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ANALYSE

L’Ecole nationale d’administration : le moule du pouvoir ?

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Je compte, parmi mes amis (es) et collègues, un grand nombre de personnes qui est passé par l’ENA (1), école qui avait pour vocation première de produire des cadres de haut niveau, qui devaient être chargés de construire la haute administration du futur état algérien en gestation (2).

Mais la conjoncture actuelle nous dévoile, tous les jours, des noms de présumés hauts fonctionnaires délinquants, qui, pour une bonne partie, ont fréquenté cette institution. Je me suis, dès lors, posé une question simple : Y a-t-il une relation de cause à effet, entre cette école supérieure et la corruption généralisée, que nous en train de « découvrir » en direct, au quotidien ? La réponse est claire, nette et précise : Non, il n’y a pas de corrélation scientifique entre ces deux phénomènes sociologiques. Cependant, force est de constater, qu’un nombre important, peut être même exorbitant, de délinquants  « au col blanc », sont issus de cette école… comment donc résoudre cette équation ? 

L’analyse des programmes pédagogiques (3) retenus, pour la formation des cadres de l’état, peut être une piste pour tenter une explication triviale. En effet, ces programmes sont très proches de ceux enseignés par sa grande sœur jumelle qui est l’ENA française (4)… d’autant que cette dernière a fourni à la France (avec d’autres écoles supérieures civiles et militaires) des légions de fonctionnaires compétents qui font la gloire de l’état français (administration centrale et collectivités locales, établissements publics, entreprises), sans pour autant qu’on ne les retrouve impliqués dans des affaires scabreuses. Cependant, la similitude réside dans le fait, qu’un « pont fécond » s’est bâti entre la classe politique (Présidents, Premiers ministres, ministres, préfets, députés, sénateurs, chef d’entreprises…) et cette école prestigieuse où l’état français va puiser ses ressources humaines, hautement qualifiées, pour se construire (il y a lieu de signaler que quelques cadres de l’Afrique francophone et du Maghreb, triés sur le volet, y ont été « formatés »).

Des « camarades de promotion » (plusieurs années de formations, dans une même école, crées forcément des liens subjectifs) avec, certes, des parcours différents, vont « étoffer » les cabinets présidentiels, ministériels, la haute fonction publique, la magistrature,  les états-majors des grands partis politiques, les Conseils d’administration des grandes entreprises et notamment publiques, ainsi que les établissements publics (universités, hôpitaux, lycées, infrastructures…). Le « moule » va reproduire, quasi indéfiniment, la ressource humaine (5) nécessaire à la construction cohérente d’un état, qui développe des forces centripètes, en la formatant sur la base d’un certain nombre de valeurs et de déterminants, négociés, préalablement, dans un consensus idéologique régénéré, au fil des événements majeurs qui ont marqué ce pays (guerres, révolutions, réussites ou échecs des avancées scientifiques, culturelles, mutations et conjonctures nationales et internationales).

Qui pourrait en vouloir, aux initiateurs du projet, à cette époque ? Mais, dans notre cas, les matières enseignées nous indiquent clairement les buts recherchés et les objectifs escomptés, puisqu’une large part pédagogique est allouée au droit administratif et ses démembrements et aux finances publiques et ses instruments ainsi qu’à l’organisation territoriale (Wilayas, Daïras et Communes). Cette école va déployer ses étudiants vers des spécialités telles que l’administration centrale et locale, les finances publiques, la magistrature, les établissements publics et la diplomatie (6). Comment et dans quelles conditions, dans notre pays, le pont entre la gestion de l’administration et la « carrière politique » (7) a-t-il donc été bâti ?

En effet, le passage, plus ou moins long et « réussi », dans un certain nombre de wilayas dites « sensibles » (8), va servir de tremplin à un portefeuille ministériel, toutes spécialités confondues, avec un souci certain d’équilibre régional, durant les trente premières années de l’indépendance. Le problème des pouvoirs régionaux et locaux par rapport au pouvoir central (jacobin), n’est perçu que sous l’angle  étroit de la décentralisation et de la déconcentration (9).

En outre, depuis les ordonnances des années 60, organisant les relations entre le pouvoir central (ministère de l’intérieur et les wilayas et les daïras) et celui local (APC), on va être amputé, progressivement, par plusieurs amendements des prérogatives du dernier, au profit du premier, jusques et y compris, au niveau des finances publiques, par la création du Fonds Commun des Collectivités locales (FCCL) et également par la dissolution du corps de la police communale.

Enfin, pour définitivement achever la reprise en main des pouvoirs locaux, les délibérations des APC et des APW ne seront exécutoires qu’après « validation » par les walis. Les walis et leurs adjoints, chefs de daïra, comme démembrement de l’état, deviennent, dès lors, les véritables « maîtres » des collectivités locales et agissent, pour le compte du pouvoir central et en son nom, avec des pouvoirs exorbitants, les plus étendus, au niveau local. Ils deviennent donc « éligibles » à une carrière « politique » c’est-à-dire à un portefeuille ministériel, de toute nature (10)! 

Formatés à l’obéissance hiérarchique, à l’ENA et se considérant comme investis d’un pouvoir sans limites, en tant qu’élite, beaucoup vont franchir le « Rubicon », en ne faisant plus la distinction entre les biens publics  qu’ils gèrent et ceux privés, d’autant que, ces vingt dernières années, le pouvoir va leur attribuer la mission du développement économique et social régionalisé. A la réunion regroupant les walis et le gouvernement, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, avait eu cette phrase désormais célèbre, en direction des walis : «Je vous donne l’ordre d’investir ! ».

Cette confusion dans les prérogatives, voulue par le pouvoir, va se traduire dans des textes législatifs et réglementaires qui vont attribuer à ces derniers les moyens légaux de leur mise en œuvre, à travers « des autorisations, des dérogations, des concessions,  passe-droits, des quotas, des privilèges …), dans tous les domaines (foncier, marchés publics, services, logements, emplois, Hadj, sécurité…), qu’ils vont gérer, pour certains, au profit de la collectivité (11) mais pour beaucoup d’autres pour des intérêts privés occultes, souvent sous la pression et l’injonction du pouvoir central, qui les a désigné et profitant au passage de se construire des fortunes… La boucle est bouclée et le « club des énarques » va constituer le vivier du pouvoir pour assoir son autorité et faire main-basse sur le patrimoine public.

Automatiquement, il va se retrouver aux premières loges, lorsque des opérations d’« assainissement » verront le jour, ce qui est le cas actuellement, dans les diverses affaires de corruption où certains sont directement ou indirectement impliqués !

Ainsi, l’ENA qui a été conçue pour pourvoir l’Etat en cadres qui devaient servir à son édification, a été dévoyée de sa vocation originelle, pour se retrouver aujourd’hui, au cœur de la plus grande opération « main propre » qu’a connu notre pays, donnant un spectacle, national et international, déplorable de nos institutions et de ceux qui les représentent.

Question subsidiaire : Y a-t-il un cours sur la corruption et ses frontières, dans les programmes de l’ENA ? 

M.G.

Notes 

(1) L’École nationale d’administration a été créée en 1964, par  le décret présidentiel no 64-155 du 8 juin 1964[5], et président de République algérienneAhmed Ben Bellaattachée directement à la Présidence de la république. Elle est placée, depuis le 12 novembre 2005, sous la tutelle du Ministère de l’intérieur et des collectivités locales. Elle a formé, entre 1964 à 2017, quelques 6.021énarques, avec la promotion la plus réduite de 32 énarques, Didouche Mourad (67-71) et celle la plus forte de 366, Constitution 89 (87-91).  

République algérienne (2) A tord ou à raison, on attribue à A. Medeghri, (dont elle porte le nom depuis le 10 décembre 2014), considéré comme « le père de l’administration algérienne », puissant ministre de l’intérieur d’A. Ben Belle puis de H. Boumediene,  membre du Conseil de la Révolution, la conception du projet jusqu’à sa réalisation. 

(3) L’organisation pédagogique (conférence et travaux pratiques) est articulée sur la théorie, la doctrine, la jurisprudence et les principes du droit administratif, sur les structures de l’administration, de ses moyens d’actions (Police administrative, théorie des services publics et actes administratifs, la fonction publique, le domaine public, la justice administrative), sur le cadre institutionnel d’organisation et de fonctionnement de l’État, des collectivités territoriales (communedaïrawilaya) et établissements publics, sur les techniques de la communication . Des stages et formations pratiques doivent permettre d’acquérir une expérience pratique du fonctionnement de l’administration et des institutions publiques.  Enfin, l’élaboration d’un mémoire de fin de formation viendra couronner la formation.

(4) L’école nationale d’administration (ENA) française, a été créée par l’ordonnance no 45-2283 du 9 octobre 1945 par le Gouvernement provisoire de la République française, alors présidé par le Général de Gaulle

(5) Au cours de la Ve République, les énarques jouent un rôle central dans la vie politique française avec quatre présidents de la République, huit Premiers ministres, de nombreux ministres et secrétaires d’État, des ambassadeurs, des chefs d’entreprises publiques…).

(6) Cette spécialité, voulue d’excellence, va être très vite dissoute, sous prétexte qu’« on avait le plein de diplomates » ! De même, un ancien énarque devenu ministre de l’intérieur a failli dissoudre l’ENA entière, sous prétexte qu’« on avait le plein de Walis » ! Ceci est lié à cela.

(7) Un débat byzantin s’est instauré autour de ceux que l’on désigne comme des ministres techniques et ceux politiques. En fait, la définition universelle d’un portefeuille ministériel ne peut être que politique, c’est-à-dire appartenant à un courant politico idéologique et structuré au sein d’un parti politique, qui développe, à travers un programme, une stratégie de prise de pouvoir, par le biais d’une élection démocratique et transparente. Un ministre dit technique est dispensé d’un tel ancrage et affiche une « neutralité » apparente, ce qui ne peut être qu’un moment politique transitoire, dans une conjoncture de crise institutionnelle aigue.

(8) Ce qui est convenu d’appeler les Wilayas sensibles sont celles qui sont considérées par le pouvoir comme rétives et susceptibles de le contester comme celle Tizi-Ouzou, découpée en plusieurs autres Wilayas à chaque découpage territorial (Boumerdès, Bouira, Bejaia) ou Constantine (Mila, Skikda, Jijel). 

(9) La décentralisation (des décisions administratives) et la déconcentration (des décisions financières) avaient pour but généreux initial, d’alléger la bureaucratie et de raccourcir les délais de réponse des décisions. Elles ont vite été détournées au profit des walis qui vont s’en servir pour contourner les politiques publiques initiées par l’administration du plan et souvent pour la réalisation de projets populistes, régionalistes voire tribaux. 

(10) Il est assez amusant de constater que les walis ont occupé des postes ministériels dans toutes les disciplines (finance, santé, sport, travaux publics, travail, habitat…), sans qu’ils ne soient préparés à gérer le secteur, ce qui les transformait en une véritable « caisse à outil universelle». 

(11) Il faut rendre justice à tous ceux qui n’ont pas cédé aux injonctions et qui ont été, soit démis de leur fonction, soit désignés dans des wilayas reculées sans pratiquement de rentes ou encore l’ont payé de leur vie comme l’ex-wali d’Annaba.    

Personnalités politiques, issues de l’ENA (liste non exhaustive).

La liste des Premiers ministres, ministres, Walis et hommes d’affaires, présentés devant la justice (au 20 Août 2019). 

Les juridictions chargées d’enquêter sur des affaires de corruption ont ordonné le placement en détention provisoire, sous contrôle judiciaire ou la mise en liberté d’anciens membres du Gouvernement, de cadres supérieurs et d’hommes d’affaires. En voici quelques noms.

Détention provisoire:

– Ahmed Ouyahia (ex-Premier ministre).

– Abdelmalek Sellal (ex-Premier ministre).

– Amara Benyounes (ex-ministre du Commerce).

– Djamel Ould Abbes (ex-ministre de la Solidarité nationale et de la Famille) et ses fils.

– Said Barkat (ex-ministre de la Solidarité nationale et de la famille).

– Youcef Yousfi (ex-ministre de l’Industrie et des Mines).

– Mahdjoub Bedda (ex-ministre de l’Industrie).

– Amar Ghoul (ex-ministre des Transports).

– Abdelghani Hamel (ex-directeur général de la Sûreté nationale) son frère et ses fils.

– Abdelghani Zaâlane (ex-Wali d’Oran et ex-ministre des Transports et des Travaux publics).

– Mohamed Ghazi (ex-Wali de Chlef et ex-ministre).

– Abdelhafidh Feghouli (ex-vice-président de Sonatrach)

– Hamid Melzi (ex-DG de l’Etablissement public « SAHEL » et ex-PDG de la Société d’investissements hôteliers « SIH ») et ses fils.

– Abdelmalek Benhamadi (homme d’affaires) et ses frères.

– Mourad Oulmi (homme d’affaires).

– Hacène Arbaoui (homme d’affaires).

– Ahmed Mazouz (homme d’affaires).

– Mahieddine Tahkout (homme d’affaires) frères et fils.

– Réda, Abdelkader, Karim et Tarek Kouninef  (hommes d’affaires).

– Issad Rebrab (homme d’affaires).

– Ali Haddad (homme d’affaires) et ses frères.

– Meziane Mohamed (ex-PDG de Sonatrach) et son fils.

– Moussa Ghelaï (ex-Wali de Tipaza). 

Plusieurs dizaines de personnalités politiques (P/APC) et cadres centraux et locaux des services des domaines et du foncier, des magistrats, des PDG et des DG de banques et entreprises publiques, des officiers supérieurs de l’ANP et de la DGSN, sont également soit incarcérés soit suspendus en attendant la fin des enquêtes.  

Contrôle judiciaire.

– Karim Djoudi (ancien ministre des Finances)

– Amar Tou (ancien ministre des Transports)

– Abdelkader Zoukh (ex-wali d’Alger)

– Fouzi Benhocine (ex-wali de Skikda).

– Abdelmalek Boudiaf (ex-Wali d’Oran et ex-Ministre).

Mise en liberté.

– Abdelkader Benmessaoud (ministre du Tourisme et de l’Artisanat en exercice et ancien wali de Tissemssilt).

– Mohamed Djamel Khenfar (wali d’El Bayadh, en exercice).

– Benmansour Abdellah (ex-wali d’El Bayadh).

– Djeloul Boukerbila (ex-wali de Saïda).

– Seif El Islam Louh (wali de Saida).

– Zoubir Bensebane (ex-Wali deTlemcen). 

Interdiction de sortie du territoire national (ISTN).

– Tayeb Louh (ex-ministre de la Justice, Garde des sceaux).

Mandats d’arrêt internationaux.

– Khaled Nezzar (ex-ministre et général à la retraite) et son fils.

– Chakib Khelil (ex-ministre).

– Abdeslam Bouchouareb (ex-ministre).

-Farid Benhamdine (homme d’affaires).
 Par: Dr Mourad Goumiri, Professeur associé


MASCARA, MON CAMARADE POLYTECHNICIEN ET LE « MATREG »

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Ceux qui me connaissent, mes amis Facebook, ont peut-être remarqué que depuis mon retour je n’ai pas dit un mot sur cet énergumène en épée. Celui qu’on m’a imposé comme figure nationale.
C’est parce que la dernière fois, avant ma pause de Facebook, j’ai eu l’impression que tout Mascara m’était tombé sur la tête.
Eh moi, j’aime bien cette ville du « matrag », vraiment. 
Et puis, nous, les oranais, lorsqu’on était fatigués d’être traités de rustres à l’accent guttural d’illettrés (le raï n’a pas arrangé les choses), on avait excuse à trouver plus caricatural que nous. 
C’est toujours le cas pour nos sympathiques compatriotes de Mascara, la réputation du « Matrag » ?
Je les embrasse très fort et me souviens d’un brillant camarade de lycée, qui avait rejoint la plus haute école supérieure française.
L’un des attributs de cette prestigieuse école, polytechnique, est le port de la « tangente ». C’est ainsi qu’on appelle l’épée portée avec la tenue d’apparat.
Tangeante car elle est inclinée par rapport aux bandes du pantalon.
Je l’ai rencontré à Paris, trois ans après notre départ, à la même période, et je me souviens lui avoir dit « Enfin, un mascarien porte l’épée mais pas pour menacer ».
Je me souviens aussi que ce sympathique camarade, dont j’ai oublié le nom, d’une timidité aussi grande que son brillant cerveau, m’avait dit :
« Oui, je porte l’épée pour me venger de tes sarcasmes sur la stupide statue guerrière d’Abdelkader ». À l’époque de notre départ, elle était déjà érigée à Alger, le derrière du cheval face au siège national du FLN.
Il me l’avait dit avec cette tendresse que son sourire ne trompait pas car il savait que les mascariens nous traitaient de « bouffeurs de sardines ».
Il était grand, mon camarade, et a fait honneur à cette façon que nous avions de parler au second degré.
Car nous, nous combattions la bêtise régionaliste par l’humour, comme je le fais avec la JSK.
Vive Mascara et vive le « Matrag » !
PS : l’entrée à Polytechnique pour les étrangers était très contingentée. Ce camarade avait d’abord eu la certification de deux ans en mathématiques, à université, en plus de ses moyennes et capacités vertigineuses pour réussir le concours. Mais je suppose également, mon souvenir est lointain, qu’il s’était marié très jeune avec une adorable française, présente ce jour, ce qui lui aurait permis d’accéder au concours par le statut général.
Par: Boumediene Sid Lakhdar 

Civilisations – Laurent Binet, ed Grsset, 2019

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Christophe Colomb n’a finalement pas fait découvrir l’Amérique, car il n’est pas revenu d’Hispaniola. Par contre, la poignée de Vikings ayant atteint le Vinland (au Canada) en l’an mil, n’a pas rembarqué et y a fait souche définitivement. Elle a pénétré le continent, s’est mêlée aux Indiens, les a habitué aux virus occidentaux, leur a apporté le cheval, le fer et quelques autres broutilles utiles… ou non. Bref, de quoi permettre un beau jour à l’Inca Atahualpa de découvrir le Nouveau Monde… à l’Est.
On se prend au jeu, du moins au début, où l’on s’amuse à reconnaître au passage les vrais personnages et événements de l’Histoire, pervertis avec humour, et alors qu’on espère ce qui va venir ensuite. Mais… je suis globalement très déçue…Ce roman qui suit la veine des Lettres persanes de Montesquieu, ne tient pas ses promesses, hélas. Pourtant, l’idée était bonne au départ, d’une inversion des pôles culturels.Mais l’auteur n‘a pas exploité sa chance… Car il part du postulat que les Indiens auraient réagi, si l’histoire leur en avaient donné l’occasion, comme les Européens.J’aurais préféré que l’auteur tente de montrer dans ce roman, voulant ironiquement parodier l’Histoire, justement, une autre face possible de l’humanité… Une autre possible version de l’Histoire occidentale… Là aurait résidé l’intérêt…
Par: Mireille Liatard .

Hier est loin, demain est déjà là

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Tous ceux qui ont accompli des grandes choses ont vaincu la procrastination 

En réalisant cette inédite et extraordinaire mobilisation, le peuple algérien a d’ors et déjà triomphé de ses adversaires et plus particulièrement de ce pouvoir mafieux.

Le temps des gourous obscurantistes, des directeurs de consciences, ainsi que tous ces sermonneurs, flagorneurs hétérodoxes sans dignité et qui étaient grassement rémunérés par le pouvoir pour conditionner le peuple est à jamais révolu.

Quant à nos revendications et exigences elles sont claires, nettes et ne souffrent d’aucune ambigüité ; et c’est l’instauration de la démocratie dans tout ce qu’elle représente et véhicule comme valeurs humaines universelles, faites de justice, de liberté et de laïcité.

Cette démocratie sera donc totale et entière ; elle ne sera ni négociable ou sujette à caution.

Et pour rappel, il s’agit en réalité de seulement nous réapproprier cette vertu citoyenne qui fut jadis notre méthode de gouvernance, et celle de Thajmath ou comité des sages qui existaient sur l’ensemble du pays seraient  des plus illustres démonstrations, s’il le faut.

Oui cette démocratie que les premiers sociologues, anthropologues et autres chercheurs français avaient découvert avec effarement après la conquête de la haute Kabylie, pour ne citer qu’elle, vers 1870 et qu’ils qualifieront alors de : « Rêve des utopistes » pour sa gouvernance et gestion de la cité.

Il s’agit aussi et surtout de redonner confiance au peuple, le sortir de cette torpeur et subjugation dans lesquelles l’avaient englouti machiavéliquement, depuis l’indépendance, ses différents dirigeants.

Ces derniers, par mégalomanie et assujettissement avaient usé de toutes les duplicités, pharisaïsmes,  jusqu’à s’allier avec les forces rétrogrades des pays du golf et du moyen orient pour propager le salafisme, ferment de la haine, intolérance, xénophobie, et de l’in-humanisme.

Et cette idéologie mortifère avait malheureusement fini par plonger le pays dans l’abomination d’une guerre civile cauchemardesque, génocidaire, de pogroms, de crimes fratricides et dans l’oligophrénie.

L’école en particulier et la religion furent instrumentalisées dans le seul but d’asservir et d’abrutir le peuple jusqu’à lui faire renier par l’endoctrinement, pratiques et autres accoutrements fétichistes importées  des pays ‘’frères’’ ses origines,  ce prestigieux héritage civilisationnel qui était le sien et cet islam ancestral fait de paix et de tolérance.

Les conséquences et séquelles de cette politique avaient horriblement été funestes pour le pays, son développement, sa culture et personnalité.

L’abus, l’exagération et surtout l’insolence d’un pouvoir arrogant, sans partage avaient fini par faire de l’Algérie la risée du monde par ses extravagances jamais inéprouvées jusque là dans l’histoire de l’humanité.

Le pays fut livré à la prébende, à l’accaparement sans vergogne de ses richesses  par une bande avide, insatiable et qui se partageaient cette manne pétrolière éhontément, ouvertement, défiant ainsi l’opinion et la morale.

Si le ridicule tuait, l’Algérie aurait été rayée de la carte du monde, elle était devenue un exemple caricatural même pour les plus corrompus des chefs des autres états, africains en particulier.

Avec la consomption du président nous avions atteint les abysses  de la crétinerie, rien ne nous avait été épargné comme humiliations, jusqu’à nous présenter à travers les medias lourds comme des idolâtres d’un Dieu grabataire à travers son portrait.

Le 22 février a sonné le glas de cette inénarrable gouvernance et de tous ces malfrats qui tels des charognards s’étaient partagés la dépouille  Algérie.

Après cette unité retrouvée, cette mobilisation autour des objectifs communs, il nous appartient à tous aujourd’hui de redresser la barre du bateau Algérie pour le faire naviguer dans le bon sens, celui qu’avaient rêvé nos martyrs.

Certes nous aurons à inventer beaucoup de stratégies et de manœuvres pour vaincre beaucoup d’intrigues et entraves que ne manqueraient de fomenter certains pays que notre révolution dérange.

 Car si les peuples manifestement nous serons tous acquis, il n’en sera pas de même pour leurs gouvernements, qui, eux, pour des raisons économiques et stratégiques ne voudraient  certainement pas d’un tel exemple qui serait préjudiciable à leurs intérêts, mainmises etc, ce,  pour les démocraties occidentales, et beaucoup plus grave pour toutes ces autocraties frères ou de relations, car  il s’agit pour eux de leurs propres survies.

C’est pour toutes ces raisons qu’il faut agir et réagir avec intelligence et célérité, car les ennemis en présence et les méthodes usitées par les uns et les autres ne sont pas les mêmes et  pour certains d’entre eux ; elles sont perfides, retorses et ne sont pas toujours visibles et décelables facilement.

Il serait par conséquent urgent, sinon impératif de doter le Hirak d’une direction collégiale provisoire issue du mouvement ; pour le représenter, assurer la transition, préparer les prochaines échéances dont les élections d’une assemblée constituante.

Cette révolution est sans précédant, alors osons augurer !

 Par l’auteur: Mohammed Aouli

20Aout 1956- 20Aout 2019 POUR UNE SORTIE DE CRISE DÉMOCRATIQUE NEGOCIEE, L’ESPOIR D’UN 2ème CONGRES DE LA SOUMMAM EST-IL PERMIS ?

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Depuis l’indépendance, les hommes politiques du pouvoir en place présentent deux péchés mortels, à savoir, ne pas défendre les causes justes, et ne pas avoir le sentiment de leur responsabilité!

Ils refusent toujours de se mettre au service d’une cause pour ne chercher que l’apparence et l’éclat du pouvoir au lieu du pouvoir réel, et donnent la pitoyable impression de n’exercer aucune prise sur les événements.

C’est sans doute pour cela qu’ils ne se sentent jamais responsables, et succombent à un ennemi vulgaire : LA VANITÉ! La vanité des « vainqueurs » qui pensent qu’ils ont « vaincu » parce qu’ils ont raison, et que leurs adversaires ont « perdu » parce qu’ils sont moins dignes!

En Algérie, et en ce 63ème anniversaire de la tenue du Congrès de la Soummam, qui fut un événement politique d’importance historique et un tournant politique majeur de notre révolution, les « commandants de bord » du pays incarnés par le commandement militaire, ne font qu’à leur tête, et ne consultent pas « les passagers-citoyens » considérés malheureusement et pour toujours comme mineurs à vie.

Aujourd’hui encore, malgrè 6 mois de « dissidence populaire »,le système  se considère infaillible, détenant la vérité absolue et se donne le droit de décider de l’avenir de cette terre ancestrale et prenant le risque de faire sombrer cette Algérie dans l’océan du temps et de l’histoire.
L’avis de ces « passagers » n’est nécessaire qu’au moment de falsifier les repères de l’Histoire, à l’exemple de la lecture biaisée faite de la date symbolique du 20 Août 1956.

En ce 20 Août 2019, la nouvelle génération « hirakiste » résiste, héroïquement , pour sauvegarder et défendre les acquis de la révolution algérienne.

Cette génération pense humblement, que tout événement national ou régional devrait être à la fois commémoré et célébré. Commémorer pour entretenir la mémoire et aiguiser la conscience du peuple, et célébrer pour approfondir chaque fois davantage la qualité des valeurs et surtout l’importance du concept national.

La guerre de libération nationale du 1er Novembre 1954, comme d’ailleurs le Congrès de la Soummam du 20 Août 1956, ne peuvent être réductibles à un appareil, à un parti, à un homme ! Partant de ce principe, il s’agit aujourd’hui pour les nouvelles générations de s’interroger sur le sens des événements que recouvrent les mots de ces deux tournants politiques majeurs qui ne sont pas des « météorites tombés du ciel »(dixit Hocine Ait Ahmed).
Rappeler, aujourd’hui à l’intention de la génération post-indépendance, les causes et les enchaînements qui ont créés ces deux moments historiques permettrait, à n’en point douter, de leur faire comprendre leur signification et leur portée.
Le sens capital de cet événement, en effet, réside dans la nature politique et contractuelle d’une stratégie de libération nationale élaborée par le congrès de la Soummam.
La célébration, donc, de la date du 20 Août, est un devoir, un signe de civisme, un signe de reconnaissance et d’attachement à l’appartenance à la cause sensée et prouvée être noble et légitime, notamment lorsqu’il s’agit d’un mouvement, d’une révolution ou d’une guerre et aussi d’une résistance à la sauvegarde de leurs acquis.

C’est une affaire de tout le peuple Algérien, mais néanmoins les efforts et les sacrifices sont relatifs. Il y a des élites, il y a des mérites, et il y a des responsabilités proprement nominatives.

C’est pourquoi, les commémorations des journées nationales ne suffisent pas à l’écriture et à la compréhension de l’histoire, quand elles ne sont pas détaillées par des actions des auteurs de tous les niveaux hiérarchiques et géographiques pour situer l’effort et le rôle de chaque artisan.

C’est le cas, bien évidemment aujourd’hui, avec l’occultation du rôle prépondérant de ABANE RAMDANE, assassiné par les siens ( jamais reconnu dans les manuels scolaires à ce jour) dans l’élaboration de la plate-forme de la Soummam, qui a été le premier pacte politique contractuel élaboré dans le respect des pluralismes, malgré tout ce qui se disait, hier comme aujourd’hui d’ailleurs, pour tenter d’asservir l’histoire à des fins de propagande et légitimation de leur pouvoir absolutiste!

La jeunesse d’aujourd’hui, 57 ans après l’indépendance du pays, doit savoir que le Congrès de la Soummam, s’est réalisé, comme par miracle, grâce au savoir-faire et à la réflexion particulièrement influente de LARBI BEN M’HIDI et de ABANE RAMDANE ( qui a eu pour l’histoire ses deux BAC mathématique et philosophie), et de tous les participants comme les officiers de l’ALN, les congressistes de tous bords, ainsi que les villageois d’IFRI OUZELLAGUEN….

Tous les historiens honnêtes et indépendants (politiquement et intellectuellement) vous diront que ce Congrès de la Soummam, a permis pour la première fois, de donner au FLN historique une plate-forme politique, et une précision des structures de l’ALN et du FLN, ce qui n’était pas du tout le cas au déclenchement de la lutte armée le 1er novembre 1954.

Le Congrès de la Soummam, a permis, également la mise en application d’une stratégie claire de la lutte de libération, avec tous les moyens de mise en œuvre nécessaires pour sa réussite.

D’où le principe de la primauté du politique sur le militaire, et de l’intérieur sur l’extérieur. Deux(02) postulats qui jusqu’à nos jours, gardent une validité et une portée politique historique, si bien que le système actuel tente de manière planifiée de délabrer toute notre mémoire historique.

Aujourd’hui encore, la nouvelle génération veut, à travers cette commémoration, s’enraciner dans le présent et l’avenir du pays, en tirant tous les enseignements et leçons délivrées par l’histoire de cet événement.

L’engouement et l’intérêt de la jeunesse Algérienne, à toute la symbolique de cette date, doit être réconforté et encouragé, pour éviter les retours nostalgiques en arrière, et faire barrage aux célébrations rituelles et hypocrites du pouvoir en place et de ses relais.

La jeunesse Algérienne, en cet été 2019, moteur de la « révolution du sourire » et malgré toutes ses contradictions, rêve d’un 2ème Congrès de la Soummam, où la génération de novembre remettrait réellement le flambeau à la nouvelle génération, qui ambitionne de participer efficacement et pleinement à l’histoire qui se construit dans les luttes quotidiennes pour l’instauration d’un état de droit, pour la justice et les libertés.

Cette jeunesse ose espérer que les dirigeants vieillissants actuels, fassent des révisions déchirantes, en ayant le sens de la responsabilité et la sérénité nécessaires, dans l’intérêt suprême de l’Algérie, afin de lui permettre de réparer les dégâts et essayer de récupérer le « bateau Algérie » dans l’optique d’atteindre la rive dans la sérénité et construire une nouvelle Algérie réconciliée avec elle-même et ses enfants.

Par:DR AMOKRANE LAKHDAR

Fatima zohra benbraham, ce machin !

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-Zaama elle est avocate. Mais un avocat s’interdit par respect de sa déontologie de déclarer coupable un détenu provisoire avant son jugement, alors qu’il n’intervient pas à la procédure.
C’est en violation de toutes les règles sociales que notre machin soi-disant avocate ose jouer les procureurs pour accabler arbitrairement des prisonniers qui crient leur innocence face à une justice qui les a incarcérés sur ordres…
-zaama elle est militante des droits de l’homme. Mais un militant des droits de l’homme défend comme la prunelle de ses yeux la liberté et l’innocence d’un homme incarcéré pour motif politique.
Elle ment comme elle respire lorsqu’elle nie le motif politique des incarcérations, en contradiction avec les chefs mêmes d’inculpation retenus par la justice aux ordres. Atteinte à l’unité nationale pour port d’un autre drapeau que l’emblème national.
-zaama elle est une femme qui a réussi. Elle n’a ni l’intelligence ni la sensibilité de la femme qui a le penchant naturel vers la justice, la liberté et l’amour.
J’imagine le prix qu’elle a dû payer pour sa fausse réussite: les compromissions, les traîtrises, la soumission…
En accusant mensongèrement les détenus d’opinion d’actes délictueux, elle commet incontestablement le délit de diffamation. Mais ce serait lui faire trop d’honneur que de la poursuivre devant la justice de Gaid Salah qu’elle défend avec le zèle d’une courtisane qui est née avec une âme servile.
Il faudra dresser un tribunal populaire pour la déchoir de sa qualité de citoyenne libre.
Le machin Fatima zohra benbraham est aussi avocate et militante des droits de l’homme que le régime algérien est démocratique.

Par: Ahcene Ouaissa .

Romances inassouvies de Brahim SACI, Les mystères de l’amour

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Jamais deux sans trois: avec ce troisième recueil de poésies, Brahim Saci confirme l’adage. Dans ces romances inassouvies, le poète continue ses précédentes quêtes, il les amplifie, il leur donne encore plus de lumière, plus de profondeur. Et pourtant ce n’est pas toujours facile de raconter ce qui n’est plus, cet amour qui s’est effrité avec le temps. Mais Brahim Saci se souvient: dans ces poésies, il fait revivre cette passion, cette entente de jadis, ces voyages à deux, en Normandie ou en Kabylie. Ainsi il emporte avec lui ses lecteurs qui entreprennent un long voyage.

   Les mots quand ils sont recherchés, quand ils sont mis dans une belle harmonie, font rêver. Les mots apportent aussi leur part de mystère; la vie en est remplie, la vie est souvent incontrôlable. Brahim Saci restitue dans ses poésies des atmosphères, des souvenirs, des haltes heureuses, des déceptions, des chagrins. C’est tout un programme.

   Le poète sait mieux que quiconque nous bercer d’une certaine philosophie de la vie, glanée ici et là, dans les bistrots parisiens, sur les montages des origines en Kabylie, dans les villes et bourgs du nord de la France. Malgré la déchirure qu’ils transmettent, les mots de Brahim Saci interpellent le lecteur qui se laisse aller pour entendre les confidences du poète.

Les mystères de l’amour sont, à bien des égards, imperceptibles : ils échappent à la logique, ils se jouent des certitudes, ils imposent leur part d’ombre. Le poète est souvent un romantique qui espère au-delà de la déroute, au-delà des chaînes qui se brisent, des offenses, des malaises. Mais les mots ne suffisent pas pour reconstruire une relation abîmée par les jours mauvais, par un monde souvent impitoyable. La réalité amère vient rappeler au poète que le brouillard existe aussi, que le soleil se couche après une journée éclatante de lumière et de chaleur.

Brahim Saci, inspiré et méditatif, se promène dans Paris, cette ville qu’il aime tant ; c’est cette cité qui l’incite à écrire, un carnet toujours dans la poche pour tenter de saisir ces mots qui viennent vers lui. Les mystères de l’amour sont comparables aux mystères de la création : leurs contours sont invariables, imprévisibles, sombres et lumineux à la fois.

    Romances inassouvies, ce nouveau recueil de Brahim Saci est, au final, une belle balade qui enchante le lecteur, qui le guide sur les sentiers de l’âme humaine en souffrance. Mais cette balade est également salvatrice car c’est une invitation à aller au fond de soi-même, au fond de ces possibilités du bonheur. Les mots offrent cette grâce qui ne s’use pas, qui reste éternellement dans la mémoire des amoureux. Aimer c’est croire à la beauté de l’existence, c’est aussi accepter la défaite, c’est également regarder l’avenir en souriant malgré l’échec. Car la vie continue, et tant que la vie continue, le meilleur est toujours possible.

Par: Youcef Zirem

Texte intégral. Le collectif « Libérons l’Algérie » lance une pétition et exige la libération des détenus d’opinion en Algérie

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Protesters rally against the Algerian ruling party on April 14, 2019 at the Place de la Republique in Paris. - Clashes erupted in Algiers on April 12 as protestors tossed back tear gas grenades and attacked police vehicles after a huge demonstration demanding the departure of figures close to ousted leader Abdelaziz Bouteflika. For the eighth Friday in a row, vast crowds marched through the Algerian capital pressing demands for Bouteflika's entourage to step down. (Photo by KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Au moment où le peuple algérien continue pacifiquement à battre le pavé par millions et à revendiquer la fin d’un régime totalitaire et le passage à un régime véritablement démocratique, une répression inouïe et une compagne d’intimidations s’abattent sur les militants et les manifestants pacifiques en Algérie.

Face à l’escalade de la répression et des arrestations arbitraires commanditées par le commandement militaire incarné par Gaid Salah qui, pour se maintenir, tente de diviser le mouvement par la diversion et le mensonge, l’urgence de mener des actions et de maintenir la mobilisation dans la prudence devient vitale.

Aujourd’hui, M.Lakhdar BOUREGAA commandant de la wilaya 4 historique et beaucoup d’autres détenus croupissent dans les prisons algériennes. Leur seul tort est d’avoir brandi le drapeau amazigh, réclamé une transition démocratique, un Etat-civil de droit et démasqué les manœuvres du commandement militaire. En effet, pour ce dernier, tous ceux et toutes celles qui n’adhèrent pas à sa feuille de route, sont naturellement et systématiquement des traîtres à la solde des puissances étrangères ennemies de l’Algérie.

Le collectif « libérons l’Algérie » dénonce et condamne fermement toutes les arrestations arbitraires et appelle à leur libération immédiate et sans conditions. Il exige également, la cessation des intimidations à l’encontre des manifestants et des militants. Et réclame aussi, l’ouverture de la capitale «Alger » à tous les Algériens et les Algériennes désirant se manifester pacifiquement. Dans le sens d’exercer la pression pour la libération de tous les détenus politiques et d’opinion, nous lançons une pétition citoyenne et militante.

Cette pétition est appelée à être signée par les militants politiques, les syndicalistes, les militants associatifs, les intellectuels, les universitaires, le monde culturel et tous les citoyens et citoyennes libres, épris de démocratie, révoltés contre la répression, l’injustice et l’arbitraire en Algérie.

Paris, le 17/07/2019

Collectif libérons l’Algérie :

– AJOUAD Algérie mémoire
– ACDA (Agir pour la Changement et la Démocratie en Algérie)
– Association Communauté algérienne à l’étranger (ALCAEE).
– Association ADDRA – Collectif « Debout l’Algérie ».
– FFS France Nord.
– Les humanistes.
– Les amis de l’académie berbère.
– Les progressistes.
– Mouvement pour la Jeunesse et le Changement (MJC).
– Riposte Internationale.
– Union pour le changement et le progrès (UCP) France.
– Union des étudiants algériens de France (UEAٍF Sorbonne Université).

Liste des premiers signataires en ordre alphabétique :

– ABANE Meziane, militant des droits de l’homme. 
– ACHAB Ramdane, éditeur, Tizi Ouzou. 
– ADDAD Hakim, militant politique, membre du collectif CSVM 22 Fev. 
– ADDI Lahouari, universitaire. 
– ADIB Fayçal, médecin, militant politique. 
– AGRAW Boudjemaa, artiste, chanteur. 
– AHMIME Noureddine, avocat et militant des DH. 
– AINOUCHE Ghilas, caricaturiste et dessinateur. 
– AISSANI Farid, militant politique. 
– AIT AHMED Sonia, journaliste. 
– AIT YAHIATENE Noureddine, architecte. 
– AKNINE Arab, ingénieur. 
– ALI RACHEDI Abdesselam, Prof de médecine, retraité, militant de la démocratie. 
– ALMI Boubekeur dit koukou militant. 
– AMAROUCHE Belkacem, ex député, membre de la chancellerie diplomatique du FFS, Belgique. 
– AMOKRANE Lakhdar, médecin, premier secrétaire, Jil Jadid. 
– ARAB Hachimi, militant démocrate. 
– ATMIMOU Mourad, journaliste. 
– ATTAR Salem, administratrateur, conseiller retraité de l’UMMTO. 
– AZZI Arab, militant politique, ex député. 
– BAKIR Mohand, citoyen 
– BELABBAS Tahar, syndicaliste défenseur des droits des chômeurs. 
– BELAHCEN Hakim chirurgien, 1er secrétaire national du FFS. 
– BENCHICOU Mohamed, écrivain. 
– BETATACHE Ahmed, maître de conférences en droit. 
– BOUCHERGHUINE Adel, journaliste. 
– BOUICH Mahrez, enseignant Universitaire et vice-président de la LADDH. 
– BOUAICHI yekhlef,militant politique, ancien député. 
– BOUFENIK Fatma, Maîtresse de Conférences, Université Oran 2, militante féministe. 
– BOUKHELIFA Habib, docteur en art dramatique. 
– BOUKHEROUF Belkacem, enseignant à l’UMMTO. 
– BOUMALA Fodil, Universitaire, militant politique. 
– BOUSSAG Redouane, journaliste – CHILI Nora, militante politique. 
– DERRAIS Bachir, réalisateur. 
– DJABI Nacer, sociologue. 
– DOMRANE Malika, artiste, chanteuse. 
– FALI Ammar, médecin, militant pour la démocratie. 
– FERHATI Hacene, membre de SOS disparus. 
– FERSAOUI Abdelouhab, président de l’association RAJ. 
– FILALI Elias, blogueur
– HADAD Nacer, juriste. 
– HAMMACHE Said, militant. 
– HEBIB Youcef, militant amazigh. 
– HERICHE Ahcène, Universitaire. 
– IKHLOUFI Djamel, militant politique. 
– GRAICHI Ahcene, enseignant. 
– KACI Kaissa, militante politique, Canada 
– KACI Lounas, militant démocrate, membre de la chancellerie diplomatique du FFS, CANADA. 
– KHALFOUNE Tahar, Universitaire. 
– KHELIL Said, ancien 1er secrétaire du FFS. 
– KHELIL Abdelmoume, SG de la LDDAH. 
– LAMROUS Smail, militant démocrate. 
– LOUCIF Hacen, journaliste. 
– MAARAF Ismail, politologue, enseignant à l’Institut des sciences politiques et relations internationales d’Alger. 
– MAHOUI Sonia, militante féministe. 
– MAHOUIT nora, avocate. 
– MEDJAHED Hamid, artiste. 
– MIMOUNI Boualem, Architecte. 
– OUALI Hacen, journaliste. 
– OUAMRANE Mohammed, Universitaire. 
– OUCHICHI Mourad, universitaire. 
– OULD OULHADJ Md said, militant démocrate. 
– OULEBSIR Rachid, auteur, éditeur. 
– OURABAH Said, syndicaliste. 
– OUTERBAH Chafia, militante. 
– RAHMOUNE Aissa, avocat vice-président de la LADDH. 
– REZZOUG Youcef, journaliste. 
– SAADI Hend, militant politique, écrivain. 
– SIAD Achour, prof à l’université à Montréal. 
– SADALI med salem, militant démocrate. 
– SAIDI Khellaf, militant Politique. 
– SARNI M’hand, militant politique. 
– SI AHMED Hamid, militant syndicaliste. 
– SI SAID Yahou, militant démocrate. 
– SIDHOUM Salah-Eddine, chirurgien. 
– TABOU Karim, président de l’UDS. 
– TAGUEMOUT Mokrane, militant. 
– TAZAGAHRT khaled, député démissionnaire. 
– TAZEROUT Idir, journaliste. 
– TAZIBT Ramdane Youssef, dirigent du PT. 
– ZAID Yacine syndicaliste, militant des DH. 
– ZAOUI Amine, écrivain. 
– ZENATI Djamel, militant démocrate. 
– ZIANI Abdenour, militant démocrate. 
– ZIHRAOUI Ahcène, Universitaire.

PS. Cette liste n’est pas définitive, elle sera actualisée au fil des jours.

Nacer Djabi: Le hirak représente une nouvelle Algérie que le système politique ne peut plus gérer.

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La jeunesse a donné une leçon magistrale qu’on n’a pas vu venir, selon le sociologue Nacer Djabi, qui insiste sur le patriotisme des Algériens. Il affiche son optimisme quant au mouvement populaire, convaincu que les jeunes vont faire encore plus appel à leur intelligence politique.

– De 1962 à 2019, les Algériens sont passés par plusieurs révolutions, mais le hirakest le plus déterminant et déterminé de toutes. Comment l’expliquez-vous ? 

Les Algériens ont changé. Malheureusement, ni le pouvoir politique ni même les chercheurs n’ont vu les changements que la société a vécus. Notamment les conséquences de l’école, l’université et la généralisation de l’enseignement, l’ouverture sur le monde, les nouvelles modalités des nouvelles générations… On n’a pas vu venir tout ça.

On disait qu’il allait y avoir quelque chose, mais pas de cette nature ni de cette qualité et encore moins de ce volume de la mobilisation. Tout le monde a été surpris par l’auto-organisation, la conscience politique, la détermination du mouvement populaire. La classe politique et les chercheurs en sciences sociales ont négligé les transformations du peuple et n’ont pas vu la marginalité de son comportement.

On n’a pas vu cette marginalité dans les stades par exemple, chez les jeunes des quartiers populaires ni des couches moyennes, on n’a pas vu les transformations chez la fille algérienne avec l’école et sa généralisation, l’ouverture sur le monde… C’est, à mon avis, parce qu’on a longtemps pensé que les Algériens ne sont pas ouverts sur le monde extérieur. Le hirak est une très belles surprise, une nouvelle étape qui reflète l’existence d’une nouvelle Algérie que le système politique ne peut plus gérer comme avant.


On disait qu’il allait y avoir quelque chose, mais pas de cette nature ni de cette qualité et encore moins de ce volume de la mobilisation. Tout le monde a été surpris par l’auto-organisation, la conscience politique, la détermination du mouvement populaire. La classe politique et les chercheurs en sciences sociales ont négligé les transformations du peuple et n’ont pas vu la marginalité de son comportement.

Ce système a l’habitude de gérer l’Algérie qu’il appelait l’Algérie profonde, l’Algérie des adultes, des vieux, des illettrés, l’Algérie rurale, pauvre… mais il ne peut pas gérer une Algérie riche, dans une bonne situation économique. Il ne peut pas gérer des Algériens qui ont fait des études. Il refuse de gérer des Algériens ouverts sur le monde. Ce système ne sait plus gérer des Algériens qui sont en majorité à l’université, les gens qui ont des intérêts économiques, les couches moyennes qui veulent travailler et développer des affaires…

C’est pour toutes ces raisons qu’il faut le changer ce système. Ce dernier se base sur des références anciennes et historiques dans sa gestion, alors que la nouvelle Algérie veut des références modernes et d’avenir. D’ailleurs, le dernier discours qu’a émis Bensalah avant-hier en est une preuve (discours du mercredi 3 juillet, ndlr). Le chef de l’Etat a parlé avec une langue de bois très ancienne et qu’on ne comprend plus sans faire d’effort !

– Nous avons longtemps pensé que la jeunesse algérienne est déconnectée et insouciante de la situation politique du pays et de son avenir, mais le hirak a prouvé le contraire. Quelle est votre analyse du comportement des jeunes du hirak ? 

La jeunesse nous a donné une grande leçon qu’on n’a pas vu venir. Je l’ai déjà dit et je le répète : on n’a pas vu venir ce comportement parce qu’on ne s’est pas intéressé à la marginalité du comportement des jeunes. Il est vrai que les gens insistent peut-être trop sur les jeunes du milieu populaire, mais dans le hirak, j’ai remarqué qu’une place importante est occupée par les jeunes des villes, issus des couches moyennes, pour la plupart d’un bon niveau scolaire, ont des diplômes et veulent une autre Algérie.

On a aussi été surpris par la place occupée par les filles à travers le mouvement étudiant exemplaire de par son auto-organisation. Un mouvement en contradiction nette avec ceux des étudiants corrompus des partis politiques. D’ailleurs, à travers ce mouvement, nous rencontrons une nouvelle figure de l’étudiant, qui n’a rien à voir avec les étudiants du FLN ou du RND qui sont devenus vieux avant l’âge.

Par ailleurs, il est à noter que hirak a fait venir les jeunes vers la politique. Un sondage effectué l’année passée affirme que 1% seulement des Algériens de moins de 35 ans adhèrent à un parti politique. Mais aujourd’hui, nous nous retrouvons devant une situation très différente. Maintenant, les jeunes viennent eux-mêmes vers la politique, ils s’y intéressent jusqu’aux détails, ils investissent la rue, décortiquent la Constitution, créent le débat politique dans la rue comme dans les stades et les cafés…

Tout cet intérêt exprimé de manière très vive et très populaire, à travers la chanson, l’humour, en utilisant les différentes langues parlées par les Algériens. En conclusion, les jeunes du hirak forment une nouvelle génération extraordinaire, la seule capable de faire l’Algérie du futur.

Elle veut couper avec le système politique et son mode de gérance, couper avec l’ancienne culture politique de toute la classe politique y compris l’opposition. Elle veut aller au-delà, vers une Algérie moderne, démocratique, diversifiée et qui respecte la femme. Personnellement, je n’ai pas peur pour l’avenir du pays s’il est entre les mains de cette génération.

– Quelle est l’importance de l’engagement de cette tranche de la société en particulier ? 

Nos gouvernants ont toujours été des vieux. Une minorité démographique du pays avec une culture politique de la guerre de libération de l’Algérie post-indépendance. Ce sont des gens dont la seule référence est le passé et l’histoire, coincés dans le nationalisme très ancien, avec des réflexes vieux, en crise et chauvins qui peuvent aller vers des positions d’extrême droite comme on l’a vu dans la vision raciale, identitaire, la peur de l’étranger, de la diversité que donne le pouvoir. Alors que notre jeunesse s’ouvre sur le monde et se réfère à l’avenir.

Les deux ne collent pas. L’Algérie a jusque-là été en dehors de l’histoire à travers le discours politique du gouvernement ou encore le contenu de notre télévision nationale, dont le type n’existe plus dans aucun autre pays au monde ! Mais les jeunes veulent passer outre, vers une Algérie plurielle, moderne et qui respecte les différences.

Et on avance bien dans ce sens depuis le 22 février. On gère bien nos différences, nos problèmes et lacunes historique sans conflit et sans violence. D’ailleurs, les jeunes nous ont donné une très belle leçon d’intelligence politique et de pacifisme et ont prouvé qu’on peut régler les problèmes de l’Algérie en dehors de la vision ancienne de l’Algérien naturellement violent.

– Aujourd’hui, nous fêtons le 57e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Selon vous, quel lien peut-on faire entre la génération de la guerre d’indépendance et la génération du hirak ? 

Le patriotisme. Les Algériens, en particulier les jeunes, prouvent qu’ils sont vraiment patriotiques, qu’ils aiment leur pays et qu’ils lui veulent du bien. Le plus important, ils prouvent qu’ils ne veulent plus le quitter.

Désormais, les Algériens veulent rester chez eux, travailler, étudier dans et pour leur pays. D’ailleurs, le nombre de harraga a beaucoup baissé par rapport à une période précédente. (…) On ressent aujourd’hui une grande appartenance au pays, que ce soit en Algérie ou dans l’émigration. J’ai assisté le 15 mars dernier au rassemblement des Algériens à la place de la République à Paris, et j’ai vu dans ces jeunes le symbole de la nation, du patriotisme et de l’histoire de l’Algérie.

On est donc devant une jeunesse qui peut se ressourcer dans le nationalisme. Pas le nationalisme chauvin et ancien, mais un nationalisme ouvert sur le monde et qui peut déboucher le progrès, comme l’a été le nationalisme algérien des années 40’ et 50’ qui a été ouvert sur les idées de gauche et les idées universelles. A mon avis, la situation post-indépendance, le parti unique et les forces rétrogrades ont fait du patriotisme algérien un patriotisme futile, qui a peur de l’autre et de la diversité. Le 5 juillet de la jeunesse d’aujourd’hui va être une étape importante dans une Algérie nouvelle, qui peut régler ses problèmes économiques et sociaux dans la diversité et le pacifisme.

Et c’est un bel exemple que nous donnons au monde et surtout à la région arabe, qui est restée sous le trauma collectif après l’échec du changement en Syrie, en Egypte et en Libye. En 90’, l’Algérie a été le premier pays arabe à entrer dans une guerre civile. Peut-être, je l’espère, que ce sera le premier pays arabe à sortir avec un changement pacifique négocié et qu’on pourra donner de l’espoir aux peuples de la région et du Maghreb qui nous regardent.

– Depuis le début, le mouvement populaire a rencontré plusieurs tentatives de division. Quelle est votre analyse sur la solidité exprimée par les Algériens jusque-là ?

Le pouvoir a pris l’habitude de nous gérer à travers nos points faibles et pas nos points forts. Jusque-là, ce système a mal géré la diversité linguistique, politique et des générations des Algériens qui représente nos points forts.

Mais le hirak a dit non. Par exemple, qui pose problème de l’amazighité ? L’emblème amazigh a très facilement été accepté depuis la troisième ou la quatrième marche, à Alger et dans les grandes villes. Il n’a pas posé de problème ! Qui a voulu en faire un ? C’est le pouvoir. Nos femmes, mères et grand-mères ont porté le tatouage du signe amazigh sur leur visage. Elles étaient donc contre l’unité nationale depuis des siècles ? Elles voulaient la division des Algériens ?

C’est une aberration ! Ils gèrent par le négatif et la diversion. Ils ont tout essayé : le régionalisme, l’anti-amazigh, l’anti-femme, l’anti-islamisme, l’anti-kabyle… En réponse, les Algériens ont prouvé qu’ils ne rentrent pas dans ce jeu. Et la preuve c’est que le hirak est là, après cinq mois de mobilisation pacifique, unitaire, nationale et populaire.

– A ce stade de la révolution, comment voyez-vous l’avenir du mouvement et la transition politique ?

Je reste très optimiste malgré les problèmes qui ont pu se poser durant la 19e marche (arrestations, diversions…). Je suis persuadé que les Algériens vont faire encore plus appel à leur intelligence politique, leur unité, leur savoir-faire et leur ouverture sur le monde pour dépasser ces petits faux barrages qui cherchent à affaiblir le hirak.

Ils veulent couper avec un système politique devenu un danger pour l’Etat national et pour la société algérienne. Ils veulent en découdre avec ce système et le remplacer par un autre plus légitime, plus démocratique, plus représentatif à travers l’application des revendications du hirak.

C’est-à-dire une période de transition valable, des élections crédibles et une commission nationale pour leur gestion, faire disparaître les têtes qui ne sont plus légitimes et qu’on ne veut plus voir, une ouverture des médias et de la presse, une ouverture de la justice. Et puis, ouvrir le débat entre les Algériens, pour arriver à concrétiser les grands projets du hirak, qui ne veulent qu’un changement pacifique et le bien de l’Algérie.

interview Nacer Djabi sociologue

par: El watan du 05 juillet 2019, Ryma Ramia Benyakoub


Manifestations monstres en Algérie pour demander le départ du chef d’état-major de l’armée

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Des dizaines de milliers d’Algériens défilaient vendredi dans plusieurs villes du pays pour réclamer notamment la démission d’Ahmed Gaïd Salah, ancien proche de Bouteflika.

Comme lors des précédentes manifestations, les slogans ont à nouveau ciblé le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée, qui détient, selon la contestation et des observateurs, le pouvoir réel depuis la démission du président Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril. « Gaïd Salah dégage », « le peuple et l’armée sont frères mais Gaïd Salah est avec les traîtres », ont scandé les manifestants à l’adresse de celui qui a maintes fois refusé leurs revendications.

« Ya men 3ch, ya men 3ch, Gaïd Salah fil Harrach ». Les manifestants réclament l’emprisonnement du chef d’Etat-Major

Depuis la démission de M. Bouteflika sous la pression de la rue et de l’armée, la contestation refuse que le « système » en place organise l’élection présidentielle et réclame au préalable le départ de tous les anciens soutiens de l’ex-président, resté près de vingt ans au pouvoir.

Le célèbre avocat et défenseur des droits humains Mustapha Bouchachi, le diplomate et ex-ministre Abdelaziz Rahabi et d’autres personnalités avaient appelé à des manifestations « massives » pour ce 20e vendredi de contestation. Pari tenu puisque les rues du centre d’Alger étaient noires de monde depuis la fin de la prière hebdomadaire musulmane.

Au son d’hymnes à la gloire des martyrs de la guerre d’indépendance, dont le pays célèbre ce vendredi le 57eanniversaire, les Algériens ont répondu à leur appel pour faire du 5 juillet « la concrétisation de la libération de l’homme, après la libération de la patrie » du pouvoir colonial français.

Un manifestant se rafraîchit pendant la manifestation à Alger, vendredi 5 juillet.
Un manifestant se rafraîchit pendant la manifestation à Alger, vendredi 5 juillet. FETHI SAHRAOUI / COLLECTIF 220

« On ne s’arrêtera pas »

Mercredi, le président par intérim, Abdelkader Bensalah, a proposé la création d’une instance de dialogue pour organiser une présidentielle et promis que l’Etat et l’armée ne s’y impliqueraient pas. Partis d’opposition, société civile et observateurs attendent de voir comment cette proposition sera concrétisée, car aucun nom n’a été avancé pour le dialogue.

« Ou c’est vous [le pouvoir] ou c’est nous, on ne s’arrêtera pas », ont crié les manifestants, rejetant à nouveau la feuille de route du pouvoir. « Ils sont en train de reformuler les mêmes propositions. Leur seul objectif est de maintenir le système en place. Donc pas de dialogue dans ces conditions », a lancé une manifestante de 28 ans, Linda Hamrouche.

Un premier appel au dialogue, lancé début juin par M. Bensalah et limité à la classe politique, avait aussi reçu une fin de non-recevoir de la contestation. La présidentielle, prévue le 4 juillet et rejetée par les manifestants, a été annulée faute de candidat. Alors que le délai de quatre-vingt-dix jours prévu par la Constitution pour l’intérim expire théoriquement le 9 juillet, M. Bensalah a dit qu’il resterait à son poste jusqu’à l’élection d’un nouveau président.Lire l’analyse : En Algérie, une colère aux racines profondes

Climat répressif

Samedi, des partis politiques, des représentants de la société civile et des personnalités doivent tenir une réunion intitulée « assises nationales du dialogue ». Cette initiative « vise à mettre en place des mécanismes pour sortir de la crise et aller, dans des délais raisonnables, vers l’organisation » d’une présidentielle, a déclaré l’ex-ministre M. Rahabi.

Autre revendication, de plus en plus forte ces dernières semaines : l’arrêt du harcèlement et de la répression dont font l’objet les manifestants et militants ces dernières semaines et la libération des détenus d’opinion. Au moins une quarantaine de personnes – le chiffre est évolutif – ont été déférées devant les tribunaux et mises en détention pour port du drapeau amazigh (berbère), par exemple.

مناوشات بين الشرطة و المتضاهرين في ساحة موريس أودان Escarmouches entre policiers et manifestants à la place Maurice… https://t.co/07EHaYFaTj— khaleddrareni (@Khaled Drareni)

Vendredi, des dizaines de manifestants portaient des tee-shirts sur lesquels était écrit « Libérez Bouregaa », en référence à l’ancien moudjahid (résistant) et opposant, incarcéré dimanche après avoir critiqué le rôle de l’armée et de son chef d’état-major. « Quand on arrive à mettre en prison un héros de la guerre quelques jours avant [l’anniversaire de] l’indépendance, c’est qu’il ne reste plus rien à espérer de ce pouvoir », a estimé Lila Bouregaa, une nièce de l’ancien combattant.

Des manifestants demandent la libération du moudjahid Lakhdar Bouregaâ, arrêté samedi 29 juin. Il est accusé « d’at… https://t.co/Lv9ioJKJ5R— ZahraaRhm (@Zahra Rahmouni)

Des échauffourées ont émaillé la fin de la manifestation à Alger quand des policiers ont arraché des drapeaux berbères des mains de manifestants ou ceux accrochés au sommet des réverbères près de la Grande Poste. Pour se replier, des policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes. Les manifestants ont riposté en leur lançant des bouteilles d’eau vide, avant que le cortège ne se disperse.

En dehors d’Alger, les médias algériens rapportaient des manifestations qualifiées parfois d’impressionnantes – comme à Constantine, dans l’est du pays – dans les principaux chefs-lieux de wilayas (départements) du pays. Les Algériens manifestaient notamment à Bouira, Annaba, Chlef, Oran, Mostaganem, Béjaïa, Tizi-Ouzou, Bordj Bou Arreridj, M’Sila, Batna, Djelfa et El Tarf.

Par: le monde du 6 juillet 2019