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lundi 9 mars 2026
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France-Algérie : prisonniers de l’Histoire, otages de la géographie

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Macron Tebboune

Il y a des relations qui ressemblent à un vieux couple incapable de divorcer. Entre la France et l’Algérie, la rupture officielle date de 1962, mais l’ombre de l’autre plane toujours, comme un fantôme qui refuse de disparaître. 

L’Histoire a forgé un lien indélébile, la géographie a imposé une proximité inévitable, et la géopolitique complique encore plus la situation. Prisonniers du passé, otages du présent, les deux pays avancent sans jamais vraiment se libérer l’un de l’autre.

Soixante-trois ans après l’indépendance algérienne, le passé colonial continue d’empoisonner la relation. En France, l’Algérie reste un sujet inflammable, instrumentalisé à chaque élection pour flatter les bas instincts identitaires. En Algérie, la France est un coupable tout trouvé, un exutoire commode pour expliquer les blocages internes, la corruption et les crises économiques.

La guerre d’Algérie (1954-1962) a laissé des cicatrices profondes, des deux côtés de la Méditerranée. Les massacres de Sétif (1945), les tortures de la Bataille d’Alger (1957), les exécutions sommaires et les pieds-noirs déracinés sont autant de fantômes qui ressurgissent à la moindre tension diplomatique. La France peine à assumer son passé colonial, et l’Algérie peine à exister sans lui.

On parle de « réconciliation », de « travail mémoriel », mais à chaque crise, les vieilles blessures sont réouvertes avec enthousiasme. Un mot de trop d’un président français, une commémoration maladroite, et la mécanique de la rancœur se remet en marche. Ce n’est pas une relation, c’est une scène de ménage éternelle.

La Méditerranée est un détroit bien étroit quand il s’agit de relations internationales. L’Algérie est trop proche pour que la France l’ignore, trop loin pour qu’elle l’intègre pleinement dans sa sphère d’influence. Des millions de Franco-Algériens assurent un pont humain indestructible entre les deux rives, qu’on le veuille ou non.

Côté économique, la France reste un acteur de poids, mais elle est concurrencée par la Chine, la Turquie et la Russie, qui avancent leurs pions sans état d’âme. Côté énergétique, Paris fait mine de diversifier ses approvisionnements, mais quand le gaz algérien devient stratégique, on ravale les tensions diplomatiques. Côté migration, l’Algérie est autant un pays d’exil qu’un levier de pression politique.

Impossible de couper le cordon : la géographie force à coexister.

Pendant que Paris et Alger se livrent à leur ballet d’amour-haine, d’autres avancent leurs pions. La Chine investit massivement en infrastructures, la Turquie conquiert les esprits par la culture et le commerce, la Russie renforce ses liens militaires. L’Algérie, qui revendique haut et fort son indépendance, est de plus en plus courtisée par ces nouveaux acteurs.

Et la France ? Elle regarde, elle râle, elle s’accroche à ce qu’il lui reste, mais elle recule. L’Afrique était son pré carré, elle devient son casse-tête. Au Sahel, ses bases ferment une à une, et l’Algérie, en bonne stratège, joue la carte du non-alignement, profitant de la déconfiture française pour renforcer sa posture régionale.

France et Algérie sont condamnées à se supporter. Trop d’intérêts, trop d’histoires, trop d’humains les lient. Mais tant que les deux camps resteront prisonniers du passé et incapables d’assumer une relation apaisée, le cercle vicieux continuera.

Au final, la relation franco-algérienne n’est qu’un éternel jeu de dupes, où chacun fait semblant d’avancer tout en regardant en arrière. Tous deux se tiennent par la barbichette, personne ne veut retirer le masque pour dévoiler à la face du monde leurs visages hideux qu’ils cachent à leurs populations respectives.

Comme le disait si bien Friedrich Nietzsche : « Celui qui combat des monstres doit prendre garde à ne pas devenir monstre lui-même. Et si tu regardes longtemps dans l’abîme, l’abîme regarde aussi en toi. »

Et si, à force de se déchirer, Paris et Alger étaient devenus les reflets monstrueux l’un de l’autre ?

Dr A. Boumezrag

Le procès en appel de Fethi Ghares et Messaouda Cheballah renvoyé

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Fethi Ghares, Messaouda et Me Sadat

La Cour d’Alger chambre pénale a renvoyé, selon Me Fetta Sadat, le procès en appel concernant Fethi Ghares, coordonnateur national du parti MDS (suspendu par décision de justice) et de Messaouda Cheballah, membre du bureau national du parti MDS (suspendu par décision de justice) au 16 avril 2025.

« L’appel concerne un jugement rendu par le tribunal de Bab El Oued en date du 19/01/2025 ayant condamné Fethi Ghares à une peine de un an de prison ferme et 200000 da d’amende.

En outre Fethi Ghares a été condamné sur le plan civil à faire valoir à l’agent judiciaire du trésor (AJT) la somme de 100000 da à titre de réparation et un da symbolique à faire valoir au président de la république à titre de réparation.

Ce même jugement a condamné Cheballah Messaouda à une peine de 06 mois de prison avec sursis et 100000 da d ‘amende ferme.

Au civil, Cheballah Messaouda a été condamnée à faire valoir à l’agent judiciaire du trésor (AJT) la somme de 100000 da à titre de réparation.

Le tribunal a, en outre, ordonné la confiscation des objets saisis, à savoir deux téléphones portables.

A noter que Fethi Ghares est poursuivi pour publication et propagation de fausses informations de nature à porter atteinte à la sécurité publique et à l’ordre public, diffusion d’un discours de haine et offense au président de la république.

Messaouda Cheballah est quant à elle poursuivie du chef de complicité dans l’accomplissement des faits précités.

A noter aussi que ces 02 militants politiques sont toujours soumis au régime du contrôle judiciaire », rapporte Me Fetta Sadat sur sa page Facebook.

Le tribunal administratif de Nantes annule la décision de refus de visa du Consul général de France à Alger

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Consulat de France à Alger

Par deux requêtes et des mémoires, enregistrés sous les numéros 2316076 et 2316081, les 26 octobre, 21 novembre et 1er décembre 2023 et le 19 janvier 2024, M. JN et Mme BN, ont demandé au tribunal administratif de Nantes d’annuler la décision du 19 septembre 2023 par laquelle le sous-directeur des visas a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 13 juin 2023 de l’autorité consulaire française à Alger (Algérie) refusant de leur délivrer un visa de court séjour pour visite familiale, ainsi que cette décision consulaire et d’enjoindre au ministre de l’intérieur et des outre-mer de faire délivrer ce visa, à défaut, de réexaminer sa demande. 

Ils soutiennent que les décisions attaquées ne sont pas motivées, le motif opposé par la décision consulaire tiré de ce qu’il existe des doutes raisonnables quant à la fiabilité, l’authenticité des documents présentés ou la véracité de leur contenu est erroné et la décision du sous-directeur des visas est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation, dès lors qu’il n’existe aucun risque de détournement de l’objet du visa sollicité à des fins migratoires.

Il est porté atteinte à leur droit de mener une vie privée et familiale au sens de l’article 8 de la convention européenne des droits de l’homme, de l’article 12 de la déclaration universelle des droits de l’homme et de l’article 9 du code civil. 

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2024, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens soulevés par M. JN et Mme BN ne sont pas fondés. 

M. JN et Mme BN, ressortissants algériens nés en 1960 et 16 juin 1961, ont sollicité des visas de court séjour, pour visite familiale, auprès de l’autorité consulaire française à Alger (Algérie), laquelle a rejeté leurs demandes le 13 juin 2023. Par une décision du 19 septembre 2023, dont M. JN et Mme BN, demandent l’annulation, le sous-directeur des visas a rejeté le recours formé contre ces décisions consulaires. 

Aux termes de l’article 21 du règlement (CE) du 13 juillet 2009 du Parlement européen et du Conseil établissant un code communautaire des visas : « 1. Lors de l’examen d’une demande de visa uniforme, (…) une attention particulière est accordée à l’évaluation du risque d’immigration illégale (…) que présenterait le demandeur ainsi qu’à sa volonté de quitter le territoire des États membres avant la date d’expiration du visa demandé ». Aux N° 2316076, 2316081 4 termes de l’article 32 du même règlement : « 1. (…) le visa est refusé : (…) b) s’il existe des doutes raisonnables sur (…) la fiabilité des déclarations effectuées par le demandeur ou sur sa volonté de quitter le territoire des États membres avant l’expiration du visa demandé (…) ». 

Il ressort des pièces du dossier que M. JN dirige une entreprise d’importexport depuis l’année 2015, que Mme BN gère une société destinée au transport de marchandises depuis l’année 2005 et qu’elle est propriétaire de nombreux biens mobiliers et immobiliers en Algérie. Dès lors, ils justifient disposer d’attaches matérielles dans leur pays d’origine.

Par ailleurs, ils établissent avoir bénéficié de plusieurs visas « multicirculation » entre les années 2015 et 2022. S’il n’est pas contesté par Mme B.N. qu’elle n’a pas respecté les délais de retour de son dernier visa en janvier 2022, il ressort des pièces du dossier qu’elle a été contaminée par le virus de la covid-19, ainsi que l’a fait apparaître le test effectué le 24 décembre 2021, soit trois jours avant le vol qu’elle avait prévu de prendre pour retourner en Algérie avec son époux et qu’elle n’a pu quitter le territoire français que le 7 mars 2022.

Cette circonstance, exceptionnelle, qui présente un caractère isolé, est sans incidence sur l’appréciation de l’intention de M. JN et Mme BN de détourner l’objet des visas sollicités à des fins migratoires. 

Dans ces conditions, le sous-directeur des visas a entaché sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation, en rejetant, pour ce motif, les recours formés par M. JN et Mme BN contre le refus de visa qui leur a été opposé. 

Le tribunal a estimé qu’ « il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que M. ‘JN’ et Mme ‘BN’ sont fondés à demander l’annulation de la décision attaquée. » 

Eu égard au motif d’annulation retenu, l’exécution du présent jugement implique nécessairement que des visas de court séjour soient délivrés à M. JN et à Mme BN.

Par suite, il y a lieu d’enjoindre au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, de faire délivrer les visas sollicités dans un délai de deux mois suivant sa notification. 

Références : Jugements numéros 2316076 et 2316081 en date du 10 février 2025 de la 9ème Chambre du tribunal administratif de Nantes

Me Fayçal Megherbi, avocat à la Cour 

Communiqué de la famille de Chérif Mellal

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Cherif Mellal

Aujourd’hui marque le 8ᵉ jour de la grève de la faim illimitée entamée par Chérif Mellal pour contester une détention qu’il considère injuste et une procédure entachée d’irrégularités. Depuis plus de 26 mois, il est privé de sa liberté dans des conditions préoccupantes.

Nous, sa famille, exprimons notre inquiétude profonde face à la dégradation de son état de santé et appelons les autorités compétentes à examiner sa situation avec la plus grande attention. Chérif Mellal et ses avocats estiment que certains éléments du dossier sont contestables, et une plainte a été déposée pour que ces aspects soient clarifiés en toute transparence.

Cette affaire touche non seulement Chérif Mellal et sa famille, mais pose aussi la question du respect des droits fondamentaux et des principes de justice. Nous appelons toutes les institutions et toutes les personnes capables d’agir à veiller à ce que ses droits soient respectés et que son dossier soit traité dans un cadre équitable et impartial.

Chérif Mellal a adressé une lettre au ministre de la Justice et au président de la République, en tant que premier magistrat du pays, afin d’alerter sur sa situation.

Nous remercions toutes les personnes qui manifestent leur soutien et leur solidarité. Notre seul objectif est que toute la lumière soit faite et que cette affaire soit traitée avec justice et intégrité, dans le strict respect des principes de l’État de droit.

La famille de Cherif Mellal

Ineǧǧaren

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Village

Xali Aḥmed At Lmehdi d Xali Nafaε At Hmidduc si taddart n Buεidel (ad sgunfun di talwit), d ineǧǧaren. Nneǧren tirbuyin, tiqedḥin, tikeckuyin, lemterdat… Yiwen wass uɣen yiwet n teslent di taddart n Tizi-Usamer, ruḥen ɣeḍlentt. Xedmen alarmi tameddit, dayen εyan, yedda fell-asen lḥal. Xali Aḥmed inṭṭeq ar Xali Nafaε, yenna-yas :

-Ruḥ ziɣ a Nafaε, inna-s i lamin n taddart-a ma ulac uɣilif, a nngen di lǧamaε agi nnsen iḍ agi.

Xali Nafaε, ssya ɣer da keččment-as s iger. Iṛuḥ ar Lamin, yerra fell-as slam, yenna-yas:

-Ma yehda-k Ṛebbi ad ɣ tanfeḍ a neṭṭes iḍ agi di lǧamaε agi nnwen.

Yemuql-it-id lamin-nni, yenna-yas-d :

-Tettẓalem?

-Bien sur nettẓalla!

S wudem-nni swayes i s-yerra Xali Nafaε, Lamin-nni ur iqenneε-ara, dɣa yesqsa-t-id:

-Acḥal n rrekεat yellan di lmeɣṛeb?

-Rrbaεṭṭac!

-Yah a yamskaddab! Trezem-iyi tkkuffaṛt ur t-sarsem idis-nnwen dagi.

Yuɣal-d ɣer Xali Aḥmed, yenna-yas :

-Awah, yugi!

-Amek akka yugi, si melmi akka taddart Leqbayel tettagi i wemsebrid, neɣ i waεṭṭaṛ ad ines di lǧamaε? D acu i s-tenniḍ εni?

-Ulac, d netta iyi d-yesteqsan, yenna-yi-d acḥal n rrekεat yellan di lmeɣṛeb, nniɣ-as rrbaεṭṭac!

-A k-icemmaε Ṛebbi a Nafaε! Yak lmeɣṛeb tlata rrekεat kan i tesεa!

-Ruḥ a Yezzi Ḥmed, ruḥ! Nekk nniɣ-as rrbaεṭac n rrekεat yugi, keččini tura s tlata a d-yeqbel! Wa ttannint-ak tsekkrin ay Zi Ḥmed!

Ahmed Aït Bachir

Accord franco-algérien : le tribunal administratif de Melun annule la décision de la préfecture de Seine et Marne

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Préfecture de Melun

Par deux requêtes enregistrées le 17 mars 2023 sous le n°2302671 et le n°2302673 et quatre mémoires complémentaires enregistrés le 28 mars 2023 et le 4 mars 2024, Mme JK et M. FK ont demandé au tribunal administratif de Melun d’annuler l’arrêté du 20 février 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a refusé la délivrance d’un titre de séjour, les a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés à l’issue de ce délai et d’enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de délivrer à Mme JK et M. FK deux certificat de résidence de dix ans au titre de l’« ascendant de français à charge », dans le délai d’un mois à compter du jugement à intervenir, sous une astreinte de 200 euros par jours de retard.

Ils soutiennent que s’agissant, d’abord, de la décision de refus de délivrance d’un titre de séjour : elle méconnaît le b) de l’article 7 bis de l’accord franco-algériens du 27 décembre 1968 dès lors qu’ils sont entrés en France par la Belgique et qu’ils ne peuvent leur être reprochés une absence de visa, qu’ils étaient en situation régulière lors de sa demande de titre de séjour et qu’ils sont effectivement à charge de son fils français et méconnaît l’article 6-5 de l’accord franco-algériens du 27 décembre 1968 ainsi que les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. 

La décision préfectorale est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. 

En deuxième lieu, s’agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français : elle est illégale en raison de l’illégalité de la décision de refus de titre qu’elle assortit et méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. 

Par un mémoire en défense enregistré le 19 février 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet des deux requêtes. Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme JK et M. FK ne sont pas fondés. 

M. FK, ressortissant algérien, né en 1940 en Algérie et Mme JK, ressortissante algérienne née en 1949 en Algérie, ont sollicité la délivrance d’un certificat de résidence sur le fondement du b) de l’article 7 bis de l’accord franco-algérien. 

Par deux arrêtés du 20 février 2023, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés à l’issue de ce délai. 

Par les deux requêtes déposées auprès du Tribunal administratif de Melun, M. FK et Mme JK demandent l’annulation de ces deux arrêtés. 

Aux termes de l’article 7 bis de l’accord franco algérien susvisé : « (…) Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : / (…) b) À l’enfant algérien d’un ressortissant français si cet enfant a moins de vingt et un ans ou s’il est à la charge de ses parents, ainsi qu’aux ascendants d’un ressortissant français et de son conjoint qui sont à sa charge (…) ». 

L’autorité administrative, lorsqu’elle est saisie d’une demande tendant à la délivrance d’un certificat de résidence au bénéfice d’un ressortissant algérien qui fait état de sa qualité d’ascendant à charge d’un ressortissant français, peut légalement fonder sa décision de refus sur la circonstance que l’intéressé ne saurait être regardé comme étant à la charge de son descendant, dès lors qu’il dispose de ressources propres, que son descendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins, ou qu’il ne justifie pas des ressources nécessaires pour ce faire. 

Il ressort des pièces du dossier que M. FK perçoit une retraite de 58 335 dinars par mois, ce qui est supérieur au montant du salaire national minimum garanti algérien fixé, depuis le 1er juin 2020, à 20 000 dinars par mois. Il n’est par ailleurs pas démontré que les époux ne disposaient pas ainsi de ressources propres d’un montant suffisant pour leur assurer une indépendance financière et assurer leurs besoins en Algérie. 

En outre, les cinq ordres de virement de leur fils à leur bénéfice effectué entre janvier 2019 et avril 2019 d’un montant total de 1850 euros et les ordres de virement de leur fille à compter de décembre 2019 ne permettent pas d’établir que leurs enfants pourvoyaient régulièrement à leurs besoins avant leur entrée en France. 

Dans ces conditions, quand bien même le fils de nationalité française disposerait des ressources et d’un logement lui permettant de prendre en charge ses parents, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l’article 7 bis de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié doit être écarté. 

Aux termes des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». 

Pour contester les décisions attaquées leur refusant un titre de séjour, M. FK et Mme JK soutiennent qu’ils ont le centre de leurs intérêts privés et familiaux sur le territoire français où ils résident depuis février 2019. 

Il ressort des pièces du dossier que le couple est hébergé par leur fils, de nationalité française, et son épouse depuis leur date d’arrivée en France, ainsi que cela ressort de l’attestation d’hébergement produite, que leur première fille est de nationalité française et réside en France avec son époux et ses enfants, que leur seconde fille est de nationalité belge et que leur dernier fils est présent sur le territoire français. 

Il ressort en outre des pièces du dossier, que leurs deux enfants français les aident matériellement en leur versant de l’argent de manière régulière depuis leur arrivée sur le territoire français en 2019.

Enfin, il ressort des pièces du dossier que, à la date de la décision attaquée, Mme JK est âgée de 73 ans et M. FK est âgé de 83 ans, qu’il a souffert d’un cancer du côlon dont il a été opéré en 2018, raison de leur venue en France afin d’être plus proche de leurs enfants, et qu’il présente un début de maladie dégénérative ainsi que cela ressort du compte-rendu de consultation du 26 mai 2020.

Dans ces conditions, eu égard à l’intensité des liens familiaux dont ils justifient en France, de l’absence de famille dans leur pays d’origine et de la situation de santé justifiant leur proximité avec leurs enfants, M. FK et Mme JK sont fondés à soutenir qu’en refusant de leur délivrer un titre de séjour, le préfet de Seine-et-Marne a porté à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par ses décisions et a ainsi méconnu les stipulations précitées de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. 

Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens des requêtes, que M. FK et Mme JK sont fondés à demander l’annulation des arrêtés du 20 février 2023 par lesquels le préfet de Seine-et-Marne leur a refusé la délivrance d’un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés à l’issue de ce délai. 

Sur les conclusions à fin d’injonction : 

Eu égard au motif d’annulation retenu, le présent jugement implique qu’il soit enjoint au préfet de Seine-et-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, en application des dispositions de l’article L. 911-1 du code de justice administrative, de délivrer à M. FK et Mme JK un titre de séjour temporaire d’un an chacun portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. 

Références : Jugements numéros 2302671, 2302673 du 30 janvier 2025 du Tribunal administratif de Melun 

Me Fayçal Megherbi, avocat à la Cour 

L’Algérie, richesse de la France, la France, fardeau de l’Algérie

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Pétrole

Il fut un temps où l’Algérie ne se limitait pas à être une ligne de plus sur la carte de l’empire colonial français : elle en était l’un des piliers. Dès 1830, l’expansion coloniale française en Algérie s’accompagne d’une exploitation intensive des terres et des ressources naturelles. Le blé algérien nourrit la France, tandis que la vigne plantée par les colons devient l’un des principaux produits exportés.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’Algérie fournit également à la France une main-d’œuvre abondante, indispensable à la reconstruction et à l’essor des Trente Glorieuses. Le minerai de fer des mines de Ouenza et Boukhdadra, ainsi que les hydrocarbures sahariens découverts dans les années 1950, renforcent la dépendance de la métropole à sa colonie.

Mais si la France a su tirer parti de l’Algérie, l’inverse est-il vrai ? Voilà une question qui dérange. Car derrière les discours officiels d’amitié et de coopération, une autre réalité se dessine : la France, loin d’avoir quitté l’Algérie en 1962, continue d’y peser, mais cette fois sous une autre forme, celle du fardeau politique, économique et même mémoriel.

Une dépendance bien entretenueL’indépendance aurait dû être synonyme d’émancipation, mais la France n’a jamais vraiment lâché prise. Les accords d’Évian de 1962, censés sceller une séparation nette, garantissent en réalité à la France un accès privilégié aux ressources énergétiques sahariennes jusqu’en 1971, date à laquelle Houari Boumédiène décide de nationaliser les hydrocarbures algériens. 

Cependant, cette rupture ne marque pas la fin de l’influence française. Les entreprises hexagonales, telles que Total ou Engie, restent omniprésentes en Algérie, perpétuant une forme de dépendance économique.

Plus tard, la coopération économique s’est transformée en un subtil rapport de domination. L’Algérie, bien que riche en ressources, continue d’importer massivement des produits français, notamment agroalimentaires et pharmaceutiques. La balance commerciale reste déséquilibrée, et Paris conserve une position de premier plan dans les investissements étrangers en Algérie. La dépendance technologique est un autre frein au développement : l’industrie algérienne, malgré ses tentatives de diversification, reste souvent tributaire du savoir-faire et des équipements français.

Et que dire du poids des élites formées à l’ombre de la France ? Ministres, hommes d’affaires, intellectuels, tous portent en eux l’empreinte d’un héritage qui refuse de s’effacer. Le système éducatif algérien, bien que réformé, conserve le français comme langue dominante dans l’administration et l’enseignement supérieur. Cette situation limite les ouvertures vers d’autres partenaires économiques et culturels, comme la Chine, la Russie ou la Turquie, pourtant de plus en plus présents sur la scène algérienne.

Comme le dira Mohammed Lacheraf dans les années 1970 : « Il arrivera un jour où l’Algérien ne saura pas un b.a.-ba, mais la France le lui vendra au prix que l’on sait. » Une prophétie qui, cinquante ans plus tard, résonne toujours avec force.

Un jeu d’ombres et de secrets bien gardésLes relations franco-algériennes ressemblent à une partie d’échecs où chaque camp avance ses pièces avec prudence, tout en veillant à ne pas trop dévoiler son jeu. Derrière les discours officiels se cachent des intérêts stratégiques, des accords tacites et surtout des vérités gênantes que ni Alger ni Paris ne veulent voir exposées.

Chacun détient des dossiers sensibles sur l’autre, des secrets d’État soigneusement dissimulés sous le tapis de la diplomatie. La France, par exemple, connaît les arcanes du pouvoir algérien, les tensions internes, les jeux d’influence au sommet, les circuits financiers obscurs. De son côté, l’Algérie n’ignore rien des exactions coloniales, des non-dits de la guerre d’indépendance, des complicités d’hier et des compromissions d’aujourd’hui.

Ainsi, les deux se tiennent mutuellement par la barbichette, contraints à un équilibre instable où personne ne peut frapper trop fort sous peine de voir des vérités explosives surgir au grand jour. Ce n’est plus une relation d’égal à égal, ni même un lien entre ancien colonisateur et ancienne colonie : c’est une cohabitation contrainte, faite de méfiance, d’intérêts et de menaces voilées.

Si la France a profité de l’Algérie pour bâtir sa puissance, elle lui a aussi laissé un cadeau empoisonné : les essais nucléaires réalisés au Sahara entre 1960 et 1966. Reggane et In Ekker résonnent encore comme des noms maudits, témoins d’une époque où la France testait sa force de frappe sans se soucier des conséquences. Aujourd’hui encore, le désert garde la trace de ces expériences : des zones contaminées, des populations exposées aux radiations, et un silence assourdissant du côté français lorsqu’il s’agit d’assumer la responsabilité du nettoyage. Si quelqu’un doit tenir le balai, ce serait bien à la France de le faire.

Mais l’ironie veut que l’Algérie, riche en hydrocarbures, soit elle-même prisonnière d’une autre pollution : celle de ses torchères de gaz, ces flammes éternelles qui illuminent le désert tout en empoisonnant l’atmosphère. Pendant que la France a laissé des déchets radioactifs enfouis sous le sable, l’Algérie brûle chaque jour une part de sa richesse, symbole criant d’une manne mal exploitée. Finalement, l’un a souillé la terre, l’autre l’air… et personne ne semble pressé de nettoyer.

Un divorce impossible ? La responsabilité de qui ? La France, l’Algérie ou les deux ? Ou ni l’un ni l’autre ?

Tout dépend du prisme sous lequel on analyse cette relation. La France a incontestablement profité de l’Algérie, hier et aujourd’hui. L’Algérie, bien que riche en ressources, s’est enfermée dans un modèle de dépendance. Un jeu de dupes s’est installé : chaque partie accuse l’autre tout en maintenant des liens étroits. 

Peut-être faut-il voir dans cette relation un cas d’école du néo-colonialisme moderne : une indépendance en trompe-l’œil, où l’ancien maître n’a jamais totalement lâché prise et où l’ancien dominé peine à s’affranchir complètement.

Finalement, comme l’aurait dit Coluche : « L’indépendance, c’est comme une grande fête. Après, il faut nettoyer. » Encore faut-il savoir qui tient le balai…

Dr A. Boumezrag

Paris et Rabat : plus qu’amis, pas encore frères, mais déjà rivaux ?

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Macron et M6
Emmanuel Macron et Mohammed 6 au Maroc

Il fut un temps où la relation entre la France et le Maroc relevait presque du conte de fées diplomatique. Une complicité historique, des intérêts économiques entremêlés, une coopération sécuritaire sans faille. Mais aujourd’hui, derrière les sourires de façade et les poignées de main appuyées, une autre réalité se dessine : celle d’un duo qui s’aime autant qu’il se méfie, d’une alliance où la fraternité est encore une illusion et où la rivalité s’installe insidieusement.

Officiellement, Paris et Rabat affichent une relation au beau fixe. Depuis la reconnaissance officielle par la France de la marocanité du Sahara occidental, les liens semblent renforcés. Investissements français en terre saharienne, soutien diplomatique actif, coopération militaire renforcée : la France s’aligne sur la stratégie marocaine et semble parier sur le royaume chérifien comme son principal allié en Afrique du Nord.

Mais derrière ce rapprochement, une dynamique plus complexe est à l’œuvre. Car si Paris pense trouver dans Rabat un partenaire fiable et stratégique, le Maroc, lui, joue une partition plus autonome, n’hésitant plus à afficher une indépendance diplomatique qui froisse l’ego français. Après tout, Rabat n’a pas attendu Paris pour obtenir le soutien de Washington sur le dossier du Sahara, ni pour développer ses liens avec d’autres puissances comme Israël, la Russie ou encore la Chine.

La rivalité économique : qui tient qui ?Si la France reste le premier investisseur au Maroc, son hégémonie économique y est de plus en plus contestée. Les entreprises marocaines s’affranchissent progressivement de la tutelle française et lorgnent sur de nouveaux partenaires. Rabat multiplie les accords commerciaux avec Pékin et Ankara, et favorise de plus en plus les investissements américains et britanniques.

Côté énergie, le Maroc mise sur l’essor des énergies renouvelables et cherche à réduire sa dépendance aux entreprises françaises. Autant d’éléments qui annoncent un rééquilibrage des forces où Paris, autrefois en terrain conquis, doit désormais composer avec un partenaire qui ne veut plus être un simple vassal.

La France et le Maroc partagent une longue tradition de coopération militaire, mais là encore, la relation se complexifie. Rabat, fort du soutien américain et israélien, modernise son armée à grande vitesse et réduit progressivement sa dépendance aux équipements français. La récente annonce de manœuvres militaires franco-marocaines près des frontières algériennes a montré une volonté de Paris de consolider son alliance avec Rabat, mais a aussi exposé les limites de cette coopération : qui dirige réellement l’alliance ? La France soutient-elle le Maroc, ou est-ce le Maroc qui instrumentalise la France dans sa propre stratégie régionale ?

Longtemps perçue comme un grand frère protecteur, la France voit son rôle redéfini. Le Maroc, porté par sa montée en puissance en Afrique, commence à jouer dans une autre catégorie. Il se pose en

leader régional, tisse sa propre toile d’alliances et se permet même de remettre Paris à sa place lorsque les intérêts divergent.

Le plus frappant ? Le dossier du Sahel. Alors que la France se fait chasser du Mali et du Burkina Faso, le Maroc, lui, se positionne discrètement comme un médiateur influent, gagnant en crédibilité là où Paris perd du terrain. Une inversion des rôles qui n’a rien d’anodin.

Frères ennemis en devenir ?Si l’amitié entre Paris et Rabat reste solide en apparence, elle repose sur des intérêts de plus en plus divergents. Le Maroc ne veut plus être un simple allié docile ; la France, elle, peine à redéfinir sa place dans cette relation qui lui échappe.

Alors, plus qu’amis ? Oui. Pas encore frères ? Assurément. Mais déjà rivaux ? De plus en plus. Et dans ce jeu de dupes, une question demeure : qui finira par dominer l’autre, ou du moins, qui parviendra à ne pas se faire avaler tout entier ?

ConclusionEntre la France et le Maroc, la relation oscille entre complicité et défiance. Paris pensait avoir un allié fidèle, mais Rabat joue désormais selon ses propres règles. Loin d’être une simple relation fraternelle, cette alliance ressemble davantage à un duel feutré où chacun teste les limites de l’autre, sans jamais rompre complètement. La France, autrefois en position de force, doit maintenant composer avec un Maroc plus audacieux et stratégiquement autonome.

Peut-être est-il temps pour Paris de méditer cette célèbre phrase de Talleyrand : « On peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir dessus. »

Car à force de vouloir ménager Rabat tout en protégeant ses propres intérêts, la France risque bien de se retrouver dans une posture pour le moins inconfortable…

Paris a longtemps joué un rôle prépondérant au Maroc, usant de son poids économique, diplomatique et militaire pour asseoir son influence. Mais aujourd’hui, Rabat ne se contente plus de suivre la ligne française. Il diversifie ses alliances, notamment avec Washington et Tel-Aviv, et affirme son autonomie. La France, quant à elle, tente de maintenir cette relation privilégiée tout en protégeant ses propres intérêts, au risque de se retrouver dans une position inconfortable et instable.

Ainsi, Paris ne peut plus se contenter d’exercer une influence passive sur Rabat sans en payer le prix. Elle doit choisir : s’adapter aux nouvelles ambitions marocaines ou risquer de voir son rôle s’éroder au profit d’autres puissances. Un exercice d’équilibriste où la moindre erreur pourrait transformer une alliance en rivalité ouverte.

. L’influence française en Afrique, notamment au Sahel, traverse une crise profonde. Autrefois perçue comme une puissance incontournable, la France voit aujourd’hui son modèle d’intervention contesté, voire rejeté. Plusieurs facteurs expliquent cette mise à l’épreuve :

La France a longtemps adopté une posture paternaliste, croyant pouvoir dicter le tempo des relations avec ses anciennes colonies. Or, les dynamiques africaines ont changé : de nouveaux acteurs comme la Russie, la Chine ou la Turquie s’imposent, et les pays africains veulent désormais tracer leur propre chemin.

L’interventionnisme français, en particulier au Sahel, a alimenté un ressentiment populaire. Les coups d’État successifs au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont tous été marqués par une rhétorique anti-française, dénonçant un partenariat jugé inégal et inefficace contre le terrorisme.

Le départ précipité des forces françaises du Mali et du Niger a marqué un tournant. Des pays qui étaient jadis des alliés sûrs se détournent désormais de Paris au profit d’autres puissances, notamment la Russie à travers le groupe Wagner.

L’influence française passait également par le contrôle économique, notamment via le Franc CFA et les intérêts des grandes entreprises françaises. Or, de plus en plus de nations africaines réclament une souveraineté monétaire et diversifient leurs partenariats économiques.

Face à ces défis, la diplomatie française semble hésitante. Doit-elle s’adapter à cette nouvelle donne en repensant ses relations avec l’Afrique, ou continuer sur une ligne dure qui pourrait accélérer son éviction ? Pour l’instant, Paris peine à sortir de son schéma classique, adoptant une posture défensive plutôt qu’anticipatrice.

Comme le disait Charles de Gaulle : « Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples. »

Peut-être est-il temps pour la France d’aborder l’Afrique complexe avec une approche plus humble et réaliste.

Dr A Boumezrag

Le Congrès mondial amazigh (CMA) communique

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CMA

Nous, membres du bureau mondial du Congrès mondial amazigh (CMA) et membres du conseil fédéral, souhaitons prendre la parole après trois longues années marquées par des évènements difficiles pour notre organisation, notamment l’emprisonnement et la condamnation injuste de notre coprésidente.

Après trois ans de détention injuste, notre coprésidente a été libérée après avoir purgé la totalité de sa peine, mais cette épreuve a laissé des séquelles et des défis à relever pour le CMA. Il est crucial d’éclairer l’opinion publique sur les récentes évolutions qui ont affecté le CMA.

En tant que représentants de cette institution, nous exprimons notre consternation face aux graves violations des statuts et du règlement intérieur par certains membres de la Diaspora. Nous tenons à souligner plusieurs points préoccupants :

– Des exclusions injustifiées ont été imposées à des membres du Bureau, y compris notre co-président et la trésorière, sans fondement légitime.

– Des décisions arbitraires ont été prises sans la consultation des instances compétentes et des membres, fragilisant ainsi notre cohésion.

– Un climat délétère, préjudiciable à la confiance, a été instauré, compromettant le bon fonctionnement de notre organisation.

– L’accaparement des décisions par certains membres en dehors du cadre statutaire a conduit plusieurs membres du Bureau mondial et du conseil fédéral à quitter le CMA.

– Le secrétaire général, en connivence avec certains membres de la Diaspora, a profité de la situation délicate d’un de nos membres pour procéder à des changements illégaux et contraires à l’éthique au sein du bureau et de la présidence.

– La décision d’organiser les prochaines assises du CMA au Maroc constitue de facto une exclusion des Amazighs vivants en Algérie. Étant donné les tensions diplomatiques entre nos deux pays, il est extrêmement difficile, voire impossible, pour les Amazighs d’Algérie de se rendre au Maroc.

Nous rappelons que le CMA est une organisation non gouvernementale, indépendante des États et des partis politiques. Notre vocation est de défendre et de promouvoir les droits amazighs ainsi que les droits humains en général.

Nous souhaitons également faire savoir que nous nous dissocions de toute décision ou activité du CMA qui ne respecte pas les principes fondamentaux sur lesquels cette organisation a été fondée. 

Nous espérons que cette lettre contribuera à clarifier notre position et à restaurer la confiance au sein de notre communauté.

 Afrique du Nord le 08 Mars 2025 / 8Mars 2975

Pour le bureau mondial et le conseil fédéral,  

Les coprésidents,  Kamira Nait Sid et Khalid Zerrari

Vice-président Charif Adardak (Maroc) 

Vice-président Jallol Ghaki (Tunisie) 

Vice-président Ali Atinboukti (Mali)

Vice-président Mohamed Khalilou (Niger) 

La trésorière Nadia Akkar  

Le ministre français Gérald Darmanin en visite à Rabat

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Darmanin
Le ministre de la justice français, Gérald Darmanin.

Alors que la coopération judiciaire entre les deux pays ne cesse de se renforcer, notamment en matière de lutte contre le narcotrafic, le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, va rencontrer son homologue marocain, Abdellatif Ouahbi, pour évoquer la lutte contre le terrorisme et contre le crime organisé.

Nouveau signe du réchauffement diplomatique en cours entre la France et le Maroc, le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, est attendu dimanche 9 mars à Rabat où il va notamment rencontrer son homologue, Abdellatif Ouahbi. Lors de leur entretien, les deux dirigeants devraient en particulier évoquer les questions de lutte contre le terrorisme et contre le crime organisé, dans le contexte du renforcement de la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ces dernières semaines, celle-ci a notamment été marquée par deux événements significatifs. À la fin du mois de février d’une part, deux complices présumés du narcotraficant Mohamed Amra récemment remis à la justice française après son interpellation en Roumanie ont été arrêtés à Marrakech à la demande de Paris. Soupçonnés d’avoir participé à la préparation de l’opération qui a permis à Mohamed Amra d’échapper à ses geôliers, le 14 mai dernier, en Normandie – une évasion dans laquelle deux agents pénitentiaires français ont été tués -, l’un et l’autre pourraient être prochainement extradés vers la France. 

« Le Chat » renvoyé en France

En janvier dernier d’autre part, l’homme considéré par Gérald Darmanin comme « l’un des plus gros narcotrafiquants de France », Félix Bingui dit « Le Chat », a, lui, été renvoyé dans l’Hexagone, 10 mois après son arrestation au Maroc. Il est le chef présumé du clan Yoda, l’une des deux organisations marseillaises qui dominent le marché de la drogue.

Lors de leur entrevue, Gérald Darmanin et Abdellatif Ouahbi pourraient aussi aborder la question de la délivrance des laisser-passer consulaires, document qui permet à la France d’expulser les immigrés illégaux ne disposant pas de passeport. Au mois d’octobre dernier, le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, avait annoncé à Rabat qu’un accord avait été trouvé entre la France et le Maroc « pour raccourcir les délais » d’expulsion des personnes sous OQTF.

RFI