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jeudi 16 avril 2026
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Mahrez Bouich militant humaniste s’exprime sur la révolte du peuple algérien

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Mahrez BOUICH, Enseignant chercheur en Philosophie politique à l’Université Abderrahmane Mira- Bejaia.

Depuis l’annonce du retrait de la candidature de Bouteflika, le peuple ne décolère pas. Que pensez-vous ?

C’est la montagne qui accouche d’une souris. Ce n’est pas un secret pour personne, y compris pour les composantes et les clans du système politique en place, que le peuple lors de toutes les marches, voire dans la révolution en marche qui a enclenché, revendique clairement et solennellement la rupture radicale avec le système politique, un refus catégorique au 5ème mandat, et sa forte demande de l’instauration d’une nouvelle République démocratique et sociale. La revendication d’un changement radical du système politique demeure
substantielle. Mais hélas, fidèle à sa nature autoritaire et à ses manœuvres politiciennes, le pouvoir fait la sourde oreille, en méprisant le peuple et les revendications légitimes de la révolution en marche menée depuis le 22 févier passé par les algériennes et les algériens.
La grande supercherie historique du système en place et ses relais est de s’offrir un mandat prolongé, avec les hommes du même système et avec les mêmes orientations, telle qu’ils ont essayé de l’imposer depuis le mois de janvier passé.
Effectivement ils l’ont imposé arbitrairement par  » Un coup de pouvoir permanent « , sans respecter ni la constitution, ni les aspirations du peuple exprimées fortement, ni prendre en considération les dangers à venir de telles décisions. Il est clair que les décisions du système politique prises en nom d’Abdelaziz BOUTEFLIKA, ne sont que les tracés de la feuille de route qui envisage la reproduction des mêmes conditions historiques qui ont donné la naissance au système politique en place, dés lors à sa reproduction au détriment de la volonté populaire. En outre, face aux dernières décisions anticonstitutionnelles, absurdes, surréalistes, et méprisantes prises en nom du chef de l’État, le peuple a exprimé son refus catégorique à travers de nouvelles marches et le maintien de la mobilisation citoyenne pour un seul aboutissement à savoir le changement radical du système politique en place.

Comment situez vous la part de responsabilité du Ministère de l’Intérieur dans les répressions qui ont lieu ?

Loin de la personnalisation des problèmes politiques, le problème majeur en Algérie est essentiellement un problème de gouvernance, simplement un problème de système politique. Ce dernier repose depuis sa naissance à l’indépendance de l’Algérie, sur la nature militaire et répressive, ce qui a donné la gésine de quatre éléments « quatre modes de gestion opératoires » par lesquels le système politique algérien gère le pays. Le premier consiste à faire de l’institution militaire comme seule substance du système et le seul garant de sa pérennité. Le deuxième repose sur le fait de renforcer les institutions de répression, ce qui a donné naissance à « un Pouvoir-État sécuritaire ». Le troisième élément repose sur la politique de «violenciocratie», c’est-à-dire la gestion de la société par la violence. Les algériennes et les algériens gardent encore dans leurs mémoires les images des répressions violentes du printemps berbère en 1980, les images du soulèvement populaire d’octobre 1988 réprimé violemment, les images des événements du printemps noir en Kabylie en 2001, et comment le pouvoir a réprimé, tué et géré par la violence les manifestations, les images des répressions dont étaient victimes des acteurs des dynamiques sociales, des défenseurs des droits humains, des familles des disparus, des professeurs de médecine, des gardes communaux, des enseignants contractuels, des étudiants de pharmacie, des médecins résidents, des anciens militaires, …etc. Le quatrième élément repose principalement sur la formation des hommes de pouvoir, des ministres, des commis de l’État, qui gèrent les affaires de l’État à base de la répression, toutes les formes de répression. En effet, le nouveau premier ministre, ex-ministre de l’intérieur, n’est qu’un élément du système en place, un exécuteur des politiques du système et/ou d’un clan du système. Une image minutieuse de « l’autoritarisme chronique et contagieux » qui caractérise tous ceux qui ont géré et/ou qui gèrent actuellement pays.

Il avait également tenu des propos bien étranges sur le phénomène de l’immigration clandestine accusant la majorité de ces gens qui s’aventurent à traverser la mer méditerranée au risque et péril de leurs vies, sont attiré par le gain facile et un certain luxe dans l’autre rive, que pour des raisons
«socio-économiques défavorables». Déclaration qui a fait beaucoup polémique également.

Un commentaire ?

Le système en place et ses relais marchent sur la base d’une seule logique, à savoir ne jamais intégrer dans ses rangs des gens qui ne partagent pas leurs politique, leurs modes opératoires, leurs visions, leurs approches, leurs orientations et encore leur principal objectif bâtit sur la finalité de garantir leur pérennité. Par conséquence le choix des ministres et de tous les commis de l’État repose substantiellement sur l’adhésion totale et effective aux exigences des vrais détenteurs du pouvoir, c’est -à-dire, la totale soumission aux ordres de la caste dirigeante, l’appartenance idéologique et politique, le régionalisme, le clientélisme…etc. Dés lors les déclarations inacceptables tenues par l’ex ministre de l’intérieur sur le phénomène de l’immigration clandestine ne reflètent que la position de tout le système en place.

Considérez vous que ces déclarations sont une erreur de communication ?

Plutôt une stratégie qu’une erreur. Malheureusement aujourd’hui en Algérie, la situation de la communication institutionnelle est apparente plausible et fatale, et le silence de toutes les institutions de l’État, de la présidence de la République à la simple direction communale, passant par le gouvernement et les Wllayas, est inconcevable voire maladif. Les stratégies communicationnelles du système politique en place ont provoqué une situation politique de confusion, cette situation est caractérisée par l’émergence de doute au sein de la société, de la manipulation, de fausses orientations politiques, de la non fiabilité des discours et autres. En fait, à défaut de l’absence du rôle des institutions et la fragilisation dont elles souffrent, y compris les institutions souveraines de l’État, le pouvoir, le gouvernement, les ministres, les walis et autres commis de l’État, adoptent soit la « silenciocratie » c’est-à-dire la gestion par le pouvoir du silence, comme système qui assure l’immunité politique, un mode de gestion politique des affaires publiques, sinon de la «polémicocratie» c’est-à-dire, la gestion par le pouvoir de la polémique comme seule méthode efficace afin d’animer le débat politique et/ou de l’étouffer. Cette logique était le cheval de bataille de l’ex-ministre de l’intérieur sur plusieurs questions qu’a connues le pays, telles : La situation politique globale, la vacance du poste du président et sa maladie, la violation des lois, le problème qu’a vécu L’APN, les illégalités des élections sénatoriales passées, les atteintes répétées des droits humains, les problèmes socioéconomiques dont souffrent les citoyens, le phénomène de herraga, Les répressions dont étaient victimes les mouvements et les acteurs des contestations sociales et autres.

Ne croyez vous pas que cette nouvelle nomination soit une mauvaise idée, d'autant plus que la côte du nouveau premier Ministre est au plus bas ?

La question n’est pas liée essentiellement à la côte du nouveau premier ministre, qui est simplement un homme du pouvoir en place, un symbole parmi d’autres symbole du système vomis par une grande partie du peuple, mais elle est liée à la stratégie basée sur « la goutte à goutte », puisque les décideurs pensent à tort que les décisions prises dernièrement peuvent mettre fin au mouvement populaire. Au contraire le peuple poursuit toujours sa révolution en marche, et cette dernière ne cesse de prendre de l’ampleur. Le système en place suit simplement sa logique autoritaire, il change de noms, il crée de nouveaux postes pas plus. En un seul mot : Il se reproduit en dehors de toute légitimité et respects des lois de le République ; qu’il viole à chaque tournant historique.
En principe et comme le dit Milan Kundera : « En politique, le monde est blanc ou noir. Il n’y a aucune place pour l’ambiguïté, la contradiction, le paradoxe ». Mais surement la posture du système en place et sa position critique, et face à la révolution en marche enclenchée par le peuple, le système essaye de maintenir à la fois le chaos pour essouffler la dynamique populaire qui aspire un changement radical, et l’ambigüité pour gagner du temps après l’arrêt anticonstitutionnel du processus électoral, afin d’imposer la feuille de route du système pour « s’auto-sauver ». À l’heure actuelle, il est complètement très difficile de décoder avec précision la pensée future du système politique en place par rapport à la situation du pays, mais chose est sure, il a une pensée asymétrique et contradictoire, étant donné que le système change ses stratégies à chaque fois, notamment ses orientations dépendent des rapports de forces internes au sein du système, qui n’est pas homogène, des réactions des capitales étrangères qui s’émissent dans les affaire internes de l’Algérie pour leurs intérêts. D’ailleurs il suffit juste d’analyser les distinctes stratégies du système qu’il a adoptées depuis 1999, et/ou les différents discours politiques du président sortant. Mais à l’ère actuelle seule la mobilisation citoyenne, les revendications exprimées hautement par le peuple, et la continuité du mouvement populaire qui forceront le système à accepter l’enclenchement d’un véritable processus constituant garantissant un changement radical et l’avènement d’une nouvelle République loin des symboles du système.

Par la rédaction

France – Algérie, Riposte Internationale ouvre le débat

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Riposte internationale , organise une conférence suivie d’un débat Samedi 23 mars à 14h , au Royal Est , sis au 129 Rue du faubourg saint Martin, a Paris.
Métro Lignes : 04 , 05 , 07 .
Station : Gare de L’est .
– Thème : les relations France Algérie,  constat et perspectives .
-intervenants :
-1 Christophe Dubois,  journaliste à TF1 et auteur du livre les relations France Algérie .
2- Brahim Oumensour, chercheur à l’institut des relations internationales.
Cordialement .

Période de transition en Algérie : l’association ACDA ouvre le débat

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L’Association pour le Changement et la Démocratie en Algérie (ACDA) ouvre le débat sur la période de transition en Algérie et invite les Algériens de France à s’interroger et réfléchir sur la façon d’agir pour que l’étape qui s’annonce soit démocratique.

Pour cette occasion, l’ACDA a convié le Juriste et ancien doyen de la faculté de droit d’Alger M. Madjid Benchikh ainsi que l’économiste et défenseur des droits humains M. Ahmed Dahmani. Dans leurs exposés, les deux intervenants ont mis en évidence la nature complexe du régime et l’emprise qu’exerce le commandement militaire sur les autres composantes du système. La forte influence du milieu des affaires et son imbrication grandissante avec les cercles classiques du pourvoir ont été particulièrement soulignées et présentées comme une « évolution » majeure du régime sous le règne du clan de Bouteflika. Une évolution qui n’est pas de nature à simplifier les choses, vu que la résistance des entreprises et des hommes d’affaires, qui ont été copieusement alimentés par les marchés publics et les projets faramineux, risque d’être forte et intense.

Les échanges avec la forte assistance et les nombreuses interventions des participants ont étés riches et variées. Toutefois, une convergence des points de vue vers la prudence et la retenue s’est faite ressentir. Ceci, sans oublier la nécessité de poursuivre la mobilisation citoyenne en cours, en Algérie au sein de la diaspora, et de faire en sorte qu’elle se déroule dans la bonne ambiance et sans violence.

Par Hakim Taibi

 

Alger, quelques 2 Millions d’algériennes et d’algériens dans les rues (Vidéo)

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Pour la 5ème semaine d’affilée, les rues du pays ont connu une énorme affluence des citoyennes et des citoyens algériens. A Alger l’on parle de pas moins de 2 Millions de personnes descendues aujourd’hui pour dénoncer les manœuvres du système.

 

 

Par la rédaction

Souad Massi : « Voir autant de femmes dans les rues d’Alger me fait énormément plaisir »

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L’artiste algérienne, qui vit à Paris depuis début 2000, dit sa fierté de voir surgir cette « intelligence des entrailles d’une Algérie qu’on croyait aveuglée ».

Il y a vingt ans, on découvrait Souad Massi. Une voix envoûtante accompagnée par des mélodies folk ou chaâbi, la musique populaire née dans les rues d’Alger au début du XXe siècle.

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Installée à Paris où elle prépare son sixième album pour le mois d’août, la native de Bologhine, un quartier populaire de la capitale algérienne, a décidé de « prêter sa voix » aux manifestants. Elle coorganise le 3 avril à Paris, au théâtre Le Palace, l’événement « Un seul héros, le peuple », un concert pour le changement en Algérie et en solidarité avec les mobilisations dans le pays.

On vous a vu manifester à Paris, aux côtés des Algériens de France qui soutiennent les manifestations en Algérie…

Souad Massi J’ai voulu participer à ces manifestations place de la République, à Paris, parce que j’habite en France et que c’est le seul moyen que j’ai d’être solidaire des manifestants et des manifestantes en Algérie. En tant qu’artiste, je prête ma voix à celles et à ceux qui sont en train de marcher dans les rues d’Algérie – des centaines de milliers de personnes – pour leur dire qu’on est là, on soutient ce mouvement ; contre ce pouvoir qui est en place. On veut un changement radical, une IIe République libre et démocratique. Et que vive l’Algérie de maintenant, et de demain ! Qu’elle vive avec ses enfants, avec plein d’espoir !

Le fait de voir autant de femmes dans les rues d’Alger m’a fait énormément plaisir. La femme algérienne est l’épine dorsale de ce peuple. Il était donc normal et légitime qu’on la voit s’approprier cet espace public qui lui était – entre parenthèses – interdit dans le passé.

Vous avez débuté en Algérie dans les années 1990, lors de la « décennie noire », dans un groupe de hard-rock, cela ne devait pas être évident…

Oui, c’était le groupe Atakor [qui est aussi le nom du plus haut sommet d’Algérie]. Je chantais plutôt dans la première partie qui était plutôt rock et je salue ce groupe qui a beaucoup aidé à ma culture musicale. Ce n’était pas évident dans l’Algérie de cette époque-là d’exister en tant qu’artiste et de pouvoir s’exprimer. C’est encore le cas maintenant, d’ailleurs.

Cette époque m’a évidemment marquée. C’était une période délicate. Très dure. On ne pouvait pas s’exprimer, on ne pouvait pas se produire… Et on était touchés par ce qui se passait, cela nous a atteints. Cela m’a aussi amenée à écrire des chansons un peu dures, tristes. Revendicatives aussi. C’est de cela que l’on s’inspire aussi.

Vos premiers albums étaient à tonalité très folk, mais vous avez exploré d’autres univers par la suite comme le chaabi, la musique populaire algérienne, pour arriver jusqu’à la poésie arabe dans votre dernier album. Racontez-nous ce chemin.

J’avais déjà 17 ans quand j’ai commencé à chanter. J’adorais le folk. J’adore toujours le rock et le folk. Mais avec l’âge, le fait de vivre loin de son pays, de ses amis, de sa famille, j’ai été submergé par beaucoup de nostalgie. Chose qui s’est traduite par un besoin de revenir à mes sources et d’introduire les instruments traditionnels algériens ou de m’inspirer de la musique populaire qui est le chaabi algérien. J’y reviens un peu dans mon prochain album.

Je me suis permis d’ouvrir une petite parenthèse avec cet hommage à la poésie arabe, d’abord parce que j’adore la poésie. J’avais aussi travaillé avec les Chœurs de Cordoue [avec le guitariste Eric Fernandez ]. On avait rendu hommage à Cordoue et à la beauté de cette culture arabo-musulmane.

La chanteuse et guitariste algérienne Souad Massi à Rabat, en juin 2014.
La chanteuse et guitariste algérienne Souad Massi à Rabat, en juin 2014. Youssef Boudlal/REUTERS

J’ai essayé à travers ce travail, l’album Al-Mutakalimoun (« Les Orateurs ») d’attirer un petit peu l’attention des gens et leur dire que cette culture, il ne faut pas l’oublier. J’ai voulu lui rendre hommage avec mes moyens. Avec de la poésie, la calligraphie, avec de la musique aussi. Je suis partie du VIe siècle avec un poème de Zoheir Ibn Abi Salma, en passant par le poète Al-Moutanabi, au Xe siècle, jusqu’aux plus contemporains comme Abou Kassem Al-Shabi (Tunisie, 1909-1934) et l’Irakien Ahmad Matar.

Il y a dix-huit ans, vous chantiez Bladi (« Mon pays ») « une terre devenue un enfer ». Bladi, c’est quoi pour vous aujourd’hui ?

Bladi aujourd’hui se traduit par un beau sourire, plein d’espoir. Je suis très optimiste et très fière de voir les slogans et la maturité de la jeunesse algérienne qui est aussi apaisée et consciente. Je suis fière aussi de voir cette intelligence sortir des entrailles de cette Algérie qu’on croyait aveuglée par beaucoup de choses. Je la vois rayonnante, plurielle et belle. Portée aussi par ces femmes qui sont présentes et je n’ai pas d’inquiétude à ce sujet.

Source LeMonde
Par M.Zerrouky

Alger : les journalistes de TF1 interdis de la couverture de la marche

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Plusieurs témoins, présents au niveau de la grande poste d’Alger, qui a vu une grande affluence de manifestants, dès les premières heures de la matinée, ont relayé sur les réseaux sociaux une photo de l’exfiltration d’une équipe de journalistes de TF1.

Cette chaîne a été officiellement accréditée par les autorité algérienne, une première depuis le début du mouvement populaire en Algérie. Selon ces même témoins, ils auraient été chassés par les manifestants, une manière de dénoncer les déclarations faites par le président français Macron, ou il soutenait ouvertement les propositions du clan Bouteflika.

L’Etat algérien avait refusé la venue de journalistes étrangers pour couvrir les manifestations. Ce n’est que cette semaine que le service d’accréditation et l’ambassade d’Algérie à Paris ont accordé des visas pour des journalistes étrangers dans leur grande majorité des français.

 

Par la rédaction

 

« Gilets jaunes » : les militaires pourront « aller jusqu’à ouvrir le feu » en cas de menace

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French soldiers patrol in front of the Louvre Museum Pyramid's main entrance in Paris, France, as part of France's national security alert system "Sentinelle" after Paris deadly attacks November 27, 2015. REUTERS/Charles Platiau TPX IMAGES OF THE DAY

C’est ce qu’indique le gouverneur militaire de Paris, qui rappelle que ces hommes sont tenus de faire des sommations.

Le recours à l’armée pour appuyer policiers et gendarmes dans les opérations de sécurisation, lors de l’acte 19 des « gilets jaunes », continue de faire polémique. Et ce ne sont pas les déclarations ce vendredi 22 mars du gouverneur militaire de Paris qui devraient calmer les inquiétudes.

Au micro de Franceinfo, le général Bruno Leray, qui souligne que les militaires de Sentinelle « sont soumis au même cadre légal que les forces de sécurité intérieure », explique que ces hommes « ont différents moyens d’action pour faire face » en cas d’attaque lors de la manifestation des « gilets jaunes » samedi à Paris. Ainsi, les militaires pourront « aller jusqu’à l’ouverture du feu […] si leur vie est menacée ou celle des personnes qu’ils défendent ».

Le haut-gradé précise le mode opératoire des militaires en pareil cas : « Ils donnent des sommations. C’est arrivé par le passé, au Louvre ou à Orly. Ils sont parfaitement à même d’apprécier la nature de la menace et d’y répondre de manière proportionnée. »

Pas de mission de maintien de l’ordre

Comme indiqué en milieu de semaine par le gouvernement, les effectifs de Sentinelle seront mobilisés pour protéger des bâtiments officiels et autres points fixes afin de permettre aux policiers et gendarmes de se concentrer sur le maintien de l’ordre.

Dans une interview publiée ce vendredi par « le Parisien », la ministre des Armées Florence Parly assure en effet qu’il « n’est dans l’idée de personne de mettre les militaires en face des manifestants ».

« Nous allons veiller à ce que Sentinelle puisse encore davantage soulager les forces de l’ordre », ajoute Florence Parly, qui assure que « la répartition des tâches est très claire entre militaires et policiers » et que la mission des militaires est « de lutter contre le terrorisme, pas de rétablir l’ordre public ! »

Des explications qui ne convainquent pas dans l’opposition. Dans une lettre adressée ce vendredi à Edouard Philippe et consultée par l’AFP, Jean-Luc Mélenchon demande « solennellement » au Premier ministre de venir s’expliquer devant l’Assemblée nationale. Le leader de La France insoumise affirme que la décision annoncée de mobiliser la mission antiterroriste militaire « a sidéré de nombreux républicains », arguant qu' »en aucun cas des manifestants ne peuvent être considérés comme des ennemis de l’intérieur ».

« Le gouvernement doit s’expliquer devant la représentation nationale sur une décision aussi aventureuse que périlleuse. »

Source L’OBS
G. S.

Le Maroc et le Front Polisario à nouveau face à face à Genève, l’Algérie présente

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Le Maroc et le Front Polisario se sont réunis jeudi 21 mars à Genève dans le cadre de la deuxième table ronde sur le conflit au Sahara occidental qui prend fin ce vendredi. L’Algérie et la Mauritanie prennent également part à cette réunion. L’Onu a indiqué que cette rencontre traitera de «la construction d’une solution basée sur le compromis».

La deuxième table ronde sous l’égide des Nations unies consacrée à la résolution du conflit au Sahara occidental a débuté jeudi 21 mars à Genève, en Suisse, et prendra fin ce vendredi, a indiqué un communiqué de l’Onu. Le Maroc et le Front Polisario ont pris part à cette réunion. Les deux parties sont directement concernées par ce conflit, ainsi que l’Algérie et la Mauritanie en tant qu’observateurs et pays voisins. À l’issue de la première journée, aucune information n’avait filtré sur les résultats des discussions.

«Cette réunion s’inscrit dans le cadre du processus visant à la conclusion d’une solution politique qui soit juste, durable et mutuellement acceptable prévoyant l’autodétermination du peuple du Sahara occidental», indique le communiqué.

Évoquant les deux axes encadrant les discussions entre les différentes parties, le texte souligne que «dans le cadre de la réunion, les délégations doivent discuter des éléments qui sont nécessaires à la construction d’une solution durable basée sur le compromis». «La réunion doit aussi procurer aux délégations une occasion de revenir sur certains enjeux régionaux et de discuter de mesures de confiance», poursuit-il.

La première table ronde sur ce conflit s’était également tenue à Genève les 5 et 6 décembre 2018, sous le patronage de Horst Köhler, envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu pour le Sahara occidental. Aucun engagement n’a été pris lors de ce premier tour des pourparlers.

Depuis le début du conflit au Sahara occidental en 1975, le Maroc continue de revendiquer sa souveraineté sur ce territoire. Dans ce sens, Rabat prône un statut d’autonomie du Sahara occidental sous sa souveraineté comme solution au conflit. Pour sa part, le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, revendique l’organisation d’un référendum d’autodétermination dans le cadre des résolutions du conseil de sécurité de l’Onu.

 

Source Sputnik

Caricature du jour

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Signée Sadki

Maroc : après leur condamnation à la prison ferme, Bioui et Hjira saisissent la Cour de cassation

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JUSTICE – “Nous sommes très choqués par le verdict”, déclare au HuffPost Maroc Abdellatif Wahbi, député PAM et avocat de Abdenbi Bioui, membre du même parti, président du conseil de la région de l’Oriental, au lendemain de sa condamnation pour détournement de fonds publics. Dans cette région, le président de la commune d’Oujda, Omar Hjira, membre du bureau exécutif du parti de l’Istiqlal (PI), a lui aussi été reconnu coupable pour le même chef d’accusation auquel s’ajoute la falsification.

Le tribunal des crimes financiers de Fès a condamné, mercredi 20 mars, Bioui à un an de prison ferme et Hjira au double de cette peine. Mais l’exécution de ce verdict est suspendue automatiquement par la saisie de la Cour de cassation, comme l’explique Me Wahbi, rappelant que les condamnés ont dix jours à partir du verdict, conformément à la loi, pour faire appel à la plus haute juridiction.

Une nouvelle manche à laquelle l’avocat ne s’attendait pas. Et pour cause, les deux hommes avaient été acquittés dans le cadre de ce même dossier en 2017. “Le juge d’instruction avait décidé de ne pas engager de poursuite pour crimes financiers. Le parquet a alors renvoyé le dossier à la chambre criminelle près le tribunal de première instance, qui a prononcé un non lieu. Mais en appel, il nous ont condamnés. Moi, je n’y comprends plus rien!”, s’exclame l’avocat.

C’est le parquet qui avait fait appel du verdict de première instance en se basant sur le rapport de la Cour des comptes faisant état de dépenses injustifiées entre 2006 et 2009 et évaluées à 40 millions de dirhams pour des travaux d’aménagement. “Le procès en appel a pris environ un an et la plaidoirie du procureur n’était pas méchante. Cela avait même renforcé notre espoir”, confie Me Wahbi, estimant que le rapport de la cour des comptes “se base sur des estimations qui ne peuvent servir d’éléments catégoriques”.

L’avocat dit cependant garder espoir, d’autant que, pour lui, on ne peut engager la responsabilité de Bioui dans ce qui relève de l’exécutif sur terrain. “Il ne peut être pénalement responsable de l’exécution que doit assurer un ouvrier ou un fonctionnaire”, assure-t-il, remettant en question le verdict.

Impressions similaires au PI. L’un de ses leaders, Adil Benhamza, a exprimé son incompréhension de la condamnation de Omar Hjira sur sa page Facebook. Il a estimé que ce dernier ne pouvait être tenu pour responsable de faits qui remontent à une période où il n’a pris la tête de la commune qu’à sa fin (2009).

“C’est un rebondissement incompréhensible qu’à connu cette affaire. Nous soutenons notre camarade Hjira dans l’espoir que la justice se rattrape à l’étape de la cassation”, écrit-il. Et d’accuser la justice de “ne pas être indépendante ni intègre et de ne fonctionner que par voie d’instructions”.

Mais si pour les deux partis de l’opposition, PAM et PI, cette condamnation a eu l’effet d’un coup de massue, pour les associations, elle suscite tout au contraire un soulagement. Interrogé par le HuffPost Maroc, le président de l’Instance nationale de la protection des biens publics au Maroc, Mohamed Ghalloussi estime que “ce verdict relève d’un signe positif”. “Le jugement prononcé en appel a corrigé une situation inconcevable que représentait l’acquittement en première instance de ces deux hommes influents”, affirme-t-il.

Leur position et responsabilité partisane ont fait de ces deux condamnés une sorte de “symbole de la reddition des comptes”. “Nous avons tant milité pour que chaque responsable de la gestion publique soit appelé à rendre des comptes sur la base des rapports de la cour des comptes”, rappelle-t-il. Et d’espérer que ce verdict annonce “les prémices du combat contre le laisser-aller et la corruption”.

Plusieurs affaires liées à la dilapidation de deniers publics aboutissent presque toujours au non lieu sinon à des peines avec sursis, regrette Ghalloussi, citant, entre autres, Abdelaziz Banine du RNI et Ali Rahimi de l’UC. L’association avait déposé plainte contre “l’impunité des crimes financiers” auprès du conseil supérieur du pouvoir judiciaire et la présidence du ministère public. “Souvent ce sont de petits fonctionnaires et quelques présidents de communes rurales qui sont condamnés, mais ce verdict de Fès montre que la règle n’est pas générale”, estime Ghalloussi espérant que “la Cour de cassation ne fera l’objet d’aucune pression pour que la loi reste au dessus de tous”.

 

Source Huffpostmaghreb
Par Leïla Hallaoui