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lundi 16 février 2026
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Bouteflika, son cinquième mandat et ses courtisans

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ALGÉRIE

 Une quinzaine de micro-partis appellent Abdelaziz Boutelika à briguer un cinquième mandat en 2019. Enquête sur ces partisans de la dernière heure.

Sur la photo de famille prise ce 15 août à Alger, ils sont quinze. Quinze responsables de parti politique à l’audience très limitée réunis pour défendre une cause commune : la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat. « Le pays a besoin [de lui] pour relever les défis liés à l’approfondissement des réformes sur les plans politique, économique, social, sécuritaire et de politique extérieure », affirme en conférence de presse Belkacem Sahli, secrétaire général de l’obscure Alliance nationale républicaine (ANR).

Sur ces quinze responsables, ceux qui ont croisé Bouteflika une fois dans leur carrière se comptent sur les doigts d’une main. Parmi eux, nul ou presque n’est en mesure de détailler le programme de celui dont ils souhaitent le maintien à la tête de l’État, en dépit d’un âge avancé et d’une santé fragile. « Aujourd’hui, chacun s’empresse non pas de soutenir son programme, mais de prêter allégeance à sa personne », assure un vieil ami. Et plus le raïs garde le silence sur ses intentions, plus ses soutiens rivalisent de zèle pour le prier de briguer un nouveau mandat. L’essentiel n’est-il pas de suivre le mouvement de celles et ceux qui l’appellent à « poursuivre sa mission au nom de la continuité et de la stabilité » ?

Au sein du personnel politique qui gravite ou a gravité autour de Bouteflika, tout le monde ne peut prétendre à la même proximité avec le chef. Certains se prévalent de son amitié et de son compagnonnage. D’autres, plus nombreux qu’ils ne le sont en réalité,  affirment avoir son oreille. Mais rares sont ceux qui partagent encore un thé avec lui. Depuis son accession au pouvoir, en 1999, le président algérien a constitué autour de lui, volontairement ou à son corps défendant, une légion de serviteurs, fidèles, courtisans, obligés, laudateurs et même un fou du roi…

Les commensaux

L’appétence de Bouteflika pour les monarchies et émirats de la péninsule Arabique, où il a passé quelques années au cours de sa « traversée du désert », dans les années 1980, ou encore son inclination pour les régimes marqués par une présidence à vie, comme ceux de Mouammar Kadhafi, Saddam Hussein ou Hafez al-Assad, ont sans doute forgé l’idée de l’existence d’une cour autour de lui. « Ceux qui gravitent autour du pouvoir l’ont compris et assimilé, explique l’une de ses connaissances. On est dans le culte de la personnalité… Ce qui n’est pas pour lui déplaire. » Un de ses anciens ministres abonde dans le même sens : « Bouteflika n’a pas d’amis, il a des affidés. Quand il n’en a plus besoin, il s’en débarrasse. » Un peu tels les commensaux au Moyen-Âge, invités à la table du roi tant qu’ils étaient utiles. Les Premiers ministres successifs du président algérien en seraient les équivalents contemporains.

En vingt ans, Bouteflika a usé sept chefs de l’exécutif : Ahmed Benbitour, Ali Benflis, Ahmed Ouyahia, Abdelaziz Belkhadem, Abdelmalek Sellal et Abdelmadjid Tebboune. Si le poste confère une proximité avec le chef, il ne permet pas pour autant de faire partie du cercle des intimes. Surtout, il ne met pas à l’abri des revers de fortune, de la disgrâce ou du bannissement. Chef du gouvernement entre décembre 1999 et août 2000, Ahmed Benbitour n’a plus jamais recroisé la route de Bouteflika. Son successeur, Ali Benflis, a été frappé d’excommunication pour avoir osé prétendre à la magistrature suprême. Depuis leur divorce, en mai 2003, les deux hommes, qui furent pourtant proches, ne se sont plus adressé la parole. Si Benbitour et Benflis n’ont jamais fait partie de la cour de Bouteflika, il en est autrement de leurs successeurs.

Abdelaziz Belkhadem, l’un des rares à avoir connu le président avant même son retour aux affaires, chef du gouvernement entre 2006 et 2008, a été congédié du jour au lendemain, sans explications. Secrétaire général du FLN jusqu’en 2013, il a, lui aussi, été banni pour avoir osé s’afficher avec les adversaires du chef de l’État. Quant à Abdelmadjid Tebboune, qui faisait également partie de ceux qui ont intimement fréquenté Bouteflika lors de ses années difficiles, il a été débarqué de la tête du gouvernement en août 2017 après 80 jours d’exercice. Sans fleurs, ni couronnes.

Le fou du roi et les cardinaux

Fidèle serviteur pendant plus de quatre ans, Abdelmalek Sellal a été évincé en mai 2017 sans un mot de remerciement de la part du président… dont il avait pourtant dirigé les campagnes victorieuses de 2004, 2009 et 2014. En coulisse, certains le soupçonnaient de rêver à terme de prendre la place du calife.

Fin connaisseur du sérail et vieux briscard de la politique, l’actuel Premier ministre, Ahmed Ouyahia, sait ce qu’il en coûte d’afficher un soupçon de déloyauté au vieux raïs. Lui qui rêve secrètement du palais d’El-Mouradia ne manque pas une occasion de renouveler son engagement à Bouteflika. Un cinquième mandat ? Il signe des deux mains. Tout autant que Djamel Ould Abbes, secrétaire général du vieux parti, qui clame urbi et orbi connaître l’agenda du président sans l’avoir rencontré une seule fois depuis sa nomination, en octobre 2016.

Bien qu’il n’ait jamais été un intime du président, le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah, est l’une des rares personnes qui lui vouent respect et fidélité. Soutien indéfectible depuis sa nomination à la tête de l’armée en 2004, sa loyauté n’a jamais été prise en défaut. Même en privé, l’imposant chef d’état-major se garde de critiquer le chef de l’État. « Je lui dois tout », a-t-il confié un jour à l’un de ses amis. Le vice-ministre de la Défense loue souvent le passé révolutionnaire de Bouteflika. Sorte de « cardinal de la République », il se dresse comme un rempart face à ceux qui souhaiteraient l’application de l’article 102 de la Constitution, qui prévoit la destitution du président si, « pour cause de maladie grave et durable, [il] se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions ». Bouteflika candidat, Gaïd Salah le soutiendrait sans ciller. Il demeure un allié précieux, dont le poids politique s’est renforcé avec le remaniement qui a affecté les chefs des régions militaires, d’autres structures de l’armée, la direction de la police et celle de la gendarmerie.

La régence

Privilégiée, la famille est le seul et unique noyau auquel Bouteflika accorde une confiance absolue. C’est d’autant plus vrai que cet homme qui cultive une méfiance avérée et une certaine forme de dédain envers la classe politique vit retranché dans la résidence de Zeralda, sur le littoral ouest d’Alger, qui lui sert de lieu de vie et de travail depuis son AVC, en 2013. Le cercle intime est formé des deux frères, Saïd et Nacer, et de la sœur, Zhor. Ils sont les seuls à avoir un accès direct, constant et sans limites au raïs. Ancienne sage-femme, la sœur fait office de gouvernante et de confidente, et s’assure du bien-être de l’aîné, au point de le veiller lors des déplacements médicaux à l’étranger. Contrairement à ses deux frères, elle ne voit pas d’un bon œil l’idée d’un cinquième mandat. « Elle n’était déjà pas favorable à sa candidature en 2014, confie une amie. Elle souhaite qu’il quitte la scène avec les honneurs pour se reposer et se soigner. »

Conseiller spécial à la présidence, Saïd Bouteflika, à qui l’on prête la volonté de prolonger le règne de son frère ad vitam aeternam, reste la véritable interface entre le chef de l’État et les institutions. Lui seul a son oreille. Et son influence croissante et inédite en fait, de facto, le régent. Il transmet les instructions de Bouteflika au Premier ministre, aux membres du gouvernement ou aux interlocuteurs étrangers. Car la maladie handicapante du président ainsi que sa réclusion ultrasécurisée à Zeralda ont considérablement réduit son agenda de travail. Contrairement aux années précédentes, il ne reçoit plus son Premier ministre en tête à tête. Et ses entretiens avec Ahmed Gaïd Salah se sont espacés au fil du temps. Quant aux audiences avec les hôtes étrangers.

Mais pourquoi tout ce beau monde court-il derrière un cinquième mandat, au point de braver les moqueries et le mépris de l’opinion publique ? Ceux qui occupent déjà des postes à responsabilité rêvent de se maintenir. Les autres espèrent obtenir un strapontin dans un ministère, à l’Assemblée nationale, au Sénat ou ailleurs. Rester dans la cour ou y entrer. Dans les deux cas, se réchauffer à l’ombre d’un « roi-soleil ». Mais ceux qui exhortent Bouteflika à se maintenir au pouvoir seront-ils toujours à ses côtés s’il vient à y renoncer demain ? À l’un de ses proches qui lui conseillait, à l’automne 2008, de ne pas renoncer à un troisième mandat, Bouteflika répondit ceci : « Si j’annonce que je ne suis pas candidat, ils sont capables de ne plus me ramener les journaux le matin… » La république peut se montrer régicide.

Farid Alilat

Source : Jeune Afrique

Paris : Café littéraire

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C’est Rezki Rabia qui sera le prochain invité du Café littéraire parisien de l’Impondérable, au 320 rue des Pyrénées, ce dimanche 7 octobre 2018, à 15 h, L’entrée est libre.

Poète connu et reconnu, Rezki Rabia est également un homme au grand cœur, un militant des causes justes depuis de longues années. Auteur de magnifiques poésies en langue kabyle, Rezki Rabia vient de publier un excellent recueil de poésies en langue française « Les Fleurs mellifères ».

Y. Zirem

Zine Artebal : « Les Allemands veulent accélérer le rapatriement des algériens »

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Zine Al Abidine Artebas

ZINE ARTEBAS Gérant d’une entreprise allemande présente en Algérie, membre de plusieurs fondations dont la Fondation Hartz,  auprès de laquelle il dirige le groupe de réflexion pour l’Algérie «Team Leiter», Zine Al Abidine Artebas revient sur les raisons de la visite de Mme Merkel en Algérie, liée essentiellement à sa politique interne marquée par de vives critiques de sa gestion des migrants. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il apporte un éclairage sur les turbo-procédures de rapatriement, les entreprises allemandes en Algérie, la corruption, etc.

 

– Peut-on croire que le dossier migratoire soit le plus important dans les relations algéro-allemandes ?

En fait, son importance est liée à la politique interne de l’Allemagne. Mme Merkel a fait une tournée en Afrique pour tenter de trouver les moyens de fixer les populations candidates à l’émigration. Il en est de même pour la région du Maghreb et des discussions ont eu lieu avec l’Algérie. Il faut reconnaître que l’accord algéro-allemand sur les rapatriements est exemplaire.

Il prend en charge tous les aspects en matière de refoulement des migrants en situation irrégulière ou des demandeurs d’asile qui ont épuisé tous leurs recours. Il fonctionne très bien. Nous ne sommes pas du nombre de 700 migrants algériens qui possèdent déjà un laissez-passer de retour vers le pays.

Ce qui est certain, c’est qu’en Allemagne, on parle de quelque 3000 à 4000 Algériens. Il faut savoir que dès que quelqu’un est identifié comme Algérien, avec l’aide des autorités consulaires en Allemagne, il lui est délivré ce laissez-passer pour être rapatrié.

Le problème qui s’est posé est lié aux conditions de transfert vers l’Algérie. Jusque-là, c’est la compagnie Air Algérie qui se charge de transporter dans chacun de ses six vols hebdomadaires quatre migrants, accompagnés par les services de sécurité, et aux frais des autorités allemandes.

A ce rythme, il faut attendre six ans pour transporter les 700 migrants. Les Allemands veulent trouver un compromis pour accélérer les opérations de rapatriement, sachant que les vols charters d’expulsés ne sont acceptés ni par l’Algérie ni par l’Allemagne. La majorité de la classe politique allemande reste très hostile à ce genre d’opérations. En clair, Mme Merkel veut l’accélération des turbo-procédures de rapatriement des Algériens en situation illégale.

– Est-ce le nombre de plus en plus croissant des migrants qui a poussé Mme Merkel à se déplacer en personne en Algérie, à la recherche d’une solution, sachant que la communauté des Algériens en situation irrégulière est infime par rapport à celle des Kurdes ou des Syriens ?

C’est vrai que le nombre des Algériens est vraiment loin des contingents des autres nationalités. Je dirais que c’est la situation politique interne de l’Allemagne qui a poussé Mme Merkek à entreprendre une telle démarche, surtout qu’elle a été très critiquée à cause de sa gestion du flux migratoire.

Il faut savoir qu’il y a des élections régionales en octobre, précisément en Bavière, et le partenaire de la coalition CSU  risque, pour la première fois, de perdre sa majorité absolue qu’il a toujours eue en Bavière. Il risque même de quitter la coalition et donc de changement d’alliance qui va modifier complètement la carte politique en Allemagne.

Beaucoup d’observateurs pensent que ce sera la fin du mandat de MmeMerkel.  L’Allemagne ne peut pas se permettre  d’avoir une extrême droite puissante, surtout à cause de son histoire. Tout est fait de manière à  éviter ce scénario.

– Vous voulez dire que le dossier des migrants est devenu un enjeu politique interne pour la chancelière allemande ?

C’est en quelque sorte le cas. Mme Merkel fait l’objet de critiques acerbes pour sa gestion du dossier des migrants. On l’accuse souvent de laxisme, au point qu’elle a décidé de prendre le taureau par les cornes et d’aller signer des accords bilatéraux ayant trait aux procédures de rapatriement des expulsés.

Elle a fait passer une loi déclarant les pays du Maghreb comme étant des Etats sûrs  afin de faciliter les procédures d’expulsion, appelées turbo-procédures.

– Pensez-vous que le gouvernement allemand peut convaincre la compagnie Lufthansa de participer à ces opérations, comme le recommande la partie algérienne justement pour accélérer les rapatriements ?

Je ne le pense pas. En Allemagne, la séparation des pouvoirs est telle, qu’il est impossible pour le pouvoir politique d’obliger une entreprise, même si elle a des capitaux publics, à entreprendre quoi que ce soit. Tout comme il ne peut pas obliger les sociétés à aller en Algérie.

– Peut-on lutter contre le phénomène d’immigration clandestine uniquement par les procédures d’expulsion et de rapatriement ?

L’Allemagne est consciente qu’elle est au début d’une crise de l’immigration.  Elle sait que ce phénomène va prendre de l’ampleur et que tous les pays seront confrontés. Pour elle, la priorité est de fixer les populations par des investissements en Afrique, mais aussi prendre en charge les expulsés qui arrivent dans leurs pays d’origine.

Des accords ont été signés avec certains Etats, comme le Ghana, où des centres de conseil ont été installés pour réfléchir à des solutions à même d’éviter le retour des migrants vers l’Allemagne. C’est comme le plan Marshall que les Allemands appellent le «Plan Merkel» pour l’Afrique, qui a d’ailleurs été repris par les Européens dans les mêmes termes. Ce plan prévoit 4 milliards d’euros, qui seraient, à long terme, un levier à 400 milliards et dont la mise en place est en cours.

Il faut préciser que l’Allemagne contribue à hauteur de 20% au budget européen, en plus elle a un solde négatif. Elle donne à l’Union européenne plus qu’elle n’en reçoit. Elle se sent à l’étroit dans sa politique vis-à-vis de l’Afrique, par rapport aux Français ou aux Anglais. Elle veut faire plus, parce qu’elle n’a pas d’héritage colonial. Son image est très positive.

Dans une étude récente commandée par les Français, elle a été classée premier pays que les faiseurs d’opinion africains apprécient, suivie du Japon et de la Chine. Il faut aussi prendre en compte le fait que l’Allemagne a une démographie négative. Les spécialistes affirment qu’en 2070, elle aura besoin de 30 millions de travailleurs. Au début, les analystes pensaient que cette main-d’œuvre viendrait de l’Europe de l’Est.

Mais, ils se sont vite rendu compte que ces pays-là auront eux aussi besoin de travailleurs. L’immigration, qui viendra en Allemagne, sera inévitablement africaine et majoritairement musulmane. L’Allemagne veut sa propre solution. Elle se prépare déjà. Elle a commencé par enseigner l’islam des lumières dans les écoles.

– Une telle politique d’aide à la fixation des populations dans leurs pays ne s’oppose-t-elle pas aux autres politiques, notamment française et britannique, qui engendrent souvent les conflits armés et la misère, source des flux migratoires ?

Malgré cette situation, l’Allemagne veut peser plus politiquement qu’économiquement. Cette volonté est exprimée par le ministre de la Coopération au sein même de l’UE. L’Allemagne sait que l’avenir est en Afrique. Elle voit que l’élite africaine, qui gère les pays africains, fait de la mauvaise gouvernance. C’est pour cela qu’elle a mis en place des lois anticorruption très sévères, pour sanctionner toute société qui serait impliquée dans une affaire de corruption. Elle a instauré de très fortes amendes.

– Pourtant il y a bien eu des affaires de corruption impliquant des sociétés allemandes en Algérie. Qu’en est-il au juste ?

S’il y a corruption, c’est qu’il y a des corrupteurs. Raison pour laquelle les lois élaborées sont d’une extrême sévérité en Allemagne.

En matière de paiement de pots-de-vin par exemple, le gouvernement a mis en place des contrôles très stricts. Il suffit qu’il y ait une dénonciation, un article de presse ou une quelconque information sur des soupçons de corruption, impliquant une société allemande dans n’importe quel pays, pour que tout se mette en branle, les impôts, le parquet, les services de sécurité, etc. Beaucoup d’entreprises ont eu d’énormes problèmes.

Elles ont été soumises à de fortes amendes. Pour éviter ce genre de situations, les sociétés se dotent de plus en plus d’un département d’éthique, alors qu’avant, elles faisaient appel à des consultants externes. En Allemagne, vous ne trouverez pas d’intermédiaires comme en Italie ou en France. Toute prestation doit être clairement justifiée.

– Cependant, il y a eu la condamnation, en Algérie, du groupe allemand Funkwerk pour avoir utilisé un des enfants d’un ex-PDG de Sonatrach comme intermédiaire dans l’affaire des contrats d’équipements de télésurveillance…

Il n’y a pas que Funkwerk. Il y a eu beaucoup d’autres sociétés allemandes impliquées dans des affaires de corruption en Algérie, mais elles l’ont payé très cher. Elles savent que ces erreurs sont coûteuses. Il n’est pas dans leur intérêt de tomber dans le piège. Les amendes sont tellement élevées qu’elles risquent de les pousser au dépôt de bilan.

De plus, il y a des dirigeants qui se sont retrouvés en prison et pas uniquement les chefs d’entreprise, sans oublier la présence active de la puissante association des consommateurs, dont les remarques sont comme des sentences.

Raison pour laquelle, les solutions à la corruption ont été mises en place en amont. Je connais des cas où le parquet s’est autosaisi sur la base de simples articles parus dans la presse algérienne. C’est pour vous dire que la législation est devenue tellement sévère, que cela permet aux  entreprises de commettre moins d’erreurs. Nous pouvons beaucoup apprendre de cette législation.

– Et qu’en est-il des sociétés qui sont en partenariat avec l’Algérie ?

La majorité des sociétés qui ont investi en Algérie, à l’image de Henkel, Lindt, Lieebher, Knauff, pour ne citer que celles-ci, sont performantes et exportent. Elles fonctionnent très bien. C’est du vrai gagnant-gagnant. La Chambre de commerce allemande aide des entreprises algériennes à exporter dans certains pays d’Asie. Elle a mis à profit des industriels algériens, plus d’une centaines de Chambres de commerce à travers le monde.

Ce que d’autres pays ne feraient jamais. Ils préfèrent privilégier leurs sociétés. Les Allemands sont convaincus que si l’Afrique s’enrichit, ses besoins s’intensifieront et sa population se fixera. L’Allemagne mise beaucoup sur la formation qualifiante dans tous les domaines.

Avec l’Algérie par exemple, le programme est très ambitieux, notamment dans les secteurs de la mécanique et de l’industrie, pour peu que les entraves qui freinent les projets soient levées et que les autorités soient plus souples avec les visas. La différence entre les entreprises allemandes qui travaillent dans la discrétion et les sociétés françaises qui ont obtenu des marchés de gré à gré, c’est que ces dernières ont menacé de mettre au chômage les travailleurs dès qu’il y a eu la baisse de la commande publique en raison de la chute du prix du pétrole.

Les entreprises allemandes, quant à elles, ont continué à travailler en essayant de trouver des marchés en dehors de l’Algérie. Il ne faut pas oublier que durant la décennie du terrorisme, beaucoup d’intellectuels algériens avaient bénéficié d’une bourse d’écriture en Allemagne en signe de solidarité. C’est vrai qu’il y a eu d’un autre côté des éléments du parti dissous qui y avaient trouvé refuge, mais c’était par méconnaissance de la situation, puisque l’Allemagne faisait confiance à la France de Mitterrand.

SALIMA TLEMCANI

Source : El Watan.com

Elle comparait devant la justice pour une photo devant un graffiti !

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Une jeune fille a dû comparaître ce lundi 1er octobre 2018 devant le Tribunal de première instance de Tunis en état d’arrestation pour la simple raison qu’elle a posé devant un graffiti supposé être pas loin du siège de la direction générale des prisons et de la rééducation.
Fille de la journaliste, Rim Guidouz, la jeune fille a été embarquée par la police « comme si elle était un dangereux criminel menaçant l’ordre public » dans l’après-midi du dimanche 30 septembre 2018, mais heureusement pour elle il a été décidé de clôturer complètement l’affaire.
En effet, Rim Guidouz vient d’annoncer qu’après réconciliation entre les deux parties devant le procureur de la République près le tribunal de première instance, il a été décidé de libérer la jeune fille et de clôturer l’affaire.


Il est à rappeler que dans un statut publié sur sa page Facebook, sa mère a indiqué que « l’affaire est montée de toutes pièces. Ma fille s’est prise en photo devant un beau graffiti mais à sa grande surprise, un agent de la direction générale des prisons et de la rééducation lui a crié dessus et lui a demandé de lui remettre son téléphone portable sous prétexte qu’il est interdit de se prendre en photo devant le siège de la direction générale des prisons et de la rééducation ». Or, Rim Guidouz a affirmé que sa fille se trouvait loin du siège. Ainsi une altercation verbale a eu lieu entre elle et les agents de police qui ont décidé de l’embarquer et de l’emmener au poste de police.

REALITES.com

Necer Zefzafi nominé pour le prix Sakharov 2018 pour la liberté de pensée avec sept autres Militants

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GRA259 ALHUCEMAS MARRUECOS 25 05 2017 - El lider de las protestas rifenas conocidas como Hirak al Shaabi Movimiento Popular Naser Zafzafi durante una arenga ante decenas de miles de personas al final de una marcha multitudinaria celebrada el pasado jueves en Alhucemas Zafzafi reclama la intervencion del rey Mohamed VI para responder a las demandas de los habitantes de esa zona que vive desde hace siete meses en medio de tension y manifestaciones Cuando pedimos dialogo nos dirigimos al rey directamente porque es el quien tiene como jefe de Estado todas las competencias para nombrar a las personas que pueden negociar con nosotros preciso en una entrevista concedida a Efe el lider de las protestas rifenas conocidas como Hirak al Shaabi Movimiento Popular EFE Mohamed Siali Detras de el se ve la bandera rifena DSC 0516 - Mismo pie de foto Informacion de las fotos Autor Mohamed Siali EFELugar La centrica plaza de los Martires de la ciudad rifena de Alhucemas Fecha 18 mayo 2017Gracias y un abrazoms
1- Oleg Sentsov, réalisateur ukrainien, condamné à 20 ans de prison pour «complot d’actes terroristes» contre le régime «de facto» russe en Crimée. Amnesty International a qualifié la procédure judiciaire de «procès inéquitable devant un tribunal militaire». Il est devenu un symbole pour les quelque 70 citoyens ukrainiens arrêtés illégalement et condamnés à de longues peines de prison par les forces d’occupation russes dans la péninsule de Crimée. Il fait la grève de la faim depuis mai 2018. Nominé par le PPE.
2- Les ONG protègent les droits de l’homme et sauvent des vies de migrants à travers la mer Méditerranée. Depuis 2015, des ONG de toute l’UE ont lancé des opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée pour tenter de sauver la vie de réfugiés luttant pour atteindre les côtes de l’UE. Les ONG sont: Boat Refugee Foundation, Jugend Rettet, Bateau de sauvetage Lifeline, Médecins Sans Frontières International, MOAS, Proactiva Open Arm, PROEM-AID, Save the Children, Sea Eye, Sea Watch et SOS Mediterranée. Nominé par S & D et les Verts / ALE.
3- Seyran Ateş, avocat allemand d’origine turque, lutte contre l’extrémisme politique et religieux et l’oppression des femmes. Elle était à l’origine de la création de la mosquée Ibn Rushd Goethe à Berlin, où des hommes et des femmes peuvent prier ensemble et ont reçu de nombreuses menaces de mort et doivent être protégés 24 heures sur 24. Elle a été nominée par ECR(Le groupe des Conservateurs et réformistes européens), Hans-Olaf Henkel et 40 autres eurodéputés pour son «engagement en faveur de la protection des droits de l’homme et de son attachement à un islam moderne et ouvert».
4- César est le nom de code d’un ancien photographe militaire syrien qui a fait sortir clandestinement plus de 55 000 photos de la Syrie, révélant les atrocités de la guerre. Leur authenticité est confirmée par Human Rights Watch. Les photographies de César joueront un rôle essentiel dans la constitution d’affaires criminelles et civiles contre les responsables des crimes documentés. Nominé par ADLE (L’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe)
5- Nasser Zefzafi est le chef de file de Hirak, un mouvement de protestation de masse dans la région du Rif, au Maroc, qui lutte contre la corruption, l’oppression et les abus de pouvoir. Il a été arrêté en mai 2017 et condamné à 20 ans de prison pour «complot contre la sécurité de l’État». En août 2018, le roi Mohammed VI a gracié 188 militants d’Hirak, mais Zefzafi n’en faisait pas partie. À la fin du mois d’août, il a entamé une grève de la faim pour dénoncer ses conditions de détention. Désigné par GUE, Kati Piri, Judith Sargentini, Marie-Christine Vergiat et 39 autres eurodéputés pour son combat «contre l’oppression et les abus de pouvoir».
6- Dewayne Johnson est un ancien paysan américain qui vient de remporter une affaire décisive contre Monsanto. Il a été le premier à amener Monsanto à être jugé pour des allégations selon lesquelles les produits chimiques vendus par la société sous la marque d’herbicide Roundup causaient le cancer. À la fin du processus, Dewayne n’avait que quelques mois à vivre, mais il a pris position et a décrit ses souffrances. Nomminé par EFDD(Le groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe ) comme source d’inspiration «pour ceux qui ont peur d’aller en justice et de défendre leurs droits».
7- AfriForum est une ONG qui vise à protéger les droits des minorités en Afrique du Sud, avec un accent particulier sur les droits des Afrikaners. Il se concentre sur la sensibilisation nationale et internationale aux attaques agricoles, aux meurtres et à l’expropriation de terres agricoles sans indemnisation, ce qui menace les droits de propriété, l’approvisionnement alimentaire et la sécurité alimentaire. Nominé par ENF (L’Europe des nations et des libertés)
8- Mary Wagner est une militante canadienne qui a été arrêtée à plusieurs reprises et accusée de «perturber les affaires» d’une clinique d’avortement à Toronto. Elle est restée en prison pour ne pas avoir respecté une ordonnance de probation de rester à l’écart des cliniques d’avortement. Elle a été nominée par Marek Jurek et 41 autres eurodéputés pour son travail pour «sauvegarder les droits de ceux qui ne peuvent pas parler pour eux-mêmes».
Source  : Parlement européen

Béjaïa : évaluation citoyenne de la rentrée scolaire

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C’est une première en Algérie ! Le directeur de l’éducation  de la wilaya de Béjaïa a rencontré les citoyens,  dans le « Café Pédagogique »,  nouvel espace d’expression citoyenne à côté du célèbre « Café Littéraire »,  pour une évaluation directe de la rentrée scolaire 2018-2019, moins d’un mois après que les élèves aient rejoint les salles de classe.

 

Plus de cent personnes, des cadres de l’éducation, des syndicalistes du secteur, des universitaires, des acteurs du mouvement citoyen et du monde associatif, élus locaux, ont été accueillis par la nouvelle salle de la Bibliothèque communale de la ville, ouverte il y a à peine six mois.
Brahim Tazaghart, le modérateur, ouvrit la séance en rappelant  les objectifs de cette rencontre du « Café pédagogique », qui est à sa troisième sortie : « Instaurer une tradition de débat civilisé direct entre le citoyen et le responsable. Amener le responsable à faire face au citoyen, partager avec lui  l’information, le faire participer à l’élaboration de la réflexion, l’impliquer dans les décisions qui concernent sa famille, ses enfants et toute la société. » Le directeur de l’éducation, Brahim Bader, et son secrétaire général, Bezza Benmansour , ont développé tour à tour et dans les trois langues, tamazight, l’arabe et le français, le thème : «  L’année scolaire 2018-2009, une année charnière » .

 

L’école est l’affaire de tous
« Azul fellawen , ce café pédagogique est unique en Algérie,  Béjaïa peut être fière d’être la pionnière dans l’ouverture d’un tel espace  d’échange et de débat autour de questions d’education et de scolarité qui impactent directement le citoyen », dira le directeur de l’éducation en guise d’introduction à sa communication articulée autour du volet pédagogique et didactique, et celui des nouveautés de la rentrée scolaire en termes de réglementation et en chiffres relatifs aux infrastructures et à la formation. Développant son discours autour du triangle pédagogique et ses trois points, l’enfant, le professeur et le programme, il donnera  les nouveautés introduites dans l’éducation nationale depuis l’arrivée de Nouria Benghebrit aux commandes du secteur, et l’incidence de ses changements sur l’école dans la wilaya de Béjaïa: «  L’école est l’affaire de tous, la famille, la rue, les pouvoirs publics, les institutions spécialisées. La direction de l’éducation s’ouvre sur la société  dans la transparence, le temps de l’isolement de l’institution est terminé. »

 

Le « MARWATTT » ministériel
Ce néologisme, issu de trois sigles arabes francisés, résume toute la nouvelle doctrine ministérielle en matière de maîtrise des apprentissages et des enseignements. MAR , pour Mardjiaiya,  WA pour watania, et les trois T sont les lettres qui commencent les mots arabes de Tekwin, Taalim , et Taqwim. Ce MARWATTT signifie donc l’affirmation des repères nationaux en matière identitaire et culturelle, et des méthodes universelles en matière d’évaluation pédagogique et didactique des apprentissages. Ce Sigle  renferme à lui seul toute la démarche ministérielle du retour aux racines algériennes, de l’affirmation concrète  et complète de notre identité dans ses dimensions historique, linguistique et civilisationnelle, et de l’ouverture sur les savoirs et les apprentissages universels. Le directeur conclut par un appel à «  soutenir madame la ministre qui par ses engagements clairvoyants nous réconcilie avec notre personnalité et notre besoin de modernité. »
Réduction drastique des budgets alloués à l’éducation
Le secrétaire général prendra le relai de son supérieur hiérarchique pour évoquer les questions «  qui fâchent » : les retards dans les constructions et les infrastructures, les réparations inachevées, les équipements inexistants, les cantines scolaires non ouvertes, les classes à 40 élèves, et toutes les difficultés que subissent l’élève et sa famille.  Il a zoomé particulièrement sur la réglementation. Il rappellera le repère fondamental, à savoir la loi fondamentale sur l’orientation scolaire du 8 avril 2008 et les valeurs sur lesquelles elle fut élaborée. Le volet  réformes fut décrypté en trois axes, la refonte pédagogique, la bonne gouvernance et la professionnalisation par la formation. Féru de sigles, il développera le PPA, le plan pédagogique annuel  portant les nouveautés de la feuille de route établie par le ministère, un protocole qui organise toutes les questions inhérentes aux contraintes et aux aléas. Le secrétaire général révélera que sur les 180 milliards de centimes demandés  pour les besoins primordiaux, les crédits alloués sont inférieurs à 40 milliards, soit  19,37%, alors que les besoins exprimés en matières d’équipements scolaires sont de 57,37%.  « La gestion est l’art de faire beaucoup avec peu de moyens. La maîtrise de la discipline évite les dégradations, l’entretien et la maintenance permanent des équipements et des infrastructures  permettent d’économiser beaucoup sur les ressources allouées. Il faudra rationaliser les dépenses », dira M. Benmansour  reprenant un mot d’ordre, crédo actuel de l’exécutif gouvernemental et de ses échelons déconcentrés.

 

Un débat de haute teneur
« Les ruptures supposées dans l’intitulé de la conférence  ont été juste effleurées, nous n’avons pas entendu ni compris les nouveautés  attendues », dira le premier intervenant, ajoutant: « Les infrastructures  sont vétustes, certains établissements menacent ruine, dans d’autres il n’y a pas suffisamment de place. L’égalité des chances demeure un slogan creux  pour les enfants, certains ont des moyens de l’école moderne d’autres souffrent par manque de l’essentiel ». D’innombrables sujets ont été soulevés, demeurant sans réponse. La sauvegarde du patrimoine du secteur de l’éducation, le déficit du livre scolaire, les réformes des examens demeurées lettres mortes, le redoublement, les places dans le préscolaire, l’âge de la première inscription. Une vingtaine de citoyens s’est relayée au micro, certains pour émettre des commentaires, d’autres des évaluations, et une troisième catégorie infime s’est contentée de poser des questions.

 

L’école publique menacée
L’enseignement de tamazight s’est accaparé la part du lion  dans le débat. La malheureuse sortie de quelques parents d’élèves de la wilaya de Jijel rejetant l’enseignement de tamazight, la déclaration de la ministre selon laquelle 45 wilayas enseignent tamazight, le caractère facultatif de cet enseignement, la différentiation du caractère de langue maternelle pour les algériens amazighophones et de langue secondaire pour les non amazighophones, l’introduction de tamazight en quatrième année primaire, après la langue française en 3ème année, toutes ces interrogations n’ont pas trouvé de réponse dans les éclairages du directeur de l’éducation et de son secrétaire général. Le développement des écoles privées, où une classe sociale aisée inscrit ses enfants, l’apparition du phénomène de l’école informelle constituée par la pratique des cours de soutien, la floraison des crèches et des écoles coraniques qui dématérialisent l’enfant de langue amazighe. Les facilités pour les élèves handicapés, les affectations en retard et le paiement aléatoire des vacataires, ont constitué la multitude d’inquiétudes auxquelles le citoyen n’a pas eu de réponses. Brahim Tazaghart, le modérateur, clôturera cette troisième sortie réussie du Café Pédagogique en notant le caractère civilisé des échanges et le niveau relevé des questions et des réponses.

 

Rachid Oulebsir

 

Mouwatana : Rassemblement-rencontre le Samedi 6 Octobre à Paris

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Le Mouvement Mouwatana vous invite à venir participer à un rassemblement-rencontre le samedi 6 octobre 2018 à Paris, Place de la République, pour :

– dire non à un 5ème Mandat pour Bouteflika et pour hâter le départ de ce régime,

– soutenir le mouvement MOUWATANA interdit de s’exprimer et de rencontrer les citoyens algériens en Algérie même,
– dénoncer la complaisance des démocraties occidentales avec un régime autoritaire et nuisible à la stabilité de l’Algérie et de la région méditerranéenne,

– l’établissement d’un État de droit en Algérie.

Cordialement

Le journaliste et politologue franco-libanais, Antoine Sfeir, est mort à l’âge de 70 ans

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Ce spécialiste du monde arabe et musulman est décédé dans la nuit de dimanche à lundi.

Le journaliste et politologue franco-libanais Antoine Sfeir, spécialiste du monde arabe et musulman, est mort dans la nuit de dimanche à lundi 1er octobre à l’âge de 70 ans, ont annoncé Les Cahiers de l’Orient sur Twitter. Il était le fondateur de cette revue trimestrielle.

« Il aimait décrypter et transmettre »

Antoine Sfeir avait aussi travaillé pour La Croix et Le Pèlerin. Il commentait régulièrement l’actualité du Proche-Orient sur les antennes de Radio France, notamment sur France Culture.

Auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur le monde arabe et l’islam, ce dernier a été accusé de complaisance envers le régime de Ben Ali, avec le livre Tunisie, terre de paradoxes, publié en 2006, et exhumé au moment du printemps arabe. Avec son dernier opus, L’Islam contre l’Islam: l’interminable guerre des sunnites et des chiites (2012), il a remporté le prix « Livre et droits de l’Homme » à Nancy.

« Antoine Sfeir était un passeur entre deux mondes, l’Orient et l’Occident. Il avait de l’islam, dans ses multiples visages et dans son histoire, une connaissance profonde et chaleureuse. Il aimait décrypter et transmettre. Et il était un ami », a réagi le président du MoDem François Bayrou sur les réseaux sociaux.

Par franceinfo – France Télévisions

Charles Aznavour est mort à l’âge de 94 ans

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Le chanteur Charles Aznavour est mort dans la nuit de dimanche à lundi, à l’âge de 94 ans à son domicile dans les Alpilles (sud de la France), ont annoncé à l’AFP ses attachées de presse.Le chanteur français le plus connu à l’étranger revenait d’une tournée au Japon, après avoir été contraint d’annuler des concerts cet été en raison d’une fracture du bras après une chute.

 

Le légendaire artiste franco arménien s’est éteint à l’âge de 94 ans. Avec des chansons telles que Emmenez-moiJe Me Voyais Déjà ou La Bohème, l’éternel Charles Aznavour a traversé les époques, les générations et les frontières.

«Chanteur de variété le plus important du XXe siècle». C’est le titre attribué en 1988 à Charles Aznavour par la chaîne américaine CNN et Le Times. Plus de 1200 chansons dans sept langues différentes, des spectacles dans 94 pays et plus de 100 millions de disques vendus dans le monde entier. Mais aussi plus de 60 participations à des longs-métrages. Très discret sur sa vie privée, le chanteur a été marié trois fois et a eu six enfants dont trois avec sa dernière femme Ulla avec qui il était marié depuis plus de 50 ans. Icône de la chanson française, Charles Aznavour était une star mondiale, au point d’avoir son étoile sur le «Walk of Fame» à Hollywood en 2017. Soixante-dix ans de carrière en haut de l’affiche pour cette légende de la chanson française. Il est mort dans la nuit de dimanche à lundi, à l’âge de 94 ans à son domicile dans les Alpilles (sud de la France), ont annoncé ce mardi ses attachées de presse. Il revenait d’une tournée au Japon, après avoir été contraint d’annuler des concerts cet été en raison d’une fracture du bras après une chute.

Charles Aznavour avait inauguré son étoile sur le Walk of Fame de Hollywood en 2017.
Charles Aznavour avait inauguré son étoile sur le Walk of Fame de Hollywood en 2017. FREDERIC J. BROWN/AFP

Ses premières années débutent comme un roman. Ses parents, Misha et Knar Aznavourian, viennent de Salonique, en Grèce. Son père est le fils d’un ancien cuisinier du tsar Nicolas II, sa mère appartient à une famille de commerçants arméniens de Turquie qui avaient fui le génocide de 1915. Charles Aznavour, à l’époque Varenagh Aznavourian, naît en France, le 22 mai 1924. Ses parents attendent à Paris un visa pour les États-Unis. Finalement, la France sera leur terre d’accueil. Son père mène une carrière de restaurateur et de patron de café laborieuse,  il préfère chanter.

Encouragé également par sa mère, actrice, le jeune homme joue du violon dans les rues, entre à 9 ans à l’École du spectacle et se donne comme nom de scène «Aznavour». Rapidement, la chanson devient une évidence. Un certain Charles Trenet, devient son idole. À 17 ans, en pleine guerre, il rencontre un jeune compositeur fou de jazz, Pierre Roche. Le duo «Roche et Aznavour» commence à courir les cabarets. De cette collaboration naîtra notamment J’aime Paris au mois de mai.

Le «petit génie con» de Piaf

Edith Piaf venue féliciter Charles Aznavour après son spectacle à l'Alhambra à Paris le 9 octobre 1958.
Edith Piaf venue féliciter Charles Aznavour après son spectacle à l’Alhambra à Paris le 9 octobre 1958. Rue des Archives/Credit ©Rue des Archives/AGIP

1945, période creuse pour les deux artistes, malgré un contrat d’enregistrement signé avec Jacques Canetti chez Polydor. L’année d’après, la rencontre avec Edith Piaf les relance. Elle les invite à la suivre pendant une tournée de deux ans en France et aux États-Unis. La chanson swing du duo ne s’impose pas vraiment en France, mais a du succès au Canada… Et Pierre Roche finit par s’y marier. La carrière solo d’Aznavour débute… difficilement.

Pendant huit ans, l’artiste travaille dans l’ombre de la chanteuse. «Le petit génie con» devient l’homme à tout faire de l’icône, alors au sommet de sa carrière. Il conduit la voiture, répond au téléphone, s’occupe des éclairages et du son pendant les tournées… De temps à autre, il lui présente une chanson qu’il a écrite, sans grand succès. Piaf lui répète qu’il ne percera jamais comme chanteur.

Mais Aznavour persévère, s’accroche et écrit plusieurs chansons pour Gilbert Bécaud, Juliette Gréco, Patachou… Piaf elle-même fait un succès avec Jezebel.

En 1955, ses fossettes et son regard profond font leur première apparition à la télévision. Les mains dans les poches, l’air décontracté, presque désinvolte, Charles Aznavour entonne Le Palais de nos chimères:

Aznavour est sur la voie du succès: la critique a beau ne pas croire en lui, le public commence à s’attacher. Sur ma vie, Parce que, Sa jeunesse, Au creux de mon épaulesont ses premiers succès.

Un début de carrière qui aurait pu se terminer tragiquement. À l’été 1955, le chanteur est victime d’un violent accident de voiture sur la route de Saint-Tropez. Hôpital, convalescence: plusieurs mois éloigné du métier, il doit tout reconstruire. L’année suivante, Charles Aznavour fait sa première à l’Olympia. Mais les critiques sont toujours virulentes sur la voix et le physique du chanteur. Des propos qui le blessent profondément et pourtant, les propositions de contrats s’enchaînent.

« D’autres ont réussi avec un peu de voix mais beaucoup d’argent, Moi j’étais trop pur ou trop en avance, Mais un jour viendra je leur montrerai que j’ai du talent.»

Charles Aznavour, Je m’voyais déjà

1960 et la naissance de la star française et internationale

La légende Aznavour est née un soir de décembre 1960. À l’Alhambra, le grand music-hall près de la place de la République, à Paris, sa carrière se joue en une soirée. Après six chansons interprétées dans une atmosphère glaciale, l’artiste sort sa dernière carte: Je m’voyais déjà. L’histoire d’un artiste dont la carrière ne décolle pas. Charles Aznavour entonne le dernier couplet: «On ne m’a jamais accordé ma chance, D’autres ont réussi avec un peu de voix mais beaucoup d’argent, Moi j’étais trop pur ou trop en avance, Mais un jour viendra je leur montrerai que j’ai du talent.» C’est l’ovation. Un succès énorme et définitif: Aznavour ne quittera plus le haut de l’affiche, il a 36 ans.

La Bohème, La Mamma, Sa jeunesse, Toi et moi, Mes emmerdes, Non je n’ai rien oublié, Désormais, Les Comédiens, Emmenez-moi, Tu t’laisses aller… Charles Aznavour enchaîne les tubes et, en 1963, entame une carrière aux États-Unis. Il séduit les Américains, qui se pressent pour assister à sa représentation au Carnegie Hall de New-York. Près de 400 New-Yorkais sont présents dans la salle. Le chanteur alterne les chansons en anglais et en français. Une soirée qui marque le véritable point de départ de sa carrière internationale.

En France, Aznavour devient une référence. Et quand, en 1989, il fait appel aux artistes français pour venir au secours de l’Arménie, son pays d’origine, qui vient d’être ravagé par un tremblement de terre, ils sont quatre-vingt-dix chanteurs et comédiens à se presser derrière le micro pour chanter Pour toi Arménie – le single sera vendu à un million d’exemplaires. En 1997, il est nommé officier de la Légion d’honneur.

Aznavour au grand écran

«Un taxi pour Tobrouk», l'un des films références de Charles Aznavour.
«Un taxi pour Tobrouk», l’un des films références de Charles Aznavour. Les Archives du 7ème Art

Chanteur reconnu, Charles Aznavour aura aussi une carrière dans le cinéma avec 63 films au compteur. Si beaucoup ont été des nanars, il joue ses plus beaux rôles dans les années 1960: Tirez sur le pianistede Truffaut, Le Testament d’Orphée de Cocteau, Un taxi pour Tobrouk de La Patellière, Paris au mois d’août de Granier-Deferre… En 1968, la star internationale tourne son premier film en anglais: Candyde Christian Marquand avec Marlon Brando, Richard Burton et James Coburn. Il joue également en allemand, dans Le Tambour (1979) de Volker Schlöndorff qui obtient l’Oscar du meilleur film étranger. Héros dramatique, il tourne sous la direction de Claude Chabrol en 1982, Les Fantômes du chapelier dans le rôle d’un homme écrasé et réservé.

Aznavour compose de nombreuses musiques pour ses films écrit le scénario de la comédie de Paul Boujenah, Yiddish Connection. Dans les années 1990, il se fait plus discret au cinéma, tournant principalement des téléfilms.

Aznavour, toujours et «Encores»

Huit kilos, c’est le poids de l’intégrale de l’œuvre d’Aznavour, sorti en 1996. Un imposant coffret de 33 CD en forme de colonne Morris qui donne toute la dimension de la carrière du chanteur.

Aznavour entre dans le XXIe siècle. Chaque tournée est alors présentée comme la dernière. En 2000, il annonce ses adieux, puis finalement fête ses 80 ans en 2004 au Palais des congrès, son port d’attache. L’année d’après, il entame une tournée d’adieu nord-américaine et poursuit ensuite cette dernière à l’international, en chantant en Asie, en Europe, en Océanie et en Amérique du Sud. Sa «dernière rentrée» était prévue en 2007. Mais chaque année, Aznavour savoure l’ivresse d’être en haut de l’affiche. 2009 est un nouveau marathon nord-américain.

Un an plus tard, Charles Aznavour n’est toujours pas rassasié. Il sort Aznavour toujours, son 50ème album et enchaîne directement avec la tournée européenne Charles Aznavour en toute intimité. En 2013, on se souvient de son duo avec Johnny Hallyday sur le titre «Sur ma vie» à l’occasion des 70 ans de l’idole des jeunes. En mai 2015, il sort Encores, son 51e album, mais son 46e original. Auteur de nombreux volumes autobiographiques, le chanteur était passionné de littérature et confiait en 2017, dans les colonnes du Figaro: «Je m’instruis, parce que j’en ai besoin pour mon travail, pas pour briller en société. Mon nom brille pour moi, c’est déjà assez emmerdant.»

En 2018, Charles Aznavour repartait à 93 ans sur la route des concerts. Après sept ans d’absence, il s’était produit dans six villes en France en janvier. Celui qui voulait chanter jusqu’à l’âge de 100 ans, devait effectuer une tournée en novembre à travers le monde.

● Duo avec Johnny Hallyday sur le titre «Sur ma vie» à l’occasion des 70 ans de l’idole des jeunes.

Le prix Nobel de médecine 2018 est attribué à un Américain et un Japonais (Vidéo)

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Le prix Nobel de médecine a été attribué lundi à l’Américain James P. Allison et au Japonais Tasuku Honjo pour leurs recherches sur l’immunothérapie qui se sont révélées particulièrement efficaces dans le traitement de cancers virulents.

« En stimulant la capacité de notre système immunitaire à attaquer les cellules cancéreuses, les lauréats du prix Nobel cette année ont établi un tout nouveau principe pour soigner le cancer », a souligné l’Assemblée Nobel de l’Institut Karolinska à Stockholm.

Chacun de leur côté, les deux scientifiques se sont évertués à « lâcher les freins » et « appuyer sur les bonnes pédales d’accélération » du système immunitaire de façon à lui permettre de « neutraliser des micro-organismes étrangers », a précisé le jury Nobel.

« J’en rêvais mais je ne pensais pas que cela se réaliserait. Ça me semblait trop gros », a réagi James P. Allison, 70 ans, contacté par l’agence de presse suédoise TT.

Ce professeur d’immunologie au Centre du cancer de l’Université du Texas et Tasuku Honjo, 76 ans, professeur à l’Université de Kyoto, avaient déjà reçu conjointement en 2014 le prix Tang, présenté comme la version asiatique des Nobels.

Le Nobel de médecine était allé l’an dernier à trois généticiens américains dont l’étude de l’horloge biologique éclaire l’adaptation du corps au cycle du jour et de la nuit, les troubles du sommeil et leurs effets sur la santé.

Les derniers Français honorés dans cette discipline sont Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, en 2008, pour avoir identifié en 1983 le virus du sida.

Après la médecine, suivront la physique mardi, la chimie mercredi et l’économie lundi 8 octobre.

Le lauréat du Nobel de la paix sera dévoilé vendredi à Oslo.

Pour la première fois depuis 1949, l’annonce du prix de littérature a été reportée d’un an par l’Académie suédoise, enferrée dans des divisions internes et le retrait de plusieurs membres l’empêchant de fonctionner normalement.

Les prix Nobel ont été attribués pour la première fois en 1901, après que le riche industriel suédois Alfred Nobel, inventeur de la dynamite, eut légué sa fortune à la création de ces prix.

Les lauréats reçoivent le 10 décembre une médaille en or, un diplôme et un chèque de 9 millions de couronnes suédoises (environ 870.000 euros) qui peut être divisé dans chaque catégorie entre trois gagnants maximum.

AFP