
Algérie. Deux candidatures surprises pour la présidentielle du 4 juillet
Le Conseil Constitutionnel algérien a fait état dimanche de deux dossiers de candidature pour la présidentielle prévue le 4 juillet, un scrutin rejeté par le mouvement de contestation populaire et dont la tenue est toujours plus incertaine.
La situation est devenue encore plus confuse, dimanche 26 mai, en Algérie autour de la présidentielle prévue le 4 juillet, un scrutin catégoriquement rejeté par le mouvement de contestation et dont la tenue apparaît toujours plus incertaine. Le Conseil constitutionnel a fait état dimanche du dépôt de deux dossiers de candidature pour le scrutin.
Mais dans la matinée, la radio nationale avait affirmé qu' »aucune candidature » n’avait été déposée avant la date butoir de samedi soir minuit, et annoncé la tenue dans la journée d’une réunion du Conseil constitutionnel.
Ultérieurement, cette instance a toutefois indiqué dans un communiqué transmis à l’AFP avoir « enregistré le dépôt de deux dossiers, le [samedi] 25 mai 2019, auprès de son secrétariat général, de la part d’Abdelhakim Hamadi et Hamid Touahri ».
L’instance « statuera sur la validité des deux dossiers », est-il précisé. Selon la loi électorale, cela devrait intervenir dans un délai qui ne doit pas dépasser dix jours.
Candidats inconnus du grand public
Ces deux candidats ne sont absolument pas connus du grand public en Algérie.
L’Algérie est secouée depuis le 22 février par des manifestations massives déclenchées par la volonté du président Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat, malgré son âge et son état de santé.
Celui-ci a démissionné le 2 avril sous la pression de la rue et de l’armée. Mais les manifestants restent mobilisés et réclament le départ de l’ensemble du « système » au pouvoir durant les deux décennies de règne d’Abdelaziz Bouteflika. Ils rejettent la tenue d’une élection présidentielle tant que cette revendication n’a pas été satisfaite.
Ils réclament ainsi, avant tout scrutin, des structures de transition à même de garantir une élection libre et équitable.
Aucune personnalité d’envergure n’a fait publiquement acte de candidature et aucun grand parti au pouvoir ou d’opposition n’a désigné de candidat.
Le pouvoir actuel et son président par intérim Abdelkader Bensalah, désigné le 9 avril, ont dit vouloir s’en tenir aux délais constitutionnels : l’élection d’un nouveau chef de l’État dans les 90 jours suivant le début de l’intérim.
Avec AFP
Analyse. « Au Soudan comme en Algérie, les gens sont dans la rue pour réclamer leur dû démocratique »
RENDEZ-VOUS DES IDÉES. Le politiste Jean-François Bayart décrypte l’actualité des « printemps » algérien, soudanais ou encore la crise sahélienne à la lumière de l’histoire du continent.
Politiste spécialiste de politique comparée, Jean-François Bayart observe et analyse les systèmes politiques, de l’Iran à la Turquie et, surtout, en Afrique. Le continent africain est pour lui un espace de recherches comme un autre, où il s’évertue à étudier les sociétés africaines à la lumière de l’histoire précoloniale pour les analyser dans le présent, en prenant soin de se débarrasser des clichés qui polluent la pensée.
Il décrypte aussi les tendances politiques systémiques en utilisant des méthodologies de sociologue, d’historien, de politiste. Il y a trente ans, il publiait un ouvrage majeur, L’Etat en Afrique : la politique du ventre (Fayard). Aujourd’hui professeur à l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) de Genève, il vient de publier, avec les chercheurs Ibrahima Poudiougou et Giovanni Zanoletti, L’Etat de distorsion en Afrique de l’Ouest. Des empires à la nation (Paris, Karthala). Dans un grand entretien au Monde Afrique, il livre son regard sur l’actualité et revient sur les concepts qu’il a développés au cours de ses recherches.
Comment analysez-vous les mutations en cours en Algérie et au Soudan ?
Jean-François Bayart Impressionnantes, les mobilisations populaires n’ont fait que confirmer la richesse de la vie politique en Afrique et la force des attentes démocratiques. Contrairement à ce que prétendent souvent les Occidentaux qui postulent l’inadaptation du multipartisme à la « culture africaine », ou l’attachement des Arabes au culte du raïs (chef), les exemples de l’Algérie et du Soudan viennent, une fois encore, montrer le contraire. Nonobstant les accusations d’instrumentalisation par l’étranger et la répression, les manifestants tiennent bon. Les gens sont dans la rue pour réclamer leur dû démocratique.
Par ailleurs, le Soudan est depuis longtemps très vivant politiquement. Dès 1924, il a connu un grand soulèvement nationaliste contre l’occupation britannique. De même, en Algérie, le caractère militaire du régime issu de la guerre de libération nationale et le coup d’Etat de 1991, après la victoire électorale du Front islamique du salut, n’ont pas empêché la multiplication de mouvements sociaux ou culturels, y compris dans les provinces – et ce en dépit de la distribution de la rente pétrolière pour essayer d’anesthésier l’opinion.
De manière générale, les « printemps arabes » de 2011 se sont inscrits dans la continuité de grèves ou d’émeutes antérieures. En Tunisie, par exemple, le début de la fin, pour le régime de Ben Ali, a commencé en janvier 2008 avec la grande grève du bassin minier de Gafsa.
Il en va de même en Afrique subsaharienne. Toute la décennie 1950 a été marquée par de fortes mobilisations sociales et politiques, qui ont d’ailleurs souvent divisé le mouvement nationaliste, comme en Côte d’Ivoire, ou lui ont opposé des partis prêts à jouer la prolongation de la domination coloniale sans pour autant être dépourvus de toute base sociale, comme au Cameroun. A la fin des années 1980, au sein même des régimes de parti unique, une certaine libéralisation politique s’est imposée, avant que n’éclate la grande vague de revendication démocratique de 1989-1991. Aujourd’hui, des formes de mobilisation originale perpétuent cet esprit démocratique, comme les grins ouest-africains, des mouvements politico-musicaux tels que Y’en a marre au Sénégal ou le Balai citoyen au Burkina Faso, des « Parlements de rue » ou de radio comme en Côte d’Ivoire dans les années 2000 ou en Ouganda. Quoi que l’on en dise, il y a une vraie vie politique en Afrique subsaharienne, une forte participation électorale, et celle-ci engendre des alternances politiques, comme au Sénégal ou au Ghana.
Comment articulez-vous ces mobilisations avec votre concept d’« Etat de distorsion » ?
Je récuse le postulat selon lequel il y aurait une contradiction entre l’Etat importé et imposé lors de la colonisation et les représentations du politique héritées de l’histoire africaine, ce que certains nomment la « culture africaine », une notion évidemment trop générale et « orientaliste » pour être utile. Les institutions, les idéologies que la colonisation a implantées en Afrique ont fait l’objet de multiples pratiques d’appropriation, et ce dès avant l’indépendance.
Les Africains se reconnaissent dans toutes ces dimensions héritées de leur histoire. Je reprends à ce propos la notion bergsonienne de « compénétration des durées », y compris sous la forme de mémoires traumatiques : celles de l’esclavage ou de l’occupation étrangère. Mais il n’y a pas de jeu à somme nulle entre les répertoires du politique d’origine précoloniale et les répertoires nés de la colonisation ou de la période postcoloniale. Il y a des effets de composition, d’assemblage, d’hybridation, éventuellement de tensions créatrices. D’où cette fameuse « ambiguïté » de l’Afrique dont parlaient le sociologue français Georges Balandier et l’écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane. Je préfère pour ma part parler d’ambivalence.
Par exemple, les mêmes Africains qui admettent l’intangibilité des frontières coloniales les violent de manière systémique en pratiquant la contrebande, sans pour autant douter de leur appartenance nationale. Cela est vrai des jeunes « cascadeurs » qui transportent des marchandises à moto de part et d’autre des frontières, des grands commerçants qui les commanditent, mais aussi bien des ministres du commerce ou des présidents de la République et de leurs épouses, dontbon nombre sont des opérateurs majeurs de l’économie informelle, frauduleuse ou illicite. De même, la corruption est un vice unanimement dénoncé du point de vue de la démocratie, mais honorable au regard des obligations familiales ou villageoises. Et, d’une même voix, l’opinion dénonce les ingérences de la France tout en lui reprochant de ne pas renverser les dictateurs.
Dans les manifestations démocratiques actuelles, les acteurs se définissent par rapport à ces différentes durées de leur histoire. Ils revendiquent la démocratie au sens libéral du terme, mais ont aussi dans l’esprit des appartenances lignagères ou locales, des représentations de la justice ou de la liberté, des idées de la cité qui participent de temporalités plus longues que celles de la greffe de l’Etat colonial.
Que pensez-vous de la réaction des hauts responsables militaires au Soudan et en Algérie ?
C’est un processus très classique de restauration autoritaire, que nous avons déjà vu à l’œuvre en Algérie, mais aussi dans la plupart des pays subsahariens au début des années 1990. Face à une vaste mobilisation, les détenteurs du pouvoir politique et économique peuvent avoir deux réactions. Calmer le jeu en donnant « à manger », à l’instar du régime algérien au moment des « printemps arabes ». Ou tirer, comme cette même armée l’avait fait en 1988, puis dans les années 1990. Le coup d’Etat du maréchal Abdel Fatah Al-Sissi contre les Frères musulmans, en 2013, est l’archétype d’une telle restauration autoritaire.
En Algérie et au Soudan, le jeu reste donc très ouvert. Car il ne faut pas sous-estimer l’intelligence politique, la violence, le cynisme, et aussi la base sociale des régimes autoritaires ébranlés par la mobilisation démocratique. De plus, l’étranger ne sera d’aucun secours. Face à la « menace » des djihadistes et des migrants, les pays occidentaux joueront, comme auparavant, la carte de l’ordre, fût-ce au prix de la répression.
Quelles pourraient être, selon vous, les conséquences de la révolte algérienne sur la région ?
Si la révolution l’emporte et balaie le vieux système militaro-politique, ce sera une onde de choc. Le Maroc a très peur d’un éventuel afflux de réfugiés, mais aussi peut-être de perdre son vieil ennemi complémentaire, si commode pour légitimer sa politique au Sahara. Alger a toujours rêvé d’être l’hégémon de l’Afrique, mais son ambition se heurte à celles du Maroc et de l’Egypte. En outre, son attitude par rapport au djihadisme a été ambivalente. Elle a externalisé dans le Sahel ses propres djihadistes, après sa guerre civile des années 1990. Elle est un peu à l’Afrique de l’Ouest ce que le Pakistan est à l’Asie du Sud. Si une vraie révolution démocratique renverse le régime politico-militaire en place depuis l’indépendance, l’Algérie peut redevenir un pôle de soft power d’envergure continentale, comme elle l’était, sur un mode révolutionnaire et tiers-mondiste, dans les années 1960-1970.
Qu’est ce qui a changé depuis la théorisation de votre concept de la « politique du ventre » en Afrique francophone, il y a trente ans ?
Etant entendu que ce concept de « politique du ventre » ne désigne pas une culture politique, mais une forme historique de gouvernement, de « gouvernementalité » aurait dit Foucault, il reste à mon avis pertinent, même si nous essayons de l’affiner dans L’Etat de distorsion. Sous le couvert du djihad, dans le Sahel, se déroule en réalité une guerre agraire dans le contexte d’accumulation primitive de capital, notamment foncier, et d’accroissement des inégalités sociales dont l’Etat est le vecteur, depuis la colonisation. L’enjeu des mobilisations démocratiques actuelles porte sur la reproduction, ou au contraire l’inflexion, de l’économie politique de cet Etat. Les djihadistes du Sahel ou de Boko Haram sont moins l’expression de l’islam – celui-ci est divisé, et certaines de ses autorités spirituelles sont les premières victimes de ces mouvements armés – que celle de la révolte des subalternes contre l’iniquité d’un Etat et d’un « développement » qui les a rejetés dans la misère. Les groupes djihadistes leur fournissent une cause, une dignité, des ressources, et même des femmes, bien que ce soit horrible de le reconnaître. Sur tous ces points, l’Etat dit de droit n’a rien à donner, et même tout à reprendre, du fait de sa violence et de son injustice, que la libéralisation économique a aggravées.
L’un des avantages comparatifs des djihadistes a précisément trait à la justice qu’ils rendent sur le terrain. Elle est compréhensible, non corrompue, rapide, parfois brutale – mais pas plus que celle de l’Etat qui, elle, s’exerce en français, une langue que ne maîtrisent pas les petites gens, qui est lente, et inféodée aux intérêts dominants par le biais de l’argent. Il faut bien voir que, pour une tête coupée, les cadis [les juges] intégrés à l’ordre djihadiste rendent des milliers d’arbitrages fonciers selon une logique de justice de proximité.
Sous la protection de « Barkhane » et du fantomatique G5 Sahel, les tenants de l’Etat continuent de « manger » à grandes dents. Donc oui, la « politique du ventre » est plus que jamais à l’ordre du jour. Faute d’en comprendre les arcanes, les interventions militaires étrangères contribuent à sa reproduction, et même à sa radicalisation, en lui fournissant de nouvelles ressources. A voir la mansuétude dont les présidents du Tchad, Idriss Déby, et du Cameroun, Paul Biya, bénéficient à Paris, du fait de leur engagement dans la lutte contre les djihadistes depuis 2014, on comprend l’enthousiasme avec lequel ils s’y sont prêtés. Leur bon vouloir leur permet d’écraser en toute impunité leur opposition, et toute forme de dissidence politique, sociale, religieuse, sexuelle.
Ces mouvements djihadistes ne révèlent-ils pas aussi la faillite de l’Etat central sur les questions sociales, religieuses et politiques ?
L’irruption des djihadistes, c’est le retour de boomerang des programmes d’ajustement structurel introduits dans les années 1980 par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Le démantèlement des services publics, la réduction de l’aide au développement des pays occidentaux ont coïncidé avec l’explosion des revenus pétroliers des monarchies conservatrices du Golfe, qui ont financé écoles et hôpitaux. Ces dernières sont devenues un nouveau pôle de soft power, alors que déclinait l’aura de l’Europe, devenue chiche, hypocrite quant à ses idéaux démocratiques, hostile à l’immigration et à la présence des étudiants africains sur son sol.
Par ailleurs, le marxisme est passé de mode. Il ne reste plus que deux offres idéologiques crédibles : celle de l’islam, éventuellement salafiste ou djihadiste, et celle de la Chine. Et quant à l’islam, il ne faut pas s’y méprendre. Etre salafiste ou djihadiste n’a rien d’obscurantiste ni de traditionaliste. C’est s’inscrire dans la globalisation, voire la consommation, et c’est rompre avec la tradition, celle de la famille, du lignage, du village, de l’ethnie. Le pentecôtisme, lui aussi très dynamique, propose d’ailleurs une offre anti-traditionaliste et globale symétrique.
Les violences dans le centre du Mali ont coûté la vie à au moins 500 civils depuis 2018 selon les Nations unies. Des associations militantes utilisent le terme de « génocide » pour interpeller sur les violences exercées contre les Peuls. Cela vous semble-t-il approprié ?
Ce que l’on sait, c’est que le nombre de victimes de violences est exponentiel. Aujourd’hui, on meurt plus au Mali qu’avant l’intervention française de 2013. Mes confrères Ibrahima Poudiougou et Giovanni Zanoletti mettent en garde contre toute lecture ethnique de la violence en rappelant que ce n’est pas un conflit entre Peuls et Dogon, mais entre des Peuls et des Dogon. Certains crient au génocide et invoquent le précédent du Rwanda, d’abord parce qu’aujourd’hui un massacre n’est pris au sérieux que s’il est qualifié de génocidaire, ensuite parce que coexistent au Mali, comme au Rwanda en 1994, une force française et une force de l’ONU. Cette similitude ne suffit pas à étayer le caractère génocidaire de la violence. Celle-ci est d’abord agraire et elle ne prend pas la forme d’une purification ethnique, en dépit de la montée d’un discours anti-peul dans toute l’Afrique de l’Ouest. Il n’y a même pas de corrélation systématique entre l’appartenance ethnique et l’activité économique ou le mode de vie. On peut être dogon et posséder des bêtes, ou peul et agriculteur sédentaire. Et, comme le montre Giovanni Zanoletti, dans un même troupeau, il y a des bœufs qui appartiennent à des nomades, à des agriculteurs, à des fonctionnaires, à des commerçants… et aussi à des djihadistes ou à des trafiquants. Au fond, le troupeau est le vrai lieu, sinon de la réconciliation, du moins de la conciliation nationale !
Source Le Monde
Algérie. Le dangereux entêtement du commandement militaire
Le commandement militaire s’entête à vouloir organiser des élections alors que le peuple n’en veut pas. Cette obstination est dangereuse et porte les germes d’éventuels dérapages.
Le commandement militaire doit comprendre qu’il ne peut plus faire ce qu’il veut contre la volonté du peuple. L’époque où il désignait lui-même les présidents est révolue définitivement. Il n’y aura pas d’élections tant que le peuple n’en voudra pas.
Dit clairement, il n’y aura pas d’élections sans passer par une phase de transition démocratique pour remettre le pouvoir aux civils.
Arrêtez vos manœuvres, vos manipulations. Cela fait 57 ans que vous êtes au pouvoir. En trente ans, entre 1962 et 1992, vous avez mené le pays à une guerre civile, vous avez tué, torturé, fait disparaître des milliers de personnes. Vous avez ensuite ramené Bouteflika, vous l’avez protégé, lui et son clan, durant 20 ans pendant qu’il ruinait ce pays dilapidant ses richesses sous votre protection.
Aujourd’hui, alors que le peuple fait sa révolution pacifique et exige un état civil et une nouvelle république, vous répondez par la ruse en jouant le pourrissement. Vous vous accrochez au pouvoir comme des sangsues et refusez de le rendre à son légitime détenteur. En refusant toutes les solutions proposées, soit par les politiques, soit par la société civile ( il y en a des dizaines) vous défiez le peuple et sa révolution pacifique.
En agissant ainsi vous choisissez vous-même de finir dans la poubelle de l’histoire exactement comme celui que vous avez protégé pendant 20 ans.
La révolution pacifique ne fait que commencer !
Par Yahia Bounouar
France. Des collectifs et des organisations appellent à un rassemblement devant l’Ambassade d’Algérie
Conférence R.I. Le changement en Algérie entre la volonté populaire et le droit constitutionnel
Riposte internationale.
– conférence débat à Royal-Est à Paris.
Le changement en Algérie entre la volonté populaire et le droit constitutionnel.
Riposte internationale a organisé l’après-midi du samedi 18 mai 2019 une conférence au Royal-Est à Paris animée par Monsieur Guy Larderyert, politologue et président de l’institut pour la démocratie sous le thème : le changement en Algérie entre la volonté populaire et le doit constitutionnel, débat dirigé Par Mr Hakim Taibi vice-président de ladite ONG.
Comment sortir de cette impasse que vit actuellement la société algérienne ? C’est la question fondamentale à laquelle le politologue a tenté de répondre en insistant su la nécessité du dialogue entre l’armée détentrice du pouvoir réel et les représentants de la société civile.
Certains pays comme la France peuvent agir dans la discrétion pour pousser l’armée à œuvrer un débat avec l’opposition pour éviter une explosion car la déstabilisation de l’Algérie affectera tous les pays de l’Afrique du Nord et de la méditerranée, le politologue, Guy Larderyert a insisté sur la nécessité d’un débat entre les deux protagonistes pour en arriver à des élections législatives et l’adoption d’une autre constitution car l’actuelle constitution concentre tous les pouvoirs dans les mains du président en la qualifiant de constitution autoritaire qui ne peut donner naissance à un pouvoir démocratique.
Le politologue Guy Lardeyert suggère une création d’un comité composé de trois civiles qui représenteront la société civile et les trois militaires qui représenteront l’armée. En effet, Monsieur Lardeyert pense que l’armée pourra jouer un rôle positif dans la sortie de cette impasse en évoquant le cas de la Turquie (début de la décennie 1970 où un président militaire l’a fait sortir de la crise politique qu’elle a vécue).
L’assistance a insisté sur la volonté du peuple à faire dégager tous les représentants du régime y compris les chefs militaires. Ces derniers étaient au pouvoir depuis l’indépendance et qui sont complices dans l’échec économique et la ruine de la société algérienne.
En outre, le général Gaid Salah ne peut être la solution pour la crise du pouvoir ni un acteur qui pourra aider à la construction d’un pouvoir démocratique. A travers ses agissements, il ne cherche qu’à pérenniser et protéger système.
Par Mamart Arezki
Bruxelles. La diaspora algérienne organise un débat citoyen sur l’Algérie
Algérie. On va vers la destitution de Mouad Bouchareb de l’APN
Rien ne va plus pour l’ancien coordinateur du FLN. Mouad Bouchareb qui a pris le pouvoir à l’APN à l’issue d‘un putsch scientifique, en octobre dernier, risque de le perdre piteusement. Ses jours au perchoir sont comptés.
L’attaque est venue Mohamed Djemaï, installé il y a quelques semaines à la tête du parti FLN. Une réunion a eu lieu ce jeudi matin avec les parlementaires du parti. Le sujet de ce conciliabule ? La destitution de Mouad Bouchareb. Mais avant tout un travail de lobbying politique a balisé le travail de dégagement de celui qui qualifiait Bouteflika « d’Abraham ».
Une pétition pour réclamer la destitution du président de l’APN est signée par les députés du FLN et de certains autres appartenant à d’autres partis comme le RND (lui-même en plein crise), Taj d’Amar Ghoul, et le MPA d’Amara Benyounès. En clair le trio qui a constitué l’alliance qui a avalisé toutes les décisions de Bouteflika et son clan.
Il y a quelques jours Saïd Bouhadja, débarqué par justement Mouad Bouchareb avec le soutien de la coalition et en sous-main par Saïd Bouteflika, a émis le voeu de reprendre sa place au perchoir.
Mais derrière cette lutte de position demeure la question de l’utilité d’une APN qui n’a plus de sens en cette période de crise politique.
Source Le Matin D’Algérie
Algérie. Contre-révolution sur les réseaux sociaux, alerte aux «mouches électroniques»
L’élection du 4 juillet ou le chaos. C’est ce qui est véhiculé ces derniers jours, avec fracas, par des facebookers qui ont décidé de soutenir le processus électoral en cours. Majoritairement anonymes, ceux-là fustigent tous ceux qui plaident pour une transition ou critiquent les positions du chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah.
«Celui qui ne vote pas le 4 juillet est un ennemi de l’Algérie, un agent de la France», «Celui qui est contre Gaïd est avec la France», «La transition, c’est la feuille de route de la France», «les Franco-zouaves sont avec la transition» sont autant de slogans lancés pêle-mêle sur différentes pages avec des attaques plus accentuées à l’endroit des chefs et des personnalités politiques défendant l’option de la transition.
Ce sont ces facebookers qui sont identifiés comme étant des «mouches électroniques», des «agents» recrutés par des cercles «occultes» afin d’investir les réseaux sociaux pour tenter de provoquer des divisions au sein du hirak en s’appuyant sur les sensibilités et divergences qui existent dans la société. Et cette «contre-révolution» ne date pas d’hier.
Il y a quelques semaines, il y a eu des attaques massives contre le drapeau amazigh. Un faux communiqué de la police interdisant cet étendard lors des manifestations du vendredi a même été diffusé sur les réseaux sociaux avant qu’il ne soit, aussitôt, démenti par la DGSN.
Une campagne qui s’est soldée par un échec, puisque le drapeau amazigh est resté présent dans différentes marches à travers le territoire national. Aujourd’hui, c’est l’élection présidentielle du 4 juillet et le chef d’état-major de l’ANP qui sont utilisés par ces «trolls».
Pour l’expert et consultant en télécom, Younes Grar, l’importance du rôle joué par les réseaux sociaux dans le mouvement populaire actuel, permettant, entre autres, aux jeunes de discuter entre eux, d’écouter des personnalités politiques ou des spécialistes, et de se faire une opinion par la suite, fait que les cercles au pouvoir réagissent. Et cela se fait via ces «mouches électroniques».
De quoi s’agit-il exactement ? Notre interlocuteur explique qu’il est question «de se ruer sur des pages très suivies, dirigées par des militants et autres activistes et essayer de les pirater pour changer leur contenu». Ce qui a été déjà fait. Dans le cas où ce n’est pas possible, ces «mouches» se contenteront «d’investir la page en question et de déverser des tonnes de commentaires subversifs».
Cela devient encore plus flagrant lorsque, sur une page donnée, c’est le même message (commentaire) qui est balancé par plusieurs personnes en un laps de temps assez court. Là ce sont souvent des logiciels, ajoute le spécialiste, qui sont mis à contribution.
Grar émet à cet effet une possibilité. D’après lui, la «contre-révolution» existe bel et bien et il y a de fortes chances que «le même réseau», qui s’est appuyé sur une boîte de communication qui avait recruté des jeunes au début du hirak, travaille aujourd’hui «pour un autre clan».
Beaucoup de profils anonymes
Les militants du hirak ont remarqué que dans la majorité des cas, ces «mouches» sont anonymes. Il n’y a pas de photo du titulaire du compte, et son nom est généralement un pseudonyme. Leurs comptes sont également soit récents, créés il y a tout juste un ou deux mois, soit vides. Bien évidemment, cela ne veut pas dire que tous ceux qui ont un avis contraire sont des «mouches».
Il se pourrait qu’il y ait des personnes qui défendent «sincèrement» l’option de l’élection présidentielle du 4 juillet par exemple. Mais ceux-là généralement acceptent le débat contradictoire et ne procèdent pas à la diabolisation de tous ceux qui soutiennent la transition, comme c’est le cas avec ces autres «professionnels».
L’objectif de ces derniers est bien évidemment de provoquer des clivages au sein du mouvement. «Ils sont arrivés jusqu’à dire que les gens qui sont sortis vendredi dernier durant le Ramadhan ne font pas carême», a déclaré, il y a trois jours, l’activiste politique, Abdou Bendjoudi, sur Radio M. Lui aussi est affirmatif : «Il y a des milliers de faux profils sur Facebook utilisés pour provoquer des divisions.» «A l’endroit des islamistes, ils parlent de laïcité, pour les berbéristes, ils évoquent l’arabité…», constate-t-il.
Une contre-révolution sans effet jusque-là
Cette «contre-révolution» a-t-elle produit des effets sur le hirak ? Comme lorsqu’il y a eu une campagne contre le drapeau amazigh, aujourd’hui encore le peuple a continué à sortir dans la rue, malgré toutes ces polémiques et attaques. «Les mouches sont en état de choc. Deux semaines de boulot parties en fumée.
S’ils continuent comme ça, ils subiront des réductions sur salaire», a ironisé, avant-hier, un facebooker après avoir vu les images des manifestations des étudiants à travers plusieurs villes du pays, notamment dans la capitale. «Quand on regarde leur présence sur Facebook, on croirait qu’ils sont des millions, mais vendredi, on les a cherché partout, en vain.
Donc, il ne faut pas avoir peur du terrorisme électronique qui sévit sur Facebook, il n’a aucune existence dans la rue», a affirmé Bendjoudi. Pour Grar, le fait que ces «mouches» ne sont pas retrouvées sur le terrain démontre que «ce sont de faux profils qui ne défendent pas leurs idées par conviction».
Mais la contre-révolution ne s’arrête pas là. Certaines tentations répressives resurgissent de temps à autre. Des journalistes de médias publics ayant pris parti avec le mouvement populaire sont sanctionnés, des conférences empêchées, un chef de parti politique qui s’attaque à une région du pays, des appels anonymes, non assumés, juste des pseudonymes, sont lancés pour des manifestations de soutien à l’élection du 4 juillet, un ministre qui reprend les mêmes éléments de langage présents dans les attaques contre les partisans de la transition… Tout est fait pour faire peur et essayer de provoquer des divisions au sein du mouvement.
Mais jusque-là, tous ces stratagèmes se sont avérés sans résultat sur le cours des événements. Certains avaient misé sur l’essoufflement du mouvement, surtout avec l’arrivée du Ramadhan. Ce ne fut pas le cas. Les Algériens sortent toujours en masse, comme c’était le cas vendredi dernier.
Beaucoup d’appels sont lancés en prévision de vendredi prochain (demain), le deuxième de ce mois de Ramadhan, pour ré-exprimer les mêmes revendications (départ du système, rejet d’élection du 4 juillet…) et afficher l’union entre toutes les franges de la société. C’est aussi une occasion pour répondre à toutes ces «mouches»…
Par Abdelghani Aichoun
Source ElWatan











