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Nacer Djabi: Le hirak représente une nouvelle Algérie que le système politique ne peut plus gérer.

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La jeunesse a donné une leçon magistrale qu’on n’a pas vu venir, selon le sociologue Nacer Djabi, qui insiste sur le patriotisme des Algériens. Il affiche son optimisme quant au mouvement populaire, convaincu que les jeunes vont faire encore plus appel à leur intelligence politique.

– De 1962 à 2019, les Algériens sont passés par plusieurs révolutions, mais le hirakest le plus déterminant et déterminé de toutes. Comment l’expliquez-vous ? 

Les Algériens ont changé. Malheureusement, ni le pouvoir politique ni même les chercheurs n’ont vu les changements que la société a vécus. Notamment les conséquences de l’école, l’université et la généralisation de l’enseignement, l’ouverture sur le monde, les nouvelles modalités des nouvelles générations… On n’a pas vu venir tout ça.

On disait qu’il allait y avoir quelque chose, mais pas de cette nature ni de cette qualité et encore moins de ce volume de la mobilisation. Tout le monde a été surpris par l’auto-organisation, la conscience politique, la détermination du mouvement populaire. La classe politique et les chercheurs en sciences sociales ont négligé les transformations du peuple et n’ont pas vu la marginalité de son comportement.

On n’a pas vu cette marginalité dans les stades par exemple, chez les jeunes des quartiers populaires ni des couches moyennes, on n’a pas vu les transformations chez la fille algérienne avec l’école et sa généralisation, l’ouverture sur le monde… C’est, à mon avis, parce qu’on a longtemps pensé que les Algériens ne sont pas ouverts sur le monde extérieur. Le hirak est une très belles surprise, une nouvelle étape qui reflète l’existence d’une nouvelle Algérie que le système politique ne peut plus gérer comme avant.


On disait qu’il allait y avoir quelque chose, mais pas de cette nature ni de cette qualité et encore moins de ce volume de la mobilisation. Tout le monde a été surpris par l’auto-organisation, la conscience politique, la détermination du mouvement populaire. La classe politique et les chercheurs en sciences sociales ont négligé les transformations du peuple et n’ont pas vu la marginalité de son comportement.

Ce système a l’habitude de gérer l’Algérie qu’il appelait l’Algérie profonde, l’Algérie des adultes, des vieux, des illettrés, l’Algérie rurale, pauvre… mais il ne peut pas gérer une Algérie riche, dans une bonne situation économique. Il ne peut pas gérer des Algériens qui ont fait des études. Il refuse de gérer des Algériens ouverts sur le monde. Ce système ne sait plus gérer des Algériens qui sont en majorité à l’université, les gens qui ont des intérêts économiques, les couches moyennes qui veulent travailler et développer des affaires…

C’est pour toutes ces raisons qu’il faut le changer ce système. Ce dernier se base sur des références anciennes et historiques dans sa gestion, alors que la nouvelle Algérie veut des références modernes et d’avenir. D’ailleurs, le dernier discours qu’a émis Bensalah avant-hier en est une preuve (discours du mercredi 3 juillet, ndlr). Le chef de l’Etat a parlé avec une langue de bois très ancienne et qu’on ne comprend plus sans faire d’effort !

– Nous avons longtemps pensé que la jeunesse algérienne est déconnectée et insouciante de la situation politique du pays et de son avenir, mais le hirak a prouvé le contraire. Quelle est votre analyse du comportement des jeunes du hirak ? 

La jeunesse nous a donné une grande leçon qu’on n’a pas vu venir. Je l’ai déjà dit et je le répète : on n’a pas vu venir ce comportement parce qu’on ne s’est pas intéressé à la marginalité du comportement des jeunes. Il est vrai que les gens insistent peut-être trop sur les jeunes du milieu populaire, mais dans le hirak, j’ai remarqué qu’une place importante est occupée par les jeunes des villes, issus des couches moyennes, pour la plupart d’un bon niveau scolaire, ont des diplômes et veulent une autre Algérie.

On a aussi été surpris par la place occupée par les filles à travers le mouvement étudiant exemplaire de par son auto-organisation. Un mouvement en contradiction nette avec ceux des étudiants corrompus des partis politiques. D’ailleurs, à travers ce mouvement, nous rencontrons une nouvelle figure de l’étudiant, qui n’a rien à voir avec les étudiants du FLN ou du RND qui sont devenus vieux avant l’âge.

Par ailleurs, il est à noter que hirak a fait venir les jeunes vers la politique. Un sondage effectué l’année passée affirme que 1% seulement des Algériens de moins de 35 ans adhèrent à un parti politique. Mais aujourd’hui, nous nous retrouvons devant une situation très différente. Maintenant, les jeunes viennent eux-mêmes vers la politique, ils s’y intéressent jusqu’aux détails, ils investissent la rue, décortiquent la Constitution, créent le débat politique dans la rue comme dans les stades et les cafés…

Tout cet intérêt exprimé de manière très vive et très populaire, à travers la chanson, l’humour, en utilisant les différentes langues parlées par les Algériens. En conclusion, les jeunes du hirak forment une nouvelle génération extraordinaire, la seule capable de faire l’Algérie du futur.

Elle veut couper avec le système politique et son mode de gérance, couper avec l’ancienne culture politique de toute la classe politique y compris l’opposition. Elle veut aller au-delà, vers une Algérie moderne, démocratique, diversifiée et qui respecte la femme. Personnellement, je n’ai pas peur pour l’avenir du pays s’il est entre les mains de cette génération.

– Quelle est l’importance de l’engagement de cette tranche de la société en particulier ? 

Nos gouvernants ont toujours été des vieux. Une minorité démographique du pays avec une culture politique de la guerre de libération de l’Algérie post-indépendance. Ce sont des gens dont la seule référence est le passé et l’histoire, coincés dans le nationalisme très ancien, avec des réflexes vieux, en crise et chauvins qui peuvent aller vers des positions d’extrême droite comme on l’a vu dans la vision raciale, identitaire, la peur de l’étranger, de la diversité que donne le pouvoir. Alors que notre jeunesse s’ouvre sur le monde et se réfère à l’avenir.

Les deux ne collent pas. L’Algérie a jusque-là été en dehors de l’histoire à travers le discours politique du gouvernement ou encore le contenu de notre télévision nationale, dont le type n’existe plus dans aucun autre pays au monde ! Mais les jeunes veulent passer outre, vers une Algérie plurielle, moderne et qui respecte les différences.

Et on avance bien dans ce sens depuis le 22 février. On gère bien nos différences, nos problèmes et lacunes historique sans conflit et sans violence. D’ailleurs, les jeunes nous ont donné une très belle leçon d’intelligence politique et de pacifisme et ont prouvé qu’on peut régler les problèmes de l’Algérie en dehors de la vision ancienne de l’Algérien naturellement violent.

– Aujourd’hui, nous fêtons le 57e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Selon vous, quel lien peut-on faire entre la génération de la guerre d’indépendance et la génération du hirak ? 

Le patriotisme. Les Algériens, en particulier les jeunes, prouvent qu’ils sont vraiment patriotiques, qu’ils aiment leur pays et qu’ils lui veulent du bien. Le plus important, ils prouvent qu’ils ne veulent plus le quitter.

Désormais, les Algériens veulent rester chez eux, travailler, étudier dans et pour leur pays. D’ailleurs, le nombre de harraga a beaucoup baissé par rapport à une période précédente. (…) On ressent aujourd’hui une grande appartenance au pays, que ce soit en Algérie ou dans l’émigration. J’ai assisté le 15 mars dernier au rassemblement des Algériens à la place de la République à Paris, et j’ai vu dans ces jeunes le symbole de la nation, du patriotisme et de l’histoire de l’Algérie.

On est donc devant une jeunesse qui peut se ressourcer dans le nationalisme. Pas le nationalisme chauvin et ancien, mais un nationalisme ouvert sur le monde et qui peut déboucher le progrès, comme l’a été le nationalisme algérien des années 40’ et 50’ qui a été ouvert sur les idées de gauche et les idées universelles. A mon avis, la situation post-indépendance, le parti unique et les forces rétrogrades ont fait du patriotisme algérien un patriotisme futile, qui a peur de l’autre et de la diversité. Le 5 juillet de la jeunesse d’aujourd’hui va être une étape importante dans une Algérie nouvelle, qui peut régler ses problèmes économiques et sociaux dans la diversité et le pacifisme.

Et c’est un bel exemple que nous donnons au monde et surtout à la région arabe, qui est restée sous le trauma collectif après l’échec du changement en Syrie, en Egypte et en Libye. En 90’, l’Algérie a été le premier pays arabe à entrer dans une guerre civile. Peut-être, je l’espère, que ce sera le premier pays arabe à sortir avec un changement pacifique négocié et qu’on pourra donner de l’espoir aux peuples de la région et du Maghreb qui nous regardent.

– Depuis le début, le mouvement populaire a rencontré plusieurs tentatives de division. Quelle est votre analyse sur la solidité exprimée par les Algériens jusque-là ?

Le pouvoir a pris l’habitude de nous gérer à travers nos points faibles et pas nos points forts. Jusque-là, ce système a mal géré la diversité linguistique, politique et des générations des Algériens qui représente nos points forts.

Mais le hirak a dit non. Par exemple, qui pose problème de l’amazighité ? L’emblème amazigh a très facilement été accepté depuis la troisième ou la quatrième marche, à Alger et dans les grandes villes. Il n’a pas posé de problème ! Qui a voulu en faire un ? C’est le pouvoir. Nos femmes, mères et grand-mères ont porté le tatouage du signe amazigh sur leur visage. Elles étaient donc contre l’unité nationale depuis des siècles ? Elles voulaient la division des Algériens ?

C’est une aberration ! Ils gèrent par le négatif et la diversion. Ils ont tout essayé : le régionalisme, l’anti-amazigh, l’anti-femme, l’anti-islamisme, l’anti-kabyle… En réponse, les Algériens ont prouvé qu’ils ne rentrent pas dans ce jeu. Et la preuve c’est que le hirak est là, après cinq mois de mobilisation pacifique, unitaire, nationale et populaire.

– A ce stade de la révolution, comment voyez-vous l’avenir du mouvement et la transition politique ?

Je reste très optimiste malgré les problèmes qui ont pu se poser durant la 19e marche (arrestations, diversions…). Je suis persuadé que les Algériens vont faire encore plus appel à leur intelligence politique, leur unité, leur savoir-faire et leur ouverture sur le monde pour dépasser ces petits faux barrages qui cherchent à affaiblir le hirak.

Ils veulent couper avec un système politique devenu un danger pour l’Etat national et pour la société algérienne. Ils veulent en découdre avec ce système et le remplacer par un autre plus légitime, plus démocratique, plus représentatif à travers l’application des revendications du hirak.

C’est-à-dire une période de transition valable, des élections crédibles et une commission nationale pour leur gestion, faire disparaître les têtes qui ne sont plus légitimes et qu’on ne veut plus voir, une ouverture des médias et de la presse, une ouverture de la justice. Et puis, ouvrir le débat entre les Algériens, pour arriver à concrétiser les grands projets du hirak, qui ne veulent qu’un changement pacifique et le bien de l’Algérie.

interview Nacer Djabi sociologue

par: El watan du 05 juillet 2019, Ryma Ramia Benyakoub


Manifestations monstres en Algérie pour demander le départ du chef d’état-major de l’armée

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Des dizaines de milliers d’Algériens défilaient vendredi dans plusieurs villes du pays pour réclamer notamment la démission d’Ahmed Gaïd Salah, ancien proche de Bouteflika.

Comme lors des précédentes manifestations, les slogans ont à nouveau ciblé le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée, qui détient, selon la contestation et des observateurs, le pouvoir réel depuis la démission du président Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril. « Gaïd Salah dégage », « le peuple et l’armée sont frères mais Gaïd Salah est avec les traîtres », ont scandé les manifestants à l’adresse de celui qui a maintes fois refusé leurs revendications.

« Ya men 3ch, ya men 3ch, Gaïd Salah fil Harrach ». Les manifestants réclament l’emprisonnement du chef d’Etat-Major

Depuis la démission de M. Bouteflika sous la pression de la rue et de l’armée, la contestation refuse que le « système » en place organise l’élection présidentielle et réclame au préalable le départ de tous les anciens soutiens de l’ex-président, resté près de vingt ans au pouvoir.

Le célèbre avocat et défenseur des droits humains Mustapha Bouchachi, le diplomate et ex-ministre Abdelaziz Rahabi et d’autres personnalités avaient appelé à des manifestations « massives » pour ce 20e vendredi de contestation. Pari tenu puisque les rues du centre d’Alger étaient noires de monde depuis la fin de la prière hebdomadaire musulmane.

Au son d’hymnes à la gloire des martyrs de la guerre d’indépendance, dont le pays célèbre ce vendredi le 57eanniversaire, les Algériens ont répondu à leur appel pour faire du 5 juillet « la concrétisation de la libération de l’homme, après la libération de la patrie » du pouvoir colonial français.

Un manifestant se rafraîchit pendant la manifestation à Alger, vendredi 5 juillet.
Un manifestant se rafraîchit pendant la manifestation à Alger, vendredi 5 juillet. FETHI SAHRAOUI / COLLECTIF 220

« On ne s’arrêtera pas »

Mercredi, le président par intérim, Abdelkader Bensalah, a proposé la création d’une instance de dialogue pour organiser une présidentielle et promis que l’Etat et l’armée ne s’y impliqueraient pas. Partis d’opposition, société civile et observateurs attendent de voir comment cette proposition sera concrétisée, car aucun nom n’a été avancé pour le dialogue.

« Ou c’est vous [le pouvoir] ou c’est nous, on ne s’arrêtera pas », ont crié les manifestants, rejetant à nouveau la feuille de route du pouvoir. « Ils sont en train de reformuler les mêmes propositions. Leur seul objectif est de maintenir le système en place. Donc pas de dialogue dans ces conditions », a lancé une manifestante de 28 ans, Linda Hamrouche.

Un premier appel au dialogue, lancé début juin par M. Bensalah et limité à la classe politique, avait aussi reçu une fin de non-recevoir de la contestation. La présidentielle, prévue le 4 juillet et rejetée par les manifestants, a été annulée faute de candidat. Alors que le délai de quatre-vingt-dix jours prévu par la Constitution pour l’intérim expire théoriquement le 9 juillet, M. Bensalah a dit qu’il resterait à son poste jusqu’à l’élection d’un nouveau président.Lire l’analyse : En Algérie, une colère aux racines profondes

Climat répressif

Samedi, des partis politiques, des représentants de la société civile et des personnalités doivent tenir une réunion intitulée « assises nationales du dialogue ». Cette initiative « vise à mettre en place des mécanismes pour sortir de la crise et aller, dans des délais raisonnables, vers l’organisation » d’une présidentielle, a déclaré l’ex-ministre M. Rahabi.

Autre revendication, de plus en plus forte ces dernières semaines : l’arrêt du harcèlement et de la répression dont font l’objet les manifestants et militants ces dernières semaines et la libération des détenus d’opinion. Au moins une quarantaine de personnes – le chiffre est évolutif – ont été déférées devant les tribunaux et mises en détention pour port du drapeau amazigh (berbère), par exemple.

مناوشات بين الشرطة و المتضاهرين في ساحة موريس أودان Escarmouches entre policiers et manifestants à la place Maurice… https://t.co/07EHaYFaTj— khaleddrareni (@Khaled Drareni)

Vendredi, des dizaines de manifestants portaient des tee-shirts sur lesquels était écrit « Libérez Bouregaa », en référence à l’ancien moudjahid (résistant) et opposant, incarcéré dimanche après avoir critiqué le rôle de l’armée et de son chef d’état-major. « Quand on arrive à mettre en prison un héros de la guerre quelques jours avant [l’anniversaire de] l’indépendance, c’est qu’il ne reste plus rien à espérer de ce pouvoir », a estimé Lila Bouregaa, une nièce de l’ancien combattant.

Des manifestants demandent la libération du moudjahid Lakhdar Bouregaâ, arrêté samedi 29 juin. Il est accusé « d’at… https://t.co/Lv9ioJKJ5R— ZahraaRhm (@Zahra Rahmouni)

Des échauffourées ont émaillé la fin de la manifestation à Alger quand des policiers ont arraché des drapeaux berbères des mains de manifestants ou ceux accrochés au sommet des réverbères près de la Grande Poste. Pour se replier, des policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes. Les manifestants ont riposté en leur lançant des bouteilles d’eau vide, avant que le cortège ne se disperse.

En dehors d’Alger, les médias algériens rapportaient des manifestations qualifiées parfois d’impressionnantes – comme à Constantine, dans l’est du pays – dans les principaux chefs-lieux de wilayas (départements) du pays. Les Algériens manifestaient notamment à Bouira, Annaba, Chlef, Oran, Mostaganem, Béjaïa, Tizi-Ouzou, Bordj Bou Arreridj, M’Sila, Batna, Djelfa et El Tarf.

Par: le monde du 6 juillet 2019

Les Emirats arabes unis, le coffre fort du pouvoir algérien

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Forte des liens financiers tissés avec les clans au pouvoir en Algérie, la monarchie pétrolière émiratie oeuvre dans les coulisses pour favoriser l’instauration d’un régime fort en Algérie. A l’égyptienne.

Principaux alliés de la monarchie séoudienne et interlocuteur privilégié de l’administration Trump au Moyen Orient, les Emirats arabes unis (EAU) ont été à l’origine, ces dernières années, d’une diplomatie extrêmement agressive, mais jamais proclamée et toujours dissimulée. Cette discrétion légendaire des Emirats contraste avec la stratégie médiatique de leurs frères ennemis du Qatar. Lesquels, lors du printemps arabe, ont toujours proclamé haut et fort leurs choix diplomatiques pour le meilleur et pour le pire.

Une machine à cash

On a vu le prince héritier et ministre séoudien de la Défense, Mohamed ben Zayed Al Nahyane, surnommé MBZ, à l’oeuvre en Egypte lorsque les Emirats ont soutenu en 2013 le coup d’Etat du maréchal Sissi et en Libye, où le maréchal Haftar n’a rien à lui refuser. La diplomatie émiratie est également très active en Tunisie, où elle intrigue pour mettre fin au processus démocratique né du départ du général Ben Ali en 2011. Les EAU sont présents également au Soudan et tout récemment en Mauritanie, où le président Aziz ne refuse pas leurs avances et leurs gâteries. Dans la guerre sanglante du Yémen, les troupes des EAU interviennent avec une brutalité inégalée. Ce qui vaut à MBZ lune plainte à Paris pour « complicité de crime de guerre » déposée par six citoyens yéménites.

Devenue une formidable machine à blanchir l’argent sale, la monarchie pétrolière s’est toujours montré accueillante, ces dernières années, pour abriter, dans ses banques de Dubaî ou d’Abou-Dhabi, les comptes discrets de nombreux dirigeants du monde arabe, maghrébin et africain.

Grace aux liens étroits qu’ils ont tissés aussi bien avec le clan Bouteflika mais ausis avec le chef d’état major, Gaïd Salah, les Emiratis jouent un rôle particulièrement trouble mais décisif dans la crise que traverse aujourd’hui l’Algérie. Le seul objectif de cette monarchie rétrograde est de freiner le mouvement populaire algérien et d’oeuvrer en Algérie en faveur d’un régime musclé, comme celui du maréchal Sissi en Egypte.

Un tweet en forme d’aveu

« Les Emiratis tombent, les Boutef tombent aussi ». « Attention aux trois diables: la France, les Séoudiens et les Emiratis, les plus sournois ». « Nous disons aux Emirats, ne surfez pas sur la vague ». Les manifestants qui défilent en masse, chaque vendredi, dans les principales villes algériennes ne sont pas dupes du jeu trouble de leurs « frères » du Golfe. De nombreuses banderoles dénoncent l’ influence néfaste des émiratis, leur penchant pour la corruption et leur alliance avec le camps Bouteflika.

Voici quelques jours, un échange de tweets entre deux conseillers influents des monarchies pétrrolières dévoilait les intentions cachées du pouvoir émirati. Turki Al Hammad, l’éminence grise du Premier ministre séoudien, Mohamed Ben Salmane, dit MBS, est un universitaire connu dans l’ensemble de la péninsule d’Arabie pour son ouverture d’esprit. Au lendemain des manifestations du 8 mars en Algérie et des annonces qui vont suivre, cet intellectuel libéral est impressionné par la présence féminine et le rôle déterminant de la femme dans les mobilisations algériennes. Ce dont témoigne le tweet qu’il rédige alors. « Le retrait de Boueflika est constructif, mais l’institution militaire va-t-elle en faire autant ?  C’est la question la plus importante ».  Ce qui lui vaut une réplique immédiate d’Abdel Khaleq Abdellah, un des principaux sherpas du prince héritier émirati MBZ : « L’armée ne partira pas, seule compte la stabilité de l’Algérie. Ce n’est pas le moment pour un retrait des militaires ».

L’aveu est de taille. Le pouvoir émirati fait confiance à Gaïd Salah pour maitriser la colère populaire. Ce n’est pas un hasard si, lorsqu’il rentre précipitamment des Emirats lors des premières manifestations de rue en Algérie, le chef d’état major, sur un ton martial, met en garde les manifestants sur les risques de troubles et soutient ouvertement le camp présidentiel.

L’échange sur internet des deux sommités de la péninsule arabique provoque un déchainement de tweets. On voit s’opposer partisans et opposants de l’implication des Emiratis et de leurs alliés séoudiens dans les politiques internes des pays arabes. Des opposants égyptiens, turcs, mais aussi marocains et mauritaniens dénoncent explicitement l’ingérence des EAU dans la crise algérienne. Du moins jusqu’à ce que les deux tweets qui ont mis le feu aux poudres disparaissent d’internet, l’aveu que l’intusion des Emirats dans la politique algérienne est un sujet plus que d’actualité.

L’idylle entre Bouteflika et les Ben Zayed

L’étroitesse des relations  entre Abdelaziz Bouteflika et la dynastie des Ben Zayed est un secret de polichinelle. Elle remonte aux années 1980 lorsque les Emiratis accueillaient le futur président algérien en pleine traversée du désert et arrondissaient ses fins de mois. Parvenu aux affaires en 1999, Bouteflika n’est pas amnésique.

Certes, sur le plan diplomatique, Abdelaziz Bouteflika conservera comme président une indépendance certaine vis à vis des monarchies pétrolières. Le président algérien a toujours refusé de choisir entre les frères ennemis du Golfe et a su, malgré sa proximité historique avec les Ben Zayed maintenir des relations cordiales avec le Qatar. En Libye et en Tunisie, Alger se montre favorable à des solutions de compromis avec les Frères Musulmans contrairement au positionnement guerrier des EAU/

En matière industrielle et finacière en revanche, cette prudence n’aura pas été de mise. La présence des Emiratis en Algérie doit tout à l’arrivée de Bouteflika au pouvoir en 1999.

Ainsi, les Emiratis qui ont une stratégie constante de conquête des installations portuaires à travers le monde se sont vu octroyer le marché de la gestion du Port d’Alger en un temps record, alors qu’il s’agit d’un secteur stratégique dans la gestion des flux commerciaux qui fut longtemps la chasse gardée des services de renseignement de l’ex DRS. Le pouvoir algérien a confié, dans un deuxième temps, à un groupe émirati, la Sraem, présidée par Mohamed Al-Cheebane, un proche de MBZ, l’essentiel du marché du Tabac. Cet homme d’affaires choyé à Alger occupe à l’année une suite royale à l’hotel Sheraton où il reçoit beaucoup.Par: Nicolas beau in MA du 22 mars 2019

Marche des étudiants à Bouira : Des policiers tentent de confisquer l’emblème Amazigh

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Des policiers en civil ont tenté de confisquer l’emblème amazigh aux étudiants qui ont manifesté aujourd’hui et pour la 19ème fois à Bouira contre le système en place.

Un fait inédit à Bouira. La scène s’est déroulé à l’arrivée des manifestants devant la grande cour de la maison de la Culture Ali Zamoum du chef-lieu de la wilaya de Bouira. « Nous étions une dizaine d’étudiants qui portaient l’emblème amazigh. Au moment où nous sommes arrivés devant la maison de la culture, des agents de la police en civil ont tenté de nous arracher violemment les drapeaux. Mais nous avons résisté à ce coup de force », dira l’un étudiants qui rajoute que « Sur place, une étudiante qui avait tenté de filmer la scène de violence s’est vu confisquer son téléphone par des policiers. Ils ne le lui ont restitué qu’à la fin de la marche ».

Par Omar Arbane
Source El Watan

En Algérie, un héros de la guerre d’indépendance arrêté

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Depuis la fin du mois de février, les manifestants qui défilent dans les rues algériennes avaient pris l’habitude de brandir des portraits de figures disparues de la guerre d’Algérie, symboles, selon eux, d’une « indépendance trahie » par le régime.

Vendredi 5 juillet, jour de mobilisation hebdomadaire qui coïncide avec le 57e anniversaire de l’indépendance, ils devraient y ajouter un nouveau visage. Celui d’un homme toujours vivant cette fois, et désormais en prison.

Vétéran de la guerre d’indépendance et ancien commandant de l’Armée de libération nationale (ALN), Lakhdar Bouregaâ, 86 ans, a été placé dimanche 30 juin en détention provisoire pour « outrage à corps constitués et atteinte au moral de l’armée »,a annoncé la télévision nationale. Il encourt jusqu’à dix ans de prison.

Emblèmes interdits

Lakhdar Bouregaâ a été arrêté samedi à son domicile algérois par deux hommes en civil qui s’étaient présentés comme des militaires, selon son petit-fils, Imad Bouregaâ. Détracteur féroce du régime et du chef de l’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, l’ancien maquisard l’avait accusé de vouloir imposer « son » candidat lors d’un futur scrutin présidentiel : « Le pouvoir a déjà le nom du futur président de la République et cherche un moyen pour le légitimer », estimait-il le 27 juin. C’est cette déclaration qui aurait conduit à son arrestation, selon Imad Bouregaâ.

Né en 1933, Lakhdar Bouregaâ avait rejoint l’ALN en 1956. Commandant de bataillon dans la « Wilaya 4 », dans le centre du pays, il s’opposa à la prise du pouvoir à l’été 1962 par « l’armée des frontières », les unités de l’ALN stationnées au Maroc et en Tunise, dirigées par le colonel Boumédiène, qui formeront le socle du nouveau régime après l’indépendance.

Le Front des forces socialistes, le plus ancien parti d’opposition d’Algérie, dont Lakhdar Bouregaâ est l’un des membres fondateurs, a exprimé sa « colère » et sa « consternation » tandis que la principale formation islamiste, le Mouvement de la société pour la paix – qui jusqu’à présent refusait de condamner les arrestations d’opposants – appelle à la « libération immédiate du moudjahid Lakhdar Bouragaâ ».

Un collectif national d’avocats était en voie de constitution, dimanche, pour défendre l’ancien combattant alors que les arrestations se sont poursuivies ces derniers jours. En plus de M. Bouregaâ, seize manifestants, dont une élue de l’assemblée territoriale de la wilaya de Tizi-Ouzou (Kabylie) ont été placés en détention provisoire par la justice algérienne. Tous avaient été arrêtés vendredi 28 juin pour port d’un « emblème autre que le drapeau national ».

Le général Ahmed Gaïd Salah a fait savoir mi-juin qu’aucun autre drapeau que l’emblème national ne serait désormais toléré dans les défilés, où les emblèmes berbères étaient très présents depuis le début des manifestations. Depuis le 21 juin, 34 personnes, arrêtées en possession de drapeaux berbères, ont été inculpées pour« atteinte à l’unité nationale ». Elles risquent dix ans de prison.

Par Madjid Zerrouky
Source Le Monde

Attaques contre la révolution, attaques contre le peuple !

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Le peuple algérien voit chaque jour ,médusé, ses symboles réduits à néant, la mémoire de ses chouhadas profanée, ses authentiques  révolutionnaires traînés dans la « gadoue » et son histoire travestie. Y a-t-il encore des référents historiques en Algérie? Question terrible qu’insidieusement on nous amène à nous poser. Question vicieuse qui renferme en elle des germes nauséabonds de réponse. Surtout, en ce jour du 29 juin 2019, date anniversaire oubliée de l’assassinat en direct devant le peuple de MOHAMED BOUDIAF ,et jour du « kidnapping-arrestation » du Moudjahid et démocrate Lakhdar Bouregaa !
L’indépendance reconquise au prix fort d’une guerre meurtrière, on croyait que l’hémorragie allait s’arrêter, que l’on respecterait le sacrifice de nos grands hommes, artisans de notre liberté. Eh bien, NON!Il faut faire table rase sur les symboles, l’histoire et l’Authenticité du peuple Algérien.
Cependant, naïfs que nous sommes, on pensait que nos valeureux héros de la révolution vivants et morts, ces militants sincères et d’une intégrité irréprochable, ces stratèges politiques, par leur stature exceptionnelle étaient intouchables. Cruelle désillusion, 57 ans après l’indépendance territoriale(celle du peuple étant confisquée), il se trouve des gens occupant les plus hautes fonctions à la tête de l’état qui n’hésitent pas à les assassiner une deuxième fois avec la même perfidie et la même lâcheté, en les banalisant et en tentant de les effacer des mémoires.
Après, cette énième infamie, que nous reste-t-il? De qui parler à nos enfants, à la jeunesse de la nouvelle génération?Hélas, l’œuvre de destruction continue toujours. Elle ne cessera qu’une fois parachevée! Sinon, pourquoi, vouloir effacer de la mémoire collective, et particulièrement des jeunes, même les dates symboliques de la disparition de ces historiques? De là, à enseigner à nos enfants leurs « hauts faits d’armes »…..
A qui le tour maintenant et demain? Aucun historique  mort n’est épargné. Les vivants n’échapperont pas à ce qui semble une fatalité. Ils seront traînés dans la boue, tant qu’ils ne s’aligneront pas, comme beaucoup, à la normalisation exécrable d’un régime scatologique, à l’image du système actuel.On finira par nous faire admettre que notre Révolution s’est faite sans le peuple, sans nos  Historiques, et sans nos Moudjahidates et Moudjahidines. A qui peuvent s’identifier nos jeunes de la nouvelle génération?
Reste l’espoir, aujourd’hui ,avec la Révolution du sourire,qui si elle aboutit à la naissance de la nouvelle Algérie dont ont rêvé nos aïeuls et pour laquelle milite jusqu’à ce jour toute cette jeunesse affranchie depuis le 22 Février 2019, réhabilitera la mémoire de tout le peuple.  

Par: DR AMOKRANE LAKHDAR

« Il pleut des mains sur le Congo » : l’ethnocide colonial belge oublié

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La mise en esclavage et le massacre des Congolais sous le règne de Léopold II, de 1885 à 1908.26 SEP 2015 Mise à jour 03.01.2018 à 12:23 par Pascal Hérard

L’ouvrage « Il pleut des mains sur le Congo » retrace un massacre de masse oublié dans les limbes de l’histoire, celui perpétré par l’administration belge du roi Léopolod II entre 1885 et 1908. Entretien avec l’auteur et éditeur Marc Wiltz.

C’est un pan terrifiant de l’histoire souvent occulté. Probablement 10 millions de morts, un sacrifice humain inouï de cruauté, une véritable mécanique de mort mise en place pour permettre à un modeste royaume européen de satisfaire ses appétits économiques, tout cela sous la pression d’un monarque prêt à tout pour avoir sa part du « gâteau africain ».

Léopold II (1865-1909) est au cœur de l’ouvrage « Il pleut des mains sur le Congo », qui retrace les 23 années d’enfer « démocidaire » au Congo. L’enjeu ? L’exploitation de l’ivoire et du caoutchouc par l’administration belge.
Le titre de l’ouvrage fait référence à la pratique de cette même administration qui demandait de couper une main de chaque indigène tué, afin de justifier l’usage de chaque balle des fusils de ses fonctionnaires.

Le récit de cette monstruosité coloniale évoquée par Marc Wiltz — monstruosité qui a décimé un tiers de la population du Congo de l’époque — s’appuie sur les textes des explorateurs et écrivains de l’époque, tels Joseph Conrad, Conan Doyle ou Marc Twain.
La « mission civilisatrice » de l’Europe, d’une Belgique justifiant et occultant les crimes commis sur les populations indigènes du Congo,  exterminées sans aucun d’état d’âme par l’homme blanc, est omniprésente dans ces pages sincères, et comme poreuses  d’une abjection glaciale. Tout cela au nom d’un roi « humaniste » et « philanthrope », comme était alors  perçu le  roi des Belges.

Marc Wiltz offre  avec cet ouvrage la compréhension d’un pan d’histoire oublié, voire renié et qui replace la part de ténèbres d’une Europe se revendiquant pourtant déjà des lumières, une Europe convaincue de sa supériorité sur les populations africaines, tant d’un point de vue politique, économique que moral. Une Europe qui n’a pourtant jamais voulu reconnaître ou réparer ce meurtre de masse, le premier de son histoire.

Entretien avec l’auteur d' »Il pleut des mains sur le Congo ».

Pourquoi écrire et publier aujourd’hui « Il pleut des mains sur le Congo » ? Quels ont été les éléments déclencheurs ?

L’écrivain et éditeur Marc WiltzMarc Wiltz : La découverte de cette histoire, au fur et à mesure de mes lectures, m’a stupéfaite. J’ai travaillé en Afrique il y a longtemps, et j’ai une certaine sensibilité à ce monde là, à ces gens là, à la façon dont on les regarde. Et il y a d’ailleurs encore beaucoup de progrès, à faire, si je puis dire, sur ce regard porté. J’ai publié une biographie de Stanley (explorateur représentant officiel de Leopold II au Congo, ndlr) il y a une dizaine d’années, et c’est un personnage tout à fait intéressant.

J’étais médiocre en math et en physique mais bon en français, en philosophie et en histoire, et l’année 1885 était quelque chose dont on ne m’avait jamais parlé . Il y a en France, cette année là,  à la chambre des Députés, le discours de politique coloniale de la France de Jules Ferry, qui explique que « l’homme blanc est bien supérieur à tous les autres », et la réponse, cinglante, de Clémenceau, qui est magistrale. Mais cette même année, il y a la conférence de Berlin, avec le partage de l’Afrique, et plus on tire le fil de la pelote, à partir de ces événements, plus on est stupéfait.

Au delà des descriptions terrifiantes de ce génocide oublié de l’histoire, il y a une réflexion sur une forme de révisionnisme historique, ou en tout cas, d’oubli. En Belgique, particulièrement, comment parle-t-on de cette période, celle du Roi Léopold II ?

M.W : En premier lieu, je tiens à dire que je suis d’accord avec ceux qui disent que ce n’est pas un génocide. J’essaye de donner une autre définition, qui serait celle du « démocide » (une tuerie démographique, ndlr), parce que le génocide c’est une volonté de tuer des gens spécifiques. Il n’y avait pas une volonté de tuer en particulier ces gens là. Ça aurait pu être d’autres gens, 500 km plus loin. C’était de l’esclavage déguisé. Le résultat est le même que pour un génocide, mais d’un point de vue vocabulaire c’est un meurtre de masse, pas un génocide, mais c’est le premier commis par des Européens. Concernant le révisionnisme, ce n’en est pas non plus : le révisionnisme c’est falsifier des faits avérés. Là, on les cache, on les tord, mais on ne les réécrit pas, on les met sous le tapis et on fait comme si ça n’avait pas existé.

Le résultat, c’est que Léopold II a réussi ça. Il y a  des statues partout de Léopold II en Belgique, des noms de rue, d’hôtels, tout est Léopold. Parce que Léopold a amené à la Belgique, une richesse à laquelle elle ne s’attendait pas.

C’est un pan d’histoire terrible, glaçant, et monstrueux, et l’on pense au Rwanda. Y a t il des liens entre ces deux massacres, un traumatisme commun à cette région du monde qui pourrait mener à ces répétitions de crimes de masse ?

M.W : C’est exactement ça, et j’essaye de le dire dans ma conclusion. On ne peut pas attendre autre chose de l’ensemble de ces populations, sur un aussi vaste territoire, tellement hallucinées par ce qu’on leur a fait subir, que de conserver ça dans la conscience collective. Cette ultra-violence s’est transmise, bien évidemment.

Votre ouvrage parle du développement industriel de l’Europe, pas seulement celui de la Belgique. La France a pris le relais au Congo, dès le début du XXème siècle, et les exactions coloniales sont là aussi importantes, avec des assassinats de masse de plusieurs milliers de personnes, pour la collecte de l’impôt par exemple. Quelles leçons tirer de cette partie de l’histoire de France et européenne ?      

M.W : Pour les Français c’est à bien moins grande échelle, mais les massacres sont bien réels. Je pense qu’il faut étudier l’histoire à une autre aune. Ce que je ne voudrais pas, c’est que ce livre s’inscrive dans la repentance anti-coloniale. Je ne veux pas de ça parce que ce n’est pas le sujet. Le sujet c’est celui de poser la question du crime de masse. Ce n’est pas la colonisation le sujet. C’est un crime incroyable. Vraiment incroyable.  

Comment au Congo, et en Afrique noire plus généralement, cette histoire coloniale est-elle perçue aujourd’hui ? Votre livre sera-t-il diffusé là-bas ? Commenté ? Il y a un intérêt, localement, pour cette part de l’histoire du Congo ?

Cette partie de l’histoire est assez peu connue en réalité. J’ai débattu avec des historiens congolais, et eux la connaissent, parce qu’ils sont historiens, mais la population n’a pas connaissance de cette histoire. Elle a vaguement quelque chose à l’esprit, mais il n’y a pas le même système d’éducation qu’ici. Ce qu’il s’est passé avec Léopold II, qui est mort en 1909, c’est que la famille royale de Belgique a pris la suite jusqu’aux années 60. Puis il y a eu l’épisode Lumumba à l’indépendance, pendant 3 mois, et puis après, Mobutu pendant 30 ans. Et Mobutu a continué le travail (de la famille royale, ndlr), si je puis dire…

Mon livre sera certainement diffusé au Congo et ailleurs. Je suis certain qu’il y aura un intérêt. Ce n’est pas un livre politique. Ce qui m’a surpris, lorsque j’ai discuté avec les historiens congolais, c’est que l’un d’eux m’a fait remarquer que j’étais le premier Français à parler de ça, dans le détail. Il y avait eu un Belge, des Anglais, mais aucun Français !

J’aimerais rendre hommage à quelques personnages importants, au delà des écrivains connus. Il y a bien entendu Morel, qui est une figure incroyable, qui a consacré sa vie à dénoncer ce crime. L’autre, c’est l’ambassadeur belge Jules Marchal, qui n’a pas pu s’empêcher d’aller jusqu’au bout du fil qu’il avait trouvé.

Pour finir, j’ai lancé une pétition, puisque que j’ai découvert à la toute fin de cette histoire qu’il y avait une avenue Léopold II à Paris. Je l’ai adressée à Monsieur Hollande, président de la République, Madame Hidalgo, Maire de Paris et Monsieur Goasguen, maire du 16ème arrondissement. Cette demande vise à  débaptiser cette avenue.

Par Pascal Hérard TV5 MONDE

Vigilance

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Ce qui se passe et qui se traduit terriblement en une dictatoriale série d’exactions et de dépassements, parfois à la limite de l’implosion, mérite que l’on s’y attarde.
Depuis l’installation par on ne sait qui du l’équipe  fantoche, dite de transition, la situation se dégrade et beaucoup d’experts pensent  que cet état de fait imposé est un début d’une descente vers une  expectative sans nom.
A plus forte raison que le 5 juillet approche, date importante dans l’aboutissement de la révolution de 54 et aussi date de  fin de mission d’un gouvernement constitué de ratés notoires, les acolytes du général qui s’est érigé en maitre incontestable  s’attaquent ostentatoirement  aux symboles et aux valeurs.
L’interdiction du drapeau Amazigh dans les manifestations, les arrestations à répétition des militants, les mises sous mandats de dépôt des manifestants,  les intimidations abusives à travers les chaines de télévisions acquises ou qui servent directement les intérêts de la junte en place, sont le lot de l’inquiétante situation qu’endure le peuple.
Aujourd’hui, au début de l’après-midi, un des  derniers révolutionnaires en vie a été arrêté et kidnappé sur les hauteurs d’Alger tel un vulgaire délinquant.  Le commandant Lakhdar BOUREGAA  ancien chef de la wilaya 4  fût enlevé à 14h. C’est dire que la machine dévastatrice broie tout sur sur son passage, à commencer par les valeurs immuable du peule pour le pousser au pourrissement et aux réactions violentes qui conforteront,  la clique de général pour asseoir définitivement son état de grâce.
Voilà qui ne décourage guerre les inconscients en place,  pour imposer dans le doute et la douleur, une feuille de route programmée par des officines  douteuses.
La liste des abus du régime militaire en place est impressionnante et tout porte à croire que le plan  de la mise à genoux  de l’Algérie, entamé Bouteflika s’accélère et enfonce la pays dans un tunnel qui risque d’être fatal.
Les instances internationales de défense des droits de d’homme doivent prendre au sérieux le calvaire du peuple l’Algérien qui souffre d’une dictature militaire à huit clos.  
Restons vigilants.
Par Hocine Redjala .

Commémoration du 27ème anniversaire de l’assassinat de Mohamed BOUDIAF « TAYEB EL WATANI »

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                    LE DROIT DE SAVOIR

Le peuple algérien voit chaque jour ,médusé, ses symboles réduits à néant, la mémoire de ses chouhadas profanée et son histoire travestie.

 Y a-t-il encore des référents historiques en Algérie? Question terrible qu’insidieusement on nous amène à nous poser. Question vicieuse qui renferme en elle des germes nauséabonds de réponse. Surtout, en ce jour du 29 juin 2019, date anniversaire oubliée de l’assassinat en direct devant le peuple du président du « HCE » MOHAMED BOUDIAF ( TAYEB EL WATANI)!

 Alors, osons  aujourd’hui réhabiliter la mémoire de ce GRAND qui était une ICÔNE, à travers cette biographie brève mais concise(source Benjamin STORA)qui retrace la vie de ce « Kebch El Aid »(milles pardons si l’expression est un peu forte)des ennemis de l’Algérie Algérienne.

Mohamed Boudiaf est né le 23 juin 1919 à Ouled Madi (Wilaya M’sila) dans le Hodna. Il appartient à une famille de « grande tente » en partie déclassée par la colonisation. Il vit chez ses parents jusqu’à l’âge de 14 ans, avec un père cultivateur qui exerçait aussi le métier de tailleur dans cette ville.

En 1933,il se rend à Boussaada, chez son oncle maternel, ABADI Mohamed, où il effectua des études de cours complémentaires au collège de Boussaada.

En 1939,il abandonne ses études sans obtenir de diplôme, et alla travailler chez BENTCHICOU à Constantine en qualité de secrétaire pendant environ un an et demi.

Son état de santé fragile(atteint de tuberculose dès son jeune âge) et ses convictions nationalistes l’empêchent de réaliser son souhait de préparer l’Ecole Normale d’Instituteurs.

En Mai 1941,après avoir passé un concours, il est nommé aide-commis administratif à l’EPSM de Constantine(parc d’artillerie).

 En Juillet1942, il est commis auxiliaire  aux écritures au service des Contributions à Jijel.

Incorporé au mois d’Aout 1943,il effectua son service militaire à Constantine et Batna au 67ème RAA, et fut démobilisé au mois d’Aout 1945,avec le grade de Brigadier chef.

 Nationaliste convaincu, et marqué par les événements du 8 Mai 1945,il adhère au P.P.A, et pour mieux se livrer à ses activités militantes, il se fait mettre en disponibilité de son travail  et fait de la représentation commerciale dans la région de Sétif, Bordj Bouarraridj et M’sila.

Il devient dès 1947un responsable de l’organisation Spéciale ( O.S ),et met sur pied l’OS dans le département de Constantine, et fut jugé et  condamné pour ses activités en 1950 à 10 ans de prison par contumace. Il rejoint la France en 1953 et devient membre du M.T.L.D.

Permanent et responsable de l’organisation de la fédération de France(juin1953-février1954,il dénonce la politique et les méthodes de Messali El hadj dans la crise du MTLD

Il quitte donc l’Algérie le 25 Octobre 1954 et assume la responsabilité politique et militaire de la région Ouest avec siège au camp de Nador. Chargé de la logistique du FLN, il part en 1956 en Egypte, puis séjourne  à Tétouan afin de se procurer des armes pour la résistance oranaise qui a du mal à s’implanter. Il reprend son rôle de messager entre la délégation de l’extérieur au Caire et les chefs de wilaya.

Il rentre en Algérie et devient l’un des principaux organisateurs du C.R.U.A. (Comité Révolutionnaire pour l’Unité et l’Action), membre du groupe des 22 ayant déclenché la guerre de libération.

 Le 22 octobre 1956 il est capturé avec ses compagnons suite à l’arraisonnement par l’aviation française de l’avion «  Air Atlas », qui les menait du Maroc vers la Tunisie.

Mohamed BOUDIAF est membre de tous les CNRA, ministre d’état dans le GPRA(1958/1961),vice-président du conseil(1961).Il dirige indirectement de prison la fédération de France du FLN. Libéré en 1962,il entre en conflit avec Ben Bella, au moment de l’affrontement de BOUGHARI qui met aux prises les troupes revenues des frontières et la wilaya IV.

Le 20 septembre 1962, il fonde le Parti de la Révolution Socialiste (P.R.S.).

Le 21 juin 1963, il est arrêté et exilé dans le sud Algérien où il reste détenu pendant trois mois puis rejoint le Maroc.

Il a soutenu aussi l’insurrection de CHAABANI.

A partir de 1972, il se déplace entre la France et le Maroc en activant pour son parti, le P.R.S. et en animant la revue El Djarida.

 En 1979, après la mort de Houari Boumediene, il dissout le P.R.S et va se consacrer à ses activités professionnelles en dirigeant à Kénitra au Maroc une briqueterie.

 Le 14 janvier 1992, après la démission du Président Chadli Benjedid, il devient Président du Haut Comité d’Etat. Il meurt assassiné le 29 juin 1992 en plein voyage officiel à Annaba. Qui dit mieux ?

 L’indépendance reconquise au prix fort d’une guerre meurtrière, on croyait que l’hémorragie allait s’arrêter, que l’on respecterait le sacrifice de nos grands hommes, artisans de notre liberté. Eh bien, NON!

Il faut faire table rase sur les symboles, l’histoire et l’Authenticité du peuple Algérien.

 Cependant, naïfs que nous sommes, on pensait qu’un TAYEB EL WATANI, ce militant sincère et d’une intégrité irréprochable, ce stratège politique, par sa stature exceptionnelle était intouchable. Cruelle désillusion. 25 ans après son assassinat par l’acte isolé d’un de ses gardes ,un certain lieutenant BOUMAARAFI, il se trouve des gens occupant les plus hautes fonctions à la tête de l’état qui n’hésitent pas à l’assassiner une deuxième fois avec la même perfidie et la même lâcheté, en le banalisant et en tentant de l’effacer des mémoires.

Après, cette énième infamie, que nous reste-t-il? De qui parler à nos enfants, à la jeunesse de la nouvelle génération?

Hélas, l’œuvre de destruction continue toujours. Elle ne cessera qu’une fois parachevée! Sinon, pourquoi, vouloir effacer de la mémoire collective, et particulièrement des jeunes, même les dates symboliques de la disparition de ces historiques? De là, à enseigner à nos enfants leurs « hauts faits d’armes »…..

 A qui le tour maintenant et demain? Aucun historique  mort n’est épargné. Les vivants n’échapperont pas à ce qui semble une fatalité. Ils seront trainés dans la boue, tant qu’ils ne s’aligneront pas ,comme beaucoup, à la normalisation exécrable d’un régime scatologique, à l’image du système actuel.

On finira par nous faire admettre que notre Révolution s’est faite sans nos  Historiques.

A qui peuvent s’identifier nos jeunes de la nouvelle génération?

Reste l’espoir ,aujourd’hui ,avec la « Révolution du sourire »,qui si elle aboutit à la naissance de la nouvelle Algérie ,dont ont rêvé nos « aïeuls » et pour laquelle milite jusqu’à ce jour toute cette jeunesse »affranchie » depuis le 22 Février 2019, réhabilitera la mémoire de tout le peuple. Ainsi, soit-il.

Par  DR AMOKRANE LAKHDAR

DERNIÈRE MINUTE – Le moudjahid Lakhdar Bouregaa arrêté

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Le moudjahid Lakhdar Bourgaa a été arrêté, ce samedi 29 juin, par des agents de sécurité avant d’être emmené vers une destination inconnue, ont annoncé plusieurs de ses proches sur les réseaux sociaux.
Dans un communiqué, le FFS confirme l’arrestation. « Nous venons d’apprendre avec beaucoup de colère et de consternation la nouvelle de l’arrestation de Si Lakhdar Bouregaa, commandant de la 4e wilaya historique et membre fondateur de notre parti le 29 septembre 1963 », écrit le parti dans un communiqué signé par son premier secrétaire.
« Le FFS dénonce cette arrestation qui cible l’un des rares symboles de la glorieuse révolution algérienne toujours en vie. Le FFS considère qu’aucun prétexte n’est recevable devant ce déni de l’histoire et de ses braves artisans. Nous exigeons sa libération immédiate et sans conditions », conclut le FFS.
Source TSA