L’Association pour le Changement et la Démocratie en Algérie (ACDA) ouvre le débat sur la période de transition en Algérie et invite les Algériens de France à s’interroger et réfléchir sur la façon d’agir pour que l’étape qui s’annonce soit démocratique.
Pour cette occasion, l’ACDA a convié le Juriste et ancien doyen de la faculté de droit d’Alger M. Madjid Benchikh ainsi que l’économiste et défenseur des droits humains M. Ahmed Dahmani. Dans leurs exposés, les deux intervenants ont mis en évidence la nature complexe du régime et l’emprise qu’exerce le commandement militaire sur les autres composantes du système. La forte influence du milieu des affaires et son imbrication grandissante avec les cercles classiques du pourvoir ont été particulièrement soulignées et présentées comme une « évolution » majeure du régime sous le règne du clan de Bouteflika. Une évolution qui n’est pas de nature à simplifier les choses, vu que la résistance des entreprises et des hommes d’affaires, qui ont été copieusement alimentés par les marchés publics et les projets faramineux, risque d’être forte et intense.
Les échanges avec la forte assistance et les nombreuses interventions des participants ont étés riches et variées. Toutefois, une convergence des points de vue vers la prudence et la retenue s’est faite ressentir. Ceci, sans oublier la nécessité de poursuivre la mobilisation citoyenne en cours, en Algérie au sein de la diaspora, et de faire en sorte qu’elle se déroule dans la bonne ambiance et sans violence.
Pour la 5ème semaine d’affilée, les rues du pays ont connu une énorme affluence des citoyennes et des citoyens algériens. A Alger l’on parle de pas moins de 2 Millions de personnes descendues aujourd’hui pour dénoncer les manœuvres du système.
L’artiste algérienne, qui vit à Paris depuis début 2000, dit sa fierté de voir surgir cette « intelligence des entrailles d’une Algérie qu’on croyait aveuglée ».
Il y a vingt ans, on découvrait Souad Massi. Une voix envoûtante accompagnée par des mélodies folk ou chaâbi, la musique populaire née dans les rues d’Alger au début du XXe siècle.
Installée à Paris où elle prépare son sixième album pour le mois d’août, la native de Bologhine, un quartier populaire de la capitale algérienne, a décidé de « prêter sa voix » aux manifestants. Elle coorganise le 3 avril à Paris, au théâtre Le Palace, l’événement « Un seul héros, le peuple », un concert pour le changement en Algérie et en solidarité avec les mobilisations dans le pays.
On vous a vu manifester à Paris, aux côtés des Algériens de France qui soutiennent les manifestations en Algérie…
Souad Massi J’ai voulu participer à ces manifestations place de la République, à Paris, parce que j’habite en France et que c’est le seul moyen que j’ai d’être solidaire des manifestants et des manifestantes en Algérie. En tant qu’artiste, je prête ma voix à celles et à ceux qui sont en train de marcher dans les rues d’Algérie – des centaines de milliers de personnes – pour leur dire qu’on est là, on soutient ce mouvement ; contre ce pouvoir qui est en place. On veut un changement radical, une IIe République libre et démocratique. Et que vive l’Algérie de maintenant, et de demain ! Qu’elle vive avec ses enfants, avec plein d’espoir !
Le fait de voir autant de femmes dans les rues d’Alger m’a fait énormément plaisir. La femme algérienne est l’épine dorsale de ce peuple. Il était donc normal et légitime qu’on la voit s’approprier cet espace public qui lui était – entre parenthèses – interdit dans le passé.
Vous avez débuté en Algérie dans les années 1990, lors de la « décennie noire », dans un groupe de hard-rock, cela ne devait pas être évident…
Oui, c’était le groupe Atakor [qui est aussi le nom du plus haut sommet d’Algérie]. Je chantais plutôt dans la première partie qui était plutôt rock et je salue ce groupe qui a beaucoup aidé à ma culture musicale. Ce n’était pas évident dans l’Algérie de cette époque-là d’exister en tant qu’artiste et de pouvoir s’exprimer. C’est encore le cas maintenant, d’ailleurs.
Cette époque m’a évidemment marquée. C’était une période délicate. Très dure. On ne pouvait pas s’exprimer, on ne pouvait pas se produire… Et on était touchés par ce qui se passait, cela nous a atteints. Cela m’a aussi amenée à écrire des chansons un peu dures, tristes. Revendicatives aussi. C’est de cela que l’on s’inspire aussi.
Vos premiers albums étaient à tonalité très folk, mais vous avez exploré d’autres univers par la suite comme le chaabi, la musique populaire algérienne, pour arriver jusqu’à la poésie arabe dans votre dernier album. Racontez-nous ce chemin.
J’avais déjà 17 ans quand j’ai commencé à chanter. J’adorais le folk. J’adore toujours le rock et le folk. Mais avec l’âge, le fait de vivre loin de son pays, de ses amis, de sa famille, j’ai été submergé par beaucoup de nostalgie. Chose qui s’est traduite par un besoin de revenir à mes sources et d’introduire les instruments traditionnels algériens ou de m’inspirer de la musique populaire qui est le chaabi algérien. J’y reviens un peu dans mon prochain album.
Je me suis permis d’ouvrir une petite parenthèse avec cet hommage à la poésie arabe, d’abord parce que j’adore la poésie. J’avais aussi travaillé avec les Chœurs de Cordoue [avec le guitariste Eric Fernandez ]. On avait rendu hommage à Cordoue et à la beauté de cette culture arabo-musulmane.
La chanteuse et guitariste algérienne Souad Massi à Rabat, en juin 2014. Youssef Boudlal/REUTERS
J’ai essayé à travers ce travail, l’album Al-Mutakalimoun (« Les Orateurs ») d’attirer un petit peu l’attention des gens et leur dire que cette culture, il ne faut pas l’oublier. J’ai voulu lui rendre hommage avec mes moyens. Avec de la poésie, la calligraphie, avec de la musique aussi. Je suis partie du VIe siècle avec un poème de Zoheir Ibn Abi Salma, en passant par le poète Al-Moutanabi, au Xe siècle, jusqu’aux plus contemporains comme Abou Kassem Al-Shabi (Tunisie, 1909-1934) et l’Irakien Ahmad Matar.
Il y a dix-huit ans, vous chantiez Bladi (« Mon pays ») « une terre devenue un enfer ».Bladi, c’est quoi pour vous aujourd’hui ?
Bladi aujourd’hui se traduit par un beau sourire, plein d’espoir. Je suis très optimiste et très fière de voir les slogans et la maturité de la jeunesse algérienne qui est aussi apaisée et consciente. Je suis fière aussi de voir cette intelligence sortir des entrailles de cette Algérie qu’on croyait aveuglée par beaucoup de choses. Je la vois rayonnante, plurielle et belle. Portée aussi par ces femmes qui sont présentes et je n’ai pas d’inquiétude à ce sujet.
Plusieurs témoins, présents au niveau de la grande poste d’Alger, qui a vu une grande affluence de manifestants, dès les premières heures de la matinée, ont relayé sur les réseaux sociaux une photo de l’exfiltration d’une équipe de journalistes de TF1.
Cette chaîne a été officiellement accréditée par les autorité algérienne, une première depuis le début du mouvement populaire en Algérie. Selon ces même témoins, ils auraient été chassés par les manifestants, une manière de dénoncer les déclarations faites par le président français Macron, ou il soutenait ouvertement les propositions du clan Bouteflika.
L’Etat algérien avait refusé la venue de journalistes étrangers pour couvrir les manifestations. Ce n’est que cette semaine que le service d’accréditation et l’ambassade d’Algérie à Paris ont accordé des visas pour des journalistes étrangers dans leur grande majorité des français.
French soldiers patrol in front of the Louvre Museum Pyramid's main entrance in Paris, France, as part of France's national security alert system "Sentinelle" after Paris deadly attacks November 27, 2015. REUTERS/Charles Platiau TPX IMAGES OF THE DAY
C’est ce qu’indique le gouverneur militaire de Paris, qui rappelle que ces hommes sont tenus de faire des sommations.
Le recours à l’armée pour appuyer policiers et gendarmes dans les opérations de sécurisation, lors de l’acte 19 des « gilets jaunes », continue de faire polémique. Et ce ne sont pas les déclarations ce vendredi 22 mars du gouverneur militaire de Paris qui devraient calmer les inquiétudes.
Au micro de Franceinfo, le général Bruno Leray, qui souligne que les militaires de Sentinelle « sont soumis au même cadre légal que les forces de sécurité intérieure », explique que ces hommes « ont différents moyens d’action pour faire face » en cas d’attaque lors de la manifestation des « gilets jaunes » samedi à Paris. Ainsi, les militaires pourront « aller jusqu’à l’ouverture du feu […] si leur vie est menacée ou celle des personnes qu’ils défendent ».
Le haut-gradé précise le mode opératoire des militaires en pareil cas : « Ils donnent des sommations. C’est arrivé par le passé, au Louvre ou à Orly. Ils sont parfaitement à même d’apprécier la nature de la menace et d’y répondre de manière proportionnée. »
Comme indiqué en milieu de semaine par le gouvernement, les effectifs de Sentinelle seront mobilisés pour protéger des bâtiments officiels et autres points fixes afin de permettre aux policiers et gendarmes de se concentrer sur le maintien de l’ordre.
« Nous allons veiller à ce que Sentinelle puisse encore davantage soulager les forces de l’ordre », ajoute Florence Parly, qui assure que « la répartition des tâches est très claire entre militaires et policiers » et que la mission des militaires est « de lutter contre le terrorisme, pas de rétablir l’ordre public ! »
Des explications qui ne convainquent pas dans l’opposition.Dans une lettre adressée ce vendredi à Edouard Philippe et consultée par l’AFP, Jean-Luc Mélenchon demande « solennellement » au Premier ministre de venir s’expliquer devant l’Assemblée nationale. Le leader de La France insoumise affirme que la décision annoncée de mobiliser la mission antiterroriste militaire « a sidéré de nombreux républicains », arguant qu' »en aucun cas des manifestants ne peuvent être considérés comme des ennemis de l’intérieur ».
« Le gouvernement doit s’expliquer devant la représentation nationale sur une décision aussi aventureuse que périlleuse. »
Le Maroc et le Front Polisario se sont réunis jeudi 21 mars à Genève dans le cadre de la deuxième table ronde sur le conflit au Sahara occidental qui prend fin ce vendredi. L’Algérie et la Mauritanie prennent également part à cette réunion. L’Onu a indiqué que cette rencontre traitera de «la construction d’une solution basée sur le compromis».
La deuxième table ronde sous l’égide des Nations unies consacrée à la résolution du conflit au Sahara occidental a débuté jeudi 21 mars à Genève, en Suisse, et prendra fin ce vendredi, a indiqué un communiqué de l’Onu. Le Maroc et le Front Polisario ont pris part à cette réunion. Les deux parties sont directement concernées par ce conflit, ainsi que l’Algérie et la Mauritanie en tant qu’observateurs et pays voisins. À l’issue de la première journée, aucune information n’avait filtré sur les résultats des discussions.
«Cette réunion s’inscrit dans le cadre du processus visant à la conclusion d’une solution politique qui soit juste, durable et mutuellement acceptable prévoyant l’autodétermination du peuple du Sahara occidental», indique le communiqué.
Évoquant les deux axes encadrant les discussions entre les différentes parties, le texte souligne que «dans le cadre de la réunion, les délégations doivent discuter des éléments qui sont nécessaires à la construction d’une solution durable basée sur le compromis». «La réunion doit aussi procurer aux délégations une occasion de revenir sur certains enjeux régionaux et de discuter de mesures de confiance», poursuit-il.
La première table ronde sur ce conflit s’était également tenue à Genève les 5 et 6 décembre 2018, sous le patronage de Horst Köhler, envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu pour le Sahara occidental. Aucun engagement n’a été pris lors de ce premier tour des pourparlers.
Depuis le début du conflit au Sahara occidental en 1975, le Maroc continue de revendiquer sa souveraineté sur ce territoire. Dans ce sens, Rabat prône un statut d’autonomie du Sahara occidental sous sa souveraineté comme solution au conflit. Pour sa part, le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, revendique l’organisation d’un référendum d’autodétermination dans le cadre des résolutions du conseil de sécurité de l’Onu.
JUSTICE – “Nous sommes très choqués par le verdict”, déclare au HuffPost Maroc Abdellatif Wahbi, député PAM et avocat de Abdenbi Bioui, membre du même parti, président du conseil de la région de l’Oriental, au lendemain de sa condamnation pour détournement de fonds publics. Dans cette région, le président de la commune d’Oujda, Omar Hjira, membre du bureau exécutif du parti de l’Istiqlal (PI), a lui aussi été reconnu coupable pour le même chef d’accusation auquel s’ajoute la falsification.
Le tribunal des crimes financiers de Fès a condamné, mercredi 20 mars, Bioui à un an de prison ferme et Hjira au double de cette peine. Mais l’exécution de ce verdict est suspendue automatiquement par la saisie de la Cour de cassation, comme l’explique Me Wahbi, rappelant que les condamnés ont dix jours à partir du verdict, conformément à la loi, pour faire appel à la plus haute juridiction.
Une nouvelle manche à laquelle l’avocat ne s’attendait pas. Et pour cause, les deux hommes avaient été acquittés dans le cadre de ce même dossier en 2017. “Le juge d’instruction avait décidé de ne pas engager de poursuite pour crimes financiers. Le parquet a alors renvoyé le dossier à la chambre criminelle près le tribunal de première instance, qui a prononcé un non lieu. Mais en appel, il nous ont condamnés. Moi, je n’y comprends plus rien!”, s’exclame l’avocat.
C’est le parquet qui avait fait appel du verdict de première instance en se basant sur le rapport de la Cour des comptes faisant état de dépenses injustifiées entre 2006 et 2009 et évaluées à 40 millions de dirhams pour des travaux d’aménagement. “Le procès en appel a pris environ un an et la plaidoirie du procureur n’était pas méchante. Cela avait même renforcé notre espoir”, confie Me Wahbi, estimant que le rapport de la cour des comptes “se base sur des estimations qui ne peuvent servir d’éléments catégoriques”.
L’avocat dit cependant garder espoir, d’autant que, pour lui, on ne peut engager la responsabilité de Bioui dans ce qui relève de l’exécutif sur terrain. “Il ne peut être pénalement responsable de l’exécution que doit assurer un ouvrier ou un fonctionnaire”, assure-t-il, remettant en question le verdict.
Impressions similaires au PI. L’un de ses leaders, Adil Benhamza, a exprimé son incompréhension de la condamnation de Omar Hjira sur sa page Facebook. Il a estimé que ce dernier ne pouvait être tenu pour responsable de faits qui remontent à une période où il n’a pris la tête de la commune qu’à sa fin (2009).
“C’est un rebondissement incompréhensible qu’à connu cette affaire. Nous soutenons notre camarade Hjira dans l’espoir que la justice se rattrape à l’étape de la cassation”, écrit-il. Et d’accuser la justice de “ne pas être indépendante ni intègre et de ne fonctionner que par voie d’instructions”.
Mais si pour les deux partis de l’opposition, PAM et PI, cette condamnation a eu l’effet d’un coup de massue, pour les associations, elle suscite tout au contraire un soulagement. Interrogé par le HuffPost Maroc, le président de l’Instance nationale de la protection des biens publics au Maroc, Mohamed Ghalloussi estime que “ce verdict relève d’un signe positif”. “Le jugement prononcé en appel a corrigé une situation inconcevable que représentait l’acquittement en première instance de ces deux hommes influents”, affirme-t-il.
Leur position et responsabilité partisane ont fait de ces deux condamnés une sorte de “symbole de la reddition des comptes”. “Nous avons tant milité pour que chaque responsable de la gestion publique soit appelé à rendre des comptes sur la base des rapports de la cour des comptes”, rappelle-t-il. Et d’espérer que ce verdict annonce “les prémices du combat contre le laisser-aller et la corruption”.
Plusieurs affaires liées à la dilapidation de deniers publics aboutissent presque toujours au non lieu sinon à des peines avec sursis, regrette Ghalloussi, citant, entre autres, Abdelaziz Banine du RNI et Ali Rahimi de l’UC. L’association avait déposé plainte contre “l’impunité des crimes financiers” auprès du conseil supérieur du pouvoir judiciaire et la présidence du ministère public. “Souvent ce sont de petits fonctionnaires et quelques présidents de communes rurales qui sont condamnés, mais ce verdict de Fès montre que la règle n’est pas générale”, estime Ghalloussi espérant que “la Cour de cassation ne fera l’objet d’aucune pression pour que la loi reste au dessus de tous”.
L’opposant vénézuélien Juan Guaido, président par intérim autoproclamé, a dénoncé une manœuvre «vile» et prévenu qu’il ne se laisserait pas intimider après l’arrestation de son chef de cabinet, vivement condamnée à l’étranger.
Juan Guaido, l’opposant vénézuélien qui s’est autoproclamé président du Venezuela avec le soutien de plusieurs pays occidentaux, a annoncé sur Twitter l’arrestation de son bras droit. «Ils ont arrêté Roberto Marrero, mon chef de cabinet, en l’accusant de détenir deux fusils et une grenade déposés (intentionnellement chez lui). L’arrestation s’est produite à 2h du matin environ», a-t-il fait savoir.
«Ils veulent m’intimider? Mais il ne peuvent pas aller tous nous chercher. Ils veulent venir me prendre? Qu’ils viennent, ils ne pourront nous dévier de la route que nous sommes en train de tracer» a déclaré à la presse Juan Guaido, qualifiant l’arrestation de Roberto Marrerro, âgé de 44 ans, de «vile» et «grossière». Celle-ci a été justifiée par le gouvernement pour des soupçons de «terrorisme».
Pour lui, le gouvernement de Nicolas Maduro essaie d’instiller «la peur» dans les rangs de l’opposition et expose sa «faiblesse» en agissant ainsi. Juan Guaido, président de l’Assemblée nationale dominée par l’opposition, avait lui-même été arrêté par les services de renseignement vénézuéliens (Sebin) le 13 janvier lors d’une opération spectaculaire en pleine autoroute, avant d’être relâché une heure après.
L’arrestation de Roberto Marrero a été aussitôt condamnée par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo: «Nous appelons à sa libération immédiate. Ceux qui le retiennent devront rendre des comptes», a-t-il mis en garde via Twitter.
L’ONU a invité à «empêcher toute escalade» de la tension : «Nous renouvelons notre appel à ce que tous les acteurs au Venezuela prennent des mesures immédiates pour apaiser les tensions», a déclaré un porte-parole à New York.
L’Union européenne a également appelé à une «libération immédiate et inconditionnelle» de l’opposant. Et la France a également insisté sur «l’arrêt de la répression contre l’opposition au régime de Nicolas Maduro» alors que les organisations de défense des droits de l’Homme dénoncent régulièrement les arrestations et détentions dans le pays.
Le 23 janvier, Donald Trump avait apporté son soutien au président de l’Assemblée nationale et chef de l’opposition vénézuélienne après que ce dernier s’était autoproclamé «président par intérim» du pays, quelques jours après l’investiture du président du Venezuela Nicolas Maduro, réélu pour un second mandat. Les alliés de Washington dans la région lui avaient alors emboîté le pas à l’instar de l’Argentine, du Canada, du Chili, de la Colombie ou encore du Pérou.
Bouteflika est toujours président jusqu’à l’élection de son successeur. C’est dit et c’est confirmé.
Il ne quittera point El Mouradia ce 28 avril comme le stipule la Constitution. Seul nouvel élément annoncé depuis sa déclaration du 11 mars dernier, «la conférence nationale sera tenue dans un avenir très proche», précise celui qui a rédigé le communiqué de la présidence. Ses membres auront pour mission de réformer le système et de modifier la Constitution. Sauf que le peuple parle d’autre chose. Les millions de manifestants des quatre coins du pays exigent «le départ de tout le système». Certes, il se pourrait que la marche d’aujourd’hui se tienne dans des conditions météorologiques un peu particulières. Il pleuvra probablement toute la journée.
Mais cela n’a pas l’air de décourager les algériens qui ont déjà inventé le nouveau slogan de la marche du dernier mot : «Yetnahaw Ga3» (qu’ils partent tous), la fameuse phrase du jeune Algérois qui est intervenu spontanément dans un direct de la chaîne SkyNews le jour de l’annonce du retrait de Bouteflika et l’annulation de l’élection présidentielle sera scandé dans toute l’Algérie.
Les soutiens du pouvoir démissionnent les uns après les autres. Tout le monde déclare rejoindre le mouvement populaire, y compris le patron du FCE et les partis de l’alliance présidentielle, dont le FLN et le RND. Mais cela n’a pas l’air d’intéresser les Algériens qui les appellent plutôt à descendre avec le peuple sur le terrain afin de manifester publiquement leur position du rejet du système auquel ils appartiennent. Les vidéos se multiplient sur les réseaux sociaux, notamment depuis hier.
Les internautes appellent au pacifisme afin de maintenir la cadence de la pression contre le pouvoir. D’autres expliquent comment protéger les pancartes en cas de pluie. C’est le cas du chanteur Amazigh Kateb, qui dans un direct sur sa page Facebook a expliqué, entre autres, qu’il faut les protéger soit à l’aide de cellophane ou de scotch, mais pas que. Il a aussi adressé un message aux manifestants quant à la marche d’aujourd’hui et sur l’adhésion des partis au pouvoir et ceux de l’opposition au mouvement populaire.
«A partir de demain, nous n’avons plus de revendications. Nous n’avons que nos exigences», affirme-t-il. Et d’ajouter : «Ils doivent nous rendre la démocratie en tant que citoyens à travers des assemblées constituantes. Personne ne volera cette démarche qui est celle du peuple. Celui qui dit qu’il est avec le mouvement voulait dire qu’il n’y était pas. C’est trop facile de dire : je suis avec ! Il faut dire : je suis dedans ! Je ne crois pas à ces partis. Cette résistance est celle du peuple. Ne vous laissez pas abuser», insiste-t-il.