
Les médecins appellent à une marche le 19 mars

Algérie : 4 casseroles de Bedoui
Noureddine Bedoui au poste de Premier ministre en remplacement d’Ahmed Ouyahia. Il hérite de «l’homme des sales missions». Le peuple ne décolère pas. «Ils cherchent à nous faire passer pour des imbéciles qui ne comprennent rien. Or, ils se trompent. Remplacer Ouyahia par Bedoui ne change rien.
Ce sont des pions qu’ils font bouger à leur guise et ils cherchent à ce qu’on accepte», commente Mohamed, un jeune étudiant de 24 ans.
Pour Mahrez Bouich, enseignant chercheur en philosophie politique à l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa, la supercherie historique du système en place et de ses relais est de s’offrir un mandat prolongé, avec les hommes du même système et aux mêmes orientations, comme il a essayé de l’imposer depuis le mois de janvier dernier. «Ils l’ont imposé arbitrairement par ’un coup de pouvoir permanent’, sans respecter ni la Constitution ni les aspirations exprimées par le peuple, sans prendre en considération les dangers à venir de telles décisions», explique-t-il.
Selon lui, les décisions du système politique prises au nom du chef de l’Etat ne sont que les tracés de la feuille de route qui envisage la reproduction des mêmes conditions historiques qui ont donné la naissance au système politique en place, dès lors à sa reproduction au détriment de la volonté populaire.
Cette nouvelle nomination fait polémique. Pour Habib Tiliouine, professeur-chercheur à la faculté des sciences sociales de l’université Oran-2, cette appellation s’applique à toute l’équipe qui a mené le pays vers l’impasse où il se trouve actuellement. Il explique : «Ils sont tous les mêmes. Des éléments du même système, pour servir les mêmes finalités. Malheureusement, ils ont tous contribué à la destruction systématique des valeurs qui constituent le corps de toute société humaine.»
Pour lui, les gouverneurs actuels se croient au dessus de la loi. «Ils ne présentent aucun bilan. Ils ne donnent aucun chiffre fiable ou vérifiable. Et à présent, ils essayent de contourner les revendications du peuple de sa cause principale qui est changer ce système défaillant», ajoute-t-il.
Le sociologue se désole du fait qu’on «soit gouvernés par la ruse, par des automates qui n’ont aucune philosophie, aucune vision du future, qui suivent leur instinct primitif de gain matériel et n’ont de loyauté que pour leurs ventres».
Pour lui, la répression, la fuite en avant et la procrastination face aux exigences d’une société en perpétuel dynamisme ne doivent pas rester les seuls mécanismes de travail. Notre population a surtout besoin de leaders, d’hommes d’Etat qui se respectent. Bedoui, il a bien accompli plusieurs «sales missions». C’est un héritage mérité, faut-il le dire.
1 – Ministre des répressions
«N’oubliez pas que c’est lui qui est derrière les violentes répressions des médecins résidents, des étudiants en pharmacie ou encore des retraités de l’ANP.» Cette sentence est relayée sur les pages Facebook. En effet, tout le monde se rappelle des répressions massives et violentes des membres de la Coordination nationale des retraités, blessés, radiés et ayants droit de l’ANP, lors de leurs différentes tentatives de tenir des sit-in devant l’APN ou alors qu’ils essayaient de rejoindre la capitale. Idem pour les étudiants en pharmacie et en chirurgie dentaire qui ont été violemment réprimés par les forces de sécurité.
Même cas de figure pour les nombreux rassemblements organisés par le Collectif des médecins résidents, où des policiers, déployés en force à l’entrée de l’hôpital, ont fait usage de matraques. Résultat : des dizaines de résidents blessés, dont plusieurs grièvement. Même si l’ancien Premier ministre a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la répression policière qui s’était abattue sur ces derniers lors de leur sit-in au centre hospitalo-universitaire Mustapha-Pacha à Alger, «le mal est fait», commentent les internautes.
Comment situer alors la part de responsabilité du ministère de l’Intérieur, et donc Noureddine Bedoui, dans ces répressions ?
Pour Mourad Goumiri, politologue, le ministère de l’Intérieur est un ministère de souveraineté, ce qui signifie qu’il a des charges ainsi que des prérogatives immenses (wilayas, daïras et communes), en plus de la DGSN, de la Protection civile et de la Fonction publique. Et son budget est conséquent. Il est donc évident, selon le politologue, que le choix du titulaire doit répondre à des critères stricts. «Dans notre pays, le premier critère est son inféodation totale au Président.
J’avais d’ailleurs annoncé sa promotion au poste de Premier ministre il y a de cela une année, car il correspond idéalement au profil recherché par le pouvoir – docilité, obéissance et capacités très limitées – ce qui permet au pouvoir de faire de lui tout ce qui veut, sans crainte qu’il le trahisse ou se rebelle», explique-t-il.
S’agissant de la répression de tous les mouvements sociaux, «il faut dire, à sa décharge, qu’il les endosse mais qu’il n’est pas le décideur final», assure Mourad Goumiri. Pour lui, la DGSN lui échappe et les walis cooptés également, la gendarmerie davantage : «Il est donc exécutant mais très peu acteur, mais il assumera toute la responsabilité en cas de dérapage et servira de fusible au pouvoir s’il faudra un jour sacrifier quelqu’un.»
2-Fraude
Ce qui a également rythmé le mandat de l’ancien ministre de l’Intérieur, ce sont les nombreux cas de fraudes, notamment lors des élections législatives. D’ailleurs, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) avait dénoncé avec force, en 2017, ce qu’il a appelé «une fraude électorale informatisée».
Dans un communiqué, le parti de Belabbès a estimé que le ministère de l’Intérieur a «préparé le terrain pour la fraude électorale en donnant aux walis la possibilité d’intervenir sur les procès-verbaux des communes». Il avait donc sommé le ministère de l’Intérieur deretirer sans tarder ce système de manipulation mis en place par l’administration. «Si cette grossière instrumentalisation n’est pas immédiatement retirée, il faudra que chacun en assume les conséquences», avait mis en garde le RCD.
Le chef du Mouvement pour la société de la paix (MSP), Abderrezak Makri, avait lui aussi dénoncé «la fraude qui a émaillé le scrutin des législatives». En effet, lors d’une conférence de presse conjointement animée avec Abdelmadjid Menasra, élu de l’alliance MSP-FC (Front du changement), Makri a affirmé : «Le scrutin est entaché d’une fraude organisée et à grande échelle.» Menasra, quant à lui, avait qualifié les élections législatives de «jeu cousu de fil blanc par le pouvoir».
3 -Harraga
Aucune donnée officielle, mais on apprend que depuis le 22 février, il n’y a pas eu d’embarcation de harraga ! Avant cette date, on vivait au rythme des disparitions en mer de nos jeunes. Bedoui disait de ces jeunes : «Ceux qui s’aventurent à traverser la mer Méditerranée au risque de leur vie sont plus attirés par le gain facile et un certain luxe sur l’autre rive, que pour des raisons socioéconomiques défavorables.» Une déclaration polémique.
Pour l’enseignant chercheur Mahrez Bouich, ces déclarations inacceptables ne reflètent que la position de tout le système en place. Il explique : «Le système en place et ses relais marchent sur la base d’une seule logique, à savoir ne jamais intégrer dans leurs rangs des gens qui ne partagent pas leur politique, leur mode opératoire, leurs visions, leurs approches, leurs orientations et encore leur principal objectif bâti sur la finalité de garantir leur pérennité.»
4 – Privatisation des cantines
Autre décision de Noureddine Bedoui alors qu’il était encore ministre de l’Intérieur : la privatisation des cantines scolaires. Gérées, depuis janvier 2017, par les APC, l’ancien ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales avait annoncé que les cantines des écoles primaires seraient confiées aux petites entreprises privées. Une annonce qui a suscité de nombreuses réactions auprès des syndicats du secteur et des parents d’élèves. Tous unanimes : ils rejettent catégoriquement cette proposition, refusant toute forme de privatisation dans le secteur de l’éducation.
A cet effet, Bachir Hakem, professeur du cycle secondaire à la retraite, explique : «La privatisation des cantines scolaires entraînera directement la recherche du profit de la part du privé et non l’amélioration de l’état des infrastructures de ces cantines ni la qualité des repas. La restauration de 4 millions d’élèves nécessite un budget conséquent. Ce qui ouvrira forcément la voie à la corruption.» On lui reproche aussi d’être à l’origine des répressions des libertés syndicales et la répression des partis politiques.
Source journal El Watan
Par Sofia Ouahib
Algérie : Saïd Saadi confirme sa rencontre avec Lakhdar Brahimi
Réagissant à l’article paru ce vendredi dans les colonnes d’Algerie patriotique révélant des rencontres informelles qu’a eues Lakhdar Brahimi avec des acteurs de l’opposition dont Louiza Hanoune et Saïd Sadi, ce dernier a rendu publique une mise au point sur sa page Facebook, confirmant l’information, tout en tenant à préciser que la rencontre en question avait eu lieu dimanche, et non le mercredi comme annoncé dans l’article, c’est-à-dire avant l’entrevue qu’a eue Brahimi avec le président de la République.
Par ailleurs, l’ex-président du RCD affirme en avoir lui-même fait part, «y compris devant des journalistes», en marge du forum de Liberté où il était intervenu mercredi dernier.
Visiblement gêné par la révélation de cette information, dans le sens où, on le comprend, une simple apparition avec celui qui a été rappelé par le chef de l’Etat pour tenter de résoudre la crise et qui est déjà hué par la rue peut être compromettant à plus d’un titre, Saïd Sadi explique que Lakhdar Brahimi l’avait appelé le dimanche 10 mars pour lui dire qu’il venait d’arriver à Alger pour un bref séjour et qu’il se trouvait à l’hôtel El-Aurassi.
«Etant libre dans la soirée, je m’y suis rendu. En arrivant, je l’ai trouvé en compagnie de Rahabi», raconte Sadi. Et d’enchaîner : «Devant ce dernier, Brahimi m’a dit être arrivé pour entendre, comme il avait commencé à le faire à Paris où il venait de discuter avec l’écrivain Kamal Daoud. Je lui ai répondu qu’il risquait d’être déçu car, connaissant mieux que moi le régime, il devait savoir que l’opacité ne s’éclaircit pas dans les périodes de troubles», note-t-il.
Dans son récit, Saïd Sadi confirme néanmoins qu’un échange a eu lieu entre les deux hommes sur la situation qui prévaut dans le pays. «J’ai expliqué que j’étais assez inquiet, poursuit le fondateur du RCD, car il ne me semblait pas que le pouvoir appréciait à sa mesure la gravité de la situation», ajoutant que «de ce que j’entends et crois, le départ de Bouteflika et la démission du gouvernement étaient un des préalables à toute démarche sérieuse». «Sur ce point, Brahimi n’a pas fait de commentaires», précise-t-il.
Par Saïd N.
Source : Algérie Patriotique
Algérie : que peut l’armée?

À l’heure où la révolte gronde en Algérie, à mesure que le cadre constitutionnel se trouve hypothéqué et que le compromis demeure introuvable, le dénouement pourrait-il venir d’un «abandon» par l’État-major du pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika en se prononçant contre la prolongation du 4e mandat?
Un compromis est-il toujours possible en Algérie? La réponse est d’autant plus incertaine que les revendications populaires ne semblent se satisfaire des propositions apportées par le pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika à la crise qui secoue l’Algérie depuis le 22 février dernier. Face à la détermination des deux parties, une alternative se présente: l’armée. Le salut réside-t-il dans un Exercitus ex machina, une intervention symbolique de l’armée nationale populaire (ANP) pour apporter un dénouement inespéré?
En revendiquant la fin du système, les Algériens n’ignorent sans doute pas que l’armée en est l’un des principaux acteurs, si ce n’est le plus important. Ils n’ignorent pas non plus, sauf à se rendre coupable d’un romantisme naïf, qu’ils avaient abjuré en 1988, que la chute d’un régime et la naissance d’un autre ne peut se faire sans l’armée.
«Le régime ne pourrait tomber purement et simplement. Le «système» est tellement enraciné en Algérie, associant présidence, armée, apparatchiks du FLN [Front de libération nationale, parti présidentiel] ou hommes d’affaires, qu’il ne pourrait tomber d’un coup, comme on avait pu le voir, par exemple et dans une certaine mesure, en Tunisie», décrypte pour Sputnik Dalia Ghanem Yazbeck, chercheure spécialiste de la politique algérienne.
Dans cette Algérie pleine de paradoxes, où «la chute du système» est souhaitée, aucune issue ne semble envisagée sans l’armée. Cette même armée qui cristallise sur le mode de la cohabitation un système de valeurs autoritaires honni, en même temps qu’un système de valeurs basé sur la liberté, la paix et la justice, dont le peuple algérien semble épris. On l’appellera, tour à tour, «les Généraux» ou «l’ANP», selon qu’on veuille faire appel à l’une ou l’autre de ses deux facettes janusiennes. La première, adhérant pleinement au «système», dont elle est un acteur incontournable, et s’évertuant à le maintenir, vaille que vaille. La deuxième, ensuite, structurant l’imaginaire algérien autour d’événements fondateurs: la victoire sur le joug colonial, d’abord, puis celle sur l’aliénation terroriste. Jusqu’à ce jour, ces épopées continuent de s’inscrire dans l’ADN de chaque Algérien, y compris les plus jeunes. Si bien que le slogan populaire appelant à la «chute du régime» serait à traduire par une intransigeance, sans équivoque, avec les caciques politiques, tout en se satisfaisant d’un compromis avec l’armée. Pour la chercheuse Dalia Ghalia Yazbeck:
«Pendant le mouvement de contestation, le peuple s’est employé à challenger l’armée, implicitement, en insistant sur le caractère pacifique de son mouvement. C’était un appel à l’armée pour ne pas intervenir de manière violente, quitte à agir dans les coulisses», analyse-t-elle pour Sputnik.
Demeurée relativement en retrait dans la partie qui oppose depuis trois semaines une grande partie du peuple algérien au pouvoir de M.Bouteflika, l’armée garde pourtant bien toutes les clés en main. Et c’est au moyen de messages équivoques que son État-major communique une ambiguïté se nourrissant du changement du rapport de force sur le terrain, à mesure que la contestation gagnait de l’ampleur. Cette ambigüité témoigne aussi des courants contradictoires qui parcourent le corps de l’armée algérienne.
«Jusqu’à présent l’État-Major a envoyé des messages plutôt confus. Le chef d’État-Major, Ahmed Gaïd Salah, s’est montré, au début des manifestations, quasi-menaçant en affirmant que l’armée ne laisserait pas le chaos s’installer. Ensuite, il semblait s’est être rétracté en affirmant que les demandes du peuple et celles de l’armée sont convergentes. Si l’armée est actuellement parcourue par plusieurs courants, l’antagonisme générationnel n’est pas à négliger. Actuellement, le leadership est exercé par des octogénaires comme Gaïd Salah, et plus généralement par « la première génération », celle qui avait pris part à la guerre de libération nationale. Il va sans dire qu’elle ne constitue pas la majorité de l’armée, sur un plan numéraire», décrypte Dalia Ghanem Yazbeck.
Jusqu’où ira la volonté de la «première génération» à faire jouer un présumé blocage de minorité? Le soutien de notoriété publique du chef d’État-major au président Bouteflika présume d’une préférence pour le scénario de la continuité, même sous perfusion, dès lors que les recettes de la Présidence ont une chance, même infime, d’endiguer la crise. À mesure, toutefois, que les premiers manifestants commençaient à affluer, vendredi 15 mars, aux cris de «Vous partez, c’est-à-dire vous partez!», la marge de manœuvre présidentielle se réduisait sensiblement. Et ce n’est pas faute d’avoir tenté un jeu habile, appelant à la rescousse deux grands pontes de la diplomatie algérienne, Lakhdar Brahimi et Ramtane Lamamra.
«Le pouvoir avait sous-estimé la capacité de mobilisation du peuple, de même que sa capacité à dépasser ses vieux clivages, régionaux, idéologiques ou sociaux. Inversement, il avait surestimé sa propre marge de manœuvre. La dernière manœuvre consistant à faire appel à des gens comme Lakhdar Brahimi ou Ramtane Lamamra, est une fausse bonne idée. Jusqu’à leur entrée sur scène, ils jouissaient d’une certaine respectabilité, chez une grande partie d’Algériens et auraient pu, à ce titre, constituer une alternative crédible. En s’associant à cette entreprise à ce stade, ils se trouvent aujourd’hui grillés. Des manifestants n’hésitent pas à les considérer, désormais, comme des « traîtres » à la cause populaire», poursuit la chercheure algérienne.

À l’heure où la révolte gronde, où le cadre constitutionnel se trouve hypothéqué et où le compromis demeure introuvable, le dénouement pourrait venir, non plus d’une nouvelle «brèche dans un cercle», désormais passée de mode et de culture, mais d’une simple remise en question du soutien apporté par une partie de l’État-major au pouvoir présidentiel. En d’autres termes, il s’agit de racheter le péché des «janviéristes», qui avaient annulé en janvier 1992 le deuxième tour des législatives, remetant en selle le scrutin présidentiel dans les meilleurs délais.
«La meilleure option, pour le pouvoir, et en l’occurrence pour l’armée, serait d’intervenir en définissant un cadre raisonnable pour ce report de l’élection, tout en l’assortissant d’une issue acceptable. Outre l’annulation pure et simple d’une cinquième candidature, qui est aujourd’hui acquise, il lui faudrait mettre un terme à la prolongation du quatrième mandat. À l’issue d’une période qui ne pourrait excéder une durée raisonnable de 6 mois, un candidat ou plusieurs candidats pouvant faire consensus pourraient être proposés au vote des Algériens», envisage Dalia Ghanem Yazbeck.
À charge pour l’histoire de ne pas retenir ce potentiel coup d’éclat comme l’œuvre de «marsiens», du nom de ces résistants de la dernière heure dans la guerre de libération algérienne.
Source journal Sputnik
Par Safwene Grira
Attentats en Nouvelle-Zélande : Qui est Rendan Tarrant ?
rendan Tarrant, le tireur australien de Christchurch, est décrit comme un terroriste d’extrême droite. Passé par l’est de la France en 2017, il aurait eu son déclic dans un cimetière militaire.
Alors que le bilan définitif est encore incertain et la situation toujours sous tension à Christchurch en Nouvelle-Zélande, où deux mosquées ont été prises pour cibles lors d’une attaque terroriste ce vendredi 15 mars, un nom tourne en boucle dans la presse néo-zélandaise: Brenton Tarrant.
« Cet australien de 28 ans militant d’extrême droite, est le principal suspect de la tuerie de Nouvelle-Zélande.
Avant de passer à l’acte, et de filmer en direct son massacre sur Facebook, il a publié sur Twitter un document de 73 pages intitulé « le Grand remplacement », thèse notamment soutenue et publicitée par l’intellectuel controversé Alain Funkelkrut et le polemiste Eric Zemmour . Ce document déclare que le tireur voulait s’en prendre à des musulmans. Un désir de vengeance qui serait né alors qu’il se trouvait dans une ville de l’est de la France.
Dans ce manifeste, il écrit notamment : « Je me souviens être entré dans un centre commercial pour acheter de la nourriture dans une ville de taille moyenne de l’est de la France, comptant environ 15 à 25 000 personnes. Alors que je restais assis dans ma voiture de location sur le parking je voyais un flot d’envahisseurs traverser les galeries du centre commercial. Il y avait deux fois plus d’envahisseurs que de français. J’en avais assez vu et suis sorti de la ville en colère, refusant de rester plus longtemps dans cet endroit maudit. »
Il évoque également les « croix blanches » d’un cimetière militaire devant lesquelles il aurait éclaté en sanglot, expliquant que « c’est là que j’ai décidé de faire quelque chose (…) de mener le combat contre les envahisseurs moi-même ».
Dans le manifeste, le tireur dit qu’il est né en Australie dans une famille aux revenus modestes et avoir 28 ans. Après ce voyage en France, il explique que les autres moments clé de sa radicalisation furent la défaite de la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen à la présidentielle de 2017 .
Le titre du document semble être une référence à une thèse de l’écrivain français Renaud Camus sur la disparition des « peuples européens », « remplacés » selon lui par des populations de culture ou de confession musulmane dans les milieux d’extrême droite.
Après avoir publié ce manifeste raciste sur Twitter, le terroriste australien a diffusé en direct des images vidéo du massacre. La police a demandé aux internautes de ne pas partager les images, dans lesquelles on voit l’assaillant tirer sur des fidèles musulmans à bout portant.
Source Breaknews
Les chaînes télé de Haddad n’émettent plus
Qu’est-ce passe-t-il avec Dzaïr Tv et Dzaïr News ? Il semblerait que les deux chaînes télé du Berlusconi algérien Ali Haddad n’émettent plus depuis vendredi soir.
S’agit-il d’une panne technique passagère ou d’une décision de fermeture temporaire ou définitive qui ne dit pas son nom ? Nous ignorons encore les raisons de cette interruption des émissions et aucun communiqué n’a été rendu public pour le moment.
Il faut dire que l’affairiste Ali Haddad est tombé en disgrâce depuis que le mouvement contre le 5e mandat de Bouteflika s’est mis en branle. Le Forum des chefs d’entreprise (FCE) qu’il dirige a connu plusieurs défections depuis l’explosion de la colère populaire.
Source site DZvidéo
Par Amélia Guatri
Alger : un tsunami humain pour dire non au prolongement du 4e mandat
Une affluence record à Alger. Au quatrième vendredi de manifestations pacifiques, les Algériens ont été encore plus nombreux que les précédentes fois à répondre à l’appel à manifester contre le prolongement du 4e mandat du président Abdelaziz Boutelfika.
Au centre-ville, les rues sont saturées, on progresse lentement dans une ambiance de fête. Les déclarations Noureddine Bedoui et Ramtane Lamamra lors de la conférence de presse d’hier n’ont visiblement pas convaincu les Algériens. “Matzidch t9i9a ya Bouteflika”…
Le cordon sécuritaire des forces anti-émeutes, installé en bas du Boulevard Mohamed V, a vite cédé face à une foule spectaculaire. Les manifestants, qui ne pouvaient plus revenir à la Grande-Poste, noire de monde, ni vers la rue Didouche, ont réussi à ouvrir cette voie et monter par ce boulevard.
Une marée humaine émergeait lentement du Tunnel des Facultés. Un flux continu de drapeaux et de banderoles se dirigeant, sous des chants joyeux, vers Krim Belkacem (Telemly). Des jeunes, des parents accompagnés par leurs enfants et des grands-parents, après avoir réussi à se dégager de la foule, reprenaient leur souffle et montaient “douga douga”.
Certains chantaient, banderoles brandies, d’autres se prenaient en selfie avec leurs smartphones devant le regard, tantôt amusé tantôt résigné, des éléments des forces anti-émeutes, debout face à leurs fourgons, boucliers et bâtons en main, les visières relevées.
La montée n’a pas été aussi pénible que de franchir l’esplanade de la Grande-Poste, la rue Pasteur ou la Place Audin. Bien au contraire, le boulevard était dégagé et plus agréable à traverser. Quelques minutes plus tard, la foule s’amassait déjà au Boulevard Krim Belkacem (Telemly), à quelques mètres de l’Ecole des Beaux-Arts. Trois fourgons de la police bloquaient la route, où des affrontements violents ayant fait presque 200 blessés ont éclaté la dernière fois. Un cordon sécuritaire précédait les trois véhicules.
Les manifestants ont vite décidé de rebrousser chemin. Un citoyen, debout sur un mur, leur demandait ainsi de redescendre par une ruelle. “Cela ne sert à rien. A part à provoquer les affrontements. Cette ruelle mène vers Didouche”, leur criait-il. D’autres, plus jeunes, tentaient plutôt de continuer pour défier le cordon sécuritaire, qui se retrouvait à 10 mètres, et poursuivre leur route vers El-Mouradia. “Ne l’écoutez pas. C’est un policier. Il veut vous faire peur”, lui répliquait un jeune.
La majorité a tout de même préféré redescendre, principalement les familles, via le Sacré-Coeur vers la rue Didouche Mourad. Là-bas, au niveau du quartier Debussy, la foule était déjà dense. “Ya biladi” était entonné en choeur par des centaines de manifestants, qui poursuivaient leur chemin, lentement, vers la Place Audin, en chantant des slogans contre le pouvoir.
A 16H, une marée humaine s’étendait, sans discontinuité, de l’arrêt de bus de Ferhat Boussad (ex-Meissonier) jusqu’à la Grande-Poste, à travers la rue Didouche, la rue Pasteur et différentes autres ruelles parallèles.
Zohra Bensemra / Reuters
Les manifestants ne pouvaient plus se déplacer. La foule se décomposait ainsi en plusieurs groupes, qui vivaient chacun cette contestation à leur manière.
Pancartes contre le “4.5e mandat” brandies en silence par-ci, sifflement de vuvuzela et holà par-là, chants de stades et danse de l’autre côté ou marche silencieuse, drapeaux sur le dos, plus loin. Devant le commissariat du 6e arrondissement, des manifestants saluaient les forces anti-émeutes.
A Telemly, des affrontements ont tout de même fini par éclater. Les forces anti-émeutes ont répondu par des tirs de bombes à lacrymogènes aux jets de pierres.
Ce matin, quelques minutes après 10H, des centaines de manifestants occupaient déjà la Grande-Poste. Le centre-ville accueillait peu à peu les nouveaux venus, qui ont atteint, jusqu’à 17H, une affluence record par rapport aux précédentes manifestations.
La lettre des Algériens de Montréal à Macron
Lettre à Monsieur Emmanuel Macron, président de la République française.
Monsieur le président de la République française Emmanuel Macron,
Au nom du peuple algérien qui ne nous a pas mandatés pour vous adresser, mais dont on fait entièrement partie, nous vous adressons ces quelques mots, dans votre langue.
Hier, 11 mars 2019, dans un revers attendu, mais étonnant, le président de la République algérienne sortant a encore une fois montré son manque d’attachement aux valeurs de la démocratie et de la volonté des peuples en prolongeant, tacitement et aux yeux de toutes et de tous (y compris les vôtres), son mandat en cours. Le peuple algérien, dont vous saluez la bravoure dans votre missive, moyen de communication privilégié des présidents algériens et français, ne vous salue pas. Il ne salue pas votre hypocrisie déclarée, celle qui permet à votre république de cautionner un viol constant de nos droits constitutionnels depuis des années, en validant, sans remords, la domination d’un clan qui vole, triche et réduit nos libertés à néant.
Le peuple algérien ne salue pas votre naïveté de façade, celle qui vous permet aujourd’hui de parler de maturité d’un système que vous savez autocratique et violent. Le peuple algérien ne salue pas votre ingérence et la caution que vous donnez à ce régime sans nous consulter, en voulant « accompagner » une transition qui n’en est pas une.
Cher président, vous qui avez fait votre révolution il y a des siècles, vous qui avez pris votre Bastille en 1789, laissez-nous prendre notre El Mouradia en paix. Nous, Algériens de tout bord et de toutes idéologies, loin de vos discours fallacieux constatant à tort l’alacrité d’un président absent depuis six ans, sommes résolus à avoir notre démocratie coûte que coûte, sans couper les têtes de nos monarques ; mais peut-être accepteriez-vous de les prendre chez vous ? Vous qui les accueillez si bien ! Vous avez monsieur le président salué la dignité de notre peuple et de notre jeunesse, nous ne vous laisserons pas détruire nos espoirs et notre volonté de changement pour protéger vos intérêts financiers sur nos terres.
Vous avez monsieur le président exprimé votre espoir qu’une nouvelle dynamique puisse s’engager rapidement ; nous vous répondons que celle-ci ne sera jamais aux côtés de nos bourreaux et jamais avec votre parrainage. Nous allons, nous-mêmes, en nos âmes et consciences, construire cette Algérie de demain à laquelle on aspire tant, et jamais vous ne pourrez briser le rêve de millions d’Algériens, celui d’être enfin libres.
Nous contestons votre interventionnisme, nous contestons votre cautionnement injuste, nous contestons votre tentative de récupération, nous contestons votre soutien infaillible à un dictateur et son clan, nous contestons vos tirades interminables qui ne servent qu’à dire ce que nous ne voulons pas entendre : Bouteflika restera président. Jamais un peuple qui a voulu prendre son destin en main ne tombera dans le piège de ce régime ni dans le vôtre. Nous vous conseillons de mettre vos énergies afin de répondre aux femmes et hommes dignes, portant des gilets jaunes, qui vous contestent depuis des semaines, laissez-nous tranquilles, « ce qui ne vous appartient pas vous fatiguera ».
Cordialement,
Collectif citoyen algérien « Hirak Silmi »
Et la légitimité alors ?
« Ne pleure pas comme une femme ce que tu n’as pas su garder et défendre comme un homme », avait dit Aicha à son fils Boabdil en quittant Grenade.
En ces temps d’incertitude et de tous les dangers, nous sommes interpellés par notre conscience morale si tant elles existeraient encore chez nous.
Si ces vertus n’ont-elles pas, elles aussi, embarqué sur ces radeaux de fortune pour des ailleurs plus existentiels, plus cléments, ou elles ne risquent pas d’être souillées par ces viols permanents, comme ç’a de toujours été le cas chez nous.
Il serait par ailleurs, malséant et même quelque peu indécent de tirer sur les ambulances, s’agissant bien sûr de l’état physique de notre président.
Le peuple algérien dans sa quasi-totalité s’était prononcé pour inviter ce dernier et par conséquent tout le système qui l’entoure, à se retirer tant qu’il serait encore temps, pour sauvegarder un minimum de dignité.
Mais la réalité du terrain et l’importance des enjeux que sont ces élections, la refondation d’une nouvelle république nous interpellent et nous obligent à prendre nos responsabilités pour une solution saine et salvatrice, aussi difficiles seront-elles pour certains.
Plus magnanimes, c’était aussi de permettre, autant que faire se peut, à notre actuel président de goûter lui aussi à quelques repos, après toutes ces années passées à la tête du pays.
Et pour nous, de choisir en conséquence librement, sereinement et sans aucune autre influence sinon celles des valeurs en adéquations avec les nôtres et que véhiculeraient nos favoris, et ce, pour la première fois dans notre histoire.
Mais il était dit ou écrit que le pouvoir ne veut pas l’entendre ainsi, et surtout de ne pas saisir cette planche de salut que lui avaient tendu ces millions de manifestants de partir et de rendre les clefs de la maison Algérie, paisiblement, sans heurts, ni verser encore ce Précieux Sang de notre jeunesse.
Et pour notre auto-consolation et dans l’espoir de les persuader que toute solution réside dans le respect de cette constitution qu’ils n’avaient d’ailleurs jamais cessé de triturer, mais qui les exclut néanmoins dans toutes prises de décisions après la fin de la mandature du président.
Pour un énième rappel, après la fin d’un mandat électif, on n’est plus rien d’autre qu’un simple citoyen algérien comme tout un chacun parmi nous, auréolé néanmoins par cette ex-honorable mission que lui avaient confiée par la voie des urnes ses électeurs.
Agir autrement est une illégitimité, un coup d’État, un arrogant mépris envers ce peuple, qui depuis maintenant plus de trois semaines demande sereinement et en toute légitimité le départ de ce régime.
Ce peuple qui vient d’inscrire en lettres d’or son action, enjoint ces repoussés de se réveiller de cette torpeur dans laquelle ils sont plongés et d’accepter cette réalité, même si elle s’avère être quelque peu amère pour eux.
Et il lui dit aussi et surtout, que vous n’êtes plus ce Messie que vous croyez être, et que certains de vos adulateurs, qui pour les avoir scandaleusement et indûment enrichis au dépens des intérêts primordiaux du peuple et du pays vous l’ont fait croire.
Certes, ils avaient même adoré votre effigie, voire prier agnostique-ment avec, faisant ainsi fi des préceptes religieux islamiques qui interdisent l’idolâtrie et autres fétichismes.
Et qui en d’autres lieux avaient au nom de ces mêmes préceptes et lois détruit des prestigieux monuments et des chefs-d’œuvre d’arts historiques, multimillénaires.
Et comble de désespoir et ironie du sort, en d’autres temps, certains parmi ces dévots qui avaient fait des prières sous votre auguste portrait, avaient participé aux meurtres des jeunes filles qui avaient alors seulement refusé de porter le voile islamique.
Autres temps, autres croyances peut-être aussi, mais autres pratiques sûrement.
Vous nous obligez ainsi qu’à défaut de recourir à cette justice dévoyée et aux ordres, à manifester dans la rue, pacifiquement, bon enfant, mais aussi, et surtout avec détermination, et ce, jusqu’à la victoire finale.
-Quand les commères se courroucent, les vérités se découvrent.
Mohammed AOULI
Tunisie : Cette folle envie de rentrer
Non, ce n’est pas le Couscous, le Palm Beach ou la Celtia qui me manquent. C’est de me comporter en Tunisien, sans qu’un regard, sur moi ne tombe.
La gorge ramollie, l’aéroport Tunis Carthage est comme à son habitude, bondé et désorganisé.
Ce bordel qui va nous manquer, ces surprises au moment du changement de devise où ils demandent une carte étudiante mais refusent un certificat de scolarité, les disputes à l’enregistrement et la ponctualité de Tunisair.
Souvent, on se dit “Quel pays!”, ensuite on s’en va, on se réveille chaque matin en hurlant devant le miroir “quelle vie on a choisi!”.
Loin de la mer, près du cœur
L’exil est un rêve pour beaucoup, l’invitation au voyage a toujours été un des poèmes préférées de la classe moyenne maghrébine. En Tunisie, spécifiquement, certains idéalisent l’occident.
Mais mes amis, je vous le dis: l’Occident est vivant pour les anomalies, les élites et les indépendants, ceux qui ont la force émotionnelle de repousser leurs plaies.
Certains d’entres nous font partie de ceux qui continueront, toute leurs vies, d’aller déjeuner deux fois par semaine chez leur maman.
Certains d’entres nous ne travaillent pas dans les bibliothèques, mais dans les cafés, à une semaine de l’examen, qu’on décroche haut la main, car c’est tombé sur ce qu’on voulait.
Certains d’entre nous vivent de leurs amis et des sorties, pour exhumer la douleur des cinq jours de labeur, tard la nuit.
Et surtout, oh surtout: certains d’entre nous aiment ce pays où de la désorganisation naissent des occasions!
Non, ce n’est pas le Couscous, le Palm Beach ou la Celtia qui me manquent. C’est de me comporter en Tunisien, sans qu’un regard, sur moi ne tombe.
Le paradoxe de l’amour
Les relations longues distances, c’est comme ça qu’on les vit.
On ouvre les infos: 11 bébés qui meurent d’une erreur médicale, du Coran dans un contrôle de physique-chimie et l’injustice sociale qui perdure.
Vous croyez qu’on se dit: “Jamais je reviens, jamais j’y vis!”?
Au contraire, on se retient de ne pas prendre un billet d’avion dans la minute, pour revenir et essayer de tout changer.
Car si on revient sans outils, sans culture et sans avis, on n’a plus la moindre excuse d’être partis. Personne ne nous écoutera, ne nous donnera la moindre considération et le pire arrivera: On sera dégouté d’être au pays.
Alors on sèche sa larme et on éteint ou on passe sur TF1, pour jalouser les problèmes d’autrui.
Si on revient trop tôt et sans rien, on la déçoit.
Si on reste, on se fait du mal.
Les relations longue distance, c’est un peu ça, comme être un étudiant à l’étranger. On appelle sa famille, on entends les “Saha aalik, ken enti msalakha” (“Tu as de la chance, c’est toi qui t’en sors le mieux!”).
Si seulement ils savaient, à quel point, je les jalousaient.
Comment rentrer?
La question reste toujours un combat, une dualité: Avons-nous envie de rentrer ou voulons-nous rentrer ? Est-ce une volonté rationnelle ou une simple envie émotionnelle?
Et bien, il semblerait que les chiffres de la fuite des cerveaux répondent à ma place. Ce n’est qu’une simple émotion. Pour certains, découragés surement par des politiques très peu ambitieuses, la Tunisie n’est qu’un mirage.
Ils sont bien installés en France, forts de salaires et de réseaux, pourquoi tout reconstruire en rentrant?
Et nous, étudiants, encore nouveaux dans ces relations longues distances, on essaye de se convaincre et de se battre pour conserver notre amour. Certains perdent pieds et se noient dans les nouvelles rencontres que l’Occident fournit, d’autres se laissent aller dans un communautarisme qui réduit l’apport de l’exil à un simple changement de Rue à Tunis.
Entre eux, on chavire. Que ce soit de coeur ou de raison, je n’ai qu’un seul espoir: que jamais, je ne me dise, que jamais je ne rentrerais.
Source Huffpostmaghreb
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