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samedi 21 février 2026
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International. Les juges de la CPI rejettent l’enquête en Afghanistan, Donald Trump crie « victoire »

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Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont refusé l’ouverture d’une enquête pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre présumés en Afghanistan demandée par la procureure. Une décision saluée par Donald Trump.

Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont rejeté vendredi 12 avril la demande d’ouverture d’une enquête pour établir si des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre avaient été commis en Afghanistan.

« Les juges ont décidé qu’une enquête sur la situation en Afghanistan à ce stade ne servirait pas les intérêts de la justice », a déclaré la Cour dans un communiqué.

>> À lire : « Washington prive de visas le personnel de la CPI enquêtant sur des militaires américains »

Si elle a admis qu’il existe « une base raisonnable permettant de considérer que des crimes relevant de la compétence de la CPI auraient été commis », la Cour a estimé que « la situation actuelle en Afghanistan » aurait rendu « extrêmement difficile la réussite d’une enquête et de poursuites ».

« Une victoire internationale majeure » selon Trump

Cette décision intervient dans un contexte de tensions entre la CPI et Washington. Les États-Unis avaient révoqué il y a une semaine le visa de la procureure générale de la CPI, Fatou Bensouda, en raison d’une possible enquête sur des exactions de soldats américains en Afghanistan. Bien décidé à protéger ses militaires, Washington avait, le mois dernier, pris une mesure inédite en annonçant des restrictions dans la délivrance des visas.

Le président américain Donald Trump s’est rapidement félicité de la décision des juges dans un communiqué : « C’est une victoire internationale majeure, non seulement pour ces patriotes, mais aussi pour l’État de droit ».

Les ONG indignées

L’annonce de la CPI a en revanche suscité de nombreuses réactions d’indignation parmi les organisations humanitaires.

Jamil Dakwar, directeur du programme des droits de l’Homme de l’Union américaine pour les libertés civiles, a réagi avec virulence, blâmant les « tactiques d’intimidation » du gouvernement américain.

« Il est scandaleux que les victimes de crimes de guerre aient beaucoup moins de chances d’obtenir justice pour des atrocités bien documentées à cause des efforts autoritaires de l’administration Trump pour saboter une enquête avant même qu’elle ne puisse être ouverte », a dénoncé M. Dakwar dans un communiqué.

De son côté, Human Rights Watch a déploré « un coup dévastateur pour les victimes qui ont souffert de crimes graves sans réparation ».

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) est elle aussi montée au créneau, fustigeant une décision « choquante qui repose sur un raisonnement profondément imparfait. La CPI a été créée précisément pour surmonter les difficultés qui rendaient les enquêtes nationales impossibles », a déclaré Patrick Baudouin, président d’honneur de la FIDH.

Un dur revers pour la procureure

La décision de la Cour est perçue comme un dur revers pour la procureure, Mme Bensouda, qui avait demandé aux juges en novembre 2017 l’autorisation d’ouvrir une enquête sur des crimes commis dans le cadre du conflit afghan, notamment par l’armée américaine. Son bureau avait entamé un examen préliminaire sur la situation en Afghanistan en 2006.

« Le bureau va analyser plus en profondeur la décision et ses implications et examinera tous les recours juridiques qui s’offrent à lui », a réagi Mme Bensouda dans un communiqué.

Source France24 Avec AFP

Chronique. L’Armée et les « Kadres » !

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Après avoir démi Abdel-cadre, l’armée algérienne adoube Abdel-Kader.
Autrement dit les généraux algériens ne dérogent pas à leur nature profondément putschiste et anti-populaire et l’Armée n’a jamais été populaire.

Petit rappel historique :

L’Armée a avorté l’indépendance en 1962 en renversant le GPRA.
L’Armée a déclaré la guerre à la Kabylie en 1963 en massacrant le FFS.
L’Armée a intronisé Ben Bella, Boumediene et Chadli.
L’Armée a tiré sur la foule en 1988.
L’Armée a avorté le processus démocratique en 1991.
L’Armée a liquidé Boudiaf.
L’Armée a intronisé Zéroual.
L’Armée a liquidé des opposants, journalistes et politiques.
L’Armée a causé un conflit qui a coûté 200 000 morts.
L’Armée a intronisé et protégé Bouteflika pendant 20 ans.
L’Armée a tiré sur les manifestants Kabyles en 2001 (la gendarmerie est un corps de l’Armée).
L’Armée a dilapidé les richesses du pays.
L’Armée s’est accaparée de l’économie algérienne.
L’Armée n’a jamais été « khawa khawa » ou sœur des populations.
L’Armée ne va pas assurer « une transition démocratique » !

Par Ahviv Mekdam

Algérie. Pourquoi pas un État fédéral ?

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« On n’est jamais si bien servi que par soi-même » (proverbe)

Le fédéralisme et la démocratie : une relation privilégiée

« Les États fédéraux comme les États-Unis, le Canada, l’Allemagne et la Suisse occupent les premières places en compétitivité de presque tous les classements internationaux ». En effet, et pour corroborer cette citation d’Arnold Koller, Professeur de droit et homme politique suisse, auteur d’un des textes constitutionnels les mieux élaborés de son pays, nous constatons aujourd’hui que les plus grandes démocraties dans les différents continents sont des Etats fédéraux : l’Allemagne et la Suisse en Europe, le Brésil et l’Argentine en Amérique latine, les Etats-Unis et le Canada en Amérique du Nord, l’Inde en Asie, et même en Afrique, où les démocraties sont rares, c’est l’Afrique du Sud qui est un Etat fédéral qui en est le modèle le plus abouti.

Le fédéralisme qui suppose le partage du pouvoir par sa large décentralisation et son rapprochement du peuple est de ce fait intimement lié à la démocratie qui signifie étymologiquement « le pouvoir du peuple ». Etant entendu que la démocratie n’étant pas un système de gouvernance parfait, tant s’en faut, mais le moins mauvais ou, pour reprendre Winston Churchill, « le pire des régimes à l’exception de tous les autres déjà essayés dans le passé ». D’où, a contrario, le constat flagrant que dans la plupart des systèmes politiques où le pouvoir est hypercentralisé, donc nécessairement éloigné du peuple, ce sont des régimes non- pour ne pas dire anti-démocratiques, despotiques ou dictatoriaux qui s’y installent.

C’est le cas en l’Afrique où la plupart des Etats sont des systèmes unitaires archicentralisés où le pouvoir est généralement concentré entre les mains d’une poignée de personnes, des oligarques qui sont généralement des militaires ou des ploutocrates véreux, qui ont « droit de vie et de mort », plutôt de mort que de vie, sur « tout ce qui bouge » dans leurs « contrées ». Foncièrement anti-démocratiques quant au fond, ces systèmes font tout, quant à la forme, pour paraître démocratiques. Une conception étriquée de la démocratie « qui se limite pour l’essentiel à l’organisation des élections.

Et encore, pour parler trivialement, celles-ci semblent se limiter à la possibilité pour les citoyens de mettre des papiers dans une boîte, et pour les candidats (surtout ceux qui sont déjà au pouvoir) de trouver la meilleure manière de remplir la boîte d’avance », écrit à juste titre Nicolas Schmitt dans un article intéressant sur le fédéralisme (v. bibliographie). La centralisation à outrance du pouvoir impliquerait nécessairement son éloignement du peuple, donc son caractère anti- ou, à tout le moins, a-démocratique.

Dans un pays riche par sa diversité sociale, économique et surtout culturelle, il ne peut y avoir meilleur système de gouvernance que celui d’un fédéralisme dynamique qui s’adapte aux besoins des peuples dans leur praxis et qui permet un partage plus large et équitable du pouvoir.

Le fédéralisme peut être le produit d’une décomposition d’un Etat unitaire en plusieurs Etats fédérés (autour d’un Etat fédéral) qu’on appelle « Cantons » en Suisse, « Provinces » au Canada, en Afrique du Sud, en Argentine…, « Länder » en Allemagne et en Autriche, « Régions » en Belgique, Communautés autonomes en Espagne ou, bien sûr, « Etats » aux Etats-Unis, en Australie, en Inde, au Brésil… C’est le cas notamment de certains régimes dictatoriaux ayant accédé à la démocratie. « Plus certains pays se démocratisent, plus ils ont tendance à se fédéraliser. C’est le cas notamment de l’Argentine, du Brésil, du Mexique et de l’Espagne », écrit Benoît Pelletier dans sa présentation de l’ouvrage de Georges Anderson sur le fédéralisme (v. bibliographie).

En Espagne, à titre d’exemple, il a fallu la chute de la dictature franquiste en 1975 pour que ce pays s’engage dans une transition démocratique où, progressivement, des compétences importantes sont transférées aux différentes communautés autonomes (catalane, basque…) en matière d’éducation, d’enseignement, de politiques linguistique et culturelle… La démocratie étant plus épanouie sous un régime fédéral où le pouvoir est très largement et équitablement partagé que dans un régime unitaire et monolithique, a fortiori dans un pays riche par sa diversité culturelle, confessionnelle, ethnique… où un compromis est plus que nécessaire entre le respect de la diversité et le besoin d’unité.

Etant entendu que l’unité n’est jamais une fin en soi, mais un moyen, seulement un moyen et rien qu’un moyen, pour accéder à plus de puissance, de progrès et de prospérité. Sinon, non seulement elle ne servirait à rien, mais, plus grave encore, elle serait l’instrument et le prétexte d’étouffement ou de répression de tout désir d’épanouissement, de progrès, de créativité, de toute liberté d’action et de réflexion. Il y aurait même contradictio in terminis à réunir unicisme et pluralisme dans un même régime.

C’est un oxymore dont on peut s’accommoder et même se réjouir en littérature, mais très « péniblement » dans un système politique. C’est ainsi qu’en Algérie, pendant des décennies, les revendications identitaire, culturelle, linguistique… étaient réprimées, parfois dans le sang comme ce fut le cas en 2001 en Kabylie, parce qu’elles « menaceraient », pour les tenant du régime monolithique, « el wiḥda el wataniya » (« el wekhda » el wataniya ! »), la sacro-sainte « unité nationale » pour laquelle on a sacrifié ce qu’il y avait de plus algérien en nous : notre identité et notre personnalité ! Nous sommes devenus des étrangers dans notre propre pays ! En fait de déni linguistique, la langue amazighe n’est pas la seule à être sacrifiée sur l’autel de cette unité factice.

La daridja algérienne qui diffère à tous les niveaux de l’analyse linguistique : phonético-phonologique, morphosyntaxique et lexico-sémantique de l’arabe coranique, constituant donc un « système linguistique autonome et singulier » qui n’est pas une variété de l’arabe coranique, est aussi sacrifiée sur l’autel de l’unicisme linguistique et culturel. Sa spécificité et sa différence d’avec l’arabe coranique a déjà été démontrée dans de nombreux travaux scientifiques, notamment sur le plan linguistique, par le linguiste oranais Abdou Elimam qui l’appelle d’ailleurs le maghribi, à la suite de l’orientaliste William Marçais repris par le célèbre linguiste américain Charles Ferguson, en lui refusant vigoureusement l’épithète « arabe ».

Pour lui, il s’agit d’une langue sémitique linguistiquement autonome et non d’une variété de l’arabe coranique. La preuve, s’il en était encore besoin, vient de nous être donnée, et magistralement, par ce jeune algérien qui réagissait le 12 mars dernier en direct sur la chaîne de télévision Sky News d’expression arabe, après la déclaration de report de l’élection présidentielle attribuée à Abdelaziz Bouteflika et les manifestations qui s’en sont suivies, pour contredire les propos de la correspondante de cette chaine à Alger qui affirmait que les manifestants étaient satisfaits de la déclaration du chef de l’Etat.

A la journaliste qui insistait pour qu’il parle en arabe en réitérant plusieurs fois : en arabe, en arabe, en arabe… le jeune homme a répondu péremptoire qu’il ne connaissait pas la langue arabe et que c’est la daridja qui est sa langue. Littéralement : hadi hiya ddardja ntaâ-na (c’est celle-ci qui est notre « daridja »). Abdou Elimam regrette le fait que l’épithète « arabe » adjointe à la dénomination de cette langue, arabe algérien/dialectal en l’occurrence, empêche de fait sa reconnaissance constitutionnelle en Algérie, puisque l’arabe y est déjà reconnu comme langue nationale et officielle depuis l’indépendance.

Pour revenir au fédéralisme, la Belgique est l’un des rares Etats unitaires ayant évolué vers le système fédéral, en adoptant une nouvelle constitution en 1993, non pas pour vivre en démocratie, mais pour en améliorer la pratique. L’objectif n’est pas encore complètement atteint pour ce pays qui se cherche toujours un modèle de gouvernance plus adaptée à ses espérances et à sa réalité complexe.

A l’origine du fédéralisme : les Etats-Unis d’Amérique

Inversement, le fédéralisme peut aussi être le résultat d’une évolution à partir d’une confédération d’Etats indépendants vers un Etat fédéral. C’est le cas du premier Etat fédéral que le monde a vu naître il y a plus de deux siècles : les Etats-Unis d’Amérique qui se sont d’abord constitués en confédération de 13 Etats en 1781- anciennes colonies britanniques ayant accédé à l’indépendance quatre années plus tôt. Ces Etats n’ont pas tardé à se fédérer au sein d’un Etat fédéral, investi de certaines compétences régaliennes (la défense et la politique étrangère) relevant de ses seules prérogatives. Cet Etat, le premier du genre au monde, est institué officiellement en 1789.

Il servira désormais de modèle à plusieurs autres systèmes politiques, et le premier à en être charmé, c’est la confédération Suisse. Un pays dont le système politique confédéral, où la politique étrangère et la défense n’étaient pas « mutualisées », a grandement facilité son invasion en 1798 par Napoléon. Aussi s’est-il résolu, au terme d’une brève guerre civile, à passer avec armes et bagages au système fédéral. Ce fut en 1848. Depuis, cette démocratie n’a cessé d’évoluer, au point où beaucoup d’experts la considèrent aujourd’hui comme étant l’un des modèles, sinon le modèle le plus abouti de la démocratie au monde. 50 000 signatures suffisent aux citoyens Suisses aujourd’hui pour demander l’abrogation d’une loi existante au moyen d’un référendum dit d’initiative populaire ; et 100 000 personnes peuvent décider de soumettre un changement de la Constitution à l’avis de leurs compatriotes. Y-a-il un pouvoir plus proche du peuple que celui-là ?

Pourquoi le système fédéral est-il historiquement plus dynamique que le système unitaire ? Parce que, entre autres et surtout, les entités fédérées (Etats, Provinces, Cantons…) qui le constituent ne sont pas gouvernées de la même manière et n’ont pas nécessairement les mêmes politiques dans tous les domaines relevant de leurs compétences (économique, éducatif, culturel, touristique, écologique…) et cela crée une concurrence positive et une synergie entre ses Etats qui font nécessairement évoluer et changer le système fédéral dans le bon sens. Une politique ayant donné ses fruits dans un Etat peut être reprise dans d’autres et même améliorée. Inversement, une politique ayant échoué localement serait corrigée ou ne serait pas reproduite ailleurs. Il n’y a pas de gouvernance identique d’un Etat fédéré à un autre, et il n’y en a pas non plus d’un Etat fédéral à un autre. Il y a autant d’Etats fédéraux au monde que de gouvernances différentes.

Le danger le plus sérieux, cependant, qui guette ce modèle est la possibilité d’une rupture d’équilibre entre centralisation et décentralisation, entre l’unité et la pluralité. L’hypercentralisation du pouvoir produirait un système politique plus proche du modèle d’Etat unitaire que de celui d’un Etat fédéral. C’est le cas aujourd’hui de la fédération de Russie de Poutine où le partage du pouvoir est plus une vue de l’esprit qu’une réalité. Aussi, la décentralisation excessive du pouvoir produirait-elle un système plus proche d’un modèle confédéral que de celui d’une fédération. Le danger en l’occurrence est qu’il y ait en permanence le risque d’une désagrégation de l’Etat. D’où la nécessité d’un équilibre dynamique des pouvoirs et des compétences entre l’Etat fédéral et les Etats fédérés.

Pour l’unité dans le respect de la diversité : un principe fondamental du fédéralisme

Il est temps pour nous, Algériens, de nous rendre à l’évidence que notre beau et grand pays n’est pas un ensemble monolithique, homogène, uniforme… mais, tout au contraire, un pays riche par sa diversité linguistique, sociologique, culturelle, et même idéologique : l’islamisme politique qui dominait outrageusement le paysage politique national dans les années 1990, à travers notamment le Front Islamique du Salut (FIS), n’avait quasiment aucune influence dans certaines régions d’Algérie comme la Kabylie. Non pas que cette région soit moins musulmane que les autres, puisque c’est la région où il se trouve la plus grande concentration en mosquées en Algérie, construites généralement par la population elle-même et sans la moindre aide de l’Etat, mais que celle-ci pratique un islam de paix et de tolérance loin de toute idéologie politique.

En Kabylie, l’imam s’occupe exclusivement de la mosquée. La cité, elle, est gérée par la tajmaât (le comité de village). Il y a une séparation nette entre la gestion des affaires de la cité, c’est-à-dire la politique au sens moderne du terme, qui est du ressort exclusif du comité de village et celle du culte, de la mosquée, dont s’occupe l’imam.

Les proverbes qui sont souvent le reflet de la vision du monde d’une communauté humaine sont très édifiants à cet égard et montrent, on ne peut mieux, la modération avec laquelle l’islam est vécu en Kabylie depuis des siècles : Ttif taḥbult m lefwar, wala Lkeâba m leswar « une galette fumante est préférable à la Kaaba aux remparts (nourrir un pauvre plutôt que d’aller en pèlerinage) », proverbe recueilli par Ramdane At Manṣur dans son Dictionnaire des proverbes kabyles. Il exprime clairement un certain réalisme et pragmatisme avec lesquels l’islam est vécu dans cette région. Yezwar seksu taẓallit « le couscous précède la prière », relevé dans le recueil de proverbes de Sakina Ait Ahmed-Slimani (v. bibliographie), est un autre proverbe qui souligne bien le caractère modéré de la pratique de l’islam chez les Kabyles, loin de tout excès. Le couscous qui est le plat le plus populaire en Kabylie renvoie ici à la nourriture en général qui est assurée par le travail. C’est donc le travail qui précèderait la prière chez les Kabyles.

L’Aghlan ou le pays mozabite est un autre exemple, encore plus édifiant, du caractère spécifique d’une communauté algérienne :

– Spécificité linguistique : la population y parle le tumzabt (mozabite) qui est une variante amazighe locale relevant de la branche zénète dont font partie aussi le chaouia des Aures, le chenoua de Tipaza, le tagergrent (parler de Ouargla)…

– Spécificités socio-culturelles : habitudes vestimentaires, alimentaires, musicales, architecturales… propres. Les ksour de la vallée du M’zab (Ighzer n weghlan ou Aghlan) sont classés patrimoine de l’humanité depuis 1982, grâce à l’ingéniosité et à la spécificité de leur architecture, unique au monde. L’assemblée des clercs Iâezzaben (les Azzabas) chargée de la gestion des affaires de la cité, de la préservation de ses mœurs et de l’identité du groupe mozabite est aussi une assemblée unique en son genre.

– Spécificité même cultuelle : puisque le Mozabites sont partisans de la doctrine ibadite, branche kharidjite de l’islam.

L’Aghlan (dont dérive en tamazight le nom « nation » qui donne aghelnaw « national ») est de fait un Etat dans l’Etat. Les conflits récurrents et très violents qui se sont produits ces dernières années, notamment en 2013, dans la région avec leurs lots de morts, de blessés et de prisonniers, ont été entretenus et même exacerbés par la stigmatisation des spécificités, notamment religieuses et même linguistiques, de cette communauté trouvant sa légitimation dans le monolithisme politique ambiant.

C’est la même stigmatisation qui a accompagné les évènements dramatiques vécus en Kabylie en 2001. Bouteflika ayant déclaré une année auparavant, soit deux ans après l’assassinat de Matoub Lounes, accompagné par des émeutes meurtrières, à Tizi Ouzou même, que tamazight ne serait « jamais » reconnue comme langue officielle en Algérie, sur sa propre terre ! Quel mépris ! Une Algérie pour l’indépendance de laquelle cette région a payé l’un des plus lourds tributs. Il a fallu que de dizaines d’autres martyres tombent encore sur l’autel de la bêtise humaine, l’un d’entre eux ayant inscrit le mot « liberté » avec son propre sang avant de rendre l’âme, pour qu’on daigne enfin concéder un début de reconnaissance officielle d’une évidence.

A moins de prendre le risque de s’engager dans une nouvelle « régression féconde », il est évident que notre grand pays, si divers et varié, ne peut plus désormais s’accommoder d’un système politique unitaire et monolithique. Pourquoi ce qui est bon pour les autres ne le serait-il pas pour nous ? Pourquoi après s’être libéré du colonialisme français, notre pays serait-il obligé de lui emprunter son système politique hypercentralisé et jacobin qui n’est pas du tout, tant s’en faut, adapté à notre société ? Si tant est qu’il nous faille emprunter un système politique étranger, au lieu de le forger nous-mêmes, pourquoi alors ne pas emprunter le meilleur ?

Beaucoup de dirigeants européens, dont celui de la France qui soutient le plan de sortie de crise de la crypto-plouto-gérontocratie au pouvoir chez nous, militent pour plus de fédéralisme dans l’Union européenne pour mieux peser dans le monde d’aujourd’hui, toujours « outrageusement » dominé les Etats-Unis d’Amérique. Etant entendu que l’Union européenne telle qu’elle existe aujourd’hui est une organisation politique sui generis, plus proche d’une confédération d’Etats souverains que d’un Etat fédéral. D’autres spécialistes de la question, comme Justine Lacroix, parleraient même d’un « fédéralisme d’Etats libres ». Un fédéralisme que cette auteure décrit comme « plus fondé sur la reconnaissance mutuelle des différentes identités nationales que sur l’affirmation d’une nouvelle identité collective ».

Conclusion : pour un premier Etat fédéral en Algérie constitué d’une dizaines d’Etats fédérés

Les six wilayas historiques, dont la constitution a grandement tenu compte des spécificités des différentes régions pour l’efficacité de la conduite de la guerre de libération, pourraient constituer chacune un Etat avec quelques autres Etats dans le sud, comme l’Aghlan mozabite, le pays touareg et d’autres territoires culturellement et sociologiquement « homogènes ». Feu le colonel Salah Boubnider, connu aussi sous le pseudonyme de Saout Al-Arab, ancien responsable de la wilaya II historique (Nord-Constantinois), était l’un des premiers promoteurs de cette idée d’Etat ou de République fédérale en Algérie. Il a défendu cette idée dans la presse écrite au milieu des années 1990, en 1993 pour la première fois si je ne me trompe, mais sans avoir apparemment convaincu grand monde autour de lui, malgré sa perspicacité et sa crédibilité.

C’est que le système FLN a bien fini, au bout de trente longues années de règne sans partage, aveugle et aveuglant, par déteindre sur toute la société, si bien que la plupart des partis politiques d’opposition (au FLN) ne font généralement, peut-être même au mieux, que reproduire le même mode de fonctionnement et parfois même (inconsciemment ?) le même discours que celui-ci. Mais les temps ont bien changé depuis, avec une majorité de la population jeune et très au fait de ce qui se passe autour d’elle et dans le monde grâce notamment à l’internet et aux nouveaux moyens de communication.

Une fédération qui pourrait commencer avec une dizaine d’Etats fédérés ayant Alger comme capitale et siège des institutions de l’Etat fédéral, un peu comme la Région de Bruxelles-Capitale en Belgique, mais pouvant évoluer à l’avenir en fonction de l’évolution des populations et de leurs besoins. Cela correspondrait à peu près à la configuration fédérale de l’Afrique du Sud qui compte neuf Provinces autonomes avec une superficie et un nombre d’habitants quasi équivalents. La diversité y est cependant plus importante, puisque l’Afrique du Sud compte 11 langues officielles.

Un fédéralisme transférant d’importantes compétences, qui ne relèveraient désormais plus de l’autorité centrale, à ses différentes entités fédérées contribuerait à un partage plus conséquent du pouvoir et à son rapprochement évident du peuple. Celui-ci déciderait enfin librement, en fonctions de ses spécificités locales et de sa vision du monde propre, des politiques linguistiques, culturelles, cultuelles, éducatives, économiques, sécuritaires (internes), touristiques, écologiques… les mieux adaptées à ses besoins et à ses aspirations.

Nous nous acheminons inexorablement vers un nouvel ordre politique, née du mouvement du « dégagisme général » du 22 février 2019, que nous espérons juste et démocratique, où ce serait peut-être et pour la première fois depuis 1962, le peuple dans sa diversité, mais profondément uni dans l’adversité, qui décidera librement de son avenir. Néanmoins, l’Algérie doit d’abord accéder à la démocratie, condition nécessaire mais pas suffisante, pour pouvoir espérer une évolution vers un système fédéral. Notre contribution se veut par conséquent une modeste plaidoirie en faveur d’un système politique que nous pensons être le meilleur pour notre pays. En attendant, vive le Peuple, vive la Démocratie et vivement le prochain vendredi !

Bibliographie

Abdou Elimam, « Du Punique au Maghribi : Trajectoires d’une langue sémito-méditerranéenne », Synergies Tunisie n°1, 2009, pp. 25-38. En ligne sur : https://gerflint.fr/Base/Tunisie1/elimam.pdf

Ait Ahmed-Slimani Salima, Proverbes berbères de Kabylie, Paris, L’Harmattan,1996.

At Mensur Ramdane, Dictionnaire de proverbes kabyles/Amawal n yinzan n teqbaylit, Tizi-Ouzou, Editions Achab, 2010.

François Vergniolle de Chantal, Fédéralisme et antifédéralisme, Collection : Que sais-je ?, Presses Universitaires de France, 2005.

George Anderson, Le fédéralisme : une introduction, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 2010.

Lacroix Justine, Du fédéralisme européen, Critique 2005/6, n° 697-698, p. 507-517.

Le Monde du 20/12/2018 : « En Suisse, le référendum d’initiative populaire comme outil du consensus politique ».

Nicolas Schmitt, « Le fédéralisme : plus fragile et plus nécessaire que jamais. Quelques réflexions illustrées par la Suisse et les pays d’Afrique », Centre international de formation européenne « L’Europe en Formation », 2012/1, n° 363, p. 143-168.

Salhi Mohamed Brahim, Société et religion en Algérie au XXe siècle : le réformisme ibadhite, entre modernisation et conservation, Insaniyat, n° 31 : Religion, pouvoir et société ? 2006, p. 33-61.

*Abdelaziz BERKAI, Enseignant chercheur à l’Université de Béjaia

Courriel : azizberkai@gmail.com

Source TSA

International. La France bloque un communiqué de l’UE condamnant le maréchal Haftar

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La publication d’un communiqué de l’Union Européenne condamnant Khalifa Haftar a été bloquée par la France mercredi. Un désaccord qui souligne les divergences au sein de l’UE sur la question libyenne.

La France s’est opposée mercredi à la publication d’un communiqué de l’Union européenne demandant au maréchal Khalifa Haftar, dont les forces tiennent l’est de la Libye, de stopper l’offensive lancée pour s’emparer de la capitale Tripoli, ont déclaré des sources diplomatiques.

Le projet de communiqué, que Reuters a pu consulter, stipulait que l’offensive militaire lancée par l’Armée nationalelibyenne (ANL) du maréchal Haftar sur Tripoli « menaçait la population civile, perturbait le processus politique et pourrait provoquer une escalade des tensions avec de sérieuses conséquences pour la Libye et la région dans son ensemble, notamment une menace terroriste ».

D’après l’ONU, les combats entre l’ANL et les forces fidèles au gouvernement d’union nationale (GNA) du Premier ministre Fayez al Serraj ont fait plusieurs milliers de déplacés dans la banlieue de Tripoli.

Division entre la France et l’Italie

Ce désaccord sur le projet de communiqué souligne les divergences au sein de l’UE sur la question libyenne.

Le président du Parlement européen avait ainsi déploré dans la journée les divisions entre la France et l’Italie en dépit de la position unitaire affichée par la diplomatie européenne.

Antonio Tajani, qui est italien, a exhorté les pays de l’Union européenne à parler d’une seule voix face au regain de violence en Libye.La France s’est opposée au projet de communiqué, qui a été rédigé à Bruxelles, via un processus qui permet à chaque État membre de l’UE de formuler des objections. L’UE va désormais s’atteler à la rédaction d’un nouveau projet de communiqué, en espérant parvenir à un consensus.

Aucun commentaire n’a pu être obtenu dans l’immédiat auprès de la mission diplomatique française.

La Libye est aujourd’hui divisée en deux, entre le GNA qui siège à Tripoli et un gouvernement parallèle, soutenu parKhalifa Haftar, qui dirige l’est du pays et qui a récemment étendu son contrôle sur le Sud.

L’Italie, ancienne puissance coloniale, est un acteur de poids dans l’industrie pétrolière libyenne et soutient le GNA.

La France, qui a également des avoirs pétroliers dans l’est de la Libye, est accusée de soutenir le maréchal Haftar, acteur selon elle incontournable de la lutte contre le terrorisme.

Une source diplomatique française a assuré lundi que Paris n’avait « aucun plan caché »concernant le rôle que doit jouer l’homme fort de l’Est libyen, réaffirmant le soutien de Paris au gouvernement Serraj.

Source Ouest-France

Algérie : autorisation de création de plusieurs partis politiques et associations

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Le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire annonce qu’elle vient d’autorisé la création de dix nouveaux partis politiques.

« Après les facilités accordées à la création des partis politiques suite à au conseil du gouvernement du 3 avril 2019, des autorisations ont été accordées à 10 formations politiques pour organiser leurs congrès constitutifs », indique le ministère dans un communiqué.

Le ministère de l’Intérieur a invité les responsables de deux autres formations à approcher les services du ministère pour « les accompagner, mais aussi faciliter les procédures administratives afin qu’ils organisent leurs congrès constitutifs ».

Le ministère de l’Intérieur, informe également l’ensemble de citoyens désirant créer un parti politique ou une association à caractère nationale ou inter-wilayal que le dépôt des dossiers se fait tous les jours de la semaine.

Cette procédure vient en application des décisions de la réunion du Gouvernement réuni le 3 avril.

Source L’Express

Djamel Zenati. L’armée doit désormais choisir entre la démocratie et le chaos

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Le plan du chef d’état-major de l’armée, c’est-à-dire la mise en œuvre de l’article 102, est entré dans sa phase finale. L’invocation de l’article 28 de la constitution pour justifier l’intrusion du militaire dans le politique ne tient pas la route. Certes, dans son alinéa 2, cet article dispose que l’Armée Nationale Populaire a pour mission permanente la sauvegarde de l’indépendance nationale et la défense de la souveraineté nationale.

Seulement, il faut juste préciser que ce n’est pas l’Algérie d’en bas qui menace la souveraineté du pays. Notre souveraineté est menacée par les accointances avec l’Etat d’Israël, les amitiés avec les émiratis, les allégeances à l’Arabie Saoudite, la convergence d’intérêts avec les blocs mondialistes, le bradage des richesses de notre sous-sol, la fuite des capitaux, les contrats mafieux, le blocage des véritables créateurs de richesses, etc.

Une autre institution du système, le parlement, vient de se soumettre à son injonction. Par ce geste, le parlement s’est déshonoré. Il a montré sa totale allégeance au chef d’état-major au mépris de la volonté populaire.

Il ne faut plus se faire d’illusion. Le risque de voir s’installer une dictature militaire n’est plus du domaine de l’hypothèse. C’est désormais un fait. L’Algérie d’en haut tente de se reconstruire en opérant un retour à l’ancien régime.
Le même scénario se répète depuis 1962. Á chaque crise, à chaque conflit, la force surgit pour trancher contre le peuple. Le système autoritaire parvient toujours à s’en sortir sans grande difficulté, sans dégât.

Même le lourd dossier de la décennie sanglante avec ses 250 000 morts, 21 000 disparus et 2 millions de déplacés s’est vite noyé dans de mystérieux accords pour être définitivement enterré à la faveur d’une réconciliation par décret, sans justice ni vérité. Il en sera peut-être de même des scandales du pillage, de la cocaïne, des détournements, accaparements et plus grave, les atteintes à la dignité des algériens et à la souveraineté du pays.

Depuis quelques jours, certaines chaînes de télévisions et autres relais du pouvoir en place ne reculent devant rien pour venir à bout du mouvement populaire. L’opinion est sans cesse sous le bombardement par le mensonge, la désinformation, la manipulation et la suggestion. Ces mercenaires s’efforcent de réduire la problématique à une petite affaire de içaba et nous expliquent que le chef d’état-major s’en occupe admirablement.

Le mot système a totalement disparu emportant avec lui toutes les thématiques populaires à l’exemple de yetnahaw gaa, la Salah la Bensalah, etc.
Cette bataille du vocabulaire dissimule en réalité un grand enjeu. Celui de la nature du conflit. Il y a une nette volonté de tout pervertir.

Aussi, il est utile de rappeler que le conflit est politique et oppose la société toute entière à un système autoritaire dans sa totalité. La démarche du chef d’état-major est porteuse de danger. Car, dans la mesure où elle ne constitue nullement une solution, elle risque de déplacer le conflit vers une opposition entre le peuple et l’armée.

Je comprends que la perspective d’une élection présidentielle dans 90 jours puisse réjouir certains et éveiller leurs appétits pour le pouvoir.

C’est d’abord une erreur d’appréciation de leur part car ils sous-estiment la capacité manœuvrière du sérail. C’est ensuite une faute stratégique car l’ambition de la mobilisation populaire est d’engager le pays dans la voie de la démocratisation et du changement radical.

L’espoir citoyen est d’une telle intensité que la déception conduirait à l’irréparable. L’institution militaire et les habitués des conclaves obscurs doivent apprécier à sa juste mesure le sens de ce moment historique.

La mobilisation populaire ne baissera pas. Persister dans l’intransigeance, le déni et la provocation ne fera que l’amplifier et la radicaliser. Vouloir en affaiblir une partie c’est prendre la responsabilité de diviser l’Algérie. Rien ne peut plus être comme avant.

Les manifestations de vendredi 12 avril 2019 doivent mettre en avant l’exigence de séparation du politique et du militaire.

Par D.Zenati

Me Mokrane Aït Larbi : « Non à la contre révolution »

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Avec l’arrivée de Ben Salah au palais d’El-Mouradia, et le maintien de Bedoui au Palais du gouvernement et de Belaiz à la tête du Conseil constitutionnel, la contre révolution entame sa phase pratique.

L’organisation de l’élection présidentielle sous les directives des experts en fraude et en corruption, et dans un délai de 90 jours, mènera inévitablement au maintien du système pour une génération au moins.

Le système résiste par tous les moyens, mais toutes ces tentatives de se maintenir trébucheront sur l’unité du peuple, désireux plus que jamais d’en finir avec le système corrompu.

Non à la confiscation de la révolution populaire et à la répétition du scénario de 1962.

Non au système corrompu.

Le chemin est long et certainement difficile, mais grâce à notre unité et à notre détermination à poursuivre notre lutte et notre révolution pacifique, nous réussirons à vaincre l’autocratie et la corruption.

Vive la révolution pacifique.

Pour le départ du système par les moyens pacifiques.

Par M.AIT LARBI

Mohand Kacioui. Réalisateur d’un documentaire sur le Congrès mondial amazigh

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– Parlez-nous un peu de votre film sur le Congrès mondial amazigh…

A travers ce film, je souhaite rendre hommage aux militants de Tamazgha. Le Congrès mondial amazigh est né de la nécessité pour beaucoup de citoyens et d’associations amazighes de se doter d’une structure de coordination et de représentation à l’échelle internationale, indépendante des Etats et des organisations politiques. Le documentaire revient sur les conditions de la naissance du CMA et sur son évolution jusqu’à son premier congrès à Tafira, dans l’archipel des Canaries.

Nous sommes allés à la rencontre des acteurs qui ont participé à la création du CMA, de ceux qui l’ont quitté et de ceux qui l’ont porté durant ses 20 années d’existence. D’une part, le documentaire s’organise autour d’entretiens avec une grande partie des protagonistes qui ont participé à la naissance du CMA et à son développement. Nous avons pu avoir accès aux nombreuses archives du CMA, constituées depuis son précongrès tenu en 1995 à St-Rome-de-Dolan, en Occitanie (sud de la France). Ces enregistrements historiques sont divulgués pour la première fois.

«Mon film est un hommage aux militants de Tamazgha»

– Comment avez-vous eu l’idée de réaliser ce documentaire ?

Comme on le constate aujourd’hui, avec l’actualité algérienne, la question amazighe reste au centre des débats. Je pense que pour avancer, il faut savoir d’où on vient, montrer tous les sacrifices des militants amazighs avant même la crise berbériste de 1949. La naissance du CMA reste, pour moi, l’un des actes fondateurs de Tamazgha. Harcelés, persécutés depuis des décennies, les militants qui travaillent à la sauvegarde et à la promotion de la civilisation amazighe ont dû affronter des Etats qui ont mis en place les moyens politiques, policiers, éducatifs et médiatiques dont ils disposent pour détruire tout lien entre les Nord-Africains et leur histoire.

Toute possibilité pour les Amazighs de se côtoyer était combattue. Tout était fait pour empêcher les Amazighs des Iles Canaries, du Rif, de l’Atlas, du Souss, de Kabylie, des Aurès, de Tunisie, de Libye ou du Sud de se rencontrer et de nouer des liens. Malgré cela, des militants de différentes régions amazighes ont cru, et croient encore, en une civilisation, une fraternité et une communauté de lutte qui dépassent ces Etats-nations qui œuvrent à imposer l’arabo-islamisme contre la vérité historique, anthropologique et la réalité actuelle de l’amazighité.

C’est pour cela que des militants ont pensé à créer une organisation transnationale qui puisse rassembler des acteurs du combat pour tamazight. Le Congrès mondial amazigh est né alors que le terrorisme islamiste frappait l’Algérie dans les années 1990, que les Touareg se rebellaient au Niger et au Mali et que la Libye et le Maroc continuaient à faire subir les humiliations les plus dures aux défenseurs de l’amazighité.

– Quelles sont vos perspectives dans le cinéma amazigh ?

Il reste tellement de choses à raconter sur tamazight et Tamazgha. Je veux faire un documentaire sur l’académie berbère, raconter cette fabuleuse histoire du drapeau berbère qui flotte aujourd’hui dans toute Tamazgha. Encore une fois, la récente actualité algérienne démontre cette présence de symboles unificateurs de Tamazgha. Raconter l’histoire du mouvement amazigh au Maroc et en Algérie. Faire parler des témoins précieux avant qu’ils ne nous quittent

 

Source , El Watan .

Maroc. Communiqué relatif aux durs jugements émis contre les détenus de la contestation populaire du Rif

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Assemblée Mondiale Amazighe

Un procès injuste et des jugements de vendetta

C’est avec atterrement et consternation que l’Assemblée Mondiale Amazighe a accueilli les durs jugements vengeurs de la cour d’appel de Casablanca en confirmant les lourdes peines, prononcé en première instance à l’encontre des détenus de la contestation populaire rifaine. Jugements qui cumulent (300 ans) trois siècles de prison ferme pour les prisonniers déplacés à Casablanca, après leur participation aux manifestations pacifiques et civilisationnelles comme en a témoigné le monde. Ceci fait suite au broyage horrible du citoyen « Mouhssine Fikri » dans la benne d’un camion d’ordures le 28 octobre 2016 et à la revendication des droits culturels, économiques et sociaux pour la population de la région du Rif qui souffre de marginalisation, d’exclusion et d’un embargo sécuritaire et économique depuis les années cinquante du siècle passé.

Au lieu du dialogue et de la prise en considération des revendications justes des manifestants et l’élan de solidarité nationale et internationale, l’Etat marocain continue malheureusement dans son obsession à opter pour une approche sécuritaire répressive, et de vendetta ! Et au moment où l’on s’attendait à un apaisement dans ce dossier juridique et ne méritant pas ces procès injustes et à la libération de tous les détenus pour entamer une véritable réconciliation avec le Rif par le biais du développement, la réconciliation et la justice transitionnelle en pansant les blessures de la population du Rif et en répondant au dossier revendicatif de la contestation qui comporte essentiellement des revendications économiques, sociales et culturelles tout en rompant avec la politique des années de plomb, nous sommes surpris de nouveau par la confirmation en appel de ces durs jugements vengeurs émis par le tribunal de Casablanca, ce vendredi 5 avril dernier à l’encontre de Naser Zefzafi et de ses compagnons, et qui, rappelant le, ont atteints plus de 3 siècles.

Ces lourdes peines qui nous replonge dans les années des atteintes graves aux droits de l’homme et les années de plomb que nous croyions révolues suite à l’institution de l’organisation Equité et réconciliation, ne peuvent être que vengeurs et méprisants pour les citoyennes et citoyens amazighes du Rif. Ils entérinent la politique de ségrégation entre les citoyens et les régions, renforçant la marginalisation et l’exclusion de la région du Rif en poussant sa jeunesse à affronter les vagues d’émigration en direction de l’Europe pour fuir la misère qui les cerne de tous les côtés en plus de la propagande relative à leur accusation de traitrise et de séparatisme qui a accompagné les manifestations populaires rifaines menée contre le Rif par différents partis politiques ! S’y joignent ces jugements iniques et vengeurs qui constituent une nette régression en matière de droit et une atteinte flagrante aux droits et libertés qui nous fait reculer de plusieurs décennies. Atteintes payées chèrement par l’Etat et dont les effets continuent à se sentir lors des rencontres internationales et auprès des organisations internationales des droits de l’homme.

L’Assemblée Mondiale Amazighe tient à remercier profondément la solidarité exemplaire des eurodéputés Miguel Urban Crespo, Kati Piri, Bart Staes, Xabier Benito Ziluaga, Lynn Boylan, Matt Carthy, Eleonora Forenza, Tania Gonzalez Penyas, Martin Hausling, Maria Heubuch, Anne-Marie Mineur, Edouard Martin, Luke Ming Flanagan, Ana Miranda, Liadh Ni Riada, Lola Sanchez Caldentey, Judith Sargentini, Estefania Torres Martinez, Kathleen Van Brempt, Marie-Christine Vergiat et Petra De Sutter d’avoir envoyé un courrier au Ministre de la Justice Mohamed Aujjar, le 2 avril afin de lui demander la libération immédiate de tous les activistes rifains comme un signal de bonne volonté.

De même, l’Assemblée Mondiale Amazighe salue fortement la solidarité, les efforts déployés et le courage exprimé du ministre des Affaires Extérieures des Pays Bas Stef Blok, qui avait même élaboré un rapport sur le Hirak du Rif, et déplore le silence incompréhensible des autres ministres des pays européens et plus particulièrement celui de France, Jean-Yves Le Drian, ceux d’Espagne Alfonso Dastis et Josep Borell et de l’Union Européenne, Mme. Federica Mogherini.

Partant de cela, l’Assemblée Mondiale Amazighe déclare de nouveau ce qui suit :

· Affirmons que ces jugements de vendetta émanent d’une justice partiale suite à des procès iniques et non équitables comme en témoignent la défense et les organisations de droit.

· Affirmons que ces jugements sont une preuve implacable inhérente à « l’apostasie juridique » et un recul en matière des droits de l’homme au Maroc qui infirme la réforme du système de la justice.

· Demandons à mettre fin à cette mascarade et à ces jugements formels et la libération immédiate de tous les détenus de la contestation rifaine ainsi que la clôture de ce dossier définitivement, le rétablissement de la justice et la revalorisation de la région du Rif et de ses populations.

· Demandons la satisfaction immédiate du dossier revendicatif de la contestation rifaine, en coupant avec la politique de vengeance et le tempérament sécuritaire dans la gestion des revendications justes et légitimes des citoyens du Rif tout en choisissant la réconciliation avec le Rif, au lieu de la politique de vengeance.

· Affirmons de nouveau que ce qui s’est passé dans le Rif est le résultat naturel et inévitable de soixante ans de marginalisation et d’exclusion, de répression et de terreur renforcées par un embargo économique qui a poussé, – et qui continue à pousser-, la population à émigrer vers l’Europe.

· Exprimons notre solidarité totale avec tous les détenus et leurs proches ainsi qu’avec toutes les populations rifaines et insistons sur la légitimité de leurs revendications et le caractère pacifique et civilisationnel de leurs manifestations.

· Renouvelons notre demande relative à l’octroi d’une autonomie politique élargie dans la gestion de leur région dans le cadre d’un Etat fédéral uni et pluriel, qui garantit le droit à une vie digne pour tous ses citoyens ainsi que leur droit de profiter de leurs richesses, en coupant avec la logique de l’Etat jacobin centralisé qui n’a contribué qu’à davantage de marginalisation et d’exclusion des zones et des régions à spécificités culturelles et linguistiques.

Appel des enfants de Mohamed Boudiaf

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Peuple Algérien,

Nous, enfants du Chahid Mohamed Boudiaf, lançons un Appel de Rassemblement autour du Projet de Société laissé par Mohamed Boudiaf, sous le mot d’ordre « L’ALGERIE AVANT TOUT ».

Peuple Algérien,

Dès son retour en Algérie, en janvier 1992, Boudiaf avait appelé à une rupture radicale avec le système, les méthodes, les pratiques et les hommes du passé ; un appel qui s’inscrit parfaitement avec le Hirak du peuple depuis le vendredi 22 février 2019, et qu’il avait souhaité dès 1963, dans son livre « Où va l’Algérie ?»

Boudiaf, l’homme visionnaire disait déjà en 1963 que « Le bouillonnement qui agite les masses algériennes prendra forme, acquerra un sens politique et donnera naissance à un mouvement puissant que n’arrêteront ni les menaces ni la répression..».

Il avait également prédit que « D’un côté il y a le système et tous le profiteurs, de l’autre les masses trompées dont la patience est à bout. Cette coupure irrémédiable ne permet plus la moindre hésitation devant le choix du parti à prendre….J’émets le vœu que cette compréhension commune nous amènera à un travail révolutionnaire commun : à savoir que la seule possibilité de changements est liée à une action des masses à partir de la base, s’opposant à l’Etat et imposant une nouvelle forme d’Etat…..»

Ainsi, il est temps plus que jamais de revenir à l’esprit de la Déclaration du 1er Novembre et renouer avec l’espoir de bâtir une Algérie sur les principes de Justice, de Liberté, de Diversité, de Savoir, de Science, de Transparence, afin de rattraper le retard accumulé depuis l’Indépendance confisquée en 1962.

Peuple Algérien,

Cet Appel vise dans l’immédiat une Assemblée Constituante, la dissolution de tous les Partis politiques, la préparation d’une loi électorale, d’une loi sur les Partis et d’une loi sur les médias. L’Assemblée Constituante fera office de Parlement durant la période transitoire, jusqu’à l’élection d’un nouveau Président de la République et de la nouvelle Assemblée Nationale, selon le principe que le peuple est la source de tout pouvoir.

Rendre au peuple son Droit dans le choix des programmes et des hommes et femmes appelés à appliquer les programmes acceptés par le peuple, a toujours été le principe fondamental de la vie de Mohamed Boudiaf, pour lequel principe il a été exilé puis tombé victime du lâche assassinat.

Gloire à nos martyrs et vive l’Algérie