La militante franco-algérienne Djamila Bentouis, âgée de 60 ans, sera jugée le 20 juin 2024 devant le tribunal correctionnel d’El Harrach dans la wilaya d’Alger. Elle doit répondre de poursuites initialement criminelles, requalifiées récemment en délits par la chambre d’accusation près la cour d’Alger.
Djamila Bentouis a été arrêtée le 25 février 2024 à son arrivée en Algérie, où elle venait pour les obsèques de sa mère décédée. Après une audition de plusieurs heures à l’aéroport, elle a été relâchée pour assister à l’enterrement, mais ses documents de voyage ont été confisqués.
Le 3 mars, un juge d’instruction du tribunal de Dar El Beida a ordonné son placement en détention provisoire, décision confirmée dix jours plus tard par la chambre d’accusation.
Les chefs d’inculpation initialement retenus contre Mme Bentouis, en vertu de l’article 87 bis du code pénal, étaient l’appartenance à une organisation terroriste, l’atteinte à la sécurité et à l’unité nationales, ainsi que l’incitation à l’attroupement non armé. Ces accusations faisaient suite à l’interprétation d’une chanson militante écrite et chantée par la prévenue lors de manifestations de soutien au Hirak, le mouvement populaire algérien.
Cependant, la chambre d’accusation a récemment requalifié ces chefs en délits, transférant ainsi le dossier vers la section correctionnelle du tribunal d’El Harrach où se tiendra le procès le 20 juin prochain.
Lors d’une audition le 28 février à la brigade de la police judiciaire de Dar El Beida, Djamila Bentouis a été longuement interrogée sur ses activités militantes à l’étranger, sa participation au Hirak et ses opinions politiques, avec un focus particulier sur les paroles de la chanson litigieuse.
SAMIR L.