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Arrestation de Louisa Hanoune. Le parti des travailleurs (PT) condamne cet acte qu’il estime comme une « dérive gravissime »

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Parti des travailleurs

Communiqué sur l’arrestation de Louisa Hanoune par le tribunal militaire de Blida.

Réuni aujourd’hui 9 mai 2019, le Secrétariat permanent du Bureau politique (SPBP) du Parti des travailleurs informe l’opinion publique des faits suivants :

Louisa Hanoune, Secrétaire générale du Parti des travailleurs, est mise en détention provisoire par le Tribunal militaire de Blida aujourd’hui après avoir répondu à une convocation du juge d’instruction comme témoin.

Tous les Algériennes et Algériens savent que le Parti des travailleurs a combattu depuis sa fondation en 1990 pour l’Assemblée constituante souveraine pour l’avènement de la démocratie véritable et pour la souveraineté populaire. Il n’a jamais dévié de cette ligne directrice de sa politique.

C’est pourquoi le Parti des travailleurs, fidèle à sa politique s’était prononcé contre le cinquième mandat de A. Bouteflika, a décidé de faire démissionner son groupe parlementaire de l’Assemblée populaire nationale et s’est exprimé contre toutes les manœuvres visant à contourner la révolution populaire exigeant le départ du système dont la prétendue transition qu’ils veulent faire déboucher sur la présidentielle du 4 juillet 2019.

C’est donc cela qui est reproché à Mme Louisa Hanoune.

Pour le SBP, c’est une dérive gravissime, un acte de criminalisation de l’action politique indépendante et l’expression d’une volonté de mise au pas des militants et activistes par le pouvoir de fait. Il s’agit là d’une mesure contre le peuple algérien et sa mobilisation révolutionnaire entamée depuis le 22 février 2019. Il appelle à l’abandon de toutes les charges retenues contre elle et à sa libération inconditionnelle.

Le SBP en appelle à toutes les Algériennes et à tous les Algériens, à ceux qui partagent ou non nos positions, pour s’opposer à cet acte anti-démocratique qui est dirigé contre la révolution du 22 février.

Avec cette arrestation c’est une nouvelle étape qui s’ouvre.

 

Le Secrétariat du Bureau politique du parti des travailleurs

Alger, 9 mai 2019 16h40

Libye. L’ambiguïté française en Libye entre le gouvernement d’union nationale et le maréchal Haftar

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Depuis l’offensive menée sur Tripoli par le maréchal Haftar, la France peine à faire connaître sa position. Emmanuel Macron a reçu en mai le chef du gouvernement d’union nationale, rappelant le soutien indéfectible de Paris à celui-ci malgré le flou.

L’escalade de la guerre civile en Libye a déstabilisé la diplomatie française. Le maréchal Haftar, homme fort de l’est libyen, a lancé le 4 avril une offensive afin de prendre le contrôle de Tripoli, la capitale du pays, sous contrôle du gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, reconnu par la communauté internationale.

La France accusée de double jeu

Pourtant le 16 avril, sont descendus dans les rues de Tripoli, vêtus de gilets jaunes, des manifestants critiquant la position de Paris, qu’ils estiment œuvrer en sous-main à la victoire de Khalifa Haftar. Deux jours plus tard, le 18 avril, le ministère de l’Intérieur libyen a accusé, dans un communiqué, le gouvernement français d’apporter son concours au «criminel Haftar».

Fathi Bach Agha, ministre de l’Intérieur, suspendant dans la foulée tout lien entre son ministère et la diplomatie française dans le cadre des accords sécuritaires bilatéraux.

Rebelote le 20 avril sur la place des Martyrs de Tripoli, où ont fleuri des pancartes sur lesquelles on peut lire «Surpris par la conduite française face à l’attaque de Tripoli», mais également des portraits d’Emmanuel Macron affublés d’une croix rouge et du message «Laissez-nous tranquilles» en arabe et en anglais. «Il faut que les autres pays arrêtent leur ingérence dans les affaires des Libyens, comme la France qui dit publiquement que c’est un pays ami mais soutient en cachette ceux qui attaquent notre ville et nos maisons», assurait alors un des manifestants, Haifa al-Ferjani, 23 ans, à l’AFP.

En outre, les partisans du GNA accusent Paris de bloquer des résolutions condamnant l’offensive au Conseil de sécurité de l’ONU et au sein l’Union européenne. «Il y a des divergences dans la position européenne, en raison du différend entre la France et l’Italie [sur la Libye]», a ainsi expliqué, le 15 avril, le ministre des Affaires étrangères du GNA, Mohamed Taha Siala, alors que Rome appuie clairement le gouvernement en place depuis mars 2016.

Paris éclaircit sa position

De son côté, même s’il ne cache pas son soutien au maréchal Haftar dans le contexte de la lutte antiterroriste, le Quai d’Orsay réprouve l’offensive menée sur Tripoli selon RFI. De même source, le ministère français des Affaires étrangères a déclaré : «Nous sommes en contact avec les deux parties, on ne s’en cache pas, pour tenter de remettre les négociations politiques sur la table.» L’Elysée a même dû rappeler que la France soutenait «le gouvernement légitime du Premier ministre Fayez al-Sarraj et la médiation de l’ONU pour une solution politique inclusive en Libye».

Emmanuel Macron a lui reçu, le 8 mai, Fayez al-Sarraj au palais présidentiel, réaffirmant, dans un communiqué, à l’issue de la rencontre, «le soutien de la France au gouvernement d’entente nationale, avec lequel la France poursuivra sa coopération». «Les deux dirigeants ont convenu de l’importance d’élargir et d’approfondir le dialogue avec l’ensemble des composantes de la nation libyenne […] y compris à la société civile» peut-on lire dans le document. Le président français a également réitéré «sa volonté d’aider à construire la paix dans le cadre d’un processus politique en Libye, sous l’égide des Nations unies».

Fayez al-Sarraj avait estimé sur France 24 le soir même que la rencontre avec Emmanuel Macron avait été «positive», précisant que ce dernier avait été «très compréhensif». Le chef du gouvernement libyen a néanmoins invité la France à «prendre une position plus claire» dans les jours à venir. Après des passages par Rome, Berlin et Paris, les responsables du GNA sont attendus à Londres.

 

Source RT France

Algérie. Le gouvernement a décidé d’autoriser l’importation des véhicules d’occasion

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Le gouvernement a décidé de réduire la facture annuelle d’importation des kits destinés aux montages des voitures touristiques et d’autoriser les importations des véhicules d’occasion pour les particuliers.

« Les ministres des Finances et du Commerce ont été chargés d’élaborer une conception sur les mécanismes juridiques permettant au citoyen d’importer les véhicules d’occasion. », explique le communiqué à l’issue du Conseil du du gouvernement.

Une mesure combattue par les constructeurs automobiles, qui ont pesé de tout leur poids pour s’opposer à la possibilité pour les citoyens d’importer des véhicules d’occasions.

Si le ministre des Finances a été chargé de formuler des propositions concrètes et pratiques, applicables lors du prochain conseil du gouvernement, relatives aux mesures susceptibles de réduire la facture d’importation des produits électroménagers et électroniques (dits produits blancs) ainsi que des téléphones portables, le gouvernement Bédoui ne donne pas plus de détails sur les mesures décidées, lors de la réunion du conseil du gouvernement.

Cette mesure intervient alors que la facture d’importation des kits destinés aux montages automobiles a explosé en 2018,  pour atteindre les 2,38 milliards de dollars sur les dix premiers mois de 2018 contre 1,27 milliard de dollars sur la même période en 2017, avait révélé Centre national des tra lensmissions et du système d’information des Douanes (CNTSID).

 

Source HuffpostMaghreb

ENTV. une émission censurée pour avoir remis en cause la feuille de route de l’armée

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ALGÉRIE – A la télévision publique on ne rigole pas avec la ligne éditoriale dictée par les nouveaux décideurs, et appliquée à la lettre par les responsables. Le journaliste Nazim Aziri en a fait les frais cette semaine avec son émission “Question d’actu”, qui a été censurée par le directeur de l’ENTV, Lotfi Cheriet, rapporte le quotidien El Watan.

M. Aziri paye les propos de ses invités qui se sont attaqués aux promoteurs de la feuille de route des pouvoirs publics, lors de l’émission. “L’émission a été censurée parce qu’elle a révélé le caractère mensonger de la nécessité d’adhérer à la solution constitutionnelle. Elle a donné une autre lecture des arrestations et du rôle de l’armée”, condamne sur sa page Facebook Nadjib Belhimer et repris par El Watan.

Pourquoi la télévision public continue à servir le discours officiel et refuse l’ouverture ?

Redouane Boudjemaa enseignant en sciences de la communication et de l’information à Alger 3, l’explique par le fait que “le secteur public a toujours fait dans la propagande pour le régime qui s’est accentuée depuis 1999. Depuis le début de cette révolution pacifique il y’a trop de manipulations et de diversions et beaucoup de mensonges.”

 

Source HuffpostMaghreb

Algérie. Louisa Hanoune placée en détention provisoire

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La Secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a été placée en détention provisoire par le Juge d’instruction militaire près le tribunal militaire de Blida.

Elle a été transférée dans le centre pénitentiaire civil de Blida. Louisa Hanoune avait été entendue « dans le cadre de la l’enquête ouverte contre Athmane Tartag, Mohamed Mediène et Said Bouteflika ». Ces derniers sont poursuivis pour « atteinte à l’autorité de l’Armée et complot contre l’autorité de l’Etat ». Mme Hanoune avait été ainsi convoquée pour être entendue concernant les faits.

Pour rappel, le juge d’instruction militaire près le tribunal militaire de Blida a ordonné le 5 mai courant, le placement en détention provisoire de Athmane Tartag, Mohamed Mediène et Said Bouteflika.

 

Source ALG24

Débat. La 25ème édition du forum de RAJ

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A l’occasion du 74eme anniversaire des massacres de 8 mai 1945, Le RAJ a l’honneur de vous inviter à la 25ème édition du forum de RAJ qui aura lieu le jeudi 09 mai 2019 à partir de 21h30 au siège de l’association, sis au 17 Rue Larbi Ben Mhidi, 3ème étage, Alger centre
Le forum a l’honneur de recevoir :
M.Mohammed Ould Si Kaddour El-Korso; historien et professeur associé, université Alger 2.
Pour animer une conférence  débat intitulée :
«Leçons d’Histoirre: 8 mai 1945 – Hirak 2019 ».
Nous serions très honorés de vous compter parmi nous.
Soyez les bienvenus « es »

Algérie. L’État Major de l’ANP ne veut pas entendre parler d’une “période de transition”

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L’éditorial paru dans le dernier numéro de la revue El Djeich revient sur la situation politique du pays et les perspectives de sorties de crise.

Premier constat: l’ANP ne veut pas entendre parler d’une “période de transition” et attaque ceux qui militent pour cette solution et refusent de se conformer à la feuille de route annoncée par le Chef D’État-Major, Gaïd Salah.

Il y’a “ceux qui n’en ont cour de l’intérêt supérieur du pays et qui voudraient voir perdurer la crise en rejetant toutes les solutions disponibles et possibles, à même de permettre à notre pays de surmonter cette épreuve, et donc de couper la route aux aventuristes qui concoctent des plans et projettent de les exécuter à tous les échelons, dans le but d’entraîner le pays vers l’anarchie et le chaos”, condamne El Djeich.

Au passage, l’édito de la revue de l’ANP s’en prend à ceux qui veulent faire pression, par leurs publications dans les colonnes de certains médias, pour une période de transition durant laquelle ils se conduiront comme il leur plaira et feront passer leurs projets et les agendas de leurs parrains qui vouent à l’Algérie une haine et une rancœur infinies”, remarque l’édito.

El Djeïch identifie les coupables qui “avaient sollicité l’intervention de l’armée dans le champ politique durant les précédentes décennies” et qui “tentent aujourd’hui, sournoisement, de l’entraîner sur cette voie en cette étape cruciale”.

“En tout état de cause, les projets et les plans concoctés par cette poignée de comploteurs sont inéluctablement voués à l’échec, y compris celui visant à briser la cohésion entre le peuple et son armée. ”, affirme El Djeïch

Source HuffpostMaghreb

Débat. La dictature dans ses constantes

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Ben Salah comme Gaïd Salah tiennent à imposer leur feuille de route, en appelant encore au dialogue et à la tenue des élections du 4 juillet 2019. Les cris du peuple montent comme une prière jusqu’au ciel sans rencontrer l’écoute des dieux. Ceux-là n’ont pas de concessions à faire aux pauvres mortels qu’ils ont soumis et dépouillés de toute humanité. Les Algériens devront encore subir les discours des pères fouettards qui les tiennent pour mineurs irresponsables et qui les sommes de les rejoindre sur les voies de la raison et de la vérité qu’ils sont seuls à détenir.

Les manifestations du 11ème vendredi, venues confirmer d’une même voix les revendications déclamées dès les premières marches, le départ du système et l’édification d’un Etat civil libre et démocratique, ne semblent pas avoir touché le clan des décideurs militaires qui campent sans faillir sur leurs positions.

Si le président par intérim, dans son discours monocorde du 5 mai 2019, considère que les revendications pacifiques des Algériens sont justes et légitimes, il les remet en cause juste après, faisant l’impasse sur son départ et le rejet de l’article 102 et des institutions de la fraude. Il se fixe même un rôle prépondérant dans le processus du changement, qu’il dit en cours, incitant les Algériens à soutenir la solution de l’Etat-major et à les aider, eux, à effectuer la « rupture » en faisant élire un président qui saura mener les réformes nécessaires. Il soutient qu’ils sont les seules, lui et le commandement militaire, qu’il salut pour le maintien de la solution constitutionnelle, à pouvoir réaliser effectivement la volonté du peuple ; toute partie qui dira le contraire est ennemi de l’Etat et de ses institutions. Juchés sur l’olympe, Gaïd et Ben Salah entendent uniquement leurs seuls monologues, identiques dans le fond et la forme.

Les manœuvres de l’Etat-major

Afin de convaincre et solliciter la confiance des Algériens, Gaïd, à Oran, va faire constater une vérité de La Palice : « Nous sommes les enfants du peuple », dit-il, comme si quelqu’un avait affublé l’ANP du contraire. Il donne même des gages sur sa bonne foi en faisant arrêter ses adversaires, les chefs de file du clan opposé qu’il nous présentait comme les spoliateurs du peuple, les détourneurs de la République, les responsables de la prédation et les principaux agents de la vindicte populaire. Il présente cela comme une avancée majeure dans la lutte contre la corruption et la satisfaction de la demande des Algériens. Il livre au tribunal militaire de Blida Tartag, Toufik et Saïd accusés d’« atteinte à l’autorité de l’armée » et de « complot contre l’autorité de l’Etat ». Ceux-ci sont apparus sur la télévision publique, toujours manipulée, en acteurs jouant la partition d’une pièce de théâtre plus ou moins bâclée, montant les marches du perron comme pour se rendre à un repas d’affaires. Le feuilleton du pouvoir ne lésine pas sur la mise en scène qu’il veut spectaculaire par la qualité de ses comparses. Un épisode à l’algérienne de Game of Thrones.

Le commandement militaire et ses alliés tiennent absolument à sauver le système en place et même à le rénover, sous le couvert d’engagement factices pour la rupture et le changement. En phase de négociation, Gaïd abandonne le ton aboyeur qu’il troque pour une approche doucereuse, comme si un crocodile pouvait faire preuve de tendresse, adoptant une tactique de contournement, une stratégie militaire qui évite le choc frontal avec la demande citoyenne. On compte aussi sur le Ramadan qui jouerait un rôle de ralentisseur de la contestation et qui, joint aux pressions économiques et aux contrainte du quotidien, pourrait l’affaiblir, puis complètement la dissoudre. Ce qui rentre dans les attentes du pouvoir militaire dont l’objectif principal en ce moment est de ramener le calme en mettant le mouvement à plat. L’étape suivante, avec le soutien des partis satellites, sera alors de gagner plus ou moins la confiance des Algériens, en leur faisant croire aux miracles, pour les ramener sur la voie des urnes conformément à la constitution.

Les contradictions des généraux

Le commandement militaire, n’est pas seulement en porte-à-faux avec le mouvement citoyen, il rejette carrément le projet démocratique qu’il lui propose, une refondation nationale dans cette optique va remettre l’armée à sa véritable place, l’écarter de la chose politique et des affaires. Ce que les généraux ne sont pas prêts d’admettre.

Pour bien comprendre cet état d’esprit, il faudra considérer le processus de fonctionnement du régime à travers des institutions qui lui ont conféré tous les pouvoirs. Les États-majors successives dont celle actuelle ont toujours considéré l’Algérie et son peuple comme leur propriété privée, d’où leur comportement colonial depuis le coup d’Etat de l’armée des frontières. Ce commandement de nature dictatorial ne gère pas directement les affaires publiques, il le fait par le biais d’un réseau de cadre civil, du pseudo FLN et puis de partis, plus au moins compétents, mais aux ordres. Il partage avec cette pègre la gestion de la rente et les dividendes, suivant négociation, tout en restant derrière, presque invisible, pour donner l’illusion d’un pouvoir civil démocratique, ce qui leur garantit l’impunité. Le régime politique en Algérie est en fait un marché de dupes comme sa constitution qui sert à élire des rois et non des présidents.

Le problème actuel de Gaïd et ses affidés n’est pas véritablement d’associer le peuple aux affaires publiques, il peut lui concéder quelques parcelles de décisions sous surveillance. Ce qu’il propose par ailleurs pour fabriquer une illusion de changement. Ce qu’il veut c’est que les modifications se fassent selon leur démarche et leur vision, dans le cadre de la constitution qui leur assure tous les abus, quitte à l’aménager ensuite, mais en préservant le tutorat permanent de l’armée.

Cette révolution du peuple remet en cause de manière radicale le pouvoir des généraux et dérange leurs plans ; ils voudront la réduire par tous les moyens dont ils disposent, même s’ils doivent sortir en final les crocs et les griffes. Ils ne se résoudront pas facilement à lâcher tous les pouvoirs au bénéfice du civil. Cela leur fait peur car tous leurs privilèges quasi coloniaux seront éradiqués. Imaginez un lion auquel on conteste d’être le roi de la jungle du jour au lendemain, il peut faire un carnage si l’occasion lui est donné. Heureusement qu’il y a 20 millions d’Algériens dans la rue, c’est l’Himalaya même pour un lion !

La détermination des Algériens

Du côté du peuple, cet Homme debout, nombreux et puissant, que Gaïd veut affaiblir et réduire à la taille de lilliputien pour mieux l’écraser, les choses n’iront pas comme le souhaitent les décideurs. Ces dernies sous-estiment sûrement la détermination et le sens du sacrifice des jeunes et des moins jeunes, tous résolus à dégager le système mafieux qui les a opprimé et spolié. Sous la pluie ou la chaleur, durant le Ramadan, que l’on use de la matraque ou de subterfuges, de mensonges ou de menaces, rien apparemment ne saura détourner les Algériens de leur but, le flambeau de la protestation restera allumé jusqu’à la victoire finale.

Certes, le chemin de la révolution s’avère long et tortueux, mais les Algériens sont aussi fort s’ils restent debout, nombreux, unis, marchand coude à coude, formant un mur vivant devant l’arbitraire. La dictature de la caserne, à la longue, ne pourra pas subsister devant la détermination de tout un peuple.

Par Md Amokrane tighilt

Débat. Dialoguer et négocier avec qui et quoi?

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Dans cette période sensible que traverse notre pays de nombreuses questions se posent aux citoyens. La formidable révolution pacifique en cours depuis le 22 février 2019 a déjà à son actif un bilan important mais très insuffisant pour une révolution de cette ampleur. Certes, la mobilisation des algériens a empêché le 5ème mandat ainsi que le 4ème prolongé.

Elle a délégitimé tous les pouvoirs politiques, qui constituaient la vitrine civile, derrière laquelle manœuvre le commandement militaire. Depuis la démission forcée de Bouteflika, le peuple algérien est face aux véritables détenteurs du pouvoir, ceux qui se sont accaparés depuis des décennies, le droit de désigner le Président, de l’adouber publiquement, de mobiliser l’appareil de l’état pour le faire avaliser leur choix par des élections truquées.

Le fait d’avoir brisé ce paravent est une victoire indéniable mais ce qu’est qu’une étape. Les algériens, depuis près de trois mois, expriment clairement leur demande de, non seulement, en finir définitivement avec ce système mais aussi et surtout leur détermination à bâtir un véritable état de droit, dans lequel ils pourront vivre librement, dignement et dans la prospérité.

Maintenant que les choses se sont clarifiées et qu’il ne reste dans l’équation que deux acteurs, d’un côté, le peuple mobilisé pacifiquement et de l’autre, le commandement militaire, la solution passe évidemment par le dialogue.

Dialoguer de quoi et négocier quoi ?

Le préalable de base étant que le pouvoir appartient au peuple et qu’il est aujourd’hui entre les mains du commandement militaire, le dialogue et la négociation ne peuvent porter que sur la restitution du pouvoir par le commandement militaire à son détenteur légitime, c’est à dire le peuple.

Dans cette optique, aucun dialogue, aucune négociation ne trouvera de soutien populaire tant que le commandement militaire n’annoncera pas officiellement au peuple algérien et au monde entier qu’il a pris la décision de remettre le pouvoir au peuple, de retourner dans ses casernes et de ne plus jamais s’ingérer dans la vie politique.

Le jour où il le fera et seulement ce jour-là, s’ouvrira une phase pour mettre en place les mécanismes de transition. Les solutions existent, les personnalités consensuelles pour gérer cette phase de transition existent et la formidable mobilisation populaire accompagnera, pas à pas, l’édification d’un nouvel état, une nouvelle République, à laquelle aspirent les algériens.

Alors, oui pour dialoguer, oui pour négocier mais seulement les mécanismes pour rendre au peuple sa souveraineté, après 57 ans d’usurpation.

 

Par Yahia Bounouar

 

France. La mobilisation de la diaspora algérienne ne faiblit pas !

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Au lendemain des nouvelles arrestations annoncées visant des éléments influents du pouvoir agonisant, en l’occurrence Saïd Bouteflika et les généraux Toufik et Tartag, la mobilisation de la communauté algérienne en France ne faiblit pas. Entre 5000 et 7000 manifestants, selon les organisateurs, ont ainsi pris part à la mobilisation dominicale parisienne, place de la République, pour exiger, loin des luttes de survie à l’intérieur du système, «le départ de tout le régime».

«Si l’arrestation de ces personnes est confirmée, elle reste une affaire interne à l’institution militaire ; une affaire entre généraux ! Elle ne concerne en rien la politique, et encore moins le combat des Algériens pour une démocratie réelle à travers, notamment, leur slogan ‘‘Yetnehaw gaâ’’, qui ne concerne pas uniquement les trois personnalités citées et tous les symboles du régime Bouteflika, mais aussi Gaïd Salah lui-même», a déclaré Abdou Bendjoudi, activiste politique et membre du mouvement Action citoyenne pour l’Algérie (ACA).

Faisant allusion à l’implication directe du chef d’état-major de l’armée dans la crise politique, où il intervient en tant que partie antagoniste à part entière depuis plusieurs semaines, notre interlocuteur appelle de ses vœux à des «solutions politiques et civiles de sorte de crise». Selon lui, cela passerait surtout par la «refondation de la société civile autonome et indépendante», détruite durant l’ère Bouteflika, qui a cassé tous les corps intermédiaires (syndicats, associations, ONG, etc.).

«Il faut s’organiser dans le pays mais aussi ici, dans la diaspora, pour que nous puissions représenter les Algériens grâce à des assisses de la société civile, où seront élus des représentants légitimes du peuple, dans la perspective d’aller vers un conseil de transition, duquel devrait se dégager une chefferie d’Etat qui désignera un gouvernement de transition civil, chargé de gérer les affaires courantes de l’Etat et de préparer des élections générales ou pour élire une Assemblée constituante.

C’est durant cette période de transition que commencerait la vraie déconstruction des fondements du régime autoritaire et la consolidation des acquis démocratiques (renforcer le caractère civil de l’Etat, abrogation de toutes les lois liberticides, récupération des médias publics, dissolution du FLN, etc.)», a-t-il expliqué en marge du rassemblement d’hier.

Cette description de la forme que devrait désormais prendre la transition retrouve, en tout cas dans ses grandes lignes, celle de la plupart des acteurs du changement qui sont dans le pays et ceux établis à l’étranger, particulièrement en Hexagone. Ainsi le collectif Libérons l’Algérie – constitué par nombre d’organisations associatives et partisanes (ACDA, Alcaee, Addra, Debout l’Algérie, FFS France, Jil Jadid Europe, Les Humanistes, Amis de l’académie berbère, Les Progressistes, Ibtykar, MJC, Riposte internationale, UCP France, UEAF, etc.) – a réitéré son exigence de la «dissolution de l’APN, du Sénat et de tous les appareil du pouvoir (FLN, RND, MPA, TAJ, UGTA, etc.)» et du lancement d’«un processus constituant».

Dans ce sens, Mohammed Idir Yacoub, militant politique et membre du collectif, tient à préciser que cette structure d’auto-organisation, «engagée à accompagner la révolution du peuple algérien, est régie par une charte d’éthique et de fonctionnement mettant l’accent sur le soutien à la dissidence pacifique, citoyenne et responsable pour le changement et la démocratie en Algérie.

Nous sommes déterminés à assumer notre part de responsabilité, en tant que membres de la diaspora, à la construction d’une véritable alternative démocratique et sociale. Par des actions diverses et variées, nous soutenons la dynamique en marche dans notre pays et nous contribuons à ouvrir des pistes de réflexion pour enrichir le débat et, pourquoi pas, proposer des solutions concrètes. En effet, dans les rassemblements et les conférences-débats, nous tenons toujours à associer non seulement des personnalités engagées, mais aussi des experts dans différents domaines».

Et ce, dans l’objectif de faire de ce collectif «une force de proposition» concernant plusieurs thématiques (modèles de transition, processus constituants, libertés et droits humains, égalité homme-femme, etc.). «Nous sommes une partie intégrante du peuple algérien. Or, celui-ci a repris remarquablement espoir en sa capacité à changer réellement les choses. Pacifiquement et dans l’unité, avec beaucoup de maturité et de lucidité, il poursuit dignement sa quête pour restituer sa liberté usurpée et son droit à l’autodétermination et l’édification d’un Etat démocratique», lance-t-il.

De son côté, Ali Aït Djoudi, journaliste et président fondateur de l’ONG Riposte internationale, organisation membre de Libérons l’Algérie, fait une double lecture d’une «situation exceptionnelle sur les plans historique et politique». D’abord, il constate que «jamais une mobilisation de cette ampleur a eu lieu en faveur du départ du système et sa mise en cause de façon aussi profonde et radicale, avec un caractère si pacifique, qui a surpris à la fois le système et la classe politique embourbés chacun dans leurs contradictions. Elle ne leur laisse aucun choix à part celui de se plier aux différents mots d’ordre scandés par les citoyens chaque vendredi en Algérie et dimanche en France».

Ensuite, il se réjouit que «les stratégies mises en place par le système, en jouant la carte du temps et mêlant discours tantôt rassurants, tantôt menaçants, ne semblent plus avoir un effet d’influence sur les citoyens, si ce n’est celui de les renforcer dans leurs convictions et la légitimité de leurs revendications». Etant convaincu que cette séquence historique a permis l’émergence de nouvelles personnalités et acteurs politiques pouvant gérer la période de transition, il souhaite «le retrait immédiat de l’armée de la vie politique ; et la mise sous tutelle d’un comité de salut public les différents corps de sécurité afin d’endiguer de manière préventive tout esprit revanchard et règlements de comptes qui risqueraient de favoriser un climat d’instabilité».

A l’instar des différentes autres structures militantes, Riposte internationale organise, en plus de la participation aux rassemblements populaires, des réunions publiques d’échanges et de débats chaque mercredi, dont l’objectif est d’«analyser l’évolution de la situation dans le pays avec diverses personnalités du monde associatif, artistique et politique, à l’image du grand militant Sadek Hadjerès, qui nous a honorés de sa présence et partagé avec nous sa vision des choses. Notre démarche est dictée par la nécessité d’une vision cohérente et responsable, animée par un esprit collectif, pour accompagner cette révolution jusqu’à son aboutissement par l’instauration d’une véritable démocratie». 

 

Par Samir Ghezlaoui
Source ElWatan