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dimanche 25 janvier 2026
DébatsL'article 102 au secours du système

L’article 102 au secours du système

Le chef d’état-major et vice-ministre de la défense, en visite à la 4ème région militaire, s’est exprimé sur la situation du pays dans les termes suivants :

« Il faut adopter une solution qui garantit la satisfaction de toutes les revendications légitimes du peuple algérien et qui garantit le respect des dispositions de la Constitution et la continuité de la souveraineté de l’État, une solution de nature à être acceptée de tous. C’est une solution prévue par la constitution dans son article 102 ».

Sur le respect de la constitution

Le chef d’état-major semble se soucier du respect de la constitution. Dans ce cas, pourquoi ne s’est-il pas opposé à la candidature de Bouteflika ? Elle était pourtant doublement non conforme à la constitution. Pourquoi n’a-t-il pas réagi à l’annulation de l’élection présidentielle ? Elle était pourtant non conforme à la constitution. Pourquoi a-t-il accepté la prolongation du mandat en cours du président ? Elle était pourtant non conforme à la constitution. Cet attachement tardif au respect de la constitution est pour le moins suspect.

Sur la légitimité des revendications du peuple

Le chef d’état-major préconise une solution qui garantisse selon lui la satisfaction de toutes les revendications légitimes du peuple. Il devrait savoir que le peuple exige le départ du système et pas seulement le départ du président. La transition est un double processus qui consiste à mettre en place les fondements du nouveau système et déconstruire l’ancien. Ce n’est pas placer un pion à la place d’un autre. Lazem yrouhou gaa comme disait le jeune algérois. Le renouvellement du compromis historique exprimé avec éclat par les millions d’algériennes et d’algériens en mouvement depuis des semaines ne peut se résumer à la mise en œuvre d’une disposition constitutionnelle. Faut-il encore préciser que l’institution dont c’est la vocation de mettre en œuvre cette disposition constitutionnelle s’est totalement discréditée en avalisant toutes les fraudes électorales et s’est définitivement disqualifiée en acceptant une candidature par procuration à la magistrature suprême.

La réalité de l’article 102

L’option « article 102 » est loin de constituer la solution ni même un début de solution. Elle vise à emprisonner l’idéal populaire dans une procédure dont l’unique objet est de permettre au système de se régénérer. Il s’agit bel et bien d’un piège. Il consiste à sacrifier Bouteflika pour sauver tout le reste.
Le peuple n’est plus dans l’épisode Bouteflika. L’article 102 de la constitution est en deçà, voire même plus, en opposition à l’ambition du mouvement populaire. Le regard du peuple est désormais tourné vers l’avenir, un avenir des lumières. Provoquer de la déception dans cet immense espoir aura des conséquences désastreuses incalculables sur le pays.
Soyez sages, soyons sages. L’Algérie mérite mieux. Elle mérite le meilleur.

 

Par Djamel Zenati

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