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vendredi 23 février 2024
Débats5 Octobre 1988 : Attention à l'amnésie collective !

5 Octobre 1988 : Attention à l’amnésie collective !

La succession-continuité programmée en haut lieu commence à montrer et avec véhémence tous ses secrets. Le plan échafaudé pour pérenniser le système par le passage en force électoral et constitutionnel (comme l’actuelle crise de l’APN croupion), malgré les quelques résistances de différentes catégories de la population (A.V.O 88, Mouwatana , révoltés du Sud, Retraités de l’armée, enseignants, Médecins résidents…), n’a pas freiné pour autant les ardeurs des pharaons de la république, qui préfèrent répondre par la violence, l’invective et la menace de tous ceux qui perturbent le plan mis en marche. Le mouvement Mouwatana en a fait les frais depuis plusieurs semaines.

Pour le régime finissant, les partis politiques autonomes, les mouvements citoyens comme Mouwatana ou le mouvement du Sud, ou tout simplement les militants de la société civile, ne doivent pas être en continuité avec ceux qui émettent des revendications politiques.

Il en est ainsi des événements d’Octobre 88, qui depuis 30 ans subissent des attaques frontales de la part du pouvoir et de ses sbires, tout simplement parce qu’ils avaient pris des dimensions politiques et  nationales, et les clans agissants dans les arcanes ténébreux du pouvoir pensent toujours, et jusqu’à ce jour, tuer dans l’œuf l’idée même de la commémoration de la révolte de la population qui a amené le pouvoir d’alors à ouvrir une petite fenêtre, vite refermée malheureusement .

Malgré tout et contre vents et marées, les événements d’Octobre 88 restent toujours présents dans la mémoire collective, car ils constituent une rupture majeure dans l’histoire de l’Algérie indépendante.

Le système hideux et haineux ne sait faire que dans la provocation ! Pas de commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur ces tragiques et douloureux événements pour situer ainsi les responsabilités. Aucun statut digne pour les victimes, ni réparation morale ou matérielle.

Et la jeunesse Algérienne se retrouve ainsi coincée dans un système dont elle ne veut plus entendre et ses illusions qui l’ont bercée et dont elle est otage apparait insaisissable, inconsistante, et incomprise…

Cette jeunesse écrasée en Octobre 88 pour avoir donné le ton à l’émeute, est aujourd’hui exclue des débats comme d’habitude, alors qu’elle est la première concernée. Elle fait peur. Elle est toujours là, et elle rêve des grandes idées et ne veut plus entendre parler des idéologies, même si elle continue de subir, comme ses ainées le diktat d’un personnel politique en panne.

La jeunesse Algérienne poussée à déserter le paysage politique du pays, laisse ainsi un grand vide, exploité par les serviteurs zélés du système. Le jeune Algérien, aujourd’hui, est désorienté ! Il ne sait plus faire de différence quand il est sollicité pour participer à la vie politique du pays, car tout simplement il ne fait plus confiance même aux bonnes initiatives citoyennes.

 

Même les partis politiques dits démocratiques ont mis de côté la commémoration symbolique de ces tragiques événements d’Octobre 88, et ne marquent leur soutien que du bout des lèvres .Une forme de « lâchage » qui participe à la stratégie de conditionnement et d’amnésie collective, qui profite bien évidemment au pouvoir et ses satellites.

« Aujourd’hui, en ces moments difficiles que traverse encore une fois le pays, le 5 octobre doit être considéré comme une leçon à retenir. Non pas par le peuple pour le dissuader de demander ses droits, mais par le pouvoir pour qu’il comprenne une fois pour toutes que la spoliation de la souveraineté, l’oppression, l’injustice et la manipulation ne mènent nulle part sinon aux malheurs, au sous-développement, à la misère et au désastre final. » (dixit Soufiane Djilali)

Plus que jamais la jeunesse Algérienne est interpellée à réhabiliter l’action militante. Il est du devoir de la nouvelle génération post-octobre de se recueillir à la mémoire de celles et ceux qui ont perdu la vie dans cette tragédie et d’avoir une pensée reconnaissante pour toutes les victimes surtout celles toujours en vie mais qui ont gardé des séquelles indélébiles et profondes. Contre l’amnésie et l’oubli.

 Dr Amokrane Lakhdar

 

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