15.9 C
Alger
vendredi 20 février 2026
Accueil Blog Page 166

Algérie : comment la mobilisation du peuple a changé le discours d’Ahmed Gaïd Salah

0

Depuis le début du mouvement populaire avec la grande manifestation du 22 février 2019, l’évolution du discours de Ahmed Gaïd-Salah, chef d’Etat-major de l’armée nationale populaire connaît une évolution remarquable pour ne pas dire spectaculaire.

Le Gaïd Salah qui soutenait mordicus le cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, celui qui lançait des mots durs à l’égard des opposants qualifiés “d’ingrats” qui ne reconnaissent pas ses “réalisations”, cet homme-là a littéralement disparu depuis l’invasion pacifique et colorée des rues par les Algériens.

Et on aurait tort sans doute de confondre cette évolution dans le discours de Ahmed Gaïd Salah avec le faux changement d’Ahmed Ouyahia qui parle de la nécessité de répondre “dans les meilleurs délais” aux revendications du peuple tout en restant collé à la feuille de route proposée par Bouteflika et  rejetée avec éclat par les gigantesques manifestations du 15 mars. Il est clair qu’il ne faut pas confondre le RND, parti créé par le régime, totalement embarquée de le bateau surréaliste du cinquième mandat, avec l’armée nationale populaire.

Exit la référence à Bouteflika

Depuis le 22 février 2018, le Gaïd-Salah, personnellement engagé derrière le président Bouteflika, a disparu pour laisser place à un autre, celui qui parle uniquement au nom d’une armée prenant acte de plus en plus clairement du rejet du régime par la population algérienne. Et dans ce discours et avant même le retour du chef de l’Etat au pays, la  référence au président Bouteflika a pratiquement disparue et aux élections a disparue.

Les messages sont clairement limités à la relation privilégiée entre “l’armée et le peuple”. Un peuple dont le “grand sens de patriotisme et d’un civisme inégalé” est glorifié. Très clairement, l’armée est en train – si ce n’est déjà fait – de se désolidariser du régime en multipliant les messages en direction du peuple. Elle  demeurera, dit son message d’aujourd’hui envoyé à partir de la 3e région militaire, “conformément à ses missions, le rempart du peuple et de la nation dans toutes les conditions et les circonstances.”

Le chef en titre de l’armée prend ainsi acte du fait que le mouvement populaire distingue avec un sens politique aiguë tt entre l’Etat qu’il veut préserver et revitaliser par des institutions exprimant réellement la volonté populaire et le régime dont il veut le départ définitif.

Gaïd-Salah en prend acte en refusant de s’enfermer dans la “feuille de route” de Bouteflika qui n’est pas du tout évoquée dans le message diffusé par le ministère de la défense nationale.

“Toute personne sage et circonspecte est consciente, de par son patriotisme et sa clairvoyance, que pour chaque problème existe une solution, voire plusieurs, car les problèmes, aussi complexes qu’ils soient, trouveront indéniablement une solution convenable, voire adéquate.”

 

“Une solution, voire plusieurs”

Ce n’est pas encore franchement un soutien à ceux qui appellent au départ du régime et à la mise en place d’un gouvernement de transition pour mettre en place une nouvelle. Mais c’est une prise de distance remarquable à l’égard du plan de sauvetage du régime que représente la feuille de route de Bouteflika.

Le cinquième mandat, survenant après un quatrième mandat infantilisant et paralysant, était surréaliste pour le commun des Algériens. Mais le régime qui a dérivé vers une monarchie insultante pour l’histoire du peuple Algérien a finalement commis avec le rituel du cadre, le cirque morbide du rassemblement de la coupole organisé par l’appareil du FLN,  l’impudence de trop, la violence symbolique de trop; celle qui a fait que les Algériens sortent de leurs gonds pacifiquement, surpris et heureux, de découvrir qu’au-delà de leurs différences et de leurs divergences, ils ne pouvaient plus accepter.

C’est cette radicalité paisible qui rappelle que “joumhouriya machi mamlaka” qui est exprimée par le peuple Algérien, lequel n’entend pas accorder une “minute de plus” au régime. La puissance de ce mouvement ne pouvait pas ne pas être entendue par l’armée. Et elle le dit de plus en plus ouvertement.

Le mouvement populaire aura déjà réussi à obtenir l’engagement sans cesse renouvelé depuis quelques semaines que l’armée restera du côté du peuple et non du régime. Que cela vienne de Gaïd Salah, lui-même, n’est plus qu’éloquent.De quoi conforter les appels à maintenir vivace la mobilisation pacifique du peuple pour le départ du régime et l’engagement résolu vers le changement.

 

Source Huffpostmaghreb

Mostefa Bouchachi : « Je n’ai signé aucune plateforme »

1
Mustapha Bouchachi, a leading candidate of the Algerian Socialist Forces Front and the ex-president of the Algerian League of Human Rights, attends a campaign rally at the Sierra Maestra auditorium in Algiers, on April 27, 2012. 44 political parties are competing in the upcoming Algerian national election on May 10. AFP PHOTO / FAROUK BATICHE (Photo by FAROUK BATICHE / AFP)
L’avocat et militant des droits de l’Homme Mostefa Bouchachi affirme, dans une déclaration à DMA, n’avoir signé aucune plateforme et n’avoir adhérer à aucune « coordination de changement ».

En effet, une plateforme de sortie de crise circule depuis hier lundi sur les réseaux sociaux avec une liste de signataires à savoir Zoubida Assoul, Abdelghani Badi, Mohcine Belabes, Ali Benouari, Samir Bouakouir, Mustapha Bouchachi, Mourad Dhina, Kamel Guemazi et Karim Tabou.

Contacté par DMA, Maitre Bouchachi affirme « n’avoir rien signé », ni « adhéré à une quelconque coordination », allusion faite au texte de la plateforme qui annonce  la création d’une « Coordination Nationale pour le Changement ».

Par ailleurs, Maitre Bouchachi nous a affirmé qu’il a reçu la plateforme et la considère comme « une proposition qui anime le débat politique actuel ». « C’est une proposition parmi d’autres qui sont toutes positives et qui participent aux débats pour une transition démocratique du pays », nous a-t-il déclaré.

 

Source DMAlgérie
Par Djalel Saber

Algérie : Bouteflika adresse une nouvelle lettre au peuple

0

Bouteflika a adressé, ce lundi 18 mars, une nouvelle lettre à la Nation, lue au journal de 17 heures de l’ENTV.

Dans sa lettre, Bouteflika évoque la conférence nationale inclusive et promet qu’elle « se tiendra très prochainement » et impliquera tous les acteurs de la société.

Pour le chef d’état se « dirige vers un changement de système de gouvernance à travers la conférence nationale inclusive ». Celle-ci garantira au peuple de choisir, par référendum populaire, de la Constitution qui convient à ses aspirations.

La révision « profonde » de la Constitution marquera, selon le Chef de l’Etat, le début d’un nouveau processus électoral pour des élections présidentielles à l’issue desquelles un nouveau Président sera élu.

 

Source Algérie 360

Rassemblement de la diaspora algérienne à Paris à l’appel du collectif «Libérez l’Algérie» (Texte intégral)

0

À l’appel du collectif « Libérez l’Algérie », d’autres associations de la société civile, la diaspora algérienne en France s’est retrouvée , une fois de plus, à la place de la République pour réaffirmer sa revendication du départ du système et le passage effectif à la démocratie.

Sous une ambiance festive, des milliers d’algériennes et d’algériens se sont rassemblés pour exprimer dans la joie, l’humour et la créativité citoyenne leur colère face au régime
qui tente par le recourt aux manœuvres de se maintenir contre la volonté du peuple.

Lors de ce rassemblement, la communauté algérienne de France a dénoncé la complicité des autorités françaises dans le maintien du régime corrompu d’Algérie.

Dans le même sens, elle a rappelé que la solution à la crise de la légitimité du pouvoir ne peut venir que du peuple algérien. Toute ingérence dans les affaires internes représente une atteinte à la souveraineté du peuple qui est, aujourd’hui plus que jamais, déterminé à se réapproprier sa souveraineté et à exercer sa citoyenneté.

Le collectif « Libérez l’Algérie » a rendu public une déclaration politique expliquant le sens et le but de son implication dans le mouvement pour le changement et  l’instauration d’un Etat démocratique, juste et républicain.

 

Par M.Yacoub

 

Appel Déclaration

 

Algérie : les slogans de la colère dans une ambiance festive

0

C’était le quatrième vendredi de mobilisation massive contre le régime d’Abdelaziz Bouteflika. Des millions d’Algériens attendent d’être enfin entendus. La jeunesse en première ligne rehausse le prestige d’un mouvement populaire pacifique.

Hocine est pompiste, il sert le carburant avec le sourire et, depuis quelque temps, il se mêle aussi de politique… « On fera comme d’habitude, on sera encore plus nombreux jusqu’à ce qu’ils partent, et tous ! » commente-t-il au petit matin de ce quatrième vendredi de mobilisation contre le cinquième mandat arrangé d’Abdelaziz Bouteflika. Hocine recommande de trouver où se garer sur les hauteurs d’Alger, « car, cette fois, il n’y aura pas le moindre espace vide, regarde, ils arrivent déjà ! ». Un groupe de passants déboule sur le trottoir d’en face, des familles visiblement, les pères en tête, les enfants agitent des petits drapeaux, les femmes et les jeunes filles les portent en écharpe ou en cape.

Et Hocine d’enchaîner : « Qu’ils partent, on ne leur demandera même pas de comptes, comme ça s’est passé ailleurs, ils peuvent s’estimer heureux et en profiter avant qu’il ne soit trop tard. Nous, on n’a même pas besoin de pétrole, si c’est pour le gaspiller comme ils ont fait. Notre force, c’est cette belle jeunesse, tu as vu ? » Puis, en l’espace de quelques heures, avant même le début de l’après-midi, Alger s’embrase de mille et un feux de colère et d’espoir mêlés.

Contraints de se contenter des miettes de la rente pétrolière

Une ambiance à peine imaginable, malgré l’affluence des trois vendredis précédents. Hocine le pompiste s’est démultiplié, ils sont des centaines de milliers, arrivés de toutes parts au cœur de la capitale, place Maurice-Audin et Grande-Poste. Impossible de se mouvoir, de choisir sa direction, la foule fait comme bon lui semble et il n’y a qu’à suivre… et à écouter ces chants de stade repris en chœur, qui disent la détresse d’une jeunesse abandonnée, laissée pour compte, livrée à la dépendance des stupéfiants, contrainte de se contenter des miettes de la rente pétrolière, pour, au mieux, s’occuper à vendre du tabac et des cosmétiques. Une jeunesse étouffée, traquée, pain bénit pour l’intégrisme islamiste, et qui d’un coup, contre toute attente, brise cet enfermement à coups de talent, de créativité, d’imagination, d’intelligence et sort respirer au grand jour un air de belle révolte. C’est ce que disent superbement les slogans, scandés ou affichés sur des pancartes et banderoles.

« L’ironie est une arme suprême contre la bêtise »

Ce vendredi 15 mars, quatrième épisode d’une fronde populaire inédite, ils sont soigneusement ajustés pour apporter une réponse cinglante et sans appel à la deuxième lettre du président en fin de parcours. Il veut prolonger son mandat et la durée de vie de son régime ? « Nous avons dit partez, cela signifie dégagez ! » répond-on. « Nous avons dit pas d’élection avec Bouteflika, on nous propose Bouteflika sans les élections », dénonce-t-on. « On ne veut pas d’une mise à jour du système, mais de son formatage », précise-t-on, allusion faite au recyclage d’hommes du sérail comme Noureddine Bedoui (ex-ministre de l’Intérieur), Ramtane Lamamra (ex-ministre des Affaires étrangères), Lakhdar Brahimi (ancien ­diplomate, proche de Bouteflika).

« On veut une transition sans vous », « On ne construit pas une maison neuve avec du bois usé », « Bouteflika pas une minute de plus ! » lit-on par ailleurs.

Des slogans travaillés pour bien se faire entendre donc, mais pas seulement. Le rassemblement du 15 mars, tournant décisif peut-être, est aussi festif, voire carnavalesque, par moments. Il donne à voir l’image d’une société qui ressuscite dans la joie, retrouve le bonheur de vivre dans un pays dont elle avait même oublié jusqu’aux trésors naturels, tant est lourde et oppressante la chape de plomb imposée par le régime. Par endroits, des séances de danse individuelle ou ­collective font sensation ; ailleurs, on distribue de quoi boire et manger ; dans les appartements en hauteur, en ouvre joyeusement sa porte à qui veut prendre des photos ou filmer, café offert. Dans la ville de Bordj Bou Arreridj (240 km à l’est d’Alger), on voit apparaître au milieu des manifestants un immense rouleau de cachir sur une voiture, ce saucisson à base de viande de bœuf offert en sandwich au public des meetings du FLN (ex-parti unique, au pouvoir). « L’époque du cachir, c’est fini ! » lit-on.

L’image fait le buzz sur les réseaux sociaux. « L’ironie est une arme suprême contre la bêtise », commente Salim, la cinquantaine, enseignant universitaire, qui résume subitement le parcours d’Abdelaziz Bouteflika : « Ce type-là était tranquillement planqué pendant que les Algériens se faisaient sauvagement tuer. Il est rentré pour s’installer au pouvoir au terme d’obscurs arrangements entre clans de l’armée, des renseignements, des puissances ­d’argent. Il a concocté une réconciliation dans l’intérêt exclusif des islamistes, auxquels il a cédé des secteurs commerciaux juteux. Achat de la paix sociale, investissements de prestige, importations massives, casse industrielle et écrasement des libertés, voilà ce que l’on en retiendra », fulmine-t-il. Et c’est bien cet homme-là, Abdelaziz Bouteflika, qui se propose aujourd’hui comme architecte du changement de régime. Dès lors, nul ne s’étonne qu’il ne soit pas crédible dans l’opinion.

Plus qu’une crise générationnelle, c’est une profonde crise de confiance dans les dirigeants qui déchire aujourd’hui l’Algérie. La semaine qui s’annonce est décisive. Les Algériens attendent des mesures radicales. À commencer par la démission du chef de l’État, dont le maintien, sous quelque forme que ce soit, est inconstitutionnel. Ce verrou doit sauter et laisser place à un véritable processus de rupture : un gouvernement de transition, une révision constitutionnelle et des élections transparentes pour une autre Algérie « libre et démocratique ».

 

Source l’Humanité
Nadjib Touaibia

Paris : boutiques saccagées, murs tagués… La ville méconnaissable suite aux violences (images)

0

Les Champs-Élysées ont été martyrisés par les casseurs pendant l’acte 18 des Gilets jaunes, marqué par une flambée de violences. La célèbre avenue parisienne offre un paysage méconnaissable avec plusieurs bâtiments dégradés, des vitrines brisées et des boutiques de luxe saccagées.

Les Champs-Élysées ont gardé des stigmates de l’acte 18, particulièrement violent. D’importants dégâts ont été constatés sur la symbolique avenue parisienne, devenue théâtre de heurts et cible des casseurs.

Tout au long de la journée, des scènes de violences ont éclaté sur le haut des Champs-Elysées où plusieurs commerces et restaurants comme le célèbre Fouquet’s ont été incendiés, vandalisés ou pillés.

Emmanuel Macron a écourté son week-end au ski pour présider dans la soirée une cellule de crise au ministère de l’Intérieur.

Les dégâts sur les Champs-Élysées après l’acte 18
Les dégâts sur les Champs-Élysées après l’acte 18

Suite aux violences, le Gilet jaune Jérôme Rodrigues s’est interrogé sur l’antenne de CNews sur l’action du gouvernement et notamment sur celles du ministère de l’Intérieur face aux casseurs. «Que fait la police? Que fait Christophe Castaner pour pouvoir évier ces fauteur de troubles, pour pouvoir mettre la plus belle avenue du monde dans cet état-là?» s’est-il demandé.

Au total, 32.300 personnes se sont mobilisées dans toute la France, dont 10.000 à Paris, selon l’Intérieur, mais 230.766 selon le décompte des Gilets jaunes posté sur Facebook. Dans la soirée, le bilan des interpellations est monté à 237 personnes dont 144 se trouvaient en garde à vue à 21h00.

 

Source Sputnik

Algérie : selon Ali Ghediri le fédéralisme c’est la division du pays

0

le désormais ancien candidat à la présidentielle, Ali Ghederi, est sorti de l’ombre pour s’exprimer sur la situation politique en Algérie.

Il dit qu’en ce moment  » la proposition d’opter pour un système fédéral est très dangereux et ce n’est pas le moment d’en parler ».

Pour lui il s’agit même d’un appel à la division du pays. Par contre il propose, d’une manière un peu vague, l’option d’une deuxième république et a fait allusion à un consensus national. Ali Ghederi ne semble pas se retirer de la politique et décide de continuer à activer à sa manière. (voir la vidéo en bas)

Ali Ghediri est contre le fédéralismeAli Ghediri s’en prend aux indépendantistes et aux partisans d’une Algérie fédérale :  » Le fédéralisme c’est la division du pays »

Publiée par Taddart nneɣ sur Samedi 16 mars 2019

Source DZVidéo

Ali Laskri démissionne de l’APN

0

Ali Laskri, coordinateur de l’instance présidentielle du Front des forces sociales (FFS), a présenté ce dimanche 17 mars sa démission auprès du président de l’Assemblée nationale populaire (APN), indique un communiqué du parti.

« En date du 17 mars 2019 et conformément à la décision prise par la direction nationale relative au retrait des parlementaires des deux chambres. Le camarade ALI LASKRI, coordinateur de l’instance présidentielle du FFS, a officiellement déposé sa démission auprès du président de l Assemblée Populaire Nationale », affirme le communiqué.

Concrètement, c’est le seul député du FFS qui a présenté sa démissionné depuis l’annonce du retrait des parlementaires du parti de l’APN.

Ishak A

Source : ALG24

Les médecins appellent à une marche le 19 mars

0
House doctors on strike since May 16 demonstrate on June 1, 2011 in Algiers to demand better salalaries and changes in their status. AFP PHOTO / FAROUK BATICHE / AFP PHOTO / FAROUK BATICHE

Algérie : 4 casseroles de Bedoui

0

Noureddine Bedoui au poste de Premier ministre en remplacement d’Ahmed Ouyahia. Il hérite de «l’homme des sales missions». Le peuple ne décolère pas. «Ils cherchent à nous faire passer pour des imbéciles qui ne comprennent rien. Or, ils se trompent. Remplacer Ouyahia par Bedoui ne change rien.

Ce sont des pions qu’ils font bouger à leur guise et ils cherchent à ce qu’on accepte», commente Mohamed, un jeune étudiant de 24 ans.

Pour Mahrez Bouich, enseignant chercheur en philosophie politique à l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa, la supercherie historique du système en place et de ses relais est de s’offrir un mandat prolongé, avec les hommes du même système et aux mêmes orientations, comme il a essayé de l’imposer depuis le mois de janvier dernier. «Ils l’ont imposé arbitrairement par ’un coup de pouvoir permanent’, sans respecter ni la Constitution ni les aspirations exprimées par le peuple, sans prendre en considération les dangers à venir de telles décisions», explique-t-il.

Selon lui, les décisions du système politique prises au nom du chef de l’Etat ne sont que les tracés de la feuille de route qui envisage la reproduction des mêmes conditions historiques qui ont donné la naissance au système politique en place, dès lors à sa reproduction au détriment de la volonté populaire.

Cette nouvelle nomination fait polémique. Pour Habib Tiliouine, professeur-chercheur à la faculté des sciences sociales de l’université Oran-2, cette appellation s’applique à toute l’équipe qui a mené le pays vers l’impasse où il se trouve actuellement. Il explique : «Ils sont tous les mêmes. Des éléments du même système, pour servir les mêmes finalités. Malheureusement, ils ont tous contribué à la destruction systématique des valeurs qui constituent le corps de toute société humaine.»

Pour lui, les gouverneurs actuels se croient au dessus de la loi. «Ils ne présentent aucun bilan. Ils ne donnent aucun chiffre fiable ou vérifiable. Et à présent, ils essayent de contourner les revendications du peuple de sa cause principale qui est changer ce système défaillant», ajoute-t-il.

Le sociologue se désole du fait qu’on «soit gouvernés par la ruse, par des automates qui n’ont aucune philosophie, aucune vision du future, qui suivent leur instinct primitif de gain matériel et n’ont de loyauté que pour leurs ventres».

Pour lui, la répression, la fuite en avant et la procrastination face aux exigences d’une société en perpétuel dynamisme ne doivent pas rester les seuls mécanismes de travail. Notre population a surtout besoin de leaders, d’hommes d’Etat qui se respectent. Bedoui, il a bien accompli plusieurs «sales missions». C’est un héritage mérité, faut-il le dire.

 

1 – Ministre des répressions

«N’oubliez pas que c’est lui qui est derrière les violentes répressions des médecins résidents, des étudiants en pharmacie ou encore des retraités de l’ANP.» Cette sentence est relayée sur les pages Facebook. En effet, tout le monde se rappelle des répressions massives et violentes des membres de la Coordination nationale des retraités, blessés, radiés et ayants droit de l’ANP, lors de leurs différentes tentatives de tenir des sit-in devant l’APN ou alors qu’ils essayaient de rejoindre la capitale. Idem pour les étudiants en pharmacie et en chirurgie dentaire qui ont été violemment réprimés par les forces de sécurité.

Même cas de figure pour les nombreux rassemblements organisés par le Collectif des médecins résidents, où des policiers, déployés en force à l’entrée de l’hôpital, ont fait usage de matraques. Résultat : des dizaines de résidents blessés, dont plusieurs grièvement. Même si l’ancien Premier ministre a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la répression policière qui s’était abattue sur ces derniers lors de leur sit-in au centre hospitalo-universitaire Mustapha-Pacha à Alger, «le mal est fait», commentent les internautes.

Comment situer alors la part de responsabilité du ministère de l’Intérieur, et donc Noureddine Bedoui, dans ces répressions ?

Pour Mourad Goumiri, politologue, le ministère de l’Intérieur est un ministère de souveraineté, ce qui signifie qu’il a des charges ainsi que des prérogatives immenses (wilayas, daïras et communes), en plus de la DGSN, de la Protection civile et de la Fonction publique. Et son budget est conséquent. Il est donc évident, selon le politologue, que le choix du titulaire doit répondre à des critères stricts. «Dans notre pays, le premier critère est son inféodation totale au Président.

J’avais d’ailleurs annoncé sa promotion au poste de Premier ministre il y a de cela une année, car il correspond idéalement au profil recherché par le pouvoir – docilité, obéissance et capacités très limitées – ce qui permet au pouvoir de faire de lui tout ce qui veut, sans crainte qu’il le trahisse ou se rebelle», explique-t-il.

S’agissant de la répression de tous les mouvements sociaux, «il faut dire, à sa décharge, qu’il les endosse mais qu’il n’est pas le décideur final», assure Mourad Goumiri. Pour lui, la DGSN lui échappe et les walis cooptés également, la gendarmerie davantage : «Il est donc exécutant mais très peu acteur, mais il assumera toute la responsabilité en cas de dérapage et servira de fusible au pouvoir s’il faudra un jour sacrifier quelqu’un.»

2-Fraude

Ce qui a également rythmé le mandat de l’ancien ministre de l’Intérieur, ce sont les nombreux cas de fraudes, notamment lors des élections législatives. D’ailleurs, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) avait dénoncé avec force, en 2017, ce qu’il a appelé «une fraude électorale informatisée».

Dans un communiqué, le parti de Belabbès a estimé que le ministère de l’Intérieur a «préparé le terrain pour la fraude électorale en donnant aux walis la possibilité d’intervenir sur les procès-verbaux des communes». Il avait donc sommé le ministère de l’Intérieur deretirer sans tarder ce système de manipulation mis en place par l’administration. «Si cette grossière instrumentalisation n’est pas immédiatement retirée, il faudra que chacun en assume les conséquences», avait mis en garde le RCD.

Le chef du Mouvement pour la société de la paix (MSP), Abderrezak Makri, avait lui aussi dénoncé «la fraude qui a émaillé le scrutin des législatives». En effet, lors d’une conférence de presse conjointement animée avec Abdelmadjid Menasra, élu de l’alliance MSP-FC (Front du changement), Makri a affirmé : «Le scrutin est entaché d’une fraude organisée et à grande échelle.» Menasra, quant à lui, avait qualifié les élections législatives de «jeu cousu de fil blanc par le pouvoir».

3 -Harraga

Aucune donnée officielle, mais on apprend que depuis le 22 février, il n’y a pas eu d’embarcation de harraga ! Avant cette date, on vivait au rythme des disparitions en mer de nos jeunes. Bedoui disait de ces jeunes : «Ceux qui s’aventurent à traverser la mer Méditerranée au risque de leur vie sont plus attirés par le gain facile et un certain luxe sur l’autre rive, que pour des raisons socioéconomiques défavorables.» Une déclaration polémique.

Pour l’enseignant chercheur Mahrez Bouich, ces déclarations inacceptables ne reflètent que la position de tout le système en place. Il explique : «Le système en place et ses relais marchent sur la base d’une seule logique, à savoir ne jamais intégrer dans leurs rangs des gens qui ne partagent pas leur politique, leur mode opératoire, leurs visions, leurs approches, leurs orientations et encore leur principal objectif bâti sur la finalité de garantir leur pérennité.»

4 – Privatisation des cantines

Autre décision de Noureddine Bedoui alors qu’il était encore ministre de l’Intérieur : la privatisation des cantines scolaires. Gérées, depuis janvier 2017, par les APC, l’ancien ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales avait annoncé que les cantines des écoles primaires seraient confiées aux petites entreprises privées. Une annonce qui a suscité de nombreuses réactions auprès des syndicats du secteur et des parents d’élèves. Tous unanimes : ils rejettent catégoriquement cette proposition, refusant toute forme de privatisation dans le secteur de l’éducation.

A cet effet, Bachir Hakem, professeur du cycle secondaire à la retraite, explique : «La privatisation des cantines scolaires entraînera directement la recherche du profit de la part du privé et non l’amélioration de l’état des infrastructures de ces cantines ni la qualité des repas. La restauration de 4 millions d’élèves nécessite un budget conséquent. Ce qui ouvrira forcément la voie à la corruption.» On lui reproche aussi d’être à l’origine des répressions des libertés syndicales et la répression des partis politiques.

 

Source journal El Watan
Par Sofia Ouahib