à surtout de le rendre attractif autant que faire se peut, ne serait ce que pour voir revenir sa très nombreuse diaspora, et présentement ces touristes ébaubis après tous ces couronnements. Mieux, dans cet esprit citoyen, solidaire qui a de toujours présidé à leurs comportements et à la prise de décision, et pour êtres aussi quelque peu à la hauteur des attentes, les Tiferdoudiens avaient  réalisé des prodiges ; et ce, pour êtres encore imprégnés et héritiers de ces valeurs anciennes sur lesquelles ils veillent jalousement pour les pérenniser, afin d’administrer leur village, comme jadis l’avaient fait leurs aïeux, c’est à dire démocratiquement, solidairement, et toujours en phase avec la modernité. Faut-il rappeler que cette république citoyenne, égalitaire et laïque ; ‘’dite primitive’’, du village kabyle est contemporaine de celle de la Grèce antique. Aucun citoyen n’est au dessus des lois ou de l’autre, quelque serait son statut ou fortune. Les premiers chercheurs français venus en haute Kabylie vers 1863 s’enquérir sur la façon de vivre et de se mouvoir, mais surtout sur l’organisation de cette poignée d’individus qui leurs avaient donné tant du fil à retordre, lors de leurs conquérantes et génocidaires expéditions de 1854 et de 1857.Il faut peut-être rappeler que ce minuscule coin d’Algérie n’est qu’à une centaine de kilomètres d’Alger ; et il ne fut réellement occupé par les français, et ils étaient les premiers belligérants étrangers de son histoire à le faire, et ce, 43 ans après la capitulation de nos ‘’frères protecteurs’’ Ottomans. Ces sociologues, anthropologues, philosophes et autres chercheurs et naturalistes avaient été stupéfiés par ce qu’ils allaient découvrir chez ces ‘semi-barbares’ comme qualifiés par certains de leurs briscards d’officiers. Contrairement aux idées reçues et autres assertions mensongères de leurs officiers chargés de relater le déroulement de ces deux affrontements, et autres reporters, et contre toute attente ils furent plutôt confondus. Ahuris ces chercheurs découvrirent une gouvernance, qu’ils qualifieront d’ailleurs, je les cite : « de rêve des utopistes » et de conclure : « l’organisation politique et administrative du peuple kabyle est une des plus démocratique et en même temps des plus simples qu’ils puissent imaginer ; jamais peut-être, le système self-government n’a été mis en pratique d’une manière aussi complète », et plus loin :« L’idéal d’un gouvernement juste et bon marché, dont les philosophes cherchent encore la formule à travers mille utopies », et de poursuivre : « il est la conséquence naturelle de l’esprit d’association et de solidarité ».Tiferdoud est un village d’environ deux milles habitants dont les deux tiers vivent éparpillés dans les villes algériennes ou à l’étranger. Laborieux ; ils sont ouvriers, professeurs, médecins, avocats, ingénieurs diplômés des grandes écoles, etc. à Alger, Paris, Londres, Montréal ou New York, pour ne citer que ces capitales. Comme indiqué plus haut, il est toujours gouverné par ‘Tajmaath’ ou comité du village démocratiquement élu par les citoyens résidants au village, dont l’autorité s’étend à toute la  diaspora, mais toujours dans le respect et en conformité avec ce legs des ancêtres et les lois et us qui régissent le pays d’accueil. Tiferdoud intra-muros, préservé des interactions et influences des autres cultures et traditions, est la survivance de cet idéal républicain fait de laïcité, de la tolérance et du vivre ensemble, et pour cause ; les islamistes ou réputés tels, les athées, ces néo-chrétiens dont le nombre ne cesse d’augmenter, vivent tous en harmonie et dans le respect mutuel. Et, jamais et au plus fort du règne de l’intégrisme par ailleurs, et grâce surtout à cet esprit laïc qui a de toujours présidé aux rapports entre les villageois il n’y avait eu d’incident à déplorer aussi minime était-il. Sinon de pleurer et d’enregistrer malheureusement que la première victime des islamistes intégristes  à Alger, était issue de ce village; en l’occurrence feu Kamel Amzal, cet inénarrable martyr, héros de la démocratie et de la laïcité. Dans ce monde de tous les extrêmes et des intolérances ; Tiferdoud qui à travers ces activités, concours régionaux avait fait l’unanimité autour de son œuvre et réalisations utiles, voire salvatrices, devra pour cet incitatif exemple, et pour avoir incarné aussi l’illustration de ces honorables performances et de ce précieux vivre ensemble, être aussi encouragé par ces ONG qui prônent ces vertus citoyennes et les autres organisations dites humanitaires.

Auteur: Mohammed Aouli

RIPOSTE INTERNATIONALE ORGANISATION NON GOUVERNEMENTALE DE DEFENSE DES DROITS HUMAIN.

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  • Madame Michelle Bachelet, votre excellence, Le 18 févrierdernier le pouvoir militaire algérien, sous couvert de sa façadecivilele chef de l’État désigné Mr. Abdelmadjid Tebboune, avait annoncé des mesures de grâce en faveur d’une trentaine de détenusd’opinion qui pouvaient laisser penser que cela étaitle préludeà un climat d’apaisement pouvant ouvrir la voie à un dénouement de la crise politique en Algérie.Votre Excellence, Il faudrait tout d’abord préciserque pour les détenusd’opinion n’ayant pas encore été jugéil ne s’agissait que d’une libertéprovisoire, ce qui ne les met nullement àl’abrid’un emprisonnement ultérieur. Aussicette mesure ne touche pas l’ensemble des détenus d’opinionet certains demeurent à ce jour en prison. Votre Excellence, Ceci démontre cette dictature militaire érige le délit d’opinion en ‘épée de Damoclès’ qui continue a peser sur les citoyens. C’est pourquoi les imposantes marches populaires, suspendues pour cause de pandémie, ont reprisen masse sans pour autant changer la nature des revendications des manifestants, à savoir le départde la junte au pouvoir et l’instauration d’une véritable démocratie,ce qui bien sûr n’est pas du goûtdes dirigeants qui multiplient les enlèvements, arrestations, et emprisonnements arbitraires. En fait, ils reprennent d’une main ce qu’ils ont donné de l’autre.Votre Excellence, Bien plus grave encore la répression policières’abat sur les manifestants sans distinction d’âge ni de sexe et les nombreuses vidéos qui circulent attestent de la brutalité de la répression dont usent les services de sécurité qui n’ont pas hésité à recourir à la torture et aux violences sexuelles de certains détenus dans les locaux du centre Antar de ben Aknoun sur les hauteurs d’Alger. Il va sans direégalementque le pouvoir tente à chaque fois d’empêcherles marches par un verrouillage systématiquedes villes et par des intimidations à outrance. À cetterépressionqui viole un droit humain le plus élémentaireà savoir celui de manifester paci5quement et d’exprimer ses opinions politiques,se sont ajoutées des révélationsrécentes sur des cas avérés de traitement inhumains et dégradants y compris la torture et viol de Walid Nekiche et Brahim Lalami, dansdes centres spécialisés de la police politique et qui sont attestés par des témoignages des victimes elles-mêmes et divulguées lors des audiences dans les tribunaux.Votre Excellence,Mêmesi nous savions que ces pratiquesfont partie depuis des dizaines d’années de l’arsenal répressif de la dictature aux commandes de notre pays, il n’en demeure pas moins que les révélationsfaites par
  • RIPOSTE INTERNATIONALEMAISON DE LA VIE ASSOCIATIVE ET CITOYENNE (MVAC) 8 RUE DU GENERAL RENAULT – 75011 PARISTEL. : 06.34.36.62.29 – EMAIL : RIPOSTE 2018@ GMAIL . COM les victimesde ces traitements dégradants infamants et indignes ont dévoilé au grand jour la pratique de la torture érigée comme moyen de bâillonner le citoyen et instiller en lui la peur. Votre Excellence,Cette dictature qui clame aux yeux de l’opinion internationale qu’elle a satisfait à l’ensemble des revendications populaires ne peut plus cacher sa face la plus hideuse, à savoir l’emploide la torture et qui ne saurait demeurer impunie.Votre Excellence, Plus grave encore le ministre de la justice vient de présenter un projet de loi sur ladéchéancede la nationalité pour tout citoyen algérien résidantà l’étranger « Quiportent de graves préjudices aux intérêts de l’État ou qui portent atteinte à l’unité nationale ». En mobilisant des notions juridiques aussi vagues que dangereuses comme «atteinte à l’unité nationale, ou aux intérêts de l’État», l’on assiste à une dérive extrêmement grave du régime portant atteinte au droit à la nationalité pour faire des apatrides et qui vise à briser la mobilisation remarquable de la diaspora algérienne, en soutien au hirak. Cette escalade dans la répressionet le bâillonnement des Algériensy compris ceux résidentsàl’étranger révèleau grand jour les desseins d’une junte militaire qui resserre jour après jour son emprise sur notre société. Votre Excellence, Aussi nous faisons appel une nouvelle fois à votrehonorable institution en tant que gardienne du respect des droits humains pour interpeller avec fermetéetdétermination les dirigeants de notre pays pour qu’ils cessent leur politique derépressionet de diktat que nous subissons et les contraindre àouvrir la voie àdesnégociationspour l’instauration d’un État de droit et des libertésen Algérie. Nous saluons votre récenteintervention à lasession du Conseil des droits de l’homme, mais à l’évidence il en faut bien davantage pour faire entendre la voix de la raison et de la sagesse à cette dictature qui nous ét ou>e.Votre Excellence, Le peuple algérien qui s’exprime depuis deux années déjà avec un paci5smeexemplaire, salué à traversle monde continuede sou>riret il est à craindrequ’ilne puisse plus supporter ces exactions et ces humiliations quotidiennes du régime, au risque d’une explosion de colèreinduisant un embrasement detout le pays, voire au-delà des frontières.Votre Excellence, Toute personne attachée aux valeurs humaines ne peut rester indifférente à de telles violations des droits élémentaires des Algériens et l’organisme que vous présidez ne peut laisser cette situationprendre une tournure dramatique alors que nous sommes convaincus que votre engagement clair et sans réserve pour le
  • respect des droits humains en Algériefera sans doute reculer cette menace et contraindra le régime à reculer. Paris le 05 Mars 2021Pour le Bureau Exécutif Riposte International Ali Ali Ait Djoudi – Président.

Mouloud Mammeri, Seule contre l’Empire-

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Il est des hommes qui entrent dans l’histoire par la petite porte de l’infamie. Ils sont légions. Ils pérorent, complotent, assassinent, manœuvrent et nous gouvernent, mais il en est d’autres que l’Histoire accueille par sa grande porte auréolée d’honneur et de gloire. Ils pensent, construisent, instruisent et lèvent des espérances. Mouloud Mammeri dont on commémore ces jours-ci l’anniversaire de son décès est sans conteste de ceux là.Sa vie durant, il consacra toute son énergie à sauver de l’oubli et d’une mise à mort programmée, une langue, une culture… que dis-je? un peuple, une civilisation ! La tâche fut titanesque pour un seul homme. Elle exigea un dur labeur, du courage, une persévérance à toutes épreuves et une érudition confirmée. S’écartant des chemins aléatoires et bruyants de la politique, il emprunta la voie difficile mais assurée et sereine des géants : celle du savoir et de la pédagogie. Nourrit au bon sens paysan bien de chez nous, il fit le tour des idées et choisit de s’établir dans une pensée humaniste qui ne trahit jamais l’Humain et en aucun cas ne l’éloigne de sa part d’engagement quand le devoir l’appelle au cœur de la tourmente. Du combat contre le fascisme à celui de la guerre de libération, Mouloud Mammeri assuma dignement son rôle. Homme de paix, ses domaines de prédilection étaient chevillés à sa fibre artistique et à ses racines. C’est là, qu’il trempa sa plume pour nous offrir tantôt des prairies de poésies, tantôt nous restituer une part de nous- mêmes enfouie sous des siècles de mystifications et d’arbitraires. Bien que j’eus moult occasions de l’approcher, je n’ai pas eu l’honneur de le côtoyer. Un regret que je confesse volontiers. J’aurai tant appris auprès de cet érudit au sens entier du terme (Poète, romancier, dramaturge, anthropologue, féru de grec, de latin … ) mon ignorance serait largement moins étendue qu’elle ne l’est aujourd’hui. Auprès de ce Maître fondateur incontesté et incontestable du tamazyght moderne, j’aurai bu à la source de sa science qui raviva le corps malade de Tamazgha. Il me souvient qu’au premier jour de mon installation à Alger, une force irrésistible me poussa vers les cours de tamazyght qu’il dispensait à la Fac. Trop tard ! La main de fer a frappé. Les cours supprimés. Quelle fut ma déception et ma rage ! A Ath- yenni, dans mes années de collège, il arrivait parfois, à la sortie des cours, que nous rodions mes camarades et moi, autour de l’unique table disposée devant un petit café du coin, pour l’observer disputer quelques parties de dominos avec des gens du pays. Humble, Le burnous sur les épaules, il était égal à lui même et aux autres. Rien ne le distinguait de ses partenaires. Concentrés sur leurs jeux, les quatre protagonistes se fondaient dans une même passion comme des fruits mixés dans un entonnoir. Cette proximité charnelle qu’il avait avec les siens, quelles que soient leurs conditions sociales et leurs degrés d’instruction dévoile une grande âme et un amour certain pour sa terre et son peuple. Il les porta toute sa vie dans son cœur, dans son esprit et dans ses valises où que le menaient ses pas ou le hissait son prestige. Quant la partie finit, il saluait tout le monde et rentrait chez lui, seul et pensif, en suivant le sentier qui montait au sommet de sa colline désormais sortie de l’oubli. A cette époque nous ne savions pas encore que dans sa tête tournait une usine où s’assemblaient les pièces d’un puzzle reconstituant le socle d’une identité en perdition. Intellectuel d’une authenticité lumineuse, il était doté d’une lucidité peu commune qui l’éleva au dessus de toute compromission. Il aimait sa liberté, la préservait et ne s’en départit jamais. Les foudres de ses détracteurs ne l’atteignaient pas,. Il se savait haï mais surtout craint. le processus d’émancipation qu’il a déclenché embrase aujourd’hui toute l’Afrique du nord.Ils avaient donc raison de le craindre. Il était seul contre l’empire, Nous sommes des millions.à suivre le sillon qu’il a tracé.

Auteur: Mokrane Gacem.

Riposte Internationale soutient les rifains

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COMMUNIQUE

RIPOSTE INTERNATIONALE tient par le présent communiqué à réaffirmer son soutien indéfectible aux revendications légitimes portées par le mouvement citoyen qui s’exprime dans la province du RIF marocain, et ce depuis 2017.

RIPOSTE INTERNATIONALE soutient l’ensemble des militants arbitrairement arrêtés et injustement condamnés au mépris du droit marocain et des conventions internationales pourtant ratifiées par les autorités de ce pays.

Le harcèlement judiciaire s’étend sur le reste des provinces, ciblant les animateurs du monde associatif, des journalistes et tout citoyen qui ose exprimer son désaccord avec la politique répressive et discriminatoire menée par El Makhzen.

RIPOSTE INTERNATIONALE a tout le temps dénoncé et condamné sans aucune réserve le montage de toutes pièces de dossiers sans fondements afin de prononcer de lourdes peines de prison dans le but de réduire au silence ces voix porteuses d’espoir dont la vision est adéquate aux aspirations des citoyens marocains.

RIPOSTE INTERNATIONALE ne manquera jamais d’alerter sur les dérives autoritaires des du royaume chérifien qui mobilise son arsenal judiciaire pour étouffer les revendications citoyennes exprimées dans un cadre pacifique, et sur les conditions carcérales des détenus politiques et d’opinion au Maroc en général et à ceux du RIF en particulier.

RIPOSTE INTERNATIONALE tient à exprimer son soutien indéfectible aux détenus ainsi qu’à leurs familles et invites les autorités de ce royaume à les libérer de manière inconditionnelle et de cesser le harcèlement judiciaire dont sont victimes les citoyens pleinement engagés dans la voie du progrès, de l’égalité et de justice.

Paris, le 19 février 2021

Pour le Bureau exécutif

Le président

ALI Aït Djoudi

L’islamisme contre le soufisme

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  –  Les attaques contre Djabelkhir en tant qu’adepte de l’islam soufi maghrébin par l’islamisme ne sont pas nouvelles. Le soufisme vient du mot arabe tassawuf, c’est-à-dire « initiation » ou démarche spirituelle, incarné en Algérie par des soufis comme Sidi Boumediene et ses disciples. Saint patron de la ville de Tlemcen même s’il n’y a pas vécu, Sidi Boumediene est l’un des maîtres de l’islam soufi en Algérie du XIIe siècle, son mausolée est devenu un lieu de pèlerinage pour les Tlemcéniens et bien au-delà. Sidi Boumediene, à l’instar de tous les fondateurs de l’islam soufi, mystique et confrérique en Afrique du nord, comme Sidi Ahmed Tidjani (Tidjaniya), Sidi Abderahmane (Rahmaniya), appelé aussi Bouqobrine (le saint au deux tombeaux), la cheykhiya des Ouled Sid Cheikh à El Biadh, la qadiriya de l’émir Abdelkader… sont les continuateurs de cet islam né dès l’aube de l’islam grâce, notamment à El Haladj, Ibn Roumi, Ibn Elarabi… (du IXe au XIIe siècle), puis structuré en tariqas (confréries) à partir du XIe siècle. 

Les adeptes de ce courant, rassemblés dans des zaouïas, pratiquent des séances de récitation (dhikr), des cercles de prière, des chants (sama’a) et des danses, comme les derviches tourneurs, afin d’accéder à un état supérieur et de cheminer vers Dieu. Le soufisme, réputé pour sa pratique tolérante de l’islam, est traditionnellement opposé aux courants littéralistes, c’est-à-dire au salafisme et au wahhabisme… Seuls le soufisme et le kharidjisme (sécessionnistes) admettent que l’islam est une spiritualité. 

Fort d’une grande capacité d’adaptation, l’islam soufi s’acclimate à tous les contextes, à tous les temps et espaces parce qu’il ne prétend pas régir la vie sociale des gens, s’abstient de toute fonction normative et s’attache entièrement à la spiritualité. Contrairement à l’islam salafiste, littéraliste obsédé par un mode de vie et de pensée remontant aux salafs (les quatre califes Al- rashidun, bien guidés 632-661), l’islam soufi est un islam du for intérieur, il n’est porté ni sur la visibilité ni sur la violence, sauf pour lutter contre la colonisation.

Aujourd’hui, sous les coups de boutoir de l’islamisme, qu’il soit frériste, salafiste ou wahhabite, l’islam soufi confrérique au Maghreb marque le pas. Les ulama que l’on qualifie à tort de « réformistes », de Djamel Eddine Al Afghani à Mohamed Abduh en passant par Rachid Ridha, Sayyid Qutb jusqu’à Ben Badis, ont combattu l’islam mystique, soufi et confrérique ainsi que les défenseurs d’un islam spirituel. 

Mansour Al-Hallaj, un persan mystique soufi du IXe et Xe siècle, a été condamné à mort et exécuté en 922. Les mausolées des saints soufis sont parfois profanés y compris celui de Sidi Boumediene vandalisé dans les années 1990 par des salafistes, mais restauré depuis. El Qaida à Tombouktou au Mali a saccagé en 2012 les mausolées et tombeaux des saints soufis auxquels les populations sont très attachées. En s’attaquant à ces lieux culturels, c’est l’identité culturelle et historique du Mali qu’ils voulaient anéantir. Cet acte ignoble a été qualifié par la Cour pénale internationale (CPI) de crime contre l’humanité en condamnant le djihadiste Ahmad al Faqi al Mahdi en septembre 2015 à neuf ans de prison. Ces traces d’un passé culturel et cultuel brillant sont insupportables pour les islamistes radicaux. L’attentat terroriste du 24 novembre 2017 qui a visé la mosquée Al-Rawdah au nord Sinaï en Égypte, un édifice animé par des soufis, a fait 305 morts. Le commandant Massoud opposant à l’occupation soviétique de l’Afghanistan, était un poète et un mystique soufi. Et parce qu’il était soufi, il a été assassiné par un attentat-suicide commandité par Ben Laden le 9 septembre 2001 dans la province de Takhâr en Afghanistan. 

Depuis des décennies, voire des siècles les symboles et lieux saints de différentes confréries soufies, du Pakistan à l’Égypte en passant par l’Algérie, le Mali… sont la cible des islamistes et djihadistes qui pensent que l’islam est « un » et doit être prêché, vécu et appliqué de la même façon en terre d’islam et même en dar el harb (territoires non-musulmans ou littéralement territoires de la guerre). Ce qui est une vue de l’esprit puisque l’islam au singulier est tout simplement une abstraction, il n’a existé ni aujourd’hui ni à la naissance de l’islam, il était ab initio pluriel : sunnite, kharidjite (dissident), shî’ite, islam asiatique imprégné de pratiques bouddhiste et d’hindouiste, islam mystique, soufi et confrérique au Maghreb et en Afrique subsaharienne, un islam ibadhite au sultanat d’Oman, au Mzab (Algérie), Djerba (Tunisie), Djebel Nefoussa (Libye) et à Zanzibar (Tanzanie)… L’islam dans les Balkans est fortement marqué par l’islam soufi des derviches, dont le maître spirituel est Hadj Bektachi, un courant religieux plus proche de l’hétérodoxie que de l’orthodoxie de l’islam. L’on est en présence d’un islam syncrétique, c’est-à-dire que la conversion à l’islam des populations des Balkans aux XIVe et XVe siècles s’était accompagnée de la récupération partielle des sédiments cultuels antérieurs à l’islamisation. Les Bosniaques, population musulmane, fêtent toujours le Saint-Jean. Lorsque l’on interroge un Bosniaque sur sa religion, il répond souvent « Je suis musulman par la Sainte Vierge ». 

L’islam soufi bénéficie d’une grande profondeur historique et anthropologique, il est de nature inoffensive, ce n’est pas un islam de conquête parce qu’il est chargé de culture locale, il est enraciné dans les traditions, les croyances antérieures à l’islam et les pratiques mystiques. A l’inverse, l’islam salafiste qui voyage un peu partout dans le monde, est un islam léger, sans culture et sans anthropologie, car il est réduit à une fonction normative largement inadaptée.

Par Tahar Khalfoune

Protégeons nos femmes ! Défendons nos reines ! Basta !

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Après les condoléances, un solution doit être urgemment trouvée. Il ne suffit pas de pleurer à chaque féminicide en attendant le prochain.Tinhinane Laceb a été tuée durant la nuit du mardi 26 au mercredi 27 janvier par son mari. La journaliste de la TV 4 Tamazight de la télévision algérienne a laissé deux petites filles derrière elle. Tout le monde autour de Tinhinane connaissait sa souffrance. Du milieu familial, au milieu professionnel en passant par ses amis, les témoignages sont ahurissants. Tous savaient, personne n’a rien fait.Nous nous rappelons également de Chaïma,19 ans, brûlée vive par son harceleur. La jeune fille a été enlevée, violée avant d’être aspergée d’essence et carbonisée par son bourreau. Son corps a été retrouvé le 3 octobre par les services de la Sûreté, dans une station-service désaffectée de Thénia, près de Boumerdes. L’assassin de Chaïma la harcelait depuis 4 ans. Une plainte même a été déposée par la famille contre le voyou qui a rendu infernale la vie de l’adolescente. La plainte n’a pas été suivie d’effet et ce qui devait arriver arriva.Jusqu’à quand ?Les cas de Tinhinane et de Chaïma ne sont pas isolés. Des dizaines de femmes meurent chaque année en Algérie sous les coups du mari, du père, du frère ou même du copain ou du fiancé ! Le phénomène touche la planète entière mais dans un pays laxiste comme l’Algérie, c’est l’hécatombe.L’absence de loi protectrice, le code de « la famille » et l’islamisme qui range la société ont fait que la femme devienne victime expiatoire d’une société schizophrène ou « l’homme » se permet tout et la femme est interdite de tout.La société kabyle, loin d’être idéale, condamne le féminicide et le conjoint qui violente sa femme est tout simplement considéré comme un sous-homme. « Maci d argaz » disent les Kabyles.AKAL s’incline devant la mémoire de Tinhinane, de chaïma ainsi que devant celle de toutes les femmes qui subissent les affres d’une société malade, endoctrinée par une religiosité morbide et une école terroriste.Seules une justice indépendante, une police au service du citoyen et de la citoyenne et une école moderne qui apprennent l’égalité et la parité aux enfants peuvent mettre fin à ce génocide. C’est dans cette ligne directrice que s’inscrit AKAL : la dotatation de la Kabylie d’institutions émanant de sa propre Histoire et s’inspirant de ses propres valeurs, valeurs d’égalité et de respect.Tinhinane, n’était-elle pas une reine chez les Amazighes ?

Pour AKAL La Secrétaire nationale à la condition féminine et à la culture Fetta At Ucaalal

Tizi-Ouzou, le 31/01/2021


À tous ceux qui croient beaucoup mais pensent peu

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Par Mokrane Gacem

Pour avoir émis un avis favorable à l’érection d’une statue dédiée à Shashnaq au centre de la ville de Tizi-Ouzou et pour avoir interpellé certains démocrates progressistes à plus de retenue sur leur promptitude à lancer des anathèmes à l’endroit de ceux qu’ils sont sensés défendre selon leur supposés principes, Je reçois de la part de quelques personnes une salve de clichés qui relèvent d’une psychopathologie et d’une aliénation apparemment incurable. Je réponds à l’une d’elles en m’adressant aussi à ses complices, ses parrains et à tous ceux qui croient beaucoup mais pensent peu en espérant qu’ils me liront jusqu’au dernier mot. C’est très utile pour eux.

Une dame visiblement très inspirée m’a traité de séparatiste, de rétrograde et d’être sous l’emprise de l’influence de la France. Un délire !

Madame, Vous avez déplacé le débat sur un terrain que je n’ai jamais investi et dans lequel je ne vous suivrai pas. Il est malsain. Ni vos invectives, ni vos calomnies ne pourront m’y engager.

Hostile d’une façon épidermique à toute forme de racisme, j’ai toujours combattu cette puanteur en tout lieu, en tout temps (Vous en faut-il des preuves ?). Vos propos sont inacceptables et dévoilent plus sur le trouble de votre personnalité qu’ils ne m’entachent.

Mon billet ne visait ni à diviser les algériens ni à stigmatiser une communauté quelconque.

J’ai évoqué des personnages historiques (Shashnaq, Okba, Abdelkader) que je me refuse de voir comme des représentants de quelque communauté que ce soit. À vous lire on peut penser le contraire vous concernant. Nous divergeons déjà radicalement sur ce point.

Je me suis bien gardé de parler du personnage historique de Shashnaq car il s’agit en l’occurrence, d’une STATUE. J’ai souligné l’intérêt de cette statue dans son caractère PÉDAGOGIQUE qui peut contribuer un tant soit peu à fissurer le carcan idéologique RÉACTIONNAIRE (était-il besoin de le qualifier ?) dans lequel on a enfermé le domaine officiel de la statuaire nationale.  

Au-delà, j’ai vu en celle-ci une manière de capter l’attention du citoyen lambda sur la profondeur historique et l’étendue territoriale occupée par le peuple amazigh auquel vous et moi nous appartenons. Quoi de plus légitime ? Cette statue ne heurte aucune communauté, elle ne dérange que les gendarmes de la pensée et, c’est tant mieux !  Les islamistes et les panarabistes ne sont pas à leur première levée de boucliers dès que l’art et l’histoire les bousculent dans leur imposture et dès que le caractère amazigh du peuple algérien se manifeste sous quelque forme que ce soit.  Le racisme constitue la substance essentielle et indécrottable de leurs doctrines.  Tous les algériens en phase avec l’histoire et la culture de leur pays se doivent de revendiquer fièrement cette statue. Elle ne les agresse pas, elle les magnifie. 

L’identité, la langue, la culture et l’histoire amazigh ne souffrent-t-elles pas d’ostracisme de la part de la France et des pouvoirs en place en Afrique du nord ?  Ouvrez vos yeux et vous verrez toute la puissance perverse qu’ils déploient à l’unisson dans le déni d’un peuple qui a survécu à 2000 ans de domination. Est-ce un hasard ? un malentendu ? Cogitez là-dessus, je fais confiance à votre sens de la justice et à votre conscience de démocrate progressiste pour y trouver les bonnes réponses.                                    

La comparaison que j’ai faite avec les statues d’Okba et d’Abdelkader vous ont choqué ?  Je n’y peux rien. Nous ne partageons pas la même opinion sur ces deux personnages et probablement bien d’autres encore. Vous vous en revendiquez ? Tant mieux pour vous, cela ne me dérange nullement. Cependant je suis prêt à changer mon opinion sur Okba si vous arriviez à me convaincre de la différence qu’il y a entre ce général omeyyad et le général Bugeaud. Ne sont-ils pas venus tous les deux avec sabres et canons pour piller, massacrer, réduire en esclavage sous prétexte de le civiliser, ce pays qui est le vôtre ?  À quelle idée PATRIOTIQUE répond l’élévation de son imposante statue à Biskra ? J’aimerai le savoir. Et, de quel crime contre l’Algérie accuse-t-on Aksil (Koceilah) pour le proscrire du panthéon national et des manuels scolaires ? N’était-il pas un patriote qui défendait son pays, votre pays ? Que signifie cette discrimination ?  Feindrez-vous d’ignorer une telle ignominie ? Un démocrate progressiste, ne doit-il pas dénoncer cette injustice ne serait-ce que pour les principes dont il se réclame ? Je vous laisse cogitez sur ces questions, je fais confiance à votre sens de la justice et à votre conscience de démocrate progressiste pour y trouver les bonnes réponses.

Quant à Abdelkader dont je n’ai jamais nié l’identité amazigh comme vous le sous-entendez par mauvaise foi. Il a certes combattu le colonialisme jusqu’en 1847, c’est tout à son honneur. Toutefois, relevons qu’il fut inspiré non pas par des idéaux de liberté partagés par tous les algériens, mais par des appétits bien moins glorieux. C’était ainsi à cette époque, il n’était pas le seul, j’en conviens. Je ne fais pas observer cette nuance pour blâmer, mais pour dire que l’hagiographie est toujours trompeuse. Un militant démocrate progressiste se doit d’interroger sans cesse l’histoire, à fortiori quand elle se cristallise en une doxa officielle, car dans ce cas, son but n’est pas de dire la vérité mais de servir d’instrument de domination. Elle procède par la falsification et le mensonge, c’est pourquoi elle ne doit jamais échapper à notre examen.  Elle doit demeurer pour nous un terrain de recherches et de réflexions constantes au lieu de s’en gaver jusqu’à perdre tout sens du discernement. Travaillons plutôt à nous en émanciper, pour cela, rien ne doit être taboué quand il s’agit d’explorer notre passé. Tout doit passer au crible de la critique même quand il s’agit des “saints“ et des “prophètes“. Aucune personnalité historique, quelle que soit sa grandeur ne doit être sacralisée. La sacralisation est une borne qui rend les gens bornés. Un Etat qui fixe un récit national avec arrogance, en usant de la censure, de la répression et du bourrage de crânes n’a pas pour dessein de diriger un pays, un peuple, mais pour surveiller un enclos à bétail.

Revenons à Abdelkader, n’est-il pas un peu (c’est un euphémisme) controversé par ses faits et discours à l’endroit du peuple algérien dont il ne voulait plus soutenir les combats contre l’empire colonial français qu’il encensait par ailleurs dès qu’il a bénéficié des largesses de Napoléon III ? N’a-t-il pas dénoncé les insurrections de son peuple contre cet empire ? N’a-t-il pas renié son propre fils pour son engagement dans le soulèvement de Constantine ? n’a-t-il pas été pensionné jusqu’à sa mort et sa descendance jusqu’en 1979 par La France ? N’a-t-il pas eu un monument dédié à sa personne en 1949 par le gouverneur Naegelen, de sinistre mémoire ?  N’a-t-il pas été couvert de médailles par la France coloniale au moment où tout le peuple algérien tentait de survivre à l’exploitation et aux massacres ? N’a-t-il pas eu une rue baptisée à son nom au centre de Paris dans le 5e arrondissement en 2006 ? A votre avis, Pourquoi a-t-il bénéficié de tous ces égards de la part de la France officielle ? L’historiographie française le présente comme un grand humaniste et un grand penseur et il se trouve des algériens qui répètent comme des perroquets ces allégations abusives et s’enflamment d’un orgueil mal placé. Certains le font par reflexe tribal et régionaliste qui atteste du retard de formation de leur conscience nationale, d’autres le font par cet esprit de colonisé qui incline leurs têtes devant la parole du maître. Enfin, il y a ceux qui veulent condamner l’Algérie ad vitam aeternam à se chercher dans des référents religieux en lui fermant tout accès à des visions rationnelles, sécularisées et modernes. 

Sa qualité d’“ humaniste “ dont la France et le monde occidental l’ont bonifié repose exclusivement sur l’égocentrisme de ces derniers et renvoie à deux faits, certes méritants, mais pas au point de le hisser à cette pensée universelle. Il a en effet appelé à ne pas maltraiter ses prisonniers français et protégé les chrétiens de Syrie en 1860, mais cela ne l’a pas empêché de massacrer des tribus algériennes et de condamner les insurgés de son pays qui se sont élevés contre l’empire colonial. Ces derniers ne comptaient pas dans “ l’humanisme d’Abdelkader “ ni dans celui des historiographes occidentaux. Quant à sa pensée, Abdelkader n’était rien d’autre qu’un mystique de l’islam comme il y en avait pléthore à son époque en Algérie. Il n’en était ni le meilleur, ni le plus grand.  En faire un humaniste par ses lectures de Platon, d’Aristote et du coran est aussi ridicule qu’arbitraire. L’humanisme est né d’une pensée subversive contre l’ordre et la culture religieuse. Il fut porté par des philosophes dont le système de pensée est bien moins conforme à la métaphysique d’Aristote ou à l’idéalisme de Platon et encore moins au corpus du coran. “L’humanisme“ d’Abdelkader est une supercherie !

Sur tous ces faits, n’est-il pas abusif de lui donner cette place de choix dans l’histoire de la nation au détriment de ceux qui sont morts pour elle ou exilés à vie dans d’abominables conditions ? La France nous a choisi notre héros national et le pouvoir algérien s’est chargé de perpétuer ce choix dans les esprits, par tous les moyens et sans discussion. Par ignorance, par paresse intellectuelle ou par calcul, le mouvement national et le FLN d’après-guerre n’ont fait que reprendre l’historiographie coloniale.  Boumediene a porté Abdelkader au firmament moins pour son « héroïsme » que pour des raisons sectaires. Son fameux et perfide slogan « Un seul héros, le peuple » n’avait d’autre visée que d’amoindrir la grandeur des héros du mouvement national, lesquels pouvaient faire de l’ombre à lui et ses comparses qui n’ont jamais été des héros.  

 La France, a-t-elle jamais abandonné son désir de dépersonnaliser les algériens ? On dit que pour se soumettre un peuple, il faut le dépouiller de sa langue, de sa culture et de son histoire. N’est-ce pas ce que fait la France, de concert avec le pouvoir algérien à ce jour ?  Derrières leurs querelles de façade, leurs politiques se superposent harmonieusement pour faire des algériens des étrangers à leur histoire et à leur pays. Cela participe de la volonté de faire croire que notre pays n’est pas peuplé d’autochtones mais d’étrangers, ce qui induit que nul n’aurait le droit et la légitimité de le revendiquer. Le calcul est simple : cette terre n’a pas de propriétaires, elle est donc légalement colonisable. Toutes ces questions et ces réflexions ne sont visiblement pas les vôtres, elles sont miennes. Le débat est ouvert. Ni vos invectives, ni vos calomnies ne pourront le fermer.

 « França oua3raa » comme vous dites, je vous le confirme “França oua3raa “. Il convient d’adresser cette allusion à vous-même. Elle se prête parfaitement à votre cas, je vous la retourne donc en espérant qu’elle vous fera réfléchir et vous fera prendre conscience que “França“ n’est pas là ou on vous l’a fait croire mais bel et bien dans votre tête, profondément enracinée. Elle vous travaille en profondeur et sans relâche contre l’amazighité depuis deux siècles et vous ne vous en rendez même pas compte. Pourquoi à votre avis, la France officielle s’obstine-t-elle à nous consigner dans l’identité arabe sachant qu’elle n’ignore rien de l’histoire et de la culture de notre pays ? Pourquoi a-t-elle, dès les premières années de la colonisation, ouvert ses “bureaux arabes“ et ses écoles d’arabe ?  Pourquoi s’est-elle acharnée à arabiser notre patrimoine toponymique et patronymique là où il ne l’était pas ? Pourquoi se refuse-t-elle d’introduire le tamazight dans son système éducatif alors qu’elle y promeut la langue arabe ? À quels intérêts répondent ces politiques menées depuis le début de la colonisation à nos jours ? Réfléchissez…Réfléchissez…

Vous me claironnez au visage « Je suis une algérienne ! ». Quelle révélation !   Mais à qui vous vous adressez ? A un martien ? Vous rendez-vous compte de la stupidité d’une telle affirmation quand vous l’envoyez avec une insolence ridicule à vos compatriotes qui n’ont nul besoin de prouver leur algérianité pétrie dans l’histoire et la fureur de la guerre. Si cette terre d’Algérie pouvait parler, elle vous rendrait moins bavarde et moins sûre de vous. Ne vous méprenez pas, vous n’êtes pas plus algérienne que ceux que vous visez par cette sottise. Retenez-vous avant de dire n’importe quoi. Vous risquez de vous étouffer dans vos préjugés made-in “ França“ ou “baâth“, c’est du pareil au même.

Avec le même aplomb, vous me lancez cette formule attrape-nigaud “Je suis berbère, arabe, turque et française ». Formule en effet jolie et généreuse, si seulement elle avait une réalité. Etes-vous sûre d’être aussi fragmentée ? Ne se cache-t-il pas derrière cette rhétorique un petit calcul idéologique visant à minimiser le substrat culturel amazigh qui définit l’identité des algériens ? Apprenez à être honnête avec vous-même au lieu de vous nourrir avec ces gadgets qui ont fait leur temps. Rappelez-vous que le colonialisme a tenté cette équation auprès des algériens, mais à l’époque ils ne se sont pas laissés avoir. Ils avaient très tôt su déceler derrière ce “cosmopolitisme“ étriqué le venin de la domination coloniale et la volonté de les écarter de l’histoire. L’Algérie n’est pas un melting-pot madame, elle est amazigh quel que soit l’acharnement qu’on y met pour nier cette réalité. Vous pensez, vous mangez, vous respirez, vous ressentez amazigh et vous vivez sur une terre amazigh. Quel que soit l’épaisseur du voile qu’on a mis sur votre cerveau et le prisme déformant qu’on a installé entre votre regard et votre identité, vous êtes amazigh. Vous n’êtes ni saoudienne, ni turque, ni française. Vous êtes sous l’emprise d’un fantasme !

Derrière sa séduisante apparence, Le melting-pot est une notion inventée par les américains pour camoufler le génocide des indiens et envoyer ces derniers dans la trappe de l’oubli. Votre formule ne vise pas moins que de réserver le même sort à vos compatriotes amazighs. Par ailleurs, Le melting-pot n’a pas une identité multiple comme on vous le fait penser, il en a une, exclusive, ça s’appelle : le Capital ! Une progressiste comme vous ne doit pas l’ignorer, encore moins s’en inspirer.

Vous prétendez être le produit de l’histoire, mais à vous lire, on comprend plutôt que vous êtes le produit d’une propagande distillée dans la pensée d’une partie des algériens depuis fort longtemps. Celle-ci fait des ravages dans la cohésion nationale comme le souhaitaient ses concepteurs. Aujourd’hui, de nombreux algériens ne savent plus qui ils sont, leur esprit est fertile à toutes les influences extérieures hostiles à leur pays et à leur peuple. Ces dernières, ont fait d’eux des étrangers voire des ennemis à leur propre pays.  Voyez les résultats : Une société en décomposition, sans repère et qui s’en prend à sa propre chair, Une économie tournée vers des intérêts de prédation, un système éducatif sans rapport avec la culture algérienne et loin des valeurs universelles. On mutile l’Algérie de ce qu’elle a de meilleur au nom de l’idéologie arabo-musulmane, mercantile et rétrograde. Et, vous osez chercher les coupables ailleurs, là où se concentre tout le potentiel patriotique qui fait rempart à la destruction du pays. Réveillez-vous madame !

J’ai poussé un coup de gueule contre les démocrates progressistes qui ont mis leur patriotisme (que je ne leur dénie pas) à la traîne du national-populisme dominant depuis 1962, (je reviendrai là-dessus) pour les appeler à la réflexion afin qu’ils sortent des vieux sentiers battus sans issue. Etant membre de la famille idéologique de gauche depuis mes premiers pas dans le militantisme, j’ai toujours vécu dans un malaise constant de voir des camarades s’engouffrer aveuglement dans cette erreur stratégique (si tant est qu’il s’agit seulement de stratégie…). Les démocrates libéraux ne sont pas en reste, eux aussi ont suivi la même voie pour des raisons différentes. N’est-ce pas cela qui a mis “l’opposition“ dans l’incapacité de construire une alternative au système qui sévit en Algérie ? Tant que nous continuons à considérer que la configuration politique après la fin de la guerre rentre dans la normalisation d’une évolution naturelle du pays, nous contribuons à créer les conditions de pérennisation du système dans le réel et dans nos têtes. Plus prosaïquement, ni Ben-Bella, ni Boumediene, ni ceux qui ont suivi à la tête de l’Etat à ce jour n’ont été les produits des convulsions socio-économiques de la société mais des “artéfacts“ d’une sphère idéologique exogène au pays et aux remous de la société, portés et maintenus par la force des armes toute nue. Les divers soutiens dont ils ont bénéficié de la part de l’élite politique de l’opposition (droite et gauche) relèvent d’une aliénation collective savamment organisée à travers des discours populistes dont le but était de détourner les consciences de la question fondamentale escamotée dès 1962 : La question nationale.

Quand je parle de national-populisme, je ne désigne pas le nationalisme algérien bien que je n’en partage pas le projet, je précise qu’il s’agit sous ma plume de ce nationalisme rattaché à la mythique nation arabe. D’ailleurs tous les tenants du pouvoir depuis 1962 n’ont cure de l’Algérie, tout ce qu’ils entreprennent rentre dans le projet de cette construction politique du monde arabe où leur pays ne tiendrait qu’une place subsidiaire ou tout au plus un espace provincial dans ce “grand empire“ imaginé par des idéologues orientaux, nostalgiques des conquêtes arabo-musulmanes. 

Ces rêveurs d’empire ont fait des émules parmi certains algériens qui ont gangrené le mouvement national à partir des années 30 par l’action des ulémas et de quelques éléments de la direction du PPA/MTLD.  L’usage de la violence et de la propagande sur fonds d’aides étrangères (Egypte, France, pays du golf) ont porté le noyau dur de ce courant au pouvoir. Tous les moyens médiatiques, éducatifs et coercitifs sont alors mobilisés pour accélérer le processus de dépersonnalisation qui fait sombrer nombre d’algériens dans une psychopathologie du mépris de soi. Beaucoup d’entre eux se cherchent une filiation parmi les conquérants de leur propre pays pourtant précaires et incertains et en adoptent les comportements, les attitudes et les préjugés face à leurs compatriotes. Ils répugnent à assumer leur appartenance au peuple amazigh car tout a été fait pour les déraciner de leur identité sans leur donner un substitut crédible sinon la haine de soi. Et, on s’étonne de voir des algériens dilapider leurs richesses nationales et leurs patrimoines matériels et immatériels avec toute l’insouciance qui caractérise un soudard d’une armée coloniale, des algériens haïr et mépriser d’autres algériens, des algériens tuer d’autres algériens et des algériens changer de patrie sans complexes, sans regrets et sans états d’âme. 

Enfin, pourquoi ai-je apporté mon soutien à ceux qui ont célébré la statue de Shashnaq ?  Eh bien ! d’abord, Parce que cette statue n’implique aucun enjeu qui diviserait les algériens, ensuite parce qu’elle a mis face à face une parole dominante qui veut opprimer et une parole étouffée qui veut se libérer. Entre la levée de boucliers des baâthistes et des islamistes et un peuple qui se donne un symbole pour récupérer son histoire et sa grandeur, le sens du discernement doit s’imposer. Entre le glaive des uns et l’espérance des autres le choix est indiscutable. 

Quant au mythe, est-il besoin de s’étaler sur le sujet dans ces circonstances particulières ? On ne débat pas sur les couleurs d’un étendard en pleine bataille. Et puis après ? Y a-t-il une nation qui n’est pas fondée sur un mythe ? Ne faut-il pas simplement distinguer entre les mythes qui sont créés pour anéantir d’autres nations et les mythes qui font vivre les nations ? Comme il y a des identités meurtrières, il y a aussi des identités libératrices.

Mokrane Gacem

Riposte internationale dénonce l’acharnement que subit Rachid Nekkaz

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COMMUNIQUÉ

Non à l’acharnement contre Rachid Nekkaz

Arrêté et placé en détention provisoire depuis le 4 décembre 2019 à la prison de Koléa près d’Alger, le militant Rachid Nekkaz vient d’être transféré, dans des conditions inhumaines dans une prison au fin fond du désert, à Lebyodh Sidi Chikh, à 756 km d’Alger.,

Son éloignement du lieu de résidence de sa famille et du lieu de la juridiction territorialement compétente (Alger) à statuer sur son cas, avant même qu’il soit jugé, constitue une atteinte grave aux droits du justiciable : l’administration s’est substituée à la justice en le condamnant à l’éloignement, mesure administrative arbitraire qui le prive de facto non seulement du droit à la défense, mais aussi du droit à des soins appropriés.

Poursuivi pour « incitation à porter des armes contre des représentants de l’État », « incitation à attroupement non armé » et « publication Facebook pouvant porter atteinte à l’intérêt national », Rachid Nekkaz n’a pas été jugé depuis son arrestation. Son mandat de dépôt a été prolongé injustement et sa dernière demande de mise en liberté provisoire rejetée, le 20 janvier par la chambre d’accusation près la cour d’Alger.

 Atteint d’un début de cancer de la prostate, Rachid Nekkaz risque une mort certaine étant donné les conditions de son incarcération arbitraire, la maladie et la grève de faim de 29 jours qu’il compte lancer à partir du 19 février 2021, date anniversaire du déclenchement du Hirak, pour dit-il “sauver et changer l’Algérie”. Et, selon sa lettre de prison, Rachid Nekkaz a été transféré menotter dans un fourgon glacial tout au long de son déplacement qui a duré plus de 9 heures et escorté par 8 (huit) véhicules 4X4 de la gendarmerie à la prison de El Abiodh Sidi Cheikh pour être placé en isolement total avec une cour de 2m/2m et des conditions d’incarcération difficiles, voire inhumaines.

L’acharnement contre Rachid Nekkaz n’est pas sans rappeler le triste sort réservé par l’administration pénitentiaire au journaliste Mohamed Tamalt et le médecin Kamel-Eddine Fekhar, tous deux morts en prison.

Sinon, comment expliquer son éloignement à 800 km au sud-ouest d’Alger en le jetant au cachot loin de toute privant sa famille et sa défense de toute information sur son état de santé et ses conditions carcérales.,

Sa détention provisoire prolongée et son éloignement injustifié constituent une atteinte grave au droit international en ce qui concerne, notamment le traitement des prisonniers.

Riposte internationale rappelle qu’aucune organisation internationale de défense des droits humains n’est autorisée à se rendre en Algérie pour s’enquérir de l’état délabré des prisons où sont détenus plus de 90 activistes du hirak pour délit d’opinion, alors que l’Algérie a ratifié la charte des droits des détenus. 

Cette escalade dans la répression du hirak  

L’arbitraire contre Rachid Nekkaz et les autres détenus d’opinion confirme bien la gestion répressive du hirak qui, depuis bientôt deux ans, n’a cessé d’exiger pacifiquement un changement démocratique et un État de droit.

 Le régime d’Alger assumera seul devant l’Histoire et l’opinion nationale internationale si un malheur arrive au détenu politique Rachid Nekkaz qui a dénoncé le blanchiment de l’argent public dans l’immobilier parisien par les dirigeants algériens.

Par la répression des animateurs du hirak, le régime entend museler le peuple algérien décidé à s’émanciper de la domination interne de près de six décennies par un pouvoir politique autoritaire et liberticide et une gestion économique en dépit du bon sens qui a entraîné l’exil des milliers d’Algériens et la dilapidation des richesses du sol et de son sous-sol du pays.

A Paris le 01/02/202

Pour le Bureau fédéral

Le président

Ali Ait Djoudi