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samedi 4 avril 2026
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Financement du terrorisme par Lafarge : la DGSI impliquée ?

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Le contre-espionnage français était-il au courant des activités de Lafarge en Syrie ? L’avocat du cimentier aurait demandé aux juges en charge de l’enquête sur les soupçons de financement du terrorisme en Syrie d’interroger deux agents de la DGSI.

Les avocats de Lafarge, cimentier mis en examen pour financement de groupes terroristes en Syrie, dont Daesh, auraient demandé aux juges d’instruction chargés de l’affaire d’entendre deux agents de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Selon L’Express, qui rapporte l’information le 28 octobre, ces deux agents auraient assisté à une réunion du comité exécutif de Lafarge le 6 avril 2012.

Leur présence figure ainsi sur un document confidentiel, consulté par L’Express. A l’ordre du jour de cette réunion, entre autres, un topo réalisé par le directeur de la sûreté de Lafarge, Jean-Claude Veillard, sur la «protection de l’information», incluant une partie sur la Syrie. Dans ce document, on peut lire que «deux fonctionnaires de la DCRI [Direction générale de la Sécurité intérieure, ancien nom donné à la DGSI]» doivent participer à ce point «sûreté» devant la direction du géant du ciment. L’un des deux agents est présenté comme un spécialiste de la protection de l’information. Surnommé Monsieur H., son identité figure noir sur blanc sur le document selon l’hebdomadaire. L’autre agent surnommé Monsieur D. est présenté comme «correspondant Lafarge sur les aspects intelligence économique».

Les deux hommes seront interrogés sur ce qu’ils savaient des liens entre l’usine Lafarge installée à Jalabiya, en Syrie, et les groupes armés djihadistes. Pour renforcer sa défense dans cette affaire de pot-de-vin pour le moins embarrassante, Lafarge compterait donc impliquer davantage les renseignements français et donc les autorités françaises de l’époque.

Déjà, le 20 juillet, l’ancien ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a été entendu comme témoin dans l’enquête. Il a assuré ne pas avoir été informé des activités de l’entreprise affirmant qu’«aucun élément d’information» ne lui était parvenu concernant le maintien en Syrie de l’entreprise au prix de présumés arrangements financiers avec des groupes armés dont l’organisation terroriste Daesh.

Lafarge aurait informé les services français sur les terroristes

En avril, le journal Libération, sur base des procès-verbaux de l’audition du directeur de la sûreté du cimentier Lafarge, expliquait que Lafarge renseignait régulièrement l’Etat français sur plusieurs groupes terroristes basés près de son usine en Syrie.

Des contacts permanents auraient ainsi été entretenus entre les dirigeants de l’usine Lafarge en Syrie et les services de renseignement français. Jean-Claude Veillard avait révélé qu’il avait rencontré à 33 reprises les différents services de renseignement extérieur, la Direction du renseignement militaire (DRM), la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), entre 2012 et 2014. «Correspondant» de Lafarge au sein du contre-espionnage, le fameux Monsieur D. apparaîtrait selon L’Express régulièrement dans les agendas de Jean-Claude Veillard pendant la période cruciale où le cimentier est soupçonné d’avoir entretenu des relations financières avec les groupes terroristes locaux, dont Daech.

Huit cadres de Lafarge sont déjà mis en examen pour financement du terrorisme et mise en danger de la vie d’autrui. Le cimentier est accusé d’avoir payé d’importants pots-de-vin aux groupes terroristes présents en Syrie pour pouvoir maintenir son usine de Jalabiya en activité jusqu’en 2014.

Source : RT Fracne

 

Donald Trump veut mettre fin au droit du sol

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Donald Trump a affirmé dans un entretien télévisé vouloir mettre fin, par décret présidentiel, au droit du sol aux États-Unis, qu’il qualifie de « ridicule ».

Le président des États-Unis Donald Trump souhaite mettre fin, par décret, au droit du sol, qui stipule que tout enfant né sur le territoire américain a la nationalité américaine. Cette proposition, formulée dans la dernière semaine d’une campagne électorale dans laquelle Donald Trump tente de placer l’immigration au cœur des débats, pourrait cependant se heurter à de sérieux obstacles.

« Il faut que cela cesse ». Dans un entretien à Axios, le président affirme qu’il envisage de signer un décret pour que les enfants nés sur le sol américain de parents en situation irrégulière ne bénéficient plus de ce droit. « Nous sommes le seul pays au monde où, si une personne arrive et a un bébé, le bébé est citoyen des États-Unis… avec tous les avantages », affirme-t-il dans cet entretien télévisé. « C’est ridicule, c’est ridicule, il faut que cela cesse ».

Pas besoin d’amendement constitutionnel ? Au-delà de la levée de boucliers qu’elle devrait susciter, la possibilité même pour le président de pouvoir remettre en cause, par décret, ce principe inscrit dans le 14ème amendement de la Constitution, est vivement contestée par nombre de juristes. « On m’avait toujours dit que vous aviez besoin d’un amendement constitutionnel. Vous savez quoi ? Ce n’est pas le cas », avance le président au cours de l’entretien. « C’est en cours. Cela va se faire, avec un décret », ajoute-t-il.

Source : Europe1

Le 23e Salon du livre d’Alger s’ouvre au public

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ALGER – Le 23e Salon international du livre d’Alger (SILA) a ouvert, mardi aux Palais des expositions des Pins maritimes, ses portes au public venu en nombre en ce premier jour.

Dès l’ouverture du salon, les premiers visiteurs, majoritairement des jeunes, ont afflué au pavillon central, l’espace le plus attractif du Palais des expositions, qui accueille particulièrement des exposants spécialisés dans la littérature, le livre scolaire et parascolaire ainsi que le dictionnaire.

Le stand de 500 m² réservé à la Chine, invité d’honneur de cette édition, a attiré des visiteurs intéressés par la culture et la littérature de ce pays d’Asie de l’est qui propose quelques 10.000 titres dans divers domaines en Arabe, en anglais et en mandarin, langue nationale et officielle en Chine. D’autres visiteurs, étudiants notamment, ont afflué vers des stands de maisons d’édition d’ouvrages scientifiques comme la médecine, la psychologie et le droit.

Sur les quelques 20.000 m² de surface d’exposition, les visiteurs peuvent aller, pendant douze jours, à la rencontre de nombreux auteurs algériens et étrangers qui viendront dédicacer leurs oeuvres, en plus des débats et autres ateliers.

Plus d’un millier d’exposants dont 739 éditeurs étrangers venant de 47 pays prennent part à ce 23e Sila placé sous le slogan « Le livre ensemble ».

Inauguré officiellement lundi par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, le Salon du livre d’Alger se poursuit jusqu’au 10 novembre aux Palais des expositions des Pins-Maritimes.

APS

l’Académie de la langue amazighe sera mise en place avant la fin de l’année

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ALGER- Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a annoncé lundi à Alger que l’Académie algérienne de la langue amazighe sera mise en place « avant la fin de l’année en cours », précisant que le Haut commissariat à l’Amazighité (HCA) poursuivra normalement sa mission.

« Le HCA joue un rôle important dans la promotion de la langue amazighe et continuera à accomplir sa mission en coordination avec l’Académie », a déclaré M. Ouyahia en marge de l’inauguration du 23ème Salon international du livre d’Alger (SILA).

Le Premier ministre s’est félicité, en outre, des efforts de l’Etat et du président de la République dans la promotion de la langue amazighe, qui a été élevée au rang de langue nationale et officielle aux côtés de la langue arabe, appelant, par la même occasion, à encourager l’édition d’ouvrages en tamazight.

Tout en déplorant le fait que certains tentent de semer la confusion au sujet de cette question (tamazight), M. Ouyahia a mis en avant, dans ce sens, les efforts entrepris par le ministère de l’Education nationale qui a élargi l’enseignement de la langue amazighe à travers 30 wilayas du pays.

Il est à rappeler que la loi organique relative à la création de l’Académie algérienne de la langue amazighe, adoptée en juin dernier par le Parlement, vise à doter la langue amazighe des outils nécessaires à sa promotion et à son développement.

La loi définit les missions, la composition, l’organisation et le fonctionnement de cette instance, placée auprès du président de la République et dont la création est prévue par l’article 4 de la Constitution, amendée en 2016.

L’Académie est chargée notamment de recueillir le corpus national de la langue amazighe dans toutes ses variétés linguistiques, d’établir la normalisation de la langue amazighe à tous les niveaux de description et d’analyse linguistique, et d’élaborer un dictionnaire référentiel de la langue amazighe.

La composition de l’Académie est fixée à 50 membres au plus, choisis parmi les experts et compétences avérés dans les domaines des sciences du langage et en rapport avec la langue amazighe et les sciences connexes. L’Académie disposera d’un Conseil, d’un Président, d’un Bureau et de Commissions spécialisées.

APS

Pakistan : Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème est acquittée

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Cette mère de cinq enfants avaient été condamnée à la peine de mort en 2010 après une dispute avec une musulmane au sujet d’un verre d’eau.

La Cour suprême du Pakistan a acquitté en appel la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010  et dont le cas avait suscité l’indignation à l’étranger et des violences dans le pays, selon un verdict rendu mercredi.

Libérée « immédiatement ». « Elle a été acquittée de toutes les accusations », a déclaré le juge Saqib Nisar lors de l’énoncé du verdict à la Cour suprême, ajoutant que Asia Bibi allait être libérée « immédiatement ».

Un retentissement international. Asia Bibi, mère de cinq enfants, avait été condamnée à la peine capitale à la suite d’une dispute avec une musulmane au sujet d’un verre d’eau. Son cas avait eu un retentissement international, attirant l’attention des papes Benoît XVI et François. En 2015, l’une des filles d’Asia Bibi avait rencontré le pape François.

Les menaces des religieux fondamentalistes. Ce verdict pourrait susciter la fureur des milieux religieux fondamentalistes qui appelaient de longue date à l’exécution de Asia Bibi. Des islamistes radicaux avaient ces dernières semaines menacé les juges statuant sur son cas en cas de jugement favorable. Mercredi, la capitale Islamabad avait été placée sous haute sécurité, avec des barrages sur les routes notamment à proximité des quartiers où vivent les magistrats et la communauté diplomatique.

 

Source : Europe1

Bouteflika n’a pas répondu au FLN sur le 5e mandat

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Quelques instants après avoir officialisé le 28 octobre la candidature du président algérien à sa propre succession, le secrétaire général du FLN s’est borné à affirmer que sa formation politique était dans l’attente d’une réponse de l’intéressé.

Le secrétaire général du Front de libération national (FLN) a-t-il parlé trop vite ? Lors d’une réunion consacrée le 28 octobre à l’investiture du nouveau chef de groupe du parti à la chambre basse du Parlement algérien, Djamel Ould Abbes avait annoncé que le FLN serait représenté par Abdelaziz Bouteflika lors de la prochaine élection présidentielle prévue dans moins de six mois. Pourtant, quelques instants après avoir effectué cette annonce relayée immédiatement sur les réseaux sociaux, le secrétaire général du FLN est revenu sur sa déclaration initiale.

«On n’a pas encore reçu de réponse. On a sollicité le président au nom de 700 000 militants […] au nom de tous les élus. C’est le souhait du FLN que le président poursuive sa mission. Ne parlez pas de cinquième mandat…», a-t-il expliqué devant les journalistes.

https://www.facebook.com/Algerie360/videos/257230704986880/

Un rectificatif qui renforce un peu plus le mystère entourant l’éventuelle candidature du président algérien. Et pour cause, dans sa première déclaration, Djamel Ould Abbes affirmait : «Je le dis en tant que secrétaire général du parti, le candidat du FLN pour l’élection présidentielle de 2019, c’est Abdelaziz Bouteflika.» Le président algérien ne s’est pour sa part pas prononcé clairement sur le sujet.

Affaibli par un AVC survenu en 2013, il n’a pas prononcé de discours en public depuis mai 2012. Alors que ses opposants affirment qu’il n’est plus en capacité de diriger le pays, ses fidèles soutiens martèlent qu’il est bel et bien aux affaires, mettant en exergue ses différentes rencontres avec des dirigeants étrangers.

Source : RT France

Jamal Khashoggi allait révéler des détails sur l’utilisation d’armes chimiques par l’Arabie saoudite au Yémen

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Le journaliste assassiné Jamal Khashoggi était sur le point de révéler des détails sur l’utilisation d’armes chimiques par l’Arabie saoudite au Yémen, selon le Daily Express.

Ces révélations interviennent alors que des sources de renseignements distinctes ont révélé que la Grande-Bretagne aurait été informée d’un complot autour de l’assassinat du journaliste saoudien, trois semaines avant que ce dernier ne se rende au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.

Un ami proche de Khashoggi a affirméau tabloïd que le journaliste enquêtait sur l’utilisation d’armes chimiques par l’Arabie saoudite avant sa mort.

Selon des sources anonymes du Sunday Express, le quartier général des communications du gouvernement (GCHQ) a intercepté des communications de la Direction des renseignements généraux du Royaume et a découvert des ordres de «membre du cercle royal» pour enlever Jamal Khashoggi et le renvoyer en Arabie saoudite.

Selon les sources du renseignement, les ordres n’auraient pas été émis directement par le prince héritier Mohammed ben Salman, et nul ne sait s’il était au courant. Mais outre l’enlèvement, les ordres donnés n’interdisaient pas non plus «d’autres actions» si le journaliste s’avérait trop «gênant».

«Il espérait obtenir des preuves»

Le 28 octobre, la BBC a diffusé une interview de Galip Dalay, un ami de Khashoggi. Jamal Khashoggi, qu’il a vu une semaine avant sa disparition, lui avait alors semblé «malheureux» et «inquiet».

«Lorsque je lui ai demandé pourquoi il était inquiet, il ne voulait pas vraiment répondre, mais il m’a finalement dit qu’il détenait la preuve que l’Arabie saoudite avait utilisé des armes chimiques [au Yémen]. Il a dit qu’il espérait obtenir des preuves documentaires.» «Tout ce que je peux vous dire, c’est que la fois suivante où j’ai entendu parlé de lui, il avait disparu», a-t-il déclaré.

Si ces informations sont avérées, les raisons d’éliminer Khashoggi prendraient alors tout leur sens.

Le 25 octobre, le procureur général Shaikh Suood bin Abdullah Al Mo’jab a admis que le meurtre de Khashoggi était prémédité et n’était pas le résultat d’un «combat qui a mal tourné», comme le Royaume l’avait initialement annoncé.

La Turquie, tout comme les Etats-Unis, ont appelé à une révélation complète sur le meurtre, perpétré par des agents saoudiens – dont certains semblent travailler directement sous les ordres du prince héritier Mohammed ben Salman.

Par CNews

https://www.cnews.fr/monde/2018-10-30/jamal-khashoggi-allait-reveler-des-details-sur-lutilisation-darmes-chimiques-par

Algérie, définitivement Hors-histoire

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Décidément, il ne faudra plus comparer l’Algérie à des pays de la même aire géographique ou de la même histoire, ni même avec des pays, il y a quelques décennies, souffraient de famine et de sous-développement. l’Algérie, loin derrière la Tunisie et le Maroc et incomparable aux pays africains, est le pire exemple de toute la planète. l’Algérie n’est pas hors-jeu ou hors-la-loi, elle est hors-histoire.

Alors que l’Éthiopie donne un exemple de modernité et de progrès, l’Algérie sombre de plus en plus dans la dictature, le népotisme et la corruption.
Le 25 octobre, l’Éthiopie a choisi une femme comme présidente. L’ancienne secrétaire générale adjointe à l’ONU Sahle-Work Zewde est décidément la première femme présidente en Afrique. Pendant ce temps, l’Algérie recycle une momie du siècle dernier, après 20 années de gouvernement et contre toute logique politique, et présente un mort-vivant à la magistrature suprême. Bouteflika vient d’être « désigné » successeur à lui même. Il sera président algérien pour la 5 fois.
Plus surréaliste que ça ?
Ahviv Mekdam .

L’Algérien Ahmed Simozrag, un des expulsés de Folembray, autorisé à retourner en France

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Près de 25 ans après son expulsion vers le Burkina Faso, l’Algérien Ahmed Simozrag, l’un des 20 exilés de Folembray, a obtenu un visa pour la France, où il compte se rendre le 1er novembre.

Depuis le 31 août 1994, Ahmed Simozrag ne pouvait remettre les pieds en France, où il a vécu et où sa famille est toujours établie. Ce jour-là, avec 19 autres personnes arrêtées un mois plus tôt, soupçonnées par les services de renseignement français d’appartenir à des réseaux de soutien au Front islamique du salut (FIS) ou de défendre des thèses favorables à la lutte armée en Algérie, il a été expulsé vers le Burkina Faso.

Une déportation hors de tout cadre légal, après avoir été assigné à résidence un mois durant dans une caserne militaire d’un petit village du nord de la France, Folembray.

Cette arrestation collective faisait suite à un attentat commis à Alger le 3 août 1994, qui avait coûté la vie à cinq Français (trois gendarmes et deux agents consulaires). Le gouvernement français de l’époque indiquait alors dans un communiqué avoir « décidé l’expulsion du territoire de ressortissants étrangers signalés par les services de police comme se livrant à des activités susceptibles de présenter des dangers pour la sécurité de nos compatriotes ».

Résidence surveillée

Pendant 22 ans, Ahmed Simozrag a vécu en résidence surveillée à Ouagadougou, sans pouvoir sortir du Burkina Faso. Il n’a pu voir ses enfants que tous les deux ans, lorsque ceux-ci venaient lui rendre visite.

Mais l’exil forcé de ce septuagénaire, qui n’a jamais cessé de clamer son innocence, touche désormais à sa fin. Jeudi 1er novembre, il atterrira à Paris, après avoir obtenu un visa français prenant effet le 30 octobre. Le 22 mars 2016, un courrier officiel du ministère de l’Intérieur lui avait notifié l’abrogation de l’arrêté d’expulsion le concernant. Une décision qui lui a permis de se rendre à plusieurs reprises en Algérie, son pays d’origine, avant de revenir à Ouaga.

« J’ai été victime d’une injustice, car on m’accusait à tort d’être proche d’un mouvement terroriste. Mais la foi m’a permis de résister durant tout ce temps, et aujourd’hui cette injustice a été réparée », se réjouit Ahmed Simozrag, contacté par Jeune Afrique. « Les formalités pour obtenir le visa ont été longues. On me demandait des tas de documents, comme si c’était la première fois que je me rendais en France », raconte-t-il. Et d’ajouter, ironique : « Ils m’ont même demandé une attestation d’hébergement, alors que la maison dans laquelle habite ma famille m’appartient ! »

« Joie incomplète »

Pendant ses années d’exil au Burkina, Ahmed Simozrag a fondé le Centre africain de diffusion islamique et scientifique (Cadis), où cet érudit enseigne l’islam.

« Ma joie est incomplète », regrette-t-il pourtant, deux jours avant ce retour tant attendu. Une dizaine de ses camarades d’infortune se trouvent en effet toujours interdits de séjour dans l’Hexagone. « Je vais continuer à me battre pour eux », poursuit-il.

En octobre 2017, six des expulsés de Folembray, dont lui-même, avaient adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron, quelques semaines avant sa visite à Ouagadougou, afin d’interpeller le président français sur leur sort.

Par

https://www.jeuneafrique.com/655404/politique/lalgerien-ahmed-simozrag-un-des-expulses-de-folembray-autorise-a-retourner-en-france/

Attentat à Tunis : les politiques entre règlements de compte et appels à l’unité nationale

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Les réactions politiques se multiplient après l’attentat suicide qui a frappé, lundi 29 octobre aux alentours de 13h50, l’avenue Bourguiba, en plein cœur de Tunis. Le bilan officiel fait état de 20 blessés – dont 15 policiers et deux enfants.

Depuis la révélation sur les réseaux sociaux de la photo et de l’identité de la femme kamikaze – une certaine Mouna G., originaire de Mahdia – , chacun y va de ses supputations sur les commanditaires de cet attentat qui a plongé le pays et la classe politique dans la stupeur. Plusieurs heures après l’explosion, les Tunisiens attendaient des prises de position et des explications officielles.

 

C’est un choc, parce que nous pensions avoir vaincu le terrorisme dans les villes

« C’est un choc, parce que nous pensions avoir vaincu le terrorisme (…) Nous pensions l’avoir vaincu dans les villes et qu’il n’était plus présent que dans les montagnes », a déclaré Beji Caïd Essebsi. Le chef de l’État s’exprimait à sa descente d’avion à Berlin, où il participe à la conférence « Compact with Africa » sur le partenariat du G20 avec le continent. « J’espère que le terrorisme ne nous vaincra pas », a-t-il ajouté.

Défaillances sécuritaires ?

Les faits se sont produits à la suite d’une manifestation sur l’avenue Habib Bourguiba, où les forces de sécurité étaient mobilisées pour l’occasion. Après l’attaque, même si un imposant dispositif a été déployé de part et d’autre de la chaussée, les critiques fusaient déjà dans les rues adjacentes. « L’organisation sécuritaire laissait à désirer. L’attente m’a paru interminable avant que la zone ne soit évacuée », raconte Aïcha, qui déjeunait en face du lieu de l’explosion, toujours choquée d’avoir vu le corps de la kamikaze étalé sur le sol.


Le ministre de l’Intérieur, Hichem Fourati (sans étiquette), en poste depuis le 30 juillet dernier, était auditionné à l’Assemblée des représentants du peuple – où il répondait aux questions des députés sur la gestion de son département – au moment où la jeune Mouna G. a activé sa ceinture explosive. Certains députés se sont interrogés sur le fait que cet attentat a pu se produire à quelques mètres du ministère de l’Intérieur. Mis en cause, le ministre s’est exprimé un peu plus tard sur la chaîne Elhiwar Ettounsi, restant toutefois très factuel.

Voilà le résultat quand Ennahdha occupe de nouveau les directions du ministère de l’Intérieur

« Voilà le résultat quand Ennahdha occupe de nouveau les directions du ministère de l’Intérieur », lance Mondher Belhaj Ali, député indépendant, en référence aux récents mouvements et nominations au sein du ministère. Il pointe notamment du doigt le limogeage de 30 cadres sécuritaires et directeurs de la Garde nationale après l’attentat de Ghardimaou, qui avait tué six membres de cette unité, en juillet 2018.

Ennahdha dénonce « l’ancien régime »

Des accusations dont Ennahdha se défend. «  Nous condamnons sans réserve et sans hésitation cet attentat, assure Larbi Guesmi, membre du conseil de la Choura et de son comité politique. Ce ne sont pas nos choix ni nos manières. Ceux qui ont fait ça sont des gens sans cœur, sans patriotisme, des irresponsables ! », s’exclame ce cadre d’Ennahdha. Excluant la piste salafiste – « sauf s’ils sont manipulés » – , il se demande qui a intérêt à un tel acte terroriste.

Larbi Guesmi pointe plutôt « des membres de l’ancien régime qui refusent de s’intégrer honnêtement dans le jeu politique, refusant la transition démocratique ».  Il les soupçonne de vouloir alimenter des conflits entre l’armée, le ministère de l’Intérieur et le parti de la colombe.

C’est la même politique que sous Ben Ali. On nous considère sous l’angle sécuritaire et non pas politique

Prompte à réagir, la formation à référentiel islamique (dont les activités politiques et de prédication ont été séparées en 2016) a condamné l’attentat, et appelé à l’unité nationale. « Le terrorisme n’a pas d’avenir en Tunisie », souligne son communiqué.

Le parti, souvent pointé du doigt lors de précédentes attaques, a récemment été mis en cause par le Front populaire, dans le cadre de nouvelles révélations du Comité pour la vérité sur les assassinats en 2016 de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi. Des accusations qu’il dément. « C’est la même politique que sous Ben Ali. On nous considère sous l’angle sécuritaire et non pas politique », regrette Larbi Guesmi.

Les responsables politiques pas à la hauteur ?

Abdellatif el-Mekki, autre dirigeant d’Ennahdha, s’interroge de son côté sur la coïncidence entre cet attentat et les troubles politiques que connaît actuellement le pays. Dans le même ordre d’idée, Noureddine Taboubi, Secrétaire général du syndicat UGTT, dénonce les tiraillements partisans qui donnent des opportunités aux terroristes.

Nous sommes tous occupés à parler d’un tel ou d’un tel, de qui va rester et qui va partir, de tel ou tel autre parti

Le président Essebsi l’a lui même reconnu : « L’atmosphère politique est mauvaise. Nous sommes tous occupés à parler d’un tel ou d’un tel, de qui va rester et qui va partir, de tel ou tel autre parti, mais ce ne sont pas ça les vrais problèmes de la Tunisie. C’est ce que nous rappelle un événement comme celui-ci », a-t-il déclaré.

Après le choc, plusieurs responsables politiques appellent à l’unité nationale. Mohamed Abbou, Secrétaire général du Courant démocratique, affirme qu’il n’est pas question que les différends se règlent dans le sang. « Il faut activer l’union nationale pour lutter contre le terrorisme. Les responsabilités seront déterminées plus tard. La Tunisie est ciblée comme toutes les nations libres », a-t-il affirmé à Jeune Afrique.


Par et

https://www.jeuneafrique.com/655360/politique/attentat-a-tunis-les-politiques-entre-reglements-de-compte-et-appels-a-lunite-nationale/