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dimanche 8 mars 2026
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Cherif Mellal a cessé sa grève de la faim

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Mellal

Après près d’un mois de grève de la faim, Cherif Mellal, ancien président de la JSK, a décidé de sursoir à ce mouvement pour voir venir. C’est Me Fetta Sadat qui rapporte l’information.

« J’ai rendu visite à Cherif Mellal ce matin.
Affaibli par des semaines de grève de la faim, durement éprouvé mais toujours debout, il a finalement accepté, sous l’insistance des médecins de la prison, de suspendre son combat silencieux entamé le 3 mars 2025.
Son corps porte les stigmates de l’injustice, mais sa détermination demeure intacte.

Je lui ai transmis l’ampleur du soutien et des messages de solidarité qui lui sont parvenus, notamment sur les réseaux sociaux. Profondément touché, il remercie chacun pour cet élan qui, malgré les murs, lui a donné force et espoir.

La répression ne fera pas taire les voix libres.

Liberté pour Cherif Mellal et pour tous les détenus d’opinion !

Me Fetta Sadat

Mali, l’armée dément que son drone abattu à Tinzaouatène soit entré en Algérie

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Bombe de drone
Bombe du drone abattu

Au Mali, l’armée précise sa version au sujet du drone abattu dans la nuit du lundi 31 mars au mardi 1er avril, à la frontière algérienne. Dans une vidéo en bambara diffusée cette nuit sur les réseaux sociaux et dans une intervention en français diffusée le 2 avril au soir sur la télévision d’État ORTM, l’armée assure que son drone n’est pas entré sur le territoire algérien.

Le ministère de la Défense algérienne avait, revendiqué, avoir abattu l’appareil pour préserver ses frontières nationales.

Ce drone « survolait l’espace aérien malien, il est tombé dans le territoire malien » : c’est le chef d’état-major général des armées du Mali en personne qui l’affirme, apportant un démenti catégorique au ministère algérien de la Défense.

Bamako n’avait jusque-là pas réagi à la revendication de l’Algérie, qui assume la destruction de ce drone au motif qu’il avait, selon Alger, pénétré de deux kilomètres à l’intérieur du territoire algérien et qu’il s’agissait donc de « préserver les frontières nationales de toute menace. » 

« Dans les limites du territoire national »

Mais le général Oumar Diarra assure que ce drone opérait bien « dans les limites du territoire national » et qu’il devait repérer et cibler une « grande réunion de cadres terroristes ».

Les débris de l’engin ont été retrouvés du côté malien de la frontière, près de la ville-frontière de Tinzaouatène, par les rebelles indépendantistes du FLA (Front de libération de l’Azawad) dont c’est une zone refuge. C’est d’ailleurs le FLA qui avait révélé la chute de ce drone en publiant des images des débris, sans expliquer clairement l’origine du crash.

Avec RFI

Tunisie : Sonia Dahmani, avocate, est en grève de la faim

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Sonia Dahmani

Depuis le lundi 31 mars, Sonia Dahmani, avocate et chroniqueuse, figure libre de la Tunisie, a entamé une grève de la faim sauvage à la prison de Manouba. Ce geste extrême n’est ni un caprice, ni une posture. C’est le dernier recours d’une femme épuisée, humiliée, affamée, assoiffée, mais toujours debout.

Une femme qui, face au silence des institutions, à la lâcheté des juges et à la violence d’un système carcéral inhumain, choisit d’exposer son propre corps pour résister. Dans un témoignage bouleversant publié par sa sœur Ramla Dahmani sur sa page FB, on lit ce qu’aucun communiqué officiel ne dit, ce que la froideur bureaucratique masque, ce que le pouvoir voudrait taire.

Sonia n’a plus accès à l’eau potable : dix jours sans possibilité d’achat ni d’approvisionnement. L’eau du robinet est rouillée, toxique. Les familles, interdites de faire passer des bouteilles, assistent impuissantes à cette asphyxie lente.

Vendredi dernier, une gardienne émue par sa détresse lui a discrètement offert un pack d’eau. Sonia l’a partagé avec ses codétenues.

Car en prison, même la survie se partage. La solidarité devient instinct. À cette soif s’ajoute la faim institutionnalisée : depuis la fermeture de la cantine, les détenues vivent de ce qu’il reste – souvent de l’huile, seule denrée disponible. Sonia n’a eu que cela pendant tout un week-end. Pas de pain, pas de lait. Pas même de quoi atténuer les brûlures de l’estomac. 

Et comme si ce supplice ne suffisait pas, la maladie s’est installée : Sonia souffre de détresse respiratoire, elle s’essouffle, peine à trouver l’air. Elle a demandé à consulter. On lui a répondu que le médecin était absent. Quinze jours d’attente. Vendredi, enfin, elle a vu un médecin, qui a prescrit un traitement à commencer immédiatement. Mais le lundi suivant, les médicaments n’étaient toujours pas arrivés. Est-ce une négligence ? Ou une volonté délibérée de l’éteindre, lentement ?

Dans cet environnement carcéral où même les journaux, les radios et les lettres sont confisqués, Sonia résiste encore. Elle rit. Elle rassure. À son père, elle dit : « Je vais bien ». Elle lui sourit. Elle se dresse, fière. Forte. Même si elle n’a plus que sa peau et ses os. Sa sœur Ramla écrit : « Est-ce qu’ils veulent la tuer ? Est-ce que c’est ça, le plan ? »Cette question doit résonner dans toutes les consciences. Nous y répondons par une exigence : « Sonia Dahmani doit être libérée immédiatement et sans condition »Car Sonia Dahmani n’est pas une criminelle.

Elle est détenue pour ses idées, pour sa parole libre, pour avoir osé dire que l’arbitraire ne fait pas une politique et que les prisons ne sont pas un programme de gouvernement. Elle est aujourd’hui emprisonnée dans son propre corps, mais son esprit reste indomptable. 

Face à cette situation insoutenable, nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de Sonia Dahmani, exigeons un suivi médical indépendant, régulier et l’accès à ses traitements urgents ; énonçons les conditions de détention cruelles et dégradantes à la prison de Manouba en violation flagrante du droit national et des conventions internationales ; appelons à la mobilisation nationale et internationale pour que ce qui arrive à Sonia ne soit ni banalisé ni oublié. 

Le post FB de Ramla Dahmani est un acte de vérité. Il est une archive vivante de la violence institutionnelle, un miroir tendu à notre société, une interpellation pour chacun·e de nous. Ne pas réagir, ce serait laisser mourir non seulement une femme, mais un espoir de justice. 

Sonia Dahmani n’a pas abandonné. Ne l’abandonnons pas. ­­ ­ ­

Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie

Guerre des mémoires, guerre des rentes : les enjeux franco-algériens

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Rue d'Alger en 1962.
Rue d'Alger en 1962.

L’histoire franco-algérienne est une blessure ouverte qui refuse de cicatriser. À chaque fois qu’elle semble s’apaiser, elle est ravivée par un discours, un événement, une crise. Deux guerres s’y superposent : la guerre des mémoires, qui oppose deux récits inconciliables sur le passé colonial et la guerre d’indépendance ; et la guerre des rentes, qui structure les rapports économiques et énergétiques entre les deux pays depuis 1962.

Ces deux fronts, bien que différents, s’entrelacent en une relation d’amour-haine, où dépendance et ressentiment cohabitent, rendant toute réconciliation illusoire.

La guerre des mémoires : l’histoire en otage

D’un côté comme de l’autre, la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie n’a jamais été totalement assumée. La France a longtemps préféré l’amnésie à l’introspection, minimisant les exactions du colonialisme, hésitant à qualifier officiellement la guerre d’Algérie comme telle jusqu’en 1999, et évitant de reconnaître les crimes commis. La torture, les massacres, les répressions sanglantes comme celles du 17 octobre 1961 à Paris ou du 8 mai 1945 à Sétif, restent des plaies béantes dans la mémoire algérienne.

Du côté algérien, la guerre de libération a été sacralisée et instrumentalisée par le régime comme un mythe fondateur, une légitimité politique inattaquable. Le Front de Libération Nationale (FLN), qui a monopolisé le pouvoir depuis 1962, s’est posé en gardien de cette mémoire, réduisant l’histoire à un récit officiel où toute remise en question est vue comme une trahison. 

En 2005, la France a failli adopter une loi vantant les aspects « positifs » de la colonisation, provoquant un tollé en Algérie.

En 2017, Emmanuel Macron qualifiait la colonisation de « crime contre l’humanité », avant d’adopter une posture plus nuancée une fois élu, pour ne pas froisser une partie de l’électorat français attaché à l’« Algérie française ».

En 2021, le rapport Stora, censé apaiser les tensions mémorielles, a été mal reçu des deux côtés : jugé insuffisant en Algérie, il a aussi réveillé en France les nostalgies coloniales et les crispations identitaires.

La guerre des mémoires, c’est aussi la bataille autour de l’immigration. La présence en France de millions de citoyens d’origine algérienne est le prolongement d’une histoire commune que ni la France ni l’Algérie n’assument pleinement. L’Algérie voit en ces Franco-Algériens un prolongement de son influence, tandis que la France les perçoit tantôt comme une richesse, tantôt comme un problème, selon l’agenda politique du moment.

La guerre des rentes : une indépendance sous perfusion

Si la guerre des mémoires repose sur le passé, la guerre des rentes repose sur une dépendance économique toujours d’actualité. L’Algérie, malgré son indépendance, est restée piégée dans un modèle économique rentier, héritier du système colonial.

Dès 1956, en pleine guerre d’Algérie, le pétrole du Sahara devient un enjeu stratégique. La France comprend que son avenir énergétique dépend de ces hydrocarbures et tente, même après l’indépendance, de garder la mainmise sur leur exploitation. Les accords d’Évian (1962) garantissent à la France un accès privilégié aux ressources algériennes pendant plusieurs années. En 1971, sous Houari Boumédiène, l’Algérie nationalise son pétrole et son gaz, ce qui est perçu comme une seconde indépendance. Pourtant, cette souveraineté économique est restée une illusion.

Le modèle économique algérien repose entièrement sur la rente pétrolière et gazière, représentant plus de 95 % des exportations et une part écrasante du budget de l’État. Une dépendance qui rend le pays vulnérable aux fluctuations des prix du baril et qui perpétue une économie de prédation plutôt que de production.

La France, elle, est restée un acteur clé dans cette équation. À travers des multinationales comme Total, elle a conservé des intérêts stratégiques en Algérie. Et à travers l’Union Européenne, elle fait pression pour assurer la continuité des flux énergétiques en sa faveur. Les gazoducs reliant l’Algérie à l’Europe (via l’Espagne et l’Italie) sont devenus des infrastructures essentielles dans la nouvelle donne géopolitique, notamment avec la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine.

Mais cette rente ne profite pas au peuple algérien. Elle a surtout permis à un système oligarchique et militaire de se maintenir au pouvoir. En échange de cette manne, l’État algérien a évité toute réforme structurelle, achetant la paix sociale par des subventions et des emplois fictifs, au détriment d’un développement durable et diversifié.

Les flux migratoires et énergétiques : une relation sous perfusion

Les relations franco-algériennes sont façonnées par deux flux majeurs : les migrations et l’énergie. Ces deux dynamiques, bien que différentes, sont les deux faces d’une même médaille, illustrant la dépendance mutuelle entre les deux pays.

La main-d’œuvre algérienne a été une composante essentielle de la reconstruction de la France après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui encore, la diaspora algérienne en France représente un atout économique et social, même si elle reste l’objet de tensions politiques et identitaires. L’Algérie, de son côté, voit ces expatriés comme une ressource financière (les transferts d’argent sont une manne essentielle pour certaines familles), mais aussi comme une soupape pour éviter une explosion sociale face au chômage massif des jeunes.

Les flux énergétiques, eux, placent la France dans une position d’acheteur et l’Algérie dans celle de fournisseur captif. Or, cette dépendance énergétique est en train d’évoluer. La transition vers des énergies renouvelables et la diversification des sources d’approvisionnement de l’Europe pourraient affaiblir le poids stratégique de l’Algérie. Ce qui pose une question existentielle pour le régime algérien : que se passera-t-il quand la rente s’effondrera ?

Vers un avenir incertain : la fin des illusions ?

La guerre des mémoires continue d’empoisonner les relations franco-algériennes, empêchant toute réconciliation réelle. La guerre des rentes, quant à elle, arrive à un tournant. Le pétrole et le gaz, qui ont longtemps été les piliers de la stabilité algérienne, ne suffiront plus à maintenir un système en bout de course.

L’Algérie devra tôt ou tard se libérer de son modèle économique rentier, sous peine de voir son régime s’effondrer sous le poids de l’inertie et des frustrations populaires. La France, elle, devra assumer son histoire coloniale si elle veut réellement tourner la page d’un passé qui continue de hanter son présent.

Les deux pays sont liés par un passé inextricable, un présent inconfortable et un avenir incertain. Leur relation est une équation à multiples inconnues. Mais une chose est sûre : tant que mémoire et économie resteront des champs de bataille, la paix entre la France et l’Algérie ne sera qu’un cessez-le-feu temporaire.

« Les nations ne sont jamais aussi prisonnières de leur passé que lorsqu’elles refusent de le regarder en face. » — Pierre Vidal-Naquet

Dr A. Boumezrag

Un drone armé malien abattu près de Tin Zaouatine

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Dans la nuit du 1er avril 2025, à minuit, une unité de la Défense aérienne de la 6e Région militaire a abattu un drone de reconnaissance armé près de la localité frontalière de Tin Zaoutine, après que celui-ci ait violé l’espace aérien, indique un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN).

« Dans le cadre des efforts déployés pour protéger nos frontières nationales, une unité de la Défense aérienne de la 6e Région militaire a, dans la nuit du 1er avril 2025, à minuit, détecté et abattu un drone de reconnaissance armé à proximité de la ville frontalière de Tin Zaoutine, après qu’il ait pénétré l’espace aérien sur une distance de 2 kilomètres », précise le communiqué.

Cette opération confirme, une fois de plus, la vigilance constante et la disponibilité des unités de l’Armée nationale populaire (ANP) pour assurer la protection de nos frontières terrestres, aériennes et maritimes contre toute menace pesant sur la souveraineté nationale.

APS

France : Marine Le Pen condamnée, l’argumentaire de la décision de justice

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Marine Le Pen

C’est une condamnation cruciale pour Marine Le Pen en vue de la présidentielle de 2027. La cheffe de file de l’extrême droite a été reconnue coupable, lundi 31 mars, de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Elle voit l’hypothèse de sa candidature fortement hypothéquée. 

Pour le tribunal, il n’y pas de doute. C’est bien un système organisé qui a été mis en place pour financer, sur les fonds européens, les activités du parti. Soit plus de quatre millions d’euros détournés sur douze ans via 40 contrats fictifs. Marine Le Pen a été reconnue coupable de détournement de fonds publics à hauteur de 474 000 euros en tant qu’eurodéputée, mais aussi de complicité de détournement par instigation, en tant qu’ex-présidente du RN.

Elle a joué un rôle central, a pointé la présidente du tribunal, en s’inscrivant avec autorité et détermination dans le système institué par son père dès 2004. Marine Le Pen et tous les élus mis en cause se sont vus infliger une peine complémentaire d’inéligibilité, les infractions retenues justement liées à leurs fonctions ayant porté gravement atteinte à la vie démocratique, selon les juges.

« Risque avéré de récidive »

Reste l’épineuse question de l’exécution provisoire qui rend immédiate l’application de l’inéligibilité. Le tribunal a bien pris en compte le risque de prononcer une peine qui puisse ne pas être confirmée en appel alors qu’elle aura été effectuée. Mais dans plusieurs cas, dont celui de Marine Le Pen, les juges l’ont estimé nécessaire.

Ces derniers ont mis en avant un risque avéré de récidive, la nécessaire équité devant la justice entre citoyens et élus, mais surtout le trouble public majeur que représenterait le fait de voir une personne être candidate, voire remporter une élection, alors qu’elle a déjà été condamnée en première instance pour atteinte grave à la probité.

RFI

Affaire Cherif Mellal : Riposte Internationale met les autorités devant leurs responsabilités

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Mellal

Riposte Internationale exprime sa plus vive inquiétude face à la dégradation critique de l’état de santé de M. Chérif Mellal, détenu d’opinion en grève de la faim depuis le 3 mars 2025, soit depuis 28 jours à ce jour.

Ancien président de la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), M. Chérif Mellal est incarcéré depuis janvier 2023, à la suite d’une série de procédures judiciaires entachées d’opacité, d’irrégularités et de violations de ses droits fondamentaux. Le 9 octobre 2024, il a été condamné à quatre ans de prison ferme et à une amende de 224 millions de dinars, sur la base d’accusations controversées de « blanchiment d’argent » et de « violation de la législation sur les changes ». Il conteste fermement ces accusations, les qualifiant d’instrumentalisation politique, tandis que ses avocats dénoncent l’absence de garanties procédurales élémentaires. 

Depuis plus de deux ans, M. Chérif Mellal est soumis à une détention préventive prolongée, jalonnée de grèves de la faim répétées visant à dénoncer un acharnement judiciaire et une privation persistante de ses droits à un procès équitable. Bien qu’une décision de relaxe ait été prononcée en janvier 2024 dans une autre affaire liée à une prétendue atteinte à l’unité nationale, aucune remise en liberté ne lui a été accordée. Ses multiples recours sont restés sans réponse concrète. Confronté à une situation d’injustice persistante et à l’absence de perspective judiciaire équitable, l’intéressé a choisi de recourir à l’ultime forme de protestation non-violente : la grève de la faim illimitée. 

À ce jour, sa santé est gravement compromise. Après 28 jours sans alimentation, les signes cliniques sont alarmants. Chaque heure qui passe aggrave le risque vital. La vie de M. Chérif Mellal est désormais en péril. 

La responsabilité de préserver l’intégrité physique et psychologique de toute personne privée de liberté incombe aux institutions compétentes. Ce principe fondamental est non seulement une exigence morale, mais aussi une obligation juridique découlant de la Constitution algérienne et des engagements internationaux de l’Algérie en matière de droits humains. 

Des précédents dramatiques rappellent l’urgence d’agir. En 2016, Mohamed Tamalt est décédé en détention après une grève de la faim. En 2019, Kamel-Eddine Fekhar a subi le même sort. Hakim Debbazi, 55 ans, arrêté en février 2022 pour des publications sur les réseaux sociaux en lien avec le mouvement prodémocratie Hirak, est décédé le 24 avril en prison. Les avocats avaient déclaré dans un communiqué que Hakim Debbazi a été « retrouvé mort dans des circonstances troubles dans la prison de Koléa », près d’Alger.

Ces tragédies ont profondément marqué l’opinion publique et révélé de graves défaillances dans la prise en charge des détenus d’opinion. Il apparaît aujourd’hui nécessaire d’éviter qu’un nouveau drame ne vienne s’ajouter à cette liste funeste. Aussi, la responsabilité des autorités quant à la vie ou la mort de M. Mellal est engagée. Nous interpellons les instances internationales et les tenons à témoins devant cette situation particulièrement dramatique.

Malgré les appels répétés de la famille de M. Chérif Mellal, de ses avocats et de nombreuses organisations de défense des droits humains, les signaux d’alerte n’ont jusqu’ici pas été pris en compte. Cette inaction prolongée devient chaque jour plus lourde de conséquences.

Riposte Internationale estime qu’il est encore temps d’agir. Plusieurs mesures urgentes peuvent être envisagées, notamment : 

-La garantie d’une prise en charge médicale urgente et d’un suivi indépendant de l’état de santé de M. Chérif Mellal ;

-La fin de la détention préventive prolongée, qui ne repose sur aucune base légale ou morale justifiable ; 

-La mise en place d’un procès équitable, public et conforme aux standards internationaux ; 

-Une réponse institutionnelle claire aux revendications de ce citoyen, qui ne cherche qu’à faire valoir ses droits fondamentaux. 

Le sort de M. Chérif Mellal constitue un nouvel indicateur de l’état de l’Etat de droit en Algérie et du respect de ses principes fondateurs. La protection de la vie humaine, même en détention, demeure un fondement essentiel de toute justice digne de ce nom. L’omission ou le refus d’assumer cette responsabilité est à considérer comme une renonciation à l’éthique, à la justice et à la dignité.

Il ne faudrait pas que l’Histoire garde la trace d’un nouvel échec tragique aux conséquences humaines irréversibles. Permettre à M. Chérif Mellal d’accéder à la justice et aux soins reviendrait simplement à se soumettre aux principes les plus élémentaires du droit et de l’humanité. La responsabilité de cette situation repose désormais sur les épaules des décideurs algériens dans leur ensemble, et plus particulièrement sur celles des titulaires de la Présidence de la République, du Premier ministère et du ministère de la Justice. Il leur incombe, à ce titre, un devoir éthique, moral et juridique d’agir sans délai afin de préserver la vie et les droits fondamentaux de M. Chérif Mellal. 

Les regards sont tournés vers cette affaire. Le temps presse. L’Histoire jugera.  

P/Riposte Internationale

Ali Aït Djoudi

Tebboune et Macron renouent le contact après la crise

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Macron Tebboune
Tebboune et Macron

Le Président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune, a reçu ce jour un appel téléphonique de son homologue, Son Excellence le Président Emmanuel Macron, Président de la République française.

Au cours de cet échange, le Président Macron a exprimé ses vœux de succès et de prospérité au Président Tebboune et au peuple algérien à l’occasion de l’Aïd el-Fitr.

Les deux présidents ont également eu une conversation approfondie, franche et amicale sur l’état des relations bilatérales et les tensions accumulées au cours des derniers mois. Dans ce contexte, les deux chefs d’État ont renouvelé leur désir de reprendre le dialogue constructif qu’ils ont établi à travers la Déclaration d’Alger publiée en août 2022, qui a conduit à d’importants progrès en matière de mémoire, notamment par la création de la commission conjointe d’historiens français et algériens, le rapatriement des restes des martyrs de la résistance et la reconnaissance de la responsabilité dans l’assassinat des martyrs Ali Boumendjel et Larbi Ben M’Hidi.

Les présidents ont convenu que la solidité des liens – notamment humains – unissant l’Algérie et la France, les intérêts stratégiques et sécuritaires des deux pays, ainsi que les défis et crises auxquels sont confrontés l’Europe et le bassin méditerranéen – africain, sont autant de facteurs nécessitant un retour à un dialogue équilibré entre les deux pays en tant que partenaires et acteurs clés en Europe et en Afrique, pleinement engagés à respecter la légalité internationale et les objectifs et principes énoncés dans la Charte des Nations unies.

Ils ont également convenu de travailler ensemble de manière étroite et dans cet esprit d’amitié afin de donner un nouvel élan à cette relation bilatérale, en veillant à aborder ses différents aspects pour en garantir l’efficacité et les résultats escomptés.

Sur cette base, les présidents ont convenu de reprendre immédiatement la coopération sécuritaire entre les deux pays. Ils ont également souligné la nécessité de rétablir immédiatement une coopération fiable, fluide et efficace dans le domaine de l’immigration, permettant de traiter tous les aspects des mouvements de personnes entre les deux pays selon une approche visant à obtenir des résultats répondant aux préoccupations de chacun.

Les présidents ont salué le travail accompli par la commission conjointe d’historiens, créée à leur initiative, et ont exprimé leur ferme volonté de poursuivre ce travail relatif à la mémoire et de le mener à bien dans un esprit de désescalade, de réconciliation et de reconstruction des relations auxquelles se sont engagés les présidents des deux États. Dans cette perspective, la commission conjointe d’historiens reprendra immédiatement ses travaux et se réunira bientôt en France, afin de soumettre ses résultats et ses propositions concrètes aux présidents des deux États avant l’été 2025.

Il a également été souligné l’importance de la coopération judiciaire entre les deux pays, les présidents convenant de reprendre les échanges et la coopération dans ce domaine et acceptant de concrétiser la visite imminente du ministre de la Justice français, Monsieur Gérald Darmanin, en Algérie.

Les présidents ont insisté sur l’importance de développer la coopération économique entre les deux pays dans les domaines d’avenir, s’engageant à renforcer le commerce et les investissements dans le respect des intérêts des deux pays. Le Président Macron a informé le Président Tebboune du soutien de la France à la révision de l’accord de partenariat entre l’Algérie et l’Union européenne.

Le Président Macron a également renouvelé sa confiance dans la sagesse et la clairvoyance du Président Tebboune et l’a invité à faire un geste de pardon et d’humanité envers Monsieur Boualem Sansal, compte tenu de l’âge de l’écrivain et de son état de santé.

Pour accélérer le caractère ambitieux que les deux dirigeants souhaitent donner à la relation entre la France et l’Algérie, le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Monsieur Jean-Noël Barrot, effectuera une visite à Alger le 6 avril à l’invitation de son homologue algérien, Monsieur Ahmed Attaf. Cette visite sera l’occasion de définir les détails de ce programme de travail ambitieux, ses modalités d’exécution ainsi que son calendrier. Ainsi, il sera clair que l’ambition commune d’une relation marquée par l’optimisme et la sérénité, respectant les intérêts des deux parties, conduira à des résultats concrets.

Enfin, les présidents ont convenu, en principe, d’organiser une rencontre dans un avenir proche.

APS

Chérif Mellal : en quête de vérité et de justice

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Mellal

Chérif Mellal, en détention depuis le 19 janvier 2023 observe une grève de la faim illimitée depuis le 03 mars 2025. Il en est à son 27e jour.

C’ est un acte de résistance, mais surtout une ferme protestation à l’encontre de l’innommable cabale ourdie à son encontre .

Mais c’est surtout l’ ultime procédé pour faire entendre sa voix, cette stridente clameur par laquelle il ne cesse de crier son innocence.

Sa grève de la faim va bientôt atteindre un mois et l’état de santé de Chérif Mellal souffrant déjà de deux maladies chroniques ne cesse de se dégrader.

Le silence n’est plus de mise.

Notre inquiétude est vive.

C’ est l’inquiétude des siens et de ses proches, mais surtout l’inquiétude de tous ceux épris de justice, de liberté et de vérité.

C’est pour cela que nous exhortons solennellement Cherif Mellal à mettre fin à sa grève de la faim.

Ceci ne signifie nullement la fin du lourd combat de Chérif Mellal pour que justice soit faite et que la vérité éclate, car ce combat là restera vivace à jamais et transcendera tous les aléas.

Plus que jamais, la parole doit revenir à ce silence assourdissant.

C’est le gage de l’ engagement de toutes et de tous.

La lutte pour la consécration de l’idéal démocratique reste l’ indéniable socle pour la construction de l’Etat de droit.

Il commence surtout par une effective garantie des droits et libertés.

Liberté pour Cherif Mellal et pour tous les dètenu.es d’opinion.

Me Fetta Sadat

Affrontement armé à la frontière algéro-marocaine : un baron de la drogue en fuite

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Gendarmerie
Opération contre des barons de drogue

Un communiqué de l’ANP diffusé, samedi 29 mars 2025, a fait part de la mort de deux individus et la blessure d’un officier de gendarmerie lors d’une opération menée, le 27 mars, par un  détachement de la Gendarmerie nationale contre un important trafiquant de drogue à Bab El Assa, à l’extrême ouest du pays, à la frontière avec le Maroc.

 L’opération, menée le 27 mars, visait à interpeller un baron de la drogue recherché par la justice et sous le coup de plusieurs mandats d’arrêt, répondant au nom de « Malou Imam ».

Selon un communiqué du ministère de la Défense, une unité de la Gendarmerie nationale, affiliée à l’armée, a mené une opération d’encerclement visant une maison où se retranchait un baron de la drogue activement recherché, surnommé « Malou Imam ». Ce dernier, visé par plusieurs mandats d’arrêt, se trouvait avec son frère dans le village de Salam, situé dans la commune frontalière de Bab El Assa, à Tlemcen.

L’intervention des forces de gendarmerie a déclenché un échange de tirs, au cours duquel un officier a été blessé et rapidement évacué vers l’hôpital. Tandis que les forces de l’ordre tentaient de neutraliser la menace, deux complices ont essayé de faire échapper le baron de la drogue à bord d’un véhicule. Toutefois, les gendarmes ont réagi en ouvrant le feu, neutralisant les fugitifs sur le champ. Profitant de la confusion, Malou Imam a réussi à s’enfuir.

Suite à l’assaut des forces de la Gendarmerie sur la maison, « Malou Elias », frère du baron, a été arrêté alors qu’il était légèrement blessé. Lors de la perquisition, un pistolet automatique de type « Star », un véhicule utilitaire, quatorze téléphones portables, une machine à compter les billets ainsi que d’autres objets suspects ont été saisis.

Le ministère de la Défense a réaffirmé la détermination des forces armées à intensifier la lutte contre le crime organisé et le trafic de drogue le long de la frontière. Cette région est depuis longtemps une plaque tournante du narcotrafic.  L’Algérie exprimant régulièrement son inquiétude face au flux de stupéfiants en provenance du Maroc.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a, lors d’un récent conseil des ministres, qualifié cette situation de « guerre non déclarée » contre la jeunesse algérienne, dénonçant l’utilisation des drogues comme une arme destinée à affaiblir la société. Il a appelé à des mesures dissuasives et à des sanctions maximales à l’encontre des trafiquants et consommateurs de stupéfiants, en particulier des drogues dures, afin de préserver la jeunesse et les valeurs sociales du pays.

ADN News